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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 27 juillet 2023 17 minAutoproduitFond programmatiqueOutre-merEurope & internationalDéfenseEnvironnement & énergie

Discours du Président Emmanuel Macron à la communauté française du Vanuatu.

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  • 0:42PrésentateurChiffre
    « il faut attendre 57 ans »
  • 7:40PrésentateurChiffre
    « Ce sont près de 8 000 militaires »
  • 8:51PrésentateurChiffre
    « 150 millions d'euros d'investissements supplémentaires »
  • 8:56PrésentateurChiffre
    « 200 militaires supplémentaires »
  • 10:48PrésentateurChiffre
    « 200 millions d'euros d'investissement solidaires »

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Présentateur

Bien, mesdames les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, monsieur le président du gouvernement de Polynésie française, monsieur l'ambassadeur, monsieur le concile honoraire, madame la consul, mesdames et messieurs, en vos grades et qualités, chers compatriotes, d'abord, je veux vous dire vraiment la joie et l'honneur pour moi d'être à vos côtés avec l'ensemble des autorités que je viens de citer, et je voulais, avant de passer un moment avec vous, vous dire quelques mots. D'abord, pour vous dire, en effet, que ce moment n'est pas commun, puisqu'il faut attendre 57 ans.

La dernière fois qu'un président de la République, en effet, avait rencontré les membres de la communauté française, c'était il y a 57 ans, et ce pays portait le nom disparu des nouvelles hybrides. Et c'est évidemment beaucoup d'émotions. En replongeant dans les mots que le général avait utilisés lors de sa visite de 1966, il rappelait l'importance de ce territoire et de cette part du Pacifique qui, la 1re, s'était ralliée à la France libre. Je le rappelais tout à l'heure devant le Premier ministre. Cet attachement, disait-il, que l'on éprouve pour les amis de la 1re heure. Car c'est en effet d'ici qu'a commencé aussi la résistance.

Et je veux remercier la Fondation Bastien et sa directrice, Macha Paris. J'ai une pensée toute particulière pour elle en ce moment, qui accepte de nous accueillir si généreusement pour nous permettre ce moment de partage. Je veux avant toute chose vous dire ma gratitude. Parce qu'en 57 ans, pour que la relation vive, il faut que des femmes et des hommes décident de la faire vivre indépendamment des visites et s'y engagent par justement leur activité professionnelle, leur capacité à créer, enseigner, entreprendre, de l'économie et de l'économie et de l'économie et de l'économie. En effet, le 30 juillet 1980, le Vanuatu devenait une nation indépendante.

Et d'abord, dans l'incertitude de l'avenir, je sais que certains anciens colons du condominium franco-britannique ont fait le choix d'un retour, souvent vécu comme un exil. D'autres sont restés, construisant ce qui est aujourd'hui la communauté française à l'étranger la plus importante au sein de l'Océanie insulaire. Vous. D'anciennes familles d'exploitants agricoles ont maintenu leur activité, certains se diversifiant, souvent avec succès, à d'autres secteurs de l'économie. Les descendants des travailleurs originaires du Vietnam occupent aujourd'hui des fonctions importantes au sein de l'économie vanuatheise.

Je m'assiendrai de citer nommément des exemples, mais je sais que vous vous reconnaîtrez. Et à l'étanchéité des communautés a succédé un métissage qui fait aujourd'hui la richesse de la jeune nation vanuatheise et de sa communauté française, renforcée par nombreux Français de métropole ou du Pacifique venus s'installer ici depuis l'indépendance. Et si la France est si proche du Vanuatou, c'est aussi grâce à ce lien presque fraternel qui unit les terres du Pacifique. Combien de familles vivent entre les deux rivages de la mer de Corail ?

Combien d'entre vous ont effectué une partie de vos études à Nouméa, travail pour une entreprise calédonienne ou sur des projets de développement portés par des acteurs présents sur le caillou ? Combien d'autres encore entretiennent des liens avec la Polynésie française ou Wallis et Futuna ? C'est pourquoi je veux remercier tout particulièrement les parlementaires de Nouvelle-Calédonie qui m'accompagnent avec la ministre qui a des responsabilités éminentes et les deux présidents d'exécutifs de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française. Au fond, c'est cette Océanie francophone dont vous êtes et que vous faites vivre ici qui est un bassin de vie à hauteur de femmes et d'hommes.

Soyez assurés aussi, et j'y reviendrai, notre détermination à consolider ces liens. Mais nous sommes fiers de ce dynamisme et, en effet, de l'activité que vous portez ici dans tous les secteurs. Je parlais de l'agriculture. Beaucoup produisent ici l'une des viandes de bœuf les plus réputées au monde. Le secteur du bâtiment, la production, la fourniture d'électricité et d'eau, la confection de certains des meilleurs chocolats, les services bancaires, les services aériens, l'unique salle de cinéma du pays, l'hôtellerie de standing, jusqu'à la restauration populaire. Vous êtes dans tous les secteurs.

Vous êtes les acteurs de cette géopolitique d'influence en mouvement, à des confluences qui ne doivent pas devenir des lignes de fracture. Vous êtes aussi les ambassadeurs de notre économie, de la culture française et de ses valeurs universelles. Votre rôle est à cet égard inestimable.

Et je tiens à vous exprimer ma reconnaissance pour ce que vous faites, qu'il s'agisse de préserver le patrimoine coutumier rassemblé par le défunt père Rodet au sein de la fondation Outlalo, d'aider à développer la première université nationale du pays ou son système de santé, de vous dévouer généreusement pour ceux qui ont tout perdu après les cyclones, de conserver la mémoire orale de l'histoire postcoloniale vanoîtaise, d'agir aussi au sein du mouvement olympique vanoîté dans la perspective notamment de nos Jeux de 2024, qui seront aussi des Jeux océaniens, la vague sera à Tahiti, ou de développer l'excellence du lycée Jean-Marie Gustave Leclésiaux, d'animer la scène culturelle francophone dont on m'a vanté le dynamisme, qu'il s'agisse de musique, de lettres ou d'arts visuels.

Nous n'oublions pas que le Vanuatu est l'unique pays océanien membre de l'Organisation internationale de la francophonie, je le rappelais ce matin, et à cet égard, vous avez un rôle tout particulier pour faire vivre notre langue. Et malgré les milliers de kilomètres qui vous séparent de la métropole, vous incarnez le lien vivant entre nos deux nations. Cette tyrannie de la distance, votre action l'abolit, et je veux vraiment vous en remercier aujourd'hui. Mes chers compatriotes français du Vanuatu, en vous remerciant, je viens aussi vous dire que cette visite marque un réengagement profond de la France au Vanuatu et dans la région.

Les décisions que nous avons prises s'inscrivent d'abord dans une stratégie que j'ai lancée il y a maintenant un peu plus de 5 ans, celle d'une volonté de la France d'assumer sa place dans l'Indo-Pacifique et d'être, comme je l'exprimais ce matin, cette puissance qui est présente dans la région et a un rôle à y jouer. Nous y sommes présents parce que la France, c'est 1,5 million de compatriotes sur les terres françaises, indépendamment des communautés comme la vôtre qui nous font rayonner. Ce sont près de 8 000 militaires, des opérations multiples dans cette région. Et la France, ce sont les valeurs que nous portons.

Et dans une région qui est bousculée par les nouvelles influences, ingérences, interférences, dans les volontés de prendre possession de certains territoires, ressources rares, de venir pêcher de manière illégitime dans les eaux des uns et des autres, de se saisir de leurs biens ou d'en faire en quelque sorte des bases d'un déploiement sous influence, la France porte par ses valeurs un universalisme ouvert, le respect de la souveraineté de chacun et la possibilité même de continuer à faire respecter le droit international auquel nous croyons comme puissance dotée et membre permanent du Conseil de sécurité. C'est le coeur de la stratégie Indo-Pacifique.

Et nous allons la déployer ici et dans toute la région. D'abord par un réengagement militaire. Nos forces armées en Nouvelle-Calédonie, qui sont déjà puissantes, par la loi de programmation militaire qui vient d'être votée, seront dotées de 150 millions d'euros d'investissements supplémentaires, de 200 militaires supplémentaires, et continueront d'agir et de coopérer davantage avec le Vanuatu.

Nous étions à l'instant avec le Premier ministre sur le patrouilleur maritime dernière génération, qui est le fruit de la première loi de programmation militaire que j'avais décidé, et qui va multiplier les opérations conjointes avec le Vanuatu pour protéger les eaux territoriales, lutter contre la pêche illicite, et en lien très étroit avec la Nouvelle-Calédonie, œuvrer justement à renforcer la souveraineté du Vanuatu.

Ensuite, ensemble, nous allons déployer des actions diplomatiques, car la République du Vanuatu, justement, partage notre volonté de lutter contre le plastique et la pollution des océans, de protéger la haute mer contre les ingérences ou les surexploitations, de protéger aussi nos fonds marins en luttant contre les nouvelles exploitations.

Sur tous ces sujets, c'est un agenda commun que nous avons scellé aujourd'hui dans le coeur de cette visite et qui est un agenda pour le climat, la biodiversité, et à la fois pour soutenir ce que nous avons défendu il y a quelques semaines à Paris, qui est le Pacte de Paris pour les peuples et la planète, et de préparer ensemble, avec plusieurs autres, le sommet des Nations unies pour les océans, qui se tiendra à Nice en 2025. Et cette visite marque aussi un réengagement très concret de notre investissement solidaire au Vanuatu.

Sur cette terre où nous avions bâti beaucoup d'infrastructures, l'université que j'évoquais tout à l'heure, nous allons nous réengager et, d'une part, installer une présence pérenne de l'Agence française de développement, qui aura une antenne ici, et déployer dans toute la région 200 millions d'euros d'investissement solidaires sur tous les secteurs où nous souhaitons, justement, avancer.

Et dans les investissements clés, je veux en citer deux, l'hôpital, dont nous allons financer la construction, et le câble, entre, en particulier, la Nouvelle-Calédonie et Vanuatu, qui permettra de renforcer les télécommunications, mais qui permettra aussi d'améliorer la recherche, puisque ce sera ce qu'on appelle, en bon français, un Smart Cable, donc un câble intelligent, puisqu'il y aura, en plus de la communication, des capteurs qui y seront déployés.

Et évidemment, cette stratégie, elle vient s'insérer dans ce que j'ai annoncé à Nouméa hier, c'est-à-dire un réinvestissement que nous souhaitons faire en Nouvelle-Calédonie, mais dans toute la région, avec l'IFREMER, l'IRD, le CIRAD, pour renforcer notre recherche et permettre, là aussi, de mieux coopérer avec nos partenaires, qui sur le climat, qui sur les fonds océaniques, qui sur, aussi, les bonnes pratiques en matière agricole. Ce réinvestissement, enfin, est notre décision de conforter le Vanuatu comme un partenaire de confiance dans notre coopération régionale. C'est pourquoi nous allons relancer le travail sur l'accord commercial en accompagnant le gouvernement de Nouvelle-Calédonie.

C'est pourquoi, aussi, nous avons parlé de la question des visas, ce matin, avec le Premier ministre. Et nous allons finaliser un texte d'engagement politique pour régler ce problème qui est lié à des sujets de sécurité bien connus. Et la décision de l'Union européenne avait une légitimité, mais je salue les efforts faits par le Premier ministre ces huit derniers mois depuis la visite du ministre de l'Intérieur pour améliorer les choses. La ministre déléguée l'accompagnait. Et nous avons pris l'engagement de finaliser le règlement de cette question jusqu'à d'ici à la fin de l'année. Et puis, nous allons aussi renforcer nos capacités de secours et d'appui.

Après les deux cyclones, la France était le premier pays à apporter de l'aide humanitaire au Vanuatu. Et nous l'avons fait le jour d'après, et ceci grâce aux forces armées en Nouvelle-Calédonie et à leur réactivité que par les décisions que je viens d'annoncer, nous allons encore accroître. Eh bien, nous allons renforcer vraiment cette intégration par nos investissements en termes de sécurité civile, par des stocks prépositionnés et par l'inscription aussi et le renforcement des initiatives régionales que nous avons pour lutter contre les conséquences des cyclones, des désordres climatiques.

Et donc, la France sera un partenaire aussi engagé, et c'est le coeur de cette inscription régionale que j'évoquais. Et puis enfin, cette volonté de renforcer l'inscription régionale et de faire du Vanuatu un partenaire privilégié, c'est ce que nous voulons aussi pour les étudiants et pour la culture. Plusieurs acteurs du monde culturel, directeurs et présidents de musées, éditeurs, m'accompagnent pour rejoindre ensuite le Festival des arts mélanésiens. mais nous allons continuer là aussi d'investir par des programmes de résidences d'artistes et par un programme que j'ai annoncé ce matin d'échanges d'étudiants dans la zone océanienne.

Nous souhaitons mettre en place, au fond, l'équivalent de ce qui existe en Europe et qu'on nomme Erasmus et qui permet aux étudiants de faire des échanges d'un pays à l'autre, ce qui renforce le sentiment d'appartenir à un espace commun, la compréhension des problématiques communes, le commerce entre les espaces. Et la France souhaite se positionner à travers la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie en lien très étroit avec les gouvernements, nos universités, pour permettre et offrir de tels programmes à nos étudiants avec tous les gouvernements qui souhaiteront s'associer à cette action.

Le Vanuatu a accepté de le faire, ce qui permettra à notre jeunesse de renforcer ces liens et d'échanger davantage. Voilà, mes chers compatriotes, ce que je voulais vous dire. Cette visite et ma présence devant vous aujourd'hui n'est pas simplement pour se remémorer que cela arrive une fois tous les 57 ans. C'est d'abord pour vous remercier de ce que vous faites chaque jour pour renforcer le lien bilatéral. Et au fond, la France, forte, généreuse, présente en Océanie.

Mais c'est pour vous dire que la France a décidé aussi de se réengager très fortement dans toute la région et d'assumer cette présence sur l'ensemble des grands chantiers que j'évoquais et qui, je pense, compteront aussi pour votre activité de chaque jour. Je suis fier de ce que vous accomplissez chaque jour, qui est tout à la fois un attachement indéfectible à vos racines, un attachement à cette terre, à nos valeurs et aux liens qui existent entre nos pays. Vive l'amitié franco-vanouattèse, vive le Vanuatu, et vive la République et vive la France. Applaudissements

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Locuteur

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