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interviewRCF (sur Site radio)· 2 juillet 2026 2 min

Euthanasie, par Alain Charlier

Source d'origine 1 locuteur

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

RCF Notre-Dame Chers auditeurs, qui la loi autorise-t-elle à faire mourir ? Le 15 juillet prochain, l'Assemblée nationale devrait se prononcer définitivement sur la proposition de loi créant un droit à l'euthanasie. Je ne prétends pas ignorer les souffrances qui conduisent certains à souhaiter cette évolution. Elles existent. Elles sont parfois insupportables. Elles appellent toute notre compassion et un développement résolu des soins palliatifs. Une question me travaille. Pendant des siècles, notre droit s'est construit autour d'un principe simple. La loi protège la vie humaine.

Demain, pour la première fois, elle pourrait prévoir les conditions dans lesquelles une personne pourra recevoir une substance destinée à provoquer sa mort. Robert Badinter avait consacré une grande partie de sa vie à défendre l'idée que l'État ne devait pas donner la mort. Son combat contre la peine capitale reposait sur une conviction. La dignité humaine impose des limites au pouvoir de la loi. Aujourd'hui, le contexte est évidemment différent. Il ne s'agit pas d'un condamné ni d'un criminel. Il s'agit d'un malade. Mais la question demeure. Jusqu'où la loi peut-elle aller lorsqu'elle touche au pouvoir de donner la mort ? Et quand sera-t-il demain de la définition du mot « malade » ?

Notre société risque de franchir une frontière anthropologique majeure. Lorsque la mort devient un acte prévu, organisé et encadré par la loi, c'est notre conception même du soin qui est interrogée. Je pense à tous les soignants qui ont choisi leur métier pour accompagner, soulager, consoler, sans jamais provoquer la mort. En particulier aux établissements tenus par des congrégations religieuses, qui quitteront le sol français pour échapper à cette loi mortifère. Je pense aussi aux plus fragiles, qui pourraient un jour se demander s'ils sont encore un poids pour leurs proches ou pour la société. Une civilisation se juge à la manière dont elle traite les plus vulnérables.

Souhaitons que dans ce débat, notre premier réflexe demeure celui de la solidarité, de l'accompagnement, de l'espérance, plutôt que celui d'abrégir une vie.

Euthanasie, par Alain Charlier · Pourquijevote