Elisabeth Borne
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:40OuverteRéponse directe
Le calendrier du déconfinement se précise, donc ça sera très progressif en quatre étapes à partir.
- 2:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il y a à préciser concrètement, Elisabeth Borne ?
- 3:21FerméeRéponse directe
Si j'ai bien compris, chômage partiel, les règles ne changent pas jusqu'au dernier mois du mois de juin.
- 4:02OuverteRéponse directe
Certains commerçants, certains restaurateurs se disent, je préfère rester fermé, prendre les aides et attendre.
- 5:10RelanceRéponse partielle
Le 19, pourquoi pas le 10 ? Pourquoi pas avoir accédé à cette revendication des commerçants ?
- 6:05OuverteRéponse directe
Concernant les règles sanitaires en entreprise, qu'est-ce qui va bouger concrètement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:19Invité politiqueChiffre
« On a eu moins de défaillances d'entreprises en 2020 qu'en 2019. »
- 1:23Invité politiqueChiffre
« Le chômage a progressé, certes, mais de 8% en un an, alors qu'il avait progressé de 25% après la crise de 2008-2009. »
- 3:48Invité politiquePromesse
« Les secteurs protégés n'auront pas de reste à charge tout au long du mois de juin. »
- 8:09Invité politiqueChiffre
« On a plus de 15 millions de Français qui ont reçu une première dose. »
- 8:31Invité politiqueChiffre
« 400 000 salariés de plus de 55 ans qui sont en première ligne face à cette épidémie. »
- 13:03Invité politiqueChiffre
« Il y a plus de 700 000 salariés qui sont aujourd'hui protégés par des accords d'activité partielle. »
Temps de parole
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- Présentateur39 %
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L'invité de Dimitri Pavlenko, avec le Figaro. Bonjour Elisabeth Borne. Bonjour. Le calendrier du déconfinement se précise, donc ça sera très progressif en quatre étapes à partir. Donc première étape, lundi du 3 mai, mais véritablement c'est le 19 qui compte, avec la réouverture des commerces, des terrasses, des musées, des cinémas. Sujet pour vous, ministre du Travail, puisque les professionnels vous avez affaire à eux régulièrement. Il y a une vraie question qui se pose pour tous les commerces qui ont été administrativement fermés depuis des mois. 6 mois pour les restaurants. Ils ont hâte de reprendre, mais beaucoup ne sont pas sûrs que ça en vaille la peine.
Un robinet à moitié fermé, si je puis dire. Peut-être faudra-t-il attendre septembre. Qu'est-ce que vous dites ce matin aux professionnels de ces commerces fermés, de ces restaurateurs, maintenant qu'on a des dates ?
Écoutez, je pense que c'était d'abord important d'avoir ce calendrier, ces perspectives. C'était important pour tous les Français, mais particulièrement pour les professionnels et les salariés de ces secteurs, pour pouvoir se préparer à des réouvertures dans des bonnes conditions.
Ils vous en chongraient d'ailleurs, ils le disent. On a trois semaines pour se préparer, c'est ce qu'on allait demander.
Absolument. Donc, effectivement, ils savent qu'ils vont continuer à être accompagnés. On a des aides massives depuis le début de la crise pour protéger des emplois, pour protéger des entreprises qui ont montré leur efficacité. On a eu moins de défaillances d'entreprises en 2020 qu'en 2019. Et puis, je voudrais aussi rappeler que le chômage a progressé, certes, mais de 8% en un an, alors qu'il avait progressé de 25% après la crise de 2008-2009. Donc, on voit à quel point ces aides ont été efficaces. Donc, les professionnels le savent. On va maintenir des aides. En tout cas, on ne va pas les débrancher rapidement.
Évidemment, il ne s'agit pas d'avoir accompagné des salariés pris en charge de leur rémunération de millions de salariés pendant plusieurs mois pour mettre en difficulté l'entreprise et puis donc risquer des licenciements. Donc, on va avoir des aides qui vont évoluer avec beaucoup de prudence. Mais l'esprit de ces aides, ça va être aussi d'encourager la reprise d'activité.
Sur la base de ce qui a été annoncé par le Président de la République, on va avoir des concertations la semaine prochaine avec les organisations patronales et syndicales, à la fois pour préciser les conditions de réouverture et puis aussi pour préciser les modalités d'évolution de ces aides qui vont effectivement permettre d'accompagner cette reprise.
Qu'est-ce qu'il y a à préciser concrètement, Elisabeth Borne ? Puisqu'on voit que sur la question des jauges, par exemple, le nombre de personnes au mètre carré dans les commerces, on a quand même un retour d'expérience important des trois confinements. Tout cela peut être amené à évoluer. Dernière nouvelle, il me semble que dans les commerces, c'était une personne pour dix mètres carrés, si je ne m'abuse.
Il s'agit vraiment secteur par secteur.
C'est sur ces détails-là, en fait, que vous avez travaillé.
Voilà, secteur par secteur, de bien préciser les jauges, les règles qui vont s'appliquer à chacune des étapes. Et puis aussi d'évoquer les dispositifs d'aide, ceux du ministère de l'économie, sur le fonds de solidarité, sur le paiement des cotisations sociales et ceux du ministère du Travail, sur l'activité partielle. Moi, je vous dis, on travaille avec Bruno Le Maire pour que ces aides protègent des entreprises dans cette sortie de crise, mais soient aussi un levier pour accompagner la reprise de l'activité.
Si j'ai bien compris, chômage partiel, les règles ne changent pas jusqu'au dernier mois du mois de juin. Fonds de solidarité, en revanche, c'est à partir de début juin que la risque d'y avoir des changements, qu'on passe dans ce fameux coup humain qui est expliqué par Emmanuel Macron dans son interview.
Alors effectivement, sur l'activité partielle, on a déjà annoncé que les aides, les prises en charge ne changeraient pas jusqu'à la fin mai. Le président de la République l'a dit, les secteurs protégés n'auront pas de reste à charge. Tout au long du mois de juin. Et puis, on a effectivement des évolutions qui sont prévues sur le fonds de solidarité, mais des modalités précises. On en parlera la semaine prochaine avec des organisations patronales et syndicales.
Mais pour revenir sur ce scénario que j'évoquais avec vous, à savoir que malgré l'échéance du 19 mai, certains commerçants, certains restaurateurs notamment, se disent, je préfère rester fermé, prendre les aides tant que je peux et attendre un petit peu. Vous aviez lancé un appel il y a quelques semaines de cela. Vous leur disiez, recrutez, si jamais on ne peut pas rouvrir pour X raisons, qu'on doit revenir en arrière si la situation sanitaire évolue mal, le chômage partiel sera là. Est-ce qu'ils vous disent aujourd'hui, très bien, on vous accompagne, on y croit ? Parce qu'il y a ce problème aussi des déperditions de salariés.
100 000 salariés évaporés, on ne sait pas trop où ils sont partis, dans le secteur de la restauration.
Moi je vous dis, les professionnels que nous rencontrons régulièrement, ils souhaitent reprendre leur activité. Donc le 19, ils sont là. Ils souhaitent reprendre leur activité. Du reste, on va les accompagner aussi, parce que quand on n'a pas travaillé pendant des mois, c'est important d'avoir des formations pour reprendre son activité dans des bonnes conditions. Donc je pense qu'on est tous mobilisés pour permettre que l'activité reprenne au mieux, avec des aides adaptées à cette reprise, à cette sortie de crise.
Elisabeth Borne, ministre du Travail avec nous ce matin sur Radio Classique. Le 19, pourquoi pas le 10 ? Pourquoi pas avoir accédé à cette revendication aussi des commerçants qui disaient, on a le week-end de l'ascension, on sait que c'est un temps fort, les Français aiment bien se déplacer, d'autant qu'ils auront le droit de le faire, vu qu'à partir du 3 mai, on peut se déplacer d'une région à l'autre sans avoir à produire de documents particuliers. Pourquoi le 19 et pas le 10 ?
Vous savez, je pense que l'objectif, et ça, tous les professionnels le partagent, c'est évidemment d'aller le plus vite possible, parce que chacun a envie de reprendre son activité et que les Français ont aussi envie de retrouver cette vie sociale, avec les terrasses, avec les établissements culturels, mais en même temps, on doit être prudent et éviter tout retour en arrière. Et moi, je suis vraiment, on échange régulièrement, je vous dis, avec les professionnels de ces secteurs, tout le monde partage le fait qu'il faut aussi être prudent pour ne pas avoir à faire du stop and go, et c'est bien pour ça qu'on a fixé, que le président de la République a fixé ce calendrier.
Alors maintenant, concernant les règles sanitaires en entreprise, bon, l'étape importante, c'est le 9 juin, c'est-à-dire date à partir de laquelle on assouplira le télétravail. Alors rappelons qu'il n'a pas de caractère obligatoire, mais globalement, les entreprises ont joué le jeu, dès lors que quelqu'un peut se mettre en télétravail, il y est. Qu'est-ce qui va bouger concrètement ? Ce sont ces choses-là qui vont être discutées la semaine prochaine ?
Peut-être d'abord dire que le télétravail, il est obligatoire, dès que c'est possible, de façon systématique. Ça, c'est le protocole national en entreprise qui fixe ces règles. Et c'est très important, parce que c'est un levier efficace pour réduire la circulation du virus.
Il n'y a pas de contrainte légale, c'est ça que je voulais dire. Pas de sanctions si on n'est pas dans le télétravail.
On ne va pas faire un cours de droit ce matin, mais il y a une obligation de l'employeur d'assurer, de protéger la santé de son salarié. Et ce protocole donne les règles à appliquer pour répondre à cet objectif. Donc, c'est effectivement quelque chose de très important de mettre en œuvre ce télétravail. Il est systématique, donc, dans l'immédiat, avec la possibilité pour les salariés de revenir un jour par semaine s'ils en éprouvent le besoin. À partir du 9 juin, on modifiera ce protocole national pour permettre aux employeurs et aux salariés de discuter au sein de l'entreprise d'un nombre minimum de jours de télétravail à mettre en œuvre.
Vous avez vu ce matin les chiffres de la croissance et les chiffres de la consommation. Elisabeth Borne, plus 0,4% de croissance au premier trimestre. C'est pas mal, mais en fait, l'effet du confinement, du troisième confinement, sera surtout sensible au deuxième trimestre. On voit, en revanche, une baisse de la consommation. Le centre commercial fermé depuis la fin du mois de janvier. Qu'est-ce qui se passe si ça reflambe ? Est-ce qu'on continue dans ce pari qui est fait par l'exécutif de dire la santé avant tout au détriment de l'économie ? Ou bien on réfléchit à des mécanismes pour éviter de revenir à un hypothétique quatrième confinement ? On en a eu trois, pourquoi pas quatrième ?
C'est tout l'objet de la campagne de vaccination. Vous avez vu qu'on accélère. On a plus de 15 millions de Français qui ont reçu une première dose. Et on va, dans les prochaines semaines, continuer à accélérer cette vaccination. C'est la vaccination qui va nous permettre de sortir de cette crise sanitaire. Donc, je peux vous assurer que le gouvernement est très mobilisé. On a commencé depuis le week-end dernier à vacciner, à donner des créneaux prioritaires pour les salariés, 400 000 salariés de plus de 55 ans qui sont en première ligne face à cette épidémie. Et vraiment, c'est la campagne de vaccination qui va nous permettre de sortir de cette crise.
Alors justement, la vaccination en entreprise, il y a quand même des choses à dire sur déjà aussi les caractères restrictifs encore de la campagne. Vous avez vu à Cannes, à Bastia, ces mairies ont fait le choix d'ouvrir la vaccination à qui ils souhaitaient, dans la mesure où, il est vrai, on le constate, il y a beaucoup de créneaux de vaccination qui ne trouvent pas preneur, Elisabeth Borne. Est-ce qu'il ne serait pas tant, je ne sais pas, d'introduire des mécanismes ? On lit ça et là des suggestions. 30 minutes avant le créneau, s'il n'est pas pris, n'importe qui pourrait s'y présenter, Elisabeth Borne.
C'est ce qui se fait dans les centres de vaccination. Moi, je vais vous dire, la stratégie de vaccination qui consiste à vacciner les personnes les plus vulnérables, donc les personnes âgées, les personnes qui sont atteintes de maladies chroniques, c'est la meilleure stratégie pour éviter, pour réduire la pression sur nos hôpitaux. Quand vous regardez la situation dans les EHPAD et que vous regardez, y compris l'évolution du nombre de décès en EHPAD, on voit que ça a été très efficace d'avoir une priorité sur la vaccination en EHPAD. Donc, cette stratégie, évidemment, il faut la conserver.
C'est ce qui nous permet de pouvoir reprendre une vie normale en réduisant les risques pour les personnes vulnérables. Évidemment, les centres, en fin de journée, ils ont des doses disponibles, ils les utilisent au mieux. Et s'ils peuvent les utiliser, par exemple, pour ces salariés de la deuxième ligne qui sont à leur poste depuis le début de la crise et donc qui ont plus de risques de croiser le virus, je pense que c'est une bonne chose.
Est-ce qu'il ne faut pas, aujourd'hui, élargir la vaccination à tous les salariés dit de la deuxième ligne ? Parce que pour l'heure, il s'est ouvert, mais uniquement pour ceux de plus de 55 ans qui déjà, du simple fait de leur âge, peuvent prétendre recevoir le vaccin.
Alors, ils ont des créneaux prioritaires. On s'est rendu avec Olivier Véran dans un centre samedi dernier. Je peux vous dire que ceux que j'ai croisés, les chauffeurs de taxi, les agents de nettoyage qui étaient là étaient très heureux de pouvoir accéder avec plus de facilité à la vaccination. Mais je le redis, la stratégie qu'on a mis en place, c'est de vacciner en priorité les plus vulnérables. C'est comme ça qu'on réduit le plus vite la pression sur notre système hospitalier. Ensuite, moi, je compte beaucoup sur les entreprises pour se mobiliser pour la vaccination de leurs salariés comme elles le font chaque année pour la vaccination contre la grippe. Elles sont prêtes à le faire.
Et donc, dès que les règles auront évolué et qu'on pourra vacciner en population générale, je n'ai pas de doute qu'elles s'en saisiront avec la médecine du travail pour accélérer la vaccination des salariés.
Vous avez vu ce qui se passe aux Etats-Unis, Elisabeth Barnes ? Évidemment, ils sont à un stade plus avancé, deux mois, deux mois et demi d'avance sur nous. Mais ils sont au stade où déjà des pans importants de la population sont vaccinés. Il y a des réfractaires sur certaines classes d'âge. Les entreprises sont incitées, elles, à mettre en place des systèmes de primes. Ce genre de choses. Des incitations parfois financières pour que les réticents, les récalcitrants aillent se faire vacciner. Est-ce que vous pensez qu'il faudra songer à ce genre de dispositif en France ?
Ce n'est pas quelque chose qu'on envisage, mais je pense que les organisations patronales et syndicales le disent, il y a un effet d'entraînement quand on est au sein d'une entreprise, qu'on voit que ses collègues vont se faire vacciner. C'est comme ça que ça permet à la vaccination contre la grippe de bien fonctionner. C'est un environnement où on fait confiance à ses collègues et puis je vous dis, on constate que ça s'est bien passé. Donc c'est pour ça que c'est un bon levier pour la vaccination des salariés dès qu'on aura élargi aussi la cible.
Vous parliez tout à l'heure du mur de faillite et ce qu'il se dressera dans les mois à venir devant nous. Les chefs d'entreprise ne sont pas d'accord. J'entends Geoffroy Roux-de-Bézieux qui dit, lui, non, il n'y aura pas de mur de faillite. Finalement, ça va bien se passer. Le fait que les aides soient lissées sans le temps permettra d'éviter ça. Vous avez François Asselin, le patron de la CPME, qui dit le contraire. Il dit, non, non, il y a un vrai risque de disparition massive d'entreprises, de survie d'entreprises zombies en même temps, avec un risque important pour l'économie française.
On échange beaucoup avec les organisations patronales et syndicales sur ces sujets, sur l'évolution de nos dispositifs d'aide qui ont été massifs jusqu'à présent, qui resteront pour accompagner la sortie de crise et qui devront certainement être plus ciblés sur les secteurs qui vont avoir plus de mal à redémarrer. Par exemple, les dispositifs, ils sont adaptés aux entreprises dont l'activité va mettre plusieurs mois à redémarrer. C'est l'activité partielle de longue durée qui permet de gérer une activité réduite par rapport à ce qu'elle était avant la crise pendant jusqu'à deux ans.
Les entreprises ne seront pas dessus.
Il y a plus de 700 000 salariés qui sont aujourd'hui protégés par des accords d'activité partielle, 50 branches qui ont signé des accords. Je pense que c'est un dispositif dont les entreprises se sont saisies et donc on aura à ajuster nos aides pour protéger en sortie de crise les secteurs qui sont les plus fragiles et prendre en compte la situation de façon précise de ces secteurs.
Elisabeth Band, j'ai une dernière question pour vous. Les discothèques, est-ce qu'on ne les a pas un petit peu oubliées dans ce dispositif ? A peu près tout le monde va rouvrir mais eux, ils n'ont pas de date. Alors c'est vrai, on n'est pas forcément fan des discothèques, on peut considérer que c'est un petit secteur économique, malgré tout, c'est vrai, ils n'ont pas de date. Comment ça se fait ?
Bien sûr, on ne les oublie pas et c'est très difficile pour eux puisqu'ils ont été fermés de façon continue depuis mars 2020. Aujourd'hui, les conditions sanitaires ne sont pas encore réunies pour leur permettre de réouvrir. On aura là aussi des échanges avec eux pour voir quelle est la meilleure solution, les perspectives qu'on peut leur donner. Donc ça fait partie des concertations qu'on aura la semaine prochaine.
Elisabeth Band, ministre du Travail, invitée ce matin de Radio Classique. Merci d'être venue nous voir. Madame la Ministre, bonne journée à vous. 8h28 sur Radio Classique dans un instant, la revue de presse de David Abiker et le rappel des titres.
Élisabeth Borne