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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 21 octobre 2019 24 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieJusticeSolidarités & famille

Manon Aubry (LFI) : "C'est le rôle d'une députée européenne d'être à l'écoute de la société civile"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous voyez là une marque de la vigueur du système parlementaire ou un divorce qui n'en finit plus ?

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on doit donner un délai supplémentaire aux Britanniques comme ils le demandent ou maintenant c'est fini ?

  • 3:11OuverteRéponse directe

    Beaucoup de voix saluent le travail de Michel Barnier. Est-ce que vous le saluez ?

  • 3:59OuverteRéponse directe

    Jean-Luc Bourlange disait qu'il fallait que ce soit le candidat à la place de Goulard. Ce n'est pas à vous de choisir ?

  • 4:47OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a annoncé une haute autorité de transparence. Est-ce que vous saluez cette décision ?

  • 6:43OuverteRéponse directe

    La France est opposée à l'ouverture de négociations d'adhésion de l'Albanie et de la Macédoine. Est-ce que Macron a eu raison ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Invité politiqueFait
    « Je crois qu'il y a un petit peu des deux et il y a clairement un énorme imbroglio si vous demandez aux Français mais aussi aux Anglais, plus personne ne sait où on en est. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Le Royaume-Uni a très clairement montré sa stratégie à travers Boris Johnson de devenir un paradis fiscal aux portes de l'Union Européenne et ça c'est un danger qu'il faudra regarder avec beaucoup d'attention. »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Oui, je crois que Michel Barnier a mené un travail qui était difficile. »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « Initialement, quand les négociations ont démarré entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni, je crois que personne ne prenait ces négociations au sérieux. »
  • 3:42Invité politiqueFait
    « Parce qu'il s'agit là de préserver la paix en Irlande, on en parle assez peu, mais c'est quand même un gros enjeu sur le Brexit. »
  • 4:12Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas à moi de choisir le candidat pour la France à la place d'Emmanuel Macron. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire d'abord l'examen des conflits d'intérêt. Je siège dans la commission des affaires juridiques qui est en charge de cet examen. »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « Je salue toujours des décisions quand elles vont dans le sens des propositions que nous formulons. »
  • 5:14Invité politiqueFait
    « On a vu Emmanuel Macron réagir comme un enfant gâté la semaine dernière à qui on enlève son jouet. »
  • 6:13Invité politiqueChiffre
    « Sylvie Goulard, qui était rémunéré plus de 10 000 euros par mois, en plus de ses indemnités d'élu. »
  • 7:09Invité politiqueFait
    « Je crois que la lourde erreur, ce serait de vouloir continuer à élargir l'Union Européenne sans rendre son socle social, environnemental plus robuste. »
  • 7:31Invité politiquePromesse
    « Tant qu'on n'aura pas mis en place un salaire minimum européen, tant qu'on n'aura pas mis en place un impôt commun au niveau européen pour lutter contre l'évasion fiscale. »
  • 12:56Invité politiqueFait
    « Je ne savais pas que le premier ministre était juge et qui était en capacité de juger l'affaire. »
  • 13:16Invité politiqueFait
    « C'est un accident avec 11 blessés à son bord côté SNCF seulement un conducteur et que ce conducteur lui-même blessé a dû assurer la sécurité. »
  • 18:35Invité politiqueFait
    « Ces peines de prison sont complètement disproportionnées et scandaleuses. »
  • 18:44Invité politiqueChiffre
    « On a aujourd'hui des militants indépendantistes qui ont été condamnés à 9 à 13 ans de prison ferme, dont des élus députés européens. »
  • 20:29Invité politiqueFait
    « Notre position c'est ni plus ni moins que de s'en tenir à la loi sur la laïcité de 1905. »

Temps de parole

  • Manon Aubry64 %
  • Présentateur15 %
  • Invité8 %
  • Invité 26 %
  • Invité 33 %
  • Auditeur3 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien, celle qui fut la tête de liste de la France insoumise aux élections européennes, aujourd'hui eurodéputée et présidente du groupe de la gauche unitaire européenne au Parlement européen. Question réaction 0145 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application mobile de France Inter. Manon Aubry, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter. Commençons par le Brexit, le dernier épisode en date. Anthony Bélanger le racontait à l'instant, c'est donc le Parlement britannique qui refuse de voter samedi pour valider ou non le nouvel accord obtenu entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.

Alors sur ce point précis, le vote des députés. Question, est-ce que vous voyez là une marque de la vigueur du système parlementaire qui tient dans la tempête et qui défend les procédures de la démocratie ou un divorce qui n'en finit plus au point de devenir désormais ridicule ?

1:00
Manon Aubry

Je crois qu'il y a un petit peu des deux et il y a clairement un énorme imbroglio si vous demandez aux Français mais aussi aux Anglais, plus personne ne sait où on en est. Sur le Brexit, on revient tous les jours et il y a une espèce de Brexit fatigue qui se développe tant côté européen que côté britannique. On ne sait plus où on va et je crois qu'il faut pouvoir trouver la lumière au bout du tunnel et vous l'avez dit, il n'y a pas encore eu de vote de la part des parlementaires sur le texte en lui-même.

Il est possible qu'il intervienne cette semaine et il est possible que le deal soit voté mais quand bien même le deal serait voté, on ne serait pas au bout de nos peines puisque il resterait énormément de choses à négocier, notamment toutes les conditions du libre-échange qui n'est pas un petit élément, sachant que le Royaume-Uni a très clairement montré sa stratégie à travers Boris Johnson de devenir un paradis fiscal aux portes de l'Union Européenne et ça c'est un danger qu'il faudra regarder avec beaucoup d'attention.

1:53
Invité

Mais là concrètement, est-ce qu'on doit donner un délai supplémentaire aux Britanniques comme ils le demandent ou maintenant c'est fini comme dit Emmanuel Macron ?

2:02
Manon Aubry

Je crois que s'il s'agit d'un délai technique qui permet au Parlement d'analyser le texte et si c'est de l'ordre de plusieurs semaines ou à la rigueur jusqu'en janvier, on n'est plus à un mois près si ça peut se dérouler dans de bonnes conditions qui éviterait qu'à jamais la population anglaise soit divisée si ce n'est pas déjà trop tard, ce que j'espère. Donc moi je ne suis pas opposée à ce qu'il y ait de nouveau un report mais je crois qu'il faut entreaperçoivre la fin de cette procédure et qu'à la fin il faut qu'il y ait un vote des parlementaires. Maintenant il faut en finir, c'est que vous dites quoi. Je crois qu'il faut en finir, vous remarquerez qu'il faut divorcer quoi.

À un moment il faut divorcer mais il faut le faire dans les meilleures conditions possibles. C'est pour ça que je ne suis pas opposée à un report d'une semaine, plusieurs semaines, quelques mois pour que l'ensemble des choses soient négociées et qu'on puisse y voir très clairement et qu'on puisse lever aussi des sources d'inquiétude, notamment exprimées par Jeremy Corbyn et une partie du Labour, sur les conditions et les clauses de sauvegarde en matière sociale, environnementale, fiscale.

Et là, si on peut avoir quelques semaines supplémentaires pour notamment pouvoir récupérer une fameuse annexe qui a disparu entre cette version du Brexit, du deal, et la version précédente, celle de Theresa May, ça peut être une bonne chose.

3:11
Présentateur

Beaucoup de voix, même dans l'opposition, disent qu'il a tenu la barre et qu'il a su mener une négociation de qualité. Dieu sait que ce n'est pas facile. Est-ce que vous saluez le travail de Michel Barnier ?

3:23
Manon Aubry

Oui, je crois que Michel Barnier a mené un travail qui était difficile. Initialement, quand les négociations ont démarré entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni, je crois que personne ne prenait ces négociations au sérieux. Et que Michel Barnier a montré qu'il les prenait au sérieux en cherchant à préserver les intérêts des Européens, sans humilier les Anglais. Parce qu'il s'agit là de préserver la paix en Irlande, on en parle assez peu, mais c'est quand même un gros enjeu sur le Brexit. préserver les droits socio-économiques à la fois des Anglais et des Européens. Et donc, ce n'est pas un petit enjeu. Donc moi, je salue le travail de Michel Barnier.

3:57
Invité

C'est étonnant parce que, oui, c'est ce que j'allais vous dire.

3:59
Manon Aubry

J'ai par ailleurs des désaccords politiques avec lui.

4:02
Invité

Mais tout le monde salue, d'une certaine manière, le travail de Michel Barnier. Jean-Luc Bourlange, à votre place la semaine dernière, disait il faut que ce soit le candidat à la place de Goulard, le candidat de la France.

4:11
Manon Aubry

Est-ce que vous diriez ça, vous, ou non ? Ce n'est pas à moi de choisir le candidat pour la France à la place d'Emmanuel Macron. Je sais juste que je ferai mon travail en tant qu'eurodéputée de la même manière qu'on l'a fait pour Sylvie Goulard. C'est-à-dire d'abord l'examen des conflits d'intérêt. Je siège dans la commission des affaires juridiques qui est en charge de cet examen. Puis un examen sur le fond. Le portefeuille, qui est pour le moment, s'il reste le même accordé à la France, est très très large. Le marché intérieur, même l'espace. Donc, on fera notre travail avec la même vigilance et on pourra s'opposer à lui sur la base de désaccords politiques.

Mais je crois que d'un point de vue éthique, Michel Barnier fera un peu plus honneur à la France que Sylvie Goulard.

4:45
Invité

Alors justement, le mot d'éthique, vous l'avez prononcé. Suite au rejet de la candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire, le président de la République s'est prononcé en faveur d'une haute autorité de transparence de la vie publique européenne. Vous l'appeliez de vos voeux, cette haute autorité. Est-ce que vous saluez cette décision d'Emmanuel Macron ?

5:00
Manon Aubry

Je salue toujours des décisions quand elles vont dans le sens des propositions que nous formulons. Je constate juste que si cette autorité indépendante avait existé au moment du cas Sylvie Goulard, elle aurait certainement été bloquée plutôt dans la procédure. Et donc, il y a un enjeu de cohérence. On a vu Emmanuel Macron réagir comme un enfant gâté la semaine dernière à qui on enlève son jouet. Et il s'est dit, ah ben mince, mais je ne comprends pas du tout. Pourtant, on m'avait assuré que Sylvie Goulard passerait.

Si cette autorité indépendante existait avec du temps suffisant, des moyens suffisants, notamment d'investigation, ce qu'on n'a pas du tout aujourd'hui dans la procédure actuelle, et une véritable indépendance, alors oui, on remettrait davantage d'éthique dans les institutions européennes. Et les quelques semaines qui viennent de s'écouler prouvent que c'est plus que jamais indispensable parce que trop souvent, le fric a primé sur l'éthique. Et donc, je vais plus loin que cette autorité indépendante. Il faut aussi changer les règles au Parlement européen que le cas à Goulard, si je puis dire, fasse école et qu'on interdise les sources de rémunération annexes ou en tout cas qu'on les encadre.

6:00
Invité

C'est ce que j'allais vous dire, parce que Sylvie Goulard, c'était légal.

6:03
Manon Aubry

Mais immoral. Mais immoral, d'où la nécessité... Oui, mais tout est là-dedans, c'est-à-dire que... Mais si vous voulez, je veux qu'on prenne à tellement tous ceux qui nous écoutent, à tous ceux qui galèrent à finir leur fin de mois, pour rappeler quand même le cas Sylvie Goulard, qui était rémunéré plus de 10 000 euros par mois, en plus de ses indemnités d'élu. Mais Manon Aubry, c'est juste ce que vous dites, mais c'est légal. C'est pour ça qu'il faut changer les règles. Et donc, maintenant, faisons en sorte que le cas Goulard fasse école.

Et si Emmanuel Macron veut remettre davantage d'éthique dans les règles européennes, qu'il soutienne aussi notre proposition d'encadrer les rémunérations annexes, et que ce soit interdit de répondre finalement à des intérêts privés, plutôt qu'à ceux des citoyens qui nous élisent.

6:43
Présentateur

Manon Aubry, la France est opposée avec le Danemark et les Pays-Bas à l'ouverture de négociations d'adhésion de l'Albanie et de la Macédoine du Nord à l'Union Européenne. Emmanuel Macron a provoqué la déception, cette position-là, a provoqué la déception d'Angela Merkel. Jean-Claude Juncker, l'actuel président de la Commission, a évoqué, lui, une lourde erreur historique. Est-ce que sur ce point, le président de la République a eu raison ?

7:09
Manon Aubry

Je crois que la lourde erreur, ce serait de vouloir continuer à élargir l'Union Européenne sans rendre son socle social, environnemental plus robuste. Et donc, moi, je ne suis absolument pas opposée à l'idée d'extension de l'Union Européenne, mais pas tant que nous n'avons pas mis en place des règles en matière de justice fiscale et de justice sociale. Je vous donne des exemples concrets. Tant qu'on n'aura pas mis en place un salaire minimum européen, tant qu'on n'aura pas mis en place un impôt commun au niveau européen pour lutter contre l'évasion fiscale. Sinon, qu'est-ce qu'on fait en élargissant l'Union Européenne ? On élargit le cadre de compétition des États les uns contre les autres.

Et pour moi, le projet européen, ce ne doit pas être celui-là.

7:48
Invité

Alors, Manon Aubry, vous soutenez les actions du mouvement écologiste Extinction Rebellion, que vous appelez comment dans votre vidéo ? Vous le faites à l'anglaise ? Extinction Rebellion. Peu importe. Vous les avez appelées dans cette vidéo dont je parle, qui buzz beaucoup sur les réseaux sociaux, à venir investir le Parlement européen. Sur le fond, êtes-vous à ce point impuissante, en tant qu'élue du peuple, que vous demandez aux activistes de venir faire le travail que vous ne pouvez pas faire, vous, en tant que députée ?

8:15
Manon Aubry

D'abord, sur l'émotion que ça a provoqué, je vous avoue que ça m'a fait beaucoup rire. Et ça prouve qu'il y a encore assez peu, aujourd'hui, de considérations pour le rôle d'élu comme activiste. Et ça prouve que ça vient déranger un peu les habitudes d'élu, peut-être un peu pantouflard au Parlement européen. Alors moi, je le dis très clairement, je viens de la société civile, je militais en ONG avant, et je resterais élue une activiste. Et je sais, en tant qu'élue désormais, à quel point l'action des ONG, de la société civile, est nécessaire, indispensable, pour pousser les élus à agir. Mais c'est-à-dire que vous, votre travail, vous n'êtes pas capable de mettre la pression toute seule ?

Je suis le porte-voix de, justement, cette mobilisation sociale. Mais je sais que cette voix ne trouve pas assez d'oreilles au Parlement européen. Il y a des enjeux importants sur les questions climatiques qui vont être débattues dans les prochains mois. Les accords de libre-échange, va-t-on continuer à organiser le grand déménagement du monde ? La politique agricole commune, va-t-on l'utiliser comme un outil de la transition écologique ? La politique monétaire européenne, allons-nous financer, notamment le 100% d'énergie renouvelable ?

Et je sais que sans le soutien, sans l'appui de la société civile et de l'ensemble des associations et des jeunes mobilisés à qui je voudrais rendre hommage ce matin, eh bien, je sais qu'on n'y arrivera pas. Parce que sinon, les élus vont rester dans leur certitude et ne vont pas bouger le petit doigt.

9:35
Présentateur

C'est le rôle d'une députée européenne que de prôner la désobéissance civile ?

9:39
Manon Aubry

Bien sûr, moi je pense que c'est le rôle... Bien sûr ! Moi je pense que c'est le rôle d'une députée européenne, tout à fait, je persiste et signe, je pense que c'est le rôle d'une députée européenne d'être à l'écoute de la mobilisation de la société civile, de la relayer. Alors à ma place, je ne suis pas une leader de ce mouvement et je ne le serai pas. Mais je veux que les choses soient très claires, c'est de leur dire que oui, ma porte est grande ouverte pour vous écouter et que oui, je pense que s'il y avait davantage de jeunes ou de gens qui venaient au Parlement européen toquer directement aux portes des acteurs politiques, aux portes des députés européens... Mais ça c'est une chose.

10:08
Invité

Prenez la désobéissance civile, c'est autre chose. Les appeler à se mobiliser, c'est une chose. Prenez pour une députée élue de la nation, élue du peuple français, prenez la désobéissance civile, c'en est une autre.

10:21
Manon Aubry

Mais pourquoi aujourd'hui, les acteurs de la société civile en sont arrivés à utiliser la désobéissance civile comme un mouvement massif ? C'est parce que l'urgence, par exemple écologique, a fait la démonstration qu'avec les actions habituelles, nous n'arriverons pas à nos fins. Et je suis bien placée pour le savoir parce que pendant des années, je faisais partie de celles qui allaient toquer aux portes du pouvoir sans forcément d'action désobéissance civile et je savais à quel point on était ignorés. Et donc c'est pour ça que les actions désobéissance civile sont aujourd'hui devenues un moyen indispensable pour sonner l'urgence écologique et appeler les élus à agir.

Et oui, en tant qu'élu, m'a placé dans le Parlement européen mais aussi en dehors du Parlement européen.

11:01
Présentateur

Donc un élu peut à la fois voter la loi et désobéir à la loi ?

11:04
Manon Aubry

Un élu peut pousser à la désobéissance du noir, je pense, quand elle est injuste ou illégitime. Et par exemple, je vous donne un exemple très concret.

si demain on devait voter l'accord avec le Mercosur, moi je défendrais des zones hors Mercosur comme à l'époque c'était créé des mairies hors TAFTA par exemple parce qu'il en va de la survie des espèces, il en va de la lutte contre le réchauffement climatique, il en va de notre avenir et peut-être que, alors vous prenez la moyenne d'âge au Parlement européen qui est un peu âgée et peut-être que les questions de notre avenir collectif ne les concernent pas mais moi je me sens au premier chef concernée et oui, je serai à leur côté en dehors et dans le Parlement européen.

11:40
Présentateur

Allez, ouvrons le dialogue avec les auditeurs de France Inter. Bonjour Paul ! Oui, bonjour ! Bienvenue, on vous écoute !

11:47
Invité

Oui, je voulais poser la question à madame la députée de la France Insoumise que pense-t-elle du comportement du premier ministre disons flanqué de son directeur de la SNCF Guillaume Pépi lorsqu'il disons invoque plus ou moins un droit de grève qui est plus ou moins un droit de retrait qui est plus ou moins légal et en même temps disons indirectement mais enfin il le fait quand même il divise les gens en ce sens qu'il essaie de monter les gens de la SNCF contre les cheminots.

12:25
Présentateur

Voilà, les uns contre les autres. Merci pour cette question Paul qui fait donc référence à ce qui s'est passé ces derniers jours à la SNCF. les propos du premier ministre détournement du droit de retrait a-t-il dit qui s'est transformé en grève sauvage et Édouard Philippe qui a également demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites qui pouvaient être données notamment judiciaires à cet épisode. Voilà pour les éléments dont parlait Paul Manon Aubry Réponse ?

12:56
Manon Aubry

Je ne savais pas que le premier ministre était juge et qui était en capacité de juger l'affaire. Je vois juste que des inspecteurs du travail ont déjà répondu et averti le premier ministre pour dire qu'a priori le droit de retrait était légitime que le droit de retrait est un droit qui s'exerce en cas de danger grave et qu'il faut savoir ce dont on parle ici c'est un accident avec 11 blessés à son bord côté SNCF seulement un conducteur et que ce conducteur lui-même blessé a dû assurer la sécurité et que le droit de retrait me semble légitime. Je laisserai la justice trancher mais je suis très attachée à ce qu'on respecte un minimum le droit du travail quand on est premier ministre.

Vous appelez à un durcissement du mouvement

13:34
Invité

à la SNCF ou les encouragez à continuer ?

13:36
Manon Aubry

Ce n'est pas un mois de statuer à la place des cheminots sur quoi faire. Je constate juste qu'il y a eu ces derniers mois beaucoup d'appels de la part des différents syndicats constatant une dégradation des conditions du travail une espèce de fatigue vis-à-vis des conditions de travail et je ne voudrais pas que la SNCF se transforme en nouveau France Télécom et qu'il faut écouter ceux qui subissent au quotidien ces difficultés.

14:03
Invité

Je ne sais pas si vous avez entendu l'édito de Dominique Seux qui disait qu'en gros derrière la sécurité des voyageurs pointés par les syndicats en fait ils sont en train de se battre pour leurs avantages et la retraite entre 55 et 57 ans.

14:17
Manon Aubry

La question de la sécurité n'est quand même pas une petite question tout ça est parti s'il n'y avait pas eu un accident ce week-end avec 11 blessés le droit de retrait ne se serait pas exercé donc la question de la sécurité est une question importante qui n'est pas négligeable ce que demandent les syndicats c'est très clairement le fait qu'il n'y ait plus juste une personne de la SNCF à bord je pense que c'est une question qui est légitime commençant par répondre par celle-là.

14:43
Présentateur

On retourne au standard question européenne bonjour Pierre oui bonjour bienvenue on vous écoute Pierre

14:50
Invité

merci merci mon appel bonjour madame Aubry écoutez ma question est très simple je voudrais savoir comment vous vivez vos propres paradoxes ou vos propres contradictions vous avez d'ailleurs fait une très belle illustration à l'instant je vais y revenir ma question est celle-ci avant l'élection de juin dernier que n'avez-vous pas dit sur le caractère non démocratique de l'Union Européenne que n'avez-vous pas dit sur la faiblesse du Parlement européen une espèce d'institutions qui ne servent pas à grand chose Parlement secondaire c'est ce que disait d'ailleurs M.

Mélenchon à une certaine époque au prétexte notamment qu'il n'avait pas le droit d'initiative vous regarderez l'article 225 du traité vous êtes président de groupe vous devez le savoir alors maintenant que vous êtes en fonction que vous êtes quand même président de groupe de la deuxième plus grande assemblée parlementaire au monde je le rappelle après l'Inde et avant les Etats-Unis maintenant que vous avez vu la puissance de contrôle que détient le Parlement vis-à-vis notamment des commissaires candidats la Fagoula est assez exemplaire de ce point de vue-là et que vous disposez d'armes normatives législatives y compris internationales vous voyez la puissance de feu de ce Parlement alors je voudrais savoir comment une femme politique peut surmonter ces paradoxes et je termine par vos derniers propos concernant vos fonctions à la fois de représentante de la société civile et des ONG et des citoyens je suis proprement scandalisé par ce que je viens d'entendre

16:11
Présentateur

merci

16:12
Invité

vous avez été élue par des citoyens et vous n'êtes pas là pour représenter des ONG il y a une contradiction des genres qui est absolument scandaleuse

16:19
Présentateur

merci Pierre juriste visiblement peut-être même avocat Manon Aubry vous répond

16:25
Manon Aubry

sur votre dernier point tout d'abord les militants de la société civile sont des citoyens qui sont mobilisés et je suis ravie de pouvoir être une de leurs voix au Parlement européen sur le fond et sur le pouvoir du Parlement européen oui je continue à dire que le Parlement européen n'a pas suffisamment de pouvoir vous l'avez dit reconnu vous-même le Parlement européen n'a pas l'initiative parlementaire c'est en effet une des plus grandes démocraties au monde où nous seuls représentants du peuple ne pouvons pas initier la loi européenne nous parlions tout à l'heure par exemple de la création d'une autorité indépendante sur les questions d'éthique nous n'avons pas le pouvoir de créer nous faisons la proposition en espérant qu'elle soit reprise par la Commission européenne je crois que ça pointe les limites aujourd'hui du fonctionnement de la démocratie européenne mais pour autant on prendra et on continuera à se servir du Parlement européen comme une instance de mobilisation et pour changer un maximum de choses

17:19
Invité

en fait pour rebondir sur ce que dit l'auditeur pourquoi est-ce que vous n'êtes pas resté activiste au fond si vous pensez que vous êtes plus efficace comme activiste que comme député

17:26
Manon Aubry

parce que je pense que le Parlement européen a besoin de lanceurs d'alerte prenez le cas Sylvie Goulard ce que vous n'avez pas énoncé c'est qu'au début de la mobilisation et de la question Sylvie Goulard dans la Commission des Affaires Juridiques à ce moment-là j'étais la seule avec quelques collègues à droite des Républicains à lancer l'alerte sur les problèmes éthiques posés par la candidature de Sylvie Goulard et je suis très fière qu'au final on ait réussi à avoir la majorité et donc voilà à quoi servent les députés de la France insoumise au Parlement européen et j'espère que demain le bruit qu'a créé cette question arrivera à la création de cette autorité indépendante à l'interdiction des rémunérations annexes demain peut-être à le fait de refuser le traité de libre-échange avec le Mercosur donc nous sommes aussi des lanceurs d'alerte mais nous faisons et nous prenons notre travail très au sérieux dans les institutions européennes

18:12
Présentateur

Allez on retourne au standard c'est Sylvia qui nous appelle de Nice Bonjour Sylvia pardon bienvenue

18:17
Auditeur

Oui bonjour je remercie France Inter je remercie également Madame Aubry la question est en tant que députée européenne quel est votre avis sur la crise catalane et sur les peines de prison qui ont été formulées à l'encontre des dirigeants catalans indépendantistes

18:32
Présentateur

Merci Sylvia pour cette question Manon Aubry vous répond

18:35
Manon Aubry

Clairement ces peines de prison sont complètement disproportionnées et scandaleuses on a aujourd'hui des militants indépendantistes qui ont été condamnés à 9 à 13 ans de prison ferme dont des élus députés européens des collègues à nous qui devraient siéger sur les bancs du Parlement européen je crois qu'on ne peut plus utiliser la justice comme un outil politique et qu'en démocratie la question se tranche par le vote et quoi qu'on pense de la question catalane je crois aujourd'hui qu'il est indispensable que l'on ait un vote et une dernière chose sur cette question le silence de l'Union européenne est un silence coupable nous demandons cette semaine se tiendra une session plénière au Parlement européen qu'un débat se tienne au Parlement européen sur la question catalane parce que le Brexit est certes une question importante mais en Catalogne est en train de se passer une mobilisation quasiment jamais vue avec des impacts majeurs et l'Union européenne a une responsabilité Vous parlez de justice politique est-ce à dire à vos yeux que l'Espagne n'est pas un état de droit ?

Je n'irai pas jusqu'à dire que l'Espagne n'est pas un état de droit je constate que ici il y a une instrumentalisation de la justice 9 à 13 ans de prison ferme il faut bien mesurer ce que c'est pour avoir appelé à ce que se tienne un référendum sur l'indépendance de la Catalogne ce sont des peines qui me paraissent extrêmement graves probablement l'affaire ira jusqu'à la cour de justice de l'Union européenne mais en tout cas je crois qu'on ne peut pas en rester là

20:02
Présentateur

Eric est au standard bonjour Eric bienvenue

20:05
Auditeur

Bonjour France Inter bonjour Manon Aubry la gauche a toujours été laïque et même anticléricale dans son passé et je suis surpris de cette souplette et d'être cette facilitation vis-à-vis du voile islamique franchement je ne comprends pas la position de la France insumise

20:25
Présentateur

Merci Eric pour cette question Manon Aubry vous répond

20:28
Manon Aubry

Notre position c'est ni plus ni moins que de s'en tenir à la loi sur la laïcité de 1905 et je vais le dire une bonne fois pour toutes parce que je ne me suis pas exprimée dans les médias depuis une semaine franchement laisser les musulmans tranquilles maintenant ça suffit laisser les gens porter une kippa une croix un voile tout ce qu'ils veulent dans leur espace à eux et qu'on arrête d'hystériser ce débat sur les questions d'immigration sur les questions de voile islamique comme on a pu le faire ces deux dernières semaines parce que franchement ça devient insupportable

21:00
Invité

Est-ce que vous appelez Emmanuel Macron à sortir de son silence et à le fameux discours sur la laïcité attendue est-ce que vous aussi vous l'attendez ?

21:10
Manon Aubry

Malheureusement Emmanuel Macron jusqu'à présent a plutôt jeté de l'huile sur le feu il a fait un énième débat sur l'immigration qui s'est traduit par une énième polémique sur la question du voile comme si les deux étaient forcément liés moi je crois que je n'attends plus grand chose du gouvernement et d'Emmanuel Macron en la matière malheureusement

21:28
Présentateur

Eric est-ce que la réponse de Manon Aubry vous satisfait ?

21:32
Auditeur

Pas tout à fait car ce que je pensais ce n'est pas le côté neutre c'est le côté carrément facilité le voile notamment il y a une affiche de la fédération d'élèves qui prône le voile c'est même pas une neutralité c'est ça qui est pour moi à conscience

21:47
Présentateur

Merci Eric Manon Aubry

21:49
Manon Aubry

Je ne vois pas en quoi ni une fédération de parents d'élèves ni l'école à un moment ou à un autre a facilité le port du voile maintenant ça suffit qu'on laisse les femmes qui veulent porter le voile tranquille parce que tout ce débat par quoi il se traduit ? Par l'augmentation des actes de racisme par l'augmentation de l'intolérance dans la société française qu'on les laisse tranquilles une bonne fois pour toutes je ne comprends pas pourquoi on en revient encore et encore et toujours à cette question qui hystérise le débat français

22:17
Présentateur

Il y a plusieurs questions sur l'application France Inter en réaction à vos propos sur la désobéissance civile Fred vous dit que prôner la désobéissance civile c'est ouvrir la boîte de Pandore parce qu'à ce moment là tout le monde va pouvoir le faire le rassemblement national peut prôner la désobéissance civile sur l'immigration le patronat peut prôner la désobéissance civile sur les règles du travail prôner, dit Pascal la désobéissance de la part d'une députée est scandaleux il demande même à ce que vous soyez poursuivi en justice vous voyez la boîte de Pandore ou pas ?

22:49
Manon Aubry

Moi je vois surtout la boîte de Pandore de l'inaction en matière climatique et que des associations pendant des années ont sonné l'alarme ont fait des propositions on dit qu'il fallait arrêter de signer des accords de libre-échange on dit qu'il fallait investir dans les énergies renouvelables on dit qu'il fallait faire la transition d'agriculture La crainte des auditeurs

23:06
Présentateur

c'est que tout le monde trouve une raison légitime de ne plus obéir à la loi

23:09
Invité

Marine Le Pen peut dire la même chose sur l'immigration en disant moi je trouve que c'est scandaleux qu'il y ait trop d'étrangers donc je vous appelle à désobéir civilement aux règles de l'État Elle a ses yeux ça peut être aussi important que l'urgence climatique pour vous

23:23
Manon Aubry

Sauf que l'urgence climatique c'est pas tout à fait la même chose et que chacun jugera chacun jugera chacun jugera de l'urgence de la question climatique plutôt que d'hystériser les questions migratoires vous savez la désobéissance civile a joué un rôle majeur dans l'histoire politique que ce soit Gandhi que ce soit Martin Luther King et pour des questions majeures aussi importantes que la lutte contre le changement climatique alors si les méthodes traditionnelles n'y sont pas parvenues et bien il faudra le faire il faudra sortir un peu de sa tour d'ivoire du Parlement européen pour voir l'urgence et enfin pouvoir agir

23:55
Présentateur

Manon Aubry merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin eurodéputé la France insoumise