Témoin RMC : Dominique Rizet - 05/06
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse partielle
Dominique Rizet est avec nous. Dominique, bonjour.
- 0:19OuverteRéponse partielle
C'est vraiment le premier vrai suspect dans cette affaire Madi ?
- 0:28OuverteRéponse partielle
Je voudrais que nous revenions sur cette affaire à Rouen de ces policiers qui ont été renvoyés en conseil de discipline pour des propos racistes.
- 2:33OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous, Dominique ? Ça fait froid dans le dos, quand même, non ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Rappelez-nous les faits rapidement, Dominique.
- 5:46OuverteRéponse partielle
Et voilà que nous avons un suspect sérieux. Qu'en est-il ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:58InvitéFait
« Les Noirs, mais aussi les Arabes et les Juifs sont appelés les ennemis de la race blanche. »
- 1:20Locuteur non identifiéFait
« Sinon, ça y est, je viens d'effectuer le paiement pour mon fusil d'assaut. »
- 2:06InvitéFait
« Le policier noir qui est visé dans ces messages a décidé de prévenir sa hiérarchie et qu'une enquête préliminaire a été ouverte. »
- 2:08InvitéFait
« La police des polices a été saisie dès le mois de janvier. »
- 3:07InvitéChiffre
« Ce n'est pas normal que sur une population de 160 000 personnes, il y ait une centaine d'énervés, d'abrutis, et qu'ils soient capables de tenir des propos pareils. »
- 3:25InvitéFait
« L'autorité qui, depuis 40 ans, je connais des ministres de l'Intérieur, depuis Gaston Deferre. »
- 4:32InvitéFait
« La plus jeune, c'est Madi, et puis deux autres enfants plus grands. Et quand ils rentrent, pas très tard, les fenêtres de l'appartement ont été fracturées. »
- 4:58InvitéFait
« Des témoins raconteront plus tard qu'ils ont vu un homme qui portait dans ses bras une petite fille en pyjama partir en courant. »
- 5:26InvitéFait
« Le premier suspect, les premiers suspects, ce seront les parents de Madi, à tel point que l'un des enquêteurs, l'enquêteur leader sur ce dossier, va partir en retraite et qu'il va écrire un livre dans lequel il appuie cette thèse. »
- 6:01InvitéChiffre
« Il avait 30 ans au moment des faits. »
- 6:10InvitéFait
« Il était dans ce secteur. »
- 6:33InvitéFait
« Il avait été condamné pour un viol au Portugal d'une femme de 72 ans. »
- 7:01InvitéFait
« Le porte-parole du procureur de Brunswick a expliqué hier que l'enquête était en cours, qu'il ne pouvait pas nous en dire plus. »
- 7:12InvitéFait
« Il a dit qu'on a peu d'espoir de retrouver la petite Madi vivante. »
Temps de parole
- Invité48 %
- Présentateur32 %
- Locuteur non identifié10 %
- Invité 210 %
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Vous écoutez RMC. Dominique Rizet est avec nous. Dominique, bonjour. Bonjour Jean-Jean. Consultant police-justice à BFM TV, nous allons revenir sur la disparition de la petite Madi et sur cet allemand suspecté de meurtre 13 ans après. C'est vraiment le premier vrai suspect dans cette affaire Madi. On va en parler avec Dominique, mais auparavant, je voudrais avec Quentin que nous revenions sur, puisque vous êtes le spécialiste police-justice de BFM TV et d'RMC, je voudrais que nous revenions sur cette affaire à Rouen de ces policiers qui ont été renvoyés en conseil de discipline pour des propos racistes à l'encontre notamment d'un de leurs collègues, un autre policier mais qui est noir.
Oui, alors c'est en voyant le téléphone d'un de ses collègues que Alex, ce policier noir, découvre qu'il est la cible de propos racistes de la part de six autres policiers. Et Alex est parfois visé dans ses messages. Les Noirs, mais aussi les Arabes et les Juifs sont appelés les ennemis de la race blanche. Ces propos sont écrits dans des messages privés que Mediapart et Arte Radio se sont procurés. Écoutez.
Ce pays mérite une guerre civile, raciale, bien sale. Il faut qu'il crève, c'est chiant. De toute façon, la guerre raciale est inévitable. Sinon, ça y est, je viens d'effectuer le paiement pour mon fusil d'assaut. Là où nous, les nationalistes racialistes, on va être assez malins, c'est en gros laisser le combat intersectionnel, les obliger à s'exterminer entre eux. Quand les féministes, les LGBT, les Juifs, les bougnoules, les nègres, qui ne sont pas musulmans, tout ça vont commencer à se bouffer la gueule entre eux. Tu manges ton pop-corn, tu regardes la télé, tu aiguises tes armes, et en fait, quand ils se sont bien affaiblis, tu achèves les bêtes.
Voilà pour ces messages que se sont procurés Mediapart et Arte Radio. Vous avez entendu.
C'est d'une violence extrême, hein Dominique ? Oui.
Je termine juste pour dire que le policier noir qui est visé dans ces messages a décidé de prévenir sa hiérarchie et qu'une enquête préliminaire a été ouverte. La police des polices a été saisie dès le mois de janvier. Oui, sauf que les policiers ne sont pas suspendus. Ils sont toujours en activité.
Ils sont toujours en activité. Les policiers qui ont tenu ces propos-là, qui ont tenu ces propos-là, ne sont pas suspendus. Il va falloir qu'on s'explique là-dessus. Il va falloir que le ministre de l'Intérieur s'explique. Et je reçois tout à l'heure la ministre de la Justice, la garde des Sceaux. Il va falloir qu'elle nous réponde aussi là-dessus. Qu'en pensez-vous, Dominique ? Ça fait froid dans le dos, quand même, non ? Ça fait froid dans le dos, mais ce n'est pas nouveau.
Moi, ça ne me surprend pas du tout. C'est des trucs que j'ai déjà entendus. Ça fait 40 ans que ça dure. Ça fait 40 ans qu'il y a dans la police... La police n'est pas raciste, mais ça fait 40 ans que dans la police, il y a des verrues, des gens comme ça, qui se permettent... Alors aujourd'hui, c'est sur les réseaux sociaux. Il y a 40 ans, c'était comme ça au bistrot. De tenir des propos comme ça, c'est vrai que c'est choquant, c'est insupportable. Mais moi, ce qui me dérange le plus encore, je veux dire, ce n'est pas normal que sur une population de 160 000 personnes, il y ait une centaine d'énervés, d'abrutis, et qu'ils soient capables de tenir des propos pareils. On n'a rien à en dire.
Ça n'a tellement pas de sens. On s'est regardé tous les quatre, entendant ce que tu disais, c'est intolérable. Moi, ce qui m'énerve, c'est l'autorité. L'autorité qui, depuis 40 ans, je connais des ministres de l'Intérieur, depuis Gaston Deferre. J'ai commencé sous Gaston, ça, un petit moment. C'est toujours le même discours lisse, c'est toujours les mêmes propos. Oui, mais non, mais il ne faut pas. Oui, bien sûr, il ne faut pas généraliser. Et puis, l'IGPN est là, et puis on fait des signalements. Et puis, si les faits sont avérés, il y aura des sanctions. Les faits sont déjà avérés.
Oui, là, les faits sont avérés.
Donc, les faits sont déjà avérés. Gagnons du temps, dirons ces policiers.
Ce qui est insupportable, c'est qu'ils ne soient pas suspendus. Bien sûr. Suspendus, ça ne veut pas dire révoqués. Ça veut dire suspendus.
Oui, on les suspend le temps de l'enquête. Et puis, de toute façon, l'enquête, elle donnera ce qu'elle doit donner. Parce que quand on tient des propos comme ça, on ne mérite pas la police nationale, et on va faire un autre métier. On va ailleurs, donc, suspendus, enquête et révoqués forcément, bien sûr.
Bien, parlons de la disparition de la petite Madi. Incroyable, incroyable histoire. Je rappelle que cela fait 13 ans que cet enfant a disparu. Tout le monde se souvient. C'était en 2007. C'était même le 3 mai 2007. Le jour au Portugal. Rappelez-nous les faits rapidement, Dominique.
Après, il y a d'allus, une famille d'anglais avec leurs trois enfants, qui sont en vacances là-bas, qui ont une location, qui partent dîner avec un couple d'amis, et qui ont la mauvaise idée, mais on ne va pas les accabler, de laisser leurs trois enfants dans l'appartement, endormis. La plus jeune, c'est Madi, et puis deux autres enfants plus grands. Et quand ils rentrent, pas très tard, les fenêtres de l'appartement ont été fracturées. Une fenêtre a été fracturée, un vol est ouvert, et Madi n'est plus dans son lit. Des témoins raconteront plus tard qu'ils ont vu un homme qui portait dans ses bras une petite fille en pyjama partir en courant.
La photo du piche d'un pyjama similaire à celui que portait Madeleine, qu'on surnomme Madi, va être diffusée, et ça ne donnera rien. Les Portugais vont d'abord soupçonner les parents d'avoir monté l'enlèvement de leur enfant. Le premier suspect, les premiers suspects, ce seront les parents de Madi, à tel point que l'un des enquêteurs, l'enquêteur leader sur ce dossier, va partir en retraite et qu'il va écrire un livre dans lequel il appuie cette thèse, il la démontre, de la culpabilité des parents de Madi.
Ça ressemble étrangement à l'affaire Grégory. Ça ressemble à l'affaire Grégory, voilà. C'est que quand les enquêteurs tournent un peu en rouille, ils soupçonnent les parents. Ce n'est pas la première fois. Ce n'est pas la première fois. Et voilà que nous avons un suspect sérieux. Un Allemand de 43 ans, je crois, qui est aujourd'hui en prison, d'ailleurs, parce que c'est un délinquant sexuel. Il était au Portugal.
Oui, Jean-Jacques. Il a 43 ans aujourd'hui. Il avait 30 ans au moment des faits. Il était au Portugal. Il y a vécu de 1995 à 2007. 2007, vous l'avez dit tout à l'heure, 3 mai, c'est la disparition de Madi. Il était dans ce secteur. Il travaillait dans la restauration. Et il a surtout un passé qui plaît dans sa défaveur, puisqu'il était condamné pour avoir abusé sexuellement des enfants. C'est un paix de film multirécidiviste, un délinquant sexuel habituel. Et il est en prison en Allemagne pour des faits de crimes sexuels. Il avait été condamné pour un viol au Portugal d'une femme de 72 ans. Donc, c'est quelqu'un qui a exactement le profil d'un ravisseur d'enfance.
Ça ne fait pas de lui l'auteur, mais ça fait de lui un suspect plus plus plus.
Un suspect plus plus plus. La police allemande, évidemment. La justice allemande. Il va y avoir peut-être extradition. Je ne sais pas. Il va être interrogé. Il a été inculpé, je crois. Non ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il a été entendu. Le porte-parole du procureur de Brunswick a expliqué hier que l'enquête était en cours, qu'il ne pouvait pas nous en dire plus. Mais ça, c'est normal. Il a surtout eu cette phrase. Il a dit qu'on a peu d'espoir de retrouver la petite Madi vivante.
Oui. Merci. Merci, Dominique Rizé.