Instant Porcher | Agriculteurs, chômage : le gouvernement nous tire vers le bas !
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 2:52OuverteRéponse directe
Est-ce que le gouvernement comprend et répond aux problèmes de fonds de la crise agricole ?
- 5:28OuverteRéponse directe
La mise en pause du plan éco-phito, c'est quoi ?
- 7:08OuverteRéponse directe
On parle beaucoup de pesticides et d'environnement, mais aussi des normes sociales.
- 8:18OuverteRéponse directe
Il y a quand même des perdants dans ces annonces avancées.
- 9:39OuverteRéponse directe
Les lois EGALIM sont-elles suffisantes pour assurer aux agriculteurs un bon partage de la valeur ?
- 11:10OuverteRéponse directe
Le gouvernement prévoit une énième réduction des droits au chômage.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00InvitéFait
« On va se retrouver quoi ? Avec une agriculture où il n'y aura plus jamais de normes pour pouvoir rivaliser avec l'Argentine, qui a un coût du travail beaucoup plus faible et des normes beaucoup plus faibles. »
- 0:06InvitéFait
« Plus ils produisent, et c'est ce qu'ils ont fait ces dernières années, plus ils deviennent pauvres, et plus ils vont demander des baisses de normes jusqu'où ça va aller. »
- 0:12InvitéFait
« C'est comme la baisse d'impôts. Au début, ils baissent l'impôt sur les plus riches, puis ils baissent l'impôt sur les sociétés, puis ils transforment le CICE en baisse de charges, puis ils baissent les cotisations sociales, ça va pas avoir, puis ils baissent les impôts de production. Ça continue, ça continue, ça continue. »
- 2:31PrésentateurFait
« Ce qu'il faut, c'est l'interdiction d'achat en dessous du prix de revient de nos produits agricoles, ce que ne permet pas la loi EGalim. »
- 3:13InvitéFait
« Et le mal profond, c'est que nous avons un modèle qui est orienté à l'exportation, c'est que nous avons un modèle qui part du principe que les débouchés sont infinis. »
- 3:34InvitéFait
« Sauf qu'aujourd'hui, vous avez l'arrivée de pays émergents, comme l'Argentine, le Brésil, qui ont des conditions sociales et environnementales beaucoup plus faibles que notre agriculture et qui, eux, veulent leur part du gâteau et qui y vont plein pot. »
- 3:46InvitéChiffre
« Et vous avez aussi l'Inde et la Chine, qui représentent 50% des agriculteurs au niveau mondial, qui, aujourd'hui, sont pris dans des questions de souveraineté alimentaire. »
- 9:55InvitéFait
« Pas du tout. »
- 10:05InvitéFait
« Et vous avez des distributeurs qui sont dans une structure de marché très oligopolistique. Ils sont très peu nombreux. Ils sont moins de 10. Et ils se connaissent. Ils s'entraident. Ils font des centrales d'achat entre eux. »
- 11:13PrésentateurFait
« Mediapart révèle que l'exécutif étudie plusieurs pistes comme une baisse supplémentaire de 20% de la durée d'indemnisation et un durcissement des règles concernant les seniors. »
- 11:39PrésentateurChiffre
« Comparé à la durée initiale avant la réforme de février 2023, la baisse totale serait de 40%, précise Mediapart. »
- 12:01PrésentateurChiffre
« Selon les calculs de la Dares, une nouvelle baisse de durée d'indemnisation précipitera la fin de droit de 400 000 allocataires supplémentaires sur une année, condisant ainsi à 100 000 bascules supplémentaires au RSA ou à l'ASS. »
- 12:32PrésentateurFait
« Emmanuel Macron est obsédé par le plein emploi ou plutôt ces fameux 5 % de chômage, donc traduisons-le, exclure les personnes de la comptabilité du chômage. »
- 13:14InvitéFait
« ça veut dire concrètement, et je l'avais dit donc en 2017, j'en suis très fier, ça veut dire en fait que soit le niveau des prestations baissera, soit le temps des indemnisations baissera. »
- 18:09PrésentateurChiffre
« Gabriel Attal a annoncé la suppression de l'allocation spécifique de solidarité. On vient d'en parler. En fait, c'est ce que touche un chômeur en fin de droit, donc environ 545 euros par mois. »
Temps de parole
- Invité59 %
- Présentateur41 %
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On va se retrouver quoi ? Avec une agriculture où il n'y aura plus jamais de normes pour pouvoir rivaliser avec l'Argentine, qui a un coût du travail beaucoup plus faible et des normes beaucoup plus faibles. Plus ils produisent, et c'est ce qu'ils ont fait ces dernières années, plus ils deviennent pauvres, et plus ils vont demander des baisses de normes jusqu'où ça va aller. C'est comme la baisse d'impôts. Au début, ils baissent l'impôt sur les plus riches, puis ils baissent l'impôt sur les sociétés, puis ils transforment le CICE en baisse de charges, puis ils baissent les cotisations sociales, ça va pas avoir, puis ils baissent les impôts de production.
Ça continue, ça continue, ça continue.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher. L'Instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas, pour analyser, décrypter, et avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Ça fait déjà plus de trois mois qu'on tient le pari qui a pu, sembler fou, faire tourner une télé d'infos indépendante et engagée en plateau et sur le terrain. Merci pour votre force, le média ne tient que par vous. Alors n'hésitez pas à rejoindre l'aventure de manière pérenne en vous abonnant à partir de 5 euros par mois pour soutenir la première coopérative médiatistique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas.
Salut Lisa.
Alors avec toi aujourd'hui en programme, on analyse les dernières annonces gouvernementales qui constituent quand même de gros reculs. On va voir ça, c'est parti. La colère agricole est-elle terminée ? On vous en parlait dans l'épisode de la semaine dernière. Ces dernières semaines ont été marquées par la fronde agricole en ligne de mire, les problèmes de revenus, de prix, de pression et de normes. Jeudi 1er février, la colère est montée jusqu'à Bruxelles. La Confédération paysanne a voulu dire stop au libre-échange et au recul environnementaux pendant qu'Emmanuel Macron s'entretenait avec Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.
Une colère partagée dans la capitale belge, partagée par des milliers d'agriculteurs européens. Ce même jour, le gouvernement a annoncé 150 millions d'euros en soutien fiscal et social pour les éleveurs, ou encore une clause miroir sur le thiaclopride, un pesticide interdit en Europe, mais aussi la mise en pause du plan éco-phito qui vise à réduire l'usage des pesticides, plan qui cristallisait la colère surtout des exploitants en grande culture céréale.
La semaine d'avant, Gabriel Attal avait annoncé le mois de la simplification pour les normes, une réduction des contrôles, l'annulation de la hausse des taxes sur le gasoil non routier, pourtant négociée à l'automne avec la FNSEA, ou encore plusieurs aides, notamment pour les éleveurs touchés par les maladies bovines ou pour les agriculteurs en bio, par exemple. Les syndicats FNSEA et jeunes agriculteurs ont appelé à suspendre les blocages à la suite des annonces en attente de résultats à un mois du salon de l'agriculture, et la Confédération paysanne, elle, continue le mouvement.
Pour le syndicat, ces annonces ne répondent pas à une des revendications principales et aux colères des agriculteurs sur le terrain, la question du prix. Ce qu'il faut, c'est l'interdiction d'achat en dessous du prix de revient de nos produits agricoles, ce que ne permet pas la loi EGalim, écrit le syndicat, en totale opposition au modèle agro-industriel, un sujet qu'on a pu détailler avec mon collègue André Manivy dans un reportage que je vous invite à aller voir, et monté par le superbe Arthur, qui monte aussi tous vos instants porchés. Revenons à nos moutons, s'il me peut me permettre. Thomas, est-ce que le gouvernement, là, comprend et répond aux problèmes de fonds de la crise agricole ?
Il répond à une partie des syndicats, comme tu l'as dit. C'est-à-dire qu'il y a un allégement des normes, il y a une simplification de la PAC, il y a des baisses de fiscalité qui ont été faites, mais on n'attaque pas le mal profond du modèle agricole français. Et le mal profond, c'est que nous avons un modèle qui est orienté à l'exportation, c'est que nous avons un modèle qui part du principe que les débouchés sont infinis, parce qu'il y a une augmentation de la démographie, parce qu'il y a une augmentation de la consommation de calories avec des pays pauvres qui se développent.
Et donc, les Français ont l'impression qu'on est dans les années 90 et que l'agriculture française va pouvoir répondre à tout ça sans aucune concurrence. Sauf qu'aujourd'hui, vous avez l'arrivée de pays émergents, comme l'Argentine, le Brésil, qui ont des conditions sociales et environnementales beaucoup plus faibles que notre agriculture et qui, eux, veulent leur part du gâteau et qui y vont plein pot.
Et vous avez aussi l'Inde et la Chine, qui représentent 50% des agriculteurs au niveau mondial, qui, aujourd'hui, sont pris dans des questions de souveraineté alimentaire, parce qu'ils ont une forte population, mais peut-être dans 10 ans, ils vont vouloir aussi des parts de marché au niveau international. Et là, ça risque de faire mal à nos agriculteurs et ils vont se prendre le boomerang, comme ils se le prennent déjà, de la mondialisation en pleine tête. Donc, le vrai problème, c'est quel modèle agricole nous voulons ? Et cette question-là, il y a trois types de réponses. La première, c'est de délimiter un moment un marché, où est-ce qu'on s'arrête ? C'est vrai. Est-ce que c'est l'Europe ?
Est-ce que c'est la France ? Voilà, mais délimiter un marché et être conscient qu'on ne pourra jamais concurrencer de l'agro-industrie fait dans des pays émergents. La deuxième chose, c'est qu'est-ce que nous voulons comme produit ? Est-ce qu'on ne doit pas faire des produits un peu différenciés et vers le haut ? Et dans ce cas-là, il faut nous protéger sur le marché. Mais ces questions-là n'ont pas été traitées. On a l'impression que une grosse partie des syndicats, comme la FNSEA, ne remettent pas en cause le modèle agricole, qui est un modèle qui amène les agriculteurs à leur perte.
Parce que plus ils produisent, et c'est ce qu'ils ont fait ces dernières années, plus ils deviennent pauvres, et plus ils vont demander des baisses de normes. Et c'est infini. Et à la fin, on va se retrouver quoi ? Avec une agriculture, il n'y aura plus jamais de normes pour pouvoir rivaliser avec l'Argentine, qui a un coût du travail beaucoup plus faible et des normes beaucoup plus faibles. Donc vous voyez, on n'est pas sortis. Et je pense que dans quelques années, peut-être même quelques mois, il y aura encore des manifestations d'agriculteurs qui demanderont probablement dans les syndicats majoritaires encore des baisses de normes, et ainsi de suite.
Donc on n'a pas réglé ni le problème international, ni même le problème européen. Parce que, rappelons-le, que la concurrence est aussi très forte en Europe, et que la majorité des importations que nous avons chez nous sont des importations de pays européens.
Ce qui a beaucoup choqué, interloqué, c'était la mise en pause du plan éco-phito, qui vise à réduire les pesticides. C'est quoi ? Ça ne va pas du tout répondre aux problèmes de prix, ça fait juste plaisir aux ingroits industriels et aux producteurs de pesticides, parce que ça, on l'oublie très vite, cet intérêt des multinationales à produire des pesticides.
En fait, et puis surtout, c'est la concurrence internationale, où dans d'autres pays, il y a une production avec ces pesticides, et cette production-là est exportée, elle arrive parfois chez nous. C'est ça qui est quand même complètement dingue. C'est-à-dire que, pour le consommateur, il est possible que vous puissiez consommer un bien qui a été produit avec des pesticides qui sont interdits sur le sol national. Donc ça, ça pose la question, justement, de cette question-là, de la délimitation d'un marché et des protections qu'on y met.
Si le marché, il est français, et que les pesticides sont interdits sur le marché français et qu'on y met les protections, l'agriculture française trouvera du débouché. C'est pareil au niveau européen. Si on veut aller étendre la chose, bien qu'il y ait des concurrences, il faudrait qu'il y ait des normes européennes qui puissent s'aligner les unes aux autres. Et d'ailleurs, sur ce point-là, Attal, moi, je trouve, prend une pente un peu dangereuse parce qu'il dit que l'agence de sûreté alimentaire, l'ANSES, ne devrait pas prendre des mesures sans s'aligner sur ce qui a été pris au niveau européen.
Et ça, c'est très mauvais parce que ça veut dire qu'on s'aligne toujours sur la norme la plus faible, en réalité. Alors que parfois, on doit être pionnier dans l'application de certaines réglementations et convaincre les autres pays de suivre. Or là, si on attend que tout le monde soit d'accord que les Polonais ou les Espagnols ou les Hollandais soient d'accord comme nous, c'est sûr que ça va être le moins dix ans. C'est ce qui s'est passé au niveau fiscal et au niveau social, au niveau européen. Donc là, on joue toujours le jeu de la concurrence. En fait, la réforme structurelle du modèle agricole n'a pas été faite. Et c'est pourtant ça qui a majoritairement appauvri nos paysans.
Les normes, c'est seulement la cerise sur le gâteau, en réalité.
Puis on parle beaucoup de pesticides, on parle beaucoup d'environnement, mais aussi les normes sociales. Si on est moins compétitif au niveau du coût, c'est aussi parce que nous, on a des protections sociales un petit peu qui font qu'on a des meilleurs salaires.
Tout à fait. Vous avez des agricultures qui sont plus compétitives parce que les salaires sont 30% plus faibles qu'en France. Et ça, il faut le dire. C'est pour ça que la concurrence amène au moins dix ans. C'est ça, en fait, le vrai truc. Si on avait une agriculture de qualité avec des débouchés assurés, alors effectivement, il y aurait un prix peut-être légèrement supérieur, parce qu'il y a beaucoup de marges qui se font entre le prix de production et le prix de distribution.
Mais si on faisait un peu de contrôle sur les prix et qu'on assurait des prix garantis aux agriculteurs, dans un marché délimité, on pourrait avoir des produits de bonne qualité et soutenir en même temps notre agriculture française. On a beaucoup parlé des consommateurs. Il y a beaucoup même de gens qui sont venus et qui ont dit qu'il faut que les consommateurs, ils se mobilisent et qu'ils achètent des produits français. Sauf que rien n'est fait pour qu'ils achètent aussi des produits français. Les étiquetages sont tous complètement flous. On a du mal à savoir d'où les produits viennent. Même quand il y a marqué Made in France, on sait que ce n'est pas forcément Made in France.
Donc c'est très compliqué. Il faudrait aussi qu'il y ait un étiquetage qui soit très clair. Ça permettrait peut-être aux consommateurs qui ont les moyens de s'orienter vers ces produits-là.
Du coup, il y a quand même des perdants dans ces annonces avancées. Le fait que le syndicat majoritaire décide d'arrêter la colère et les blocages, c'est pour les petits et moyens paysans agriculteurs, pour ceux qui ne vont pas forcément être en grande culture, des choses comme ça. Et puis aussi, on l'oublie très souvent, les ouvriers, les salariés agricoles.
Oui, tout à fait. Pour les agriculteurs propriétaires de leur exploitation, là, il y a des baisses d'impôts. Il y a même des baisses sur les droits de succession qui vont être mises en place. Ils sont soumis à la compétition mondiale. Ça, c'est très clair. Mais les avantages ont été majoritairement donnés et adressés à ces gens-là. Pour tous ceux qui sont salariés des exploitations agricoles, là, c'est toujours la même chose. On va rechercher la pression des salaires pour être plus compétitifs, la main-d'œuvre étrangère pour être plus compétitif, les contrats de court terme et le fait de toujours plus adapter la main-d'œuvre au cycle de production pour être plus compétitif.
Donc, à ce petit jeu, on est perdant. On l'a déjà vu dans l'industrie et partout ailleurs. On sera aussi perdant, et c'est déjà le cas, dans l'agriculture. Donc, c'était cette logique qu'il faut sortir. Et le problème, c'est qu'avec ce que l'on fait, là, on va dans cette logique de plus en plus loin. On essaie d'être plus compétitif, toujours plus compétitif. On n'y arrivera jamais. On ne gagnera jamais.
Et enfin, un dernier point de la fronde qu'il ne faut pas oublier, parce qu'il y en a certains qui se cachent en ce moment, des plateaux télé, c'est les marges des distributeurs et des industriels. Alors, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire mettent en avant leurs lois EGALIM, disent qu'ils vont renforcer les contrôles, qu'ils vont plus sévir si le partage de la valeur est moins bien assuré entre agriculteurs, distributeurs et industriels. Est-ce que pour toi, les lois EGALIM sont suffisantes pour assurer aux agriculteurs un bon partage de la valeur ?
Pas du tout. En fait, il y a des exploitants agricoles qui sont parfois en coopérative, mais qui sont en concurrence en France, mais aussi avec des pays européens. Et vous avez des distributeurs qui sont dans une structure de marché très oligopolistique. Ils sont très peu nombreux. Ils sont moins de 10. Et ils se connaissent. Ils s'entraident. Ils font des centrales d'achat entre eux. Ils sont déjà très peu. Donc, il y a très peu de concurrence. Donc, vous savez, quand il y a très peu de concurrence, vous n'avez pas intérêt à faire une concurrence où vous vous tuez entre vous parce que vous partagez, en fait, un gâteau. Et là, en plus, ils se font des centrales d'achat.
Donc, ils se réunissent encore plus pour diminuer le nombre de concurrences et pouvoir faire pression sur les agriculteurs. Donc, l'égalime au niveau européen avec des coûts de production différents, ça fait très beau sur le papier de dire ça. Mais dans les faits, je veux dire, c'est comme la banque pour le climat. C'est très sympathique. Et puis, dans les faits, c'est très dur à mettre en œuvre parce que personne ne veut le même bilan énergétique dans les pays européens. Et bien là, c'est pareil. C'est très joli comme ça de dire oui, on va faire un égalisme européen. On l'a fait en France. On n'a même pas réussi à faire en sorte qu'il soit appliqué de manière convenable.
Et là, on veut tout de suite, pour justement montrer qu'on n'a pas réussi à faire les contrôles qu'il fallait, dire on va le faire au niveau européen. Ah bon, on attend de voir.
Une fois n'est pas coutume, le gouvernement prévoit une énième réduction des droits au chômage. Mediapart révèle que l'exécutif étudie plusieurs pistes comme une baisse supplémentaire de 20% de la durée d'indemnisation et un durcissement des règles concernant les seniors. L'année passée, on est passé de 24 à 18 mois. Et donc là, nous passerions à 14,4 mois pour les moins de 53 ans, de 22,5 mois à 18 mois pour les 53-54 ans et de 27 à 21,6 mois pour les 55 ans et plus. Comparé à la durée initiale avant la réforme de février 2023, la baisse totale serait de 40%, précise Mediapart.
Et concernant les seniors, le ministère a demandé à la Dares de travailler sur des scénarios visant à réduire, voire à supprimer totalement les règles plus favorables dont les 53 ans et plus bénéficient en termes de durée et de maintien de droit jusqu'à la retraite, raconte le pur player indépendant. Mediapart écrit « Selon les calculs de la Dares, une nouvelle baisse de durée d'indemnisation précipitera la fin de droit de 400 000 allocataires supplémentaires sur une année, condisant ainsi à 100 000 bascules supplémentaires au RSA ou à l'ASS, allocation de solidarité spécifique.
» La note transmise au ministère le rappelle, la réforme de 2023 réduit déjà la durée consommée de 1,6 million d'allocataires sur un an qui sont ainsi concernés par une fin de droit plus précoce parmi lesquelles un quart soit 400 000 bascules au RSA ou à l'ASS sur l'année. Thomas, on sait qu'Emmanuel Macron est obsédé par le plein emploi ou plutôt ces fameux 5 % de chômage, donc traduisons-le, exclure les personnes de la comptabilité du chômage. Est-ce que réduire encore la durée du chômage va vraiment faire faire des économies à l'État ou réduire le problème de l'emploi ?
On sait très bien. On l'a dit tellement de fois ici. Non, mais on l'a beaucoup dit ici. Et moi, je l'avais même dit en 2017 avant qu'on se connaisse. C'est-à-dire que quand Macron, certains nous disaient oui, attention Macron, c'est la flexi-sécurité, c'est ni gauche ni de droite sur le chômage, il va donner des nouveaux droits aux chômeurs. Moi, j'avais dit attention, il donne des nouveaux droits aux chômeurs, aux auto-entrepreneurs et aux démissionnaires tous les 5 ans avec une contrainte d'économie de 10 milliards.
Ça veut dire concrètement, et je l'avais dit donc en 2017, j'en suis très fier, ça veut dire en fait que soit le niveau des prestations baissera, soit le temps des indemnisations baissera. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui. Les prestations baissent, les indemnisations baissent. Et donc le but, c'est quoi ? Le but, il est très simple. Il est de faire en sorte qu'un moment, quelqu'un se retrouve le plus rapidement possible sans indemnisation. Et si tu n'as pas d'indemnisation, tu trouves n'importe quel emploi pour survivre. Tu vas aller bosser à McDo, tu vas aller bosser dans les endroits en tension, l'hôtellerie, etc. Tu vas chercher à trouver un emploi le plus rapidement.
Un emploi parfois qui ne correspond pas à tes qualifications, un emploi que tu ne voulais pas faire. Mais le fait de ne plus avoir d'indemnisation, tu vas trouver un emploi. Et au pire, si tu ne trouves rien, à partir du moment où tu n'as plus d'indemnisation, tu sors du statut de chômeur et tu sors du chiffre du chômage. Et c'est ça le but. Le but, c'est ça. Et ça ne s'arrête pas. Ça a commencé l'année dernière, ça a continué avec le RSA et puis ça a se poursuit avec ce gouvernement. Ils auront à la fin de ce quinquennat une belle statistique. Ils l'auront peut-être pas à 5%, mais ils auront peut-être moins de 7%, 6%, ce qu'on n'aura jamais vu.
Il y aura toujours des gens qui commenteront en disant c'est hallucinant, Macron a réussi à baisser le chômage. Oui, il a baissé un chiffre mais il n'a pas baissé le nombre de chômeurs. Il a baissé le nombre de chômeurs indemnisés. Mais il y aura des chômeurs non indemnisés en dehors du chiffre qui seront autour du chiffre. C'est ça qui va se passer. Et ça continue.
Justement, il y a tout un mise autour de les gens ne veulent pas trouver de travail, ils sont très bien en chômage, etc. Et il y a Yann Godin, lanceur d'alerte, qui a montré qu'actuellement en France, il y a 1,9 million de personnes au RSA, 250 000 en ASS. Donc l'ASS, c'est les fins de droit après le chômage. Et il y a entre 300 000 et 500 000 CDI à temps plein à pourvoir en France. C'est quand même parlant.
Bien sûr. Mais après, si vous prenez encore tous ceux qui sont en temps partiel mais qui ont envie de travailler, en fait, on est à un chômage qui est encore plus élevé. Donc oui, les gens ont envie de travailler. Même des études de Pôle emploi avaient montré 88% des chômeurs cherchaient activement un emploi. À un moment, si vous n'avez pas de croissance économique, vous n'avez pas d'activité économique, vous n'avez pas de création d'emploi. C'est ça le vrai problème, le nerf de la guerre, c'est ça.
Or, aujourd'hui, la politique qui a été menée, c'est une politique qui a un impact de réduction des déficits, qui a un impact sur l'activité et de hausse des taux pour contrer l'inflation, qui a un impact sur l'activité. Donc en réalité, nos choix politiques fabriquent du chômage. Mais comme on veut avoir un beau chiffre et en même temps, pas d'inflation parce qu'on ne veut pas indexer les salaires sur l'inflation et en même temps, réduire les déficits parce qu'il faut réduire les déficits pour paraître un bon élève auprès de Bruxelles, comment on fait pour avoir toutes les trois choses en même temps ? On fait en sorte de radier, d'éliminer des chômeurs.
À défaut de trouver un emploi aux chômeurs, on les sort du statut de chômeur.
Et ce n'est pas fini. Dans son discours de politique générale la semaine dernière qu'on va voir juste après, Gabriel Attal a annoncé la suppression de l'allocation spécifique de solidarité. On vient d'en parler. En fait, c'est ce que touche un chômeur en fin de droit, donc environ 545 euros par mois. Et ses bénéficiaires passeront donc au RSA. La SS permettait de valider des trimestres pour la retraite. Le RSA, non. La SS pouvait être cumulée avec d'autres revenus si on ne dépassait pas 1900 euros par mois pour un couple. Et le plafond du RSA, lui, c'est 911 euros. La SS était à la charge de l'État et le RSA des départements. Là, c'est une grosse suppression des droits.
Là, Thomas, en plus, les fins de droit, ça concerne plus d'une personne sur deux à plus de 50.
Même si les taux de chômage sont un peu en dessous des autres, c'est que quand ces gens sont au chômage, ils ne retrouvent pas d'emploi. Donc, pourquoi ils ne retrouvent pas d'emploi ? Parce que les entreprises n'en veulent pas. Parce qu'ils sont qualifiés. Mais les entreprises jugent qu'ils sont trop chers et qu'ils peuvent prendre un jeune beaucoup moins cher qu'aura parfois les mêmes qualifications. Donc, il y a un vrai problème au niveau aussi des entreprises. Pourquoi elles veulent se séparer de ces seniors ? C'est ça, la vérité. Et bien, là, plutôt que de s'interroger là-dessus.
Alors, on s'y interroge, on s'y interroge, soi-disant, en faisant en sorte de partir plus tard à la retraite. Parce qu'on nous a sorti cet argument, souviens-toi, en disant que quand on part plus tard à la retraite, les entreprises ont tendance à licencier plus tard. Soit disant, beaucoup d'études qui montraient ça. On n'a rien demandé aux entreprises, jamais rien. Et puis maintenant, quand ils sont au chômage, on va rendre leur vie beaucoup plus difficile. On les passe au RSA, c'est le département qu'ils choisissent, c'est beaucoup plus faible. On fait tout, en fait, pour qu'ils retrouvent un emploi, même un emploi très mal payé.
Et on ne prend pas en compte l'incidence que ça peut avoir sur quelqu'un qui va faire une carrière dans la même boîte, on lui a dit de se spécialiser souvent dans ce qu'il faisait, qui a atteint un certain niveau de revenu. Et là, repartir à zéro, il y a une forme d'humiliation. Et on fait tout pour que ce soit le cas. Soit il repart à zéro parce qu'il doit se nourrir, soit il ne se nourrit pas, ce n'est plus le problème de l'État, mais il sort de la statistique du chômage. Donc, on est sur la même logique. Et je veux dire, là, ça a été tellement loin que je me dis jusqu'où ça va aller. C'est comme la baisse d'impôts.
Au début, il baisse l'impôt sur les plus riches, puis il baisse l'impôt sur les sociétés, puis il transforme le CICE en baisse de charges, puis il baisse les cotisations sociales, ça va pas ça, puis il baisse les impôts de production. Ça continue, ça continue, ça continue. Chaque fois, ça devait avoir des effets mais complètement dingues sur l'activité économique. Ça n'a pas les effets à se compter. Et donc, ce qu'on nous dit, c'est qu'il faut aller plus loin, il faut aller plus loin, il faut aller plus loin, il faut aller plus loin. Donc là, on y va, quoi. On y va dans la cage du modèle social. On y est, là.
La semaine dernière, toujours, Gabriel Attal a prononcé son discours de politique générale à l'Assemblée nationale après trois semaines d'exercice entre le scandale Oudea Castera et la colère des agriculteurs. Le Premier ministre a donné le ton, défense de notre identité, d'une exception agricole française. Le chef du gouvernement a annoncé un plan pour désmicardiser la France qui consiste à valoriser le travail avec toujours cette idée de récompenser les travailleurs face aux inactifs. Dans la même veine, le RSA, avec contrepartie, les 15 heures d'activité est généralisée. Une nouvelle baisse d'impôts de 2 milliards d'euros est prévue pour les classes moyennes.
Et sur la question du logement, Gabriel Attal annonce une simplification et accélération des procédures pour créer 30 000 nouveaux logements d'ici trois ans, comme nous avons su le faire pour les JO, je le cite. Pour les logements sociaux, la loi oblige les communes soumises de posséder au moins un quart de logements sociaux sur leur territoire. Le Premier ministre propose d'ajouter pour une part les logements intermédiaires accessibles à la classe moyenne dans ce calcul.
On ne pourra pas tout aborder ici, bien sûr, mais pour pallier le manque de médecins, le chef du gouvernement veut aller en chercher à l'étranger, augmenter le nombre d'assistants médicaux ou proposer à des infirmières de passer directement en troisième année de médecine. Et la nouvelle cause du quinquennat, c'est la santé mentale avec la création de la plateforme Mon Soutien Psy. Et enfin, sur l'écologie, création d'un service civique écologique, Gabriel Attal veut mener une écologie de solution. Je le cite, on ne veut pas l'écologie contre le peuple. Pour les jeunes, Gabriel Attal généralise l'uniforme et met en place des travaux d'intérêt éducatif pour les mineurs de moins de 16 ans.
Réussir le réarmement civique, c'est au cœur des priorités de mon gouvernement, pour le citer. Ce n'est pas anodin. Bref, Sarkozy en rêvé, Macron l'a fait. Thomas, qu'est-ce que ce discours de politique générale t'inspire ? C'est quoi la philosophie ?
Je ne suis pas surpris. Franchement, on ne s'attendait pas à un grand discours qui allait changer les choses. C'est dans la lignée de Macron de 2017, avec des pointes un peu différentes, notamment sur l'autorité, ce que n'avait pas Macron en 2017. Mais sur la philosophie économique, c'est qu'il faut baisser les normes, il faut valoriser le travail, il faut baisser les impôts. On s'attaque notamment au modèle social, encore une fois. Donc, on est sur la même philosophie que Macron en 2017. Puis, on y rajoute la question de l'autorité, qui est une valeur plutôt de droite que Nicolas Sarkozy avait.
Et puis, on y rajoute après quelques éléments intéressants, il faut le dire, par exemple, la question des écrans à l'école ou la question très importante des médecins étrangers qui soignent, qui ont le droit de soigner dans les hôpitaux, mais qui ne sont pas reconnus comme ayant le droit d'exercice alors qu'ils soignent. On pourrait même étendre ça, moi, je pense, à tous les précaires et les vacataires qui sont dans l'université, parce qu'aujourd'hui, les universités ne tiennent que sur des chargés de TD qui sont précaires. Et c'est vrai qu'il faudrait au bout d'un certain temps leur reconnaître un statut et leur donner un salaire tous les mois parce qu'ils sont payés tous les six mois.
Mais la philosophie ne change pas. On est sur une philosophie très libérale avec un pan autoritaire et puis quelques bonnes idées qui sont mises comme ça en annexe, mais le train, la philosophie de base est la même.
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