Régionales : avec Thierry Mariani, candidat en Paca et Audrey Pulvar, candidate en IDF
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A 8h20 sur Inter, à suivre les invités de la matinale, on va parler des régionales. France Inter, Eric Delvaux, le 6-9 du week-end. Bonjour Thierry Mariani. Bonjour. Vous êtes le favori des sondages en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, tête de liste soutenue par le Rassemblement National. A une semaine du premier tour des régionales, comment qualifiez-vous d'ailleurs l'esprit, l'état d'esprit de cette fin de campagne ?
Agité, parce qu'on voit très bien que le clan des sortants, c'est-à-dire en réalité cette liste qui regroupe aussi bien les Républicains et 38 soutiens de Macron, est un peu en panique, est un peu en panique et attaque de tous côtés avec des attaques un peu farfelues, mais aussi par moments un peu en dessous de la ceinture. Pour notre part, on reste calme, on continue notre campagne. Vous voyez, je serai tout à l'heure à l'île-sur-Sorgue, je rencontrerai des agriculteurs et on ne change rien.
Un attaque un peu farfelue, dites-vous, votre principal adversaire Renaud Muselier chez les Républicains le redit ce matin dans le JDD. Il vous accuse une nouvelle fois de ne pas avoir de réel domicile à Avignon. D'ailleurs, où en est la requête qui a été déposée au tribunal d'Avignon par des soutiens de Renaud Muselier ?
Elle sera jugée mercredi, on aura le jugement vendredi, donc ça me rassure. Je pourrais voter, je pense, devant tous vos confrères, ce qui montrera que c'était non seulement farfelu, mais de mauvaise foi. Et puis ensuite, vous savez, quand on est président sortant, mais qu'en 2012, on a demandé la nationalité mauricienne pour aller faire du business dans un autre pays, je pense franchement que c'est un peu déplacé d'expliquer qu'on n'a pas d'attache dans cette région, où je vous rappelle, je suis né, j'ai grandi, j'ai été maire, conseiller général, député. Donc expliquer que je n'ai pas d'attache avec cette région, c'est comme si j'expliquais que France Inter n'est pas une radio nationale.
Enfin, sur les attaches dans votre région, personne ne les conteste, mais c'est votre appartement qui est contesté. Si on en croit les avocats à l'origine de cette requête, proche de Renaud Muselier, votre studio serait en fait une location saisonnière. Est-ce que c'est le cas ?
Ce n'est absolument pas le cas, et vous le verrez en jugement. On peut peut-être parler de la région, si vous le voulez bien.
Mais on y va, on y va, on a quelques minutes pour ça. Juste sur ce dossier, on fait le tour des dossiers, quelle adresse avez-vous sur votre passeport ? Celle d'Avignon ou celle de Paris ?
Sur mon passeport, celle de Paris, parce que mon passeport a plus de 10 ans. Vous croyez franchement que c'est ce qui intéresse les électeurs, l'adresse sur mon passeport ?
Ça intéresse non seulement vos électeurs, ça intéresse aussi, je pense, les auditeurs de France Inter, car c'est une région importante qui va...
Vous pourriez me poser des questions un peu plus concrètes. On y va, on y va. Merci, parce que par moment, je me dis que vous êtes quand même un peu orienté. Pas du tout, on fait le tour des questions. Ah bah écoutez, les auditeurs jugeront. Vous voulez l'adresse de mon passeport et de ma carte de crédit ?
Écoutez, c'est un sujet qui existe, on fait le tour des sujets. Bien sûr. Thierry Mariani, on va parler de votre programme. Comment se déclinerait d'ailleurs la préférence nationale, qui est l'un de vos marqueurs, dans une région détenue par le RN ?
Je n'ai jamais parlé de préférence nationale. Vous devez mal lire. J'ai parlé de préférence régionale. Et comment je le déclinerais ? Eh bien, tout simplement, par exemple, en favorisant les produits de l'agriculture locale, qui est extrêmement varié, et puis surtout, dans les appels d'offres, en mettant par exemple des clauses sociales, pour faire en sorte qu'il y ait des apprentis de notre région dans les entreprises sélectionnées, en mettant en place des clauses environnementales, parce que, par exemple, si on construit un lycée ailleurs, on n'a pas besoin d'une entreprise qui fait venir des camions de l'autre bout de la France.
Et donc, c'est aussi des moyens pour rééquilibrer les chances de nos entreprises dans notre région.
Thierry Mariani, vous venez de le dire, au nombre de thèmes de votre programme, il y a l'agriculture, il y a la relance économique, la sécurité, le tourisme, la culture, les transports, etc. Mais il y a aussi la démocratie. Qu'est-ce que ça signifie ? Vous voulez davantage de consultations populaires ?
Absolument. Vous savez, quand j'ai été maire à Valréas, j'ai organisé deux consultations populaires. Une première que j'ai gagnée, une première que j'ai perdue. Rien ne m'obligeait à respecter, puisque c'est consultatif, et je les ai respectés à chaque fois. Dans cette région, je veux que pour certains grands choix, on consulte les habitants si c'est nécessaire. Et deuxièmement, vous savez que la loi permet, si 10% des lecteurs souhaitent qu'il y ait un référendum sur un sujet, si cette clause est remplie, je ferai un référendum sur ce sujet.
Parce qu'on ne peut plus avoir des élus qui sont élus pour plus de 6 ans, puisque cette fois le mandat sera un peu plus long, et sans aucun contrôle pendant tout le mandat.
Vous avez dit que c'était une des régions les plus mal gérées de France que le PACA. Sur quoi est-ce que vous vous fondez ? Est-ce que le bilan de Renaud Muselier est si mauvais que ça ?
Écoutez, ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est la presse. Je vous invite à acheter le magazine Capital du mois de juin, qui se fonde sur une étude de l'Institut français de recherche d'administration publique, ou d'acheter le Figaro qui a comparé les différentes régions. Cette région, c'est la 11e sur 12 en matière de gestion de l'argent public, c'est-à-dire quasiment la plus mauvaise, la 11e sur 12 en matière d'endettement, quasiment la plus mauvaise, la 11e sur 12 en matière d'investissement, c'est-à-dire quasiment la plus mauvaise, et enfin la 12e sur 12, c'est-à-dire la pire, en matière de train de vie du Conseil régional.
Donc vous savez, ce n'est pas un bilan que j'invente, c'est un bilan que chaque électeur peut consulter, simplement ce n'est pas parce que M. Muselier explique tous les jours qu'il a le meilleur bilan de la Terre, que c'est vrai.
Thierry Mariani, vous menez bataille en ce moment contre les éoliennes en région PACA, pour quelle raison ?
Pour quelle région ? Parce que dans cette région, les éoliennes terrestres déforment le paysage, et nous voulons préserver nos paysages, nous voulons préserver aussi les animaux, les oiseaux, qui par moment se retrouvent victimes de ces éoliennes, et puis surtout, aujourd'hui de plus en plus, on s'aperçoit que c'est une source d'énergie intermittente, comme l'a dit par exemple Stéphane Berne, qui n'est pas au Rassemblement National, ça pose d'énormes problèmes quand il y a des démantèlements, et nous étions hier par exemple au pied du massif de la Sainte-Victoire, où aujourd'hui un parc d'éoliennes défigure ce paysage, et Renaud Muselier par exemple, est intervenu pour le favoriser.
Vous voulez toutes les enlever ?
Je veux simplement qu'à chaque fois qu'on pourra agir, faire en sorte qu'il n'y ait pas de nouveaux parcs d'éoliennes. Vous savez, la région accorde des aides aux communes. Eh bien, ça peut être donnant-donnant.
Vous parliez de Stéphane Berne sur ce dossier, il préside l'association Cité et Monument, qui est à l'origine de la pétition contre ces pylônes installées dans ces paysages de Cézanne. Il estime pour sa part que c'est lamentable de vous voir ainsi récupérer ce combat, son combat, pour finalement fédérer le mécontentement. Est-ce que ce n'est pas votre fonds de commerce, Thierry Mariani, que de fédérer finalement tous les mécontentements dans la région ?
Écoutez, je suis enchanté du combat de Stéphane Berne, mais faites-nous grâce que ce combat contre les éoliennes, c'est un combat de Marine Le Pen depuis des années. C'est un combat au Rassemblement National depuis des années. Il suffit de vérifier. Donc, si M. Berne nous a rejoints dans cette préoccupation, je m'en félicite. Ce n'est pas de la récupération de son image. Je dis simplement, ensuite, est-ce qu'on surfe sur les mécontentements ? Non. Je veux dire, nous avons aussi toute une série de propositions, et il y a quand même de vrais problèmes dans cette région.
Je le répète, quand je vois, source le Figaro, plus 72% d'augmentation des actes de violence dans les trains ou dans les gares entre 2018 et 2019, il y a quand même un vrai problème.
Vos bons sondages qui vous donnent favoris pour le Rassemblement National, votre candidature Thierry Mariani, est-ce que vous n'avez pas bénéficié aussi, justement, vous parlez de sécurité, des questions sécuritaires qui se sont imposées dans cette campagne régionale ?
Je ne sais pas si j'en ai bénéficié. Je sais qu'aujourd'hui, c'est le problème des Français. Je sais que quand je vais dans n'importe quelle ville de cette région, à chaque fois, j'ai toujours quelqu'un qui me parle d'un problème de sécurité, y compris dans les petits villages où, des fois, on était complètement épargnés. Donc, vous savez, ce n'est pas nous qui surfons sur le problème, c'est la politique de M. Macron, qui est soutenue aujourd'hui par M. Muselier, qui l'a amplifiée. Des questions sécuritaires qui, pourtant, ne font pas partie des prérogatives directes des régions. Si, ça en fait partie.
Je vous rappelle qu'on est compétent pour la sécurité dans les trains, dans les lycées, qu'on peut aider les communes.
Qu'est-ce que vous voulez faire dans les trains ?
Eh bien, dans les trains, par exemple, aujourd'hui, la sûreté ferroviaire dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, c'est simplement une centaine de contrôleurs. Nous voulons monter à 500. Pourquoi 500 ? Parce qu'à population équivalente, ce serait le même niveau qu'en Ile-de-France. Et donc, tout ce que je propose en matière de sécurité est réalisable. M. Muselier, il y a quelques jours, proposait même de construire des prisons. 1500 places de prison. Ça, par contre, ce n'est pas dans les compétences de la région. Et en plus, pour la petite histoire, il suffit de prendre là aussi le chiffrage de l'Institut Montaigne à 200 000 euros par place de prison.
Ce serait une dépense de 300 millions. Moi, je préfère construire pour ce prix-là 5 lycées qu'une prison dont ce n'est pas notre compétence.
Favoris des sondages, est-ce que vous ne craignez pas malgré tout une sorte de primo-sortante de dernière minute qui viendrait peut-être vous priver de vos ambitions ?
Écoutez, je pense que les élections ne sont absolument pas faites et que ce ne sont pas les sondages, ce sont les électeurs qui décideront le 27 juin. Donc, ce que je crains, c'est, comme d'habitude, une sorte de vague de campagne sur la peur. C'est-à-dire, si nous gagnons cette région, on va nous expliquer que la mer va se retirer, que le soleil va arrêter de briller. Regardez dans cette région, par exemple, la gestion de David Racheline à Fréjus, la gestion de nos mères au Ponté ou à Camaré.
Ça s'est absolument bien passé. Ça s'est bien passé, sauf que quelques associations associatives, enfin, quelques groupes associatifs, regrettent le manque de subventions si on n'est pas du même bord que David Racheline.
Écoutez, il y a toujours des associations qui n'en ont jamais assez. Mais par contre, moi, la seule chose qui m'intéresse, ce n'est pas deux associations qui pleurnichent, c'est la volonté du peuple. Et je vous rappelle que David Racheline, que le maire du Ponté, Georges Hébrard, que le maire de Camaré, ont tous les trois été réélus à plus de 50%. On ne peut jamais plaire à tout le monde.
Parmi les planètes qui se sont alignées pour vous, Thierry Mariani, le président sortant de la région PACA, Renaud Muselier, il s'est tiré une balle dans le pied, avec le soutien affiché de la majorité présidentielle ?
Je pense qu'il a révélé ses véritables alliances, puisqu'aujourd'hui, je l'ai dit, il y a plus de 38 soutiens de M. Macron sur cette liste. C'est-à-dire que s'il est élu, même s'il y a un grand nombre de sympathisants des Républicains, ils seront l'ontage, en réalité, des amis de M. Macron dans cette région. Mais le pire, il est peut-être à venir, puisqu'on nous annonce un possible accord technique, c'est-à-dire en réalité une fusion, avec la liste de gauche au deuxième tour. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que si Renaud Muselier gagne, on sablera d'abord le champagne à l'Elysée et à Matignon.
Thierry Mariani, merci beaucoup d'être venu en parler ce matin sur France Inter, le favori des sondages en région PACA, tête de liste soutenue par le Rassemblement National. Et vous trouverez sur le site de France Inter l'ensemble des listes candidates dans cette même région. Merci Thierry Mariani et bonne journée. Il est 8h31 à suivre l'invité, second invité de la matinale. Le 6-9 du week-end sur France Inter. C'est avec vous, bonjour Audrey Pulvar. Bonjour, bonjour à tous. Tête de liste au régional sous la bannière Île-de-France en commun soutenue par le Parti Socialiste et aussi par Place Publique et aussi par le PRG.
Merci, la GRS.
Et une sorte d'union de la gauche à une semaine du premier tour. Vous êtes crédité d'environ 10 à 11% des intentions de vote. Est-ce que ça correspond à vos ambitions de départ ou est-ce que vous êtes plutôt déçu de ces intentions de vote ?
Évidemment, tout le monde aimerait être au plus haut dans les sondages. Mais les sondages ne font pas l'élection, je l'espère en tout cas. J'espère que nous sommes encore dans une démocratie où chacune et chacun peut se déterminer, non pas en fonction des sondages, mais en fonction des programmes, des personnalités qui portent ces programmes. Vous parliez d'Île-de-France en commun qui est effectivement un rassemblement de 6 partis politiques de la gauche écologiste.
Donc Place Publique, le Parti Socialiste, le PRG, la GRS, le MRC, les Écolos Solidaires et puis des citoyens et des citoyennes de la société civile qui sont nombreux sur cette liste, à commencer par moi si j'ose dire, qui suis une citoyenne engagée, de la société civile, non encartée. Donc ce rassemblement d'Île-de-France en commun, c'est une autre façon d'appréhender la politique, c'est une autre façon de défendre les sujets, de les porter. Je suis d'ailleurs la seule tête de liste société civile sur l'ensemble des régions qui soit soutenue par des grands partis nationaux.
Une autre façon d'aborder la politique, cela dit la sécurité s'est imposée comme l'un des thèmes majeurs de cette campagne des régionales. Est-ce que c'est un problème pour vous, candidate soutenue par le PS ? Un PS qu'on a souvent taxé d'angélisme sur ces questions sécuritaires.
Vous savez, l'angélisme qu'on reprochait au Parti Socialiste, il remonte à la fin des années 90, au début des années 2000. Et nous sommes en 2021, on reprochait à l'équipe, la Dream Team, qui était une grande équipe gouvernementale sous Lionel Jospin entre 1997 et 2002, de n'avoir pas assez pris en compte la réalité de l'insécurité. On est 20 ans plus tard. Donc je pense que quand même, le chemin a été parcouru. Moi, je suis au contact tous les jours des Franciliennes et des Franciliens, tous les jours auprès de maires de communes, plus ou moins grandes. Et j'ai sur ma liste beaucoup de maires de gauche très impliqués, à la fois dans les territoires ruraux.
Je pense à Yvan Lubraneski, le président de l'association des maires ruraux, et qui est en Essonne, je pense à Mathieu Annotin, qui lui n'est pas dans un territoire rural, mais qui est en Seine-Saint-Denis. Ces maires, ils sont au contact tous les jours de la population. Ils sont engagés aux côtés de leurs administrés sur les questions de sécurité. Ils mettent en place des polices municipales de mieux en mieux formées. Toutes les polices municipales sont armées, mais pas toutes l'étalement. Certaines le sont l'étalement. C'est le cas par exemple à Saint-Denis. Il n'y a pas d'angélisme de la part des maires de gauche face à la sécurité. D'ailleurs, nous avons des propositions en ce sens.
Audrey Pulvar, l'écologie, ça n'étonnera personne, est le socle de votre programme, que ce soit pour les transports, les logements sociaux, le soutien aux jeunes. Écologie sociale. Écologie sociale et aussi la santé. J'ai lu que vous vouliez rendre les franciliennes et les franciliens plus heureux. Qu'est-ce que ça signifie ?
La vision que je porte de la région Île-de-France, c'est une vision moins fracturée qu'elle ne l'est aujourd'hui. Plus apaisée, plus bienveillante, qui prend le temps d'accompagner chacune et chacun. Une Île-de-France qui soit plus innovante socialement, qui soit plus innovante sur le plan écologique et avec cette mesure de la gratuité des transports que je porte, qui améliore la vie de millions de personnes. Vous savez, la gratuité des transports, elle va entrer en œuvre dès le 1er septembre 2021 pour les moins de 18 ans sur l'ensemble de l'Île-de-France. Aujourd'hui, c'est possible à Paris, mais ce n'est pas le cas dans le reste de l'Île-de-France.
Vous la proposez pour tous, cette gratuité des transports ? Pour tous, mais progressivement. D'abord cette année... D'ici à 2026, c'est ça ? Voilà, tout à fait. D'abord cette année, pour les moins de 18 ans et les 18-25 ans, demandeurs d'emploi, étudiants ou jeunes en parcours d'insertion. C'est déjà un million et demi de personnes, des jeunes, qui pourront circuler sur l'ensemble de l'Île-de-France sans avoir à s'acquitter d'un ticket ou d'un pass Navigo, ce qui fait une vraie différence pour eux, d'abord parce que ça les désassigne de leur territoire, et pour leurs parents qui souvent n'ont pas les moyens de payer, y compris quand il y a des tarifs réduits, n'ont pas les moyens de payer.
Si je rencontre des familles, ça a été le cas par exemple à Argenteuil ou encore à Torcy, qui me disent « mais moi je dois faire le choix entre payer le pass Navigo de mon enfant, de mes enfants, et payer la cantine. » Et donc, comme je veux que mon enfant puisse se déplacer sans payer des amendes, je paye son abonnement Navigo, mais il mange des sandwiches à l'extérieur de l'établissement parce que je n'ai pas les moyens de payer les deux. Et ça, c'est évidemment inadmissible. Cette gratuité des transports, nous la mettrons en place progressivement tout au long du mandat, en créant de nouvelles recettes en face pour compenser la perte de recettes.
Mais je rappelle simplement que la billetterie, et pardonnez-moi de prendre un petit peu de temps sur ce sujet qui est important, On en aura pas beaucoup, vous n'aurez plus le voir. Voilà, la billetterie finance le fonctionnement de Île-de-France Mobilité, mais l'investissement, c'est un autre budget qui, lui, sera sanctuarisé, voire augmenté. Et c'est donc pour compenser les pertes de recettes de la billetterie qu'il va nous falloir trouver de nouvelles ressources.
Mais l'objectif à terme, c'est de créer du pouvoir d'achat, de la justice sociale avec un meilleur maillage, une modernisation du réseau, parce que dans toutes les villes où on a fait de la gratuité des transports, ça s'est accompagné d'une amélioration du service. Et ensuite, il y a la question de la sécurité à bord, qui est un sujet récurrent, majeur pour les voyageurs et les voyageuses, sur lesquelles, là aussi, nous entendons augmenter les moyens, les effectifs et les moyens financiers.
En remettant de l'humain dans les transports. Un mot sur les logements sociaux, vous dites que c'est l'un des gros points faibles de la présidente sortante. Vous voulez doubler les crédits pour la création des logements sociaux ? Absolument.
Avec quel argent, vous allez vous demander ? Avec quel argent ? C'est une question de choix politique, c'est une question de choix dans les budgets de la région.
Vous savez, aussi bien sur la santé que sur le logement, la région Île-de-France, qui, je le rappelle, est la région la plus riche de France, et la deuxième région la plus riche d'Europe, avec un PIB de 670 milliards d'euros par an, ce sont 670 milliards d'euros de richesses qui sont produites par l'Île-de-France chaque année, et très bien, c'est 31% de la richesse nationale, et dans cette région Île-de-France, il y a 1000 médecins généraux de moins depuis 2017, il y a 4 millions de personnes, c'est-à-dire un francilien sur trois, qui n'arrivent pas à obtenir un rendez-vous chez un généraliste dans un temps à peu près raisonnable.
La région s'est désengagée à hauteur de 170 millions d'euros, ce sont 170 millions d'euros en moins qui ont été investis dans la santé, par exemple pour l'accueil et les équipements de santé pour les personnes âgées, pour les sans-abri, les centres de formation et d'insertion par le travail pour les personnes en situation de handicap, elle s'est désengagée à hauteur de 170 millions d'euros. Sur le logement social, moins 100 millions d'euros. Il nous faut rétablir de l'égalité des territoires, de l'équilibre sur ces deux sujets. C'est-à-dire l'allocation des logements insalubres ? Oui, absolument.
On a un grand plan de rénovation, de lutte contre les logements insalubres, de rénovation et de réhabilitation de l'existant.
Et également une bande publique régionale pour trouver des capitaux pour l'investissement des entreprises.
Pour la conversion écologique et l'emploi local.
Eh bien c'est dit, c'est dit. Merci beaucoup Audrey Pulvar. Tête de liste, Île-de-France en commun pour les élections régionales. Merci d'être venu ce matin sur France Inter.
Merci à vous. On a des centaines de mesures sur notre site internet que vous pouvez consulter.
Bonne journée Audrey Pulvar. Il est 8h39.
Thierry Mariani