Des magistrats s'en prennent à Gérald Darmanin : "Je les comprends"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Il est 7h52 sur Sud Radio ce matin et on vous explique est-ce qu'il y a ce qu'on est en train tout simplement d'assister à un décrochage entre l'institution judiciaire et son ministre. Bonjour Ludovic Friat. Bonjour.
Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes le président de l'Union syndicale des magistrats. Vous représentez le premier syndicat de la magistrature, près de 60 % de la profession.
Et vous avez dit une vous avez prononcé une phrase il y a quelques jours à propos de Gérald Darmanin suite au rapport qui a causé d'une certaine manière l'affaire Liana. Vous dites que Gérald Darmana a perdu la confiance de ses magistrats. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
Euh ça veut dire que à un moment donné, il faut dire les choses puisque les magistrat et surtout les collègues des parquets, hein, les magistrats, les substitut, les procureurs ont le sentiment que ils se retrouvent en position d'accuser. Il faut bien comprendre que les magistrats ne cherchent pas à éluder leur responsabilité. Euh leur responsabilité peut être questionnée, hein, responsabilité individuelle.
Il y a un lieu pour ça hein, c'est le conseil sur de la magistrature, c'est pas euh sur la presse, sur les plateaux que que cela se fait. Il faut également comprendre que à côté de cette question d'éventuelle responsabilité individuelle, à savoir si euh un individu ou des individus ont failli, se pose la question plus intéressante, me semble-t-il, de la chaîne de protection qui n'a pas fonctionné. Et pourquoi cette chaîne de fonction n'a pas fonctionné ?
C'est là tout le sens de la question. Couper des têtes, c'est intéressant. Euh mais est-ce que c'est suffisant pour éviter que ce type d'événement se reproduise ?
À l'évidence non. H bon le garde des eaux Gérald Darmanin s'est beaucoup exprimé. Il a en tout cas décidé de choisir le devant de la scène pour répondre présent dans cette affaire.
Dans le le prapport d'inspection qui a été rendu public en début de semaine. En effet, l'une de vos collègues est accablée d'une certaine manière sans ambigué. On parle d'erreur d'orientation, d'absence de prise en compte de l'urgence, d'un traitement qui serait défaillant.
Concrètement pour que tous ceux qui nous écoutent comprennent, Ludovic Fria, vous qui êtes le président de l'Union syndicale des magistrats qui expliquait que le le général d'Armanin le garde des SAAUT a perdu votre confiance. Qu'est-ce qu'il a dit concrètement ou qu'est-ce qu'il a fait précisément depuis quelques jours pour que vous puissiez tenir une vraie déclaration ? Concrètement, je dirais concrètement, c'est plutôt ce qu'il n'a pas fait et ce [raclement de gorge] dire qu'il a fait.
Et il a dit à un moment donné, quand la maison brûle, on ne compte pas le litre d'eau pour éteindre l'incendie. Je pense qu'il a mis beaucoup de litres d'eau pour éteindre l'incendie médiatique et les questions qu'on peut lui poser. Quelques exemples.
Lorsqu'il était ministre de l'intérieur il y a pas si longtemps, un rapport avait été diligenté, un rapport interpection générale notamment de LIGA en 2023 qui avait euh donné plusieurs préconisations. Parmi ces préconisations, il était dit clairement, ça c'est la préconisation numéro 2, hein, ça vient tout de suite. Il les avait avisé que attention l'accroissement de la présence de policiers sur la voie publique se faisait au détriment du délaissement de contentieux moins visibles et notamment les contenieux de violence sur les enfants.
Qu'est-ce qu'on a fait cette préconisation ? À mon sens, rien. Idem, un autre exemple, préconisation numéro 17.
L'inspection disait attention, les outils informatiques de la justice ne sont pas au niveau, notamment le fameux logiciel COP. Et les inspecteurs disaient, il faut à tout prix créer un processus d'encop d'alerte qui permet euh d'alerter les substitut ou les magistrats lorsque les enquêtes ne sont pas diligentées assez vite. Euh 3 ans après, ce processus d'alerte n'existe toujours pas et nous avons toujours des outils inadaptés informatiquement qui ne nous permettent pas effectivement de faire ça de façon dire moi je rêve tous les jours d'un logiciel façon NC hein.
Peut-être que nos concitoyens s'imaginent que les procureurs sont dans NC où on appuie sur F7 et effectivement on a tous les éléments qui sont devant nous. C'est pas le cas. C'est pas le cas.
Ça n'existe pas. Bon Luc de Vifria, vous êtes président de l'Union syndicale des magistrats. On entend bien votre colère ce matin et d'une certaine manière aussi peut-être votre lassitude quant à ce qu'on peut entendre dans l'espace public peut-être qui rêverait de beaucoup plus de facilité de simplicité.
Bon, très bien. Néanmoins, est-ce que on peut pas entendre d'une certaine manière, si on veut le dire diplomatiquement, la détermination du garde des sauts à trouver aussi des responsables et ce serait légitime suite au fiasco de l'affaire Liana quand on voit notamment par exemple ce matin la une du journal du dimanche avec ce groupe de 1800 magistrats qui s'organisent visiblement pour empêcher le ministre d'appliquer comme il se doit ses sanctions, qui trouvent ses propos injustes et qui trouvent certaines déclarations totalement déplacées et qui veulent visiblement rentrer en résistance et que quand on assiste à ça, nous en tant que citoyen, on n'a pas envie de soutenir notamment Gérald Armanin. Ce que je pense en tant que président d'un syndicat de magistrat, c'est que il ne faut pas effacer le rôle très important des syndicats.
Les syndicats représentent et sont légitimes à représenter les personnes qui les ont élus. Pendant de depuis pas mal de temps, on entend un espèce de petit syndicat bching. Il y a même des candidats à l'élection présidentielle qui veulent supprimer les syndicats de magistrat.
Et qu'est-ce qui se passe qu'on supprime ou qu'on pense supprimer cette voie-là ou qu'on dit voyez la le syndicalisme c'est pas bien ? Les gens se disent bah oui, le syndicat c'est pas bien. Donc on va faire les choses, on va faire les choses en de en dehors des syndicats.
Mais Ludovifa, quand on voit, pardonnez-moi, la la une du JDD ce matin qui compare ce ce groupe de plus de 1800 magistrats qui visiblement ont réussi à infiltrer, qu'il compare à l'affaire du mur des cons, on voit quand même des collègues réagir en expliquant que en soutenant cette collègue justement accusé d'une certaine manière par le rapport, votre sort est-il écrit à un moment par exemple n'est pas scellé le conseil supérieur de la magistrature n'est pas aux ordres du garde des saut et la quasialité des magistrats du siège et du parquet vous comprennent et vous soutiennent. Est-ce que vous n'êtes pas mal à l'aise, Ludovic Fria, en tant que président de l'Union syndicale des magistrats, vous représentez 60 % de cette profession de voir 1800 magistrats d'une certaine manière rentrer presque en résistance face aux gardes des sauts et face aux décisions qu'il souhaiteraient prendre. Est-ce que c'est pas gênant ?
Je pense que euh la réponse des magistrats est à la hauteur du choc qui a été le leur magistrats et notamment les du parquet j'ai pas le soutenir ou à ne pas le soutenir. Je suis à la tête à la tête d'un syndicat. Je comprends la réaction euh des magistrats qui dans ce groupe se posent la question de savoir comment faire porter leur voix, comment la faire entendre.
Moi, je leur dis une seule une seule chose, une seule réponse. La seule façon de faire porter votre voix, c'est de vous tourner vers les syndicats, les syndicats de vos choix qui sont légitimes pour la porter. Et on est légitime pour porter la question des moyens et des outils parce que tout ça est central.
On peut pas effectivement euh réfléchir à une réforme de la justice ou une réforme de la lutte contre les violences faites aux mineurs sans passer par la question des moyens. Les moyens, c'est à la fois des moyens RH. Il faut des hommes et des femmes derrière les logiciels pour prendre des décisions.
Il faut des outils informatiques qui soient des outils informatiques qui soient des informatiques de notre époque et pas du des fins du 20e siècle. Et il faut également des outils légistiques. C'est là toute la question qui se pose.
Est-ce que effectivement notre les lois qui sont les nôtres pour protéger les enfants et les mineurs sont adaptés à la situation ? Dernière question aussi Ludovic Fria. Certains messages visiblement de ce groupe sont remontés jusqu'à la chancellerie, c'est-à-dire jusqu'aux Gardes des SA et cette dernière étudierait désormais d'éventuell poursuite disciplinaires.
Ce serait légitime pour vous. [rires] Les magistrats sont tenus par des obligations déontologiques. Si certains se je le dis et j'ai aucun problème là-dessus, si certains ne respectent pas leurs obligationsologiques, ils doivent en répondre.
Mais ils doivent pas répondre sur les plateaux télé ou on va dire sur des postures. Ils doivent en répondre dans un cadre juridique et bien clair qui est celui de l'Inspection générale de la justice et du CSM. Merci beaucoup Ludovic Fri d'avoir été avec nous président de l'Union syndicale des magistrats.
On a compris à la fois ce que vous reprochiez au ministre de la justice Gérald Armanin suite à ces différentes déclarations après le fiasco dans l'affaire Liana. Et on a aussi entendu vos réactions sur la une du JDD ce matin qui parle d'un nouveau mur d'éc avec ses plus de 1800 magistrats dans un groupe WhatsApp qui visiblement euh essae de mettre des bâtons dans les roues euh dans l'action du ministre de la justice. Et je vous remercie d'avoir été au micro de Sud Radio ce matin.
Il est 8h1 et dans un instant on se retrouve bien sûr pour le rappel des tit de votre météo, le journal des sports et la revue de presse. Très bon réveil sur Sud Radio. 7h10h le grand matin weekend.
Gérald Darmanin