Ian Brossat
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Manuel Valls craint la disparition de la gauche. Est-ce une crainte que les communistes partagent ?
- 1:05OuverteRéponse directe
Pierre Laurent veut un rassemblement plus large. Mais avec qui précisément ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Les écologistes sont contre le nucléaire, le PCF pour. Comment concilier ces positions ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Cette stratégie d'élargissement séduit-elle tout le monde, notamment au Parti de gauche ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Quelle sera la future place de Jean-Luc Mélenchon dans le front de gauche ?
- 4:12FerméeRéponse directe
Êtes-vous prêts à bloquer des propositions de loi, notamment le budget mardi prochain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08Invité politiqueFait
« les communistes n'échappent pas à la réflexion sur l'identité de leur parti »
- 0:53Invité politiqueFait
« il s'agit de transformer ce front de gauche »
- 1:09PrésentateurFait
« il y a un mécontentement extrêmement important à gauche »
- 1:55Invité politiqueFait
« Les écologistes, par exemple, ils sont contre le nucléaire. Le Parti communiste est pour. »
- 2:43PrésentateurFait
« aujourd'hui, le front de gauche est sur un format trop étriqué »
- 4:24PrésentateurFait
« le budget tel qu'il est construit aujourd'hui n'est pas un bon budget, parce que c'est un budget d'austérité »
- 4:40Invité politiqueFait
« Le PCF a entretenu la confusion avec parfois une alliance avec le PS »
Temps de parole
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Et votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Yann Brossat, adjoint communiste à la mairie de Paris et président du groupe PCF au Conseil de Paris.
Oui, car les communistes n'échappent pas à la réflexion sur l'identité de leur parti, comme ça se passe en ce moment à l'UMP, chez les socialistes et les écologistes. Vous avez d'ailleurs participé ce week-end à ce Conseil national du PCF. Bonjour Yann Brossat. Bonjour. Manuel Valls l'a dit ce week-end, il craint la disparition de la gauche. Est-ce une crainte que les communistes partagent avec le Premier ministre ?
Moi je crois surtout que ce sont les politiques d'austérité menées par le gouvernement aujourd'hui, et notamment par Manuel Valls, qui mettent en difficulté la gauche. Et moi ce que je souhaite, c'est que la gauche se réveille, qu'elle se relève, notamment suite à l'échec des élections européennes. C'est ça aujourd'hui qui doit nous inquiéter. Mais le meilleur moyen de faire en sorte que la gauche aille mieux, c'est qu'elle change de politique, en tout cas pour ce qui concerne celle qui est menée par le gouvernement aujourd'hui.
Changer de politique pour le gouvernement, et pour les partis communistes et pour le front de gauche en général, il s'agit de transformer ce front de gauche. Pierre Laurent l'a dit d'ailleurs, le secrétaire national du Parti communiste. Il veut un rassemblement plus large, mais un rassemblement avec qui précisément ?
Pierre Laurent a raison. Le constat que nous faisons aujourd'hui, c'est qu'il y a un mécontentement extrêmement important à gauche. Vous avez des socialistes, y compris des députés socialistes, des frondeurs, qui disent qu'ils ne sont pas d'accord avec la politique gouvernementale. Vous avez Europe Écologie Les Verts qui s'exprime avec force contre les politiques d'austérité. Et aujourd'hui, la question qui nous est posée, à nous le Parti communiste, à nous le front de gauche, c'est comment on fait en sorte que tous ces gens-là travaillent ensemble.
Et notre Conseil national du Parti communiste ce week-end tend clairement la main à tous ces gens-là pour qu'on travaille ensemble et qu'on fasse émerger une alternative à gauche. C'est ça qui doit être à l'ordre du jour aujourd'hui.
Donc le Parti communiste tend la main aux frondeurs socialistes, il tend la main aux écologistes, mais ça ne va pas de soi. Les écologistes, par exemple, ils sont contre le nucléaire. Le Parti communiste est pour. Comment vous allez concilier ces positions importantes quand même pour l'Europe Écologie Les Verts ?
On va débattre et on s'apercevra que nous sommes tous d'accord pour dire qu'on va promouvoir les énergies renouvelables. Moi, je suis convaincu qu'on a des convergences extrêmement fortes. Aujourd'hui, la question, elle est simple. Est-ce qu'on continue avec les politiques d'austérité ou pas ? Moi, je suis convaincu que si on continue avec les politiques d'austérité, on va dans le mur et on se retrouvera avec une gauche en très, très grande difficulté aux prochaines élections présidentielles. Donc il est essentiel que tous ceux qui ne sont pas d'accord à gauche avec la politique du gouvernement puissent travailler ensemble.
Cette stratégie au Parti communiste d'élargir le front de gauche, ça séduit tout le monde, je ne crois pas, au Parti de gauche notamment ? On verra bien, il y aura des discussions avec le Parti de gauche. Vous allez l'annoncer aujourd'hui.
Oui, on va l'annoncer aujourd'hui. Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, le front de gauche est sur un format trop étriqué et qu'on a besoin de travailler avec tous ces gens qui ne veulent pas de la politique gouvernementale. Moi, je veux un front de gauche de la main tendue, pas un front de gauche bunkerisé. Et c'est pour ça qu'on se bat avec Pierre Laurent et avec le Parti communiste.
Dans cette transformation du front de gauche, quelle sera la future place de Jean-Luc Mélenchon qui a pris un peu ses distances depuis l'échec des Européennes ?
Jean-Luc Mélenchon a souhaité prendre un peu de recul après les élections européennes. C'est d'ailleurs tout à fait estimable. Une vie politique, c'est aussi fait de moments comme cela, de moments de recul et de moments de réflexion. Moi, je suis convaincu qu'on a besoin de Jean-Luc Mélenchon, entre autres. Mais on a aussi besoin de tous ceux qui, aujourd'hui, cherchent avec nous une alternative à gauche.
Mais Jean-Luc Mélenchon, à quelle place ? Parce qu'on a bien senti, dans ce front de gauche, que les communistes reprochaient parfois à Jean-Luc Mélenchon de tirer un peu la couverture à lui.
Qu'est-ce qui n'a pas marché, finalement, entre le PCF et Jean-Luc Mélenchon ? D'abord, moi, je ne parle pas du front de gauche au passé. Je suis convaincu que le front de gauche a de l'avenir, à condition qu'il s'élargisse.
Oui, on a bien compris qu'il y a un ancien front de gauche et un futur front de gauche qui sera déterminé aujourd'hui.
Oui, parce que le mécontentement à l'égard de la politique gouvernementale dépasse aujourd'hui très largement le cadre du front de gauche. Et il nous faudra, dans ce cadre-là, donner une place à tout le monde.
Et ma question était, pour la place de tout le monde, ma question était, quelle sera la place précise de Jean-Luc Mélenchon ?
Nous verrons bien. Il faut aussi savoir ce que lui veut faire du front de gauche. Et pour l'instant, nous ne le savons pas. Moi, je suis convaincu que le front de gauche gagnera s'il s'élargit. C'est la clé pour qu'on crée un avenir à gauche dans ce pays.
Un front de gauche et un parti communiste élargi, donc avec, on l'a bien compris, les frondeurs socialistes avec Europe, Écologie et Les Verts. Vous êtes prêts à bloquer, pourquoi pas, des propositions de loi, des projets de loi, notamment le budget. Ce sera mardi prochain.
Mais il est bien évident que le budget tel qu'il est construit aujourd'hui n'est pas un bon budget, parce que c'est un budget d'austérité et qu'aujourd'hui, pour sortir de la crise, on a au contraire besoin d'une politique de relance.
Je termine avec la réflexion du Parti communiste vis-à-vis de vos électeurs communistes. Le PCF a entretenu la confusion avec parfois une alliance avec le PS, comme ça s'est passé pour les municipales. Vous en êtes d'ailleurs un pur produit, puisque vous êtes aujourd'hui conseiller au Conseil de Paris, adjoint au maire. Aux européennes, c'était différent. Il ne fallait pas s'allier avec le Parti socialiste. Est-ce que vous reconnaissez cette confusion à l'égard de vos électeurs communistes ?
Moi, je ne crois pas. Je crois que, dans un cas comme dans l'autre, on a cherché à être utile aux hommes et aux femmes de ce pays. Et quand on a décidé de se rassembler à Paris, c'est parce qu'à Paris, on mène une vraie politique de gauche, qui n'est pas la même que la politique menée à l'échelle du pays.
Vous comprenez que la stratégie différente, selon que c'est les municipales ou les européennes, ça peut perturber aussi votre électorat ?
Si vous voulez me faire dire qu'on doit avoir quelque chose de plus clair qui soit lisible par les électeurs, je veux bien en convenir. Et c'est d'ailleurs aussi l'objet de nos réflexions aujourd'hui.
Et vos réflexions, dont les conclusions seront annoncées aujourd'hui ? Ça se passera comment ?
Aujourd'hui, et puis on aura une grande conférence nationale au mois de novembre, qui nous permettra d'avoir notre feuille de route. En attendant, l'urgence, c'est de se rassembler avec tous ceux qui ne veulent pas des politiques d'austérité.
Yann Brossat, adjoint communiste à la mairie de Paris, président du groupe communiste au Conseil.
Je ne le suis plus depuis cette nouvelle mandature.
Je suis adjoint au logement à la mairie de Paris. Et vous étiez ce matin l'invité de France Inter. Merci à vous. Et bonne journée.
Ian Brossat