"Jordan Bardella atteint des niveaux d’intentions de vote inédits depuis François Mitterrand en 1988", souligne Frédéric Micheau
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À un an du scrutin, est-ce que c'est courant dans l'histoire des scrutins présidentiels d'avoir autant de possibilités de candidats ?
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Est-ce qu'il y a un parti ou un candidat qui se distingue ?
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C'était jamais arrivé ? Même Nicolas Sarkozy en 2007 ?
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Le Parti Socialiste a proposé un projet cette semaine. Et justement, le Rassemblement National, lui, on ne connaît pas en détail son projet, son programme.
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Pour autant, est-ce qu'il faudra un projet ou un homme ? Jordan Bardella, c'est plus l'incarnation que le projet.
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Frédéric Michaud, sur le Rassemblement National et sur Jordan Bardella en particulier, quelles sont les faiblesses ?
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« C'est Jordan Bardella, avec des niveaux dans les intentions de vote, entre 37 et 38% qui n'ont pas été atteints dans l'histoire des sondages depuis François Mitterrand en 1988. »
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« Absolument pas. »
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« Ils sont très bien identifiés. »
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« Est-ce que c'est un vote d'adhésion ou de rejet ? »
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« C'est à la fois un vote d'adhésion, parce qu'on voit bien que le Rassemblement National a une image qui s'est renouvelée dans l'opinion et auprès des électeurs au cours des dernières années. »
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« C'est un parti qui incarne le mieux l'opposition au macronisme. »
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« C'est un parti aussi qui suscite l'espoir pour une partie de nos concitoyens. »
- 4:24InvitéFait
« C'est cette combinaison assez particulière d'adhésion et de rejet. »
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« On avait vu lors des derniers scrutins, notamment lors du scrutin des législatives anticipées de 2024, une sorte de faiblesse programmatique, de flou, d'hésitation, de variation. »
- 5:52InvitéFait
« Ils disent avoir beaucoup travaillé sur le fond, s'entourer d'experts. »
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« Oui, alors ça aussi, c'est un signe de normalisation. »
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« Il est paré de toutes les qualités dans l'opinion. »
- 8:06InvitéFait
« Hormis gouverner, diriger des villes comme Perpignan, le Rassemblement National n'a jamais dirigé un conseil départemental, un conseil régional, par exemple. »
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« Parvenir à obtenir le soutien de trois quarts des adhérents du parti, évidemment, c'est une bonne chose pour Bruno Retailleau. »
- 9:25InvitéChiffre
« Dans les intentions de vote, il est aux alentours de 10%. »
- 16:08InvitéFait
« Je réagis en demandant à chacun de regarder l'histoire des sondages, l'histoire électorale française, qui démontre de manière limpide que c'est faux. »
- 16:20InvitéFait
« Combien de fois les Français ont démenti les sondages ? »
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Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. RCF Notre-Dame Il est 8h10, soyez les bienvenus sur RCF Notre-Dame. Elle aura lieu dans un an, presque jour pour jour. La date exacte n'est pas encore fixée mais l'élection présidentielle fait déjà couler beaucoup d'encre. Gabriel Attal sort aujourd'hui un livre programme. Diviser le parti socialiste a dévoilé hier une première ébauche de son projet. Le RN et les Républicains se mettent en ordre de marche également, aucun doute, dans les états-majors des partis, l'élection présidentielle est dans toutes les têtes. Mais qui seront les prétendants sur la ligne de départ ?
Où en est l'opinion en France ? On fait le point ce matin avec notre invité, Clara. Pierre-Hugues, vous recevez Frédéric Michaud, directeur général adjoint d'OpinionWay et auteur de l'ouvrage Le Sacre de l'Opinion, une histoire de la présidentielle et des sondages. C'est aux éditions du Cerf. Bonjour Frédéric Michaud. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Il y a des dizaines de candidats déclarés. Les temps doivent être durs pour les sondeurs.
Oui, mais en même temps c'est passionnant pour nous. Évidemment, une élection présidentielle, c'est le scrutin qui domine la Ve République, qui structure toute la vie politique. Donc c'est passionnant à tester. Alors évidemment, il y a beaucoup de candidats, mais je dirais que c'est absolument normal. Et c'est très ouvert pour le moment. C'est très ouvert. L'offre électorale, c'est-à-dire le nombre et l'identité des candidats, sont encore largement inconnus. Et précisément, c'est ce que nous devons mesurer, les différentes configurations, en tout cas celles qui sont le plus probables.
À un an du scrutin, est-ce que c'est courant dans l'histoire des scrutins présidentiels d'avoir autant de possibilités de candidats ? Et que tout soit à ce point ouvert ?
Oui, absolument. C'est le cas dans ce qu'on appelle les présidentielles de renouvellement. C'est-à-dire qu'en le sortant, on n'est pas en mesure ou ne souhaite pas se représenter. C'était le cas en 1981. Dès 1979, il y avait énormément de candidatures testées. C'était le cas en 1995, évidemment. C'était le cas en 2007 aussi. C'était le cas plus récemment en 2016. Donc à chaque fois, on a ce foisonnement parce que ce sont des campagnes électorales qui, chacun le sent bien, les observateurs comme les acteurs, sont en fait des moments charnières dans notre histoire politique. Et donc, il y a toute une série d'ambitions qui s'expriment parce que chacun voit son heure arriver.
Est-ce qu'il y a un parti ou un candidat qui se distingue ? Alors, pour l'instant, il y a un candidat qui est hyper dominant. C'est Jordan Bardella, avec des niveaux dans les intentions de vote, entre 37 et 38% qui n'ont pas été atteints dans l'histoire des sondages depuis François Mitterrand en 1988.
C'était jamais arrivé ? Même Nicolas Sarkozy en 2007 ?
Absolument pas. Pourquoi ? À ce niveau-là de domination, d'hyper-domination dans les sondages, 36, 37%. D'ailleurs, un tout petit peu mieux que Marine Le Pen, quelques points de plus. Pourquoi ? Parce que la marque Rassemblement National est extrêmement forte. Elle est très bien identifiée. Ces deux candidats, on ignore encore lequel portera les couleurs du parti, mais ces deux candidats-là ont une notoriété extrêmement forte dans l'opinion publique. Ils sont très bien identifiés. C'est moins le cas pour les candidats du Bloc Central, pour les candidats de la droite, et puis aussi à gauche, à l'exception de Jean-Luc Mélenchon.
Mais il y a une domination qui est très très forte, et puis surtout, il y a une avance de plusieurs dizaines de points sur le deuxième candidat aujourd'hui dans les intentions de vote. Est-ce que c'est un vote d'adhésion ou de rejet ? C'est une combinaison des deux. C'est à la fois un vote d'adhésion, parce qu'on voit bien que le Rassemblement National a une image qui s'est renouvelée dans l'opinion et auprès des électeurs au cours des dernières années. C'est un parti qui incarne le mieux l'opposition au macronisme. C'est un parti aussi qui suscite l'espoir pour une partie de nos concitoyens. Et puis, il y a ce que représente historiquement le Rassemblement National.
C'est-à-dire un parti anti-système, un parti qui, d'une certaine manière, s'est construit en opposition à tout ce qu'a été la classe politique jusqu'à présent. Donc, c'est cette combinaison assez particulière d'adhésion et de rejet.
Frédéric Michaud, on va y venir. Le Parti Socialiste a proposé un projet cette semaine. Et justement, le Rassemblement National, lui, on ne connaît pas en détail son projet, son programme. On connaît les grandes lignes. On sait les trois piliers que Jordan Bardella rappelle souvent. L'économie, la sécurité et l'immigration. Pour autant, est-ce qu'il faudra un projet ou un homme ? Jordan Bardella, c'est plus l'incarnation que le projet.
Oui, alors là aussi, c'est une combinaison, c'est toujours une combinaison des deux, une élection présidentielle. Alors, le Rassemblement National ne perd rien à attendre pour dévoiler son projet. On avait vu lors des derniers scrutins, notamment lors du scrutin des législatives anticipées de 2024, une sorte de faiblesse programmatique, de flou, d'hésitation, de variation. Il y a eu beaucoup de revirements dans l'histoire récente, en matière d'économie. Ça lui avait porté préjudice, en dépit de son très bon score. Mais on sent bien que ça avait créé une sorte d'hésitation dans l'électorat. Voilà, alors ils disent avoir beaucoup travaillé sur le fond, s'entourer d'experts.
Il déjeunait lundi avec le MEDEF. Oui, alors ça aussi, c'est un signe de normalisation. Mais pour l'instant, le temps n'est pas venu d'être dans la présentation intégrale des projets. Certains partis commencent à le faire parce qu'ils ont un retard à rattraper. Ce n'est pas le cas du Rassemblement National.
Frédéric Michaud, sur le Rassemblement National et sur Jordan Bardella en particulier, quelles sont les faiblesses ?
Alors sur le Rassemblement National, les faiblesses sont liées, je dirais, au personnel politique. C'est-à-dire, et d'ailleurs c'était le cas dans les élections précédentes, c'est-à-dire à l'équipe qui pourrait accompagner Jordan Bardella à l'Elysée. Qui serait ministre de l'économie ? Qui serait ministre des affaires étrangères ? Quand il s'agit de remplir les portefeuilles ministérielles, il y a souvent du monde qui se bouscule. Alors, oui, on trouve toujours quelqu'un, c'est sûr, mais encore faut-il trouver des personnes de qualité, expérimentées, qui serait le premier ministre de Jordan Bardella s'il était candidat.
Pour l'instant, ça n'est pas une véritable faiblesse, mais c'est quelque chose auquel les électeurs peuvent être attentifs. Et puis, en ce qui concerne Jordan Bardella lui-même, il a une image qui est très très bonne, il faut le dire, il y a eu une progression de son image dans l'opinion au cours des derniers mois qui est spectaculaire, il semble le candidat le plus honnête, il est tout à fait capable pour les Français d'être président de la République, il est en mesure de rassembler les Français, de réformer la France, enfin, bref, pour l'instant, il est paré de toutes les qualités dans l'opinion. Malgré son diplôme ou son jeune âge ? Alors, je pense que ça... Malgré son diplôme...
Malgré son absence de diplôme, pardon.
Malgré... Oui, c'est ça. Et même sa relative inexpérience politique. Jamais gérer un exécutif. D'ailleurs, inexpérience qu'on peut étendre au Rassemblement National. Hormis gouverner, diriger des villes comme Perpignan, le Rassemblement National n'a jamais dirigé un conseil départemental, un conseil régional, par exemple. Donc ça, peut-être que ça peut constituer une faiblesse au-delà du manque de compétences dans l'équipe qui entoure Jordan Bardella. Du manque de compétences perçues par l'opinion dans cette équipe.
Frédéric Michaud, allons un tout petit peu plus à gauche dans l'ordre. On va balayer à tous les chiquiers politiques. Allons donc aux Républicains, puisqu'on parlait en parté du Rassemblement National. Les adhérents des Républicains ont choisi dimanche dernier de désigner Bruno Retailleau comme leur candidat à la présidentielle 2027 par 73,8% des voix, écartant l'hypothèse d'une primaire interne. Est-ce que, Frédéric Michaud, pour Bruno Retailleau, c'est un bon appui, ça ? Est-ce que vous avez vu une dynamique après dans les sondages ?
Alors, il est encore trop tôt, puisque le scrutin a eu lieu dimanche, mais c'est la culture du chef qui s'exprime à nouveau à LR. Et donc, c'est une légitimité. Parvenir à obtenir le soutien de trois quarts des adhérents du parti, évidemment, c'est une bonne chose pour Bruno Retailleau. Dans les intentions de vote, il est aux alentours de 10%. Ce qui est déjà mieux que Valérie Pécresse. Ce qui est mieux que le score qu'a fait Valérie Pécresse. Mais très loin de ce que faisait la droite, historiquement. Exactement. Donc, voilà, pour lui, c'est un point de départ. Et puis, il y a un projet qui commence à être dévoilé.
Sa stratégie, c'est précisément de travailler le fonds pour convaincre les Français sur la base de ce projet. Mais ce fonds, comment peut-il se distinguer de Jordan Bardella ? Eh bien, précisément parce que la droite, LR, est l'un des deux grands partis de gouvernement de la Vème République. Parce qu'à droite, il y a encore un vivier de personnalités qui ont exercé le pouvoir, qui ont acquis toute une série de réflexes de gouvernement au cours des dernières décennies. Et puis, ça, ça peut être un avantage dans un débat avec des novices de l'expérience gouvernementale.
Gabriel Attal sort aujourd'hui un livre. On sait que dans le bloc central, il est face à Édouard Philippe, qui, lui, est un candidat qui soigne sa candidature depuis de longs mois déjà. Quelles sont les chances de Gabriel Attal ? Lui aussi est très jeune, mais il est plus expérimenté.
Alors, ses chances, aujourd'hui, vous avez raison de le rappeler. Il est plutôt, il est légèrement distancé par Édouard Philippe. Il a absolument toutes ses chances à cette distance du scrutin. Lui, il choisit pour l'instant d'être sur un angle un peu plus personnel, de nouer ce lien intime avec les Français. Ce qui joue beaucoup dans une élection présidentielle. Ah ben, ça joue énormément, parce que, évidemment, on choisit une équipe, on choisit un programme, on peut voter sur un bilan, mais le président de la République, le chef de l'État, incarne la France à l'étranger. Donc, ce n'est pas quelque chose d'anodin.
Et donc, pour Gabriel Attal, tisser ce lien personnel avec les Français, c'est la stratégie ?
Pour l'instant, sans doute, oui. Mais j'imagine que ça, c'est un premier temps, et qu'ensuite, viendra, comme pour tous les candidats, le temps d'annoncer des mesures et de présenter un projet pour apporter une réponse à la crise multiple que connaît notre pays. C'est vraiment sur ça que l'ensemble des candidats sont attendus. Il ne faut pas que les éléments d'image, les éléments médiatiquement superficiels, relaient au second plan le fond des propositions pour redresser la France, apporter des réponses à des enjeux qui sont vraiment décisifs pour les Français. Je pense évidemment à la question du pouvoir d'achat. En ce moment, il y a la question des carburants qui est très aiguë.
Mais il y a toute une série d'autres questions, la sécurité, évidemment, auxquelles les candidats doivent apporter des réponses crédibles.
Et il y a l'international, la France est malmenée à l'international, ou en tout cas, il y a un climat, un contexte international très compliqué. Est-ce que cela peut permettre à des candidats d'émerger, des candidats dont l'image, dans l'opinion, serait d'avoir une grande stature ? Je pense à Dominique de Villepin, dont on parle régulièrement, et qui d'ailleurs est très heureux, je crois, de pouvoir compter dans l'esprit des Français.
L'élection présidentielle, c'est d'abord une élection nationale. C'est l'élection nationale par définition, par nature, par essence. Les questions internationales, les questions européennes, les questions de mondialisation, les questions géopolitiques, les questions de francophonie, les questions de projection de la France à l'étranger, sont généralement, disons, plutôt au second plan des enjeux qui touchent les Français, qui s'intéressent beaucoup plus à ce qui les concerne immédiatement et directement.
Mais depuis quelques années, on l'avait vu déjà en 2022, au moment de la crise en Ukraine, les Français font le lien entre ce qui se passe sur la scène internationale et leur vie quotidienne. Le lien est évident en matière d'inflation et de carburant. Donc, ça peut être des thématiques importantes si, au moment de la campagne électorale, il y a un événement très particulier qui implique la France. Il y avait la question des attentats qui avait aussi beaucoup pesé, vous vous en souvenez, lors de l'élection de 2016-2017.
Donc, oui, ça peut être potentiellement, la question internationale, un élément important dans le choix, dans la décision électorale des Français, mais ce ne sera sans doute pas l'élément déterminant.
Allons à gauche, à présent, où le Parti Socialiste se divise. Pourtant, hier, il a présenté un programme, ou plutôt un projet, puisque le programme, ce sera peut-être plus tard, ça arrivera dans un deuxième temps avec le chiffrage des mesures qui sont proposées. Le Parti Socialiste est ultra divisé. Les Républicains, le PS, est-ce qu'ils peuvent, comme le Phénix, renaître de leurs cendres, Frédéric Michaud ?
Alors, on a bien vu, dans l'histoire électorale récente, beaucoup de volatilité, c'est-à-dire des hausses spectaculaires, des chutes extrêmement... Vous pensez à quoi ? ...extrêmement brutales, je pense à ce que vous venez d'évoquer, c'est-à-dire à l'effondrement des deux parties du gouvernement, qui peuvent absolument... parce qu'ils conservent encore des atouts en termes d'ancrage territorial, en termes de culture de gouvernement, en termes de réseau aussi, en termes d'experts associés. Ça peut faire la différence sur un projet, sur un programme. Et puis, il y a une expérience dans ces deux parties de l'Elysée. On a même un ancien président qui dit se préparer à être à nouveau candidat.
Il a encore réagi hier chez nos confrères de France Info, François Hollande, puisque c'est lui dont vous parlez. Est-ce que quelqu'un comme François Hollande, justement, peut incarner une opposition crédible à Jordan Bardella ? Parce que vous disiez que c'était lui l'homme fort.
Frédéric Michaud. Il peut l'incarner en fonction du déroulé de la campagne électorale. Vous savez, le principe d'une campagne électorale, c'est d'informer l'électeur. Et c'est la grande confrontation des idées et des hommes. Donc, évidemment, ça transforme l'état de l'opinion publique. C'est le rôle d'une campagne électorale. Vérité d'aujourd'hui ne sera pas ce qui sortira du scrutin dans un an.
C'est une évidence. Et pour autant, vous êtes directeur général adjoint d'Opinion Way. Donc, on regarde souvent les sondages à un an des présidentielles. Comment vous réagissez à ceux qui vous accusent, vous, les experts de sondage, de faire l'opinion, finalement, en publiant des sondages, vous figer dans l'esprit des Français ce qui était une dynamique ?
Je réagis en demandant à chacun de regarder l'histoire des sondages, l'histoire électorale française, qui démontre de manière limpide que c'est faux. Combien de fois les Français ont démenti les sondages ? Bon, ça prouve bien qu'il y a un vrai libre arbitre de la part de l'électeur. Moi, je considère que les sondages ne sont pas du tout un élément d'influence. Ça ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas avoir d'effet. Je pense que c'est peut-être au vote utile. Mais je pense que, fondamentalement, les sondages sont un élément d'information. Nous visons à éclairer le débat pour donner une clé de compréhension de la situation politique aux électeurs afin qu'ils fassent leur choix.
Et sur quoi faut-il se méfier ? Quelle distance, quelles précautions doit-on avoir ?
D'abord, il faut multiplier les sources. C'est comme dans les médias. C'est comme le journalisme. C'est comme en journalisme. Il faut multiplier les sources. Il faut lire les sources en tendance, lire les chiffres en tendance, c'est-à-dire pas uniquement à un instant T, mais il faut regarder le film plutôt que la photographie. Et puis, il faut tenir compte aussi de ce qu'on appelle les marges d'erreur, c'est-à-dire ne pas regarder le point près, mais plutôt les niveaux des différents candidats.
Et on a fait un beau panel ce matin, un beau panorama, justement, de toutes ces dynamiques. Merci beaucoup Frédéric Lichaud, directeur général adjoint d'OpinionWay. Vous êtes aussi l'auteur du Sacre de l'Opinion, une histoire de la présidentielle et des sondages.