Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 juin 2021 26 min

Lutte contre les féminicides, débat sur la sécurité aux élections régionales, climat politique et violences... Le "8h30 franceinfo" de Clémentine Autain

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Clémentine Autain. Bonjour Marc Fauvel. Le gouvernement annonce donc une nouvelle série de mesures pour lutter contre les féminicides après une série de drames constatés ces dernières semaines. Un fichier des auteurs de violences conjugales va être mis en place. Il sera partagé par les forces de l'ordre et par la justice sur le modèle de ce qui se fait déjà en Espagne. 3000 téléphones grand danger seront mis à disposition d'ici le début de l'année prochaine. Est-ce que ces mesures vont toutes dans le bon sens ?

0:28
Clémentine Autain

Le problème n'est pas tellement le sens dans lequel vont les mesures du gouvernement. Le problème c'est que nous réclamons à corps et à cri des moyens financiers pour avoir une politique cohérente et efficace pour lutter contre l'ensemble des violences faites aux femmes et en particulier contre les féminicides qui nous frappent dans l'actualité en ce moment et qui enfin je dirais sont révélés au grand jour grâce aussi à la vague MeToo que je tiens une nouvelle fois à saluer parce que si nous parlons des violences faites aux femmes et si la question est posée c'est parce qu'il y a eu dans la société une grande mobilisation.

1:04
Présentateur

On voit que dans les affaires récentes, Clémentine Autain, c'est parfois ce lien entre la police et la justice. Ça a été le cas dans le féminicide de Mérignac le mois dernier. C'est ce lien qui a fait défaut. C'est le moins qu'on puisse dire.

1:14
Clémentine Autain

Parce qu'à Mérignac, il faut quand même rappeler pour nos auditeurs, Chahinez, 31 ans, avait déjà porté plainte. L'homme avait été condamné pour violences conjugales et il l'a immolé, il a tiré des balles sur elle en pleine rue. Enfin je veux dire c'est absolument glaçant.

1:32
Présentateur

Mais le juge d'application des peines n'était pas au courant des plaintes.

1:34
Clémentine Autain

Précisément, donc il faut en effet avancer vers une coordination plus efficace. Mais je tire la sonnette d'alarme aujourd'hui parce que ce que nous demandons, c'est un milliard pour lutter contre les violences faites aux femmes, parce que ce dont nous avons besoin c'est d'un investissement sur toute la chaîne. Toute la chaîne, à chaque instant, il faut former les professionnels. Si nous ne formons pas les professionnels de police et de justice, nous n'y arriverons pas. Si on continue à avoir seulement une femme sur dix qui peut avoir accès à un logement quand elle est devant des violences conjugales, comment voulez-vous qu'on empêche la montée en puissance des violences ? C'est impossible.

Donc il faut des moyens. Investir dans l'hébergement c'est important. Le milieu associatif est fondamental. Or avec les austérités successives, les cures d'austérités successives, nous avons un tissu associatif qui perd des moyens au lieu d'engranger et de pouvoir déployer sur le terrain des bénévoles et pas simplement des bénévoles, des salariés aussi, qui peuvent accompagner ces femmes. Donc ce que je veux vous dire aujourd'hui, c'est que j'ai l'impression que le gouvernement passe son temps à essayer de légiférer, parce qu'il n'y a pas si longtemps, vous vous souvenez de cette grande loi qui devait être la loi du quinquennat ?

Je me souviens, nous l'avons adoptée, je l'ai déjà dit je crois ici, en plein mois d'août, c'était quatre misérables articles, il n'y avait pas de moyens.

Nous réclamions à l'époque une loi cadre, c'est-à-dire une loi avec des moyens, comme l'Espagne l'a fait il y a bien longtemps déjà, nous n'avons pas eu gain de cause sur ces moyens et c'est ce que je regrette, parce que je pense qu'on peut empiler les lois, on peut avoir des mesures qui sont intéressantes aussi, mais s'il n'y a pas ces moyens financiers et humains qui sont mis en place, alors nous n'arriverons pas à combattre véritablement et prendre à la racine cet enjeu majeur des féminicides et de l'ensemble des violences faites aux femmes.

3:27
Présentateur

Le gouvernement n'a pas assez de moyens, c'est ce que vous dites ce matin, pourtant le gouvernement agit après les différents féminicides, après celui de Mérignac, le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, a demandé que tous les dossiers des personnes condamnées pour violences conjugales soient repris pour vérifier s'ils doivent porter un bracelet électronique. Ça c'est la bonne méthode ?

3:44
Clémentine Autain

Oui, je pense que bracelet électronique, téléphone grand danger, ce sont des méthodes qu'il faut en effet déployer, ça, ça me paraît tout à fait juste, mais j'insiste sur tout ce qu'il y a en amont, en amont, voyez ? Comment on arrive à prévenir, comment on arrive à accompagner des femmes qui viennent, moi j'en reçois régulièrement, vous racontez, vous savez les violences conjugales, c'est le prince charmant, l'homme odieux, le prince charmant, l'homme qui harcèle psychologiquement, le prince charmant, il vous met des premiers coups, etc.

Donc c'est un phénomène d'emprise, donc ce dont nous avons besoin, c'est d'avoir des psychologues, des gens formés, des personnels de santé qui peuvent alerter pour accompagner les femmes et pour les faire sortir de cet engrenage, les protéger, les mettre à l'abri. Et pour tout ça, je vous le redis, il faut des moyens, des moyens de formation, des moyens de campagne de sensibilisation et des moyens financiers pour créer du logement social, en particulier.

4:45
Présentateur

Pour protéger ces femmes contre ces conjoints violents, il y a aussi ces derniers chiffres, seuls 78 hommes sont équipés de ce bracelet électronique dont je parlais tout à l'heure. Est-ce que vous considérez que la justice est assez ferme ?

4:58
Clémentine Autain

Non, je ne considère pas que la justice est assez ferme, non.

5:03
Présentateur

C'est-à-dire qu'elle est laxiste dans ces affaires-là ?

5:06
Clémentine Autain

Non, je ne peux pas dire qu'elle est laxiste et puis il faut regarder au cas par cas. Enfin, quand même, un des plus gros problèmes, déjà, c'est que les femmes déposent peu plainte aussi. Donc, à tous les échelons, ça ne va pas. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc, je ne veux pas pointer spécifiquement la justice et je pense que c'est partout que les maillons sont manquants. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'on dépose plainte. Combien de femmes nous racontent qu'elles vont déposer plainte, qu'on ne les prend pas au sérieux, qu'on leur dit « mais non, mettez juste une main courante », etc. C'est très, très souvent.

Ou alors, on appelle la nuit ou le jour, d'ailleurs, parce qu'il y a une situation d'urgence et puis la police ne vient pas ou vient trop tardivement. C'est qu'il faut que l'ensemble de la société prenne conscience des mécanismes des violences conjugales et qu'on ait une chaîne de solidarité, de prévention et de répression. Mais pas seulement la répression, qui par ailleurs, on empile les lois pour que ce soit toujours plus répressif. Le problème, c'est que si rien ne va avant, on n'évite pas le problème. Et donc, mettre à l'abri ces femmes, pour moi, c'est l'urgence.

6:10
Présentateur

Clémentine Autain, l'Assemblée nationale a adopté hier soir la loi qui ouvre la PMA à toutes les femmes, qu'elles soient seules ou en couple. Est-ce que vous félicitez Emmanuel Macron d'avoir tenu bon sur ce sujet face à une opposition parfois assez virulente de l'opposition de droite ?

6:27
Clémentine Autain

C'était l'un de ses engagements de campagne. Notez qu'il a mis un petit peu de temps. On est vraiment à la fin de la mandature.

6:32
Présentateur

Il ne contrôle pas le Sénat qui a voté contre à chaque passage et qui doit encore se prononcer une dernière fois.

6:36
Clémentine Autain

Oui, enfin, il n'a pas... Bref, je salue cette décision parlementaire, enfin, d'ouverture de la PMA pour les femmes seules et les couples de lesbiennes. Donc, c'est une bonne nouvelle.

6:48
Présentateur

L'étape d'après pour vous, est-ce que ça doit être, est-ce que ça devrait être la GPA ?

6:52
Clémentine Autain

Ah non, je suis fermement opposée à l'ouverture de la GPA, je le dis sincèrement, parce que je suis contre la marchandisation du corps des femmes. Des mères porteuses. Voilà, des mères porteuses. Voilà, je crois vraiment qu'on est dans une société où il faut être extrêmement prudent. Extrêmement prudent pour que, face à la pauvreté, la précarité, on n'ait pas des femmes qui, finalement, trouvent ce biais pour gagner tout simplement leur vie ou pour survivre. Et là, ça devient vraiment terrifiant. Donc, je ne veux pas de ça. Et parce que mon projet de société, c'est de démarchandiser plutôt les rapports sociaux. Ce n'est pas d'accroître les lieux de marchandisation. Qu'on comprenne bien.

7:31
Présentateur

L'Assemblée nationale a aussi voté hier la reconnaissance de la filiation des enfants qui sont nés en GPA à l'étranger. Oui, je sais.

7:40
Clémentine Autain

Nous l'avons voté. C'est une contradiction. Moi, je le dis et je l'assume. C'est une contradiction. Mais on a le même type de contradiction sur un autre sujet. Je fais le rapport, mais parce que c'est des sujets qui ont à voir avec l'émancipation des femmes, sur la prostitution. Je vais vous dire pourquoi.

7:55
Présentateur

Mais restons sur la GPA. Reconnaître les enfants nés à l'étranger et dire qu'on est contre la GPA en France, effectivement...

8:01
Clémentine Autain

Et vous faites quoi de ces enfants ? Vous faites quoi de ces enfants ? Quand vous êtes législateur, vous avez souvent des intérêts contradictoires. Voilà. Et donc là, on est typiquement dans un enjeu d'intérêt contradictoire. Ce qu'on a fait primer, c'est simple, c'est l'intérêt de l'enfant. L'intérêt supérieur de l'enfant. Ces enfants sont bien nés, sont bien là, vivent avec des parents. Effectivement, ils ont été conçus dans un cadre qui n'est pas légal en France. Mais ne pas les reconnaître, c'est les mettre eux-mêmes en danger.

8:28
Présentateur

Clément Innotte, on va parler de votre projet pour l'Île-de-France. On est à un peu plus d'une semaine maintenant du premier tour. Dans un instant, le fil info tout d'abord, 8h41, Mélanie Delonnet.

8:38
Invité

AXA va dédommager ses clients restaurateurs pour les pertes liées aux fermetures dues à l'épidémie de Covid. L'assureur attaqué à plusieurs reprises en justice annonce ce matin une enveloppe de 300 millions d'euros. Une solution à l'amiable proposée à 15 000 restaurateurs. Des dysfonctionnements qui s'accumulent jusqu'au meurtre en pleine rue d'une femme par son conjoint. C'était à Mérignac en Gironde. Début mai, le rapport d'inspection pointe des défaillances. En réponse, le gouvernement annonce 6 mesures dont un fichier des auteurs de violences conjugales partagées entre la justice et les forces de l'ordre. L'homme qui a giflé Emmanuel Macron jugé en comparution immédiate cet après-midi.

Il explique avoir agi sans réfléchir pour dénoncer la politique du gouvernement. Ce drômois de 28 ans se dit proche des gilets jaunes avec des convictions politiques de droite voire d'ultra-droite. Seulement un tiers des pannes de télé sont réparées selon une étude de l'association HALT à l'obsolescence programmée qui dénonce un gaspillage néfaste pour les consommateurs et pour l'environnement. En moyenne, on garde notre poste de télévision 7 à 8 ans. France Info

9:43
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec Clémentine Autain, candidate la France insoumise au régional en Ile-de-France. La lutte contre l'indélinquance, c'est la priorité des franciliens selon la dernière enquête Ipsos-Ceteria pour France Info. Vos adversaires ont fait des propositions pour lutter contre l'insécurité. Et vous ?

10:04
Clémentine Autain

Je déplore, je le dis sincèrement, que les trois droites, c'est-à-dire le candidat de l'extrême droite Jordan Bardella qui a fait son affiche le choc de la sécurité, le candidat de la République en marche qui a fait sa première proposition sur une police régionale et Mme Pécresse qui du matin au soir ne parle que de ça et de terrorisme et d'immigration. C'est la première préoccupation aussi chez vos électeurs. Écoutez-moi, écoutez-moi, au point qu'on se demande chez Mme Pécresse si elle est candidate à sa propre réélection à la région Ile-de-France ou si elle n'est pas surtout pressée par la présidentielle. Alors le problème, c'est que la sécurité n'est pas une compétence régionale.

La région...

10:42
Présentateur

Si, dans les transports en commun et autour des lycées.

10:45
Clémentine Autain

Précisément, dans les transports en commun, dans les lycées, mais l'essentiel des compétences de sécurité relève de l'État et le budget de 5 milliards de la région concerne l'aménagement du territoire, les transports, c'est énorme, les lycées, le tourisme, l'activité économique. Ça fait beaucoup de sujets qui sont de compétences régionales.

Donc ce que je déplore, si vous voulez, c'est que nous ayons un sujet, un débat qui est confisqué d'une certaine manière sur ce que sont, ce qu'est le cœur des compétences régionales et notamment que la question de l'égalité entre les territoires ne soit pas, je ne sais pas comment vous dire, mais ne soit pas quasiment la question dont on doit parler de façon extrêmement... Donc pas de proposition sur la sécurité pour vous ? Si, nous en faisons parce que, bien sûr que nous en faisons. Et je comprends que les franciliennes et les franciliens soient préoccupés sur cet enjeu-là. Je ne dis pas que l'enjeu doit être marginalisé. Il existe, il est là, je le connais.

Je suis élue de Seine-Saint-Denis, je vous assure, je vois très bien le problème. Simplement, je ne veux pas qu'on mente aux franciliennes et aux franciliens. Alors, quelles propositions ? Et qu'on raconte des choses qui ne sont pas de notre compétence. Les propositions que nous faisons déjà, c'est de dire qu'en règle générale, les enjeux d'aménagement du territoire, de présence humaine, de médiation, sont très importantes pour lutter contre les phénomènes de violence. Alors après, on peut les prendre les uns après les autres, mais par exemple dans les lycées, je vais vous dire.

Valérie Pécresse, comme dans les transports d'ailleurs, n'a qu'une idée en tête, c'est de surveiller tout le monde. Donc, elle achète des caméras, elle surveille, mais elle diminue la présence humaine. Donc, vous voyez, nous n'avons pas la même approche.

12:15
Présentateur

Comment elle rajoute des agents autour des lycées ?

12:17
Clémentine Autain

Elle rajoute fort peu d'agents. Elle en a diminué tout au long de son mandat. Donc, je sais bien, j'ai débattu hier sur France 3 avec elle.

12:25
Présentateur

Et France Info Télé.

12:26
Clémentine Autain

Et France Info, pardon. Et j'entends bien qu'à l'approche des élections, il y a vraiment beaucoup de sujets sur lesquels elle a envie de faire, mais je sais aussi quel est son bilan. Vous voyez, par exemple, il y a une ligne qu'elle a supprimée. C'est 2 millions dans le budget de la région pour justement la prévention et la médiation en milieu scolaire. Donc, il y a ce qu'on raconte et il y a ce qu'on fait. Non, mais vous, qu'est-ce que vous proposez ? D'augmenter le nombre de médiateurs et la prévention et d'augmenter la présence humaine dans les transports en commun. Je pense qu'il faut également des campagnes de sensibilisation. C'est très important.

Vous savez que ce sont les femmes les premières victimes des agressions, de harcèlement, dans les transports en commun en particulier. Et donc, mettre en place des maisons des franciliennes, comme je le souhaite, pour aider le milieu associatif, pour accompagner la parole des femmes. Ça, c'est important. Et mener des campagnes de sensibilisation pour prévenir, parce que si les hommes pensent que les femmes sont des objets, c'est quand même d'abord ça le problème. Donc, il faut qu'on agisse aussi d'un point de vue éducatif, d'un point de vue prévention. Et ce volet prévention, c'est précisément celui sur lequel nous avons le plus de compétences à l'échelle régionale.

Donc, nous n'avons pas rien à dire sur le sujet. Je dis juste que la campagne régionale ne peut pas être confisquée par les droites et que nous avons besoin de parler de plus de transports, de la privatisation, par exemple, des transports que veut et que met en œuvre Valérie Pécresse. Nous avons besoin de parler... Ah, vous ne savez pas ? Non. Alors, Valérie Pécresse a d'ores et déjà commencé l'ouverture à la concurrence de lignes en Ile-de-France. Et donc, on avance à marche forcée.

13:56
Présentateur

Ça, ce n'est pas Valérie Pécresse, c'est décidé partout.

13:59
Clémentine Autain

Non, non, ce n'est pas partout. L'ouverture à la concurrence de la SNCF, elle est... Non, je vous le dis, c'est voulu par l'Union européenne, la loi LOM, mais pas maintenant. C'est-à-dire qu'elle va plus vite que ne l'impose la loi LOM.

14:09
Présentateur

C'est le cas, il y a déjà des régions qui ont mis en concurrence, il y a même déjà des TER privés qui circulent.

14:14
Clémentine Autain

Mais certes, mais je suis en désaccord et la loi ne l'oblige pas. Je vous reprends là-dessus. Et l'Europe ne l'oblige pas non plus. Si on fait une régie publique, un monopole avec une régie publique, nous allons avoir droit de maintenir nos transports dans un gérons qui est un gérons de services publics. C'est très grave. On pourrait parler de ça, on pourrait parler du logement. Vous voyez, on parlait des...

14:33
Présentateur

Alors le logement, justement, ce n'est pas une compétence directe non plus de la région.

14:36
Clémentine Autain

Ah, c'est... Alors là, je ne suis pas d'accord parce que la compétence... Vous allez voir, je voudrais en venir, si vous me permettez de terminer.

14:43
Présentateur

La compétence que nous avons est quand même une compétence d'aménagement. Si je suis élu président de la région Île-de-France, j'encadrerais à la baisse les loyers. C'est dans votre programme, l'encadrement à la baisse des loyers. Comment vous l'imposez, avec quels moyens et avec quel cadre juridique ?

14:59
Clémentine Autain

Voilà, alors là, on ne va pas le faire tout seul. Je suis d'accord, mais...

15:02
Présentateur

Ça, ça ne dépend pas de vous.

15:03
Clémentine Autain

Écoutez-moi juste sur un point parce que je ne veux pas passer à côté de ça et je veux que les franciliennes et les franciliens qui nous écoutent le sachent. Valérie Pécresse a divisé par 2,5 le budget logement sur la mandature. 2,5. C'est considérable. Donc quand on parlait tout à l'heure...

15:17
Présentateur

On n'a pas les mêmes chiffres.

15:18
Clémentine Autain

Ah bon, bien sûr. Vous avez quoi comme chiffres ?

15:20
Présentateur

Nous, les chiffres, on n'a pas... Alors attendez, je vous le dis. Il y a un budget logement, donc contrairement à ce que vous disiez, prévu par Valérie Pécresse pendant ces 6 ans qui viennent de s'écouler. Si on compte sur les 9 derniers mois... Oui, il y a un budget. Je n'ai pas dit qu'il n'avait pas de budget. J'ai dit qu'il était divisé par 2,5. Oui, le sien, il est de 123 millions pour 2021, par exemple, et vous, vous proposez 142 millions par an.

15:43
Clémentine Autain

Non, alors pas du tout. Je ne sais pas d'où... Là, vous parlez des prévisions. Sur le site de l'île de l'île de l'île. Je vous propose pour qu'on essaie d'y voir qu'on revienne. Pardonnez-moi, je redis et on fera des check news et je vous assure que... On peut, oui. Il n'y a pas de check news. Je réaffirme très clairement que sur la mandature de Valérie Pécresse, le budget logement a globalement été divisé par 2,5. Et vous avez tout le secteur... Et vous, vous proposez plus, donc ? Oui, je propose, bien sûr. Vous avez 750 000 personnes qui sont en attente de logement social en Ile-de-France. Je retente ma question, Clémentine, c'est des familles.

16:11
Présentateur

Comment vous imposez l'encadrement des loyers à la baisse ? L'encadrement des loyers, il a été fait, puis interrompu, puis relancé. Comment est-ce qu'on fait baisser les loyers ?

16:20
Clémentine Autain

Entre chaque location et dans quel cadre ? J'aimerais là-dessus, en effet, que ce soit la loi qui encadre les loyers. Donc, il y a des choses qu'on pourra faire, des choses sur lesquelles il faut que nous soyons en partenariat avec l'État. Donc, j'estime en effet que c'est l'État. Là, je vous dis ce que nous, on veut faire, très concrètement, en termes de logement. Je veux que nous soyons capables de mettre sur pied 35 000 logements par an, logements sociaux, à partir de l'année prochaine.

Investir 1 milliard d'euros dans le logement sur la mandature, ce qui concerne la construction, la production de logements, mais également la lutte contre les passoires thermiques, l'aide aussi aux copropriétés dégradées. La question du logement est une question tout à fait majeure.

16:59
Présentateur

Elle a 142 millions par an et elle, elle a 123 millions. Il n'y a pas beaucoup de différence entre vous deux ? Ben si, il y a une grosse différence.

17:08
Clémentine Autain

Il y a une grosse différence. Alors là, je ne suis pas d'accord avec vous. Il y a une grosse différence entre les deux. Ça fait une grosse différence entre les deux.

17:16
Présentateur

Bon, on étudiera tous les chiffres précisément.

17:18
Clémentine Autain

Mais je ne veux pas noyer les gens avec les chiffres. Oui, on dit beaucoup. Mais vous savez, il ne faut pas noyer les gens avec les chiffres, mais il faut quand même bien comprendre, bien comprendre. Et je ne suis pas la seule à le dire. Vous recevrez peut-être un jour des spécialistes du monde associatif sur ces questions-là. Valérie Pécresse n'aime pas le logement social. Et d'ailleurs, elle le dit, vous savez qu'elle fait la chasse aux maires qui ont déjà plus de 30% de logements sociaux. Et elle leur dit, je ne vous donne plus d'aide si vous continuez à en faire. Moi, je ferai l'inverse.

Je ferai l'inverse et je mènerai le rapport de force avec ceux qui n'appliquent pas la loi SRU qui impose 20% de logements sociaux. Et ça, c'est des maires de droite, 46 maires de droite qui ne le font pas. Et Valérie Pécresse laisse faire. Donc, il faut aussi avoir une logique de rééquilibrage de ces logements sur l'ensemble du territoire.

18:00
Présentateur

Vous savez, Clémentine Autinck, le temps de parole des différents candidats au régional est surveillé de très près par nos amis du Conseil supérieur de l'audiovisuel. On va donc arrêter de parler, si vous voulez bien, des régionales pour assurer l'équité la plus complète possible entre tous les candidats. Et on va parler d'autre chose dans un instant, du thème de la violence en politique, notamment le fil info tout d'abord à 8h51 avec Mélanie Delonnet.

18:26
Invité

La Maison Blanche parle d'une action historique. Joe Biden va annoncer tout à l'heure que les États-Unis achètent 500 millions de doses de vaccins contre le Covid pour les donner à des pays qui en manquent. Le président américain est au Royaume-Uni. Il va rencontrer le Premier ministre Boris Johnson avant le sommet du G7. C'est ce féminicide qui a déclenché le grenelle sur les violences conjugales. Julie Dwyp, tuée par son conjoint en 2019, le procès de son ancien compagnon s'ouvre aujourd'hui en Corse. Pour prévenir les féminicides, le gouvernement annonce 6 mesures, dont un fichier partagé des auteurs de violences conjugales et plus de téléphones graves dangers.

Les députés adoptent le projet de loi bioéthique et l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. Les sénateurs en majorité opposées vont se prononcer une dernière fois, mais c'est l'Assemblée qui aura le dernier mot le 29 juin. Novak Djokovic contre Raphaël Nadal, ce sera demain en demi-finale à Roland-Garros, leur 58e face-à-face. Le numéro 1 mondial a sorti hier l'italien Berrettini. France Info

19:27
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Clémentine Autain, un président giflé, un candidat à la présidentielle, le vôtre Jean-Luc Mélenchon, qui porte plainte pour appel au meurtre, tout ça en moins d'une semaine. Est-ce que vous lancez un appel au calme, y compris à vos amis insoumis ?

19:45
Clémentine Autain

Je lance surtout un appel au sursaut. Un appel au sursaut parce que le climat politique est en train de tourner vinaigre. Et c'est dangereux, c'est grave en fait ce qui se passe. Ça a commencé, si on peut dire, parce qu'en fait ça vient d'un peu plus loin. Mais moi ce qui m'a terriblement alertée, c'est d'abord la tribune de militaires. Tribune de militaires qui sortent de leur droit de réserve et qui quelque part reprennent les éléments de langage de l'extrême droite et défient le pouvoir en place.

Ensuite, vous avez eu quand même cette manifestation de policiers devant l'Assemblée nationale avec un ministre qui y vient alors que la justice est mise en cause et alors que des propositions anti-constitutionnelles sont revendiquées devant cette Assemblée nationale. C'est inquiétant. Vous avez ensuite Papacito, quand même, incroyable,

20:34
Présentateur

c'est-à-dire un youtuber qui simule l'assassinat.

20:37
Clémentine Autain

Je ne sais pas si vous avez vu la vidéo, c'est quand même assez férifiant.

20:39
Présentateur

Mais si on remonte plus tôt dans le quinquennat.

20:41
Clémentine Autain

Et un président de la République qui est giflé.

20:43
Présentateur

Si on remonte le fil du quinquennat, on a aussi eu une ancienne porte-parole des insoumis, Raquel Garrido, qui partageait un tweet de Gilets jaunes qui disait, je la cite, Louis XVI, on l'a décapité, Macron, on peut recommencer. On a eu aussi un François Ruffin, insoumis, qui dans un livre disait, je cite, son rejet physique viscéral d'Emmanuel Macron et sa haine contre lui. Les torts ne sont pas partagés.

21:05
Clémentine Autain

Non. Je vais vous dire pourquoi. C'est-à-dire que j'ai le sentiment qu'on pèse et sous-pèse, et ça a été le cas sur la polémique de la semaine aussi autour des propos de Jean-Luc Mélenchon. Chaque mot, côté insoumis, et qu'on ne voit pas le rouleau compresseur, c'est un rouleau compresseur qui est l'avancée de l'extrême droite dans notre pays et la menace que dans un an Marine Le Pen puisse accéder au pouvoir. Voilà.

Et j'appelle au sursaut parce que je pense que là, toutes celles et ceux qui défendent les libertés, la démocratie, tout simplement le progrès humain, doivent aujourd'hui se réveiller parce que nous sommes devant une société qui est en train de basculer dans le pré-fascisme et qui est en train de préparer, si vous voulez, le lit de l'extrême droite. Et ça, ça m'inquiète énormément, y compris le débat public, les thèmes sur lesquels est focalisé le débat public et la façon dont ils sont traités.

Quand du matin au soir, nous ne parlons que sécurité, immigration, terrorisme, en mêlant tout ça, et avec un traitement qui est un traitement vers toujours plus de répression, qu'en effet, le vocabulaire politique devient chaque jour plus violent, oui, je pense que nous devons être très vigilants sur notre expression, mais bien comprendre qu'on ne peut pas renvoyer dos à dos que ce qui se passe là, c'est une menace pour la démocratie et pour la République. Et pour la République, elle est en danger, mais qui la met en danger aujourd'hui ?

Il y a bien entendu les djihadistes qui veulent mettre à mal la République et puis bien au-delà, à travers le monde, les valeurs de liberté, mais dans notre pays, la menace pour la République sur le plan politique, c'est l'extrême droite, hors Marine Le Pen et les siens sont maintenant accueillis dans une espèce d'ambiance tout à fait mielleuse, avec une banalisation de leurs propos qui est incroyable et ça, c'est inquiétant, au point que Raphaël Antoven, philosophe bontain, se permet de nous dire aujourd'hui que finalement, si demain, il y a une alternative entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, il votera Marine Le Pen et quand on lit...

23:02
Présentateur

Plus tôt Trump que Chavez, dit-il.

23:03
Clémentine Autain

C'est ça, plutôt Trump que Chavez.

23:05
Présentateur

Plus tôt Trump que Chavez, Salia Braquillard. Excusez-moi,

23:07
Clémentine Autain

mais franchement, il y a quelque chose qui m'appale, gravement.

23:09
Présentateur

Vous dites qu'il faut être vigilant quand on est une personnalité politique. Vous avez déclaré dans le dernier magazine Du Point qu'Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à Daladier. On rappelle que Daladier était ministre de la guerre lors de la Seconde Guerre mondiale et c'est lui qui a signé les accords de Munich avec Hitler. Vous dites que le président devait être un rempart au néo-fascisme, il est devenu une passerelle. Est-ce que ça, franchement, ça tire la politique vers le haut ? Non, oui,

23:35
Clémentine Autain

je pense que ça nous appelle à réfléchir. Emmanuel Macron est une passerelle vers le néo-fascisme. Je vais vous le dire, ça appelle à réfléchir. Le Daladier, dans l'interview, si vous voulez la lisez, en fait, je compare le Daladier 38.

23:46
Présentateur

Celui des accords de Munich.

23:48
Clémentine Autain

Non, le Daladier de 1938, voilà, le Daladier 38, avant, justement, l'arrivée du fascisme et qui vient au pouvoir, les francs-maçons, c'est un républicain, un ratsoc, voilà, on se dit, il va nous sauver de là, l'ambiance est inquiétante, etc. Et en réalité, il mène une politique qui est une politique où il fait de la répression à l'égard des mouvements sociaux, où il laisse aller, à ce moment-là, un antisémitisme ouvert, absolument insupportable, il ne tape pas du poing sur la table, et où il mène une politique d'austérité.

24:17
Présentateur

Vous avez raison avec Emmanuel Macron, aujourd'hui, vous dites qu'il est venu une passerelle. Je vous invite à lire

24:20
Clémentine Autain

le livre du philosophe Michael Fouessel, qui s'appelle 1938, Récidive, et je dis, il y a du Daladier dans Macron, je le redis, comme il y a du Trump

24:31
Présentateur

dans Darmanin, je vous le dis. Est-ce qu'en disant qu'Emmanuel Macron est une passerelle vers le néofascisme, vous ne faites pas exactement ce que vous venez de dénoncer, c'est-à-dire la banalisation du Rassemblement National ? Si Emmanuel Macron, finalement, est un fasciste ou est quelqu'un qui nous amène au fascisme, quelle est la ligne aujourd'hui ? Quelle est la ligne de démarcation ? Justement,

24:49
Clémentine Autain

c'est que l'alternative qui n'en est pas une, qui est infernale, dans laquelle on veut nous enfermer, c'est-à-dire Emmanuel Macron pour éviter le fascisme, et au final, on a un Emmanuel Macron qui d'abord ne cesse d'orchestrer ce duel parce que ça l'arrange, primo, et deuxièmement, qui dans ses lois, dans ses propos, est passé du et de droite et de gauche à de droite dure, ce qui est la réalité de sa politique. Eh bien, écoutez, pourquoi est-ce que Emmanuel Macron ne cesse de prendre des mesures toujours plus autoritaires ? C'est quand même un vrai problème. Pourquoi est-ce que ces ministres, et en particulier M. Darmanin, M.

Darmanin, qui y compris sur les faits alternatifs, quand il dit qu'il préfère les propos du boucher charcutier de Tourcoing que des données de l'INSEE, c'est une forme de trumpisme qui doit nous inquiéter, qui doit nous inquiéter. Donc, si vous n'entendez pas ça, je pense qu'en effet, nous ne pouvons pas sortir de là. Et moi, je refuse d'être enfermée en disant soit c'est Macron, soit c'est le fascisme, je pense qu'il faut ouvrir une voie qui est une voie émancipatrice, républicaine, et qui permet, dans la République, vous savez, il y a indivisible, il y a laïque, il y a démocratique, et il y a quelque chose qu'on entend rarement, c'est social.

Il n'y a pas de paix civile si on continue à faire vivre les injustices. Et quand on fait un modèle néolibéral, en général, ça s'accompagne de contrôles sociaux accrus.

26:07
Présentateur

Merci à vous Clémentine Autin et bonne journée.