Sophie Briante Guillemont : « Il y avait 50 peines d’inéligibilité par an, maintenant c’est 6500 »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sophie Bri Guimon. Merci d'être notre invité. Vous êtes sénatrice RDSE des Français établi hors de France.
Votre proposition de loi pour créer un fichier des personnes inéligibles a été adopté hier à l'unanimité. On va y revenir évidemment dans quelques instants. Mais d'abord comme d'habitude, on commence par les unees de la presse régionale.
On en a sélectionné trois. D'abord la une du parisien pédo criminalité en ligne. Comment protéger nos enfants ?
Il suffit de quelques clics sur internet pour tomber sur des produits et des images choquants. La deuxième une, c'est celle de Sud-Ouest. Téléphone au volant.
L'exemple landais dans le département depuis le 1er novembre, les automobilistes s'exposent à une suspension de permis en cas d'usage de leur téléphone. Et puis la de la dernière, c'est celle de la montagne alliée. 40 ans de solidarité, c'est les Restos du Cœur, l'aide et le soutien apporté par les Restos du Cœur au plus démunis depuis l'appel de Coluche qui va bien au-delà de l'aspect alimentaire.
De quelle avez-vous envie de nous parler ? peut-être la première sur la pédocriminalité qui est quand même le sujet de de ces derniers jours euh avec euh avec les conséquences de de ce qui peut se vendre sur la plateforme chien, mais pas uniquement. En fait, ça ouvre un débat beaucoup plus large sur euh qu'est-ce qu'on peut acheter ou pas sur internet et en réalité, on peut acheter à peu près tout.
On va parler justement de Chine. Quentin l'a dit, une opération d'envergure qui a eu lieu hier à l'aéroport de Roy 200000 collés colis qui ont été bloqués, contrôlés. Est-ce que le gouvernement a raison de durcir le ton ou est-ce qu'on est un peu dans une opération de communication ?
Les deux. Euh je pense que il a parfaitement raison de durcir le ton et que la position euh pour cette fois en tout cas du gouvernement est assez ferme. Par contre euh c'est aussi une opération de com et qui devra être suivie des faits euh parce que le sujet n'est pas nouveau.
Euh les sanctions, la ministre elle-même l'a rappelé d'ailleurs, euh on est à des des sanctions judiciaires, des sanctions administratives. On commence une procédure avec la Commission européenne mais la question c'est l'efficacité. Vous en doutez cette efficacité ?
On va voir. Il faut il faut laisser un peu le temps de de de prendre des mesures qui soient efficaces. Il y a de nouvelles mesures qui ont été préconisées.
Je pense à la taxe de 2 € sur sur les colis. Donc tout ça être en train de se mettre en œuvre. Mais ce qui est certain, c'est que on attend plus de résultats.
Chine a écrit hein hier à à Ber en garantissant de respecter toutes les lois françaises. Est-ce qu'on peut y croire ? Est-ce que c'est suffisant ?
C'est difficile à dire. Euh c'est un engagement de leur part qui arrive dans un moment euh politique où euh l'œil médiatique est sur eux. Donc euh ils vont pas dire le contraire évidemment euh qu'en plus ils viennent d'ouvrir un magasin euh physique cette semaine à Paris.
Donc il y a toute une opération de communication de leur part euh que ils ont pris un certain nombre d'engagements. Maintenant on n serait pas à prendre des sanctions si on savait que c'était une plateforme qui pouvait effectivement faire ce qu'elle dit. Mais la France a a les moyens elle de faire ce qu'elle dit.
Est-ce qu'elle peut remporter ce bras de fer face à Chine ? Pas seule, c'est certain. C'est pour ça que la procédure devant la Commission européenne est fondamentale et que ça va être un combat européen.
Vous l'avez dit, hein, vous l'avez rappelé, cette semaine a été ouvert le premier magasin physique dans le monde et c'est ici à Paris au BHV. Est-ce que c'est quand même pas la la preuve d'une forme de naïveté, de passivité de notre part ? Fa Je sais pas si c'est de la passivité ou de la naïveté.
En tout cas, ça démontre qu'il y a des oppositions fortes sur ce sujet et c'est aussi la responsabilité du BHV d'avoir mis en place ce partenariat. Quent à autre sujet d'actualité, c'est la COP 30 au Brésil. Voilà, Emmanuel Macron qui est au Brésil pour le sommet des chefs d'État qui précèdent la COP 30 he qui doit se tenir dans les prochains jours.
Chef de l'État qui en appelle à convoquer l'esprit qui a présidé à l'adoption de l'accord de Paris. On l'écoute. Et alors que s'ouvre la COP 2030, nous devons donc convoquer à nouveau l'esprit qui a présidé à l'adoption de l'accord de Paris.
Le choix du multilatéralisme face au repli sur soi, de la science face à l'idéologie et de l'action face au fatalisme. Une cope Sophie Briante qui intervient donc 10 ans après les accords de Paris, c'est une date un peu symbolique. Est-ce que ces copes elles ont encore une utilité ?
Je pense que oui euh elles ont une utilité parce que ça oblige les dirigeants de ce monde à se réunir à un endroit donné pour parler euh de l'action climatique et où est-ce qu'on en est. Donc oui, elle a elles ont elles ont toujours un intérêt. C'est un rendez-vous qui est toujours important.
Maintenant, la réalité c'est euh qu'est-ce qu'on fait de tout ce qui a été décidé depuis 10 ans. Et d'ailleurs, le Brésil a décidé que qui accueille du coup cette COP, c'est le point qui met en avant, c'est-à-dire toutes les mesures qui ont été précédemment décidées. Qu'est-ce qu'on en fait ? comment quelle est la réelle mise en œuvre de ce qui devrait être des politiques publiques mondiales et et comment on fait parce qu'on on imagine que le message d'Emmanuel Macron, le choix du militéralisme, la science face à l'idéologie, il s'adressait un peu à Donald Trump.
Comment on fait quand on a Donald Trump à la tête des États-Unis sur ces questions ? Alors Donald Trump qui est quand même le grand absent de cette COP, il envoie ils envoient aucun haut dignitaire de la diplomatie américaine à cette COP. Exactement.
Et donc là aussi, on est sur un combat qui est devenu idéologique, c'est-à-dire que sur un sujet qui avec le temps était devenu quand même assez transpartisant, qui permettait d'avoir un certain nombre d'avancées indépendamment des parties de chacun, on arrive à ce que dit Donald Trump, c'est-à-dire dénoncer que tout ça est un énorme canular alors que alors que la réalité scientifique est là. et c'est le rôle de la France de pouvoir continuer à porter ces sujets, mais elle doit le faire aussi en cohérence avec elle-même. Je rappelle quand même que le budget de l'aide publique au développement cette année va encore être abaissé de 700 millions d'euros.
Donc c'est très bien d'aller à BM porter les sujets climatiques. C'est très bien aussi d'être en cohérence avec ce qu'on défend sur la scène internationale. La la ministre de la transition écologique Monique Barbu, elle a lancé un avertissement cette semaine en disant "Ce serait un désastre que les Européens ne se mettent pas d'accord.
Sauf que les Européens, ils se sont mis finalement d'accord mais à l'arracher pour réduire leurs émissions de de gaz à effet de serre. Est-ce que l'Union européenne, elle est encore à la à la pointe du combat contre le réchauffement climatique ? Je ne sais pas si elle est à la pointe.
Je pense qu'il y a beaucoup de choses aujourd'hui qui viennent en réalité des pays du sud euh qu'on l'appelle sud global ou non. Et le Brésil en est l'exemple, pas seulement parce qu'il accueille la COP, mais c'est quand même lui aujourd'hui qui a décidé de de porter ces sujets-là. Donc euh donc c'était peut-être un sujet sur lesquels sur lequel l'Union européenne a été à la pointe.
Reste présent médiatiquement parce que c'est difficile de dire aux opinions européennes qu'on se qu'on s'en soucie pas. Euh mais c'est pas du tout euh le seul acteur. On va passer à l'actualité du Sénat qui vous concerne évidemment Sophie Brian Guimont puisque Quentin le Sénat a donc adopté hier la proposition de loi de Sophie Brian Guimont en séance.
Oui, tout à fait. Première étape validée au Parlement pour votre proposition de loi madame la sénatrice. Le Sénat a adopté hier le texte à l'unanimité.
Cette proposition de loi crée un répertoire national des personnes inéligibles. Un tel fichier n'existait pas jusque-là. Si le texte va au bout du processus parlementaire, il y aura un seul fichier pour vérifier en amont qu'une une personne est bien éligible au moment d'une élection.
Je l'ignorais he jusqu'à travailler sur votre texte, mais toutes les candidatures à une élection ne font pas systématiquement l'objet d'une vérification de l'inéligibilité du candidat. Cela a été dit en séance hier. Il y a un échantillonnage.
Écoutez la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la GRE hier en séance. Aujourd'hui, ça a été rappelé, 80000 personnes par an déclarées inéliggibles dont 16000 au titre de condamnation pénale. Mais seulement, par exemple, pour les élections municipales de 2020, sur 900000 candidatures tout de même aux élections municipales, seul 6 % ont fait l'objet d'une vérification via le casier judiciaire pour détecter une inéligibilité.
Donc on voit bien, le chiffre illustre bien l'insuffisance criante de nos moyens de contrôle actuels. Voilà les autres groupes du Snac qui ont soutenu hein euh la proposition de loi, votre proposition de loi. Du côté du gouvernement, la ministre a donné un avis de sagesse.
C'est-à-dire qu'elle n'a pas directement soutenu le texte ni demandé à voter contre. Écoutez Marie-Pierre Vedrine, c'est la ministre auprès du ministre de l'intérieur qui était donc au banc hier pour le gouvernement. Dans ces conditions et sans remettre en cause l'esprit du texte, il paraît raisonnable au gouvernement d'adopter une position de sagesse, tout en reconnaissant, comme je l'ai dit aussi, les vertus politiques du dispositifé et tout en soulignant les limites techniques et juridiques de sa mise en œuvre.
On le rappelle, en France, l'inégibilité d'une personne peut être prononcée avec une condamnation pénale ou par une décision du juge électoral, jug administratif ou conseil constitutionnel. Ce sont les personnels de ces juridictions qui devraient donc ensuite remplir le répertoire national qui recenserait toutes les personnes inéligible en France si le texte et bien va jusqu'au bout. Un moyen beaucoup plus rapide pour un préfet de vérifier au moment de l'organisation d'un scrutin que la personne est bien éligible.
Sophie Brian Guimont, pourquoi avoir fait cette proposition de loi ? est à la suite d'une difficulté particulière dont vous aviez voulu vous faire l'écho. Alors en fait, il y a eu deux raisons à cette à cette proposition de loi que que j'ai décidé de porter et que mon groupe a décidé de porter dans sa niche à savoir le RDSE.
En fait, je sais pas si vous souvenez mais il y a quelques mois, il y a eu une annulation d'élection pour le Jura parce que le candidat, un des candidats qui est arrivé au second tour était en était un candidat du RN et il était sous curatel renforcé. Or au moment d'enregistrement pouvoir exactement il aurait pas dû être candidat à cette élection ce qui a abouti évidemment à l'annulation de l'élection par le conseil plusieurs mois après et or alors qu'on savait très bien que ça allait être annulé. Donc euh cette euh cette curatel renforça a été révélée par la presse, c'est-à-dire que la préfecture au moment d'enregistrer la candidature ne l'avait pas détecté, ne le savait pas et donc euh c'est assez incroyable mais euh mais il n'existe pas à ce jour de registre permettant de savoir qui est inéligible ou pas dans ce pays.
Mais comment vous l'expliqu C'est vrai qu'on l'a découvert du coup en travaillant sur votre texte. Comment vous expliquez euh aujourd'hui que des candidats inéligibles puissent se présenter et que seul euh Marie-Pierre de la contrelle le chiffre 6 % des candidatures soient vérifiées euh lors de l'élection ministé parce qu'en fait c'est un système qui est très complexe c'est-à-dire que déjà vous avez plusieurs types d'inéliggibilité donc c'est soit prononcé par le juge pénal c'est le cas de la peine complémentaire d'une peine principale. Donc ça ça va être inscrit au casier judiciaire.
Donc ça c'est déjà c'est un fichier. Ensuite vous avez le juge électoral qui est soit le jug administratif soit le conseil constitutionnel. Et là c'est pas c'est pas inscrit au casi judiciaire parce qu'en fait c'est même pas considéré comme une peine, c'est considéré comme une sanction.
Et ensuite vous avez le cas des tuteles et curatel où là à ce jour on a voté en 2024 le fait de constituer un fichier mais il a pas encore été mis en œuvre. Les décrets d'application n'est pas encore sorti. Donc en fait, vous avez plusieurs sources qui font que c'est un système en réalité assez complexe d'inéligibilité et céit c'est la raison pour laquelle j'ai proposé de créer ce registre national.
Mais ça veut dire juste qu'en préfecture, il regarde pas dans ses fichiers avant de valider la candidature d'un talent. C'est-à-dire que techniquement le la préfecture peut demander à avoir accès au casier judiciaire mais à ce jour c'est une procédure qui n'est pas automatisée. C'est-à-dire qu'il faut faire la demande un par un.
Et donc comme ça a été rappelé tout à l'heure, par exemple, si vous prenez les prochaines municipales, on attend 950000 candidats si vous prenez toute liste confue. Donc en fait entre le moment où on dépose sa candidature ou la liste et le moment où la préfecture délivre le récepcé, il y a que 4 jours maximum. Et donc c'est techniquement impossible pour la préfecture de faire des demandes de 950000 casiers judiciaires.
Et alors que depuis 2017 avec les lois de moralisation de la vie publique, il y a beaucoup plus de peines d'inéligibilité qui sont prononcées lorsqu'à des condamnations. Exactement. Et ça c'est un point assez intéressant qu'a révélé le rapport, c'est que avant la loi de 2017, donc sur la confiance dans la vie publique, il y avait environ que 50 peines prononcées par an par le juge pénal d'inéligibilité.
Et là, on est monté à 6500. et c'est que dans 42 % des cas que c'est prononcé, c'est-à-dire qu'il y a encore le reste où le juge pénal pourrait devrait prononcer l'inéligéibilité mais ne le fait pas et le motive pour une raison ou pour une autre. Donc on le voit, il y a un trou dans la requête alors qu'en plus c'est un vrai sujet sur le terrain.
Comment comprendre dans ce contexte que le gouvernement n'est pas soutenu votre texte plus franchement ? cette sagesse demander sincèrement politiquement c'est assez inexplicable même si vous avez entendu la ministre on est dans la caricature du en même temps c'est-à-dire que on est pour mais en même temps on pense que c'est un peu compliqué voilà exactement et avec des arguments un peu technocratiques en plus oui en fait je sais pas si c'est lié au changement de gouvernement à la période actuelle je pense qu'il y a un vrai sujet sur qui va s'occuper de ce fichier et donc une sorte de guerre entre administration entre le ministère de l'intérieur et le ministère de la justice. à mon avis, ils ont pas voulu trancher ce débat là.
Sinon, politiquement, c'est assez assez inexplicable que qu'on puisse pas le porter. Je voudrais quand même dire que c'est un sujet transpartisan que l'ensemble des groupes politiques hier l'ont voté à l'unanimité et donc j'ai quand même rappelé à la fin de la séance que c'était la responsabilité du gouvernement de faire quelque chose sur ce sujet. Justement, c'est ma dernière question.
Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? On le dit, une proposition de loi, c'est deux lectures pour chacune des deux chambres du parlement. Ça peut être très long.
H donc impossible que le texte soit adopté d'ici les prochaines élections municipales. Alors déjà c'était alors déjà il faut un certain temps pour le mettre en place et c'est un des apports du rapporteur, c'est qu'il avait fixé la la la le délai limite pour le créer au 31 décembre 202. Donc déjà on était un peu court pour le mettre en œuf pour les prochaines municipales.
Là on va voir ce qui va se passer effectivement avec la sagesse du gouvernement. Ça veut dire qu'ils vont pas pousser le texte à l'Assemblée nationale et qu'il faudra trouver une niche à l'Assemblée nationale pour que c'est pas dans l'ordre du jour du gouvernement qui va pouvoir se retrouver maintenant. Faut que ce soit un autre groupe de l'Assemblée qui le reprenne dans une des journées dont ils disposent de de l'ordre du jour.
Exactement. Vous pensez que ça pourrait être qui ? Alors je sais pas, il faut discuter avec les groupes politiques avec lesquels on a des contacts.
Personne à l'Assemblée pour l'instant ne vous attend d'une main pour le reprendre. Non non. Euh après l'Assemblée est un peu occupée sur d'autres sujets en ce moment.
Donc peut-être que j'irai les voir après, mais je pense que le gouvernement fait une erreur politique sur ce sujet parce que des véhicules législatifs propre à l'inéibilité, ils vont pas en trouver tous les jours. Or, il y a un certain nombre de choses qui faut qui doivent être prévues par la loi et donc j'espère qu'il y aura pas d'autres annulations d'élection ou d'autres détections par la presse d'inéligibilité qui aurait dû être faites par les services de la préfecture et dans le cas des conseillers des Français de l'étranger puisque je suis sénatrice des Français de l'étranger par les consulats pour que pour que ça arrive la prochaine fois. On va parler d'une autre actualité.
Nous sommes à quelques jours maintenant des commémorations des attentats du 13 novembre. 10 ans que ces attentats ont été perpétrés. Ils ont fait après le Bataclan, les terrasses de Paris, le Stade de France et à cette occasion public Sénat recueille le témoignage de plusieurs acteurs de ce 13 novembre.
Romain David est allé recueillir celui de l'ancien président de la République, François Hollande. On va l'écouter. La première image, c'est lorsque je suis informé qu'il y a un attentat à l'extérieur du stade, même si on ne sait pas exactement encore s'il n'y a pas un risque qu'un terroriste soit introduit dans le stade lui-même.
Et c'est cette première image que j'ai à l'esprit, c'est-à-dire un moment où on passe d'une forme de quiétude, un match de football, match amical euh avec des amis autour de nous, euh une ambiance plutôt bon enfant et le drame qui arrive et une tragédie qui va se produire toute cette nuit du 13 novembre. Tout va très vite. C'est-à-dire que ce que on j'imaginais être à ce moment-là une opération contre le Stade de France devient une opération contre la France elle-même, toute la France puisque il y a des attaques sur les terrasses à Paris et puis ensuite le Bataclan.
Même si c'est Paris, c'est toute la France. J'ai un coup de téléphone du premier ministre Manuel Vas qui me dit qu'à Paris, je sais pas exactement avec quel ampleur et sur quel lieu, mais il y a des attaques terroristes sur des terrasses de café. Puis ensuite, quelques minutes après que Bataclan est lui-même attaqué.
Donc ce que on pouvait penser être un moment un acte isolé devient une opération de grande envergure. Arrivant ensuite donc au ministère de l'intérieur, je prends deux décisions. La première, c'est l'état d'urgence, c'està-dire de pouvoir mener à bien des opérations de de réquisition, perquisition, arrestation et surtout contrôle des frontières.
Et puis une deuxième décision qui est puisqu'il y a des otages qui sont pris au Bataclan de pouvoir libérer ces otages et donc de mener une opération policière qui sera extrêmement délicate et et avec un grand courage de la part des forces de l'ordre. Voilà pour ce témoignage de l'ancien président de la République à la fois de l'émotion et puis il raconte s'il était dans l'action lui évidemment euh ce soir-là. Euh qu'est-ce que vous qu'est-ce que vous avez envie de dire après ce témoignage de François Hollande ?
Bah déjà, moi j'ai encore du mal à croire que ça fait déjà 10 ans. Euh je sais pas enfin c'est l'émotion est est toujours très vive. Je parle pas précisément de du témoignage de France Hollande mais tout ce qu'on commence à voir dans la presse depuis quelques jours, tout ce qu'on va voir la semaine prochaine, euh le temps est passé en même temps, il est pas passé du tout.
Euh et ça nous amène à avoir des réflexions sur sur la façon dont on a agi à ce moment-là. euh sur la façon dont on a changé en tant que pays aussi euh et sur la lutte contre le terrorisme évidemment, mais aussi à titre individuel parce que là effectivement vous parlez du pays, mais qu'est-ce que vous vous retenez ? Qu'est-ce que qu'est-ce que ça voilà chez vous ?
Personnellement, ce que je retiens c'est que jusqu'à aujourd'hui, j'ai du mal à avoir des témoignages ou que ce soit la série les vivants ou tout ce qui est en train de se produire en ce moment sans sans être profondément ému. Et donc je pense que c'est c'est le cas pour moi, mais c'est le cas pour l'ensemble des Français et des Français de l'étranger qui l'ont vécu à distance avec un sentissement voilà très fort. C'est un traumatisme collectif, ça c'est clair.
Euh et euh et c'est à partir de là, au-delà de ce que moi je peux penser personnellement, c'est comment on le pense collectivement et et je suis pas sûr, même 10 ans après, je pense qu'on est au tout début du travail de ce qu'a signifié cet événement traumatique pour notre façon de concevoir de se concevoir en tant que pays et de concevoir la lutte contre le terrorisme de manière générale aussi. Ça a changé des choses. Ça a changé des choses.
Ça a changé des choses pour les législateurs. Alors moi, j'étais pas législatrice à l'époque, mais euh mais c'est sûr que il y a eu euh il y a eu des changements considérables sur la façon de concevoir le terrorisme, sur jusqu'où on pouvait aller en terme euh d'atteinte aux libertés. Euh donc euh donc c'est un et ça va rester en fait.
Il y a beaucoup de juristes qui qui en parlent d'ailleurs sur la façon dont on a modifié notre droit aussi pour pouvoir lutter plus efficacement contre le terrorisme et à quel moment on situe la limite en fait entre ce qui est rester la France et donc l'attachement à l'état de droit et à la démocratie et jusqu'où on peut aller pour lutter contre le terrorisme avec une menace pardon avec une menace qui qui évolue aussi hier soir François Molins qui était procureur de Paris à l'époque des attentats disait que la menace terroriste est toujours présente mais qu'elle évolue qu'il ne Je pense pas que des attaques projetées comme celles qui ont eu lieu le 13 novembre puissent encore arriver parce que DH est aujourd'hui affaiblie, mais que il y a aujourd'ui individuelles, des gens qui s'autoricalisent, est-ce qu'elle est aussi difficile voire plus difficile à anticiper et à déjouer cette menace ? Alors, elle est très difficile à déjouer parce que la la radicalité, le fait de se radicaliser en particulier seul sur internet euh c'est quelque chose qui est euh très difficile à combattre euh ne serait-ce que pour une question d'algorithme des plateformes qui font que en fait aujourd'hui vous avez des phénomènes de bulles et donc en réalité sur les réseaux sociaux, on va vous proposer des paroles et des individus de personnes qui pensent un peu comme vous et au fur et à mesure l'utilisation des réseaux sociaux renforce cette radicalité. Un bon Quentin.
Oui. Vous disiez comment est-ce que on a fait évoluer le droit, on a fait rentrer dans le droit commun des mesures qui étaient à l'époque exceptionnelles pour lutter contre les attentats et ça aussi à la commission des lois, c'était quelque chose quel Philippe B était très attentif. C'est la façon dont on va s'habituer à ce qui normalement ne doit être que de l'exceptionnel dans les atteintes au droit.
À votre avis, on en est où de cette réflexion ? Vous qui êtes membre de la commission des lois du Sénat ? Alors, il y a eu il y a eu deux moments en fait.
Il y a eu effectivement les attaques terroristes du 13 novembre. qu'un état d'urgence déjà et voilà et il y a eu aussi la période de la pandémie été exactement donc en fait ce qui était l'exception c'est progressivement et un peu progressivement devenu devenu la norme et je pense qu'on a un peu en tant que législateur on a reculé la limite et on se fait d'ailleurs régulièrement rappeler à l'ordre par le conseil constitutionnel. Vous avez des exemples précis en tête sur lequels on a vu nos droits, nos libertés individuelles être restreintes depuis cette là tout de suite, je pensais au fait que par exemple on a récemment voté la loi sur la cybersécurité, enfin sur la cybercriminalité et la criminalité organisée de manière générale qui a été une proposition de loi votée aussi de manière unanime au Sénat et on s'est fait rappeler à l'ordre par le Conseil constitutionnel sur tout ce qui est algorithme.
Donc en fait, je pense que politiquement voilà la limite a reculé mais en tant que législateur c'est la responsabilité et en premier lieu de la de la commission des lois du Sénat de se souvenir que l'état de droit prime surtout. Un un dernier mot, est-ce que la ligne de crète quand on est législateur, elle est compliquée à trouver entre la préservation des libertés et en même temps peut-être une forme de nécessité face à à cette menace terroriste ? elle est très compliquée à trouver politiquement euh parce que vous agissez en tant que législateur, donc vous connaissez euh le droit, vous l'étudiez, mais vous avez aussi euh une certaine pression, que ce soit la pression médiatique, que ce soit euh l'opinion publique et ce que vous disent les man les Français de manière générale.
Donc en fait, on est toujours sur euh jusqu'où on peut aller, qu'est-ce qu'on peut faire de plus, est-ce qu'il faut faire quelque chose de plus ? parce que des fois les solutions sont déjà dans le droit et en réalité il y a des lois de circonstan serait-ce que pour répondre à une certaine attente citoyenne sur ces sujets alors qu'en réalité le droit le fait déjà. Donc c'est très compliqué effectivement d'être de se fixer la limite au bon endroit.
Allez, on va terminer par un sujet plus léger. Juste avant avant de terminer, je précise hein, suite à à ces commémorations du 13 novembre qu'on recevra François Molin l'ancien procureur de Paris, il sera il sera interventé mercredi dans cette émission. On termine, je le disais, par un sujet plus léger.
On va aller à Brive la Gaillarde. On retrouve Pomme Labrousse. Bonjour Pomme.
Merci d'être là. Directrice éditoriale départementale de la montagne en Corèse. Brive, ce weekend se transforme en librairie géante.
C'est la 43e fois du livre de Brive dont public Sena est partenaire avec des milliers de visiteurs. Un castet pour les libraires. Mais effectivement, vous le savez, 80000 visiteurs à peu près attendus et en 30 heures, il faut imaginer que près d'un million de livres vont être vendus.
Euh donc euh il faut pas se rater et on a notamment consacré un article dans le supplément de 12 pages qui paraît dans la montagne aujourd'hui à ce défi-là. Euh c'est-à-dire euh combien de livres faut-il commander ? Les libraires chaque année ont beaucoup de difficultés à avoir suffisamment de d'exemplaires du concours parce que évidemment on ne connaît que depuis le début de la semaine.
Et puis il y a toujours des surprises. L'an dernier c'est un titre de New Romance qui avait cassé la baraque avec 800 exemplaires vendus et c'était assez inattendu. Cette année les libraires ont notamment parlé sur Hugo des cryptes.
C'est un événement qui chamboule la vie la vie locale P. On imagine effectivement la vie de brive ne ressemble à rien d'autre pendant ces 3 jours et cette année à la montagne on a décidé de s'intéresser à la problématique des taxis. Habituellement à Brive, il suffit de d'un ou deux taxis pour couvrir les besoins des habitants, des usagers pendant le la soirée et la nuit. pendant la foire, ils deviennent ils sont quatre fois plus nombreux à se mobiliser et depuis quelques années euh ils se font face à des Uber qui viennent de grande ville et qui essayent de venir manger leur part du gâteau.
Euh donc les taxis locaux s'organisent, ils ont lancé leur propre appli, ils ont changé la station, elle est déplacée devant la boîte de nuit emblématique de la pha du livre Lecardie. Et tout ça se fait dans une ambiance complètement sereine, mais pour être sûr que les retombées de la foire restent bien abrivé. Et P, vous avez une question pour Sophie Brillante.
En effet, une question qu'on va essayer de poser pendant tout le weekend aux auteurs et autrices. Je me demandais si vous étiez d'accord pour nous dire quel livre vous avez particulièrement marqué quand vous étiez enfant. Alors, c'est une question hyper difficile. [rires] Un titre, allez, juste un titre.
Euh non, en plus ça dépend si on est enfant enfant ou ou adolescent. Euh alors moi, j'avais beaucoup aimé en auteur français euh Jul Verne Voyage au centre de la terre euh qui est un roman voilà pour les explorateur pour pour ceux qui aiment la science et après j'ai 34 ans, donc je suis aussi la génération Harry Potter. [rires] Voilà, un peu plus léger.
Euh et je voudrais juste en profiter pour dire que un de mes collègues sénateurs RDSE Raphaël Dobé et expose aujourd'hui à à la foire de Brive euh pour euh le le recueil de nouvelles qui vient de sortir qui s'appelle Vieux Pays et euh et j'invite tous ceux qui seront à Brive aujourd'hui à passer au hall Brassin le rencontrer et le message est passé. On sera dans quelques instants d'ailleurs avec le maire de Brive. Ce sera dans une demi-heure pour reparler de cette foire.
Merci Pomme la brousse, merci beaucoup d'avoir été avec nous la une de la montagne évidemment foire du livre de brive. C'est parti. Merci beaucoup Pomme.
Merci Sophie Brian tout le monde d'avoir été notre invité. [musique]
Sophie Briante Guillemont