"En Israël, aux États-Unis, en Chine, ça bosse ! En Europe, on est sur notre terrasse de café"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
C'est le député Jérôme Guedj, député de l'Essonne, candidat à l'élection présidentielle. Vous étiez venu d'ailleurs nous en parler il y a trois semaines, ici sur ce même plateau. Bonjour Jérôme Guedj, bonjour monsieur le député. Déjà, est-ce que vous approuvez l'intervention américano-israélienne en Iran ? Oui ou non ?
Alors, pour répondre à cette question simple, il faut une réponse non pas complexe pour endormir, mais qui dit tout. Voilà. Du point de vue des Iraniens, du point de vue de ce qu'ils vivent depuis des années, de ce qu'ils ont subi, notamment les 8 et 9 janvier, on ne peut pas être indifférent et se dire, on regarde ailleurs, et moi je me réjouis de, je l'espère, la chute du régime des Mollahs et de la construction d'un Iran démocratique. Est-ce qu'il faut le faire par une intervention militaire extérieure ? C'est l'éternel débat et l'éternel discussion.
Parce qu'il y a ce tiraillement entre l'aspiration des peuples, les risques que l'Iran fait courir pour ses voisins à travers ses proxys, les Houthis, le Hamas, le Hezbollah, on vient de voir ce qui vient de se passer au Liban, les milices chiites en Irak, la menace que l'Iran fait peser sur ses voisins, l'Arabie saoudite, Israël évidemment, le risque nucléaire, les missiles balistiques, etc. Et puis, il y a le droit international, quelque chose auquel on a tous envie de se raccrocher, de se dire que c'est ça qu'il devrait réguler.
Ça fait un moment... Or, c'est pour ça, c'est pour ça que... Ça fait un moment qu'il est bafoué par tout le monde le droit international, et même l'Iran a été dans des commissions à la tête de l'ONU, donc est-ce qu'on doit encore se filier au droit international ?
Oui, mais ce n'est pas parce que le droit international ne fonctionne pas qu'il faut le passer par-dessus bord. Donc je ne suis pas naïf. Je sais que des guerres validées par le droit international, c'est rarissime. Vous savez combien il y a eu de guerres qui ont été validées par le Conseil de sécurité de l'ONU, depuis la création de l'ONU ? Que deux fois. Deux fois dans l'histoire où le Conseil de sécurité a autorisé une guerre en disant qu'elle est légale. C'était en 1950, la guerre de Corée, au moment où la Corée du Nord envahit la Corée du Sud, le Conseil de sécurité de l'ONU autorise les Américains et une coalition à intervenir. Pourquoi à ce moment-là il peut le faire ?
Parce que la Chine à l'époque, ce n'est pas encore la Chine communiste, c'est encore la Chine de Chiang Kai-shek, pardon pour ce appel historique, mais je trouve que c'est intéressant. Et la Russie à ce moment-là boycotte le Conseil de sécurité en disant qu'il faut reconnaître la Chine. Puis la deuxième fois, c'est plus récent, on s'en rappelle plus, c'est au moment où Saddam Hussein envahit le Koweït. Et là, le Conseil de sécurité de l'ONU autorise l'intervention, la coalition militaire. Et pourquoi il le fait ?
Parce qu'à ce moment-là, il peut le faire, parce qu'à ce moment-là, les pays qui ont le droit de veto, vous savez les cinq membres du Conseil de sécurité, il y en a deux qui ne s'y opposent pas. La Russie à l'époque, l'Union soviétique de Gorbatchev, parce qu'elle est en situation, on est en 90, ça ne va pas très fort, elle a besoin du soutien des Occidentaux pour sa transition. Et la Chine qui sort de Tiananmen, etc. Donc tout ça pour dire que le droit international, il est conditionné par du rapport de force. Donc moi, je préférerais que les valeurs de démocratie, de respect des peuples, de ne pas massacrer ses peuples, etc. soient partagées partout dans le monde, ce n'est pas le cas.
Donc, j'ai l'honnêteté de dire qu'il fallait cette intervention, mais que ça ne peut pas être une fin en soi. Il faut un moment qui est quelque chose qui fasse une transition en Iran. Et comment on l'accompagne et comment on le soutient ? Parce que c'est à nous de l'affaire, c'est aux Iraniens de l'affaire. Mais c'est évidemment aux Iraniens de l'affaire. Mais vous savez, il y a des moments dans l'histoire où des pays de la communauté internationale ont pris leurs responsabilités et ont aidé...
Oui, mais Donald Trump ne mène pas cette offensive pour libérer les Iraniens des Mollahs. Ça, c'est à la fin. Si le peuple iranien est libéré des Mollahs, on voit bien ce qui se passe en Afghanistan. Aujourd'hui, il y a un crime contre l'humanité. Et pourtant, il y a eu une offensive en Afghanistan. Les talibans sont revenus et personne ne s'en inquiète. Donc la stratégie de Donald Trump, elle n'est pas de libérer le peuple iranien des Mollahs. Ça, c'est à la fin. Si ça arrive, tant mieux. Maintenant, du côté israélien, c'est la sécurité d'Israël qui fait qu'elle est engagée dans cette guerre.
Donc les militants, entre guillemets, on pense que Donald Trump est parti libérer le peuple iranien des Mollahs. Mais non, pas du tout. Ça, c'est à la fin. Si ça arrive, tant mieux, je pense. Et que si le peuple iranien se soulève en même temps, grâce à l'offensive de Donald Trump, pourquoi pas ? Alors, moi, j'aimerais vous poser deux questions et vous pouvez répondre par oui et non. Ça va aller très vite. Premièrement, je pense connaître la réponse, elle me paraît assez évidente, mais allons-y. Est-ce que vous êtes pour qu'on prenne des sanctions économiques contre les États-Unis et Israël du fait de leur intervention en Iran ? Non.
Est-ce qu'on doit boycotter les produits israéliens et américains dans nos supermarchés du fait de cette agression qui viole le droit international ou pas ?
Mais de manière générale, je ne suis pas un fan du recours au boycott. Au boycott et aux sanctions. Pour sanctionner des États-Unis. On peut avoir des sanctions économiques quand on a des éléments... Mais c'est pour ça que je dis que c'est complexe. Quand la Russie envahit l'Ukraine...
Pourquoi ne pas lever les sanctions contre la Russie ?
Quand la Russie envahit l'Ukraine, on a une violation manifeste de l'intégrité territoriale d'un pays avec la volonté d'annexion... Mais là aussi, mais tu oublies de dire... Je n'ai pas le sentiment que les États-Unis ont une prétention d'annexion de l'Iran, pas plus qu'Israël a une volonté d'annexion de l'Iran. Mais parle de l'Iran, Jean-Loup !
Mais les États-Unis et Israël, d'ailleurs, je ne les en blâme pas forcément, c'est un constat, ont éliminé le chef du régime iranien, tandis que M. Poutine n'a pas éliminé M. Zelensky. Il n'a ni capturé... Qu'est-ce que tu fais de la menace iranienne dans le coin ? Non mais repars au départ, pars à la base. La question que je pose à M. Gage, c'est pourquoi le deux poids deux mesures ? On peut très bien soutenir l'intervention américaine et israélienne, ce que je comprends tout à fait. Mais dans ce cas-là, levons les sanctions contre la Russie et soyons cohérents.
Alors, d'abord, il n'y aurait rien de plus terrible que de faire... Mais il y a une menace iranienne !
Mais tu, il oublie la moitié, Jean-Loup, il oublie la moitié ! Enfin, il y a une menace iranienne sur le nucléaire, quand même !
C'est que la Russie a violé l'intégrité d'un pays et veut l'annexer. Donc, soit on se dit, désormais, alors là, pour le coup, on passe par-dessus le bord, tout le droit international... Israël viole l'intégrité de la Syrie en occupant le Golan. Attendez, ça y est. Oui, il faut qu'il puisse répondre. Mais oui, allez-y. Non mais, il n'y a pas de pureté dans le droit international.
Je pourrais, enfin, en tout cas, dans son application, je pourrais vous dire partout, je condamne toutes les violations du droit international et je suis assis sur ma montagne à les condamner, à les regarder les unes après les autres et à m'enfermer dans une naïveté diplomatique ou géopolitique qui consiste à dire, ah ben, les gens sont méchants dans le monde et ne respectent pas... Il y a du pragmatisme de la réelle politique qui fait, non pas hiérarchiser les périls, mais de considérer à un moment donné quelle réponse on apporte. Donc, la Russie qui envahit l'Ukraine, pour moi, ça c'est un principe.
En plus, pardon, c'est une forme d'égoïsme européen, c'est sur le territoire européen, c'est une menace qui est existentielle aussi d'une certaine manière pour nous. J'ai l'Iran qui, depuis 47 ans, depuis 47 ans, dit matin, midi et soir, je veux détruire... Mort à l'Amérique et mort à Israël. Donc, on peut se dire, écoutez, ces gens-là sont anecdotiques, sont folkloriques, on continue à les laisser faire. Mais ils font de l'armement nucléaire, ils font de la balistique et puis surtout, pardon, je le rajoute aussi, mais ils tyrannisent leur peuple. Enfin, 8 et 9 janvier, il y a 36 à 40 000... Puis ils ont fait commettre
des attentats par leurs affidées partout dans l'Europe.
Et puis, ce qu'on a vécu, le drakkar au Liban, on parlait du Liban dans les années 80. Les enlèvements des otages. Les otages, enfin, c'est pas un pays, en tous les cas, je distingue les Iraniens, le grand peuple iranien qui, malheureusement, vit sous le joug islamiste des Mollahs. Et donc, si on peut, d'une manière ou d'une autre, et c'est là que je ne suis pas assuré qu'on va y parvenir, qu'une intervention de cette nature... Je ne crois pas que la démocratie naisse sous les bombes d'une intervention extérieure. Non mais Jérôme, il faut parler du Hezbollah. Le Hezbollah,
le bras armé des Iraniens. C'est-à-dire que si on ne parle pas des raisons pour lesquelles... C'est-à-dire que si on regarde ce pourquoi l'Iran est, entre guillemets, à une guerre des États-Unis, et qu'on regarde la violation du droit international et qu'on le compare entre la Russie et l'Ukraine, c'est un peu de la mauvaise foi parce que l'Iran, sur les discussions à propos du nucléaire, c'est échec sur échec. Le Liban, il faut le distinguer du Hezbollah. Le Hezbollah, c'est le bras armé de l'Iran. Enfin, c'est quand même une menace géopolitique dans tout le coin. Donc, c'est pas rien. On ne peut pas comparer à l'Ukraine. Je rajoute un élément que je n'ai pas mentionné.
Pour autant, je suis forcément gêné de voir que c'est un Donald Trump qui décide tout seul et un Benjamin Netanyahou pour lequel j'ai des désaccords sur un certain nombre de points essentiels qui, voilà, prennent cette décision, ne consultent pas le reste de la communauté internationale. Pour autant, c'est toute la complexité de la situation. Mais vous pratiquez le DGV. Mais non, puisque ta comparaison n'est pas... Vous donnez raison. Je donne raison sur les éléments de contradiction. Soit j'applique, je vous l'ai dit tout à l'heure, soit j'applique la totalité du droit et je condamne toutes les violations du droit international partout dans le monde et il y en a.
Et je constate mon impuissance. Soit j'essaye, à partir de situations, de réduire les périls. En fonction de ceux
qui vous plaisent et qui ne vous plaisent pas. L'Arrussie ne vous plaît. Mais pas. Et puis vous êtes solidaire de l'Ukraine. Vous l'avez dit d'ailleurs. Vous êtes solidaire de l'Ukraine parce que les Ukrainiens... Mais la comparaison européenne elles sont des blancs alors que les arabes et les perses ça ne vous intéresse pas. Non mais qu'est-ce que vous racontez ? C'est n'importe quoi.
Mais non, mais je vous explique que c'est le même principe. D'un côté, j'ai une violation d'intégrité territoriale et l'annexion d'un pays. Je ne me résigne pas à une annexion par la force d'un pays. De l'autre côté, j'ai une menace qui s'exerce sur un certain nombre de voisins et surtout sur le peuple lui-même. Ce qui renvoie d'ailleurs à une impasse du droit international. Rappelez-vous, toujours dans la profondeur historique, dans les années 90, on s'était posé la question de savoir est-ce que le droit international peut aller jusqu'au droit d'ingérence ? C'était Bernard Couchner qui l'avait terrorisé.
Notamment Bernard Couchner et un spécialiste du droit international qui s'appelle Mario Matotti. Ça, c'est intéressant. Est-ce qu'on peut aller jusqu'au droit d'ingérence au nom des droits de l'homme, de principes démocratiques, de principes essentiels ? Vous voyez bien que ça a été aussi impossible parce qu'il y a plein de pays qui ont dit vous êtes gentils mais vous n'allez pas venir vous occuper de la manière dont on traite nos propres populations et qu'on est aujourd'hui... N'oubliez jamais cette donnée. Les démocraties sont minoritaires dans le monde aujourd'hui. Ah, la démocratie n'a pas gagné. Elle est en train de perdre. Les régimes autoritaires, les dictatures sont plus nombreux
sur les 195 États. Cette posture intellectuelle de gens comme Jean-Loup et qui est une posture de beaucoup d'intellectuels plutôt à gauche d'ailleurs mais pas que qui mettent sur le même plan le fait de effectivement faire tomber un régime qui pend des gens sur la place publique et qui en torture des milliers dans les sous-sols des prisons de Téhéran mettent ça sur le même plan avec l'invasion de l'Ukraine qui à ce jour a occasionné plus très loin d'un million de morts et autant sinon davantage de blessés. Franchement, c'est faire preuve d'une espèce de relativisme obscène pour les victimes de ces crimes-là.
On ne peut pas juste pour faire le malin sur un plateau confortable mettre ça sur le même plan. Moi, je trouve ça dingue. Mais bon, je suis pour le droit d'ingérence par ailleurs. Je pense qu'on a trop reculé là-dessus. Moi, j'ai une question, M. Gatch, vous dites on. On espère que ça va marcher, on machin. Mais ce n'est pas on, effectivement, c'est les États-Unis et Israël. Nous, la France et l'Europe, on est complètement à la remorque du truc. Ça m'intéresserait de savoir quelle analyse vous faites selon vous pourquoi la France et l'Europe sont complètement à la ramasse désormais sur à peu près tous les grands conflits internationaux.
Comment ça se fait qu'on soit sorti du jeu de la plupart des grands, et ce n'est même pas que les conflits d'ailleurs, des grands enjeux internationaux. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Parce que l'Europe qui avait la prétention d'être une Europe puissance, économique, démocratique, éventuellement diplomatique et militaire, a renoncé à cette ambition et est devenue au mieux un grand marché qui a du mal à se protéger et au pire un nain politique sur ces enjeux-là. Et moi je le regrette parce que dans une période où les empires se construisent... Pour vous c'est une question de volonté politique.
Pardon ? Pour vous c'est une question de volonté politique.
C'est une question d'assumer la nécessité d'occuper cet espace-là. C'est-à-dire que les empires chinois, russes et américains reviennent à leurs fondamentaux originelles. En tous les cas pour la Chine et pour la Russie et pour les Etats-Unis. La sidération avec laquelle on découvre que ce grand pays il y a 250 ans la France l'a accompagné dans son mouvement d'émancipation. Et 250 ans après les Etats-Unis tournent le dos à l'état de droit, à la démocratie et à ce lien transatlantique dont on pensait que la première et la deuxième guerre mondiale l'avaient gravé dans le marbre durablement. Les signaux avaient commencé à surgir depuis plusieurs années.
Et l'Europe a préféré par paresse, par confort, ne pas prendre sa responsabilité de l'affirmation d'une autonomie stratégique notamment militaire. Et c'est la raison pour laquelle je dis que le discours qu'a prononcé Emmanuel Macron hier sur la dissuasion nucléaire sur cette dissuasion désormais avancée est intéressant. Je m'en félicite. Vous l'approuvez ou pas ? Je l'approuve totalement. Il y a des éléments d'interrogation.
Il faut être respecté il faut être craint et donc on va monter en puissance nucléaire ça vous approuvez ?
A la fois cette montée le renforcement capacitaire avec le nombre de têtes nucléaires qui sera dans l'arsenal français mais complété par ce qui s'appelle l'épaulement conventionnel des pays européens c'est à dire je suis très attaché dans une tradition
On la change progressivement c'était le désarmement et là on revient à l'armement
Mais parce qu'il y a un principe de réalité il serait naïf et totalement déraisonnable de penser que la période qui s'ouvre va être une période dans laquelle les rapports de force diplomatiques et donc militaires ne se construiront pas j'aurais préféré à la chute du mur de Berlin je suis dans cette génération là j'ai espéré un monde dans lequel le multilatéralisme la coopération allait prendre le dessus Donc c'est un monde de conflits et de guerres Malheureusement
il est devant nous Et alors dans ces conditions là monsieur Gage Si tu veux la paix tu te prépares éventuellement à la guerre Dans ce monde là est-ce qu'on peut raisonnablement aller vers un système avec la semaine de 4 jours le revenu universel la retraite à 60 ans La fin des...
Je me demandais à quel moment Charles Consigui allait faire le lien Oui parce qu'il y a un petit point commun entre les Etats-Unis Israël la Chine tous ces pays qui nous surpassent complètement en termes d'influence et de puissance c'est qu'il travaille Vous voyez C'est con C'est con mais c'est comme ça Voilà Vous allez en Israël ça bosse ça bosse C'est un pays qui est en croissance économiquement Vous allez aux Etats-Unis ça bosse ça bosse Ils sont pas à 4 jours par semaine Ils sont pas à la retraite à 60 ans C'est un pays qui est en croissance économiquement Alors vous savez quoi Vous allez en Chine Le modèle chinois il devrait vous plaire Il devrait vous plaire Là c'est carrément la planification l'Etat etc Mais ça charbonne aussi C'est pas la semaine de 4 jours non plus Et nous on est là en Europe On est sur notre terrasse de café le jeudi à 15h30 et on se dit mais tiens on est en train de rater tous les trains de l'histoire Mais comment ça se fait Tiens je vais en parler avec Jean-Paul Il écrit dans le Grand Continent Il a écrit un truc très intéressant Oh puis t'as vu le discours de Macron T'as vu son discours Ah c'était top Ah ouais je l'ai regardé puis je me suis fait un bon verre de rosé après Tu bosses pas aujourd'hui Ah non je suis en télétravail C'est dans ma convention collective Mais de toute façon tu sais j'ai 60 ans dans deux jours Donc maintenant Finito pipo Pendant les 40 prochaines années l'Etat va me prendre en charge C'est ça la France de Rome Gage C'est ça l'Europe d'aujourd'hui Donc on ne peut pas s'étonner
Répond Jérôme Gage Non mais je J'avais au regard du début de la discussion le secret espoir que nous puissions continuer dans une forme de nuance de dispute apaisée avec des arguments qui ne sont pas qui ne sont pas justement dans la caricature Et je trouve que la bonne réponse vous allez voir c'est un socialiste qui va vous citer le général de Gaulle en 1942 au moment où le pays est au fond du trou il est occupé il prépare la reconstruction et il a cette phrase magnifique qui est dans les travaux du conseil national de la résistance il dit la reconstruction s'appuiera à la fois sur de la cohésion nationale l'effort de défense nationale et sur de la cohésion sociale et la future sécurité sociale C'est à dire ce qui fait l'ident Ah mais attendez Ça faisait longtemps Mais oui mais attendez le général de Gaulle au moment où le pays est au fond du trou il dit que pour faire nation Il faut relier Il faut relier les gens Voilà C'est la tribu Et qu'on marche sur les deux jambes Et là où je vais vous rejoindre monsieur Consigny c'est que évidemment qu'il y a un effort de défense qui doit être augmenté La preuve moi j'ai soutenu le budget qui prévoit le renforcement de cet effort de défense 6 milliards 7 supplémentaires pour augmenter et s'adapter à la loi de programmation militaire et je n'ai pas d'objection à cela c'est une des raisons d'ailleurs pour lesquelles j'ai participé à la négociation dans une logique de compromis pour avoir ce budget là mais de grâce au moment où il faut faire justement cohésion nationale si vous voulez opposer les français les uns aux autres en disant il y a les féniastes et il y a ceux qui bossent il y a les urbains et les ruraux il y a les jeunes et les vieux c'est pas comme ça on va faire cohésion nationale L'immobilisme est en marche rien ne l'arrêtera Moi j'assume d'où je parle et ce que je vais défendre dans l'élection présidentielle pour partager les richesses pour partager les richesses il faut les créer je suis pour l'alliance des productifs les salariés les entrepreneurs les commerçants les artisans les patrons de PME les créateurs les chercheurs tout cela ensemble ils créent de la richesse mon problème c'est l'économie de la rente c'est l'économie financiarisée c'est le partage c'est le partage justement on va continuer j'ai pas de problème dans cette alliance des productifs voilà mais elle s'appuie sur tout le monde et si vous commencez à dire qu'il y en a certains qui sont des tirs au flanc
certains de vos amis à gauche demandent un débat à l'assemblée nationale pour savoir quelle doit être l'attitude de la France dans ce conflit au Proche-Orient au Moyen-Orient là pour le monde dans les déclarations d'intention c'est à dire on dit on va aider nos compatriotes qui seront en difficulté on va aider à les rapatrier si nos alliés ont besoin de nous nous serons là aussi mais ça dit pas grand chose est-ce qu'on est aux côtés des Etats-Unis est-ce qu'on est aux côtés d'Israël est-ce qu'on doit en débattre avoir une position ferme de dire oui on y va et on vous aide qu'est-ce qu'on doit faire
les questions de défense notamment évidemment de guerre de relations internationales sont le domaine réservé du président de la république mais pour autant je pense que c'est sain dans une démocratie que les groupes parlementaires les partis politiques puissent être au moins associés donc là en ce moment il n'y a pas de session parlementaire c'est les élections municipales je trouverais utile comme il l'a fait dans le passé que le président de la république réunisse les chefs des formations politiques ou les présidents des groupes parlementaires représentés à l'Assemblée nationale pour avoir un échange ça me paraît sain dans une démocratie et après que le parlement puisse ça arrive parfois débattre alors c'est pas décisionnel au sens où c'est pas heureusement un vote de l'Assemblée nationale qui décide de telle ou telle intervention militaire mais je pense que là aussi pour pas qu'il y ait une sorte de de chèque en blanc qui soit donné au président de la république qu'à un moment ou à un autre il y ait cette discussion y compris pour clarifier les points que vous avez mentionné de savoir quelle est la ligne de crête sur laquelle nous nous tenons j'entends le ministre des Affaires étrangères qui parle à un moment de désescalade s'agissant du sud du sud Liban évidemment mais plus largement de la manière dont on sort de de l'embrasement sur l'ensemble du du Moyen-Orient et on est rentré dans un conflit là il faut avoir l'honnêteté de le nommer comme tel et soit il y a une négociation avec un désarmement de l'Iran l'abandon des prérogatives non mais voilà on est passé à autre chose là on n'est pas tout à fait parce que l'Iran est dans l'escalade même
donc à ce moment là il faut aller au bout de l'Iran l'Iran veut embrasser la région et donc dans la région il y a nos alliés d'ailleurs ils ont commencé les bases etc ils ont commencé
à taper des endroits
on va laisser de côté la situation internationale on va revenir à la politique française question de l'ami Jean-Loup Bonamy
justement à propos de politique intérieure française vous êtes candidat à l'élection présidentielle mais j'aimerais juste très rapidement avec vous parler un peu de littérature parce qu'il y a un roman qui s'appelle Les Thibauts de Roger Martin Dugar et dans ce très beau roman il y a une jeune femme Rachel qui est une ancienne prostituée elle a une histoire d'amour avec le docteur Antoine Thibaut tout se passe très bien et au dernier moment alors qu'il lui offre une belle vie elle l'abandonne pour retourner vers son ancien compagnon qui est un homme violent qui est un proxénète qui la bat qui la tyrannise et en fait elle ne peut pas s'empêcher de revenir vers lui au dernier moment même si c'est complètement irrationnel et bien ce personnage m'a fait penser à vous quand je vous ai ce personnage de Rachel quand je vous ai entendu il y a trois semaines après la mort du jeune Quentin vous êtes venu sur les plateaux dire vraiment du mal à un point incommensurable sur Jean-Luc Mélenchon mais quand on vous a demandé au deuxième tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pour qui est-ce que vous avez voté vous lui dites ah bah pour Jean-Luc Mélenchon bien sûr c'est à dire vous êtes comme une femme battue qui revient au dernier moment vers son ex-violent et qui quand il faut trancher quand il faut choisir ne peut pas s'empêcher de revenir un peu vers cet homme qui la fascine et qui l'attire et d'ailleurs c'est tout ce qu'attendait la seule chose que voulait entendre Jean-Luc Mélenchon toute sa stratégie c'était ça parce qu'en fait comme il le dit il méprise les petits bourgeois de gauche et il a bien raison parce qu'il sait qu'au deuxième tour les petits bourgeois de gauche voteront pour lui quoi qu'il arrive même s'ils ont dit du mal de lui et qu'au dernier moment telle une femme battue mais toujours amoureuse et bien ils reviendront vous êtes sous emprise vous êtes sous emprise Mélenchonienne
d'abord le philosophe que vous êtes n'est pas exempt de la rigueur scientifique parce que vous mentionnez je veux dire la question qui m'a été posée à laquelle j'ai commis l'erreur de répondre je vais vous dire ne portez pas sur l'élection présidentielle mais sur les élections municipales sur l'élection municipale répondre à une question d'un deuxième tour rassemblement national LFI outre le fait que c'est très théorique ça accrédite un scénario que je récuse comme je le récuse au niveau national et je vais être extrêmement clair je ne veux pas que le rassemblement national exerce le pouvoir dans notre pays et que ça arrivera de manière certaine si Jean-Luc Mélenchon est qualifié au deuxième tour de l'élection présidentielle et donc pour éviter le RN il faut qu'il y ait une offre alternative de gauche républicaine c'est celle que je veux porter pour que Jean-Luc Mélenchon ne soit pas qualifié au premier tour il s'est moqué de ça dans son discours ah il vous méprise oui oui non c'était pas à Perpignan c'était oui probablement à Perpignan dimanche il a dit monsieur Gage va faire quoi avec ses petits bras voilà ben oui je préfère porter ce combat avec mes petits bras plutôt que valider tout ce qu'il est amené à faire actuellement donc je vais vous dire les choses très calmement et très clairement je ne souhaite pas que Jean-Luc Mélenchon gouverne ce pays et pour éviter cela et bien je souhaite incarner cette offre ça on a bien compris mais si au deuxième tour il y a un tour Jordan Bardella Jean-Luc Mélenchon pour qui votez-vous ?
si il y a un deuxième tour de cette nature c'est déjà perdu mais pour qui votez-vous et pour qui appelez-vous à voter ? Bardella a gagné l'élection présidentielle si je réponds à nouveau à cette question je commets l'erreur d'accréditer ce que et Bardella et Mélenchon veulent donc moi ce scénario c'est le scénario catastrophe c'est le scénario mortifère pour le pays et c'est la raison même d'être sauf contre l'engagement dans lequel je suis c'est la raison pour laquelle je m'oppose aux élections municipales à tout accord avec la France insoumise je ne peux pas être plus explicite je l'ai dit et revit dans les accords de deuxième tour je n'en veux pas c'est au moins c'est clair
et je préfère perdre une élection
je l'ai dit je préfère perdre une élection que perdre mon âme voilà il y a des moments donnés c'est Michel Noir qui l'avait dit à Lyon à l'exempleur de Lyon et moi je vous le redis parce qu'à un moment donné on me dit ouais mais c'est pas crédible moi je l'ai vécu perso voilà en 2024 on n'était pas très nombreux à l'époque au moment de la dissolution j'ai refusé l'accord avec la France insoumise parce que les dérives que tout le monde condamne aujourd'hui elles avaient déjà commencé au printemps 2024 et donc en 2024 j'ai refusé de me présenter avec leur soutien j'ai eu une candidature soutenue par la France insoumise face à moi j'ai pris le risque de perdre l'élection et moi je l'ai souligné et j'ai gagné et je pense à un moment donné il faut prendre ce risque là en cohérence et en constance dans la durée et donc là oui s'il y a des villes qui doivent être perdues je préfère qu'on construise dans la durée cette offre de gauche républicaine qui soit crédible et qu'on donne pas l'impression qu'on gaudit au gré de quelques c'est dur pour ceux des copains qui sont engagés localement mais la politique par moments c'est plus grand que soi-même voilà
il faut savoir se filmer justement parce que vous parlez des dérives on en a entendu quelques-unes de nouveau ces derniers temps donc on va vous les faire écouter
s'il s'agit de l'affaire Epstein ah je voulais dire Epstein pardon ça fait plus russe Epstein alors maintenant vous direz Einstein au lieu d'Einstein Frankenstein au lieu de Frankenstein et bien voilà non tout le monde comprend comment il faut faire comme monsieur Glucksmann et je ne sais qui encore Glucksmann pardon après j'en ai pour des heures après vraiment
et derrière il a présenté ses excuses Jean-Luc Mélenchon il se fout de la gueule de tout le monde pardonnez-moi l'expression j'aime pas utiliser ce genre de terme mais tout ce qu'il fait là est volontaire organisé prévu voilà et les excuses qu'il présente hier sur son truc en disant je ne l'ai pas fait exprès là c'est un bras d'honneur à l'intelligence des gens qui ont tous vu qu'il l'a fait exprès et pourquoi il le fait exprès et pourquoi on le condamne c'est parce que tout ça pardon de le dire mais ça pue voilà j'ai pas d'autres mots ça pue
mais c'est vraiment calculé
c'est pour entretenir cette ambiance où on a vu dans des meetings soi-disant de gauche des gens s'amuser de la prononciation des noms ça c'était c'est l'extrême droite historique qui faisait ça dans les années 30 ou Jean-Marie Le Pen dans les années 80 ou dans les années 90 c'est pas un dirigeant qui se prétend être un dirigeant de la gauche on fait pas ça or on connait les codes on ne sait les mots moi j'ai rompu définitivement voilà j'ai rompu l'emprise que vous caractérisiez c'était pas de l'emprise c'était l'idée de se dire à un moment donné on peut être dans un rassemblement de la gauche sincère mais quand un jour Jean-Luc Mélenchon a pris sa plume et pardon mais je le répète à chaque fois parce qu'au bout d'un moment on oublie c'était pas un problème personnel quand il a pris sa plume qu'il a écrit comme il a prononcé des mots mais là c'était pire parce qu'il écrit un texte que pour la première fois j'ai trouvé antisémite à mon endroit et bien je l'ai dit je me suis pâtu j'ai pas regardé ailleurs et j'aimerais que tout le monde l'entende avec la même sincérité quand une femme dénonce des violences sexistes ou sexuelles on lui dit je te crois quand un enfant dénonce de l'inceste tout le monde dit il faut on lui dit je te crois quand une personne victime de racisme anti-musulman le condamne on lui dit je te crois et bien j'espère qu'on va dire je te crois Jérôme quand tu dénonces l'antisémitisme de Jean-Luc Mélenchon ça me fait pas plaisir de le faire
vous comparez aux femmes battues vous-même mais non à des pléos mais non vous le connaissez très bien
mais c'est pas qu'un problème personnel parce que les gens parfois y compris dans ma prof famille politique disent ce n'est qu'un problème personnel ils n'ont qu'à régler ça entre eux dans une psychothérapie de groupe non il y a un problème politique majeur dans ce pays quand une formation celle de Jean-Luc Mélenchon s'éloigne à ce point des rives de la gauche voilà et donc moi aujourd'hui j'assume et je dis ce n'est plus possible plus rien à aucun moment à aucune élection municipale présidentielle ou législative ni au premier ni au deuxième tour tu vas être plus clair bravo
Jérôme Guedj