Nicolas Poincaré : L'OMS et la guerre diplomatique entre Chine et USA - 20/05
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« C'est une des agences de l'ONU, l'UNICEF s'occupe des enfants, l'UNESCO basée à Paris s'occupe de la culture, l'OMS basée à Genève s'occupe de la santé. »
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« 194 pays sont membres, 4,5 milliards de budget, 7000 salariés. »
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« Donald Trump a déjà suspendu le versement de la Côte-Parte américaine. »
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« L'agence avait 30 jours pour organiser une enquête indépendante sur sa gestion de l'épidémie. »
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« Un retard d'au moins trois semaines en janvier qui a eu de lourdes conséquences. »
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« Il s'appelle Tedros Adamon Gébreyesus. »
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« C'est un ancien ministre éthiopien, c'est-à-dire issu d'un régime communiste autoritaire. »
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« Il a longtemps été membre du parti révolutionnaire communiste éthiopien. »
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« Ça crée des liens forcément avec ses amis chinois. »
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« Il doit son élection à Pékin. »
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« Avant lui, l'OMS a été dirigée pendant 11 ans par une chinoise de Hong Kong, très proche de Pékin, Margaret Chan, qui a placé ses pions. »
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« L'OMS a reçu la toute première alerte sur le virus de Wuhan dès le 31 décembre dernier. »
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« Il avait dit que selon lui, il n'était pas nécessaire de prendre des mesures pour limiter les voyages et pour limiter le commerce international. »
- 3:56PrésentateurPromesse
« Il a promis que le vaccin, si les Chinois le mettaient au point, serait partagé avec la planète entière. »
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« Il a promis aussi 2 milliards de dollars. »
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Vous écoutez RMC, expliquez-nous. Nicolas, nous parlons de l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé qui est accusée par les Etats-Unis d'avoir tardé à réagir et d'être sous influence de la Chine. Explication.
Alors d'abord, qu'est-ce que c'est que l'OMS ? C'est une des agences de l'ONU, l'UNICEF s'occupe des enfants, l'UNESCO basée à Paris s'occupe de la culture, l'OMS basée à Genève s'occupe de la santé. 194 pays sont membres, 4,5 milliards de budget, 7000 salariés. C'est une grosse machine bureaucratique. Longtemps, elle s'est contentée d'émettre des avis, des recommandations, par exemple sur la durée de l'allaitement maternel. Mais récemment, elle a aussi créé une cellule de crise, un programme d'urgence qui est justement chargé de réagir à des crises comme celles que nous traversons.
Oui, elle a connu des succès formidables, comme l'éradication de la variole.
En termes de vaccins, ce sont les plus grands succès de l'OMS.
Voilà, c'est grâce à l'OMS. Les Etats-Unis estiment que l'agence a été mal gérée pendant cette crise et lancent un ultimatum à l'OMS.
Oui, les Etats-Unis considèrent que l'agence est une marionnette de la Chine, qu'elle n'a pas réussi à obtenir les informations dont le monde avait besoin de la part de la Chine au tout début de cette crise et que cet échec a coûté de très nombreuses vies. Ce sont des accusations graves. Donald Trump a déjà suspendu le versement de la Côte-Parte américaine. Il menace maintenant de se retirer définitivement de cette instance. Et ce n'est pas une petite menace parce que les Etats-Unis sont de loin le plus gros contributeur de l'OMS. Alors, Washington a donc lancé cet ultimatum. L'agence avait 30 jours pour organiser une enquête indépendante sur sa gestion de l'épidémie.
Et hier, l'Assemblée mondiale de l'organisation a cédé et accepté cette enquête qui commencera lorsque la crise sera passée. Même Pékin a finalement donné son accord. Que risque de dévoiler cette enquête ? Et bien qu'effectivement, les Chinois ont tardé à annoncer que le COVID-19 était très contagieux. Un retard d'au moins trois semaines en janvier qui a eu de lourdes conséquences. L'enquête montrera aussi sans doute que le directeur général de l'OMS est assez complaisant vis-à-vis de la Chine. Il s'appelle Tedros Adamon Gébreyesus. C'est un ancien ministre éthiopien, c'est-à-dire issu d'un régime communiste autoritaire.
Il a longtemps été membre du parti révolutionnaire communiste éthiopien. Ça crée des liens forcément avec ses amis chinois. D'ailleurs, il doit son élection à Pékin. Avant lui, l'OMS a été dirigée pendant 11 ans par une chinoise de Hong Kong, très proche de Pékin, Margaret Chan, qui a placé ses pions. C'est donc la première grande organisation internationale qui est non pas infiltrée, mais en tout cas bien contrôlée par la Chine.
Est-ce que cela a eu des conséquences sur la gestion de la crise ?
Oui, au moins une, parce que l'OMS a reçu la toute première alerte sur le virus de Wuhan dès le 31 décembre dernier. Mais cette alerte, elle venait d'où ? Elle venait de Taïwan, la petite île chinoise qui n'a jamais accepté le régime communiste. Taïwan, c'est un sujet hyper tabou. Personne à l'OMS n'a donc osé interroger les Chinois sur cette accusation qui venait de leur pire ennemi. C'est extraordinaire ça. Et d'ailleurs, hier, à l'Assemblée Générale, la Chine a obtenu que Taïwan ne revienne pas à l'OMS. Taïwan avait été expulsé. Il était question qu'il retrouve un siège d'observateur dans l'organisation. Pas question.
Et alors, autre reproche qu'on peut faire au directeur général de l'OMS, une déclaration qui date de début février. Il avait dit que selon lui, il n'était pas nécessaire de prendre des mesures pour limiter les voyages et pour limiter le commerce international. Les faits vont lui donner tort. Et Donald Trump, même s'il est assez mal placé pour donner des leçons, Donald Trump qualifie cette déclaration de criminel.
Au-delà de l'OMS, on assiste à un bras de fer entre les Américains et les Chinois. Une nouvelle guerre froide, en quelque sorte.
Exactement. Ça fait penser à la guerre froide entre les Russes et les Américains à l'époque. Donald Trump voudrait faire payer des réparations à la Chine ou bien instaurer des taxes punitives. Pendant ce temps, les Chinois se donnent le beau rôle. Hier, Xi Jinping est intervenu en visioconférence. Il a promis que le vaccin, si les Chinois le mettaient au point, serait partagé avec la planète entière. Universel, oui. Voilà, il a promis aussi 2 milliards de dollars. Et puis cette guerre froide, elle se joue aussi dans les labos à travers des communiqués triomphants. La Chine a annoncé hier qu'elle pensait mettre au point un traitement à base d'anticorps prélevés sur les malades guéris.
Pour l'instant, ça marche sur les souris. Et les Chinois sont très optimistes pour la suite. Puis en ce qui concerne le vaccin, on en a déjà parlé. Il y a deux programmes qui sont très avancés dans le monde. C'est un programme américain d'une start-up du Massachusetts, Moderna.
Il est dirigé par un Français.
Et puis de l'autre côté, c'est un programme chinois qui est mené par l'Institut médical de l'armée chinoise. Donc un programme d'État. Et ça fait penser un peu à cette course au vaccin. Ça fait un peu penser à la course à l'espace dans la précédente guerre froide entre les Russes et les Américains. C'est vrai.
Merci Nicolas. C'est toujours passionnant.