Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 20 septembre 2018 5 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

L’AFRIQUE, NOUVEAU TERRAIN DE JEU DE LA RUSSIE ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Thomas DietrichFait
    « La France a soutenu le renversement de François Bozizé en 2012 en sponsorisant, via le Tchad, la rébellion de la Séléka. »
  • 8:00Thomas DietrichFait
    « On parle souvent en Centrafrique de la société militaire privée Wagner qui a déjà opéré en Crimée et en Syrie. »
  • 9:00Thomas DietrichFait
    « Les Chinois apportent les capitaux et les Russes la main-d’œuvre militaire. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le 21 août dernier, la Russie et la République centrafricaine ont signé un accord de défense. Il officialise une dynamique enclenchée depuis près de deux ans. C’est une petite révolution : ancienne colonie tricolore, la Centrafrique est demeurée après son indépendance le bac à sable de l’armée et des politiques français.

Notre mémoire collective se souvient de l’affaire des diamants, avec Valéry Giscard d’Estaing et le pseudo-empereur Jean-Bedel Bokassa. La relation entre Paris et Bangui est entrée dans une zone de défiance à cause d’un homme. Idriss Déby, le président du Tchad voisin, au pouvoir depuis 28 ans.

C’est l’homme de la France dans cette partie du monde. C’est un pilier de la lutte antiterroriste au Sahel. Pour comprendre le présent, petit détour par le passé.

En 2003, François Bozizé arrive au pouvoir par la grâce de la France et du Tchad. Dix ans plus tard, il se brouille avec Paris autour de l’exploitation par Areva d’un gisement d’uranium. Il est à son tour menacé par une rébellion… venue du Tchad.

Il soupçonne Paris d’être derrière tout ça, et cherche à nouer de nouvelles alliances internationales. Ecoutons ce que nous en dit l’écrivain Thomas Dietrich, bon connaisseur de cette partie du monde. « La France a soutenu le renversement de François Bozizé en 2012 en sponsorisant, via le Tchad, la rébellion de la Séléka.

Au dernier moment, alors que la Séléka, qui était une horde de mercenaires principalement composée de Tchadiens et de Soudanais, fondait sur Bangui, Bozizé a fait appel, via des hommes d’affaires, à Jacob Zuma en Afrique du Sud. Qui a envoyé 400 hommes en échange de contrats léonins sur les matières premières – puisque la Centrafrique est très riche en matières premières. Sauf que cette intervention sud-africaine n’a servi à rien.

La Séléka est quand même rentrée dans Bangui au prix d’une quinzaine de morts Sud-Africains et a conquis le pouvoir. Bozizé en a été chassé. » Après une période d’instabilité, l’actuel président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, est élu démocratiquement.

Il dirige un pays occupé à 80% par des milices incontrôlables. Comme son prédécesseur, dont il était le Premier ministre, il ne fait pas confiance à l’ancienne puissance coloniale pour rétablir l’ordre républicain. Il choisit de tendre les bras… à Poutine. « Faustin-Archange Touadéra, voyant que la France n’était pas capable de battre les milices ex-séléka ou anti-balaka, a fait appel aux Russes suite à une rencontre en 2017 à Sotchi entre lui et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Des mercenaires ont été envoyés à Bangui, ont formé l’armée centrafricaine. Ils ont assuré la garde présidentielle de Faustin-Archange Touadéra. Ils le conseillent et exploitent en échange les immenses ressources minières et forestières de Centrafrique.

Tout cela au détriment de la France qui a perdu de son influence face à l’arrivée des Russes. On parle souvent en Centrafrique de la société militaire privée Wagner qui a déjà opéré en Crimée et en Syrie. Elle apporte les gros bras, dans une sorte de partenariat avec les Chinois.

Puisque les Chinois apportent les capitaux et les Russes la main-d’œuvre militaire. » Durant la guerre froide, Moscou a soutenu, pour des raisons géopolitiques, les mouvements de libération nationale en Algérie, en Angola ou en Afrique du Sud. Aujourd’hui, son come-back peut faire bouger bien des positions. « Il y a une offensive assez large, une tentative de construction d’un axe.

On a toujours voulu construire des grands empires via des axes en Afrique. Ça s’appelle la colonisation. Là, l’axe qui est privilégié par les Russes ayant envoyé dernièrement un satellite de télécommunications angolais dans l’espace.

Et bien évidemment, ça vient heurter les intérêts français, notamment dans le pré carré de l’Afrique centrale. La Centrafrique, et peut-être le Tchad, qui reste pourtant insensible aux appels du pied des Russes. Mais il y aura peut-être des développements à venir s’il y a des changements de régime. » Pour résumer.

Oui, Moscou veut retrouver une influence en Afrique, un continent jeune où les multinationales françaises et américaines gagnent de l’argent, où la Chine et l’Inde vendent de plus en plus de motos ou de médicaments bon marché. Oui, cette ambition passe par une réaffirmation de sa puissance militaire. Et oui, comme toujours, ce sont les populations les plus fragilisées, les citoyens ordinaires qui pourraient être victimes du grand jeu qui se met en place.

Et au-delà de tout, c’est la souveraineté des peuples africains qui est piétinée. Une fois de plus.

L’AFRIQUE, NOUVEAU TERRAIN DE JEU DE LA RUSSIE ? — Dominique Theophile · Pourquijevote