Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewMaison de l' Europe de Paris· 15 juin 2020 10 minAutoproduitPortrait personnel

3/3 Entretien de Catherine Lalumière sur les 35 ans de l'espace Schengen 3/3

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Temps de parole

  • Présentateur95 %
  • Catherine Lalumière5 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Quel avenir je souhaite pour l'Europe ? Parce que je ne suis pas devin, donc je ne sais pas finalement ce qui se fera. Alors je rêve un peu. Je pense que l'Europe a une tâche pour les Européens, mais aussi à l'échelle mondiale. Nous sommes dans un monde qui est très dur, ce n'est pas nouveau, mais qui est aujourd'hui très matérialiste. Ça aussi ce n'est pas nouveau, Martin. Nous sommes dans une société, l'ensemble de la planète, avec des soucis très matérialistes. Alors c'est normal si vous voulez que, par exemple, tout le monde veuille manger à sa faim, veuille pouvoir s'habiller, se loger correctement, etc. Bon, c'est du matérialisme. Et c'est tout à fait légitime.

Mais ce qui s'est produit au fil du temps, c'est que le but de l'existence est devenu finalement l'acquisition de biens matériels, de services matériels. Et finalement, la seule chose qui compte, c'est l'argent. Et c'est en cela que je le dis, c'est un monde très matérialiste. Alors, je répète, il faut que les besoins fondamentaux soient satisfaits, c'est tout à fait normal. Mais ce qui pose quand même un problème, c'est quand on voit un gaspillage incroyable, les inconvénients de la surabondance, et puis l'absence de valeur philosophique. C'est quelque chose d'extrêmement préoccupant. Le matérialisme triomphant, pour l'humanité, c'est une régression et c'est un gaspillage.

Car la nature nous a dotés d'un esprit. Je crois que l'histoire a fait en sorte que cette Méditerranée, comme disait Fernand Braudel, et ces pays, ce petit bout d'Asie, a traversé des siècles et des siècles. Et là, nous avons eu des penseurs, des intellectuels, des théologiens, des marxistes, qui ont beaucoup réfléchi et se sont développés des spiritualités. Alors, nous n'avons pas le monopole de la spiritualité. En Afrique, ça existe. En Extrême-Orient aussi. Mais l'être humain, il a un physique et des besoins liés à son corps. Il faut le nourrir, il faut l'entretenir. Donc, il y a des questions matérielles, c'est vrai. Mais nous avons un cerveau.

Et un cerveau qui a des idées, la pensée, et uniquement avoir pour but les biens matériels et l'argent, franchement, c'est du gaspillage. C'est du gaspillage parce qu'il y a la dimension spirituelle disparaît, qui n'est pas plus là. Je pense à un président actuel d'un grand pays, autrefois ami, qu'il est un peu moins. Ce n'est pas l'être humain idéal que je souhaite. Nous avons besoin d'avoir des gens avec un cerveau plus exigeant.

Et l'Europe a une responsabilité, de ce point de vue-là, parce que, je vous répète, elle n'a pas le monopole de la spiritualité, mais elle a un certain nombre d'expériences qui font qu'elle peut, j'espère, contrebalancer cette pensée matérialiste qui a dominé depuis pas mal de temps, je dirais au moins une cinquantaine d'années, peut-être davantage, et c'est devenu insupportable, intolérable. Et à certains moments, on se dit, d'ailleurs, mais ils vont détruire la planète. Et c'est complètement fou. Et je pense que l'Europe a une responsabilité.

5:42
Catherine Lalumière

Justement, dans le contexte actuel, avec la crise sanitaire qu'on traverse, on a vu que cette partie matérielle est très importante parce qu'il y a eu cette guerre logistique, entre guillemets, même entre les pays européens et du monde. On a eu aussi de l'entraide et de la solidarité. Quelles réponses pensez-vous que sont nécessaires pour l'Europe de demain, justement, pour faire face à ce type de situation si jamais on en aura d'autres ?

6:12
Présentateur

Non, mais loin de moi, l'idée est qu'il faille abandonner le terrain matérialiste. Par exemple, vous citez les mésaventures que l'on a eues au début de la pandémie quand on s'est aperçu qu'on n'avait pas les masques nécessaires. Bon, c'est évident que c'était très imprudent de laisser de fournisseurs uniquement en Extrême-Orient, rien que le temps pour acheminer ces produits dont on avait besoin pour notre santé. C'était très imprévoyant. Donc, il est nécessaire que nous résolvions nous-mêmes et sur notre territoire un certain nombre de choses. Il ne faut pas non plus vouloir tout fabriquer nous-mêmes, il faut équilibrer tout ça.

loin de moi l'idée que les questions matérielles, il ne faut pas s'en occuper. Il faut s'en occuper le plus intelligemment possible, le plus efficacement possible. Mais dans la société, il n'y a pas que ces questions matérielles. Et c'est en cela que je dis l'avenir de la planète, l'avenir de l'humanité, doit reposer sur une gestion intelligente des questions matérielles, mais aussi sur des valeurs. Et ne serait-ce que le partage de la richesse. Et là, on est dans le domaine social. Mais c'est aussi des valeurs sociales. Le déséquilibre trop important dans le partage de la richesse, c'est un facteur de conflit. inévitablement. Et pas tout de suite, mais au bout d'un certain temps.

Donc, je crois profondément que l'humanité doit essayer de gérer intelligemment les questions matérielles. Les questions matérielles. Loin de moi, l'idée qu'on est des purs esprits. Il faut que ces questions matérielles soient bien gérées, mais avec une dimension spirituelle très importante. Nous ne sommes pas des bêtes. Nous sommes, là aussi, je cite François Bitterrand, les choses de l'esprit. Nous avons un cerveau et il faut s'en servir. Mais c'est peut-être le rôle de l'Europe dans les années futures. Car nous sortons d'une période où le matérialisme a contaminé l'ensemble de la planète. Et ça, c'est quand même terriblement dangereux. Sous-titrage Société Radio-Canada