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interviewLCP - Assemblée nationale· 26 septembre 2025 57 min

Le cri de détresse des agriculteurs | Chaque voix compte - 26/09/25

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:26
Présentateur

Chaque voix compte sur LCP, comme chaque vendredi. Chaque voix compte, c'est en public. Alors d'abord, un grand merci déjà à vous d'être avec moi ce soir pour parler de vous, de nous, du monde tel qu'il va, puisque ce soir, on va parler de la colère agricole alors que les agriculteurs manifestaient de nouveau aujourd'hui. J'ai autour de moi des agriculteurs, des enseignants en lycée agricole, des étudiants en agronomie. Tous ont beaucoup de questions à poser et attendent des réponses de la part de nos trois invités de ce soir. Je vous les présente tout de suite. Alexandre Nicolique, eurodéputé RN, bonsoir à vous et merci d'être là.

À vos côtés, Éric Martineau, député Les Démocrates de la Sarthe, bonsoir. Et merci d'être venu de vos champs de pommes que vous cultivez dans la Sarthe pour répondre à notre public ce soir. Et puis je salue également David Cormand, eurodéputé écologiste, bonsoir et merci d'être là. Avec moi ce soir, Mariette Darygrand. Bonsoir, chère Mariette. Bonsoir, Adi. Mariette est sémiologue. Mariette interroge le sens des mots. Elle intervient à tout moment dans l'émission. Donc surveillez votre langage, mesdames et messieurs. Et puis Mariette, vous avez voulu en particulier ce soir nous parler du mot, ou plutôt de l'expression de la semaine. Ce sont deux mots, exécution provisoire.

Un peu compliqué, mais on va s'y retrouver. Ça nous dit quelque chose et je ne doute pas que cela fera réagir à la fois notre public et nos invités tout à l'heure. Voilà pour le menu du soir, a priori, puisque cette émission c'est vous qui allez la faire en réalité. Je compte sur vous. Installez-vous confortablement. Chaque voix compte en public. C'est parti. Sème tes graines, à la Sainte-Inès, travaillent sans cesse. Qui n'a pas semé à la Sainte-Croix au lieu d'un grain en mettre à trois ? Saint-Jérôme venu, sort à Charu. Pourquoi commencer cette émission par ces quatre dictons du mois de septembre ?

Eh bien parce qu'ils nous disent combien c'est un mois de labeur pour les agriculteurs et que beaucoup ont fort à faire en ce moment dans leur champ. Pour autant, ils étaient quand même des milliers à manifester aujourd'hui à l'appel de la FNSEA et des jeunes agriculteurs. Les raisons de leur colère sont nombreuses. La journée a commencé avec des tracteurs devant le château de Versailles notamment. Reportage signé Clément Perrault.

2:45
Invité

Devant le château de Versailles, dans le centre-ville de Dijon, sur les ronds-points de Haute-Garonne, le long des routes de Touraine. La colère agricole n'est pas éteinte. Ce matin, elle ressurgit à l'initiative de la FNSEA, le principal syndicat agricole. Dans le viseur, le fameux Mercosur, traité de libre-échange entre la France et l'Amérique du Sud. Les agriculteurs crient à la concurrence déloyale, leurs homologues sud-américains n'étant pas soumis aux mêmes normes sanitaires et environnementales. On ne peut pas importer du Brésil des poulets aux hormones ou l'utilisation d'accélérateurs de croissance dans la viande bovine et interdit en France et en Europe depuis plus de 25 ans.

Et dire que ce n'est pas un problème de faire du commerce. Mais où en est-on exactement du Mercosur ? L'Union européenne vient de lancer le processus de ratification. Le projet de texte présenté par la Commission a été amendé à la demande notamment de la France. Il contient désormais des clauses de sauvegarde. Elles permettront de réintroduire temporairement des droits de douane ou des restrictions en cas d'afflux massif d'importation qui menacerait une filière. Le texte de ratification doit maintenant être approuvé par les États membres, puis le Parlement européen. L'entrée en vigueur pourrait avoir lieu d'ici la fin de l'année.

Au-delà du Mercosur, les agriculteurs dénoncent une hausse globale des produits importés dans l'assiette des Français et une production nationale en baisse. Pour la première fois depuis 1978, la France s'apprête à voir sa balance commerciale agricole basculer dans le rouge. Sur les seuls 7 premiers mois de l'année, elle tombe même à 361 millions d'euros. Sur la même période, elle s'élevait à 4,6 milliards en 2024. Un décrochage inédit.

4:45
Présentateur

Voilà les termes du débat de ce soir qui sont posés. Je voudrais vraiment commencer par vous entendre sur ce point. On va donner la parole à Marie pour commencer. Marie, vous êtes cultivatrice dans l'Aisne. Vous êtes agricultrice FNSEA. Que redoutez-vous, vous, avec cet accord sur le Mercosur ? Écoutez, moi, je voudrais déjà, je vais répondre à votre question, mais je voudrais qu'on se redise un peu les choses. Aujourd'hui, la ferme France, elle est en train de vaciller. Qu'est-ce qui se passe ? La ferme France, elle repose sur trois piliers. L'économie, l'environnement, le social. Bon, sur l'économie, il n'y a plus de rentabilité aujourd'hui. C'est-à-dire que les charges augmentent.

Elles augmentent parce que les réglementations sont de plus en plus absurdes, parce qu'il y a une pression fiscale qui est bien trop importante et parce qu'on est soumis aux prêts des marchés internationaux. Donc, en fait, on est pris en étau entre des charges qui augmentent et des prix qui diminuent. À un moment donné, sur le plan économique, les fermes ne tiennent plus. Sur le volet environnemental, il ne vous a pas échappé qu'il y a des aléas climatiques de plus en plus importants, avec des grandes variations. Et on se retrouve face, encore une fois, à des réglementations qui nous interdisent ou qui nous limitent dans nos moyens de production.

Donc, aujourd'hui, on a besoin d'eau, on a besoin de génétique, on a besoin d'intrants. Et en fait, on est face à des réglementations qui, de plus en plus, nous mettent des freins au lieu de nous aider à produire. Ça, c'est le deuxième volet environnemental. Et le troisième volet, il est social. En 2030, il y a la moitié de la population agricole qui va prendre sa retraite. Et nous, ce qu'on entend aujourd'hui, c'est qu'il n'y aura pas de repreneurs. On ne fera pas de l'agriculture et de la production agricole sans agriculteurs. Ou alors, c'est vraiment une agriculture dont, je pense, aujourd'hui, personne ne veut. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Comment on fait ça ?

Et ce que je voudrais ajouter, c'est qu'en perdant la souveraineté alimentaire de la France, on ne perd pas que la souveraineté alimentaire de la France. On perd la France. On perd une souveraineté globale. On se met en danger. Je pense qu'on est quand même tous d'accord pour dire qu'il y a une situation géopolitique extrêmement tendue aujourd'hui. Est-ce qu'on veut vraiment dépendre des marchés internationaux, de la Russie pour le blé, de l'Ukraine pour le poulet et du Brésil pour le sucre ? Je dis trois choses qui ne sont pas des caricatures, qui sont des réalités aujourd'hui de nos marchés de matières premières agricoles. Et c'est quand même un drame parce qu'on est capable de le faire.

Voilà. Donc est-ce qu'on veut délocaliser au point de tout perdre en France ? Moi, c'est ça ma question aujourd'hui. Et du coup, aujourd'hui, pour les députés, pour l'Assemblée nationale, quelle est la priorité pour sauver, comment on va sauver l'agriculture française ? Et encore une fois, en sauvant l'agriculture française, d'une certaine manière, on sauve la France. Alors, on va poser la première question aux députés, Éric Martineau, puisque vos deux voisins sont eurodéputés. Éric Martineau, vous entendez la colère, la détresse, j'ai envie de dire, de Marie ? Complètement. Alors non seulement je l'entends, mais je la partage. C'est pourquoi on peut quand même se poser des questions.

Parce qu'on l'a vu avec les débats, enfin, depuis janvier 2024, les premières grèves d'agriculteurs. Parce que, comme vous l'avez dit en introduction, je suis aussi agriculteur. Donc je sais de quoi je parle. Quand on parle de baisse de revenus, de concurrence déloyale, d'importation, et voire même de baisse de production. Il faut savoir que moi, je me suis installé en 90, donc aujourd'hui, la France, elle a réduit, par exemple, sa production de pommes de plus de moitié par rapport à 1990. Alors, OK, on exporte encore beaucoup, mais une chose est certaine, notre production, elle régresse continuellement.

Et si elle baisse, c'est parce que, oui, on a des concurrences au niveau des charges, au niveau des interdictions que l'on a uniquement en France, mais là où ça interroge, et on ne va pas refaire le débat sur la loi visant justement à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur, mais là, il y a une vraie question qui, pour moi, est posée, est posée à tout le monde, et que chacun ne soit pas hypocrite, parce que, quel prix on veut mettre dans notre alimentation, en clair ? Parce que si, la base, elle est là, pour moi, le vrai débat, il est là. Est-ce qu'on doit réserver une alimentation saine, accessible à tous ?

Moi, je dis que oui, l'agriculture française le permet aujourd'hui. Si demain, on laisse tout rentrer par nos concurrents, une autre agriculture, que nous, les Français, nous interdisons à nos agriculteurs français de faire, OK, mais ça veut dire qu'il faudra savoir se passer des agriculteurs qui entretiennent quand même le paysage. Lorsqu'il y a des feux, des incendies et compagnie, on est bien heureux de les trouver. Eh bien, j'aimerais bien qu'on puisse pouvoir travailler à normes égales. Mais c'est l'agriculteur qui parle ou c'est le député ? Parce que, pour le coup, vous avez un pouvoir aussi. Eh bien, complètement, mais je l'ai défendu.

Alors, je regrette qu'il n'y ait pas eu de débat, c'est vrai, en hémicycle. On l'a eu la semaine dernière en commission des affaires économiques pour étudier la pétition, par exemple, qui a recueilli plus de 2 millions de voix. Sur la loi Duplomb ? Sur la loi Duplomb. Alors, je n'aime pas nommer la personne, je préfère lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur. C'est un peu plus long, mais ça en dit le fond de cette loi. Parce que lorsqu'on parle de simplification pour les entreprises, pour l'industrie, pour tout le monde, tout le monde veut de la simplification, sauf pour les agriculteurs. On l'a vu avec cette pétition.

Et moi, ce que je regrette, c'est qu'il y a eu une autre pétition d'Olivier Lehé, la 3109, qui n'a recueilli, elle, que 1300 voix. Et c'est un peu dommage. Parce qu'elle, elle tire les conclusions de la pétition qui a recueilli les 2 millions. C'est-à-dire qu'on ne veut pas produire ce qu'on veut importer. La difficulté, elle est là. Et la réalité, c'est qu'on ferme les yeux... On ne veut pas ou on ne peut pas ? Elle citait le poulet ukrainien. D'ailleurs, il y a des idées reçues un peu sur le poulet ukrainien. Le poulet qu'on importe le plus en France, c'est du poulet polonais. Mais pourquoi est-ce qu'on a besoin d'importer tant de poulets, par exemple ?

Mais sur les pommes, c'est exactement pareil. En France, on importe énormément de pommes polonaises qui sont produites avec des produits interdits en France. Et donc, l'acétamipride, on ne va pas relancer le sujet sur pour ou contre l'acétamipride. Et je suis même un peu inquiet que même il n'y ait pas, et chez les journalistes, des gens qui se posent la question. Parce que le produit interdit depuis le 2018 en France, par quoi on l'a remplacé ? Parce qu'aujourd'hui, on y arrive. On fait autrement, avec autre chose, pas dans les mêmes conditions. Je crois qu'il y a parmi vous un cultivateur de betterave, non ? Alors, est-ce que vous pouvez prendre un micro ?

Alors, typiquement, vous vous êtes directement concerné. On va faire quand même cette parenthèse sur l'acétamipride. Par quoi vous l'avez remplacé ?

11:30
Invité

Je vais remplacer par un traitement de biocontrôle et trois insecticides qui sont peu efficaces, qu'on a par dérogation. Et j'ai reçu, il y a un mois, une personne de l'INRA envoyée par Matignon et qui était surpris que ça ne marche pas. C'est-à-dire qu'on nous donne de Paris des solutions, mais en fait, qui ne fonctionnent pas. Et on se retrouve dans des situations où on a nos rendements et nos capacités de production qui chutent. Et c'est pour ça qu'on ne peut plus exporter, qu'on n'arrive plus à sortir des revenus. On fait des années catastrophiques quand l'époque catastrophique, elle est bonne, mais on ne fait plus d'excellentes années pour combler les années qui ont été catastrophiques.

Je suis administrateur d'un centre de gestion qui est l'ESER France, qui est le centre de gestion des agriculteurs. On a sorti nos observatoires la semaine dernière. Globalement, il y a toutes les productions qui sont dans le rouge et qui sont en difficulté de trésorerie énorme parce que ça fait trois ans qu'on cumule notre perte de compétitivité. C'est ça le problème. La solution pour l'agriculture française, les agriculteurs françaises, je mets toutes les agricultures, qu'elles soient bio, conventionnelles ou régénératrices ou HVE, on a besoin d'être compétitifs. Et pour être compétitifs, il nous faut des charges qui soient maîtrisées.

Donc, il nous faut libérer de normes qui sont d'une ancienne agriculture pour aller vers une nouvelle agriculture. Et on a besoin de cette liberté pour trouver des nouvelles solutions. Il nous faut des rendements. Si on n'a pas d'eau pour produire, moi, je suis en région de Beauce, on a des sols superficiels, on a une richesse qui est l'eau et qui nous permet d'avoir des diversités de cultures sur nos exploitations. Et sans eau, on a eu une sécheresse quand même importante cette année. Eh bien, on n'arrive plus à avoir ce niveau de production. Et puis, le troisième critère pour être compétitif, il nous faut des prix. Il nous faut des prix qui nous permettent de tirer des revenus.

Et ces prix doivent aussi permettre aux gens de manger. On nous a fait rêver d'avoir une agriculture à haute valeur environnementale ou même bio, de augmenter les surfaces. On a vu tout de suite que c'était la catastrophe, puisque derrière, évidemment, le consommateur ne peut pas acheter. Aujourd'hui, il manque 30 euros de la tonne sur le blé pour pouvoir équilibrer les comptes. 30 euros, c'est 3 centimes par kilo. Donc, il n'y a pas grand-chose. Et ça, on n'arrive pas, justement, à l'acquérir pour être compétitif.

Donc, la question que je pose aux députés, c'est est-ce qu'on peut non pas revenir en arrière sur des lois, mais nous libérer un petit peu, éviter de faire des nouvelles lois qui, en fait, complexifient et on a besoin de simplification ?

14:28
Présentateur

Sachant qu'on fait des lois pour simplifier.

14:30
Invité

Pour simplifier les lois qu'on garde. Et c'est ça, le problème. On voit bien dans les administrations qui nous entourent ou dans la justice, c'est que ça devient de plus en plus complexe, c'est complètement ingérable. Il faut qu'on arrive à simplifier.

14:46
Présentateur

On va laisser, par exemple, David Cormand répondre. Vous qui êtes eurodéputé écologiste, quelles normes vous seriez prêts à supprimer ? Est-ce que vous vous dites, aujourd'hui, ces normes et la superposition des normes entre les normes françaises et les normes européennes, qui étouffent littéralement les agriculteurs, est-ce que vous les défendez ou est-ce que vous dites, effectivement,

15:06
Aleksandar Nikolic

il y a un moment ? Je ne suis pas du tout convaincu par l'analyse selon laquelle ce seraient les normes qui étoufferaient l'agriculture. Je pense que l'agriculture, ça fait 50 ans qu'un choix politique a été fait, notamment par la France et qui a infusé en Europe, d'industrialiser notre agriculture. Cette industrialisation, elle a fait le jeu de trois acteurs économiques principaux. Ceux qui produisent les intrants chimiques et les insecticides, c'est les Bayer-Monsanto, qui, en aval du travail agricole, font d'énormes profits.

Petite parenthèse là-dessus, la plus grosse opération économique d'acquisition d'une entreprise, d'une multinationale extrangère par une multinationale européenne, c'est quand Bayer a racheté Monsanto. 55 milliards d'euros. Ça fait 20 ans qu'il n'y a pas eu un tel investissement d'une multinationale européenne pour en conquérir une autre. Quand Bayer achète Monsanto, ce n'est pas pour favoriser le revenu des agriculteurs. Ce n'est pas vrai. C'est pour augmenter les siens. Deuxième acteur qui étrangle les agriculteurs, les géants de l'agroalimentaire. Moi, j'aimerais qu'on puisse parler de Lactalis, des géants du sucre.

Ces grandes coopératives qui, au départ, étaient créées pour favoriser les revenus des agriculteurs, qui sont devenus maintenant des multinationales, qui les spolient. C'est ça, la réalité. Dans la chaîne de valeur, c'est elles qui se gavent. Et ça, on n'en parle pas assez. Troisième acteur, si vous le permettez. Alors, attendez.

16:24
Présentateur

Puisque vous parlez de Lactalis, puisque vous ouvrez cette parenthèse, je vais continuer de l'ouvrir avec vous parce qu'on a une histoire à vous raconter ce soir. Ça se passe dans l'Orne. C'est l'histoire d'un couple d'éleveurs laitiers qui a décidé, il y a maintenant 7 ans, d'arrêter de vendre son lait à Lactalis pour ne plus dépendre, justement, des prix du marché, notamment, mais aussi parce qu'ils étaient en quête de sens dans leur travail et dans leur exploitation. Donc, ils ont ouvert leur propre laiterie et ils ont lancé leur propre marque de lait et de produits laitiers. Ça s'appelle Pure Perche. Et c'est Hélène Bonduelle qui s'est rendue dans l'Orne pour les rencontrer. Regardez.

On y va !

16:59
Invité

Lui-même éleveur laitier et mon grand-père aussi.

17:06
Présentateur

C'est une histoire de famille. Après, j'ai rencontré mon mari qui, lui, était passionné d'élevage. Et tous les deux, on a décidé de s'installer sur la ferme familiale. Aurélie, elle, a choisi de rompre avec ce modèle familial. D'abord, les prairies ont remplacé les cultures de céréales.

17:22
Invité

Et puis, surtout, le couple a pris une décision radicale. Quitter le système industriel, ne plus vendre son lait aux géants de l'agroalimentaire Lactalis. Quand, du jour au lendemain, vous décidez que c'est fini, vous ne vous ferez plus collecter par votre industriel, j'estime qu'il faut quand même

17:38
Présentateur

avoir l'âme guerrière parce que le lait, c'est pas un robinet qu'on ouvre ou qu'on ferme. Nous, les vaches, c'est matin et soir. Elles ont du lait toute l'année

17:46
Invité

et le lait, ça ne se conserve pas.

17:49
Présentateur

Alors, avec son mari et deux autres fermes associées, ils ont créé leur propre marque de lait, pure perche. Depuis 7 ans, sa traite n'a plus la même saveur.

17:59
Invité

Ça donne un sens à la vie, quand même. En fait, j'ai repris ma liberté que je n'avais pas avant parce que là, je sais exactement ce qu'on va faire de mon lait. Donc ça, c'est... Enfin, pour moi, ça n'a pas de prix. On a un travail et on connaît la finalité de notre travail.

18:15
Présentateur

Et la finalité se trouve à une vingtaine de kilomètres seulement, dont cette laiterie flambe en oeuvre grâce au lait collecté chaque jour. C'est le lait des producteurs du coin.

18:27
Invité

Tout est à proximité, donc ça fait vraiment... C'est en cycle court, quoi. Donc c'est vrai que c'est... C'est gratifiant.

18:35
Présentateur

Des yaourts, des fromages et les fameuses briques de lait pure perche. Ici, la société transforme déjà 10 000 litres de lait par semaine.

18:45
Invité

Mais elle espère multiplier par 10 la production. Si on ne se bat pas aujourd'hui pour protéger cette filière, notamment la filière laitière, demain, on ne pourra plus en parler. Les produits sont vendus dans les épiceries et les supermarchés locaux. Une bonne initiative, forcément. Tout ce qui est pur local, c'est très bien. Moi, je vais aussi dans une épicerie locale où ils vendent les légumes locaux, etc. à nos gens. Bon, voilà, ce sont des choix. Oui. Évidemment. Personnel.

19:14
Présentateur

L'objectif est maintenant d'accélérer les partenariats avec les collectivités locales pour que le modèle soit totalement viable.

19:22
Invité

À terme, c'est un modèle qui va fonctionner. Je pense que dans chaque région, ce modèle, il peut être transposable où des agriculteurs reprennent leur outil en main

19:30
Présentateur

et puis se disent « Oui, on fait de bons produits et on est capable de les vendre. »

19:38
Invité

En fondant leur marque, Aurélie et ses associés ont aussi permis de créer 13 emplois dans la région.

19:43
Présentateur

Il y a un mot qu'on a entendu dans ce reportage et je parle sous le contrôle de Mariette, c'est le mot « choix ». C'est un choix de la part de ces éleveurs, c'est aussi un choix de la part des consommateurs. Exactement. Et c'est aussi un choix de vocabulaire, un choix de mots et un choix de paradigme, comme on dit, c'est-à-dire avec l'agriculture. C'est un mot assez récent, agriculteur, c'est la révolution industrielle. On est dans l'industrie, rentabilité, etc. C'est un métier industriel nécessairement grand. Alors qu'avec ce qu'on vient d'entendre là, on est dans le, je crois, le mot n'a pas été prononcé, mais c'est quand même ça, la paysannerie, le paysan. On revient au local.

Paysan et agriculteur, de ce point de vue, il nous indique une discussion politique. Est-ce que ça vous inspire ? C'est vraiment intéressant ce que vous dites entre le paysan et l'agriculteur. Alors moi, je suis étudiant, certes, je suis aussi jeune agriculteur. Vous êtes étudiant en quoi ? En agronomie. En agronomie, donc un parcours en ingénierie. Ensuite, j'ai été un parcours entrepreneurial à Polytechnique et HEC et je reprends l'exploitation familiale. Et en parallèle, j'ai créé une société qui s'appelle Teragro. On développe des systèmes d'intelligence artificielle pour simplifier le quotidien de l'agriculteur.

Ce que vous dites entre paysannerie et agriculteur, moi, ça me sidère en fait. Parce qu'aujourd'hui, on joue sur des marchés qui sont internationaux et l'agriculteur, c'est un chef d'entreprise. L'agriculteur, c'est un dirigeant de PME. Il porte des capitaux qui sont lourds et qui sont très peu rentables. Donc aujourd'hui, il faut qu'on fasse un choix, un choix politique. Est-ce qu'on soutient l'agriculture française ? Et auquel cas, il faut complètement aller à l'encontre de l'accord UE-Mercosur parce qu'on va être driveé par des marchés internationaux.

Donc là, la paysannerie en tant que telle, elle ne sera pas viable parce qu'on le voit que les consommateurs, aujourd'hui, leur plus grosse préoccupation, c'est le pouvoir d'achat. Alors, j'en bondis parce que vous allez me dire dans certains cas que ce n'est pas plus cher. Je le conçois chez les bouchers par exemple. Mais il en est quand même que la grande distribution reste moins chère. Aujourd'hui, l'agroalimentaire reste moins cher que l'agriculture et de la consommation locale. Donc moi, ça me sidère en tant que jeune agriculteur d'entendre ça parce que je m'installe et moi, je suis un chef d'entreprise.

Et donc, je vais aller me battre contre des Brésiliens, contre des Argendrins, contre l'Uruguay, contre la Pologne et contre l'Ukraine. Donc aujourd'hui, on a besoin, moi je le dis, de transformer le système d'éducation parce que les jeunes agriculteurs doivent connaître leurs coûts de production. Rémi, vous êtes administrateur du Serf France. Aujourd'hui, les coûts de production ne sont pas connus de la part des agriculteurs. Et ça, c'est dramatique. Donc aujourd'hui, comment on fait quelle PME est gérée sans connaître ses coûts de production ? Je vous pose la question, je pense qu'aucune PME n'est gérée sans connaître ses coûts de production.

Donc aujourd'hui, il faut réformer le système d'éducation. Il faut que les jeunes agriculteurs soient des vrais entrepreneurs et qu'on porte... Je crois qu'il y a un professeur en lycée agricole dans le public. Vous pouvez lui répondre ? Oui. Est-ce qu'il y a un problème aussi dans la formation économique, j'allais dire, des futurs agriculteurs ?

22:24
Invité

Alors non, aujourd'hui, dans la formation agricole, nous, il y a des formations spécifiques justement sur l'économique, l'économique agricole. Mais après, c'est un peu... Pour certains des futurs... Enfin, les élèves qui finissent leur formation, comme je le disais, c'est le saut dans l'inconnu. Aussi, sur un monde qui est connu et où on a des élèves qui sont motivés, on voit, on a 200 000 élèves dans les lycées agricoles, 40 000 qui sont potentiellement... Enfin, qui ont la capacité d'installation, pardon, mais sur ces 40 000, il ne va y en avoir qu'un tiers qui va pouvoir s'installer. Pourquoi ?

Parce qu'aujourd'hui, on leur dit de faire ce qu'on appelle un parcours à l'installation, mais pour eux, ce n'est plus un parcours à l'installation, c'est un vrai parcours du combattant. Pourquoi ? Parce qu'il y a le foncier qui rentre en compte, il y a aussi... On leur demande de faire des projections sur 5 à 10 ans, mais aujourd'hui, avec l'instabilité actuelle, c'est très, très compliqué pour...

23:27
Présentateur

Alexandre, Nicolas, qu'est-ce que vous pouvez leur répondre ? Non, mais de manière très concrète, oui, il y a un effort à faire sur la transmission, mais si vous permettez, je vais répondre sur un ensemble de choses qui ont pu être dites. Monsieur a évoqué tout à l'heure pour les betteraves, les problématiques avec aujourd'hui des normes et des produits qui sont interdits chez nous et qui sont autorisés dans d'autres pays. On en a suffisamment parlé, on parle du cas du Mercosur, je vais y revenir, mais de manière très concrète, quand on parle, je suis désolé, on va revenir sur l'acétamipride, mais on est le seul pays à interdire l'acétamipride. Je prends un exemple, la filière noisette.

Il y a eu des difficultés justement à cause d'un virus pour les noisettes. On a été... C'était impossible de produire plus de 5% de la consommation française. Donc on a apporté 95% des noisettes consommées en France avec de l'acétamipride et avec les émissions de gaz à effet de serre que ça entraîne de manière supplémentaire. Vous voyez les mesures idéologiques ce que ça peut entraîner. On parlait du Mercosur. Le Mercosur, on a signé cet accord par Mme Van der Leyen et je dis on parce que la France y a participé contre notre volonté parce que les autres qui sont présents ici ont élu Mme Van der Leyen et le commissaire à l'agriculture M.

Hansen qui ont défendu l'accord sur le Mercosur et d'ailleurs ils ne font rien peser pour essayer de faire entendre la voix de la France parce qu'ils veulent donner toujours plus à une Union européenne qui joue de plus en plus contre nous sur les accords internationaux. Le Mercosur de manière concrète parce qu'on l'évoque comme ça. On dit la filière bovine. On avait 40% de droits de douane. On passe à 7,5% de droits de douane.

Quand on parle de droits de douane c'est rentrée d'argent supplémentaire pour nous mais donc baisse des rentrées d'argent et donc fiscalité supplémentaire et contribution supplémentaire de la France pour compenser et en plus concurrence déloyale parce que la différence entre ces 40 et 7,5% ça fait baisser considérablement le prix et on rentre dans une concurrence déloyale avec du bœuf produit aux hormones. Vous voyez l'absurdité et la telle manière... Les clauses de sauvegarde qui ont été ajoutées au début septembre par la Commission européenne. On est sur toujours 99 000 tonnes sur la filière bovine. C'est ce qu'aujourd'hui on reçoit en importation sur la filière bovine.

Donc on est sur la même quantité mais sauf avec un prix qui va être inférieur. Vous vous rendez compte de l'absurdité. Vous m'avez coupé mais je parlais du Mercosur et ensuite on évoquait un autre sujet. On a parlé des normes on a parlé... Non mais sur la... Pardon. Sur le... Je parlais du Mercosur le rendement et donc je parlais des transmissions je suis désolé je voulais aborder un troisième point. On parlait des difficultés à l'installation des jeunes agriculteurs. Si je peux me permettre parce qu'on a parlé de rendement et c'était intéressant ça sur les différences de rendement. Et là aussi on est les seuls ici à s'être opposés au pacte vert.

Il faut comprendre ce qu'il y a derrière le pacte vert. Tout à l'heure vous avez parlé du... Vous ne l'avez pas prononcé mais c'était le bio que vous évoquiez en réalité. Le bio ça peut être très bien il y a un marché qui était de 6,8 on est descendu à 6,1 parce que les consommateurs ont moins de moyens. Et qu'est-ce qu'on fait en réponse à ça avec un marché du bio qui se réduit ? On décide d'imposer à l'échelle française européenne 25% de bio et avoir des aides qui correspondent à ça. C'est-à-dire on veut donner et inciter à produire pour quelque chose où il n'y a pas aujourd'hui de marché.

Et quand on parle de rendement vous le savez mieux que moi mais le blétende c'est 57% de rendement en moins le bio. Vous avez l'orge vous êtes à près de 50% de rendement en moins. Vous prenez filière par filière vous avez un rendement en moins considérable avec évidemment donc des difficultés à s'aligner en termes de coût aujourd'hui par rapport à d'autres pays si on suit ces trajectoires-là. Et donc moi j'en ai marre qu'on tape sur des agriculteurs qui ont fait en réalité au-delà des postures idéologiques que certains veulent mettre en place en imposant à un moment où ça n'a honnêtement beaucoup moins lieu d'être parce qu'aujourd'hui presque tout le monde est en agriculture raisonnée.

Les agriculteurs monsieur vous travaillez sur l'IA c'est un sujet qui m'a un peu intéressé sur les drones GRK avec les capteurs multispectraux avec la capacité de faire au centimètre carré près justement en termes d'épandage et aujourd'hui on est beaucoup plus précis mais aussi pour des soucis d'économie parce que pour les agriculteurs il y a un rendement supplémentaire quand on consomme moins évidemment de phyto et donc il faut arrêter de culpabiliser les agriculteurs français qui sont aujourd'hui ceux qui produisent avec le plus de règles et qui font en réalité encore plus attention que les autres et qui se retrouvent en difficulté face à une concurrence qui ne produit pas de la même manière et c'est ce qui explique on peut toujours parler mais les chiffres ne trompent pas il y a 25 ans on était deuxième pays exportateur on est septième on est en voie de passer huitième on peut refaire le monde on peut en parler autant qu'on veut mais si on continue de suivre la même trajectoire on va continuer vers une tiers mondialisation qu'on a connue dans l'industrie et qu'on est en train de connaître dans l'agriculture française moi pour parler des drones c'est vraiment super intéressant il faut aussi se pencher sur l'accessibilité à la technologie aujourd'hui ça coûte extrêmement cher pour un agriculteur de s'équiper et il faut arrêter de se mentir quand on pense que les agriculteurs font tous de la précision on va tendre vers ça mais si on veut faire de la précision il faut pouvoir la financer si on veut la financer il faut de la rentabilité donc moi j'ai décortiqué un petit peu la proposition de la commission européenne sur la prochaine PAC avec un budget proposé de moins 20% quand même ça il faut l'évoquer et en tant que jeune agriculteur on va faire face à une restructuration du marché c'est à dire que 150 000 exploitations vont changer de main dans les 10 ans et on ne voit pas de budget qui s'alloue à la reprise d'exploitation aujourd'hui quelle est votre vision sur cette transmission d'exploitation c'est sur cette restructuration du marché et je prends vos mots la paysannerie est-ce qu'on va vers de la paysannerie ou de l'agriculture d'entrepreneurs de chefs d'entreprise qui va être compétitif à l'échelle internationale

28:54
Aleksandar Nikolic

c'est moi là-dessus quand même parce que je suis étonné que vous soyez étonné sur la dualité entre paysannerie et agriculture parce que mon analyse se discute c'est que la difficulté dans laquelle est le monde agricole aujourd'hui c'est précisément à cause de son industrialisation et notamment à cause de l'augmentation des investissements auxquels on a contraint un certain nombre d'agricultrices et d'agriculteurs quand vous avez un suicide tous les deux jours dans ce domaine-là c'est aussi lié à cela vous parlez de la difficulté des reprises d'entreprise mais reprendre une entreprise où il y a eu tellement d'investissements où font mettre un, deux millions d'euros alors que comme vous l'avez dit il n'y a aucune certitude et assurance sur les revenus qui vont venir je pense que c'est une très mauvaise direction et quand on parle de ce qu'on appelle l'agriculture de précision très franchement je vous le dis en faisant ça on va transformer encore plus l'agriculture en un milieu professionnel ubérisé l'ubérisation du travail le premier domaine qui a connu ça à cause de l'industrialisation c'est le milieu agricole et moi je veux que les agriculteurs et les agricultrices les paysannes et les paysans reprennent le pouvoir sur leur vie aujourd'hui on leur a volé le pouvoir on leur a volé le pouvoir sur les prix d'achat on leur a volé le pouvoir sur leur façon de produire on leur a volé le pouvoir

30:10
Présentateur

je vous remercie on est des chefs d'entreprise on pilote nos entreprises on les pilote comme des adultes donc il faut arrêter aussi de nous prendre pour des enfants qui se font voler je ne sais quoi maintenant la rentabilité on n'en a rien à foutre on a compris ça d'accord

30:24
Aleksandar Nikolic

les seuls qui n'ont rien à foutre de la rentabilité madame c'est les multinationales les géants de l'agrochementaire qui vous contraignent les prix c'est eux qu'on en a perdu allez-y Marie

30:31
Présentateur

comment est-ce que ça donne la rentabilité sur nos exploitations la rentabilité ces dernières années sur mon exploitation c'est ce qui a permis de financer l'agroécologie voilà la réalité elle est là vous voulez bien nous expliquer dans le cadre de votre exploitation ce que vous voulez dire exactement très concrètement moi aujourd'hui je sème entre chaque culture des couverts je suis obligée de couvrir mes champs parce que réglementairement je n'ai pas le droit de faire autrement pendant l'hiver d'accord sauf que au lieu de mettre une ou deux semences moi j'investis j'en mets cinq puis j'investis aussi dans des produits pour faire des essais pour ensemencer mes champs avec des comment dire des bacilles des trucs de yaourt enfin vous voyez pour merci je perds mon mot par l'énervement donc j'ensemence mes champs avec des levures que j'ai moi-même cultivées j'y ai passé du temps j'y ai mis beaucoup d'argent cet argent il vient de ma poche je ne suis pas obligée de le faire donc un c'est la rentabilité des années précédentes qui me permet d'innover deux aujourd'hui je vais plus avoir de rentabilité ça va s'arrêter ça va s'arrêter pourquoi parce que vous êtes obligée de trop dépenser parce qu'en fait on met tout notre temps on passe tout notre temps et tout notre argent à essayer de courir après des marchés internationaux avec deux boulets au pied c'est à un moment donné la rentabilité il faut arrêter de cracher dans la soupe la rentabilité aujourd'hui comme dans n'importe quelle entreprise c'est ce qui permet d'investir moi je m'inscris en faux contre cette opposition ça ne vous plaît pas mais c'est comme ça je ne suis pas un paysan ou un agriculteur je suis une agricultrice paysanne les deux à la fois et j'adore marcher en pleine et j'adore faire mon métier mais je le fais comme une chef d'entreprise mais vous avez face à vous des décideurs des législateurs vous leur demandez quoi ce soir ?

on leur demande de nous enlever les boulets des pieds on commence par lequel ? on commence par quel boulet ?

je vais vous expliquer cette histoire de normes on nous a expliqué tout à l'heure que ce n'est pas un problème de normes c'est un problème d'agro-business très bien moi je vais vous expliquer concrètement ce que c'est qu'une norme pénalisante j'ai donc semé ces fameuses intercultures que je dois semer j'ai décidé de faire une expérimentation plutôt que de couvrir huit semaines mon sol j'ai décidé que mon sol chez moi il serait couvert de juillet à mars jusqu'à la culture suivante parce que je trouve que c'est meilleur et que ça va m'éviter un labour jusque là tout le monde est content tout le monde est d'accord le 23 septembre donc pas plus tard qu'il y a 5 jours je me décide à en fait retourner cette première interculture qui n'a pas bien fonctionné pour en semer une deuxième parce qu'elle sera plus efficace et entre temps j'ensemence avec mes fameux bacilles jusque là le parcours agronomique pardon mais pas mal voilà j'ai mis de l'argent j'ai réfléchi j'ai même fait venir des conseillers sur mon exploitation pour essayer que ce soit les vers de terre et pas la charrue qui fassent le boulot je coche toutes les cases de tout le monde tout le monde est content sauf l'adréal vous voulez bien nous dire ce que c'est l'adréal pour les téléspectateurs de je sais plus quoi

33:40
Invité

et de l'administration c'est l'administration

33:42
Présentateur

qui me dit qu'après le 20 septembre je n'ai pas le droit de retourner ce couvert pour en semer un autre ça c'est une norme pénalisante débile et qui m'empêche de faire de l'agroécologie et c'est quelle norme pourquoi est-ce qu'on vous empêche à trois jours près de retourner votre terre c'est la directive nitrate voilà c'est la directive nitrate qu'est-ce qu'on fait avec ce genre mais c'est réglementation

34:02
Aleksandar Nikolic

débile là il y en a plein dans la polyculture élevage

34:05
Présentateur

non mais c'est notre quotidien

34:06
Aleksandar Nikolic

non mais je sais bien que c'est votre quotidien c'est les sujets les autres réglementations débile moi j'ai appris ça dans la polyculture élevage si vous êtes obligé à un moment de replanter votre prairie si vous êtes dans votre dispositif vous avez une prairie au-delà de 7 ans si vous ne la retournez pas et vous ne plantez pas dessus vous perdez les aides alors qu'une prairie plus elle est gardée longtemps mieux c'est donc là-dessus ces réglementations débiles là je suis complètement d'accord mais c'est votre camp qui soutient ça c'est juste énorme non non c'est vous qui avez voté la PAC mais alors qu'est-ce que vous êtes d'accord

34:34
Présentateur

sur le constat

34:35
Aleksandar Nikolic

pourquoi est-ce que ça ne change pas parce que quand on parle de simplification je vais vous expliquer pourquoi quand on est à Bruxelles quand on nous parle de simplification là c'est pas ces normes là qui vont être mises en question c'est pas celles là la réalité c'est ça madame moi j'écoute ce que vous dites parce que moi je ne suis pas agriculteur paysan donc j'écoute ce que vous dites sur la façon dont les trucs sont votés vous me croyez ou pas je vois un petit peu comment ça se passe et quand on fait de la simplification de normes qui est-ce qu'on écoute ? les lobbies qui sont les lobbies ?

pas vous les lobbies de l'agro-industrie les lobbies de l'agro-alimentaire et les lobbies de l'agro-chimie c'est ceux-là qu'on écoute et c'est ceux-là qui vont combattre et il y a un autre sujet

35:14
Présentateur

vous dites qu'il faudrait un vrai lobby agricole à Bruxelles ?

35:17
Aleksandar Nikolic

non je dis qu'il faut oui enfin surtout il faut empêcher les lobbies qui détruisent l'agriculture de continuer à être écoutés à Bruxelles mais sur la question de la rentabilité moi c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup tout le travail que je fais en ce moment au sein de la commission agriculture c'est me battre pour que dans la chaîne de valeur de la production alimentation la part qui n'a cessé de diminuer des agriculteurs des paysans augmente parce qu'aujourd'hui ceux qui se font de l'argent dans cette filière-là c'est pour ça que je parlais d'ubérisation c'est pas du paternalisme c'est qu'aujourd'hui les firmes de l'agroalimentaire sous-traitent aux agriculteurs paysans la fourniture de matières premières et c'est eux qui s'enrichissent avec et c'est pour ça que j'essaye de faire en sorte qu'il y ait un égalime européen j'essaye de faire en sorte que les aides à l'agriculture aillent vraiment aux agriculteurs alors votre collègue

36:08
Présentateur

du parlement de la commission européenne pardonnez-moi votre collègue de Bruxelles n'a pas l'air très d'accord avec vous non mais si en fait je disais il y a déjà une loi égalime française il faut déjà que la loi égalime française soit appliquée

36:18
Aleksandar Nikolic

vous n'avez rien compris à l'histoire

36:19
Présentateur

il faut qu'elle soit européenne pour qu'elle marche parce qu'aujourd'hui

36:21
Aleksandar Nikolic

elle est contournée

36:23
Présentateur

c'est tout le problème c'est pour ça que je dis que je n'étais pas contre je dis qu'il faut évidemment qu'il y ait une loi égalime européenne mais il faut déjà que la loi égalime française soit respectée non elle ne pourra pas être respectée

36:36
Aleksandar Nikolic

parce que les géants d'agroalimentaire passent les géants d'agroalimentaire passent par d'autres pays

36:41
Invité

monsieur Cormont parce que je vous écoute depuis tout à l'heure sur l'agro-business l'agro-industrie etc mais à aucun moment j'ai l'impression moi en tant que jeune agriculteur je me suis installé il y a un an et demi j'ai l'impression que ce que vous vous votez ça les impacte eux c'est que j'ai l'impression que nous ça nous impacte nous j'ai l'impression comme vous dites de marcher avec deux boulets au pied depuis deux ans là en un an et demi au delà de l'aspect du parcours du combattant de l'installation je suis déjà en train de me poser la question du devenir est-ce que je continue à produire des betteraves en France selon ce que vous dites visiblement c'est de l'agro-business moi je suis désolé en Seine-et-Marne les deux dernières sucreries privées de France c'était chez nous et elles ont disparu l'année dernière et avec le Mercosur qui vient d'être signé c'est encore du sucre qu'on va importer et pas avec nos normes et au détriment de cette filière là c'est assez dramatique de voir ça parce que au-delà de la betterave la betterave quand même c'est vertueux on produit du sucre la sucrerie elle tourne en autonomie électrique durant toute la récolte et en plus on a des coproduits pour l'élevage moi j'ai les appellations bride-moi bride-melin sans la betterave il y a plus des appellations chez moi la question c'est est-ce qu'on veut toujours de cette souveraineté alimentaire parce que franchement c'est quand même un mot qui est employé dans les médias depuis la colère vraiment paysanne depuis 2024 des agriculteurs comme vous voulez mais je ne ressens pas en tout cas de la part du pacte vert par exemple une volonté d'aller vers ce schéma agricole d'encourager les paysans je vois toujours plus de normes plus de contraintes et franchement quand je vois le deal du Mercosur en gros dans l'aspect économique on pense que ça va augmenter de 0,1% la croissance de l'UE et 0,3% pour le Mercosur donc j'ai l'impression que de base on est perdant dans ce deal pourquoi ça a été fait ?

38:22
Aleksandar Nikolic

alors ça le Mercosur alors d'abord vous dites vous votez moi la PAC telle qu'elle s'applique aujourd'hui je ne l'ai pas votée j'ai voté contre votre groupe a voté pour non mais non je veux je préciser quand même j'ai voté contre vous préciserez ça c'est l'effet et deuxième chose sur le Mercosur ne dites pas qu'il est signé parce qu'il n'est pas non mais pourquoi je vous dis ça parce qu'on vous fait croire qui va être adopté or c'est pas du tout fait il y a plusieurs étapes là-dessus et là il y a un retournement de veste de la part de Macron qui me révulse il était le premier à dire mener le combat contre ce Mercosur et là dans votre reportage vous parlez des clauses de sauvegarde mais franchement c'est du baratin l'accord tel qu'il a été fait il a été signé par Madame Van der Leyen en Amérique il ne bougera plus donc il y aura de l'habillage on va expliquer oui c'est comme le sketch de Coluche les clauses miroir les clauses de sauvegarde mais votre groupe a voté pour non une majorité de mon groupe n'a pas voté mais peu importe je ne suis pas dans le truc politicien si vous voulez moi je n'ai pas voté pour Van der Leyen donc la question sur le Mercosur il y a deux étapes décisives et vraiment moi je veux que la manifestation qu'il y a aujourd'hui chez Clacomf en fait une mi-octobre il faut qu'on fasse un front commun parce qu'on peut gagner ce combat un il y a le vote de la France au conseil il faut contraindre ce gouvernement à ne pas voter le Mercosur le problème c'est qu'il n'y a pas

39:36
Présentateur

de ministre de l'agriculture en ce moment il est démissionnaire

39:38
Aleksandar Nikolic

oui mais ça c'est d'ailleurs je me demande dans quelle mesure bref il y aura une autre étape et là là dessus il faudra qu'on soit tous ensemble c'est le vote au Parlement c'est le vote au Parlement européen le Parlement européen devra voter ou pas ce Mercosur et moi je pense qu'on peut trouver une majorité contre au Parlement européen pour qu'il ne s'applique pas

39:57
Invité

techniquement il a été scindé en deux justement pour

39:58
Aleksandar Nikolic

non non non non non le scindé en deux le scindé en deux vous avez raison ils ont magouillé ils l'ont scindé en deux pourquoi ?

pour ne pas passer par le vote de tous les parlements nationaux mais même la partie que vous avez la partie elle sera ils ne peuvent pas passer sans le Parlement européen donc ça passera au vote du Parlement européen donc il ne faut pas se mettre dans la tête que le combat est perdu c'est ce qu'ils veulent nous faire croire c'est ce que von der Leyen veut nous faire croire il n'est pas perdu et ce qui va être décisif notamment je vous le dis chers collègues ça va être le vote des députés européens macronistes au Parlement européen leur vote ils sont 13 sera décisif donc il faut mener ce combat et aller faire des manifestations en Allemagne aussi un mot d'Alexander

40:36
Présentateur

vous l'avez très bien souligné sur la différence de ce que ça va à qui ça va bénéficier réellement le Mercosur et les seuls à qui ça va bénéficier au sein de l'Union européenne c'est surtout aux Allemands et notamment par rapport aux voitures et donc aujourd'hui on a favorisé cette filière-là et Mme Anderleïen c'est ce qu'elle a fait au détriment de l'agriculture française et on ne peut pas accepter aujourd'hui qu'il y ait une Union européenne qui joue contre nous quand on vous parlait tout à l'heure de la PAC elle va diminuer de 2 milliards d'euros donc Mme Genevard dit oh là là mais je ne comprends pas pourquoi c'est choquant mais à un moment ça suffit de toujours se dire on cherche à faire des économies et qu'est-ce qu'on décide de faire d'augmenter notre contribution à une Union européenne qui joue contre nous sur les accords avec Trump en priorité contre la France qui joue contre nous en signant l'accord sur le Mercosur et qui systématiquement s'oppose à nos intérêts vous vous êtes opposé justement ce qu'on l'avait à l'Assemblée nationale

41:28
Aleksandar Nikolic

on l'avait demandé ce sont vos amis qui vont quand Trump est investi c'est vos amis qui allaient mais pas du tout justement nous on est dans un rapport de force je ne vais pas en refaire ce débat

41:38
Présentateur

tout de suite moi je vais prendre la parole ce que vous faites ici c'est ce qui se passe à l'Assemblée en ce moment on ne va pas vers le progrès c'est un sujet important monsieur si je peux me permettre je vais finir parce que vous dites vous allez dire vous polémiquer non faire en sorte je suis désolé mais faire en sorte parce que ça vous concerne faire en sorte qu'on puisse mettre la pression sur l'Union Européenne pour défendre nos intérêts en disant stop aujourd'hui il n'y a pas d'Union Européenne si la France ne contribue pas en perdant près de 10 milliards d'euros par an grâce aux impôts des français et bien c'est un moyen et un levier pour leur mettre la pression et pour que ce qui est voté au sein du Parlement Européen par la Commission Européenne arrête d'être contraire aux intérêts des agriculteurs français c'est pas de la polémique à deux balles où je cherche à faire des conflits ou quoi que ce soit je tiens à le préciser je ne dis pas que vous faites de la polémique c'est ce qu'on voit en ce moment dans le paysage politique la précédente émission était à ce sujet aujourd'hui on n'est pas représenté par nos politiques nous en tant que jeune agriculteur moi ce que je veux voir c'est le futur on parle de la PAC aujourd'hui vous êtes là à vous tirer des balles sur ce qui a été voté dans le passé mais il faut qu'on arrive à avancer moi je ne suis pas d'accord avec vos propos mais je les entends et je les comprends donc il faut qu'on avance quand on parle des politiques du ministre de l'agriculture qui va être nommé mais aujourd'hui il faut qu'on nomme un ministre qui verra le futur de l'agriculture il faut qu'on nomme un ministre qui sera acteur du changement et moi aujourd'hui ce que je vois c'est que la politique aujourd'hui elle s'affronte sur du passé et elle s'affronte mais si il faut qu'on avance je vous parle de la contribution maintenant si on dit stop on arrête de contribuer autant et c'est ce qu'on a demandé en disant si vous ne revenez pas si la commission européenne ne revient pas sur cet accord avec le Mercosur ou sur ces négociations avec Trump qui sont contraires aux intérêts français ça n'ira pas et c'est pour ça que vous parlez du futur oui il faut revenir sur ce pacte vert qu'est-ce que c'est que ces règles et ces normes qui nous pénalisent dans un monde ouvert parce qu'en même temps on signe des accords internationaux avec des règles qui ne sont pas les mêmes et en plus avec des visions je ne veux pas taper sur le bio je le disais il faut qu'il y ait un marché mais avec une vision totalement idéologique en disant il y aura 25% de bio en s'en prenant en réserve d'eau on se plaint du réchauffement climatique mais on ne veut pas s'y adapter vous parlez tout à l'heure d'IA l'humain a toujours trouvé des solutions face aux difficultés qu'on peut rencontrer et moi j'ai envie de parler de futur aussi mais pour ça il faut en parler concrètement et se dire qu'on ne peut pas accepter même si ça a été un vote passé mais c'est un vote qu'on peut changer et on peut revenir dessus parce qu'on va droit à la catastrophe ce qu'on est en train d'évoquer avec un déclin de notre agriculture il va s'amplifier si on continue de signer des accords de libre-échange internationaux et en fixant toujours plus de règles et de normes qui pénalisent l'agriculture française Je voudrais aussi qu'on ait ce soir une pensée pour les agriculteurs des Alpes, de Savoie, de Haute-Savoie du Rhône et de l'Aisne qui n'ont pas pu participer aux manifestations ce matin en raison de cet épisodier qui fait rage là-bas ça fait partie des crises sanitaires aussi que va devoir gérer le prochain ministre de l'Agriculture la dermatose nodulaire contagieuse la maladie a été décelée fin juin sur des bêtes de Savoie et de Haute-Savoie aujourd'hui on en est à 79 foyers détectés dans 47 élevages l'abattage total des foyers infectés a causé, vous allez le voir une très vive émotion chez les éleveurs c'est un reportage de Katia Gilder avec Juliette Prunier à Saint-Féréol en Savoie regardez

44:45
Invité

donc voilà

44:49
Présentateur

c'est tout vide donc là il y avait 48 vaches laitières et 20 veaux qui étaient de l'autre côté dans la nursery donc qui ont été qui ont été dépeuplés le 22 juillet voilà, deux mois Nicolas n'a rien pu faire pour sauver son troupeau quand un cas est détecté dans un élevage toutes les vaches sont abattues moi depuis que je sais marcher je viens là quoi donc ben j'ai 40 ans à la fin de l'année c'est 40 ans de ma vie quoi voilà Guillaume, le cousin de Nicolas a eu plus de chance sa ferme est à moins d'un kilomètre ses vaches n'ont pas été touchées par la dermatose mais pour éviter une nouvelle contamination l'Etat impose des restrictions sanitaires drastiques

45:41
Invité

j'ai un voisin encore plus proche on est à 50 mètres, 100 mètres j'ai pas le droit de lui vendre une vache alors que nous aujourd'hui on est en surnombre ainsi dire et on a pas le droit

45:52
Présentateur

Dans son malheur Nicolas compte une quinzaine de vaches rescapées restées en pâturage dans la montagne mais il ne peut pas les ramener tant que sa ferme n'a pas été totalement désinfectée la traite se fait dehors Notre bâtiment n'a pas été lavé en temps et en heure pendant un mois on nous a dit vous occupez de rien l'entreprise va venir laver le bâtiment et au bout d'un mois on nous a dit ben voilà la liste d'entreprise c'est à vous de les contacter c'est à vous de lancer tout de contacter vos banques de demander une garantie financière aujourd'hui si les choses avaient été faites correctement comme elles devaient être faites on serait dans nos bâtiments avec nos animaux Pas de vaches dans le bâtiment cela veut dire pas de revenus et l'indemnisation de l'état tarde à venir Aujourd'hui on ne gagne rien là on dépense beaucoup d'argent mais il n'y a pas de rentrée d'argent on espère que ça ira vite aussi vite que l'effort qu'on nous a demandé nous en 48 heures on nous a tout pris il a fallu aller vite et aujourd'hui je trouve que l'état on ne va pas assez vite de ce côté-là là c'est les deux dernières qui sont nées Nicolas attend la levée des restrictions pour pouvoir repeupler son troupeau le dernier cas de dermatose a été détecté le 6 septembre 1728 bovins ont été abattus dans le département Il y a des agriculteurs de la coordination rurale de l'Aveyron et de la Lozère qui ont bâché ce matin le fameux taureau de l'Aïol vous savez c'est la statue qui est à l'entrée de la commune pour protester contre la gestion catastrophique de cette crise de la dermatose nodulaire ça vous fait réagir ?

Oui, merci de nous donner la parole justement je pense que c'est un bon exemple de règlement qui est un petit peu absurde parce que je crois que c'est 15 000 vaches chaque année qui sont saines et qui sont quand même abattues en prévention et ça en fait c'est justement pour permettre à la filière exportatrice de garder le label France Indemne et en fait comme on a vu c'est des agriculteurs indépendants qui perdent tout c'est dramatique et donc moi en fait j'ai envie qu'on parle des normes pour soutenir l'agriculture industrielle exportatrice et qui se fait au détriment de la grande majorité des petits paysans qui eux ont peut-être d'abord envie de produire local et de vendre à leurs voisins et peut-être pas tout de suite de se lancer dans le marché contre l'Ukraine il peut y avoir les deux quand même le Brésil et je pense qu'on parle pas assez de ces vraies normes qui pour le coup impactent très durement la vie des agriculteurs

48:15
Aleksandar Nikolic

là-dessus c'est vraiment intéressant parce qu'on parle parfois alors c'est un terme un peu de surtransposition on dit en France la surtransposition des normes le problème en France c'est qu'on surtranspose des normes européennes en pire là on a un très bon exemple de surtransposition puisque alors c'est pas le cas spécifiquement de la dermatose mais d'une manière générale en France et vous avez très bien expliqué la raison pour laquelle on le fait c'est qu'il y a une surtransposition française demandée de la part d'acteurs majoritaires dans ce domaine qui veulent qu'on fasse un surabattage de bêtes plus qu'on le fait dans d'autres pays d'Europe pour favoriser quoi ?

de l'export on n'est plus dans la souveraineté quand on a une stratégie qui est avant tout tournée vers l'export et ça je pense que c'est une erreur qui en plus crée non seulement des drames humains qui je pense nous touchent toutes et tous mais qui fragilisent nos terroirs parce que dans l'élevage notamment dans des territoires comme celui-ci où il y a des AOC les paysans les agriculteurs les éleveurs ils ont sélectionné pendant des années pour avoir un cheptel qui correspond à un certain type de production et du jour au lendemain on leur s'aborde ça d'une façon d'une brutalité que rien ne justifie

49:29
Présentateur

ça a été mal géré cette crise ? je ne sais pas si ça a été mal géré moi ce que j'aimerais c'est que justement qu'on écoute un peu plus la parole des scientifiques qui doivent donner des conseils et nous aider sur des sujets pareils mais pourquoi je dis ça ?

c'est parce que nous dans les végétaux on a connu exactement la même chose la maladie du feu bactérien à une période bon c'est pas c'est pas dans l'actualité d'aujourd'hui mais dès que vous trouviez une branche de ce feu bactérien on arrachait complètement nos vergers tout était brûlé, détruit aujourd'hui on a appris à vivre avec ce que j'aimerais c'est que justement oui qu'on fasse confiance aux scientifiques parce que le politique bien souvent et on le voit au sein de l'Assemblée nationale méconnaît la réalité du terrain et se fie à quelquefois des courants de pensée qui sont vraiment idéologiques ou dogmatiques dans les courants politiques et ça honnêtement ça me dérange alors dire que ça a été mal géré honnêtement le fait qu'il y ait une instabilité politique que ce soit très compliqué qu'on ne puisse pas solliciter moi j'encourage mes collègues députés justement à se calmer un petit peu d'arrêter de penser à 2027 et de voir la réalité d'aujourd'hui parce qu'il y a des agriculteurs qui ont besoin qu'on les écoute et qu'on puisse leur répondre aujourd'hui si on veut intervenir auprès de la ministre de l'Agriculture c'est quand même pas la chose la plus facile étant donné qu'on n'est pas forcément là il n'y a pas de question au gouvernement il n'y a rien il ne se passe rien si vous me demandez j'aimerais bien qu'on bosse oui on surveillera vos travaux à venir alors parce que cette session parlementaire elle va bien reprendre non mais dans l'hémicycle voilà j'espère merci juste une question quand même par rapport à l'élevage et ce que vous disiez tout à l'heure

51:08
Invité

ça veut dire que si je vous comprends bien si on ferme nos frontières et qu'on faisait qu'un marché intérieur sur l'élevage vous vous seriez enclin à supprimer cette norme

51:16
Aleksandar Nikolic

c'est pas ce que je dis moi cette norme d'abord elle est moi je la surtre si j'étais au pouvoir en France je ne ferais pas de surtransposition je ferais la même règle que dans les autres pays européens qui exportent également il ne faut pas croire que du coup on n'aurait plus le droit d'exporter c'est que certains pays demandent ce label spécifique et pour avoir ce label il y a un principe où sans raison scientifique c'est une raison purement qui est aussi biologique de business model on va sur-tuer ces cheptels et donc moi je suis opposé à ça il y a déjà des normes sanitaires européennes bien sûr pour protéger la consommation humaine elles existent déjà la question là c'est pourquoi la France sur-transpose elle ne devrait de mon point de vue pas le faire merci

52:00
Présentateur

je suis obligée de vous arrêter parce qu'on est déjà très en retard et qu'un autre sujet d'actualité a aussi rattrapé le programme de cette émission je voulais d'abord vous remercier d'avoir tous été cordiaux entre vous il me semble qu'il y a eu un échange assez constructif on a surtout fait des constats je ne suis pas sûre qu'on ait apporté beaucoup de solutions mais c'était important quand même de se parler sur tous ces sujets on va passer tout de suite au mot de la semaine et c'est avec Mariette Darigrand on a parlé de paysannerie tout à l'heure avec Mariette mais Mariette vous vouliez aussi vous arrêter ce soir sur une expression qu'on entend beaucoup depuis hier et qui est finalement assez étrange écoutez exécution provisoire exécution provisoire exécution provisoire exécution provisoire exécution provisoire alors j'essaie de me remémorer mes cours de sciences du langage c'est un oxymore absolument Adeline un oxymore c'est-à-dire une contradiction dans les termes évidemment parce que provisoire c'est ce qui ne dure pas exécution c'est définitif alors comment ça s'est fait ?

ça fait beaucoup sourire tout le plateau Mariette ça s'est fait par le vocabulaire du droit qui est un vocabulaire compliqué et qui envoie beaucoup d'imaginaires pour des gens comme nous je pense qui n'ont pas cette expertise oui on n'est pas tous des juristes voilà alors pour les juristes provisoires en l'occurrence ça veut dire immédiat c'est-à-dire que c'est pour lutter contre la lenteur de la justice bon on va exécuter avant même qu'il y ait un procès en appel mais peut-être pour nous ça veut dire plutôt emprisonnement parce qu'on pense à bien sûr détention provisoire qui est un vrai problème dans notre pays ça dure trop longtemps etc et là ça commence à nous raconter quelque chose qui est que dans les moments de 3, 4 mois, 2 ans etc on mélange des gens qui ont des peines qui n'ont rien à voir enfin qui sont parfois minimes parfois pour le président Sarkozy ce qui lui est reproché est grave est très grave donc il y a un effet symbolique très puissant et ça rejoint d'autres récits où des personnalités je sais pas du cinéma, du sport, de la politique sont tombées de leur piédestal voilà ça c'est un récit qui est très populaire tout le monde aime bien ça ça fait un peu rire et c'est complètement lié au mot exécuter parce qu'il a un double sens très voilà exécuter une tâche chacun de vous, de nous le fait on comprend bien c'est faire quelque chose mais ça veut dire aussi surtout en ce moment dans le français contemporain exécuter c'est tuer et ça nous avons beaucoup de récits violents qui nous le racontent ça peut être des faits divers sanglants comme des récits de séries par exemple ou de films il n'y a quand même pas eu une volonté d'exécuter Nicolas Sarkozy comme vous y allez pas dans le réel peut-être mais dans l'imaginaire il y a quelque chose comme cela qui se fait et c'est lié à un petit détail de langage récent vous avez remarqué qu'on ne dit plus tellement le gouvernement mais on dit l'exécutif c'est tout à fait à méditer parce que là se boucle quelque chose sur un plan de notre imaginaire qui serait le sentiment pour beaucoup de gens d'être plus ou moins exécutés sur taxés, mal considérés, etc et peut-être l'envie d'exécuter à leur tour les gens qui exécutent mal leurs tâches et qui exécutent les citoyens alors bien sûr l'exécutif ça vient de l'hygne du vocabulaire savant oui c'est la science politique pouvoir juridique législatif, judiciaire exécutif exécutif voilà mais ça c'est pas dans le vocabulaire populaire pour nous exécutif c'est ce que je viens de vous dire et là tous les présidents ne sont concernés pas que Nicolas Sarkozy ça raconte cette histoire de chute des puissants dont vous parlez et puis vous savez bien qu'en France finalement exécuter le roi en le guillotinant ça reste un mythe quand même assez imaginaire assez puissant et bien voilà qui est dit et qui a beaucoup fait sourire à la fois nos invités et à la fois notre public je voulais vraiment vous remercier ce soir d'avoir joué le jeu de l'échange merci à vous et merci surtout à vous merci à vous aussi de nous avoir suivis ce soir chaque voix compte revient mardi à 19h30 dans un instant vous retrouvez débat doc avec Jean-Pierre Gratien lundi à 19h30 vous retrouvez Francis Letellier pour l'indicé politique il recevra Manuel Bompard si vous aussi vous souhaitez assister à l'émission faire partie du public assister ou même participer en posant des questions à nos invités députés ou eurodéputés vous pouvez flasher le QR code qui apparaît ici sur votre écran je vous souhaite une excellente fin de semaine et je vous dis à mardi prochain et je vous dis

56:29
Locuteur

à mardi à la fin et je vous dis à mardi à la fin et je vous dis à mardi à la fin

Le cri de détresse des agriculteurs | Chaque voix compte - 26/09/25 — Aleksandar Nikolic · Pourquijevote