La chronique de Bertrand Deckers : «Les fontaines Wallace rafraîchissent les Parisiens»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Anthony, bonjour à tous. Regardez cette fontaine juste ici derrière moi, verte, élégante et discrète euh ici au marché hau fleurs. Elle semble faire partie du décor depuis toujours.
Mais attention, ce n'est pas un objet décoratif. Une fontaine Wilace, c'est 2,70 de haut et près de 600 kg de fonte. une vraie petite architecture.
Et pourtant, au départ, elle n'est pas du tout là pour faire joli. Elle est là pour répondre à une demande très particulière, offrir de l'eau aux Parisiens. Vous le voyez, c'est un monument qui n'est pas du tout élu à la gloire d'un roi.
Il est justement élu pour servir la France. Pour comprendre cette fontaine, il faut revenir dans le Paris des années 1870. Paris vient de connaître la guerre, le siège et puis la commune.
La ville est littéralement dévastée. Les Parisiens ont eu faim, ils ont eu soif aussi surtout. C'est ici qu'intervient sortir Richard Wallas.
C'est un aristocrate anglais, richissime, collectionneur et un amoureux de Paris. Lorsqu'il visite Paris et qu'il voit la détresse des Parisiens, il décide sur ses fonds personnels de financer ce qui va devenir les premières fontaines publque. La première fontaine Wallas est inaugurée à Paris en 1872.
On est boulevard de la Villette. Très vite, le modèle se répand dans toute la capitale et ici au marché au flor, nous sommes face à deux fontaines qui comptent parmi les premières installées dans la capitale. Ce sont d'ailleurs les seules fontaines protégées comme monument historique.
On se rend compte avec cette anecdote un peu mieux que ce n'est pas seulement du mobilier urbain, c'est véritablement un patrimoine protégé. Alors, j'entends votre question. Pourquoi ce verre ?
Et bien, il faut savoir qu'au 19e siècle, Paris se transforme. On fait véritablement rentrer la nature dans la ville. On plante des arbres, on crée des parcs.
La fontaine Walas est donc pâte en verte pour se fondre dans le décor et c'est là un peu tout son paradoxe. Imaginez pour disparaître du regard en quelque sorte, elles sont devenues ces fontaines Wil des symboles de Paris. Il existe même aujourd'hui quelques fontaines colorées.
Mais la vraie star, c'est véritablement celle-ci, la dame verte de Paris. Ce qui la rend reconnaissable cette fontaine, ce sont les quatre femmes de fonte que l'on appelle des cariatides. Regardez, il y a la bonté, la simplicité, la sobriété et la chasteté qui sont ici représentées.
Regardez-les bien ces cariéatides. Elles ne sont pas parfaitement identiques. Les pieds, les genoux, les plis de la robe varient.
Ce ne sont pas quatre copies, ce sont en fait quatre présences. À l'origine, il faut savoir que il y avait même de petits gobelets attachés par des chaînettes. Les passant buvaient directement face à ces fontaines.
Ces petits gobelets ont disparu en 1952 pour des raisons d'hygiène. Aujourd'hui, Paris compte encore 107 fontaines Wallas. Elles sont nées ici dans notre capitale mais elles ont voyagé.
On en trouve dans d'autres villes de France et même à l'étranger. Londres, Bruxelles, Genève ou Toronto ont par exemple leur fontain. Avec la canicule, ces fontaines redeviennent terriblement modernes.
Si j'ai voulu ce matin vous raconter l'histoire de ces fontaine là, c'est parce que au fond elles sont nées pour rafraîchir Paris et les Parisiens et c'est ce qu'elles continuent de faire. On les croyait décoratif, elles sont en fait utiles, on les croyait historiques, elles sont en fait d'actualité. À Paris, les Fontaines Wallaas continuent à rafraîchir les Parisiens goutte après goutte.
Xavier Bertrand