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interviewC à vous· 13 février 2025 52 min

Jordan Bardella s’exprime : crise budgétaire, censure, présidentielle, avenir du RN…- C à Vous

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Bonsoir à tous.

Emilie, votre choix de l'actu? - E.Tran Nguyen: Le coup de fil de D.Trump à V.Poutine. 90 minutes qui auraient permis d'ouvrir les négociations de paix, ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour l'Ukraine et pour l'Europe. - A.-E.Lemoine: On en parlera avec P.Haski, éditorialiste géopolitique sur France Inter et au magazine "L'Obs".

Mohamed? - M.Bouhafsi: F.Bayrou est accusé d'avoir menti en assurant n'avoir jamais été informé des faits présumés de viols commis au sein du collège et au lycée de Bétharram, à Pau. - P.Cohen: Le RN pourrait-il s'inspirer des méthodes actuellement à l'oeuvre aux Etats-Unis?

Faudrait-il un Trump français ou plutôt un Musk tricolore pour couper dans les dépenses? L'idée fait son chemin. - A.-E.Lemoine: Notamment auprès de J.Bardella, le président du RN, qui est ce soit notre invité.

Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. Le 5/5? - L.Sénéchal: Les parents d'Elias publient une lettre pour réclamer un changement de loi dans la justice des mineurs. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: J'avais envie de chanter, ce soir, mais vous avez décliné.

J'espérais être nommé. - A.-E.Lemoine: Aux Victoires de la musique, qui ont lieu demain.

C'est une tradition ici de recevoir, à la veille des Victoires, les nommés. Ils sont 6, ce soir. Ils seront tous les 6 sur notre plateau, accompagnés des maîtres de cérémonie, C.Féraud et L.Salamé, qui seront demain soir en direct de La Seine musicale.

Le dîner est préparé par notre chef de la semaine. - B.Chameroy: Ce soir, il nous prépare des Saint-Jacques. - P.Chronopoulos: Avec des gnocchi, un beurre de butternut et du chou kale. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les deux.

A tout à l'heure. L'édito de P.Cohen.

D.Trump et E.Musk peuvent-ils servir de modèles aux nationalistes européens? - P.Cohen: Plutôt oui, chez les leaders de l'extrême droite européenne, réunis le week-end dernier à Madrid sous le slogan: "Make Europe great again".

M.Le Pen était l'une des têtes d'affiche de cette réunion. Pour elle, c'est plutôt non.

Pour vous, J.Bardella, c'est plutôt non. Une idée partagée par V.Orban et M.Le Pen: des Etats-Unis à l'Autriche, en passant par l'Italie, une même vague électorale est en train de déferler. ... - M.Le Pen: Qu'est-ce qui se passe dans le monde?

Le parti autrichien est en tête. Nous sommes en tête. Nos amis flamands sont en tête.

A un moment, il se passe quelque chose. Il faut l'analyser. Je crois que c'est une forme de renaissance à laquelle on assiste. - P.Cohen: Une renaissance, selon elle.

Dommage que le nom ait été pris par un autre parti. - A.-E.Lemoine: Elle a des réserves à l'égard de D.Trump. - P.Cohen: "On ne comprend pas toujours ce qu'il dit ou ce qu'il veut, notamment sur Gaza", a dit M.Le Pen.

Le RN, ces derniers mois, a affiché beaucoup de prudence. Il s'affiche moins trumpiste qu'E.Zemmour, mais aussi moins que l'allié du RN, E.Ciotti.

Vous savez qu'il peut être embarrassant d'apparaître en soutien d'un leader prêt à piétiner l'Europe et les intérêts des Européens. Vous n'ignoriez pas l'inquiétude qu'il peut susciter dans les sondages. Les deux tiers des Français ont une mauvaise opinion de Trump et craignent les effets de sa politique.

L'électorat du RN est partagé sur Trump. Voici qu'apparaît en pleine lumière un autre modèle possible, E.Musk.

C'est la surprise de votre interview à "Valeurs actuelles". "Les Français se demandent où passe leur argent. L'idée d'un ministère de l'efficacité gouvernementale sur la base du projet d'E.Musk me paraît une piste à étudier." Je ne vous savais pas adepte de la tronçonneuse.

La tronçonneuse, c'est le programme d'E.Ciotti. Le voici.

C'est celui qu'il a présenté il y a 3 semaines. Il y a "tronçonneuse" à toutes les pages. - A.-E.Lemoine: Plusieurs modèles différents? - P.Cohen: Non, tous les mêmes.

Il y a le nom de son parti sur la lame. Il peut illustrer ce qui serait une véritable purge, 120 milliards d'économies par an sur les dépenses publiques: réduction de 30 % du parc immobilier de l'Etat, suppression d'une centaine d'agences et pas moins de 100 000 normes supprimées. Il y aurait notamment la loi SRU sur les logements sociaux et la suppression des départements et métropoles pour ne garder que 2 échelons.

Etes-vous, J.Bardella, un converti à la méthode Musk-Ciotti, de la hache ou de la tronçonneuse? - A.-E.Lemoine: Vous n'êtes pas converti? - J.Bardella: Non.

Je fais le constat que la France est économiquement en train de décrocher par rapport aux Etats-Unis qui ont fini l'année 2023 avec près de 3 % de croissance. Il y a eu 66 000 défaillances d'entreprises l'an dernier et une situation budgétaire très préoccupante. Ca fait 50 ans que la France vit au-dessus de ses moyens.

On ne peut pas redonner de l'oxygène financièrement et fiscalement à nos compatriotes et nos entreprises dans une économie qui a les taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés de l'OCDE. Pour ça, il faut couper la mauvaise dépense publique. Les Français qui nous regardent ce soir ne comprennent pas qu'ils payent chaque année toujours plus d'impôts, qu'on est l'un des pays qui prélève le plus et où, parallèlement à ça, les services publics dysfonctionnent chaque jour davantage.

La santé n'est plus assurée, l'école donne des résultats de déclassement...

Les prélèvements obligatoires sont aujourd'hui à 46 %. Chez nos voisins allemands, c'est autour de 40 %. Je pense qu'il faut couper dans la mauvaise dépense publique.

Parmi les totems, il y a évidemment la question migratoire. On a en beaucoup parlé pendant l'année 2024. Il faut aussi que l'Etat revienne à la raison sur le plan budgétaire.

Vous citiez un certain nombre d'agences qui sont mentionnées par nos alliés de l'UDR d'E.Ciotti, mais il y a 1200 agences aujourd'hui, des agences publiques financées par l'argent du contribuable...

Il y a des agences à l'utilité plus que discutable. L'Ademe, l'Agence du développement durable, alors qu'on a déjà un ministère de l'Ecologie, qui fait des campagnes pour expliquer aux Français combien de fois par semaine on doit laver son linge, je pense que c'est futile. Je pense que les Français peuvent parfaitement se renseigner sur Internet pour savoir à quelle fréquence ils doivent laver leurs chemises et qu'ils sont assez grands pour le savoir eux-mêmes. - A.-E.Lemoine: Donc vous licenciez tous les agents de l'Ademe? - J.Bardella: L'Agence régionale de santé, à côté du ministère de la Santé, en pleine crise sanitaire, demande aux hôpitaux et aux services de santé de fermer des lits...

Je pense qu'on se peut se passer des agences régionales de santé. Je pense aussi qu'au travers du développement de l'IA, au travers de la mutualisation de certaines missions entre ce type d'agences et les ministères, on peut gagner en efficacité. Pendant la campagne des législatives, j'avais réclamé sur ce plateau un audit des comptes publics.

Dans un pays qui a aujourd'hui l'une des dettes les plus élevées de la zone euro, des déficits publics et commerciaux record, on ne peut pas faire fi d'un examen de conscience sur la manière dont on utilise l'argent de nos compatriotes. Il y a beaucoup de gaspillage dans l'argent de l'Etat. J'entends faire un certain nombre d'économies et faire le ménage. - P.Cohen: Vous avez dit que la France était le pays qui prélevait le plus.

C'est vrai. C'est aussi le pays qui redistribue le plus. Une grande partie des dépenses, c'est de la dépense sociale. - J.Bardella: Un tiers des dépenses de l'Etat.

Je pense que la solidarité nationale doit redevenir nationale. Aujourd'hui, on a des prestations sociales qui sont données à tout le monde. Je souhaite que les prestations sociales soient réservées aux citoyens français, comme les allocations familiales, qui doivent être données aux familles dont l'un des 2 parents est de nationalité française.

Les aides sociales, non contributives aux étrangers, c'est 10 milliards d'euros par an. Je pense que sur l'immigration, qui est aujourd'hui un totem, on doit réduire la voilure pour faire en sorte que notre pays ne soit plus un guichet social, qu'on puisse aussi lutter contre l'assistanat. Le problème de notre pays, c'est que le travail ne paye pas suffisamment.

Le coût du travail est très important et l'heure de travail n'est pas suffisamment valorisée. J'avais proposé en 2024 qu'on puisse permettre aux chefs d'entreprise qui en avaient la possibilité d'augmenter les salaires jusqu'à 10 %. Ces 10 % auraient été exonérés de cotisations.

Il faut revaloriser l'heure de travail. Les salaires sont trop bas et on a des soucis de pouvoir d'achat. - A.-E.Lemoine: Faut-il appliquer cette méthode avec autant de rapidité et de brutalité que ce que fait E.Musk aux Etats-Unis en licenciant des fonctionnaires? - J.Bardella: On ne licencie pas des fonctionnaires.

La méthode qui peut être utilisée pour réduire les fonctionnaires et qui a été faite par le passé, c'est de ne pas remplacer les départs en retraite dans ces agences. - P.Cohen: E.Musk veut virer les fonctionnaires. - J.Bardella: Je connais bien l'interview.

Je dis que la mise en oeuvre d'un ministère à l'efficacité gouvernementale pourrait nous permettre d'améliorer... - P.Cohen: Vous dites "sur la base du projet d'E.Musk". - J.Bardella: Parce que je ne veux pas m'approprier une idée qui n'est pas la mienne.

Je pense que l'idée d'avoir un ministère qui est consacré à la façon dont on utilise l'argent des Français apparaît prioritaire aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Avec qui à sa tête?

Un chef d'entreprise ou un responsable politique? - J.Bardella: Je pense que ça peut être un chef d'entreprise ou un responsable politique. - A.-E.Lemoine: Donc c'est la République des patrons?

C'est un patron qui va vérifier ce que le gouvernement fait de l'argent des Français? C'est ce qui se passe aux Etats-Unis, là. - J.Bardella: Les ministères mettront en oeuvre la politique sur laquelle nous auront été élus et dont la feuille de route aura été fixée par le Premier ministre et la présidente de la République.

Il n'y a pas un Français qui nous regarde aujourd'hui qui n'a pas le sentiment que son argent est mal employé. L'idée qu'on gaspille l'argent des Français alors qu'on leur en demande toujours plus et que les services publics sont toujours plus défaillants m'est insupportable. Nous ferons le ménage dans la fraude fiscale, la fraude alimentaire, la contribution de la France au budget de l'UE.

Nos partenaires allemands et des Pays-Bas ont obtenu un rabais sur l'argent qu'ils donnent chaque année à l'UE. Cet argent sert à financer le réseau d'eau à Gaza, par exemple. Ce gaspillage d'argent public alors qu'on demande toujours des efforts aux mêmes, je ne le supporte pas. - A.-E.Lemoine: Ne pas gâcher l'argent public et déverrouiller les contraintes qui pèsent sur les outils de production.

Je vous cite. Ces contraintes, c'est quoi? Le droit social?

Vous voulez rendre moins contraignant le droit de licencier? - J.Bardella: Pas du tout.

Je ne pense pas qu'on peut renouer avec une grande ambition nationale pour la France avec des entreprises faibles qui n'ont pas la possibilité d'entreprendre et d'aller à la conquête des défis du XXe siècle. Quand vous écoutez le cri d'alarme des chefs d'entreprise aujourd'hui, du boulanger d'un village de la Marne en passant par B.Arnault et les agriculteurs, tout le monde vous dit que la France est un enfer pour entreprendre.

Il faut qu'on allège la charge de ceux qui veulent entreprendre. Ca va du prix de l'énergie...

Les règles européennes empêchent la France et nos compatriotes, comme nos entreprises, de bénéficier des fruits du parc nucléaire et d'une électricité pas chère. Je sors des règles européennes de fixation des prix de l'électricité. Ensuite, il faut une fiscalité de croissance.

On doit continuer à réduire les impôts de production. Ce n'est pas honteux de soutenir nos entreprises et nos chefs d'entreprise. Je veux soutenir la France du travail.

Dans la France du travail, il y a la nécessité de revaloriser les salaires et revaloriser le travail, l'effort et le mérite. Il y a aussi l'idée de ne pas défendre une France qui serait celle de la paresse, du combat mené en permanence à ceux qui veulent entreprendre et de l'assistanat. Il y a beaucoup de gens qui travaillent, qui ont des petits salaires et qui ne comprennent pas que certains puissent bénéficier peu ou prou du même salaire avec de la redistribution sociale.

C'est un sentiment partagé par beaucoup de Français, beaucoup de Français modestes qui font des efforts chaque jour plus importants. - A.-E.Lemoine: Vous aimez la série "Bref"?

Hier, K.Khojandi était sur notre plateau. Il a expliqué que, grâce au RSA, il a évité la très grande précarité, il a pu faire cette série, qui revient maintenant dans une saison 2.

Il a remercié le RSA et la CAF. Il a remboursé les indemnités qu'il touchait dès qu'il a pu avec ses premiers cachets. C'était tout sauf de l'assistanat.

C'est un système social qui lui a permis de ne pas tomber dans la très grande précarité. - J.Bardella: C'est l'honneur de la France de protéger nos compatriotes les plus précaires des accidents de la vie.

Ce modèle social doit être protégé. Il faut remettre l'Etat à sa place. Il est parfaitement normal qu'à partir du moment où vous connaissez un accident de la vie ou que vous êtes au chômage, vous pouvez avoir la protection du système social français.

C'est un acquis de la France du général de Gaulle. De l'autre côté, il faut aussi entendre le bruit de ceux qui ont aujourd'hui le sentiment d'être un peu au-dessus des minima sociaux, de ne pas être suffisamment riches pour entrer dans la case de ceux à qui le gouvernement fait des cadeaux fiscaux et qui a le sentiment de supporter sur ses épaules l'effort de toute la société. C'est la classe moyenne.

Elle a un peu le sentiment de trinquer pour tout le monde. Si notre ami de la série "Bref", dont j'ai oublié le nom, a pu aboutir à cette série, c'est sans doute parce qu'il a travaillé, produit de l'effort, qu'il est méritant. C'est l'honneur de la France que de lui rendre ce succès.

Il y a 2 impératifs aujourd'hui sur le plan économique: la défense du pouvoir d'achat, la baisse des dépenses contraintes et le fait de faire repartir la croissance. Quand vous avez des agriculteurs qui descendent dans la rue parce qu'ils n'arrivent plus à vivre de leur travail, ils disent qu'ils ne veulent pas dépendre d'aides permanentes. Ils veulent vivre de leur travail.

La multiplication des normes et la fiscalité très lourde qui pèsent sur eux les empêchent de travailler. C'est ce qui les a amenés à manifester. - E.Tran Nguyen: C'est aussi un discours qu'on peut entendre à droite, où B.Retailleau et L.Wauquiez sont tous les 2 candidats à la présidence des Républicains. - B.Retailleau: Je souhaite que la droite retrouve sa fierté.

On a eu des victoires à travers un certain nombre de circonscriptions. On voit qu'il y a un réveil de l'électorat de droite. On sent bien aussi que beaucoup de gens de droite retrouvent une fierté.

Je veux la consolider pour préparer l'avenir. - E.Tran Nguyen: Depuis qu'il est ministre de l'Intérieur, B.Retailleau a plus de popularité dans le classement des politiques préférés des Français.

Il est désormais 5e. Vous, vous êtes 2e, à égalité avec M.Le Pen.

Vous suivez sa progression? Il vous fait un peu concurrence? - J.Bardella: Je pense qu'il fait surtout concurrence à L.Wauquiez.

A LR, on va se diriger vers la 105e guerre des chefs, comme à chaque élection présidentielle. Je ne juge pas la personne. Je le juge à ce qu'il dit et à ce qu'il fait.

Pour l'instant, il est condamné à être le ministre de la parole. Il est dans un gouvernement où il est assis à côté de socialistes et de macronistes qui ne cessent de réclamer plus d'immigration. Il est condamné à être le ministre de la parole.

Je l'ai entendu il y a quelques semaines avec beaucoup de fougue remettre en cause l'aide de l'Etat, la gratuité des soins aux immigrés en situation irrégulière. Il n'a rien fait. Il a remis en cause le port du voile pour les accompagnatrices scolaires.

Rien n'a été fait. Vont-ils organiser un référendum sur l'immigration? Non.

On a sans doute là quelqu'un de très sincère, mais qui, à la place où il est, veut passer de la musique aux électeurs du RN. - A.-E.Lemoine: C'est LR qui cherche vos électeurs ou l'inverse?

Avec ce discours très libéral... - J.Bardella: Je pense qu'on partage beaucoup de valeurs.

Beaucoup d'électeurs de droite sont orphelins d'un leader, d'un projet ou d'un parti politique. Ils ont voté en 2007 pour F.Fillon.

Ils partagent avec nous la volonté de redresser l'école, revaloriser le travail, défendre nos entreprises et le pouvoir d'achat, maîtriser l'immigration...

Je veux aussi m'adresser à eux. Je pense qu'E.Macron a fait beaucoup de mal à notre pays.

Face à ce péril qui se constitue aujourd'hui autour du NFP et de J.-L.Mélenchon, les patriotes ont le devoir de se rassembler. - A.-E.Lemoine: Vous avez décidé de ne pas censurer le gouvernement.

Le PS a l'intention de déposer une motion de censure dans les prochains jours. Votre position sera déterminante. Il n'est pas question de la voter? - J.Bardella: Le PS dénonce le terme de "submersion" pour parler de l'immigration utilisé par F.Bayrou.

Moi, je suis d'accord avec le constat. Aujourd'hui, l'immigration est hors de contrôle. On a un peu le sentiment d'une submersion migratoire au regard de l'augmentation constante des chiffres depuis 30 ans et de l'impuissance des pouvoirs publics.

On ne s'interdit pas de censurer le gouvernement demain ou après-demain si on considère que les intérêts vitaux de la nation, que l'intérêt de nos compatriotes est remis en cause. - A.-E.Lemoine: E.Macron a proposé R.Ferrand pour succéder à L.Fabius à la tête du Conseil constitutionnel.

C'est un bon choix? - J.Bardella: Non.

Le président de la République met l'un de ses proches à la tête du Conseil constitutionnel. Le rôle du Conseil constitutionnel a été détourné de son intérêt premier fixé par la Constitution. On a un peu le sentiment aujourd'hui que, par les nominations qui ont été faites... - P.Cohen: Quelle nomination? - J.Bardella: R.Ferrand... - P.Cohen: Quelle autre nomination? - J.Bardella: Tous.

L.Fabius, par exemple, qui fait de la politique à la tête du Conseil constitutionnel. - P.Cohen: Je vous demande un contre-exemple.

Vous dites que R.Ferrand, ça ne va pas. - J.Bardella: Quel est le rôle du Conseil constitutionnel? - P.Cohen: Je vous demande si, depuis la naissance de cette République, à la tête du Conseil constitutionnel, il y a eu un contre-exemple au profil de R.Ferrand. - J.Bardella: Est-ce qu'on aurait imaginé, après la mise en oeuvre de la Ve République, le Conseil constitutionnel censurer une proposition de référendum du général de Gaulle?

La réponse est non parce que le Conseil constitutionnel n'était pas là pour entraver la volonté populaire. Aujourd'hui, si le Conseil constitutionnel était saisi sur une proposition de référendum sur laquelle il devait juger par exemple le décret de convocation, on se demande si le Conseil constitutionnel n'irait pas contre la démocratie. - P.Cohen: Vous proposez un truc contraire à la Constitution?

Le projet de loi que vous avez déposé est contraire à la Constitution? L'article 11 n'est pas fait pour changer la Constitution. - J.Bardella: Ah bon?

Mais le général de Gaulle ne l'a pas fait? - P.Cohen: Et le Conseil constitutionnel et le Conseil d'Etat ont dit que ce n'était pas conforme à la Constitution.

C'était le général de Gaulle, donc ça s'est fait. Tous les juristes pensent aujourd'hui que ça ne pourrait pas se faire. - J.Bardella: Donc le rôle du Conseil constitutionnel a bien été dévoyé.

Je pense qu'un projet de loi sur l'immigration rentre parfaitement dans l'article 11 de la Constitution. Je pense que le sujet migratoire est aujourd'hui précisément un sujet qui relève des domaines qui encadrent le fonctionnement de la nation. Demain, si nous étions au pouvoir, la 1re mesure que nous mettrions en oeuvre serait la révision de cet article.

La Cour suprême, dans une démocratie, ce n'est pas le Conseil constitutionnel, c'est le peuple français. Voilà 2 lectures et 2 interprétations très différentes. Pour vous répondre, monsieur R.Ferrand est un proche d'E.Macron.

Je ne suis pas surpris par cette nomination. Nous ferons notre rôle de parlementaires et nous serons des lanceurs d'alerte s'il le faut. - A.-E.Lemoine: La Story. - F.Bayrou: Tout le monde connaît des établissements de cet ordre, qui a la réputation d'être strict. "Si tu n'es pas sage, on te scolarise dans cet établissement." - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un Premier ministre dans la tourmente.

Mardi, F.Bayrou a déclaré n'avoir jamais été informé des violences commises au sein de l'établissement Notre-Dame de Bétharram, localisé dans son département et qui est au coeur d'un grave scandale de violences sexuelles et physiques. Il y a eu 112 plaintes déposées.

Selon Mediapart, le Premier ministre et maire de Pau était au courant. - Nous, on s'intéresse au silence de F.Bayrou.

En creusant ce sujet, on s'aperçoit qu'il n'y a pas seulement des silences, mais aussi des mensonges. On ne s'attendait pas du tout à trouver le fait que F.Bayrou, ministre de l'Education à l'époque, député UDF, a été directement alerté et savait ce qui avait pu se passer dans cet établissement.

Il le savait en temps et en heure. On ne s'attendait pas non plus à son mensonge, ses mensonges. On ne pensait pas que, interrogé à l'Assemblée nationale, Premier ministre, il allait mentir de cette manière à plusieurs reprises. - E.Tran Nguyen: Il aurait été alerté à 3 reprises.

En 1996, il avait déjà défendu l'institution. Mediapart publie également une archive de l'époque. Ils annoncent aussi qu'une victime de Bétharram a écrit un recommandé à F.Bayrou.

Un homme reconnu par l'Eglise et qui a été indemnisé. - Il était soutane ouverte. Il disait: "Rendormez-vous.

Ce n'est rien." A l'époque, on était terrorisés. C'était un curé à qui on racontait nos misères.

Je lui ai donné les noms des gamins. Le directeur les a appelés les uns après les autres. Il leur a dit: "Dehors." J'ai envoyé ça le 16 mars 2024 à F.Bayrou.

Là, il y a toute mon histoire. Qu'il me le dise les yeux dans les yeux, que je lui mens. - M.Bouhafsi: Au coeur de ce scandale, des abus commis sur des centaines d'élèves et une direction menaçante envers ceux qui auraient voulu parler.

Une autre victime a accepté de se confier à notre micro et nous raconte le traumatisme de son passage à Bétharram. - Les douches ont été un endroit de voyeurisme. Ils coupaient l'eau très vite.

On sortait nus avec de la mousse. On ne se rend pas compte que c'est fait exprès. J'ai retrouvé la semaine dernière un porte-dessins.

C'était un choc. "Bétharram, prison". C'était 4 ans de violences. - M.Bouhafsi: D'autres en ont gardé des séquelles à vie. - Mon client a perdu son audition parce qu'il a été frappé par un surveillant de l'établissement.

Sa famille m'avait demandé de déposer plainte. Il avait aussi subi ce qu'on appelait "le supplice du perron", c'est-à-dire l'exposition au bord du Gave en sous-vêtements pendant plusieurs heures la nuit. Il y avait un bloc autour de l'établissement.

Les Béarnais étaient choqué par le mauvais procès qu'on faisait à Notre-Dame de Bétharram. - M.Bouhafsi: A l'époque, certains des enfants du Premier ministre sont scolarisés dans cet établissement.

Sa famille enseigne le catéchisme. Un nouveau témoin vient mettre en difficulté la parole de F.Bayrou: le juge d'instruction de l'époque. - Quand il m'en a parlé, il en avait connaissance.

Le motif de sa venue était l'inquiétude qu'il avait sachant que son fils y était élève. Il m'a parlé de l'affaire, bien évidemment. Il voulait savoir si les faits étaient avérés, ce qui était le cas.

Je lui ai dit que c'étaient des faits avérés et que j'avais probablement d'autres victimes à découvrir. Il était...

Comment dire? Il était mal. Il était mal. - M.Bouhafsi: F.Bayrou a annoncé qu'il allait porter plainte pour diffamation.

Mediapart se dit serein et en mesure de présenter toutes les preuves nécessaires. Le député LFI P.Vannier demande l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur les établissements privés sous contrat en France. - P.Lescure: Je reviens sur un aspect particulier...

Des associations de défense des médecins diplômés hors de l'UE qui travaillent dans les hôpitaux français ont alerté hier sur la précarité de leur statut et sur les iniquités du concours visant à les régulariser. Plusieurs milliers de ces médecins exercent depuis des années dans les hôpitaux sous des statuts précaires. Certains chefs de service s'inquiètent de leur situation. - Je ne suis pas serein.

Je suis en colère. C'est un quart de mon personnel qui fait tourner les 6 services. On ne peut pas s'en passer.

Si on nous enlève les intérimaires et ces médecins, je vais devoir fermer des salles. Le ministère traite des contrats. Nous, on traite des humains.

On n'a pas la même vision. - P.Lescure: Je ne vais pas poser une question sur le concours.

Mais ça illustre qu'il y a des secteurs en tension, qu'on ne peut pas simplement inclure dans le dossier de l'immigration. Dans les services de santé, il y a un manque terrible, dans les hôpitaux comme dans les déserts médicaux. - J.Bardella: L'état des services de santé en France est en urgence absolue.

On a un sujet évidemment de moyens. On a le sentiment que les soignants ne sont pas valorisés à leur juste travail. On a un problème de bureaucratisation de la santé.

Je veux débureaucratiser la santé et rendre le pouvoir aux soignants. Tout le monde va aux urgences pour une raison simple...

Pendant très longtemps, le numerus clausus, le numerus apertus et le manque d'offres de stage nous a contraints à aller chercher des médecins à l'étranger. Quand on fait venir des gens en France, il faut qu'ils puissent avoir droit à la même reconnaissance quand ils travaillent. - A.-E.Lemoine: C'est un coup de téléphone qui rebat les cartes.

Hier, un président américain s'est entretenu officiellement avec le patron du Kremlin. Une conversation de 1 heure 30 entre D.Trump et V.Poutine, qualifiée par la Maison-Blanche de "longue et productive". - A.-E.Lemoine: Bonsoir, P.Haski.

On vous écoute sur France Inter pour votre édito géopolitique. Merci de venir nous parler de cette conversation téléphonique et de ses conséquences, du sens qu'elle peut avoir. Peut-on en tirer la conclusion que V.Poutine n'est plus un paria pour les Américains? - P.Haski: On le savait pour Trump.

Trump attendait l'occasion de nouer cette relation. Il l'a fait en 2 temps. Il y a d'abord eu son ami, S.Witkoff, milliardaire de l'immobilier, qui a été l'homme instrumental pour le cessez-le-feu à Gaza.

Il était à Moscou jeudi pour faire libérer un Américain qui était dans les prisons russes. Il s'est entretenu pendant 3 heures avec V.Poutine.

Le lendemain, il y a eu ce coup de téléphone qui a changé la donne. - A.-E.Lemoine: Est-ce que les Etats-Unis abandonnent l'Ukraine?

Ce coup de fil, c'est le début de l'abandon de l'Ukraine par les Etats-Unis? - P.Haski: Il y a une dimension impériale.

C'est Trump qui décide de la manière dont il agit. Mais ce qu'il a dit à V.Zelensky, qu'il a appelé juste après avoir parlé à Poutine, c'est: "Nous allons mettre en place des groupes de travail pour définir le plan." Ce que craignaient les Ukrainiens par-dessus tout, c'est qu'il y ait une négociation secrète et qu'on leur dise un jour le plan, l'accord avec les Russes, et que c'est à prendre ou à laisser.

Il y aura une rencontre importante ce week-end à Munich, entre J.D.Vance et V.Zelensky.

C'est là que tout va se jouer. Pour l'instant, les Américains jouent, en apparence, la concertation avec les Ukrainiens, mais pas avec les Européens. L'autre dimension, c'est que les Européens sont hors jeu dans cette affaire. - A.-E.Lemoine: Pour revenir sur la position officielle des Etats-Unis, c'est de dire qu'il va falloir céder une partie du territoire ukrainien à la Russie? - P.Haski: Je pense que les Ukrainiens eux-mêmes en conviennent aujourd'hui.

Ils veulent arrêter cette guerre cette année, qui leur coûte humainement énormément. Le seul moyen de le faire, c'est d'accepter cette partition territoriale, qui va être très dure à vendre aux Ukrainiens, avec tous les sacrifices qui ont été faits. Dans les coulisses de la délégation ukrainienne qui était à Paris, on parle d'un scénario à l'allemande, c'est-à-dire le moment où l'Allemagne a été séparée entre l'Est et l'Ouest après la Seconde Guerre mondiale.

Il a fallu 40 ans, Gorbatchev, la fin de la guerre froide, pour que l'Allemagne se réunifie. C'est ce que les Ukrainiens ont en tête. Après avoir rêvé de reconquérir la Crimée, le Donbass, ils doivent accepter aujourd'hui ce fait accompli.

Ca, c'est pas Trump. J.Biden n'a jamais donné aux Ukrainiens les moyens, non pas de survivre, mais de gagner cette guerre.

Ils en tirent la conclusion que ce n'est pas Trump qui va leur donner ces moyens. Il faut faire des compromis. Ce compromis est territorial. - A.-E.Lemoine: D.Trump prévoit un cessez-le-feu dans un futur pas si lointain.

C'est quoi? - P.Haski: Je pense que le réel va le rattraper.

Il a en face de lui un V.Poutine qui pense qu'il est en train de gagner. De fait, il a redressé la situation, qui n'était pas très bonne il y a un peu plus d'un an.

Il grignote du territoire. Il a développé une machine de guerre et de production d'armement. La Russie a des dépenses militaires équivalentes aux 27 pays de l'UE réunis alors qu'elle avait un budget de la Défense il y a quelques années à peine supérieur à celui de la France.

On est dans quelque chose qui a pris le contrôle de la Russie. La Russie a fait une véritable économie de guerre. Nous, on en parle mais on ne le fait pas.

Poutine n'est pas prêt à lâcher ce qu'il a envie d'avoir. La clé de cette négociation, c'est ce qui se passe après, les garanties de sécurité qu'on donne à l'Ukraine pour que, dans 1, 2, 3 ou 5 ans, Poutine ne se remette pas à l'attaquer. S'il y a un cessez-le-feu demain sans garantie de sécurité, c'est que l'Ukraine aura véritablement perdu la partie.

Un dernier point...

Le secrétaire américain au Trésor était à Kiev hier pour présenter à Zelensky le plan sur les terres rares. Les Américains veulent mettre la main sur les terres rares ukrainiennes. Zelensky a refusé de signer car il n'y avait pas de clause de sécurité.

Les Américains veulent faire la paix avec Poutine et, ensuite, se laver les mains de ce qui se passera après. C'est tout l'enjeu. C'est là que les Européens ont un rôle à jouer. - E.Tran Nguyen: C'est ce qui inquiète l'Europe, mais Poutine fait tout pour que ces négociations soient bilatérales, juste avec les Etats-Unis, en excluant l'Europe.

L'Europe s'insurge. Elle dit que tout accord de paix négocié sans Bruxelles serait voué à l'échec. Que peut faire l'Europe? - P.Haski: Hier soir, il y avait à Paris une réunion suivie d'un dîner entre plusieurs pays européens: France, Allemagne, Pologne, Italie, Espagne et le Royaume-Uni, qui n'est plus dans l'UE, ainsi que l'Ukraine et la Commission européenne.

Il y avait une colère chez les Européens. On m'a dit que la colère se lisait sur le visage du ministre des Affaires étrangères polonais. Cette réunion a montré une détermination européenne comme on n'en a jamais vu.

Pour l'instant, ce n'est que des mots. L'Europe n'a pas été capable, jusqu'à présent, même si elle a payé énormément...

On est à 134 milliards d'euros versés par l'Europe, ce qui est plus que les Etats-Unis. Pourtant, Trump répète que c'est les Etats-Unis qui financent tout ça. - E.Tran Nguyen: C'est à l'Europe de prendre le lead.

L'Europe en a les moyens financiers? - P.Haski: Elle n'a pas cette capacité.

Une partie de l'Europe ne veut pas se priver du parapluie européen et ne veut pas froisser les Américains. Les Américains se retirent et une partie des Européens sont paniqués à l'idée que les Américains se retirent de notre continent. C'est l'enjeu à la fois psychologique et concret.

L'Europe aurait les moyens d'assurer sa défense, évidemment. Mais la défense européenne, c'est un vieux serpent de mer. La défense européenne ne s'est jamais faite, même s'il s'est passé beaucoup de choses en Europe depuis l'invasion russe en Ukraine. - P.Cohen: Quelles leçons tirez-vous de cela, J.Bardella?

Pas une marche en avant vers la défense européenne...

Ce n'est pas la position du RN. - J.Bardella: Ces négociations inévitables dissimulent une réalité très triste: on n'existe plus.

Le conflit va se régler entre les Etats-Unis et la Russie. Demain, si les Américains se désengagent, je ne suis pas certain que le soutien financier, matériel et de défense, si tant est qu'il soit utile dans cette proportion à l'Ukraine, puisse permettre à l'Ukraine de tenir. Ca va se régler entre Américains et Russes.

Le drame de la diplomatie française et des nations européennes, c'est qu'on n'existe pas. - A.-E.Lemoine: Comment faire pour exister? - J.Bardella: On paye l'affaissement de nos armées, de notre diplomatie.

Il y a un sujet sur le fait que beaucoup de pays en Europe, notamment en Europe de l'Est, sont sous pavillon américain sur le plan de leur défense. Je milite pour une préférence européenne dans les marchés publics pour qu'on puisse acheter du matériel européen dans la défense. Depuis le déclenchement de la guerre, 80 % des hausses de budget déployées dans les Etats membres sont allées au profit de prestataires extra-européens, en grande partie américains. - P.Lescure: Quand on achète des armes à l'étranger, ça suppose qu'on est inféodés aux puissances auxquelles on achète des armements? - J.Bardella: L'Allemagne et la Pologne achètent énormément de matériel américain, pour aussi profiter du parapluie de défense américain. - P.Haski: Avec cette petite nuance qu'une partie de ces dépenses est liée au fait que ces pays s'engagent à porter l'arme nucléaire américaine en cas de crise internationale.

Ca passe par l'achat d'un F-35 et de son environnement électronique. Ca fait partie du deal global du parapluie sécuritaire américain. - J.Bardella: D'où le fait qu'ils ne sont pas encore intéressés par le fait d'acheter du matériel français. - P.Haski: Qui n'est pas compatible. - A.-E.Lemoine: Le rôle de gendarmes du monde des Etats-Unis est remis en cause.

Votre documentaire sera diffusé le 11 mars sur Arte. C'est le 5/5 de L.Sénéchal.

L'ancien Premier ministre J.Castex placé en garde vue puis relâché. - L.Sénéchal: J.Castex a été entendu pendant 10 heures à Montpellier dans le cadre d'une enquête financière pour faux, usage de faux et détournement de fonds publics.

Les faits remontent à 2017, quand il dirigeait la communauté de communes à laquelle appartient sa ville de Prades, dans les Pyrénées-Orientales. J.Castex est soupçonné d'avoir soutenu, avec l'argent de la collectivité, une entreprise locale en difficulté.

Il est sorti de garde à vue. De nouvelles investigations vont être menées. - A.-E.Lemoine: L'Assemblée nationale vote un durcissement de la justice des mineurs. - L.Sénéchal: Après la publication d'une lettre des parents d'Elias, 14 ans, tué fin janvier à Paris pour son portable par 2 ados.

Les parents d'Elias commencent par cette phrase émouvante. Ils disent que leur fils est mort à cause du sentiment d'impunité des meurtriers. Ils réclament une évolution de la loi. - La mort d'Elias n'est pas un fait divers.

Ils insistent là-dessus. C'est le témoignage direct que le système ne fonctionne pas et qu'il faut le reprendre, le repenser totalement. - Il faut des réponses fermes quand il y a des actes de violence. - L.Sénéchal: G.Attal portait un texte, voté avec les voix du RN.

Il prévoit de revenir sur l'excuse de minorité pour des mineurs âgés de 16 ans et plus auteurs de faits graves et multirécidivistes. Il faudra la motivation d'un juge pour atténuer des peines. Ce texte ouvre la voie à des amendes pour les parents de mineurs délinquants.

Le débat né du meurtre d'Elias est électrique. Hier, passe d'armes entre Anne Hidalgo et Nelly Garnier. - La gauche parisienne est dans le déni.

Le bras qui a porté un coup fatal à Elias a été armé par votre aveuglement. - Il est inadmissible, inacceptable, de se faire insulter comme vous venez de le dire, de se faire traiter d'assassins, d'avoir armé le bras d'un assassin et de refuser de vous excuser! Chère madame Garnier, vos propos seront devant les tribunaux et vous aurez à en répondre. - L.Sénéchal: La loi Attal prend le chemin du Sénat.

G.Darmanin veut en profiter pour durcir le texte, introduire des jurés populaires pour juger les délits commis par des mineurs. Il veut renforcer l'usage du bracelet électronique pour les mineurs.

Ces amendements Darmanin ont-ils votre bénédiction? - J.Bardella: Tout ce qui va dans un sens du renforcement de la politique pénale, ça va évidemment dans le bon sens et nous le soutenons.

C'est un peu dommage qu'au bout de 8 ans, il se décide à faire l'inverse de ce qui a été fait depuis le début du quinquennat. Une avocate disait que ce n'était pas un fait divers, mais un fait de société. On ne peut pas faire fi qu'une grande partie de la délinquance et de la violence dans notre pays est liée à une incapacité de sanctionner les mineurs.

Je suis pour qu'on révise l'excuse de minorité. Je suis favorable à ce qu'on généralise les centres éducatifs fermés. On doit pouvoir généraliser des peines courtes immédiates dès le 1er acte délictuel pour les jeunes.

Vous commettez un acte délictuel, c'est une ou deux semaines en centre éducatif fermé. Si ça ne suffit pas, il faut responsabiliser les parents par la généralisation des amendes. Je suis favorable à ce qu'on puisse suspendre les allocations familiales aux parents de mineurs récidivistes et qu'on puisse permettre aux maires de sortir des HLM et des logements sociaux les familles récidivistes.

Je suis implacable avec l'insécurité. Il y a un grand besoin de justice et d'autorité dans notre pays. Si nous arrivons à la tête de l'Etat demain, nous ferons d'une politique pénale beaucoup plus ferme l'une des priorités de nos premières semaines. - A.-E.Lemoine: Une chanteuse populaire accusée de servir la propagande russe. - L.Sénéchal: Elle s'appelle "Sigma Boy".

Elle circule sur TikTok. Des vidéastes comme Squeezie s'en amusent. Elle a été écoutée des millions de fois.

Quasiment 77 millions pour une vidéo YouTube. Elle est interprétée par ces 2 jeunes filles. Le père de la jeune fille russe est producteur de musique.

Il a écrit des paroles d'adulte. - L.Sénéchal: Au-delà du mauvais goût, la chanson est une ode à un type d'homme sigma qui, contrairement au mâle alpha, est un loup solitaire.

Une partie de la gauche y voit la glorification du sexisme et de la violence. Une eurodéputée allemande s'est même inquiétée. de propagande russe.

Ca a fait réagir Moscou. G.Gurov écrit ceci sur Telegram. - A.-E.Lemoine: Le retour de la pluie fait craindre des glissements de terrain à Los Angeles. - L.Sénéchal: La ville a été dévastée par des incendies monstres le mois dernier.

Des quartiers entiers sont à reconstruire. La pluie a fait des dégâts il y a 2 semaines, avec des coulées de boue. Elle est de retour.

On parle même de la tempête la plus forte de cet hiver. - L.Sénéchal: Les autorités et les habitants sont à nouveau en train d'ériger des barricades pour se préparer à des inondations ou à des glissements de terrain.

Même ceux qui ont survécu aux flammes craignent d'être touchés par la catastrophe. - L.Sénéchal: Il y a la polémique qu'on n'attendait pas au milieu des cendres.

L'actrice américaine Mandy Moore s'emporte contre Amazon. Amazon a livré un colis à l'adresse de ses beaux-parents, sauf qu'il n'y a plus de maison. Le livreur a posé le colis devant le tas de cendres.

Amazon a présenté ses excuses à l'actrice. - A.-E.Lemoine: Et un astéroïde menace la Terre... - L.Sénéchal: Scénario hollywoodien...

La musique d'Aerosmith, quand on parle d'Armageddon. Un astéroïde a été repéré fin décembre. Il a été étudié et scruté depuis.

On voit sa trajectoire. A l'origine, il y avait à peine 1 % de chances qu'il nous percute. Ca vient de grimper à 2 %. - P.Cohen: Ca peut régler tous nos problèmes! - L.Sénéchal: L'ESA annonce qu'elle va utiliser le télescope spatial James-Webb pour le braquer vers l'astéroïde.

Ce ne sera pas avant 2032. - A.-E.Lemoine: Toute la Terre ne serait pas concernée? - L.Sénéchal: Non, mais ça peut raser une ville entière et sa banlieue.

Il y a peu de chances qu'il touche un lieu habité. On a une solution avec une mission qui avait été lancée. La Nasa a fait s'écraser un engin spatial sur un astéroïde pour en dévier sa trajectoire.

On a repéré un autre astéroïde qui posait problème...

En fait, c'était la Tesla qu'E.Musk avait lancée dans l'espace il y a un peu plus de 7 ans. - A.-E.Lemoine: Il reste combien de temps pour lutter contre l'astéroïde? - L.Sénéchal: C'est en 2032.

On fera le calcul. - A.-E.Lemoine: 7 ans, ça vient vite.

Merci, J.Bardella. Merci, P.Haski.

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