Philippe Paul : « Tous les chemins mènent à Rome, tous les drones mènent à Moscou »
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Questions et réponses
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- 1:12OuverteRéponse directe
De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
- 1:29RelanceRéponse partielle
Pourquoi ne pas voter ce budget pour aller dans le sens du compromis ?
- 2:18RelanceRéponse partielle
Pourquoi les LR ne le votent pas pour aller dans le sens du compromis ?
- 2:49RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas incohérent de la part des LR d'alerter sur les comptes publics et de ne pas voter ce budget ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Les crédits alloués à la police nationale augmentent plus que ceux de la gendarmerie. Pourquoi ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Si on regarde dans le détail, les crédits alloués à la police nationale augmentent plus que ceux de la gendarmerie.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:46InvitéFait
« On distribue des petits poumons à tout le monde. »
- 1:50InvitéFait
« On fait un budget qui est un peu surimi, sans goût, sans saveur. »
- 4:06InvitéChiffre
« Le budget total des deux forces de sécurité augmente de 2,6% par rapport à l'année dernière. »
- 4:11InvitéChiffre
« Ça fait une augmentation de 637 millions d'euros pour la police et la gendarmerie. »
- 4:28InvitéChiffre
« La police nationale bénéficie d'une augmentation de son budget de 437 millions d'euros. »
- 4:34InvitéChiffre
« Pour la gendarmerie, c'est plus 200 millions d'euros, c'est-à-dire une augmentation de 1,8% si on compare à 2025. »
- 4:45InvitéChiffre
« Plus 1 000 emplois de policiers, surtout dans la police judiciaire et la police aux frontières. »
- 4:52InvitéChiffre
« Côté gendarmerie, c'est plus 400 postes pour créer de nouvelles brigades. »
- 6:07InvitéChiffre
« Avec la gendarmerie nationale, nous sommes en 2026 au-dessus de la LOPMI de 158 millions d'euros. »
- 6:10InvitéChiffre
« Là où la police est inférieure à 40 millions d'euros. »
- 7:42InvitéFait
« Jusqu'ici, seulement 80 ont ouvert en 2024. En 2025, c'était zéro. »
- 7:47InvitéFait
« À cause du gel des crédits, l'année prochaine, il devrait y en avoir 57. »
- 7:50InvitéChiffre
« Il faudra en créer une centaine d'ici 2027 pour atteindre cet objectif. »
- 8:20InvitéChiffre
« C'est 460 personnes qui devaient être recrutées. »
- 8:37InvitéFait
« Il est décalé dans le temps. »
- 9:25InvitéChiffre
« Cette année, il y a un rattrapage avec l'achat de 2900 véhicules. »
- 10:20InvitéChiffre
« On a un déficit de 10 000 véhicules normalement qui aurait dû, parce que tous les ans, 3 750 véhicules. »
- 11:26InvitéChiffre
« Ce budget 2026 prévoit la commande de deux Canadair de plus qui devraient être livrés à horizon 2032-2033. »
- 11:37InvitéChiffre
« Il y a 12 Canadair à renouveler. »
- 13:18InvitéFait
« L'île Long, c'est cette zone militaire qui abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. »
- 13:37InvitéFait
« Oui il faut s'inquiéter parce qu'on parle du survol de l'île Long. »
- 15:25InvitéChiffre
« Sur les 6 qui ont été acquis, il y a 9 qui vont être commandés maintenant. »
- 18:25InvitéChiffre
« Il y a un abondement de crédit pour la première tranche de 3 milliards d'euros tous les ans. »
- 18:37InvitéChiffre
« Cette année, on était à 50,3 milliards d'euros. »
- 18:40InvitéChiffre
« Normalement l'année prochaine, on est à 50,3 plus 6,7. »
- 21:41InvitéChiffre
« Pour moi maire d'un petit village de moins de 500 habitants, ça va représenter 55 euros par mois. »
- 21:52InvitéChiffre
« On a besoin de plus de 500 000 candidats. »
- 22:31InvitéChiffre
« On va passer de 10 jours à 20 jours de congé. »
Temps de parole
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour, merci d'être notre invité. Vous êtes sénateur LR du Finistère, vice-président de la Commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées. Ici au Sénat, on va évidemment revenir sur le budget, particulièrement sur les moyens alloués aux forces de l'ordre dans quelques instants. Mais d'abord, on commence cette interview, comme d'habitude, par la une de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord, la une des dernières nouvelles d'Alsace. Budget de la Sécurité sociale, un vote sur l'accord de RAID, le sort du budget de la Sécu, qui va donc se jouer à quelques voix près cet après-midi à l'Assemblée.
Une étape cruciale pour Sébastien Lecornu et sa stratégie de compromis. La deuxième une, c'est cette très belle une de la dépêche 120 ans de laïcité, on l'a dit ce 9 décembre, qui marque les 120 ans de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État. Et puis la dernière une, c'est celle de Ouest-France, Ukraine. L'Europe serre les ronds face aux États-Unis. Volodymyr Zelensky, Kerstheimer, Emmanuel Macron, Friedrich Merz, qui étaient donc réunis hier à Londres. Le président ukrainien qui refuse de céder des territoires à la Russie. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
La première sur la Sécurité sociale, je pense. Parce que ça détermine aussi un peu la suite pour le budget général de la France. On va voir comment ça va se passer cet après-midi.
Vous pensez qu'il y a un lien, si ça passe cet après-midi, ça passera pour le budget ?
Suivant la technique, puisqu'il y a de la politique là-dedans aussi. Si ça ne se passe pas bien cet après-midi pour le budget de PLF-SS, pour le PLF, après ça risque de se passer de la même manière. Parce que là, on voit bien, comme il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, on distribue des petits poumons à tout le monde. Mais on fait un budget qui est un peu surimi, sans goût, sans saveur, qu'il faudra sûrement rectifier après. Donc on va voir. Mais de toute façon, il faut vraiment impérativement que ce budget passe, même s'il n'est pas terrible. Parce que sinon, ça va être très compliqué pour la suite. – Pour lui, il faut que ça passe. – Oui, et puis je crois que…
– C'est parce que Bruno Retailleau, lui, il appelle les députés LR à ne pas le voter. C'est une proposition… – Oui, mais je pense que ce sera plutôt abstention.
– C'est compréhensible ? – Oui, ça sera plutôt abstention. C'est pour montrer qu'on n'est pas d'accord avec un certain nombre de choses. Mais puis je pense aussi à la population qui commence à en avoir un peu ras-le-bol de tout ce mid-mac qui dure.
– Mais justement, pourquoi ne pas le voter ? – Pourquoi les LR ne le votent pas pour aller dans le sens du compromis ?
– Je pense, d'après les échos que j'ai, je crois comprendre, même si hier, c'était un avis un peu différent, je pense que ça va quand même passer, même à quelques mois après. Donc après, ça sera un peu…
– Pourquoi ? Parce que les LR ne suivront pas les consignes de Bruno Retailleau ?
– Là, on voit bien que les consignes sont rarement suivies, surtout de moins en moins. C'est là-dessus que je vois Sébastien Lecornu. Parce que ce n'est pas parce qu'un président d'un groupe dit quelque chose que pourtant, tout groupe suit les consignes. On l'a bien vu, je crois que ça va se passer de la même manière.
– Et Sébastien Lecornu qui alerte, pas de budget, c'est 29 à 30 milliards de déficit de la Sécu pour l'année prochaine. Est-ce que ce n'est pas complètement incohérent de la part des LR et de Bruno Retailleau qui alertent depuis des mois, des années, sur les comptes publics et la dérive des comptes publics ?
– Ça dure depuis des années, la dérive des comptes publics, on en parle tous les ans.
– Oui, mais pourquoi aggraver le déficit en disant qu'il ne faut pas voter ce budget ?
– Oui, mais je ne suis pas certain que… On va voir comment ça va se passer cet après-midi et puis pour la suite, mais bon, il faut impérativement que les deux budgets passent pour qu'on aille de l'avant, parce que sinon, on a bien vu dans la précédente édition, j'allais dire, que ne pas voter le budget, ça entraînait des complications. Tous les côtés, ça accroît en plus le déficit de l'État. C'est des milliards à chaque fois qu'ils passent à la trappe. On ne peut pas continuer comme ça.
– Olivier Faure a raison de dire qu'il faut voter pour ce budget.
– Il faut demander ça aux socialistes. – Ça me s'est surpris ? – Il a eu satisfaction sur un certain nombre de points, donc il tient un peu le gouvernement à voir.
– Allez, dans le même temps, le Sénat qui poursuit l'examen du budget. Stéphane, hier, il était notamment discuté les crédits liés à la sécurité, notamment les crédits de la police, de la gendarmerie. Vous avez suivi cette séance, Stéphane, les sénateurs qui ont donc approuvé un des rares budgets qui augmentent, avec notamment celui des armées dont on va parler, c'est le budget dédié à la sécurité.
– Exactement, pas de diète pour la police et pour la gendarmerie. Le budget total des deux forces de sécurité augmente de 2,6% par rapport à l'année dernière. Ça fait une augmentation de 637 millions d'euros pour la police et la gendarmerie, avec un budget total qui atteindra donc 25 milliards d'euros en 2026.
– Et si on regarde dans le détail, Stéphane, les crédits alloués à la police nationale augmentent plus que ceux de la gendarmerie.
– Oui, la police nationale bénéficie d'une augmentation de son budget de 437 millions d'euros. Ça fait plus 3,3% par rapport à l'année dernière. Pour la gendarmerie, c'est plus 200 millions d'euros, c'est-à-dire une augmentation de 1,8% si on compare à 2025. Un déséquilibre qui se retrouve aussi sur le nombre de postes créés l'année prochaine. Plus 1 000 emplois de policiers, surtout dans la police judiciaire et la police aux frontières pour s'occuper des centres de rétention administratif. Côté gendarmerie, c'est plus 400 postes pour créer de nouvelles brigades. Ce déséquilibre police-gendarmerie inquiète les sénateurs. Ils l'ont beaucoup exprimé hier à la tribune.
Écoutez la sénatrice centriste Isabelle Floren.
Depuis l'année 2009, l'année du rattachement de la gendarmerie nationale au ministère de l'Intérieur, une disparité budgétaire subsiste. Il est étonnant que les augmentations annuelles de crédit ne soient pas réparties de manière équitable. Même si ces deux forces de l'ordre rencontrent des difficultés comparables en matière d'équipement et de conditions de travail, la gendarmerie en ressent souvent les effets de manière plus aiguë.
– Alors sur ce point, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, n'a pas manqué de répondre. Et selon lui, c'est un trompe-l'œil. Il faut regarder plus largement au niveau de la LOPMI, la loi de programmation du ministère de l'Intérieur. Selon Laurent Nunez, il n'y a donc pas de déséquilibre entre la police nationale et la gendarmerie. On l'écoute. – Cette impression que vous avez qu'il y a une distorsion entre la gendarmerie et la police nationale au pluriel est erronée, je tiens à le dire. Notamment dans la trajectoire de la LOPMI, la gendarmerie nationale est bien plus en avance que ne l'est la police nationale.
Puisqu'avec la gendarmerie nationale, nous sommes en 2026 au-dessus de la LOPMI de 158 millions d'euros, là où la police est inférieure à 40 millions d'euros. Donc il y a une illusion qui est effectivement due à la présentation du budget 2026. – Alors Philippe-Paul, vous êtes aussi rapporteur spécial de ces crédits. Vous l'avez entendu hier à la tribune, Laurent Nunez. Est-ce que vous maintenez quand même que la gendarmerie nationale est perdante par rapport à la police ? – Perdante, je ne dirais pas, mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce qu'a dit le ministère. Ce n'est pas vrai, ce ne sont pas à égalité.
Depuis des années, on voit bien qu'il y a un décalage entre les deux forces de sécurité avec un petit plus pour la police, bien évidemment. à tous les niveaux, que ce soit au niveau du personnel, au niveau de l'immobilier, de l'entretien et autres. Bon, maintenant, on n'est pas là pour déclencher une guerre avec les policiers, bien évidemment. Donc on suit ça de près, on surveille. – Mais qu'est-ce qui vous inquiète ?
Que les zones rurales soient pénalisées, par exemple ?
– C'est un petit peu plus compliqué que ça, parce qu'on voit bien que cette année, ça a été plutôt assez cru au niveau du budget. Vous avez évoqué tout à l'heure les créations de postes avec les fameuses brigades nouvelles annoncées avec beaucoup de communication. Bon, il y a les budgets classiques qu'il faut à tout prix verrouiller tous les ans pour l'immobilier, les véhicules légers, on est loin du compte. Et puis, on a découvert cette année qu'il y avait autre chose qu'il fallait déjà prendre date pour les années prochaines, en particulier au niveau des équipements en FAMAS, pour remplacer les fameux FAMAS.
Et puis au niveau des hélicoptères, j'ai posé la question au ministre hier, je n'ai pas eu du tout de réponse. Donc on va réassister.
On va y venir justement, parce que si les effectifs augmentent, il y a quand même des doutes concernant la gendarmerie sur la création de ces 239 brigades promises par Emmanuel Macron d'ici 2027.
Oui, parce que jusqu'ici, seulement 80 ont ouvert en 2024. En 2025, c'était zéro. À cause du gel des crédits, l'année prochaine, il devrait y en avoir 57. Et votre collègue Bruno Belin, rapporteur du budget de la police et de la gendarmerie, indique donc qu'il faudra en créer une centaine d'ici 2027 pour atteindre cet objectif. Est-ce que vous pensez qu'au vu de la situation politique, des difficultés à faire adopter les budgets depuis l'année dernière, cet objectif de création de 239 brigades, il est réaliste encore aujourd'hui ? Il est décalé dans le temps. C'est évident. Cette année, pour les brigades nouvelles, c'est 58 exactement. Elles ont été décalées sur l'année prochaine.
Pourquoi elles ont été décalées ? Tout simplement parce qu'il n'y avait pas les crédits pour pouvoir recruter le personnel. C'est 460 personnes qui devaient être recrutées. Donc, elles s'est décalées sur l'année prochaine. Mais à côté de ça, pour les recrutements, entre guillemets, classiques, création de postes, zéro. Parce qu'il y a autant de sorties du côté des gendarmes que d'entrées au niveau des écoles. Donc, il va falloir qu'il y ait un rattrapage. Maintenant, c'est des brigades nouvelles, c'est autre chose. J'étais un peu sceptique à l'origine. Chez moi, il y a une brigade nouvelle en dur. Elle a été inaugurée. Il n'y a pas de gendarme à l'intérieur.
On attend la création de 8 postes. Donc, c'est quand même un peu… Et c'est la faute de qui ? Il n'y a pas de sous. Il n'y a pas de sous. Il est tout décalé. On aimerait bien quand même qu'il y ait une difficulté et qu'on va dans le mur, qu'on ne peut pas donner satisfaction, qu'on nous dise « Oui, il y a un problème, donc on verra ça après. » Mais là, on nous a fait traîner un petit peu en longueur.
Autre inquiétude formulée par les sénateurs au-delà du personnel, elle concerne le matériel dont disposent les forces de l'ordre.
Oui, vous l'avez évoqué d'un mot concernant les hélicoptères et les FAMAS, mais il y a aussi les bâtiments comme les commissariats et surtout les véhicules. Côté police, il devrait y avoir 2500 véhicules renouvelés chaque année depuis 2023 mais jusqu'ici, ça n'a pas été le cas, c'était plutôt même moitié moins. Cette année, il y a un rattrapage avec l'achat de 2900 véhicules. Pour la gendarmerie, le constat est même pire. Le budget prévoit l'achat cette année, enfin l'année prochaine, 2026, de 600 à 700 véhicules alors qu'il en faudrait 3750. Même chose pour les hélicoptères que vous évoquiez.
Vous avez le sentiment que le gouvernement prend vraiment ce sujet du matériel à bras-le-corps parce qu'hier, le ministre de l'Intérieur justifiait ce budget. Il n'a pas dit qu'il devait encore augmenter, il justifiait les mesures budgétaires qui étaient prises. Oui, mais on est loin du compte parce qu'il y a deux postes qui sont dans l'axe tous les ans. Ça fait 8 ans qu'on en parle, c'est l'immobilier. Donc avec la nécessité de faire 400 millions de travaux tous les ans en matière d'immobilier que ce soit au niveau de la construction, de l'entretien. Cette année, pour l'année prochaine, il y a 350, mais les années précédentes n'avaient qu'une centaine grosso modo.
Les véhicules, 3 750, 600 l'année prochaine. Et si on regarde sur les trois années, l'année prochaine, cette année et l'année d'avant, on a un déficit de 10 000 véhicules normalement qui aurait dû, parce que tous les ans, 3 750 véhicules, ça correspond à un huitième du parc. Donc multiplier, si on veut rattraper 10 000 véhicules par grosso modo 25 000 euros, vous voyez le calcul, ça fait quand même quelques sous, plus le reste qui devrait arriver en prévision. C'est pour ça que j'ai alerté hier le ministre sur le problème des hélicoptères pour les mois qui viennent et aussi le remplacement des FAMAS. Moi, je n'ai pas eu de réponse. Vous diriez quoi ?
Que les gendarmes et les policiers travaillent aujourd'hui dans de mauvaises conditions ? Je ne dis pas qu'ils travaillent dans de mauvaises conditions, il faut quand même qu'ils aient les moyens, s'ils n'ont pas de véhicules. Ça arrive dans certaines brigades qui n'ont pas de véhicules qui fonctionnent. On a fait le test il y a quelques temps lors des auditions et puis s'ils remplissent leur mission qu'il faut des véhicules, il faut aussi du matériel. Si les FAMAS sont actuellement cannibalisés pour pouvoir être entretenus donc il faut acheter du neuf mais là c'est pareil il y en a pour 110 000 euros il faut acheter 22 000 pièces. Donc il faut quand même prévoir ça.
Dernière question sur le matériel mais cette fois qui concerne la sécurité civile parce qu'il en était beaucoup question hier. Il s'agit des moyens de lutter contre les incendies notamment avec des avions bombardés d'eau qu'on appelle aussi les Canadair. Ce budget 2026 prévoit la commande de deux Canadair de plus qui devraient être livrés à horizon 2032-2033. Ils s'ajouteront aux deux premiers commandés il y a deux ans avec des financements européens qui eux devraient arriver plus tôt en 2028. Rappelons qu'il y a 12 Canadair à renouveler. Est-ce que c'est vraiment suffisant et comment accélérer la cadence alors qu'on voit que les méga-feux se multiplient en France chaque été ?
L'été dernier on était en une bonne illustration encore. Oui tout à fait mais maintenant pour revenir au Canadair c'est une chaîne de fabrication qui a été interrompue il y a plus de 20 ans. Donc il faut tout remettre en route et il faut trouver d'autres solutions. On voit bien que les feux se déclarent de plus en plus avec le réchauffement climatique on cherche d'autres solutions il y a des solutions qui ont été évoquées hier avec des A400M avec des poches d'eau à l'intérieur pour pouvoir répandre l'eau. Ce n'est pas encore complètement efficace mais il faudra vraiment trouver rapidement parce qu'on n'ira pas dans l'autre sens.
Et on voit bien même dans ma région en Bretagne il y a des feux qui se déclenchent de plus en plus.
Mais au final vous êtes satisfait de ce budget sécurité ou pas ?
Disons que ça peut être pire. Dans le contexte actuel financier ça aurait pu être mieux mais c'est aussi relativement difficile de le faire mieux. Maintenant on tire la sonnette d'alarme sur un certain nombre de points et puis en espérant qu'on prenne du coup rendez-vous financier j'allais dire pour la suite pour éviter qu'il y ait des ratés.
On va parler de la défense et l'actualité dans votre région. On va aller voir ce qui se passe en Bretagne. Bonjour Philippe Créange merci beaucoup d'être avec nous rédacteur en chef adjoint au Telegram. Philippe voulait revenir vous sur un épisode inquiétant fin de semaine dernière c'était dans la rate de Brest le survol par plusieurs drones d'une base qui abrite les sous-marins de la dissuasion nucléaire française.
Oui bonjour Aurélien bonjour à tous alors la semaine dernière en effet plusieurs drones ont été détectés au-dessus de la base sous-marine de l'île Long qui borde la rate de Brest. L'île Long c'est cette zone militaire qui abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins autant dire une zone capitale pour la dissuasion nucléaire. Il y avait déjà eu des incursions de drones dans la nuit du 17 au 18 novembre une enquête a été ouverte auprès du parquet militaire de Rennes on ne sait pas à ce stade qui est à l'origine de ces survols alors Philippe-Paul est-ce qu'il faut s'inquiéter de cette situation ?
Oui il faut s'inquiéter parce qu'on parle du survol de l'île Long et l'île Long c'est quand même le site militaire enfin c'est le site le plus protégé de Bretagne et puis il n'y avait pas qu'un il y en avait cinq il y a eu d'autres sites qui ont été survolés mais ça ne se sait pas trop on voit bien que je pense c'est des mesures d'intimidation plutôt qu'autre chose montrer on est là donc on ne sait pas d'où viennent les drones mais bon comme on dit dans les milieux autorisés tous les chemins mettent à Rome et tous les drones mettent à Moscou donc là sur les cinq drones apparemment il y a un fusil brouilleur qui a été utilisé on ne sait pas si ça a fonctionné si l'appareil a été récupéré ou pas pour connaître l'origine mais je crois que c'est une démonstration de force pour montrer que vous voyez vous êtes beaux de protéger sécurisés si on veut passer au-dessus de vos têtes on le fait et puis surtout pour ce qui relève des drones on a du matériel qui est prévu pour ça qui est un peu plus performant qu'auparavant mais quelquefois on est quand même relativement démunis et c'est un sujet d'inquiétude quelles que soient les armées d'ailleurs et qui peut remettre en cause certains programmes d'armement certainement Philippe vous avez une autre question oui vous l'avez évoqué le bataillon de fusillés marins assurant la protection de la base a effectué effectivement plusieurs tirs anti-drone mais sans résultat quand même donc est-ce que la France est aujourd'hui bien équipée pour lutter contre cette menace nouvelle il y a des systèmes qui existent au niveau des armées moi j'étais co-rapporteur d'un projet de loi sur la menace drone avant les Jeux Olympiques avec le système parade qui avait été lancé par la DGA pour un coût de 350 millions d'euros bon le rapport est resté confidentiel puisque tout n'était pas forcément parfait au bout d'un certain nombre d'auditions et là bon ça se perfectionne et le système en question parade sur les 6 qui ont été acquis il y a 9 qui vont être commandés maintenant pour protéger les sites maintenant les drones ça évolue très rapidement et tous les systèmes ne sont pas complètement satisfaisants on voit bien à l'île longue c'est un fusil bruyeur qui a été utilisé et lorsqu'il y a des drones en approche comme ça quelques fois suivant le contexte le système le plus performant c'est le fusil à pompe on est là dessus à l'heure actuelle maintenant bon ça progresse même si c'est pas complètement parfait à l'heure actuelle mais il faut vraiment avoir les crédits là aussi en face parce que cette menace va évoluer de plus en plus avec des outils de plus en plus sophistiqués puis il y a certains drones même avec les systèmes de brouillage qu'on a actuellement qui arrivent aussi à ne pas être brouillés du tout donc ça bouge tout le temps Dernière question Philippe ?
Oui ces survols interviennent après plusieurs autres cas en Europe vous l'avez dit aussi monsieur le sénateur tous les chemins mènent à Moscou même si on n'en est pas très sûr est-ce que là encore on est préparé à contrer les ingérences étrangères sur notre propre sol et notamment en russe c'est un peu on avait vu avec le survol de drones ou même il y a quelques jours je crois qu'il y a des avions soviétiques qui sont passés au ras de la frontière polonaise donc c'est vraiment pour montrer on est là on occupe l'espace au niveau de l'Europe et je crois que par rapport à tout ce qui se passe notamment au niveau de l'Ukraine la Russie voit bien que la France est un peu en avant par rapport aux pays européens de façon à mener tout ce qu'il faut j'allais dire pour aider l'Ukraine donc il y a des mesures d'intimidation qui se font de ce côté-là et puis pour montrer aussi que quel que soit le lieu malgré la surface étendue on montre qu'on est présent ici on montre qu'on est présent à l'ouest au nord un petit peu partout avec des drones ou alors à des passages d'avions qu'on connaît nous au large de la Bretagne ils se font des avions soviétiques qui viennent entre guillemets narguer la chasse de l'Andivisio j'allais dire excusez-moi c'est mon petit côté finistérien je suis obligé de ramener ça oui c'est toujours pour montrer pour intimider merci beaucoup
Philippe Créange merci d'avoir été avec nous la une du télégramme immigration l'Europe serre la vis c'est à la une de votre journal on va continuer à parler défense puisque demain a lieu à l'Assemblée nationale un débat sur la défense sur le budget de la défense est-ce que vous en comprenez l'utilité alors que le Sénat est actuellement en train d'examiner le budget
moi ce qui m'intéresse là pour cette semaine parce qu'on va jeudi matin il y aura le budget de la défense qui va être examiné ici au Sénat il faut vraiment que ce budget soit voté pour différentes raisons puisque donc on est dans la deuxième loi de programmation militaire depuis 2017 c'est quand même un saut extrêmement important financièrement pour nos armées qui était vraiment à marée basse auparavant donc on avait besoin de tout remettre en or au niveau des matériels au niveau du personnel et autre il y a un effort qui est très très important et donc tous les ans dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030 il y a un abondement de crédit pour la première tranche de 3 milliards d'euros tous les ans plus une tranche une marche supplémentaire qui a été promise par le président de la république sur l'année prochaine d'un peu plus de 3 milliards aussi donc là cette année on était à 50,3 milliards d'euros normalement l'année prochaine on est à 50,3 plus 6,7 si jamais le budget n'est pas voté on revient l'année prochaine sur le budget de cette année or nos armées dans le contexte actuel il y a des commandes qui sont en cours malgré le report de charge et puis toute l'aide qui a été apportée à l'Ukraine il faut vraiment se remuscler et c'est pour ça que comme j'évoquais tout à l'heure je parlais de technique politique quel que soit les deux types de budget si le budget de la défense n'est pas adopté dans le cadre du budget général ça va être catastrophique pour nos armées parce qu'on ne peut pas rester à attendre dans le contexte actuel on a besoin des matériels il faut que le calendrier soit respecté il faut que les commandes viennent et puis qu'on sauve le personnel et que notre armée continue à être formée et qu'on puisse aussi recruter parce que ça c'est aussi un problème à l'heure actuelle Justement
puisqu'on parle de recrutement le retour du service militaire volontaire c'est une bonne idée ou pas ?
Service national volontaire j'étais un petit peu surpris quand j'ai vu ça l'autre jour maintenant il y a beaucoup de communication derrière tout ça ça me rappelle le SNU il y a quelques années quand ça a été lancé alors les gens se sont dit c'est formidable c'était un truc génial en fait vu de loin comme ça ça me semblait plutôt une colonie de vacances et les gens ont pensé avec le SNU vu les illustrations qu'il y avait au niveau des médias c'était le retour du service militaire comme auparavant parce que les illustrations c'était des rangers des gens qui défilaient c'était pas du tout ça donc là on est dans un service national volontaire et non pas un service national obligatoire que demandent 63% des français et puis les gens se disent s'il y avait un service national ça serait peut-être bien là où la famille a démissionné où l'éducation n'arrive pas quand il y a des cas entre guillemets c'est un peu difficile le service militaire ça permet de donner un bon coup de pied bref et bon ça t'est abandonné on revient pas du tout vers ça moi quand j'avais fait une perte de réserve il y a X années du temps de Jacques Chirac j'étais avec le patron des réserves de l'armée de l'air et puis qui revenait de Grande-Bretagne où il n'y avait plus de service militaire ça avait été annulé et donc le général britannique son homologue avait dit au général français il dit vous allez supprimer le service militaire faites attention parce qu'en France vous avez le service militaire nous en Grande-Bretagne on a les hooligans c'est ce qu'il avait dit donc on est un peu dans ce schéma-là et les gens disent un service militaire un service national qui revient en dehors de la scène c'est bien ça va mettre de l'ordre dans les...
bon on est plutôt dans un contrat court qu'un service national On va terminer
par un autre sujet à moins de 4 mois des municipales le Parlement a donc adopté hier un texte sur le statut de l'élu qui vise à faciliter l'engagement des maires alors que disent justement les maires de cette adoption Bonjour Cyril Cybert merci beaucoup d'être avec nous vous êtes maire PRG de Chenevelle président des maires ruraux de la Vienne le texte propose entre autres d'augmenter les indemnités de créer un congé formation d'offrir aussi de meilleures protections juridiques est-ce que cette adoption représente pour vous une véritable avancée ?
Écoutez ça fait 40 ans que les associations d'élus et notamment l'association des maires ruraux de France demandaient un statut de l'élu donc enfin il arrive je ne voudrais pas qu'on retienne simplement l'augmentation des indemnités parce que concrètement par exemple pour moi maire d'un petit village de moins de 500 habitants ça va représenter 55 euros par mois donc c'est pas cette indemnité là supplémentaire qui fait qu'il faut qu'on va s'engager mieux donc il y a vraiment des avancées et puis moi on a besoin de plus de 500 000 candidats et notamment beaucoup aussi de femmes de la parité puisque dans les communes de moins de 1000 habitants il va y avoir la parité aux prochaines élections municipales donc il y a plusieurs avancées qui sont mises en place et c'est tant mieux pour la démocratie c'est tant mieux aussi pour toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui se posaient des questions et qui n'osaient pas encore être candidats à l'élection municipale
Justement est-ce qu'il va répondre à la crise des vocations ce texte selon vous ?
Eh bien je pense que oui parce que d'abord ça va permettre d'avoir des autorisations d'absence supplémentaires également ce qui permettra aussi de garder tous les avantages sociaux d'avoir aussi un mois un trimestre supplémentaire pour le droit à la retraite et puis également pour préparer les élections municipales on va passer de 10 jours à 20 jours de congé et puis pour les entreprises qui vont avoir des salariés qui seront élus ils auront un label d'entreprise citoyenne donc ça ça me paraît important que aussi bien le monde économique les entreprises qui ont besoin des élus et on a besoin de nombreux élus moi je dis souvent que les maires en ruralité surtout nous sommes les MacGyver de la démocratie c'est-à-dire qu'il faut savoir tout faire avec très peu de moyens et cette reconnaissance pour moi comme l'a dit la ministre Françoise Gattel c'est un peu comme pour les pompiers volontaires c'est une reconnaissance puisque sans les élus locaux il n'y a pas de république au quotidien
un petit mot finit pas
mais il a entièrement raison il a tout dit il a tout dit
il a tout dit Cyril Cybert juste un dernier mot rapidement il faut aller encore plus loin que ce texte
ben oui on peut toujours aller plus loin effectivement il y a encore d'autres avancées à faire mais prenons ce qui est déjà là dans un contexte qui est très difficile je pense que c'est moi bien sûr on remercie les sénateurs d'abord ensuite les députés qui ont voté ce statut de l'élu on le prend tel qu'il est c'est très bien par contre moi j'aurais peut-être une interrogation ou une intervention auprès du sénateur qui est présent sur le plateau chose que j'ai explicité et que j'ai exprimé lors du congrès des maires ruraux de France que nous avons organisé fin septembre au palais des congrès du Futuroscope je pense qu'il serait important que des parlementaires peut-être plus à l'Assemblée nationale puisque 41% n'ont pas de mandats locaux face à un stage de deux à trois jours dans les mairies parce qu'aujourd'hui le spectacle que l'on a de l'Assemblée nationale pour moi choque un peu les habitants les administrés ils sont quand on est député de la France quand on est parlementaire on est parlementaire de la France et pas d'une étiquette politique et aujourd'hui alors que notre situation est en difficulté je pense qu'on a besoin que tout le monde travaille ensemble c'est ce que l'on fait dans les conseils municipaux en tout cas en ruralité peu importe les idées des uns et des autres le seul parti qui compte c'est le parti d'avoir envie de faire pour le village
et le message est passé aux députés merci beaucoup merci Cyril Ciber Stéphane vous avez réalisé le portrait de Cyril Ciber pour nos réseaux
et il sera en ligne sur notre site et tous nos réseaux sociaux à partir du 20 décembre prochain
et voilà merci Cyril Ciber d'avoir été avec nous merci Philippe Paul d'avoir été notre invité Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat merci à vous
merci à vous merci à tous