P.J. — Mauvais traitements | P.J. – LA COLLECTION OFFICIELLE EN DVD — SAISON 4 – ÉPISODE 48 – DVD N° 14
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Un type qui est tombé l'échafaudage apparemment. Des salements amochés. Quelque chose à la colonne, on ne sait pas croire. Il n'avait pas de papier sur lui, on ne connaît pas son identité. Il nous a appelés.
Bonjour,
capitaine Monnier.
Vous
êtes le chef de chantier
? Oui,
pour la partie peinture.
Sous
-traitance pour Interbuilt. Interbuilt, monsieur le constructeur
? Vous
l
'avez
prévenu
? Non,
pas encore, j
'ai
juste eu le temps d'appeler la police. Le chantier démarre à quelle heure
?
À 8h. J'ai trouvé ce type en ouvrant les grilles. Il était allongé là. C'est pas quelqu'un de chez vous
?
Non, non, c'est sûrement venu voler du matériel, il manque 3 pots de 10 litres.
On
a trouvé ça sur lui. Merci.
Vous
êtes certain que c'est pas un oublier d'ici ? Non, j'ai jamais vu, on est le seul corps de métier à travailler en ce moment. Il travaillait peut-être sur un autre chantier. Ça arrive tout le temps que les mecs, ils piquent du matos aux autres. Il l'emmène où
?
À la Rive Oisière, entre matos. Pourquoi vous dites qu'il vous manque des pots si le voleur était encore sur place ? Ils ont pas tout seul, ils ont des complices qui sont de
l
'autre côté de la grille.
Ils
passent le matériel par au-dessus. Alors l'autre, il a pas dû revenir le voleur. Il a dû paniquer, je sais pas, moi, il est parti du matériel qu'il avait déjà fait.
Il
est pas fermé la nuit, votre chantier ? Bah ouais, avec ça, ça fait peur à personne. J'avais dit, il
est
intervive de mettre des chiens. J'avais vu de rôder des mecs autour des bâtiments. En plus, c'est pas la première fois, la semaine dernière, on m
'a
déjà piqué deux pots.
Vous
avez porté plainte ? Ouais, évidemment. Montrez-nous comment il est tombé. Bah, il a dû vouloir piquer du matos là-haut,
je
sais pas, il a glissé de l'échelle, enfin je suppose.
La
peinture,
vous
la stockez là-haut
? Au
troisième, on la monte pour la semaine. Bon, on va jeter un coup d'œil. Ah oui, attention, l'échelle, danger.
J
'adore ça.
Vous
portez plainte pour le vol ?
Je
veux, oui. Je passerai en fin de journée, parce que là, il faut que je retourne bosser. Oui, vous me laissez vos coordonnées au brigadier. Les coordonnées, elles sont sur la pancarte, là-haut. Oh
! Au
boulot, là
! Avec
un cas
?
Est-ce que vous pouvez me faxer aussi la
liste
des communications
? Sur
le 01,
43, 65, 37
deux fois.
Voilà,
merci. L'abonnement du portable du blessé est au nom de Sally Corab. Apparemment, il n
'y a
qu'un seul numéro en mémoire, on peut toujours essayer d'appeler.
Non,
non, s'il n
'y
a qu'un numéro, ça veut peut-être dire que c'est un portable dont il sert une mémoire pour contacter les mecs avec qui ils bossent. Vous n'oubliez pas votre part de séjour. Et si on appelle, risque de se griller.
Il
sert de son portable simplement pour appeler des escrocs, il y
a
peu de chances que l'abonnement soit à son nom. Si c
'est
un petit voleur isolé, le seul moyen d'avancer, c
'est
d'appeler. D'aller interroger le type à la riboisière. Vu l'état dans lequel il est tel, il n
'est
pas près de parler.
Et
puis ça sert à rien d'interroger un mec les mavines. S'il fait partie d'un réseau, il
faut
y aller avec du biscuit. Vous pensez que votre blessé pourrait faire partie d'un réseau organisé
? Je
n
'ai
pas sûr. Mais si,
c
'est possible, la gâte. Il y a
eu
douze plaintes similaires sur Paris en deux mois et la façon d'opérer est toujours la même. Au petit matin, des mecs piquent du matos sur un chantier, habillé en ouvrier pour ne pas se faire opérer. Un camion les attend dehors et l'affaire est réglée.
Puis
ensuite, il leur demande un pricacé sur d'autres chantiers, j'imagine.
Il suffit
d'attendre que le mec se réveille.
S
'il fait partie d'un réseau,
on
le fera parler. Les types qui veulent sur des chantiers, ce n
'est
pas des gros trafiquants qui ont appris à se taire.
S
'il est tout seul, encore plus. Mais attendre, déjà,
il
n
'est
pas près de se réveiller. Puis moi, ça ne me déplaierait pas un petit peu en inquiéter autour de ces vols de chantier.
Il
n'a pas tort. Et votre type, là, il est gravement blessé
?
Le SAMU n'était pas très optimiste. Bon, alors, vous allez fouiller dans tous les dossiers. Attends, regarde. Laisse sonner, avec un peu de chance, on aura un message. Je disais que vous allez fouiller dans tous les dossiers des vols de chantier et trouver les points communs entre les entrepreneurs.
Il
y
a
un message ? Oui.
C
'est une femme avec un accent slave, on dirait.
Elle
l'appelle Salie, mon chéri.
C
'est bien le nom de la bonne maman, mais au tour de la voie, elle
n
'est pas au courant de l'accident. Bon, alors, vous allez le rappeler, lui dire que Salie, mon chéri, a eu un accident et vous allez l'attendre à l'hôpital. Et si le blessé n'est pas en mesure de parler, vous pourrez peut-être bien interroger. Elle.
Tu
peux me dire pourquoi tu es agressif
?
Je ne
suis
pas agressif. Bon, allez, on y va.
En
tout cas, tu veux toujours avoir raison, ça c'est très très chiant. Lieutenant Leonetti, lieutenant Porret. Bonjour. Christine Meunier, elle habite là, c
'est
un passant qui a prévenu. On a récupéré son sac, récupéré ses clés, on a pu monter, visiblement. Elle vient de sa chambre et va dans son salon. Disons que ce n
'est
pas l'itinéraire que j'aurais emprunté. Quoi d'autre ? Rien, d'après les voisins, elle vit avec son mari, un couple tranquille, sans histoire. En fait, on ne
sait
pas grand-chose, ils sont polis mais pas très liants. Ok, merci. Bon, ben, j'y vais. Avancez, madame. Avancez. Avancez. Je continue ? Oui.
Ça
y est, je tiens votre main. Avancez. Avancez, encore un pas.
Ne
regardez pas en bas, ne regardez pas en bas. Regardez-moi. Regardez-moi dans les yeux. Voilà. C'est bien.
On
ne se rend pas.
C
'est très bien. C'est bien.
C
'est bon, c'est ok. Merci, monsieur.
Sans
vous, je crois bien que j'ai... Je peux vous demander pourquoi vous êtes passés par la fenêtre
? Vous
allez me prendre pour une folle
? C
'est mon mari qui m'a enfermé dans la chambre.
Il
vous enferme souvent
?
Non. Non, c'est la première fois. Il dit qu'on se voit trop, Luc et moi. C'est pas bon pour lui, que c'est pas bon pour moi.
En
fait, je crois qu'il a un petit peu gère.
Alors,
quand je lui ai dit
que
j'avais rendez-vous avec lui ce matin,
il
s'est fâché et il m'a enfermé. Voilà. Votre fils n'habite plus avec vous ? Non. Excusez-moi, je vais être en retard. Il déteste ça. Merci beaucoup,
messieurs.
Vraiment.
On
va passer au commissariat à signer votre PV
?
Après mon rendez-vous, ça ira.
Les clés... Je
les ai remises dans votre tac. Ah, d'accord,
merci.
Votre mari travaille
?
Oui.
Nous
avons le magasin de Valais Roulant, rue Frémont.
D
'habitude, je travaille avec lui, mais depuis que Luc nous a quittés, Roland reste au magasin.
Il
vous accompagne jamais
? Je
ne sais pas pourquoi.
Il
refuse.
Ils
sont fâchés
?
Non, ça leur fera du bien à tous les deux. Bon, je peux y aller, là
? Oui,
oui, on vous attend tout à l'heure au commissariat. Et la prochaine fois, téléphonez à votre fils pour annuler
la
corniche,
c
'est un coup à se tuer, ça. Il enferme sa femme pour pas qu'elle aille voir son fils. Il y
a
des types qui sont vraiment malades. Si ça se trouve, elle va voir un amant, pas son fils. Eh ben, on va vite le savoir, parce que je vais te le convoquer, moi, le mari.
Tiens,
arrête-toi là. Je vais voir combien on a gagné. Tu rejoues ton pognon ? Non, non, non, moi j'arrête, ça m'a plus plu. Super cagnotte, 500 patates. C'est surtout du fric qui sort de ta poche, oui. Magne-toi, on n
'a
pas que ça à faire. 500 patates. Ouais, ben, tu rejoues si tu veux, mais moi, je veux mon fric. Magne-toi, je suis sur les clous. C'est pas marrant. Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel
?
Les RG ont rappelé, ils passent vous voir tout à l'heure. Les RG ? Mais qu
'est
-ce qu
'ils
me veulent encore, les RG
?
Mathieu, mais qu'est-ce que c'est que ça ?
Qu
'est-ce que vous faites avec cet animal
? Vous
n'avez qu'à ne
pas
me faire quoi ? Vous allez organiser des combats de coq dans les bureaux de la police, non ? Mais non, mais on a interpellé son propriétaire en état d'ivresse sur la voie publique. Robert Gaillac,
un
fermé du sud-ouest de passage à Paris, puis quand on l
'a
relâché, il a oublié son coq. Un coq dans mon commissariat ? Et vous l'avez contacté, ce Gaillac ? Ah ben non, il n
'y a
pas de portable. Ah, qu'est-ce qu'on fait ? On attend qu'il vienne le chercher. Et s'il ne revient pas ? Ah ben, j'ai qu'à m'en occuper, moi. J'ai l'habitude, il y
en
avait dans la ferme de mes grands-parents quand j'étais petite. Oh, il chante parce qu'il a peur et parce qu'il a fait mon côté beau. Bon, bah c'est tout, je vous en appeler. Nous cherchons un homme qui a été admis chez vous ce matin à la suite d'un accident sur un chantier. Vous pouvez ranger votre carte, ça ne
sert
à rien ici.
Le
blessé d'inconscient est prêt à partir au bloc. On a rendez-vous avec sa femme. Elle n
'a
pas l'air de vous attendre. Elle est arrivée
? C
'est elle, là,
mais
elle est assez malheureuse comme ça. C'est pas le moment de l'emmerder. Tenez, vivez ça. On va
pas l'emmerder, madame. On peut savoir ce
qui s
'est
passé avec son mari.
Ce
qui s
'est
passé,
c
'est qu'il s'est ramassé et qu'il
y
a un petit morceau. Voilà ce qui s
'est
passé. Pas la peine d'être de la police pour savoir ça. Madame, nous n'avons pas l'intention d'emmerder cette jeune femme.
Mais
d'essayer de comprendre les circonstances de son accident pour que ce qui est arrivé à son mari ne se reproduise plus. Elle parle à peine le français. Elle est enceinte de six mois et son mari est entre la vie et la mort. Moi, en vrai, pas, j'y foutrais la paix. Bonjour, madame, PJ Saint-Martin. C'est nous qui vous avons appelé au téléphone ce matin. Lui, il va
mourir.
L'hôpital de Sous
-Rour.
Ne
vous
inquiétez pas, les médecins vont faire tout leur possible.
S
'il vous plaît, il était où votre mari cette nuit
?
Au foyer.
On
vit dans un foyer travailleur.
Je
lui rencontre là-bas. Ce matin, il est parti à quelle heure
?
Six, toujours six. Lui, il
est
accident dans le chantier.
Il
travaille sur un chantier
?
Sur quel chantier
?
Mariano. J'en dis pas trop. Donnez souvent travail à Saline. En ce moment, votre mari travaille pour Mariano. Vous êtes sûre de ça
?
Oui, depuis trois... Trois jours
?
Non, plus trois semaines de travail.
Vous
avez les papiers de votre mari
?
Nous, sans papiers. Alban est bientôt statut réfugié. Bébé français. Bien, donc, votre mari, Salie Korabe, est sans papiers et travaille depuis trois semaines pour Mariano.
C
'est bien ça
? Oui.
Merci, madame. Elle est votre mari, cette salopette
? Je
peux la prendre, je vous la rendrai dès que l'enquête sera finie. Si, ça peut
servir.
Bon courage.
Qu
'est
-ce
que tu fais avec ça
? C
'est la salopette de Korabe, on ne sait jamais.
On
va voir Mariano
?
Oui. Un clandestin qui se fout en l'air sur son chantier, je comprends qu'il valise. Clandestin, donc employé au noir, il vaudrait mieux pour lui que Korabe s'en sorte.
À
moins que ce soit la femme qui nous mène en bateau. Si son mec se fait tous les chantiers, il doit pas avoir un bon bon mensonge bien rodé.
Quand
même, Mariano,
les
impôts... Non mais j'ai dit bien rodé, Agathe. Il vole à deux, le type dehors prend tous les renseignements et la fait répéter. Quelle combine.
Tiens,
cadeau. Ouais. Monsieur Meunier
? Bonjour,
je vous êtes en portée. Bonjour. Excusez-moi. Pourquoi, monsieur, ça vous arrive souvent d'enfermer votre femme à double tour dans la chambre ? Je suis désolé, votre collègue m'a dit pour la corniche, mais je ne pensais pas qu'elle... Vous êtes fâché avec votre fils ? Oh non,
mais
c'est difficile à comprendre.
Qu
'est-ce qui est difficile à comprendre
? Luc
est mort il y a six mois dans un accident de moto. Perdre un enfant, c'est pas dans l'ordre des choses.
C
'est insupportable.
On
a l'impression qu'un point vous déchire la poitrine et
puis... Vous
enlève la vie tout en vous la laissant. Christine refuse d'admettre la mort de Luc.
Et
elle va lui parler
chaque
semaine chez un médium. Je lui parle
si
ça peut l'aider. Moi, j'y vois pas d'inconvénient. Chacun se débrouille avec sa douleur comme il peut.
C
'est pas moi qui irai la juger, en tout cas. Alors pourquoi l'empêcher d'y aller
? Parce
que je n'ai plus d'argent. Toutes nos économies y sont passées.
J
'ai même dû emprunter à la banque pour qu'elle paie ses séances. Là, je suis plus, j'ai plus un rond. Et ça,
elle
ne
veut
pas l'entendre. Une hasardvoyance. Vous souffrez de la disparition d'un être cher communiqué en direct avec lui dans l'au-delà. Henri Moisan, médium.
On
a reçu ça le jour de l'enterrement de Luc.
J
'imagine que ce monsieur fait les cimetières. Christine était
si
malheureuse.
Quand
elle m'a dit qu'elle voulait y aller, moi, j'ai pas osé lui interdire.
Puis
au début, ça lui a fait du bien de parler avec quelqu'un d'extérieur.
Puis
il a embobiné. Elle dit qu'elle parle avec Luc,
qu
'il l'attend.
Et
vous avez vu ce matin qu'elle ne peut pas le faire attendre. 300 francs la séance, une séance par semaine. C'est comme un psy.
Au
début,
c
'était 300 francs. Mais
après,
quand elle a commencé à être dépendante, ça a augmenté.
Aujourd
'hui, nous en sommes à 10 000 francs.
10
000 francs la séance.
Moi,
je voudrais.
Mais
je ne peux plus.
Je ne
peux plus.
Et
vous avez déboursé combien depuis le
début ?
135 000 francs.
Et
l'opère dans quelle coince, monsieur
?
Passage Brady au 48. Christine doit y être en ce moment.
Elle
avait un rendez-vous avec Luc en fin de matinée.
Vous
portez plainte
?
Plainte.
Pour
escroquerie ? Si vous voulez qu
'on
l'arrête, il faut porter plainte. Arrêtez, moi, je ne sais pas comment Christine va... Ne vous inquiétez pas pour votre femme, nous serons prudents. C'est le seul moyen de coincer ce mois-en.
Oui,
je porte plainte, alors.
La
seule façon de coincer ce salaud, ce serait de démontrer l'exercice illégal de la médecine. Il dit de la drogue, Mme Meunier ? Elle dit à son mari qu'elle parle avec son fils. Ce n
'est
pas une preuve, ça. Faites attention à Christine, elle est fragile. Ne vous inquiétez pas.
S
'il y
a
quoi que ce soit, je suis au magasin. Soyez gentil.
Ne
la brusquiez pas
et... Elle
est si malheureuse.
C
'est juste que je ne peux plus. Allez-y. Cherchez l'escroqué caractérisé mieux la drogue. Il joue cette bonne chance parce que ce genre d'escroc est toujours difficile à coincer. Allez, fini. Prenez Mathieu avec vous dans ce genre d'affaires. Une femme, on ne sait jamais.
Oh
là là là, vous savez que je commence à en avoir marre de votre protégé, moi. Toujours pas de nouvelles du propriétaire ? On a téléphoné à sa ferme à Bergerac, mais ça se met dans le vide. Bon, alors rappelez la espionne,
les
abattoirs, je ne
sais
pas, mais je ne
vais
plus le voir ici, c'est compris. Pourquoi pas la mort pendant que vous y êtes ? Tiens, j'ai une idée. Regardez. Voilà. Comme ça, il va croire qu'il fait nuit et il ne nous dérangera plus, c'est promis. Péjus Saint-Martin.
Ah,
oui.
La
astrologie a tous ces trucs. Ça me fait plaisir de savoir ce qui va m'arriver.
C
'est comme si on m
'a
raconté mon histoire, ça m'intéresse. Vous n'allez pas croire à ces sornettes, non ? Et toi, t'as pas de la magie dans mon pays ? Attends, dans mon pays, comme tu dis, ça marche parce que nos ancêtres sont respectés. Ils respectent nous après leur mort.
On
les écoute, on pose des questions, ils répondent aux sorciers et surtout, surtout c'est gratuit. Parce que là, 10 000 balles la séance, bonjour l'armac. Moi, ça me fout la trouille. J'ai l'impression que les esprits ne voient que du mal.
C
'est là
? Ah
ouais.
C
'est déjà que c'est pas si simple avec les vivants, est
-ce
qu'il faut se fader les morts maintenant
? Oui,
je vous écoute. Bonjour, nous voudrions parler à Henri Moisan, s'il vous plaît. Il est en séance, ce
n
'est pas possible. Péjus Saint-Martin, nous désirons lui parler tout de suite. Ouvrez, Rama.
Bonjour,
messieurs, dames.
Je
peux vous aider ? Vous connaissez Christine Meunier
? Oui, elle
est avec moi, justement.
Nous
désirons lui parler. Suivez-moi. Asseyez-vous.
Elle
est en nom d'Alpha. Je vais la faire revenir parmi nous. Asseyez-vous.
Christine, nous
allons être obligés d'interrompre la séance.
Dites
au revoir à Luc, nous le retrouverons la semaine prochaine. Je l'ai à peine entendu.
Vous
allez revenir doucement dans votre corps en descendant les marches de l'arc-en-ciel par le haut.
La
marche violette,
la
marche indigo,
la
marche
bleue, vert,
jaune, orange, rouge.
Voilà. Tout
va bien, Christine
? Je
vous ai dit, je vous paierai la semaine prochaine.
Il
faut continuer, s'il vous plaît.
Luc,
mon chéri.
Attends
-moi, j'arrive.
Ce
n'est pas une question d'argent. Mais des messieurs de la police veulent vous parler.
Ils
sont où
? Non. Je
leur ai dit que je passera après mon rendez-vous.
Ils
vont me faire rater. Luc,
ce
n
'est
pas possible, ça, Henri. Il faut lui dire de m'attendre. J'arrive tout de suite.
Écoutez,
je vous promets.
Je
vous signe tout ce que vous voudrez.
Je
vous en supplie, partez.
Laissez
-moi parler avec mon fils.
Madame,
nous devons vous emmener au commissariat. Désolée. Vous et M. Moisan
? Moi ? Une
plainte a été déposée contre vous.
Je
comprends.
Christine,
soyez courageuse. Soyez courageuse.
Le
rendez-vous avec Luc est remis.
Ne
vous inquiétez pas.
Non.
Ne vous inquiétez pas. Luc comprend, il n'est qu'amour.
Il
vous attend.
Le
temps n'est pas le même dans l'au-delà.
Vous
croyez ? Oui.
Viens. Alors,
allons-y.
Oh,
mon Dieu, comme si je suis ici. Ne m'en veux pas, Luc.
Et
n'oublie pas que je t 'aime. La comptabilité est dans l'ordinateur, naturellement.
Alors,
on embarque. Allons-y. C'est bien.
Rama, je
vous confie le cabinet. Voilà, Christine.
Monsieur
Mariano
! Vous
pouvez descendre, s'il vous plaît. On
a
quelques questions à vous poser.
Parce
qu'on peut faire vite, hein. Parce que les pénalités de retard... Ouais, ouais. Ouais, ouais, c'est 35 000 jours.
Il
me reste 4 jours de boulot. Et avec le temps qu'on a déjà perdu ce matin. Mais avec 6 ouvriers, en plus de vous
? Oui,
justement. C
'est
ça qu
'il
n
'y a
pas le temps de causer. Et vous reste quelle surface à prendre
?
Une couche d'après, deux couches de peinture. 3200 m²,
à
peu près, je peux vous dire, ça fait du boulot.
Un
homme couvre environ quelle surface en une journée ? Pour gros, 100 m², pourquoi
?
Vous faites 700 m² par jour à 7.
En
4 jours, ça fait 2800 m². Et vous dites qu
'il
y en a 3200. Vous pouvez vous en sortir à 7. Il faudrait que vous soyez 8.
Il
y
a
quelqu'un en plus ? Non, justement. C'est pour ça qu'il faut que je retourne bosser. Non, non. On n
'a
pas terminé, monsieur Mariano. Montrez-nous le double de fiches de paie. Venez avec moi.
Je
n
'ai
pas tout ici.
Mon
bureau est à Saint-Denis.
Je n'ai
pas la peine de chercher. Je n
'ai
pas les moyens d'avoir un ouvrier en plus. Avec le peuple personnel que vous déclarez là,
il
est impossible que vous finissiez à temps. Comment vous allez faire
? Il
y
a
mon fils.
Il
m'aide dès qu'il peut. Salut, Corab, ça ne vous dit rien
?
Salut, Corab, c'est le nom du jeune homme qui est tombé de votre chafaudage ce matin.
Je
ne connais pas.
Sa
femme nous a dit qu'il travaille régulièrement chez vous. Régulièrement, non.
Parce
que pas régulièrement, oui.
Peut
-être que j'ai engagé une fois.
Alors,
pour le couvrir, sa femme, elle s'en est souvenu.
Mais
vous ne
l
'avez pas reconnu
? Vous
savez, on en voit passer du monde.
Mais
là, sur le chantier, je ne
l'ai
pas pris. Je
suis
sûr.
Mais
qu
'est
-ce qu
'il
faisait là, alors
? Il
est venu me voler de matériel, justement, pour se venger, que je ne
l
'ai pas pris. Corab, il ne vous a volé que de la peinture jaune
?
Oui, je crois.
Vous
croyez, vous êtes sûr
?
Je suis sûr. Pourquoi ?
Les
extérieurs, vous les avez commencés quand
?
Ce matin,
à
l
'ouverture
du chantier. Pourquoi
? À
l'ouverture du chantier
? C'est
la salopette de Sally Coram.
Comment
il a pu se tâcher avec de la peinture que vous l'utilisez que depuis ce matin, si il ne travaillait pas ici
? Parce
que
c
'est bien votre peinture, on est d'accord. Il y a du stasheur dans le volet. Mais pourquoi vous vous entêtez comme ça, Mariano ? Vous ne terminerez pas sans éviter mon ouvrier, donc vous avez engagé Corab au noir, et c'est en travaillant chez vous qu'il est tombé, point. Bon, on va interroger tous vos ouvriers.
Et
je vous assure qu'il y
en
a un qui se contredira, parce que ce n
'est
pas naturel de mentir, surtout quand on a peur. Et le jour où vous serez confondus, si jamais ce
n
'est pas vous qui avez avoué, la faute sera plus lourde.
C
'est Interbuild.
C'est
eux qui me l'ont envoyé.
Quand
j'ai dit que les délais n'étaient pas tenables,
que
je ne pouvais pas engager un mec de plus avec leur budget.
C
'est Interbuild qui vous a recommandé de faire travailler un clandestin.
Vous
avez une preuve de ça
?
Ils ne
sont
pas assez cons. C'est jamais écrit. Mais ils savent bien qu'on ne
peut
pas tenir leur budget avec des prix serrés comme ça, sans engager des mecs au black. Alors ils en ont toujours en stock.
Bon,
on va se renseigner sur tout ça. Monsieur Mariano, je vais vous demander de nous accompagner. Je vous ai tout dit.
Il
faut que je retourne bosser, moi. Il faut que je vous l'explique comment,
que
c'est une question de vie ou de mort pour ma boîte.
Je
vous rappelle qu'il
y a
un homme qui est vraiment entre la vie et la mort. Alors vous nous suivez. Allez, monsieur Mariano.
Madame
Meunier,
ça
vous fera du bien.
Qu
'est-ce que je fais ici ? Tenez, assis-vous.
Écoutez,
je ne comprends pas, c'est pour ce matin.
Madame
Meunier, nous voudrions savoir comment se passe un rendez-vous avec monsieur Moisan.
Avec
Henri
?
C'est très simple.
Je
m'allonge, il m'aide à me mettre en onde alpha en montant les marches de l'arc-en-ciel.
Et
là-haut, dans la lumière, je peux communiquer plus facilement avec
Luc. Je
m'élève
jusqu
'à lui.
Et
là, je l'entends, il me parle. Il est à tout proche.
Vous
lui posez des questions, il vous répond.
Ah
non,
il
me parle, mais il ne peut pas m'entendre. C'est à travers Henri que je lui pose mes questions. Lui a accès au dialogue direct. Mais un jour peut-être. Vous savez, Henri, Henri m'apprend ces choses-là. Quelles choses
? À
communiquer avec les entités, à développer mon intuition, à
pouvoir
les entendre.
C
'est subtil, c'est difficile à vous expliquer. Revenons aux séances. Luc vous parle, vous l'entendez.
Qu
'est
-ce
qu'il vous dit
? Il
me parle de nous.
Il
me dit qu'il nous aime, qu'il m'attend.
Et
quand j'ai posé une question à Henri, il répond toujours.
Mon
moto, c'est moi qui a offert trop l'un.
On ne
voulait pas. Il trouvait ça trop dangereux.
Et
Luc la voulait. Je n
'ai
pas sûr. Oui, excusez-moi, pardon. Oui. Je lui pose les questions que je veux. Ensuite, Henri me fait un enseignement. Et la semaine suivante, Luc me répond très exactement. L'enseignement se passe comment
?
Je ne
sais
pas, je suis sous hypnose. Mais tout ce que je peux vous dire, c'est que quand je me réveille, heureuse, apaisée, c'est...
Fait
à porte, comment.
L
'important, c'est que ça marche.
Bon,
je peux y aller maintenant
? Oui,
oui. Monsieur Moisan aussi
?
Non, nous devons interroger Monsieur Moisan.
Excusez
-moi, mais pourquoi Henri
? Ce
ne sera pas nous. Rentrez-y. Non.
Si
vous le permettez, je préfère l'attendre ici.
Je
peux ? Bien sûr. Je vais vous trouver un petit coin tranquille.
Vous
voyez
?
Je vous suis. Oui. À cette période de notation, j'ai horreur de Sam.
Je
n'aurais jamais
pu
être prof.
Vous
vous en êtes.
Vous
avez raison, ça va être difficile. Elle a tellement besoin d'y croire, je vois mal comment lui mettre le nez dans l'escroquerie. J'empêche, elle dit qu'il hypnotise. Elle ne souvient de rien. Elle a dit ça.
On
va presser Moisan là-dessus. Il a trop d'habitude de manipuler des gens, il ne vous dira rien.
C
'est ce que vous pensez de nous, qu'on n
'est
pas capable de faire avouer un escroc ? Non, non, il nous faudra autre chose, là. Vous n'avez rien d'autre
?
Je me demande bien que le nôtre vous allez nous mettre.
En
fouillant sa comptage, j'ai vu que tous les lundis, il fait les 1500 balles à un mec en chèque. C'est peut-être un complice
? Et
il
y
a aussi les livraisons de MDMA sur Internet. MDMA, c'est quoi ça ? Une substance proche du sérum de vérité, interdite à la vente en France. Super cher.
Il
se la procure sur Sky Freedom. Ça se mange
? En
être aveineuse. Elle a des traces de piqûres, madame Meunier ? Elle est diabétique, elle se fait des piqûres matin et soir. Merde
!
Bon, allez voir son complice et débarquer chez lui sans prévenir pour qu'il n
'ait
pas le temps de se retourner. Et bonne chance
! On
risque d'en avoir besoin.
Allez, allez.
Monsieur Vattel, d'Interbuild. Bonjour. Jean Vattel, responsable de chantier pour Interbuild.
Monsieur,
asseyez-vous.
Je
peux savoir pourquoi vous m'avez convoqué
? C
'est Mariano Peinture qui employait la victime, pas Interbuild.
Monsieur
Mariano affirme qu'Interbuild était parfaitement au courant du fait que des salariés travaillaient dans des conditions illégales et que
c
'est ridicule. Interbuild est le troisième groupe français de construction en bâtiment.
Et
que c'est par votre intermédiaire que Corab avait été recruté. Corab.
C
'est le blessé
?
Oui, vous le connaissiez
? Pourquoi
voulez-vous que je le connaisse
? Non,
je n
'ai
affaire qu'à Mariano. Pourquoi il y
a
un problème
?
Corab est un sans-papiers employé au noir. Ah ben, de mieux en mieux. Bon, écoutez.
Le
contrat qui l'est mon entreprise à monsieur Mariano est très clair. Voilà. Alinéa 2.4, la société Mariano Peinture est tenue de se conformer aux dispositions en vigueur du Code du Travail.
Je
suis désolé pour monsieur Mariano.
Mais
c'est un peu facile de nous faire porter le chapeau. Je peux partir maintenant ? J'ai vraiment beaucoup de travail. Je comprends, mais je vais quand même vous demander de rester avec nous encore un petit moment. Pourquoi
? Parce
qu'une confrontation ne paraît nécessaire. De cheboucan
!
Puisque vous n'en faites qu'à votre tête, donnez-moi la cache. Qu'est-ce que vous voulez encore ? Donnez-le tout à Laurent, j'adore le cocovin.
Si
Laurent touche une plume de réco, c'est fini entre lui et moi. Alors, votre
cocovin...
Monsieur, je ne vous attendais pas si tôt. Alors, commissaire,
on
en mène à prévenir ? Je sais que ça ne serait pas de faire attendre l'ERG, mais s'il vous plaît, donnez-moi une seconde, je vais m'en débarrasser. Et pourquoi il n'est pas heureux chez vous ? Si, mais je vais m'en débarrasser. Pourtant, un coq chez les poulets...
De
l'âge, je suis sûr que c
'est
un charognard, moi. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi l'autre lui
file
1 500 francs par semaine. Peut -être pour qu'il lui dise son avenir. Fais juste à Martin. Entrez. Ça va aller, maman, je m'occupe de ces messieurs.
Comme
ça, vous êtes comédien
?
Oui. Enfin, depuis 3 ans, je me suis spécialisé dans les imitations.
Vous
avez peut-être vu mon one-man show
? Le
conte des mille et une voix. Non, désolé.
C
'est pas grave. Personne ne
l
'a vu. Ça
va
aller, maman. Eh ben, il y en a pour du fric, là.
C
'est ma mère qui m'a aidé. Et puis, avec ce matériel...
Et c'est
Henri Moisan
? C
'est Moisan, oui. Je ne savais pas qu
'il
s'appelait Henri. Pourquoi ?
Vous
ne lisez jamais l'échec qu'il vous donne
? C
'est pour quoi faire, tout ce fric.
Il
me donne des textes à enregistrer avec une ambiance derrière. Quel genre de texte
? Des
monologues.
Un
peu de tout, des hommes, des femmes, des vieillards. Je fais même les enfants. Qu
'est
-ce qu'elles disent, ces voix ?
Ça
dépend, il n
'y a
pas de règle. Ça parle de la vie. Une fois un type pardonne à son fils, une autre, une femme jure que le vélo a été son plus grand plaisir.
Je
mets un peu de réverb dans les voix. Tu danses comme un Africain. Un peu d'ambiance de film fantastique.
Ça
rentrait bien. Vous savez à quoi servent ces textes
?
À des dramatiques radiophoniques. Il est responsable d'une case sur je ne sais quelle radio. Quelle radio
? Je
ne
lui
ai pas demandé. Vous n'avez jamais eu envie de vous entendre
? Je
ne m'écoute jamais, c'est un principe. Pourquoi il y
a
un problème ?
Oui, je
ne
fais
pas ce boulot au noir. On sait. Monsieur Moisan est un soi-disant médium qui se sert de vos textes pour arnaquer les pauvres gens. Mais comment ça
? Il
fait croire à des gens
que
leur mort leur parle. Merde.
Vous
avez encore un texte de lui
? Non, je
crois que j'ai jeté le dernier.
Je
n
'ai
pas encore reçu le suivant. Et un CD de lui
? Non,
Moisan l'a bien spécifié, exemplaire unique.
Je suis
désolé.
Je
ne savais pas, je vous le jure.
Je
ne
suis
pas complice.
Qu'est
-ce qui va m'arriver
?
Monsieur Mariano, vous soutenez que c
'est
Monsieur Vattel lui-même qui vous a donné les coordonnées de sa lit corable blessé sans papier de ce matin
? Oui. C
'est ridicule.
Pourquoi
voulez-vous que je lui donne le nom d'un ouvrier
sans
papier de surcroît
? Non,
je signe avec Monsieur Mariano un contrat. Je respecte mes engagements à l
'idée
de respecter les siens.
Je
n'ai surtout pas m'emmêlé.
Monsieur
Vattel, nous avons lu les conditions de votre contrat et il apparaît que Monsieur Mariano ne pouvait pas à la fois respecter le budget et les délais que vous imposez dans des conditions d'embauche
normales.
Ça, Monsieur Mariano était tout à fait libre de refuser ce contrat s'il ne s'estimait pas en mesure de l'honorer. Mariano, est-ce que quelqu'un vous a forcé à signer ce contrat
? Non.
Non. Donc vous prenez vos responsabilités. Personne ne vous a obligé à vous mettre dans l'illégalité. Si j'engage un mec de plus dans les règles, je perds de l'argent.
Si
je termine en retard, je fais faillite à cause des pénalités. Et si je bosse pas avec ces connards, j'ai plus de vous l'autre
!
Vous, vous n'en avez rien à foutre
! L
'hôpital a appelé. Cora m'est décédé. Putain de merde.
Ce
qui implique la requalification des faits en homicide involontaire. Ouais, bon, on va s'en tenir là pour le moment. Bien, je peux partir maintenant ? Non.
On
va attendre les instructions du procureur pour la suite des événements.
On va
pas le tuer
!
Faudra savoir, le commissaire veut un cocovin. Comment je fais, moi
?
Bah, tu vas au supermarché, tu lui achètes une vieille poule, tu lui fais son cocovin et tu me laisses Rico. Ah bah, il s'appelle Rico, en plus. On l'emmène, s'il vous plaît.
On va
pas lâcher ! Il arrive, il va pas lâcher !
Il
arrive
!
Enfin, maladine, réfléchis, qu'est-ce que tu veux en faire ? Un coq dans un appartement.
Je
m'en fous. Il me rappelle mon enfance. Mais moi, c'est un petit go. Ton enfance, elle est passée
et
l'homme est un animal carnivore. Ça, c'est un principe de réalité. Eh bah, l'homme aussi est un animal capable d'affection. Et moi, j'aime Rico. Et si tu le tues, je te parle plus jamais de ma vie.
Et
ça aussi, c'est un principe de réalité. Soyez sûr que je vais y
mettre
bon ordre dès aujourd'hui.
En
tout cas, merci de m 'avoir prévenu. Un dimanche au boule.
Si
vous êtes mariés, on vous y voit plus beaucoup.
Un
dimanche au boule.
C
'est promis. Qu'est-ce qu'elle a ? Qu'est-ce qu'elle a ? Oh, rien. Bon, là, on enquête.
Ah,
vous savez, les voix. C'est les 1500 francs que Chloé a trouvé sur l'ordinateur qu'ils enregistrent. Ah bon, alors, on
va
peut-être pouvoir coincer pour Escroquerie. On va le dessiner maintenant. Si vous arrivez à le déstabiliser avec ça, vous pouvez peut-être le faire craquer pour l'exercice illégal de la médecine.
De
toute façon, on a toujours Madame Meunier sous la main. C'est le bien qu
'on
se passe, Madame Meunier. Elle a l'air tellement fragile. Bon, allez, soyez brillants parce que c'est le jour des notations. Vous, venez avec moi, vous.
Bah,
attendez, pour cinq minutes.
Vous
les rejoindrez après. Allez. Qu'est-ce qui vous arrive à dire
?
Mathieu,
vous
n'avez rien à me dire.
Vous
savez que les flics, comme tous les fonctionnaires, n'ont pas le droit de travailler en dehors, bien sûr. Ouais, mais comme je dois quitter le foyer,
avec
ma paie, je n
'ai
pas assez pour payer la caution du studio. Alors, la serveuse de nid au début, c'était fatigant, mais je me suis fait au rythme et ça ne m'empêche pas de bien faire mon travail. Mathieu, vous n'avez pas le droit. Il n
'y
a pas de séqueur, il n
'y a
pas de mais. C'est interdit, point, final.
Comment
vous avez su
? Les
RG sont venus me voir.
Les
RG
? Ils
m'ont filé, moi
? Ouais,
ils filent. Tout le monde au hasard s'est tombé sur vous.
Et
je vais être puni
? Je
vais vous mettre un zéro pointé, Mathieu. Sérieusement, ne me faites plus jamais un coup pareil.
D
'accord, il n
'y
aura pas de sanctions, mais moi, je vais être obligé d'aller me taper une partie de boule en plein hiver sur un terrain où on se l'écaille ferme.
Alors,
vous allez me faire plaisir de téléphoner au Lilis Bar pour dire que vous démissionnez. Oui, patron. Monsieur Moisan,
quelle
est exactement votre profession
?
Médium.
Vous
préditez le magnétisme, l'hypnose
? Je
ne suis pas un thérapeute. Astrologie, voyance, médiumité, oui. J'aide,
mais
je ne soigne pas.
Comment
se passe une de vos séances
? C
'est très simple.
Les
personnes qui viennent me voir traversent souvent une lourde épreuve et je les aide.
Pour
certaines, je les encourage, pour d'autres, c'est un petit peu plus compliqué. Comme pour Mme Meunier
? Oui.
Mme Meunier souhaitait communiquer avec son fils décédé, Luc.
J
'ai essayé de voir si je pouvais entrer en contact avec lui. Souvent, l'âme des morts reste un moment entre deux mondes et sont réceptives à mes messages. Luc m'a répondu
et
j'ai pu servir d'intermédiaire entre lui et sa mère. Mme Meunier nous a dit qu'elle entendait Luc qui lui répondait.
Comment
vous expliquez ça
? Quand
on vient de perdre un être cher, on pense à lui. On vit avec son souvenir.
On
le retient.
On
l'empêche de monter. Ça peut durer des années avant qu'on lâche un disparu. Et à force de le sentir, là,
on
a l'impression qu'il nous parle.
Ça
vous est déjà arrivé
?
Ce que je ne comprends pas, c'est qu'il faut qu'elle vienne chez vous pour l'entendre. À 10 000 balles, la séance, elle pourrait peut-être lui parler chez elle. Elle pourra.
Plus
tard. Mme Meunier doit avant lâcher prise. Pour faire son deuil, elle doit se libérer du poids de sa culpabilité.
Elle
se sent coupable de la mort de son fils. Et tout notre travail à Luc et à moi est de lui faire comprendre qu'elle n'est pour rien dans cette mort.
Il
s'est tué en moto.
Il
aurait très bien pu se tuer en tombant d'une chaise.
Dans
votre comptabilité, nous avons noté que vous effectuez des versements réguliers à un certain marque de l'âge. Qui est-ce
? C
'est un ami.
Il
m'aide dans mon travail. Comment il vous aide
? Vous
savez, c'est lourd d'entrer en contact avec les entités
et
peu de personnes ont accès à cette consolation. Alors pour toutes celles qui ont des difficultés à entendre leur mort, c'est vrai,
je
triche un peu. Marc a un talent fou et m'assiste dans ce devoir d'apaisement que le destin m
'a
confié.
Un
devoir bien rémunéré. Oui, à son juste prix.
C
'est épuisant
et
je ne peux m'occuper que de peu de clients à la fois. Toujours dans votre comptabilité, nous avons vu que vous commandiez régulièrement du MDMA,
une
substance très chère
et
interdite en vente en France.
En
effet,
pour
mon usage personnel.
Le
MDMA m'aide à explorer des voies extra naturelles,
à développer
mon intuition, ma spiritualité. Je l'utilise sur moi exclusivement.
Vous
avez d'autres questions à me poser
? Ce
sera tout, merci. Merci.
Je
vous conseille de faire enlever ce grain de beauté rapidement.
Qu'est
-ce qu'il vous a dit
? Non,
non, rien.
C
'est con qu'on n
'y
croit pas.
Vous
allez être présenté au procureur qui va décider de
ce
qui va se passer pour vous en attendant le procès.
Ça
va finir à quelle heure ? Parce que si ma femme doit venir me chercher, il
faut
que je la prévienne.
Je
ne pense pas que vous puissiez rentrer chez vous ce soir, monsieur Mariano. Je pense que vous allez dormir en prison. Signez-la.
Mais
enfin, ce n'est pas ma faute,
c
'est interblable.
Vous
êtes responsable légalement, monsieur Mariano. Et les autres, ils vont dormir tranquilles chez eux.
Je
pense, oui. Tout ce que j'ai fait, c'est travailler. Moi, j'ai aidé mon grand-père, j'ai aidé mon père, puis j'ai repris la boîte, j'ai bossé 15 heures par jour pour que ça tourne. Et je vais aller en prison. Tout ça, à cause d'une bande d'enculés, qui ont des cravates plus chères que ma bagnole et qui vont s'engager ce pauvre type sans le papier.
Monsieur
Mariano, le juge vous entendra.
Qu
'est
-ce
que c'est que ça ?
Les
œuvres de Delage, résultat de la perquisition. Maman, dis-à-dire que je lui pardonne,
que
je veille sur lui. Luc Meunier, alias Marc Delage.
On
a été persuasifs avec Saint-Nitouche. Vous l'avez un peu aidé à trouver les CD
?
Christine Meunier est toujours là. Elle attend son bienfaiteur. Bon, allez-y. Moi, j'ai prévenu le mari qui passe la récupérer. Voyez le monsieur là-bas.
Il
est délégué de la Fédération Française de Rugby. Il vient chercher Rico. Rico ? Le coq.
C
'était leur mascotte pour le match de ce soir. Gaïa qui était chargé de le rapporter. Au nom de Dieu
!
C'est le coq qui l'a balancé sur la pelouse avant le début de la rencontre. Bon sang de bonsoir. Qu'est-ce que vous lui avez dit ? Rien. Que vous descendiez. Merde. Commissaire Umberto, André Pinault. Je vais y chercher le coq. Une seconde, je m'occupe de vous. je vais la faire très urgente là. Attendez-moi deux minutes, je reviens. Laurent, on arrête tout.
Où
est le coq
?
Dans l'alarme
? Oh
non. Non, ça c'est une catastrophe ça. Excusez-moi d'insister, commissaire, mais je suis très précis et monsieur Gaillac a dit qu'il avait oublié les cellules. Non, mais il se trompe. Il a dû le perdre ailleurs parce que ce matin il était un peu... Venez, je vais vous l'expliquer. Si, si. Personne n'avait votre coq dans notre commissariat. Je suis embêté où je vais trouver le coq, moi ? Ah, je ne sais pas, moi.
Tenez,
réfléchissons.
Sur les
quais.
Je
suis un taxi, ça ne
va
pas trop faire chère. Ah, c'est pas un problème.
Tenez. C
'est le
temps
aussi avec les embouteillages, je n'en ai pas arrivé. Bon. Christophe, prenez la voiture et accompagnez monsieur au quai de la magisterie avec le gyrophare. C'est trop gentil, merci. C'est tout naturel.
Je
suis un grand fan de rugby, moi. Madame Meunier, vous nous avez dit que vous entendiez votre fils.
Oui.
La voix de votre fils. Oui. Enfin,
il
me parle, une voix décalée, mais il me parle.
Une
voix comme celle-là
?
Maman,
je ne
m'en donne pas.
Il
n'y
a
pas pas que je lui pardonne,
que
je veuille sur lui. Luc, mon chéri, tu es là
? Votre
fils est là.
La
voix que vous entendez chez Moisan
est
enregistrée.
Ce
n
'est
pas possible que ce soit un enregistrement.
Puisque
je vous dis qu'il me répond.
Je
lui pose des questions et il me répond.
Comment
voulez-vous que ce soit un enregistrement
? Il
vous répond avec une semaine d'intervalle.
C
'est impossible que quelqu'un
pouvait
dire qu'en... Non, c'est impossible, je vous dis.
La
voix de Luc,
c
'est des choses que nous seuls savons, mon fils et moi.
Des
choses dont je n'ai même jamais parlé à Henri. Moisan commande régulièrement une sorte de sérum de vérité. Une substance qui, quand on vous l'injecte, vous enlève le souvenir de ce qui s'est passé. Vous croyez dormir et vous racontez votre vie sans que vous le sachiez.
On
n'est pas au cinéma, là. Pendant vos séances d'enseignement,
avant
de tomber sous hypnose, Moisan ne vous fait pas de piqûre
? Non,
je ne crois pas.
Vous
êtes sûre
?
Madame Manier, vous ne parlez pas avec Luc. Monsieur Moisan paye un comédien pour enregistrer les phrases que vous entendez.
Quand
je sors de chez lui, souvent j'ai une trace du... Ce n
'est
pas une des miennes.
Parce
qu'elle me laisse un petit peu... Moisan vous fait une piqûre. Excusez-moi,
est
-ce que je pourrais avoir la voix de Luc ?
On
est allé chercher Moisan.
Il
va être déféré.
Vous
ne récupérez pas votre argent, mais au moins vous ne serez pas dépouillé.
Et
ma femme
?
Elle est très choquée. Prenez soin d'elle.
Il
faut lui apprendre à vivre sans Luc, maintenant.
Mon
amour, tu vas bien ?
Pourquoi
tu as fait ça
?
Écoute, je t'en prie, chérie. Nous n'avons plus d'argent.
Tu
comprends
? Plus
d'argent. Tu parles de Luc et tu me parles d'argent ?
C'est
pour une question d'argent que tu as porté plainte.
Est
-ce qu'il a porté plainte, n
'est
-ce pas
? Écoute,
Luc est mort.
Il
est mort.
Il
ne sera plus jamais avec nous. C'est fini, pour toujours. Luc est mort.
Vous
avez raison, Madame Meunier. Les gens qu'on aime ne le quittent jamais.
Vous
n'avez pas besoin d'au moins en pour parler avec lui. Monsieur Meunier aussi a perdu un fils. J'arrête pas de penser à ce pauvre type. Lisa, qu'en
a
vous, Mariano
?
Allez, j'oublie ça. Tu prends un verre ? Allô, oui. Bonjour, le secrétariat du docteur Fontaine ?
Bonjour,
Monsieur Poiré à l'appareil. Voilà, j
'ai
rendez-vous la semaine prochaine pour une biopsie sur les vins de beauté. J'aurais voulu savoir si c'était possible d'avancer l'intervention. Bon, alors, on va le prendre, ce verre ? Non, non, je ne peux pas.
Je
suis désolé, Fougier. Oui,
oui,
je patiente. Oublie tout ça avec Alain. Oui, oui.
Oui,
oui, ça m'arrangerait parce que la semaine prochaine je serai en déplacement professionnel. J'attends.
Oui,
oui. Demain matin
? Merci
beaucoup. Au revoir. Romain,
qu'est-ce
qu'il a voulu dire avec son ombli avec moi
?
Rien, que personne n'aime. Ah non, non, c'est moi que personne n'aime. Joss ne me regarde même plus. Vous n'avez même pas remarqué que mon grain de beauté avait grossi. Heureusement que toi, tu m'observes.
De
quoi tu te plains ? Moi, je t'aime avec les yeux, elle t'aime avec le cœur qui est aveugle comme chacun sait. Bonne chance
pour
demain.
Merci. T
'es là, toi
? C
'est fini, Lily se barre.
Le
patron est au courant, j'ai donné ma dame. Alors, t'es libre
? J
'ai plus un rond. Une soupe chez moi, c'est-à
-dire ?
Ah ouais.
Eh
ben non, je
peux
venir avec vous, moi aussi. Tu ne dis pas avec Laurent
?
En fait, c'est fini.
Pourquoi ?
Oh là là, no comment.
Allez
!