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Podcast / conversationBACKSEAT· 29 novembre 2025 65 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Les Insoumis à la CONQUÊTE des mairies - avec Manon Aubry

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    On va rentrer directement dans le vif du sujet avec le dossier ukrainien.

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Donald Trump a présenté un plan de paix pour l'Ukraine, un texte en cours de négociation avec la Russie. Le Kremlin trouve que les négociations avancent bien. Bref, ça ressemble quand même vachement à ce que demande Poutine, non ?

  • 2:37RelanceRéponse directe

    En mars dernier, tu disais que l'Union européenne et la France sont en train de sortir de l'histoire. Ils sont sortis ?

  • 3:45RelanceRéponse directe

    Mais sur la question ukrainienne, je te sens un peu défaitiste. C'est-à-dire qu'on a deux mastodontes que sont les États-Unis et la Russie, deux régimes d'extrême droite qui négocient sur le dos des Ukrainiens sans les Européens. Et quoi ? C'est fini ? Il n'y a plus rien à faire ?

  • 5:56OuverteRéponse partielle

    pas au prix de faire une conscription obligatoire et un service militaire.

  • 7:33FerméeRéponse directe

    Ça, ça existe déjà, ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51PrésentateurFait
    « Les ébauches de ce plan de paix américain reconnaissent entre autres l'annexion du territoire ukrainien par la Russie avec 20% du territoire, la limitation de la taille de l'armée ukrainienne, un cessez-le-feu, la tenue d'élection en Ukraine rapidement après la guerre. »
  • 1:10IntervenantFait
    « Je crois même que c'était quasiment un copier-collé. »
  • 1:23IntervenantFait
    « Donc, il est clair que c'est une paix aux conditions de Vladimir Poutine. »
  • 1:45IntervenantFait
    « Et la réalité, c'est que la seule chose qui intéresse Donald Trump, c'est de piller les ressources naturelles. »
  • 2:18IntervenantFait
    « Un recours, un accès, disons, aux ressources naturelles, dans un cas pour l'Ukraine. »
  • 2:59IntervenantFait
    « Quand tu as 19 paquets de sanctions qui ont été pris à l'égard, à raison de la Russie, de Vladimir Poutine, et quand on a eu zéro en face contre le gouvernement israélien qui commet un génocide dans la bande de Gaza, déjà, pour moi, tu tues toute crédibilité de l'Union européenne à agir et à parler la langue du droit international. »
  • 4:27IntervenantFait
    « Je me souviens, il y a quelques mois de ça, ou même il y a un ou deux ans de ça, quand on le disait, on était là, absolu, vous êtes des défaitistes à la France insoumise, vous voulez que l'Ukraine capitule. »
  • 4:43IntervenantChiffre
    « parce que son armée de réserve à lui est beaucoup plus importante que l'armée de réserve en Ukraine. »
  • 6:00PrésentateurFait
    « Ce ne sera pas obligatoire, ça a été annoncé aujourd'hui par Emmanuel Macron. »
  • 6:12IntervenantFait
    « Sauf qu'il est dit, c'est comme dans les contrats d'assurance C, il faut regarder l'astérix avec les toutes petites lignes. »
  • 7:52IntervenantChiffre
    « Et moi, je suis désolée, les 900 euros qu'on va payer aux jeunes pour aller faire un service militaire, je préfère qu'on les mette dans une allocation d'autonomie pour que les jeunes puissent faire des études et qu'ils n'aient pas à travailler en même temps qu'ils font leurs études. »
  • 10:23IntervenantFait
    « Non, je veux dire, la menace russe, un, c'est une puissance nucléaire. »
  • 10:46IntervenantFait
    « Et deuxième chose, c'est une économie qui dédie l'ensemble de ses financements à l'effort de guerre. »
  • 12:40PrésentateurFait
    « Où est-ce qu'on en est dans les étapes de la navette parlementaire ? Parce que globalement, Macron tente par tous les moyens d'imposer son budget. »
  • 12:49PrésentateurFait
    « L'armée. »
  • 14:56PrésentateurFait
    « Les Insoumis, ils sont pro-Russie ? »
  • 15:30IntervenantFait
    « En gros, il disait... Il y a un enjeu aussi dans les garanties de sécurité mutuelle, c'est que l'Ukraine reprenne son cours démocratique et qu'à un moment ou un autre, il puisse y avoir des élections. »
  • 16:41IntervenantFait
    « Moi, perso, je ne sais pas ce que sont les valeurs occidentales. »
  • 17:26IntervenantFait
    « Je suis désolée, le cirque d'Israël est une démocratie... »
  • 18:51IntervenantFait
    « Il y a eu une résolution qui a été votée aujourd'hui au Parlement européen. »
  • 21:02IntervenantChiffre
    « La part d'armement acheté aux États-Unis a été multipliée, je sais plus par combien, par deux ou trois ces dernières années. »
  • 22:04PrésentateurChiffre
    « On retient de ces annonces notamment la stratégie de La France Insoumise, qui est un déploiement massif de candidatures, avec des candidats investis dans plus de 500 communes, dont toutes les villes de plus de 100 000 habitants et 85% des villes de plus de 30 000 habitants. »
  • 25:53IntervenantFait
    « Mais la droite, c'est pire, en fait. »
  • 26:00IntervenantFait
    « Le Parti Socialiste a dit qu'il ne voulait pas l'alliance avec la France Insoumise ni au premier, ni au second tour. »
  • 36:18IntervenantFait
    « Tout était possible, même Edouard Philippe disait qu'il faut qu'il se casse. »
  • 41:33IntervenantFait
    « Que ce soit sur la retraite à 60 ans dont ils tournent le dos, l'augmentation du SMIC à 1 600 euros net dont ils tournent le dos, l'allocation d'autonomie pour les jeunes dont ils tournent le dos. »
  • 44:12IntervenantChiffre
    « Il y a 10 millions de gens en France qui ne sont pas inscrits, mal inscrits sur la liste électorale. »
  • 57:53IntervenantChiffre
    « C'est 18 000 emplois directs, plus de 80 000 emplois indirects que l'on peut sauver en gardant le contrôle de cette entreprise. »
  • 1:01:59IntervenantFait
    « les agriculteurs vont prendre cher »
  • 1:02:03IntervenantFait
    « Emmanuel Macron abandonne, on le savait. »
  • 1:02:06IntervenantFait
    « Le 18-19 décembre prochain, va y avoir le vote au Conseil européen. »
  • 1:02:15IntervenantFait
    « ils ont obtenu quelques astérix en bas de la page qui ne servent à rien et qui ne sont absolument pas contraignantes. »
  • 1:02:25IntervenantFait
    « la réalité, c'est qu'on est les seuls à mener cette bataille à l'échelon européen. »
  • 1:02:42IntervenantFait
    « on avait déposé notamment un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne pour interroger la compatibilité de l'accord avec le Mercosur avec les traités européens. »
  • 1:02:53IntervenantFait
    « parfois, on se sert des traités européens, on les prend à leur propre jeu, notamment le principe de précaution pour ne prendre que celui-là. »
  • 1:03:10IntervenantFait
    « la présidente du Parlement a dit non, on ne va pas examiner ça maintenant, on va examiner ça plus tard. »
  • 1:03:15IntervenantFait
    « elle est sortie de son pouvoir pour faire ça parce qu'elle sait qu'ils allaient perdre. »
  • 1:03:21IntervenantFait
    « aujourd'hui, il n'y a plus de majorité au Parlement européen sur l'accord avec le Mercosur. »
  • 1:03:30IntervenantFait
    « quand on parlait de protectionnisme solidaire, d'opposition, d'accords de libre-échange, en vrai, on était ultra minoritaire. »
  • 1:03:40IntervenantFait
    « on est en train de gagner la bataille culturelle. »
  • 1:03:45IntervenantFait
    « sur la taxation des plus riches, sur la nationalisation d'ArcelorMittal, il y a plein de sujets. »
  • 1:03:59IntervenantFait
    « aller chercher des trucs qu'on peut produire ici à l'autre bout du monde, ça n'a aucun sens social, aucun sens sanitaire, aucun sens environnemental. »

Temps de parole

  • Intervenant70 %
  • Intervenant 210 %
  • Présentateur8 %
  • Intervenant 37 %
  • Intervenant 45 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

This episode is brought to you by FIFA World Cup, launch edition on Netflix. It's a fast, fluid game where your phone is the controller and your TV is the stadium. You just launch it on your TV, scan the QR code with your phone, and boom, you're shooting and passing in seconds. Plus, it's included in your Netflix membership with zero extra costs. Go to the games tab and play FIFA World Cup launch edition now, only on Netflix. On va rentrer directement dans le vif du sujet avec le dossier ukrainien. Donald Trump a présenté un plan de paix pour l'Ukraine, un texte en cours de négociation avec la Russie.

Le Kremlin d'ailleurs trouve que les négociations avancent bien, qu'il y aurait des progrès considérables et qu'il ne resterait plus que quelques points de désaccord. Les ébauches de ce plan de paix américain reconnaissent entre autres l'annexion du territoire ukrainien par la Russie avec 20% du territoire, la limitation de la taille de l'armée ukrainienne, un cessez-le-feu, la tenue d'élection en Ukraine rapidement après la guerre. Bref, ça ressemble quand même vachement à ce que demande Poutine, non ?

1:10
Intervenant

Je crois même que c'était quasiment un copier-collé. À l'origine, le plan 28.29, je ne sais plus. Les linguistes estiment même que c'est une forme de mauvaise traduction du russe. On y a. Donc, il est clair que c'est une paix aux conditions de Vladimir Poutine. Et d'ailleurs, la réaction de l'Ukraine témoigne du fait que c'était inacceptable pour l'Ukraine. Déjà, ne serait-ce que par principe, on ne peut pas faire une paix sans les Ukrainiens autour de la table. Sans les Européens aussi, quand même, mine de rien, on n'est pas un petit acteur. On a vaguement des frontières communes avec l'Ukraine.

Et la réalité, c'est que la seule chose qui intéresse Donald Trump, c'est de piller les ressources naturelles. C'est le cas en Ukraine. Mais pour moi, ça me fait un peu penser au plan de paix pour Gaza qu'avait proposé Donald Trump, où c'était un peu les mêmes ressorts, où tu as globalement des gouvernements d'extrême droite qui s'entendent sur le dos de populations agressées. Un recours, un accès, disons, aux ressources naturelles, dans un cas pour l'Ukraine. Et puis, on se souvient tous que pour Gaza, ils voulaient faire une rivière sur la côte. Donc, pour moi, c'est un peu la même logique. On a un Donald Trump qui redessine les cartes du monde façon néo-colonialisme.

Et le problème de tout ça, c'est que l'Union européenne, elle a complètement disparu du jeu diplomatique international.

2:37
Présentateur

En mars dernier, tu disais que l'Union européenne et la France sont en train de sortir de l'histoire. Ils sont sortis. Ils sont sortis ? Ils ne sont pas en train d'essayer de re-rentrer ?

2:44
Intervenant

Quand on a une Union européenne qui déjà applique le droit international à géométrie variable, il faut quand même qu'on se dise les choses. Quand tu as 19 paquets de sanctions qui ont été pris à l'égard, à raison de la Russie, de Vladimir Poutine, et quand on a eu zéro en face contre le gouvernement israélien qui commet un génocide dans la bande de Gaza, déjà, pour moi, tu tues toute crédibilité de l'Union européenne à agir et à parler la langue du droit international. Donc, dès lors, déjà, tu es sortis du jeu. Et en plus de ça, on est un nom diplomatique parce qu'à aucun moment, on a pris une initiative diplomatique digne de ce nom.

Ça vaut pour la guerre en Ukraine, mais ça vaut aussi sur Israël. L'Union européenne est le premier partenaire commercial d'Israël. On avait des leviers pour agir. Et malheureusement, l'Union européenne, à chaque fois, elle est sortie du jeu et elle laisse la main à Donald Trump pour tenter de faire la paix aux conditions de Donald Trump. Et donc là, forcément, ça ne va pas marcher.

3:45
Présentateur

Mais sur la question ukrainienne, je te sens un peu défaitiste. C'est-à-dire qu'on a deux mastodontes que sont les États-Unis et la Russie, deux régimes d'extrême droite qui négocient sur le dos des Ukrainiens sans les Européens. Et quoi ? C'est fini ? Il n'y a plus rien à faire ? On ne fait que constater les échanges de politesse entre les deux ?

4:02
Intervenant

Non, non. Et c'est là où je pense qu'une issue à la guerre, en général, ça se fait par un accord de paix. Soit ça se fait. Il y a deux options. La fin d'une guerre, soit tu écrases complètement l'autre. Malheureusement, c'est ce qui est en train de se passer en Palestine. Soit tu arrives à un accord de paix entre les protagonistes et les belligérants. Et dans le cas de l'Ukraine, il n'y a pas d'autre issue qu'une issue diplomatique. Je me souviens, il y a quelques mois de ça, ou même il y a un ou deux ans de ça, quand on le disait, on était là, absolu, vous êtes des défaitistes à la France insoumise, vous voulez que l'Ukraine capitule.

Non, on veut juste qu'il y ait un accord de paix le plus rapidement possible, parce qu'au petit jeu de qui durera le plus longtemps, a priori, c'est Poutine qui va gagner, parce que son armée de réserve à lui est beaucoup plus importante que l'armée de réserve en Ukraine. Donc il faut une issue diplomatique, donc il faut des négociations. Et ces négociations-là, si l'Union Européenne n'en prend pas le lead, malheureusement, c'est Donald Trump. Mais moi, je n'ai pas abandonné le rôle que doivent jouer les États européens, le rôle que doit jouer la France. Et crois-moi que si on était au pouvoir, oui, ça se serait passé d'une manière bien différente.

Mais sur les derniers rebondissements, c'est que Poutine a dit qu'il voulait aussi les oblastes qu'il n'avait toujours pas conquis, mais qu'il réclamait quand même, donc les régions qui n'avaient pas été encore conquis militairement, mais qu'il les voulait quand même. Mais que c'était sa condition principale pour l'accord de paix, c'est toujours inacceptable. Mais bien sûr que c'est inacceptable. Mais par ailleurs, ce n'est pas à moi, Manon Obrie, de fixer les conditions de paix pour les Ukrainiens. A priori, si tu as les Ukrainiens et les Russes autour de la même table, tu avances peu à peu, pas à pas, vers trouver un terrain d'entente.

Et le terrain d'entente, ce sera aux Ukrainiens de décider à la fin ce qui est acceptable entre le coût de la guerre, le coût financier, le coût humain, etc., et ceux qui peuvent perdre potentiellement. Et bien sûr qu'en attendant, le rôle de l'Union européenne, c'est de continuer à soutenir l'Ukraine. Mais pardon, je sais que vous en avez un peu parlé avant moi, et peut-être qu'on va en reparler après, pas au prix de faire une conscription obligatoire et un service militaire.

6:00
Présentateur

Ce ne sera pas obligatoire, ça a été annoncé aujourd'hui par Emmanuel Macron.

6:03
Intervenant

Petite nuance, je vous ai entendu là-dessus. Quand on regarde dans le détail, ce qu'Emmanuel Macron a annoncé, c'est un truc, en effet, volontaire. Sauf qu'il est dit, c'est comme dans les contrats d'assurance C, il faut regarder l'astérix avec les toutes petites lignes. Il y a une clause qui peut être activée par le Parlement, et qui peut le rendre obligatoire à partir des JAPD. Et donc, c'est-à-dire qu'on fait un peu du repérage au JAPD. Moi, je serais vous, au JAPD, vous avez quatre mains gauches, vous ne savez rien faire pour ne pas être repérés. C'est pas sympa pour les gauchers. C'est en cas de prise majeure, en l'occurrence. Pardon, pardon. Je suis en gauche. Pardon, pardon, pardon.

Mais vous m'avez compris. Et donc, ça veut dire quand même quelque chose aujourd'hui de l'effort de guerre dans lequel s'engage notre pays. Et moi, je suis désolée, je ne suis pas d'accord avec ça. Ne serait-ce qu'il y a un truc que vous n'avez pas mentionné de ce que j'ai écouté dans la conversation avant. J'étais vraiment d'accord avec ce que disait Lumière. Mais il y a un truc supplémentaire. C'est qu'aux gamins qui sont un peu perdus, au collège et au lycée, en déroute scolaire, ce qui est extrêmement marqué socialement.

Je veux dire, un gosse de riche, on le sait tous, qui ne va pas réussir de la même manière ses études et dès son collège et son lycée que quelqu'un qui vient des quartiers populaires. Vous le voyez là, l'espèce de réunion, de rencontre avec ton conseiller d'orientation. Ah, tu as un peu de mal. Le cadre scolaire, ce n'est pas fait pour toi, mais j'ai un cadre formidable pour toi. Va faire le service militaire. Tu vas voir, c'est payé.

7:33
Présentateur

Ça, ça existe déjà, ça ?

7:35
Intervenant

Non, il n'y a pas de service militaire. Oui, mais il y a l'armée. Mais ce n'est pas la même chose. C'est un sage d'entrée dans l'armée. Mais c'est vrai que c'est déjà marqué socialement. Et donc, du coup, on va avoir un truc qui va diviser notre population d'un point de vue social. Et moi, je suis désolée, les 900 euros qu'on va payer aux jeunes pour aller faire un service militaire, je préfère qu'on les mette dans une allocation d'autonomie pour que les jeunes puissent faire des études et qu'ils n'aient pas à travailler en même temps qu'ils font leurs études. L'argent est quand même bien mieux utilisé.

8:06
Présentateur

Ce n'est pas la France Insoumise qui propose un service citoyen avec une composante militaire obligatoire ?

8:11
Intervenant

Non, service citoyen. Payé au SMIC ? Non. Déjà, c'est payé au SMIC. Tu fais bien de le préciser. Ce qui n'est pas 900 euros par mois. Le SMIC, je crois que c'est 1424 euros par mois, même si on est pour l'augmenter à 1600 euros. Et surtout, il y a un objectif qui est double et qui est une double utilité. D'abord pour l'intérêt général, parce que la manière dont on l'avait construit, c'était plutôt type service civique, donc mission d'utilité générale, mission environnementale, mission d'aide à la personne, etc. Et une autre dimension qui permet, et qui est plutôt donné une chance d'accession sociale, possibilité de passer son permis de conduire, dont on sait qu'il est extrêmement onéreux.

Et là aussi, c'est discriminant socialement parce que tu n'as pas forcément les moyens de te payer un permis. Mais si tu vis en zone rurale, la vérité, c'est que dans une grande partie de la France, tu ne peux pas vivre sans une voiture. Et donc, la philosophie, l'esprit, n'a strictement rien à voir. Je veux dire, il n'y a pas derrière, et ce que tu disais tout à l'heure, Léa, sur le timing, clairement, la volonté d'Emmanuel Macron, ça vient juste après le directeur général des armées qui dit qu'il faut être prêt à sacrifier nos enfants. Il y a un moment de timing, on dit, c'est un peu Macron qui montre les gros biscottos, allez tous, on va en guerre.

Et derrière, pour moi, c'est aussi un imaginaire extrêmement viriliste qui est véhiculé derrière, mais je t'ai entendu ça de loin dire ça tout à l'heure, donc je ne veux pas répéter les choses avec lesquelles je suis d'accord. Mais pour moi, franchement, on ne peut pas donner ça comme horizon à notre jeunesse. Elle apprend à manier une calache. Moi, je préfère qu'à notre jeunesse, on leur permette d'apprendre des connaissances, d'être utile à notre société, mais pas... Je pense que le message, il était plus pour Poutine que pour notre jeunesse.

C'est de dire, là où Poutine a avancé à chaque fois, c'est quand il s'est dit les Européens ne vont rien faire, les Américains ne vont rien faire, donc allons-y, il a pris la Crimée, etc. Et là, l'idée, c'est de dire, regardez, on commence à se préparer, on va arrêter de rien faire. Je crois que le message est plus pour Poutine que pour notre jeunesse.

10:17
Présentateur

Est-ce que tu dirais que la menace russe existe ? Est-ce que j'ai entendu Mathilde Panot ce matin sur France Info dire qu'elle était incertaine, la menace russe ?

10:23
Intervenant

Non, je veux dire, la menace russe, un, c'est une puissance nucléaire. Donc, si demain, on devait entrer en confrontation, la France contre la Russie, c'est deux puissances nucléaires qui se font face. Et je ne veux pas prédire le résultat, mais je pense qu'il sera dramatique. Et deuxième chose, c'est une économie qui dédie l'ensemble de ses financements à l'effort de guerre. Donc, évidemment que c'est une menace pour la paix. Est-ce que c'est une menace directe pour la France ? La réponse est non. Est-ce que pour autant, on veut balayer... C'est une menace pour toutes les démocraties européennes ? C'est une menace pour les voisins directs ?

Non, même chez nous, toutes les actions de déstabilisation... A la rigueur, tu peux parler de déstabilisation démocratique et notamment... Mais ce n'est pas rien. Non, mais peut-être que tu ne parles pas de la même chose. J'ai l'impression que toi, tu parles d'une menace militaire. Militaire. Et toi, tu parles d'une menace sur le... Mais qui a pour but de nous affaiblir de l'intérieur, évidemment. Moi, je suis très alignée avec ça. Mais c'est juste pour dire, je pense qu'il y avait... On a arrêté encore des agents, pas plus tard qu'hier matin. D'ailleurs, c'est une question aussi qui se pose. Comment on lutte contre cette guerre hybride ? Moi, j'avais une proposition. Déjà, fermez CNews.

Non, mais c'est-à-dire que les plus gros relais pro-russes aujourd'hui, ils ont voie ouverte sur CNews en permanence. Et que c'est quand même assez bizarre de laisser ça passer alors qu'on a fermé RT France. En Bruxelles, oui, c'est ça. Léa. Je voulais... Toi qui est à Bruxelles et qui a des collègues dans toute l'Europe, comment ils réagissent, par exemple... Là, Macron nous annonce ce service militaire pas obligatoire, optionnel, certes. Est-ce qu'il y a d'autres États européens où c'est en discussion ? Ou comment ils réagissent, les collègues bruxellois, là-dessus ? Le danger de tout ça, c'est qu'il y a une forme de course et de surenchère à l'armement.

Et donc, on voit de plus en plus les États qui consacrent de plus en plus une plus grande partie de leur PIB et de leur budget à des dépenses militaires. Et le risque de ça, c'est que quand tu es entré dans ce cercle vicieux, tu dois faire toujours plus, toujours plus, toujours plus, toujours plus. Dans le cadre de l'OTAN, ça doit être 3% du PIB et Trump, il voulait le monter à 5% du PIB. Et je rappelle, là, on a presque oublié qu'on est en train de discuter le budget parce que plus personne n'y comprend rien. Où est-ce qu'on en est dans les étapes de la navette parlementaire ? Parce que globalement, Macron tente par tous les moyens d'imposer son budget.

Mais il n'y a qu'une dépense qui augmente dans tout le budget.

12:49
Présentateur

L'armée.

12:50
Intervenant

C'est l'armée. Bien sûr. Et donc, ça veut dire quoi ? Enfin, c'est un jeu à... Si on prend les dépenses, c'est un jeu à somme nulle. Donc, si tu dépenses plus sur l'armée, c'est moins que tu vas dépenser dans l'éducation, dans la santé, dans les services publics de manière générale. Et moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Est-ce que pour autant, il faut qu'il n'y ait plus de dépenses militaires ? Non, ça, c'est le monde des bisounours, ce qui est formidable. Je t'inquiète pas, Manon, parce que tu m'emmènes sur un terrain qui n'est pas celui dans lequel je voulais t'emmener. Ah, désolé. Je comprends très bien là où tu veux en venir, mais du coup, quid des collègues européens, en gros ?

En gros, plus ils sont loin de la frontière, moins de la frontière avec les Russes, moins ils sont inquiets. Forcément, quand tu es un Finlandais et que tu as 1000 kilomètres de frontière avec la Russie et que, par ailleurs, tu es un État qui ne dispose pas de la puissance nucléaire et qui a une armée plutôt faible, forcément, ton niveau d'inquiétude n'est pas le même qu'un Portugais qui se trouve de l'autre côté de l'Union européenne. Après, il y a un principe de solidarité. J'ai vu dans le chat quelqu'un qui disait... J'aime bien lire les commentaires dans le chat, c'est l'avantage de Baxit. Quelqu'un qui disait, oui, la logique de Manon, c'est de laisser les Polonais se faire défoncer.

Non, ce n'est pas la logique. Au contraire, la logique...

14:01
Présentateur

Il faudra soutenir les Polonais s'ils sont attaqués ?

14:02
Intervenant

Bien sûr, c'est un des principes fondateurs de l'Union européenne. Ok, d'accord. Mais ce n'est pas... J'espère, un, qu'on n'en arrivera pas là. Et de deux, la question à se poser, c'est comment, en tant qu'Union européenne, justement, on peut proposer une piste de sortie ? Et le fait est que l'Union européenne, tant qu'elle ne le fait pas, on est condamné à ce cercle vicieux de la surenchère des dépenses militaires dont je pense qu'il est délétère pour tout le monde.

14:29
Présentateur

On voulait te faire réagir à une déclaration de Jean-Luc Mélenchon. C'était lors des amphis cet été.

14:34
Intervenant

La petite carte, réagi à Jean-Luc Mélenchon. Allez, réagi à Jean-Luc.

14:38
Présentateur

C'était au sujet de Zelensky.

14:40
Intervenant

Oula ! Monsieur Zelensky, dites-vous ! Vous plaisantez ! Il n'est président de rien. Depuis le mois de mai dernier, son mandat est arrivé à terme.

14:51
Présentateur

Ouais. Tu comprends que quand on entend ça, ça nourrit le narratif ? Les Insoumis, ils sont pro-Russie ?

14:57
Intervenant

Non mais, écoute... Déjà, c'est hors contexte. Non, non mais... Attends, attends, attends. Attends, attends. Vous proposiez un peu plus tôt la suppression de CNews. Ce n'est pas pour reprendre leur méthode d'un extrait de 5 secondes d'un discours qui dure 1h30.

15:12
Présentateur

Bah, dis-moi, c'est pas sorti du contexte, l'enl'occurrence.

15:15
Intervenant

Donc, je t'invite à écouter l'heure et demie de discours où, en l'occurrence, ils disaient... Pardon ? Flemme, un peu. Bah, je te le résume. Du coup, je te le résume. Je suis sympa, je te le résume, j'étais là. En gros, il disait... Il y a un enjeu aussi dans les garanties de sécurité mutuelle, c'est que l'Ukraine reprenne son cours démocratique et qu'à un moment ou un autre, il puisse y avoir des élections. Et j'estime que ce n'est pas complètement incongru, sachant que les élections, elles devaient se dérouler il y a deux ans, si ma mémoire est bonne. Elles n'ont pas eu lieu, pour des raisons qu'on comprend tout à fait, mais dans le cadre d'un accord de paix, le retour de la démocratie.

Et on ne peut pas fermer les yeux. Il y a eu un certain nombre de scandales de corruption en Ukraine, y compris dans le processus... C'est bizarre de dire qu'il est président de rien, quand même. Mais ce n'est pas président de rien. De nouveau, tu sors une phrase sortie de son contexte dans une démonstration plus globale qui visait à dire l'importance du retour de la démocratie, y compris pour renforcer l'Ukraine, comme acteur légitime sur la scène internationale. Et je pense que si on nous bassine depuis le début que cette guerre, elle est soi-disant faite au nom de la démocratie, des valeurs occidentales, etc., ce n'est pas pour après s'asseoir sur la démocratie, y compris en Ukraine.

Bien sûr, en quoi disant ? Mais il y a un temps pour tout. Pourquoi tu dis, soi-disant ? Parce qu'on nous dit tout le temps que défendre l'Ukraine, c'est défendre les valeurs occidentales. Moi, perso, je ne sais pas ce que sont les valeurs occidentales. Est-ce que l'Ukraine, son territoire a été violé illégalement ? La réponse est oui. Est-ce qu'on doit aider l'Ukraine ? La réponse est oui. Mais je ne le fais pas ça au nom de valeurs occidentales. Tout à l'heure, je parlais de la pérennité de notre modèle des démocraties libérales qui subsistent en Europe alors qu'on voit que c'est très menacé aux Etats-Unis.

Ils sont en train de faire le deuil de ça, je pense, aux Etats-Unis, que ce n'est pas du tout le modèle de Poutine et qu'on est un peu un dernier bastion où, oui, on a encore des démocraties libérales, liberté de la presse, liberté des syndicats, etc. Oui, mais c'est pas juste des valeurs, c'est un modèle. Juste, tu ne peux pas ignorer l'instrumentalisation de ce concept si tu mets en parallèle avec ce qui se passe en Israël et à Gaza. Je suis désolée, le cirque d'Israël est une démocratie... Je ne les range pas dans les démocraties libérales. Pardon ? Pour le coup, je ne les range pas Israël dans les démocraties libérales. Toi, non.

Mais nous, ce qu'on nous rétorque tout le temps à chaque fois qu'on est critique du gouvernement israélien, vous comprenez, en Israël, ils ont une démocratie, contrairement à la Palestine, contrairement au Hamas, il n'y a pas eu d'élection depuis 20 ans, etc. C'est vrai qu'il n'y a pas eu d'élection depuis 20 ans en Palestine, mais les conditions n'étaient pas non plus réunies.

Et d'ailleurs, si demain, il devait y avoir en Palestine un accord de paix, ce qu'on souhaite, et on en est extrêmement loin, quand on voit à quel point l'armée israélienne massacre tout un peuple, pas plus tard qu'il y a deux heures, il y a eu deux Palestiniens en Cisjordanie qui viennent se faire massacrer dans la rue, comme ça, à bout portant. Et donc là aussi, s'il devait y avoir un accord de paix, ça se ferait, je le souhaite, avec des élections en Cisjordanie comme à Gaza.

Eh bien moi, la différence entre eux, les dirigeants européens et moi, c'est que précisément, je n'applique pas un concept vaseux de démocratie illibérale, j'applique un concept de droit international, et c'est parce que Vladimir Poutine a violé le droit international que je défends l'Ukraine, et je le fais de la même manière pour les Gazaouis, les Palestiniens de manière générale. Oui, du coup, là, à ce stade, au sein du Parlement européen, quelles sont les discussions par rapport à cet accord qui est en train de discuter ? Quel est le débat, en fait ? Alors, il y a eu... Compte tenu des forces politiques... Il y a eu une résolution qui a été votée aujourd'hui au Parlement européen.

La difficulté des votes au Parlement, c'est que souvent, entre le moment où on propose la résolution et le moment où il y a le vote de manière effectif, souvent, le texte devient périmé lui-même. C'est-à-dire que le texte de la résolution portait essentiellement sur l'accord de paix proposé par Trump en 28 points et pas en 19. Donc, il est déjà un peu caduque. Mais le Parlement européen, malheureusement, là aussi, est un nain d'un point de vue diplomatique dont on tente de s'immiscer en disant, bah oui, il faut une issue diplomatique. Donc, moi, j'y vois plutôt une bonne chose. Pour la première fois, le langage de la diplomatie est utilisé comme une voie de sortie de ce conflit.

Ceci étant dit, il y a un peu un aveuglement que, de toute façon, on va suivre ce que fait Donald Trump et vive l'OTAN et vivre le cadre de sécurité qui est dirigé par les États-Unis. Et je ne suis pas sûre que se placer dans une dépendance aux États-Unis soit le meilleur moyen pour l'Union européenne de créer les conditions de son autonomie, de son indépendance, de sa souveraineté. Du coup, elle comprend quoi, cette résolution ? En quelques mots, elle dit qu'elle prend note de l'accord proposé par Donald Trump, qu'il faut une issue diplomatique, qu'il faut qu'elle ne se fasse pas sans les Ukrainiens, ce qui est la moindre des choses. C'est bien aimable. Pardon ? C'est bien aimable.

C'est bien aimable, tout à fait. Ça, c'était le côté positif et, à mon sens, le côté négatif. Mais qu'il faut que les États-Unis jouent un rôle essentiel et que l'Ukraine puisse être protégée dans le cadre de l'OTAN et que l'Union européenne doit renforcer sa collaboration avec l'OTAN et les États-Unis de Donald Trump. Ça, c'est pas fiable, ça. Pardon ? C'est pas très fiable, ça. J'estime que je pense que c'est pas vraiment tirer les leçons de ce qui s'est passé ces derniers mois de créer les conditions de notre propre dépendance aux États-Unis, y compris d'un point de vue purement industriel.

La part d'armement acheté aux États-Unis a été multipliée, je sais plus par combien, par deux ou trois ces dernières années. Et donc, ça veut dire que concrètement, du jour au lendemain, Trump, il peut dire « Ciao, les Européens, je vous arme plus », etc. et des entreprises qui participent à l'armement, je pense à des entreprises à côté de Grenoble, Arkema et Vancorex, qui sont en train de mettre la clé sous la porte, ou même Arcelor, Mittal, dont on se bat pour la nationalisation aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Je sais pas si on va parler de la niche parlementaire aussi.

Un des enjeux essentiels, c'est sidérurgie, qui sert aussi à l'industrie de défense pour créer notre autonomie, notre souveraineté. Et la France est partie des rares pays européens, mais on est en train de le brader alors qu'on faisait partie des rares pays européens à pouvoir garantir une forme d'indépendance.

21:48
Présentateur

Autre sujet qu'on voulait aborder avec toi, celui des élections municipales. Tu étais au premier rang lors du lancement de campagne de La France Insoumise. C'était dimanche dernier. On retient de ces annonces notamment la stratégie de La France Insoumise, qui est un déploiement massif de candidatures, avec des candidats investis dans plus de 500 communes, dont toutes les villes de plus de 100 000 habitants et 85% des villes de plus de 30 000 habitants. On voulait te demander, quid des autres communes les plus petites ?

22:18
Intervenant

Souvent, les plus petites villes, et Lumière, on sait quelque chose, le paysage politique dépend des forces en présence. Parce qu'y compris dans les plus petites communes, il faut réussir à constituer une liste municipale. Donc il faut aligner une vingtaine, une trentaine de noms en fonction de la taille des communes. Donc ça dépendra des communes. Partout où c'est possible, on aura des listes. On aura parfois des listes d'alliances larges à gauche, parfois des listes citoyennes. Ça dépendra un peu d'une ville à l'autre. Mais je te prends un exemple. Moi, je viens du sud de la France, dans le Var, qui n'est pas le genre d'endroit où la gauche fait des scores astronomiques.

22:55
Présentateur

C'est joliment dit.

22:56
Intervenant

C'est un euphémisme. Je salue tous les gens qui se battent dans ces coins-là, parce que ce n'est pas facile d'être de gauche dans ces coins-là. Eh bien là, ça dépendra un peu d'une commune à l'autre, et notamment dans des communes où il y a le Rassemblement national. Je pense à Fréjus. J'espère qu'on arrivera à monter une liste commune de gauche face au Rassemblement national.

23:14
Présentateur

Lumière ?

23:15
Intervenant

Alors moi, je travaille sur les municipales en ce moment. Et je dois avouer que les décisions nationales impactent largement le local, et que de nombreuses personnes au local se sentent tenues de faire une liste unique, alors que parfois, elles préféraient faire une liste d'union de la gauche, mais qu'elles disent à l'AFI et Place Publique, d'ailleurs, ils ont dit pas d'alliance, donc on y va tout seul, on est obligé. Moi, ma question, c'est est-ce que du coup, tu nous dis, il va y avoir, si le local dit, on veut y aller avec le PS et on veut y aller avec LV, vous dites OK ? Ça dépend d'où. Par exemple, à Perpignan, on a une liste commune, et c'est une grande ville. Angers, par exemple.

Ça dépend des endroits. Mais la question, elle sera toujours programmatique. Genre, on a un certain nombre, et tu peux les lire, et c'est public, on a dix priorités programmatiques et un programme beaucoup plus complet qui a été dicté. Mais la vraie question qui nous est posée, et on va mettre les pieds directs dans le plat, c'est est-ce qu'on peut être derrière une tête de liste socialiste, là où à l'échelon national, ils ont créé les conditions de la désunion ces trois dernières années, jusqu'à refuser, semaine après semaine, mois après mois, de censurer ce gouvernement. Et à l'échelle locale. C'est compliqué de les...

Tu ne peux pas dissocier ce qui se passe à l'échelon national de ce qui se place à l'échelon local. Si, si, je suis désolée. Quand tu es un soutien d'Emmanuel Macron au niveau local, tu l'es au niveau national, au niveau local... Non, mais alors là, on ne va peut-être pas non plus faire des comparaisons qui n'ont pas de rapport. Il y a un adversaire politique, et il y a quelqu'un avec qui on a réussi à faire une alliance il y a moins d'un an. Il y a plusieurs épisodes, d'ailleurs. Et on en a été largement les artisans, tu le sais, en le rendant possible. D'où ma question, qui est que, ouais, il y a des moments où ce sera derrière quelqu'un du PS.

En plus, vu l'implantation territoriale du PS, c'est assez évident. La FI n'est pas implantée. On va se donner des exemples concrets. Localement, ce n'est pas que des Carole Delga. Non, mais des exemples concrets. Montpellier, tu as le maire Michael Delafosse qui a fait des trucs anti-SDF pour que les SDF ne soient pas dans la rue. Est-ce que quand on est de gauche, on peut soutenir ça ?

25:22
Présentateur

Il a fait la gratuité des transports en commun. Est-ce que quand on est de gauche, on peut soutenir ça ?

25:25
Intervenant

La gratuité des transports en commun, c'est bien, mais il fait aussi un projet inutile, un contournement de Montpellier-Ouest, si on veut aller dans les détails. Un grand projet inutile. Et oui, moi, je suis désolée, je ne peux pas me mettre derrière un mec comme Michael Delafosse qui participe au quotidien à construire une gauche qui n'est plus de gauche, une gauche qui refuse de censurer ce gouvernement, qui, à cause de qui, on se retrouve à avoir l'un des pires budgets, et c'est extrêmement concret pour les gens. Et donc... Mais la droite, c'est pire, en fait.

Non, attends, juste pour finir, je trouve ça quand même assez fort de café que le Parti Socialiste a dit qu'il ne voulait pas l'alliance avec la France Insoumise ni au premier, ni au second tour. Qu'il y a des gens, le maire de Paris-Saint, Harry Veil, si je ne me trompe pas sur son nom, qui a dit, je suis prêt à faire gagner Dati plutôt qu'à m'unir d'une manière ou d'une autre avec la France Insoumise, même si c'est le PS qui est devant...

26:20
Présentateur

Sophia Chiquirou elle-même, elle a dit qu'il ne fallait pas un socialiste à la mairie de Paris. Non, non, non, c'est pas ce qu'elle a dit. Moi, je veux bien... Non, non, mais là aussi,

26:25
Intervenant

tu peux prendre des propos qui sont déformés. Je crois qu'elle a dit que vous voulez que le PS perde. Non, je vais te dire ce qu'on dit sur les élections municipales. On dit qu'en toute hypothèse, si nous sommes en tête du premier tour, nous proposerons une fusion à toutes les listes de gauche pour le second tour. Est-ce qu'une seule autre force de gauche a proposé ça ?

26:42
Présentateur

Pas à ma connaissance. Est-ce que si vous n'êtes pas en tête, vous accepterez de rejoindre

26:46
Intervenant

des initiatives similaires

26:48
Présentateur

qui seraient prises par le socialiste ?

26:49
Intervenant

Mais la question, dans ce cas-là, elle est à poser au Parti Socialiste. Moi, j'entends que le Parti Socialiste veut de fusion avec la France Insoumise ni au premier ni au second tour. Mais c'est pas vrai. Donc, si la question ne se pose pas, je suis désolée, c'est la ligne officielle du Parti Socialiste. Et tu vois bien, tu sais bien que... Et tu sais pas moi qu'il y a ce qui va se passer dans les petites villes et dans les grandes villes. Mais tu vois bien que la tradition verticale de la FI n'est pas la même au PS. Et donc, il y a au local des gens du PS qui travaillent depuis des années avec plein d'autres forces et qui disent il faut absolument qu'on ait des alliances.

Et plusieurs endroits, je ne vais pas les citer parce que je ne veux pas les mettre dans la merde. Mais des gens de la FI qui me disent nous, on veut bien faire l'alliance avec le PS, mais ça va gueuler aux nations. Alors, ça, je suis désolée, mais en fait, parce qu'ils disent quoi ? Attends, pourquoi ils disent pas ça ? Alors déjà, je pense qu'ils disent qu'ils peuvent gagner. Je pense à Angers, par exemple. Ou quand ? Des villes qu'on pourrait gagner si jamais la gauche était unie. Et tu ne peux pas nier. Et on l'a vu avec l'ENFE.

Enfin, n'importe qui qui a des yeux, voit qu'il n'y a pas une même dynamique quand il y a cinq listes de gauche et qu'on dit on va faire une primaire et quand il y a une liste de gauche qui trace. Et donc, du coup, moi, ce qui m'interroge quand même, c'est que si on... Enfin, dire dans des villes où l'union est une condition d'accès au deuxième tour, le NACIO a dit qu'on ne pouvait pas s'allier donc on ne s'allie pas. Et après, dire du coup, pardon, mais donc on acte que la droite va gagner et qu'on est content. Je peux me permettre de faire une précision parce que tout le monde n'a pas en tête le mode de scrutin pour les élections municipales.

Les conditions d'accès au second tour, c'est qu'il faut faire 10%. Donc, ce n'est pas les deux premières listes qui sont qualifiées comme pour des élections législatives. Donc, à partir du moment où vous faites 10%, vous pouvez vous qualifier. Et si vous faites 5%, vous pouvez fusionner avec d'autres listes pour le second tour. C'est important à avoir en tête parce que, dis-moi, les villes où le fait qu'on soit candidat va empêcher une autre liste de gauche d'arriver au second tour. À Caen, on peut tout à fait faire 10%. On a fait plus de 10% aux élections européennes. À Caen, la liste de la France insoumise, en tout cas, peut faire 10%. La même chose à Angers.

À Angers, on peut arriver au second tour. Il n'y a aucune liste de gauche qui est menacée de faire moins de 10%. Il y en aura au moins une d'entre elles qui fera 10%. Première chose. Et ensuite, deuxième chose, une fois que t'as tes listes après le premier tour, bah oui, t'as le second tour et là, tu peux faire des fusions sur des bases qui sont claires. Mais pardon, on a été, franchement, et vous parlez pas à la moins des unionistes de la France insoumise. C'est pour ça que je t'en parle. Je rappelle que j'avais quand même proposé de laisser ma place aux élections européennes et de ne pas être tête de liste, de la laisser aux écolos. Bon, peut-être qu'on a...

29:28
Présentateur

T'es venue l'expliquer sur le plateau de la site.

29:30
Intervenant

Peut-être de ne pas le faire vu le score des écolos au final, mais j'avais proposé de laisser ma place pour qu'on ait une liste commune. Donc, on ne peut pas nous dire qu'on n'a pas créé les conditions de l'union, y compris sur le long terme. De la même manière pour le nouveau Front populaire, on a dit qu'on jetait les rancunes à la rivière et on l'a fait. Mais ensuite, quand tu as un parti socialiste qui est à l'Assemblée nationale, dit au début on va censurer et après ils te disent on va censurer s'il n'y a pas la brogation de la réforme des retraites. Finalement, il n'y a pas la brogation et ils te disent s'il n'y a pas la suspension.

Mais ça, on s'en fout pour savoir comment les gens vivent à Angers. Pardon, mais c'est quand même ça le sujet. On parle des municipales. Il y a quand même un sujet sur la structuration politique et ensuite, de manière concrète, quand tu as des villes socialistes qui font des délégations de services publics qui sont gérées par le privé. Je te parle de villes de droite. C'est la même chose. Si le parti socialiste propose n'est pas d'accord pour une régie municipale de l'eau, n'est pas d'accord pour des centres de santé municipaux, n'est pas d'accord. Mais s'ils sont d'accord, on peut discuter.

Et s'ils sont d'accord mais que vous arrivez tous les deux au second tour, est-ce que vous faites une idée ? Eh bien, nous, nous disons que si on arrive en tête au second tour, on n'aura aucune difficulté à tendre la main à toutes les autres listes de gauche.

30:44
Présentateur

C'est celui qui arrive en tête qui a la responsabilité. Mais bien sûr. Mais si vous êtes progé et je suis désolée,

30:49
Intervenant

mais le parti socialiste n'a pas la même clarté et le parti socialiste ne dit rien de tout ça et moi, je trouve ça quand même un peu fort de café que depuis quelques semaines, le débat sur l'île municipale, c'est le parti socialiste dit qu'il ne veut pas s'unir avec la France insoumise au premier et au second tour et oh mon Dieu, la France insoumise présente des listes. Mais vous voulez qu'on soit rayé de la carte ? Vous voulez qu'il y ait un arrêté ministériel qui a été pris pour supprimer la France insoumise comme parti politique ? Si on ne veut pas nous, on se présente. Est-ce qu'Olivier Ford n'a pas dit pas de France insoumise au premier et au second tour ?

Tu vois bien que je n'essaie pas de t'attaquer. Je fais juste face franchement à la détresse de gens en local qui disent le nombre de 18-35 ans qui a prévu d'aller voter est abyssalement faible. On est d'accord. On sait que quand il y a peu de clarté en termes de combien il y a de listes, du coup c'est quoi la différence entre les listes, pour les gens peu politisés, c'est illisible et donc ils vont rester chez eux. On l'a vu avec le NFP, quand il y a une liste de gauche, les gens disent ah c'est la liste de gauche, ah bah je vais voter pour la liste de gauche. Ça nous permet de former, nous, des militants. Ça nous permet de former des gens à faire du porte-à-porte.

Ça nous permet, ça permet aux citoyens de s'emparer de l'élection et aux partis d'être dépassés. Et quand il y a plusieurs listes de gauche, ça n'est pas permis. Parce que nous, sur le terrain, ce qu'on fait, c'est expliquer la différence entre la liste écolo, la liste flavor LFI, la liste flavor... Tu vois, en fait, je ne dis pas que c'est 100% la responsabilité de la France insoumise. Je ne veux pas qu'on me fasse... Je n'ai pas dit ça. Vraiment pas. Et j'entends aussi le PS qui dit jamais de la vie, on va mettre le logo de la FI. Ouais, ça ne vous dérangeait pas au NFP et tout. Donc il n'y a pas de... Et puis d'avoir des affiches, même Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, en 2022.

Mais je pense quand même qu'il faut que vous ayez en tête que ce que vous vivez au niveau du nation, c'est très différent de ce qui est vécu, y compris dans des petites villes où il y a des gens qui ont envie de s'unir, mais qu'ils se disent qu'on va se faire mal voir par les chefs. Moi, je te dis... Ça, c'est un problème. Tout à fait. Je t'ai pris l'exemple de chez moi, d'où je viens, mairie Rassemblement National, donc on ne peut pas faire plus à droite. En plus, David Racheline, en termes de... Oui, c'est pas mal. Niveau... Il a sa carte d'amonnement au palais de justice du coin, si vous voyez ce que je veux dire. Pardon ? Et à Mediapart. Oui, et à Mediapart.

Et donc, endroit géré par le Rassemblement National, gauche assez désoeuvré, eh bien là-bas, je peux te donner cet exemple précis, le Parti Socialiste dit jamais de la vie, ils ont un militant, ils disent jamais de la vie avec la France Insoumise ou alors on veut bien faire campagne avec eux, avec vous, mais sans le logo de la France Insoumise.

En fait, non, vous ne pouvez pas nous demander de disparaître politiquement et si jamais on doit faire une alliance, ce qu'on est prêt à faire, c'est sur des bases programmatiques claires, la même méthode qu'on a appliquée et qui a fonctionné pour le nouveau Front Populaire, pour la NUPES, qu'on a tenté d'appliquer pour les Européennes et qui n'a pas fonctionné, on l'applique là aussi en disant voici les bases programmatiques... Pour la présidentielle, on fait comment ? Pour la présidentielle, c'est encore un autre sujet, mais si tu veux, on peut en discuter et ouvrir ce chapitre. Justement, on voulait en parler.

Juste rapidement sur ce point-là, parce que moi, je trouve pragmatiquement, si on doit concrétiser un peu les choses, c'est quand même plus simple de travailler sur une base programmatique commune en vue d'une élection au premier tour parce qu'on a plus de temps pour préparer la liste, pour préparer les choses, de manière un peu précipitée entre deux tours. Sur le principe, je suis complètement d'accord avec toi, mais quand tu as des gens en face qui disent dans tous les cas, on ne veut pas du logo LFI et on ne veut pas que ça se voit, dans ce cas-là, nous, on fait campagne sur nos couleurs, sur nos idées et on ne va pas les ranger au placard.

Après, il y a un super concept qui s'appelle la démocratie. Moi, de nouveau, je ne pense pas à la dernière des unionistes, mais je veux le faire sur une base claire. Et tu ne peux pas aussi enlever une... Et même si j'entends le désarroi dans certains endroits où tes quatre militants de gauche étaient là, on ne va pas se taper dessus, parce qu'on les quatre, mais j'entends complètement, mais tu ne peux pas non plus enlever la colère qu'il y a dans le peuple de gauche. Moi, le nombre de gens aussi qui m'interpellent, qui me disent vous avez fait survivre le Parti Socialiste pour qu'il fasse ça, mais non, merci, quoi. Et moi, je n'ai aucun regret de faire ce qu'on a fait.

Mais je mets quelqu'un au défi dans une petite ville de 15 000 habitants venir te trouver pour te dire vous avez mis quelqu'un de PS sur la liste, alors que ces personnes ne disent ça. Par contre, les gens regardent ce que fait la droite quand elle est au pouvoir, comment elle tue, on parlait des assos. En fait, il y a un moment, il faut être responsable et je sais que vous l'avez déjà été,

35:24
Présentateur

donc c'est pour ça que je vous dis. Je crois qu'on ne vous mettra pas d'accord.

35:28
Intervenant

C'est un débat intéressant. Oui,

35:30
Présentateur

suivez Baxit, vous allez entendre parler dans les mois qui viennent jusqu'en 2026. On fera une émission spéciale Fusion de liste, évidemment, au second tour. On fera les niveaux

35:38
Intervenant

en direct avec vous, comme ça, vous serez des arbitres. Ah ouais,

35:42
Présentateur

les arbitres des élégances. On voulait aussi te parler de 2027, l'échéance présidentielle. Est-ce que tu n'as pas l'impression que la campagne a déjà un peu commencé dans l'ambiance globale ?

35:51
Intervenant

Oui, c'est sûr, parce qu'on n'en peut tellement tous plus de Macron qu'on n'a qu'une envie, c'est de se projeter dans autre chose et qu'on n'a qu'une envie, c'est de tourner la page de ce deuxième quinquennat qui est, franchement, j'ai l'impression de vivre dans un jour sans fin.

36:03
Présentateur

Du coup, c'est terminé l'histoire de la destitution et de la démission ? On oublie ?

36:06
Intervenant

Si, nous, on est prêts à mener campagne du jour au lendemain.

36:10
Présentateur

Mais ça, je sais, mais vous n'y croyez plus.

36:13
Intervenant

Vous n'y avez jamais vraiment cru ? Non, si, moi, j'ai... J'ai vraiment cru ? Arrête. En fait... Tout était possible, même Edouard Philippe disait qu'il faut qu'il se casse. C'est vrai ça. Et puis, Edouard Philippe, Xavier Bertrand, ils étaient quand même un petit nombre. Et puis surtout, le mec, il est tellement un but de lui-même, c'est difficile de réfléchir comme Emmanuel Macron, mais il est tellement un but de lui-même qu'il aurait pu faire pareil, tu vois, la dissolution, personne ne l'avait vue, genre en mode, je pars et je vous laisse dans ce bourbier. Tu vois, un truc... Pardon, je fais assez mal le Emmanuel Macron. Tu le fais assez mal,

36:43
Présentateur

mais on a compris l'idée.

36:44
Intervenant

Ça montre que je suis sincère et que je ne peux pas faire du coup, parlons, revenons sur 2027 parce qu'effectivement, c'est une échéance assez intéressante. Là, du coup, bon, ça va se passer comment la désignation du candidat chez LFI ? Première question. Ou de la candidate ? Wink, wink. Deuxième question. Comment vous... Enfin, quel oeil vous portez, je dis collectivement, mais aussi, je veux avoir ton avis personnel, sur les initiatives portées type Lucie Castet, ce qu'a dit Marine Tondelier, ce qu'a dit Ruffin, etc. La primaire.

Oui, c'était une question de primaire que tout le monde, vraisemblablement, veut faire, mais gagner quand même, qu'il lance, mais qu'il gagne, a priori, surtout Ruffin, j'ai adoré. On va faire une primaire et je vais la gagner. Putain, il y a... Chaque jour va, il y a un nouveau candidat et ils vont avoir autant de candidats que de votants. Mais précisément, moi, je trouve ça intéressant. C'est la démocratie, tu viens de dire que c'est la démocratie. Je trouve ça intéressant et donc, du coup, dans le cas de figure où ça commence à prendre, effectivement, est-ce que vous, vous êtes favorable est-ce que vous pourriez jouer le jeu ? Je vais te retourner à la question.

Est-ce que si demain, il y avait une primaire avec Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, est-ce que tu penses que l'un ferait campagne pour l'autre, dans un sens ou dans l'autre ? Je n'ai pas compris. Non, ce n'est pas très grave. Si. Attends, repose la question. Je refais plus doucement. S'il y avait une primaire dans laquelle Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann étaient tous les deux candidats, est-ce que tu penses que si Jean-Luc Mélenchon gagne, Raphaël Glucksmann le soutient et inversement. Glucksmann n'est pas de gauche donc il ne serait pas dans la primaire de la gauche déjà. Donc, on sort Glucksmann. Première question. Voilà. Il y a un vrai paramètre.

Et maintenant, on peut avoir une question de la vraie primaire de la gauche. Ok. Est-ce que tu peux répondre et les autres ? François Hollande. Vous soutiendriez François Hollande ? Toujours. Naturellement. Je repose les questions parce que Manon, à chaque fois, tu essaies de m'embrouiller. Je le sens. Il est tard. Je suis fatiguée. C'est la troisième heure d'émission ou presque. On n'en peut plus. En plus, on se l'écaille sur ce plateau. N'est-ce pas ? Donc, on se concentre. Concentrez-vous le public aussi maintenant. Ça suffit. Si tu veux, on fait un vote à main levée du public. Oh non ! Non ! Je les adore, mais sans présentation, il n'y a pas du tout. Première question.

Jean-Luc Mélenchon s'envoie. La procédure de désignation du ou de la candidate côté FI. Deuxième question. Quid de votre participation à une primaire ? Voilà. Bon, les primaires, je crois que tu peux te brosser. Alors, première question. Candidature LFI. Je pense qu'on va laisser d'abord passer la campagne des élections municipales pour ne pas tout brouiller en même temps. C'est vrai que cette pré-campagne, elle est un peu particulière, y compris pour nous, parce que si on compare à 2022, je ne sais pas si tu te souviens, on était partis en campagne en novembre. Très, très tôt.

Oui, à cette époque de l'année, on était déjà partis en campagne présidentielle parce qu'on avait fait le pari que c'était un moment où il fallait repolitiser le pays. Là, on s'est dit que...

39:41
Présentateur

Il est bien politisé, là. Il est chaud, il est chaud.

39:43
Intervenant

Les gens sont chauds. Ces derniers mois, ça a pas mal causé politique. Et en plus, il y a les municipales au milieu. Donc, on s'est dit qu'on allait démarrer un peu plus tard. Donc, ça, c'est pour la question du timing. Sur la manière dont il sera désigné, c'est aux instances de la France Insoumise d'en décéder et on ne l'a pas encore décédé. Pas encore, OK. Et sur la question de la primaire, en fait, c'est un truc autour duquel on tourne à chaque fois. Je veux dire, il y a eu une primaire populaire. Christiane Taubira l'a gagnée. On sait ce que ça a donné la dernière fois. Ça ne veut pas dire que la primaire, comme concept, est à foutre à la poubelle.

Je n'ai pas dit qu'il était à foutre à la poubelle. Mais j'ai dit qu'on peut aller dans le détail. Il y a pas mal de biais. Il y a pas mal de biais. On prend dans le détail les primaires précédentes qui ont été organisées. Il y a des biais sociologiques. Les plus âgés participent plus que les plus jeunes. Les CSP+, participent plus que les quartiers populaires.

40:40
Présentateur

Comme aux élections.

40:41
Intervenant

Non, en proportion. Tu sais comme moi que dans une élection...

40:44
Présentateur

Jusqu'à présent, oui, je suis d'accord avec toi, mais c'est une critique

40:45
Intervenant

de la démocratie. Dans une élection présidentielle, le taux de participation est entre 75 et 80 %. Le corps électoral d'une primaire, dans le meilleur des cas, les plus grosses primaires qu'il y a eu en France, c'était 1,5 million, 2 millions de participants. Faites campagne pendant la primaire, vous êtes forts. T'as un corps électoral qui est déformé. À partir du moment où t'as un corps électoral qui est déformé, de fait, tu n'as pas la même représentation de la population. Ça, c'est pour la méthode. Mais ensuite, et le plus important, c'est sur le fond. Si tu fais une primaire dont le débat, c'est l'incarnation électorale, ça veut dire qu'avant, t'as une base commune.

Et quand je vois, désolé d'en revenir à eux, le Parti Socialiste qui renie le programme du nouveau Front Populaire, je ne vois pas comment je vais réussir à faire campagne avec eux. Que ce soit sur la retraite à 60 ans dont ils tournent le dos, l'augmentation du SMIC à 1 600 euros net dont ils tournent le dos, l'allocation d'autonomie pour les jeunes dont ils tournent le dos, ça fait quand même un paquet d'exemples sur lesquels on n'est pas d'accord. C'est pas grave, c'est la démocratie. Mais si on n'est pas d'accord, dans ce cas-là, c'est mieux d'avoir des propositions présidentielles différentes.

Après, là où je te rejoins, c'est qu'il vaut mieux avoir des propositions politiques claires, mais pas genre 50 sur le même terreau électoral. Donc on a intérêt à discuter, à tendre la main un maximum de gens et pour essayer de trouver un terrain. C'est un petit peu comme en 2022, c'est un truc avec un nouveau label, peut-être même l'Union Populaire à nouveau, l'idée de dire l'Union, elle se fera mais autour de moi et autour du programme, etc. Et laissons les autres faire leur primaire, ils feront 5%, je ne sais pas quoi, c'est un petit peu ça le design du truc.

Le design, c'est de faire campagne sur nos idées et quand je vois que les autres font des réunions à Bagneux où ils passent un paquet d'heures où ils ne sont pas encore d'accord sur les modalités d'élection de la primaire populaire. Oui, sauf que nous, décider à 3, ça va plus vite, ça c'est sûr. En fait, non, ça permet d'être plus précis et meilleur dans ce qu'on fait sur le fond.

Je te donne un exemple, j'ai participé au négo de la NUPES et quand on a fait les négo programmatiques de la NUPES, on avait face à moi les écolos, les socialistes, les communistes et sur un tas de sujets, en fait, ils n'avaient pas d'avis, pas de point de vue, rien de construit politiquement parce que les heures qu'eux, ils ont passé à se battre entre eux, on a le droit d'être en désaccord avec nous, mais au moins, on travaille et on passe tout notre temps, toute notre énergie et honnêtement, dans les négo de la NUPES, ça m'a semblé d'une évidence où en mode, j'avais des gens en face de moi et qui me disaient je ne sais pas et puis qui cherchaient dans leur page de programme et comme leur programme tenait en 10 pages, ils n'avaient pas la réponse.

Si vous permettez cette posture, c'est parce que vous avez le sentiment d'être en position dominante. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez le sentiment d'être en position dominante dans le paysage de la gauche ? Dans tous les cas, ce que j'entends d'une partie de la gauche qui dit plus jamais la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, je ne sais pas quoi et qui consiste à éliminer la force politique qui est peut-être la force politique qui a le plus grand nombre de militants, qui est la plus active, moi, je n'ai pas la prétention d'avoir le monopole de la vie politique, des militants, etc. Mais je trouve ça un peu fort de café.

On nous dit mais vous ne voulez pas de ça, de ça, de ça et puis la seconde d'après, on exclut de toute façon la France insoumise. Donc oui, on fait campagne sur nos idées, oui, l'énergie qu'on va passer dans les mois qui viennent, première chose déjà, inscription sur la liste électorale. Il y a 10 millions de gens en France qui ne sont pas inscrits, mal inscrits sur la liste électorale. On fait des caravanes populaires dans les quartiers, c'est loin, ça ne se voit pas ce qu'on fait.

Là, c'est vraiment en dehors des radars médiatiques et tout ce temps et cette énergie qu'on passe, oui, il sera utile pour nous, la France insoumise mais plus généralement pour la démocratie et j'estime que notre temps il est mieux utilisé comme ça. J'ai une petite observation, c'est vrai que j'entendais Glucksmann dire il faut prouver qu'il y a encore une gauche sociale-démocrate et qu'elle est majoritaire sur la gauche, machin, et moi ça m'énerve de fou. Tu fais bien le Raphaël Glucksmann. Merci, c'est gentil. Quand je l'entends dire ça, ça m'énerve de fou.

J'ai l'impression parce qu'une campagne présidentielle, vraiment, qui est l'élection majeure, quand tu l'as fait, normalement, c'est pour gagner, c'est pour y aller et de la même manière que Fabien Roussel qui y va pour faire exister le parti communiste et tout, ça m'énerve aussi parce que c'est pas tourné vers la victoire. Le RPL ou tout vous dire aussi. Oui, mais bref. Mais pour tous, c'est ça pareil. Non, mais là, j'ai l'impression par contre que sur les municipales, par contre, la France insoumise fait un peu ça. C'est-à-dire, on y va pour tester un petit peu quel est le rapport de force à gauche. Sauf que de nouveau, ce n'est pas le même mode de scrutin.

Ce n'est pas le même mode de scrutin. Tu peux avoir quatre listes au second tour au municipal. Ce n'est pas le cas au présidentiel. Pour aller sur ma question, c'est par contre, là, vous allez retrouver votre rôle central dans la gauche, certainement, aux prochaines présidentielles. Qu'est-ce qui va être fait différemment de la dernière fois ? C'est une bonne question. Oui. Parce qu'il avait dit « Fait mieux ». Donc, du coup, qu'est-ce qui va être fait mieux ?

Dans les trucs que je peux te dire, dans les discussions qu'on a et en toute humilité qui ne sont pas abouties puisqu'on n'est pas encore dans le cœur nucléaire de la campagne, mais dans les choses qu'on réfléchit, c'est comment on rend la campagne davantage collective. La grande différence entre une campagne de 2027 et une campagne à fortiori celle de 2012, mais même en 2017 et dans une moindre mesure 2022, c'est que tu n'as pas le Jean-Luc Mélenchon tout seul. On peut reprocher beaucoup de choses à Jean-Luc Mélenchon, mais si tu prends dans les dix personnalités de gauche les plus connues en France, tu en as probablement un bon petit paquet qui vient de la France insoumise.

Il a fait émerger une génération, y compris des gens comme moi, qui n'aient pas de la politique à la base, qui n'avaient pas forcément un avis très positif sur le monde politique et qui l'a toujours d'ailleurs, mais c'est un autre débat, mais qui croient quand même que c'est un peu la seule manière de changer la vie des gens et on a chacun un rôle... Mais la dernière fois, il y avait déjà une espèce de comité de l'Union Populaire... Je te parle de deux choses différentes. Toi, tu parles de... La dernière présidentielle. Oui, mais tu parles de l'incarnation. Tu parles du Parlement de l'Union Populaire.

Ce Parlement, c'était comment on allait chercher en dehors des rangs de la France insoumise. Dans la société civile. Ça, c'est une chose. Et l'autre chose, c'est comment, au sein de la France insoumise, on fait une campagne à plusieurs, y compris, je ne sais pas, je vais peut-être donner des idées ici, mais on casse le code de la fiche présidentielle en mettant plusieurs visages, ce genre de choses. ça fait partie des choses auxquelles on réfléchit, mais en tout état de cause, l'objectif, c'est de s'appuyer sur les différentes forces parce que chacun, on parle différemment, on s'adresse à des gens différents.

Moi, je ne suis pas Manuel Bompard, qui n'est pas Mathilde Panot, qui n'est pas Éricotrelle. C'est dû au fait que le Mélenchon bashing s'est intensifié notamment depuis le 7 octobre dernier et qu'il va falloir compenser et jouer contre ça, le Mélenchon bashing. Jean-Luc, il nous dit souvent « je fais office de paratonnerre ». Oui, c'est ça. Donc du coup, est-ce que ce ne serait pas encore mieux sans Mélenchon ? Est-ce que tu penses que Jean-Luc... Attends, attends, il a posé une super question. L'antidote suprême, ce serait que ce soit sans Mélenchon ou avec Mélenchon en support d'une autre candidature.

Ou alors, une combinaison des forces de Jean-Luc Mélenchon et des forces du reste des figures politiques insoumises ? Et le taux de notoriété par exemple de Jean-Luc Mélenchon est inégalable par aucun d'entre nous. Il faudrait qu'il soit là, mais si ce n'est pas lui, c'est vrai que ça désamorce aussi un certain nombre de mines. Et à l'inverse, peut-être que ça ne mobilise pas certaines personnes qui auraient voté si c'était lui. Donc la question, c'est comment on construit sur les forces de Jean-Luc et sur les forces qui sont les nôtres et qui sont des forces nouvelles.

48:27
Présentateur

Sur les faiblesses de Jean-Luc aussi, parce qu'on a l'impression...

48:29
Intervenant

Tout le monde a des faiblesses, tu sais.

48:30
Présentateur

Bien sûr, je sais bien, surtout Jean-Luc. Non, je déconne. Non, mais on a l'impression que Jean-Luc est probablement le meilleur candidat pour se qualifier au second tour et le pire pour gagner l'élection au second.

48:40
Intervenant

Alors, le truc du... Le pire des second tours sur la base, par exemple, d'un sondage qui a été fait cette semaine d'Odoxa qui prévoit un taux de participation à 55% au second tour. Bon, on y repassera. Le même sondage 57% de participation au second tour. Sachant que la dernière présidentielle au second tour, c'était 77%. C'est les chiffres de législatif. Et il y a des chances, des raisons de penser que dans les 20 points de différence, c'est plutôt les jeunes, plutôt les quartiers populaires, etc., qui sont sous-évalués dans ces sondages-là. Donc, le truc de... Oui, mais au second tour, il perd face à Bardella, ce qui est un peu le truc qu'on nous dit.

Je suis même plus précise dans ta question. Déjà, dans ce sondage, tout le monde perd face à Bardella. Premièrement. Et deuxièmement, le sondage qui est fait sur 689 votants dont le taux de participation est de 57% à un an et demi de la présidentielle. Alors que... Enfin, moi, j'ai retrouvé des sondages de la dernière présidentielle où Zemmour était à 20%. Pécresse était au second tour. Elle a fait moins de 5. Qui l'a commandé, ce sondage ? Je veux bien qu'on fasse des trucs sur la base des sondages. Mais sinon, il y a un truc qui s'appelle la campagne de second tour.

Et moi, je pense que Jean-Luc, oui, il peut être bon en campagne de second tour que tout l'appareil derrière de la France insoumise, tous ceux qui font campagne sur le terrain. Voilà. Et nous, en tout cas, pour te rassurer, on ne fait pas campagne pour perdre.

50:02
Présentateur

Tu penses que le rejet dont il fait l'objet sera compensé par une surparticipation populaire ? Et puis le rejet

50:06
Intervenant

dont fait l'objet le RN est toujours là. Enfin, je veux dire, il y a toujours une majorité de la population qui n'ont pas l'intention

50:11
Présentateur

d'aller voter contre le RN au second tour.

50:12
Intervenant

Ça dépend qui est en face.

50:14
Présentateur

Ils vont devoir cimer et puis ça dépend de l'ambiance. On peut poser la question dans le chat

50:16
Intervenant

s'il y a Jean-Luc Mélenchon versus Jordan Bardella. Est-ce que vous votez pour Jean-Luc Mélenchon ?

50:20
Présentateur

Ça, c'est la question facile. Maintenant, s'il y a Glucksmann, vous faites quoi ? Je connais mon chat, quand même.

50:27
Intervenant

Répondez aussi à cette question. L'Oumir. Moi, j'avoue, je vais revenir sur mon sujet qui est l'union parce qu'en fait, il y a les appareils et il y a les gens. Et les gens de gauche, ils disent à 84%, on veut l'union. Ça, c'est pas moi Si ça s'appelle l'union populaire, c'est l'union ? J'entends ce que tu dis. Mais il y a un moment, il faut aussi voir ça. Moi, j'avoue que la question que je me pose, c'est est-ce que vous allez encore nous faire ce que je souhaite à terme, mais l'union aux législatives après nous avoir répété pendant trois ans qu'en fait, on ne pouvait pas faire l'union parce que machin n'a pas de programme, parce que c'est des traîtres, parce que machin a dit truc.

En fait, c'est, pardon, mais c'est ingérable. C'est illisible. On a l'impression d'être pris pour des cons. Vous nous aviez dit pendant les européennes, on ne peut pas faire d'union parce que machin, soit dit devant, il devait y avoir un pacte de non-agression. Ah bon, on demandait à tous un pour avoir. Donc moi, mon point, il est en fait, si vous faites l'union que pour sauver le cul de vos cadres, ce qui est franchement l'impression que ça donne. Pardon, en l'occurrence, je vais te dire. Eh ben, en fait, comment vous voulez que le peuple de gauche, dont je rappelle 84% veut l'union, se projette dans comment est-ce qu'on va gagner ensemble ? Et surtout, où est-ce que vous habitez ?

Parce qu'un coup, on peut le faire, un coup, on ne peut pas le faire, un coup, on est d'accord sur un programme, on n'est plus d'accord sur le programme. Je ne parle pas des reniements qui ont existé sur le programme du NFP. Je les connais. Et je te le dis à toi parce que je sais que tu n'es pas la moins des unionistes. Mais vraiment, j'espère que vous réalisez cette fatigue monumentale qu'il y a dans le peuple de gauche à ne rien comprendre à si vous êtes ensemble ou pas ensemble, à quand vous êtes ensemble et pas ensemble. Franchement, c'est lourd. Plusieurs choses pour te répondre là-dessus. D'abord, faire élire nos cadres.

En l'occurrence, nos cadres, je ne sais pas, Mathilde Panot, Manuel Bompard et d'autres, ils ont été élus au premier tour des élections législatives. Je sais bien. Et donc, même sans union, je pense qu'ils sont élus sans aucune difficulté. Et à la différence, justement, d'autres, que je ne citerai pas, ils n'ont pas fait l'union pour sauver leur tête. Ils ont fait l'union parce qu'ils voulaient gouverner le pays et changer la vie des gens.

Parce que quand j'ai quand même vu Olivier Faure dans notre bureau débarquer, dire oui, alors la loi Cazeneuve, ce n'était pas top, dire la loi Touraine sur les retraites, ce n'était pas top et que faire ça manifestement, justement pour sauver leur cul, on peut quand même s'interroger sur le sens de la démarche. Première chose. Deuxième chose, tu dis ne pas prendre les Français pour des cons. Tu as raison. Et prendre les Français pour des cons, ce serait précisément leur dire on est pour la retraite à 60 ans et abroger la réforme des retraites à 64 ans et arriver au pouvoir et ne pas le faire.

Prendre les gens pour des cons, ce serait faire campagne sur le SMIC à 1600 euros net, arriver au pouvoir et ne pas le faire. Prendre les gens pour des cons, ce serait dire mon ennemi, c'est la finance au hasard et finalement, c'est son meilleur pote. Prendre les gens pour des cons, ce serait faire campagne pour les droits des travailleurs et faire l'une des pires lois, en l'occurrence, la loi travail. Et je pourrais continuer la liste si je me la connais, qui est assez longue. Donc pour moi, c'est ça, prendre les gens pour des cons. Et en fait, on peut avoir, de nouveau, on peut nous reprocher beaucoup de choses, mais nous, on fait de la politique avec les tripes et avec des idées.

Et ces idées-là, c'est celles-là qu'on va défendre. Et je ne sais pas si on va réussir à gagner. En fait, je n'en sais rien. Peut-être qu'on ne va pas réussir. Mais tu peux être sûr que moi, je vais mettre toute mon énergie pour essayer d'embarquer le plus de gens possible derrière ces idées-là. Et quand bien même ils ont été au Parti Socialiste ou je ne sais quoi avant, peu importe. Mais il faut qu'ils soient d'accord sur ces idées parce que je ne veux pas arriver au pouvoir et ensuite dire « Désolé les gars, on n'a pas pu le faire » et ça donne François Hollande. En cinq ans quand même, le Parti Socialiste, on a oublié parce que ça va vite, il gouvernait partout.

Il y avait l'Assemblée, le Sénat, les régions. Le mec était président de la République et en cinq ans, il est tombé avec cinq ans plus tard, c'est Anne Hidalgo et moins de 2% à la présidentielle. Et en fait, c'est ça qui crée du dégoût de la politique. Tu fais campagne, tu promets des gens et des gens. T'as oublié Benoît Hamon entre les deux quand même. T'as oublié Benoît Hamon entre les deux. Oui, mais François Hollande est président jusqu'en 2017 et en effet, Benoît Hamon est candidat en 2017, mais cinq ans plus tard, c'est 2022 et les 2% d'Anne Hidalgo. Donc en cinq ans, ils sont bien passés de président de la République à moins de 2%. Et en fait, c'est ça qui dégoûte les gens.

Et avec la France Insoumise, on a réussi à repassionner les gens pour la politique, à les remotiver, à leur dire qu'on n'est pas condamnés à avoir un duel entre la droite et l'extrême droite, pas condamnés à faire en sorte que notre vie soit décidée par d'autres. Et on va continuer à essayer de faire ça. Et oui, je souhaite que ce soit le plus collectif possible. Oui, je souhaite qu'on embarque le plus de gens. Oui, si demain, c'était à refaire la NUPES et le NFP, je le referais. Mais par contre, je le referais avec les mêmes exigences.

Et derrière, je serais intraitable sur tous ceux qui ne tiennent pas compte de ces exigences et qui derrière trahissent parce que je pense que ça fait du mal à la politique. Moi, j'ai du mal ensuite à convaincre les gens d'aller voter pour nous s'ils pensent qu'on va faire l'inverse. Mais nous, on a beaucoup de mal à convaincre les gens d'aller voter pour la gauche parce qu'en fait, je suis désolée. J'entends ce que tu dis, mais il y a un moment, je ne veux pas monopoliser la... Non, mais vous voulez sur vos emmerdes. Allez-y, allez-y, vas-y, vas-y.

55:41
Présentateur

Non, on voulait... On aura l'occasion de revenir sur cette discussion qui, à mon avis, va continuer à occuper la gauche jusqu'en 2027 et même après. On voulait parler aussi de la niche parlementaire de la France insoumise. C'est aujourd'hui, je vous rappelle qu'une niche parlementaire, c'est un et un seul jour dans l'année où les groupes ont la possibilité de défendre leur propre proposition de loi. Pour une fois, c'est elles et eux qui décident de l'ordre du jour. Aujourd'hui, c'était la France insoumise, c'était le tour de la France insoumise.

Les députés LFI ont présenté huit textes parmi lesquels une résolution contre l'accord du Mercosur qui a été adopté à l'unanimité, la nationalisation d'ArcelorMittal, la gratuité totale des parkings des établissements publics de santé et encore d'autres textes. Pourquoi la nationalisation d'ArcelorMittal ? C'est encore la solution, selon vous ?

56:28
Intervenant

C'est la solution parce qu'on a aujourd'hui une entreprise qui est le fer de lance de la sidérurgie en France. Ça peut paraître un peu abstrait, la sidérurgie, c'est l'acier. L'acier, vous en avez dans plein de composants, dans vos voitures, dans les trains, dans vos fourchettes, dans la vie du quotidien. Ça sert aussi à l'armement de défense. Bref, c'est indispensable pour notre souveraineté industrielle qu'on puisse produire de l'acier en France et qu'on ne soit pas dépendant de l'étranger.

ArcelorMittal, c'est une grosse entreprise avant Arcelor puis ensuite rachetée en joint venture par Mittal qui veut faire de l'argent et qui, classique, quand une entreprise veut faire de l'argent, elle prend l'argent public et puis après, elle délocalise une partie de son activité en Pologne, le reste en Inde. Et face à la voracité de ces patrons-là qui versent 3 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires, eh bien, on a un État qui est passif, inactif et qui est prêt à se faire dépouiller de notre aciérie alors que l'enjeu, un des enjeux principaux, notamment pour les hauts fourneaux à Dunkerque, c'est de les accompagner dans la transition écologique.

Donc, de faire de l'acier davantage écolo, c'est compliqué quand on fait de l'acier, mais de faire les investissements qui sont nécessaires pour que remplacer les deux hauts fourneaux de Dunkerque, notamment. Et ça, ça suppose des investissements que ArcelorMittal n'est pas prêt à faire. Alors, pourquoi la nationalisation ? D'abord, parce qu'il y a des emplois en jeu. C'est 18 000 emplois directs, plus de 80 000 emplois indirects que l'on peut sauver en gardant le contrôle de cette entreprise.

Deuxième enjeu, celui que j'évoquais de l'industrie et de la souveraineté industrielle pour continuer à produire en France ce dont on a besoin et ne pas être dépendant de pays extérieurs, la Chine et l'Inde pour ne citer qu'eux. Et troisième raison, si l'État est l'actionnaire principal, alors il peut faire les investissements qui sont nécessaires, qui demandent de l'argent initialement et qui sont rentabilisés sur le moyen terme.

C'est aussi une demande forte de la part des syndicats il y avait une mobilisation aujourd'hui devant l'Assemblée nationale avec les syndicalistes qui étaient là et je pense que c'est important de porter cette voix des travailleurs, cette voix des ouvriers à l'heure où en face de ça t'as le Rassemblement national qui fait de l'obstruction parlementaire, qui a déposé des centaines d'amendements et qui abandonne les ouvriers en race campagne et qui préfère faire les poches des ouvriers que les poches des actionnaires. Justement je comprends pas parce que c'est quoi la stratégie de leur part ?

Parce qu'en effet, là si ça n'est pas voté avant minuit et qu'ils ont gagné assez de temps avec leurs amendements, ça passe à la trappe. Mais quelle est leur stratégie là-dedans ? C'est le recentrage à droite de l'air Bardella qui s'annonce avec qu'on fait même plus un effort pour essayer de donner le change et de faire en sorte que l'État va quand même être là pour les travailleurs ? Il n'y a plus un effort ? Plus rien ? C'est leur recentrage patronal ? Pour moi, ils n'ont jamais vraiment fait semblant parce que dès que tu prends les questions sociales à l'Assemblée nationale, l'augmentation du salaire minimum, ils marinent le cas de l'État.

Sur les trucs symboliques, de temps en temps, ils ont essayé de donner le change sur la retraite à 60 ans, ça ne durait pas, ils ne s'étaient pas d'accord entre eux, c'était compliqué. Ce n'était pas vraiment clair parce que tu avais Bardella en même temps qui disait qu'il était prêt à faire la retraite à 64 ans, etc. Donc oui, tu as raison qu'il y a probablement une bataille interne au sein du Rassemblement national. Bardella, en effet, veut faire l'union des droites, mais j'ai envie de dire que fondamentalement, je ne suis pas surprise de leur stratégie en la matière. Et d'ailleurs, je pense que c'est important de le faire savoir.

Pour tous les ouvriers du pays, sachez que le Rassemblement national ne défend pas vos intérêts. Et par ailleurs, ce sont aussi des patriotes de pacotis parce que drapeau bleu, blanc, rouge, tout ça, mais ils veulent de l'acier qui vient de l'autre bout du monde. Donc, je trouve que la niche parlementaire est un moment de vérité sur le sujet, sur ce sujet comme sur d'autres, les parkings gratuits dans les hôpitaux. Ça paraît anecdotique. Non, non, c'est probablement qu'on arrive aux urgences. Tu vas aux urgences, tu rack. Et puis, tu vois, tu arrives aux urgences, tu précipites, tu vas voir un proche et machin, et tu rack.

1:00:28
Présentateur

C'est important de rappeler effectivement que c'est une niche parlementaire, ce qui veut dire que les lois qui seraient éventuellement votées ont très, très peu de chances de s'appliquer au final, mais ça envoie quand même un signal important.

1:00:41
Intervenant

On nous avait dit ça sur la constitutionnalisation de l'IVG, que ça aurait très peu de chances d'arriver à son...

1:00:45
Présentateur

Oui, parce que vous avez fait un compromis avec les macronistes, je vous rappelle.

1:00:47
Intervenant

Alors, aussi parce qu'on a réussi à convaincre les sénateurs.

1:00:50
Présentateur

Surtout le Sénat, là.

1:00:51
Intervenant

Non, mais... Surtout le Sénat, oui. Un autre exemple. Mercosur, c'est un bon exemple. Moi, je travaille beaucoup sur ce sujet au niveau européen. On a un moment clé. Bon, déjà, pour dresser le tableau, pire accord de libre-échange jamais signé. On va importer des centaines de milliers de tonnes de bœuf, de soja, de maïs, avec des pesticides, des OGM, des hormones de croissance en veux-tu en voilà, qui sont interdits, d'ailleurs, dans l'UE, sans compter le coût environnemental de ça. Bref, c'est une pure folie. Vous vous souvenez de Macron qui avait dit, non, l'accord sur le Mercosur, on est contre, machin et tout. Bon. Il va capituler en race campagne.

1:01:27
Présentateur

Il dit qu'il a obtenu des garanties.

1:01:28
Intervenant

Non, aucune garantie. Je peux te dire, je suis rapportrice au Parlement européen sur les fameuses clauses de sauvegarde qui, je te fais le pari ici, je suis prête, là, c'est filmé, donc vous pourrez me réinviter dans un an pour vérifier. Ces clauses de sauvegarde ne seront jamais activées. parce qu'il faut des conditions qui sont impossibles à réunir. C'est seulement la commission qui peut le décider. Il faut que les prix aient augmenté plus de 10%, que le volume d'importation a augmenté plus de 10%, qu'on puisse montrer que c'est un lien direct avec l'accord avec le Mercosur. Bref, les agriculteurs vont prendre cher et au passage, Emmanuel Macron abandonne, on le savait.

Le 18-19 décembre prochain, va y avoir le vote au Conseil européen. Là, il faudra bien surveiller le vote de la France qui va faire un truc à la mort moelle et qui ne va pas mener la bataille, en disant que quand même, ils ont obtenu quelques astérix en bas de la page qui ne servent à rien et qui ne sont absolument pas contraignantes. Et la réalité, c'est qu'on est les seuls à mener cette bataille à l'échelon européen. Mais en même temps, parce que comme on a beaucoup déprimé les gens ce soir, j'ai envie de donner un peu de source, d'espoir.

sur l'accord avec le Mercosur, ils sont fébriles en face parce qu'on avait déposé notamment un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne pour interroger la compatibilité de l'accord avec le Mercosur avec les traités européens. Comme quoi, parfois,

1:02:53
Présentateur

on se sert

1:02:54
Intervenant

des traités européens, on les prend à leur propre jeu, notamment le principe de précaution pour ne prendre que celui-là. Et on avait fait signer ça par 145 députés de 5 groupes différents, de 21 nationalités différentes. Je me suis bien cassé la tête à réussir à faire signer ça par autant de gens. Et la présidente du Parlement a dit non, on ne va pas examiner ça maintenant, on va examiner ça plus tard. Et clairement, elle est sortie de son pouvoir pour faire ça parce qu'elle sait qu'ils allaient perdre. Parce qu'elle sait qu'aujourd'hui, il n'y a plus de majorité au Parlement européen sur l'accord avec le Mercosur.

Et peut-être si on dézoome encore un petit peu plus, je me souviens d'il n'y a pas si longtemps que ça, au début où je m'étais engagée en politique, quand on parlait de protectionnisme solidaire, d'opposition, d'accords de libre-échange, en vrai, on était ultra minoritaire. Et sur ce sujet, comme sur d'autres, on est en train de gagner la bataille culturelle. Sur le libre-échange, sur l'opposition libre-échange, sur la taxation des plus riches, sur la nationalisation d'ArcelorMittal, il y a plein de sujets. Vous avez été rejoints par qui ? Les sociodémocrates des autres pays ? Par les...

Beaucoup de députés d'horizons politiques différents qui se rendent bien compte qu'aller chercher des trucs qu'on peut produire ici à l'autre bout du monde, ça n'a aucun sens social, aucun sens sanitaire, aucun sens environnemental. Et moi, je ne me satisfais pas d'avoir raison avant tout le monde. Ce qui compte, c'est qu'on arrive à appliquer les choses qui changent concrètement la vie. Et voilà, s'il faut finir sur une note d'espoir, parfois, quand on est de gauche, on ne va pas se raconter d'histoire, ce n'est pas facile. On avance un peu contre le vent, contre vents et marées. Quand je me tape des plateaux de CNew, c'est moins sympa que chez vous, je vous rassure.

Et promis, je termine là-dessus. J'espère en supplie. Pour donner vraiment cet espoir aux gens, on peut gagner des batailles. Et on a gagné des batailles culturelles. Donc les gens, ne vous désarmez pas, ne baissez pas les bras. Et je vous jure que la bataille est longue, elle est dure. Mais peut-être qu'on peut la gagner.

1:04:45
Présentateur

On a été exigeants avec toi, Manon. On avait exigeants avec Arthur Delaporte. On continuera à aller sur le plateau de Baxit. Merci beaucoup, Manon Aubry ! Prêt devenue sur le plateau de Baxit.