Le gouvernement Barnier va-t-il tenir jusqu'à Noël ? Reportage C dans l'air 21.11.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
du gouvernement Barnier revienne en force. Dans les sondages, les Français sont désormais convaincus qu'il faut changer d'équipe. - M.Barnier, très entouré à son arrivée au Congrès des maires, est venu rassurer les élus sur leur avenir.
Pourtant, à la tribune, c'est Lucien qui leur parle. - M.Barnier: On se dit qu'on peut partir demain matin, mais que ce n'est pas sûr.
Ca peut aussi durer 2 ans et demi. - Ces derniers jours, à Matignon, ça tangue beaucoup. Les vents menaçants viennent de toutes parts. - M.Le Pen: Nous n'avons pas été entendus.
Nous n'avons même pas été écoutés! - Les jours de M.Barnier sont-ils comptés?
Le RN pose ses conditions. - M.Le Pen: Nous n'accepterons pas que le pouvoir d'achat des Français soit encore amputé.
C'est une ligne rouge. Si elle est dépassée, nous voterons la censure. Il n'y a aucune difficulté là-dessus. - Même au sein de son propre gouvernement, certains n'hésitent pas à assumer une prise de distance avec la ligne Barnier. "Attention à l'impôt de trop", prévient le ministre de l'Economie.
Le Premier ministre appréciera, ou pas...
La réponse de Matignon à son ministre est arrivée ce midi dans "Le Parisien". ...
Dans un tel contexte, certains ou certaines ministres préfèrent relativiser. - C.Vautrin: C'est le sujet que nous mettrons sur la table avec les élus si nous sommes encore là en début d'année. - Une autre méthode consiste à dramatiser la situation en espérant garder sa place. - J.-N.Barrot: Celui ou celle qui renversera le gouvernement privera le pays d'un budget et le précipitera dans le désordre et la chienlit. - La pire des choses qui pourrait nous arriver, ce serait une crise financière.
On a une trajectoire des finances publiques qui devient anormale par rapport aux autres pays européens. - Pendant ce temps-là, un ancien Premier ministre promet d'agir et affiche une nouvelle fois ses divergences politiques. ...
A gauche, une vision et même une date de péremption est donnée pour le gouvernement et son Premier ministre. - J.-L.Mélenchon: Monsieur Barnier, son gouvernement va tomber entre le 15 et le 21 décembre de cette année.
Il faudra à nouveau choisir un Premier ministre. Jusqu'à ce que le président finisse par s'en aller! - F.Ruffin: On est dans une tempête et il n'y a pas d'équipage, pas de capitaine!
Nous, à gauche, nous devons construire une issue. - Menacé par sa gauche, à sa droite, M.Barnier recevra en début de semaine les présidents des groupes parlementaires pour discuter budget. - C.Roux: On voit que la pression monte? - J.Jaffré: Le petit reportage qu'on vient de voir est spectaculaire, dans tous les sens!
Une chose me frappe quand même: c'est au sein de la majorité et du gouvernement que les difficultés deviennent les plus grandes. Bien sûr, la censure ne peut être votée que par les oppositions. Mais une implosion du gouvernement ne peut être tout à fait exclue. - C.Roux: Vous pensez à cette interview du ministre de l'Economie qui dit: "Attention, il ne faut pas trop augmenter les impôts." - J.Jaffré: Ce n'est pas rien, c'est le ministre de l'Economie qui mène un réquisitoire contre la politique du gouvernement et contre le Premier ministre.
C'est dans"Le Parisien", en toutes lettres. On revient à la IVe République dans toute sa splendeur, où les partis politiques comptaient plus que tout le reste. C'est un élément absolument majeur.
Il y a une mise en accusation quand même de la méthode Barnier, là-dedans. Depuis 3 mois qu'il est en poste, au fond, d'une certaine façon, en disant que ce budget était ouvert, qu'il était prêt à tous les aménagements de la terre, il a poussé chacun à défendre son bout de gras, à dire: "Je vais essayer d'obtenir un petit rabot par rapport à l'économie qui m'est demandée. Je vais essayer de tenir un peu plus." Il a donné une victoire à L.Wauquiez, une chose assez hallucinante en termes de rapports de force au sein des partis politiques.
Il a déclenché la fureur d'Ensemble pour la République, ce qu'on entend dans les propos d'A.Armand...
Donc sa méthode conduit malgré tout...
Il est très habile sur d'autres plans, mais sur celui-là, je trouve que sa méthode est en défaut. - C.Roux: Là, on se dit qu'on revient au tout début de la discussion budgétaire, sur les fondamentaux.
A savoir: sur qui doit peser l'effort? Ce sujet-là n'est pas arbitré au sein du gouvernement? - C.Michel-Aguirre: Non.
Au départ, M.Barnier donne 2 lignes directrices. D'abord, la justice fiscale et les grosses entreprises, les plus fortunés, ensuite l'immigration.
Ce n'est pas notre sujet du jour. C'est la manière dont il interprète les élections qui viennent d'avoir lieu, avec à la fois la poussée du RN et celle du NFP. Autour de la table, les deux tiers des ministres, il ne les a pas choisis et il ne les connaît pas.
Pour A.Armand, c'est un bébé marcheur, si je peux me permettre...
C'est un trentenaire qui a fait sa carrière dans l'ombre d'E.Macron. M.Barnier lui fait tellement confiance qu'il ne lui a pas confié le budget!
C'est ce qu'il faut quand même souligner. A.Armand, qui s'exprime aujourd'hui sur le budget, n'a pas la tutelle sur L.Saint-Martin, qui rapporte directement à M.Barnier. - C.Roux: Combien de temps ça peut tenir?
On est sur le vote du budget, un axe structurant de la politique française. Les agences de notation nous regardent du coin de l'oeil. - C.Michel-Aguirre: Je ne sais plus dans quel sondage j'ai lu ça aujourd'hui, mais ça disait que les Français se désintéressent.
Je les comprends! On a l'impression de voir un cirque, une série Netflix ou je ne sais quoi, avec des rebondissements. Mais tout ça n'est pas très sérieux.
Les chefs d'entreprise, tout le monde...
Ils sont dans une difficulté...
Ca n'avance pas. Tout le monde essaye de tirer ses marrons du feu. - C.Roux: Avec l'idée que dans ce débat, il y a des mesures, comme l'idée de faire travailler 7 heures de plus les Français, comme une sorte de journée de solidarité qui rapporterait 2,5 milliards, comme les exonérations de charges.
Tout ça est posé sur la table, voté par les uns et détricoté par les autres. Ca ajoute de la confusion. - B.Boucher: Ca ajoute beaucoup de confusion dans la tête des Français car ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés.
Ca ajoute de la confusion dans la tête des chefs d'entreprise qui ne savent pas s'ils auront plus d'impôts à payer ou pas. Ca détermine aussi les investissements et les embauches. Ce gouvernement a été fait très rapidement.
Même s'il y a une forme de coalition,
Marine Le Pen