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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 septembre 2017 7 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalTravail & emploiÉconomie & entreprises

Nicolas Dupont-Aignan : "Sur le CETA, Emmanuel Macron s'est couché"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    A quoi sert aujourd'hui votre mouvement ?

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Votre projet d'unir les droites, c'est aussi ce que veut Laurent Wauquiez chez les Républicains. Qu'apportez-vous de plus ?

  • 3:44RelanceRéponse partielle

    Parce que pour faire l'union de la droite, il faut encore que les cadres du parti soient d'accord.

  • 4:58RelanceRéponse partielle

    Vous parlez de Français désabusés, ne craignez-vous pas vous-même d'avoir déboussolé vos électeurs pour vous aller une première fois dans l'entre-deux-tours avec Marine Le Pen, puis avant les législatives, votre reprise d'indépendance, ça a quand même déboussolé pas mal de monde chez vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11Invité politiqueChiffre
    « D'abord, j'ai porté à l'élection présidentielle près de 2 millions de voix sur une ligne gaulliste. »
  • 0:46Invité politiqueFait
    « Depuis 20 ans, la gauche de gouvernement et la droite de gouvernement se succédaient à tour de rôle, mais menaient la même politique. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « Et la victoire d'Emmanuel Macron, en vérité, le rassemblement de ceux qui pensent qu'il faut continuer comme avant, en plus fort, en plus dur. »
  • 2:22Invité politiqueFait
    « Je vous rappelle que la plupart des députés républicains n'ont pas voté contre la confiance au gouvernement. »
  • 2:34Invité politiqueChiffre
    « Un bon tiers. Quand on voit les leaders qui se succèdent, vous savez, la soupe est bonne. »
  • 3:23Invité politiqueFait
    « Parce qu'on ne parle pas des conséquences sociales, de la loi travail, de la poursuite de la soumission à Bruxelles, de l'échec économique qui va arriver, qui va être terrible. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « Quand vous voyez la suppression des contrats aidés, cette ahurissance qui se passe sur le terrain, quand vous voyez la suppression des APL qui va continuer, quand vous voyez la suppression de l'impôt sur la fortune financière »
  • 6:11Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron s'est couché, comme ses prédécesseurs. »
  • 6:41Invité politiqueFait
    « Parce que les ordonnances travail, je veux mettre en garde mes auditeurs, c'est le retour du contrat de chantier du 19ème siècle, des missions temporaires. »

Temps de parole

  • Nicolas Dupont-Aignan86 %
  • Présentateur14 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président du mouvement Debout la France. Vous tenez ce week-end vos universités de rentrée pour clarifier votre positionnement politique. A quoi sert aujourd'hui votre mouvement ?

0:11
Nicolas Dupont-Aignan

D'abord, j'ai porté à l'élection présidentielle près de 2 millions de voix sur une ligne gaulliste. J'ai pris mes responsabilités, tout le monde s'en souvient, au second tour. On m'a énormément caricaturé. Je reste que je suis un gaulliste indépendant. Et notre parti n'a jamais eu, suite à ce choc du second tour, autant d'adhérents, autant de ralliements. Et je suis absolument convaincu, j'écoutais le billet de Frédéric Mettezot, qu'il y a une immense recomposition politique en cours. En fait, qu'est-ce qui s'est passé ? Depuis 20 ans, la gauche de gouvernement et la droite de gouvernement se succédaient à tour de rôle, mais menaient la même politique.

Donc, soumission à Bruxelles, ultralibéralisme, etc. Il est arrivé un jour, où ce qui devait arriver est arrivé, c'est-à-dire qu'ils ont fusionné. Et la victoire d'Emmanuel Macron, en vérité, le rassemblement de ceux qui pensent qu'il faut continuer comme avant, en plus fort, en plus dur. A gauche, M. Mélenchon a réorganisé les choses, mais à droite, il n'y a pas eu de réorganisation. Il y a eu un second tour avec une Marine Le Pen qui a quand même rassemblé près de 11 millions de voix, mais qui n'a pas convaincu les Français.

Maintenant, moi, je suis convaincu qu'il faut que cette recomposition politique se poursuive et que les patriotes, ceux qui aiment la France, les Républicains, se rassemblent sur un programme commun. Ce que j'appelle le programme commun des amoureux de la France. C'est ce que je vais proposer demain au Cirque d'Hiver, où d'ailleurs c'est ouvert au public, pour l'avenir. Car on ne pourra pas continuer avec ce gouvernement. Vous verrez que ce rassemblement des gens de droite et de gauche qui pensent la même chose pour mener la politique qu'ils mènent, de chaos social et d'échec économique inéductable, laissera les Français orphelins.

Et je suis convaincu qu'il faut proposer une alternative sérieuse, crédible. C'est l'enjeu.

2:10
Présentateur

Votre projet d'unir les droites, c'est aussi ce que veut Laurent Wauquiez chez les Républicains. Qu'apportez-vous de plus ?

2:16
Nicolas Dupont-Aignan

La différence c'est que Laurent Wauquiez, d'abord, n'est pas encore élu. Que les Républicains sont dans une crise très forte. Je vous rappelle que la plupart des députés républicains n'ont pas voté contre la confiance au gouvernement. Que la plupart les soutiennent. Qu'il y a d'ailleurs une moitié, Frédéric Mettezot en faisait état, qui partent soutenir Emmanuel Macron. Pas une moitié, un tiers. Un bon tiers. Quand on voit les leaders qui se succèdent, vous savez, la soupe est bonne.

2:39
Présentateur

34 députés constructifs et il y a encore une centaine de députés républicains.

2:44
Nicolas Dupont-Aignan

Ils ont voté et ils n'ont pas voté contre, ils ont voté la confiance de fait en s'abstenant. Et je suis convaincu qu'il y a beaucoup de patriotes chez les Républicains et qu'il ne faut pas, pour les années à venir, que Laurent Wauquiez parte dans son couloir avec les Républicains, que moi avec Debout la France, que Mme Le Pen avec le Front National. Je suis convaincu que les électeurs, en tout cas j'en ai rencontré des milliers pendant la campagne et puis pendant mes vacances, qui m'ont tous dit la même chose. Si on ne s'unit pas, si on ne définit pas un programme comme un sérieux, capable de convaincre les Français, et bien M. Macron fera son duo avec M. Mélenchon et M.

Macron restera au pouvoir mener une politique désastreuse pour le pays. Parce qu'on ne parle pas des conséquences sociales, de la loi travail, de la poursuite de la soumission à Bruxelles, de l'échec économique qui va arriver, qui va être terrible. Et si on n'a pas des propositions alternatives, si Mme Le Pen continue, M. Wauquiez, moi-même, et bien ça aboutira à rien. Donc moi je revendique l'union. Il y a eu l'union de la gauche à une époque. Pourquoi il n'y aurait pas l'union de la droite ?

3:44
Présentateur

Parce que pour faire l'union de la droite, il faut encore que les cadres du parti soient d'accord. Or, Laurent Wauquiez n'a pas l'intention. Je ne sais pas où en sont en relation avec le Front National en ce moment. C'est tendu ?

3:52
Nicolas Dupont-Aignan

Mais ce n'est pas une question de tendu ou pas tendu. Moi je suis convaincu qu'il faut rassembler. Et qu'on ne rassemblera pas par le haut. Mais vous ne rassemblerez pas tout seul non plus. Mais attendez, je ne vais pas rassembler tout seul et par le haut. Les querelles légaux, les boutiques continueront, bien évidemment. En revanche, ne nous posons pas la question de 2022. Ça n'a aucun sens. On a vu d'ailleurs qu'Emmanuel Macron a été élu à la surprise générale, alors que deux ans avant, personne n'y pensait. Posons-nous la question des moyens de résoudre les problèmes des Français. Et le premier problème, c'est le chômage de masse.

Le deuxième problème avec ce gouvernement, c'est l'injustice sociale qui va aboutir à un moment à une explosion. Quand vous voyez la suppression des contrats aidés, cette ahurissance qui se passe sur le terrain, quand vous voyez la suppression des APL qui va continuer, quand vous voyez la suppression de l'impôt sur la fortune financière, et que tous ces efforts demandés aux Français vont être pour une mini super classe des plus riches du pays. Je suis convaincu que les Français sont déjà désabusés, on le voit dans les sondages. Il y a eu un mirage Macron, ils vont payer l'addition, mais ça ne sert à rien de critiquer. Si on n'est pas capable de dire comment nous on agirait.

Et c'est ça qui m'intéresse.

4:58
Présentateur

Vous parlez de Français désabusés, ne craignez-vous pas vous-même d'avoir déboussolé vos électeurs pour vous aller une première fois dans l'entre-deux-tours avec Marine Le Pen, puis avant les législatives, votre reprise d'indépendance, ça a quand même déboussolé pas mal de monde chez vous ?

5:14
Nicolas Dupont-Aignan

Pas du tout, au contraire, au contraire, si vous regardez toutes les codes de popularité, elles augmentent à la fois chez les républicains et chez les électeurs du Front National, parce que j'ai fait ce qui était la conséquence normale face à un Macron. Quand M. Fillon, dix minutes après sa défaite, soutient M. Macron, personne ne lui reproche. Quand moi, cinq jours après mon retrait, puisque je n'étais pas au deuxième tour, je négocie un programme justement différent de celui du Front National, et je fais une vraie alliance sur le fond, c'est le déchaînement médiatique qui a empêché les Français de voir ce que j'avais fait.

Vous savez, j'ai toujours été indépendant, je resterai indépendant, mais je suis convaincu que notre pays affronte des difficultés considérables et que si on ne change pas le logiciel, je vais vous donner un exemple très précis, très simple. Je viens d'apprendre que le 21 septembre, le CETA, vous savez, ce traité de libre-échange avec le Canada, complètement contradictoire avec les engagements de M. Hulot sur la santé alimentaire, complètement contradictoire avec ce qu'avait dit Emmanuel Macron, va rentrer en application. Emmanuel Macron s'est couché, comme ses prédécesseurs. Si on ne change pas cela...

Et Nicolas Dupont-Aignan au pouvoir s'opposerait, et comment ferait-il pour s'opposer mieux que Macron ? Parce que ma vision de la société est justement d'un pays libre, qui a des frontières, qui n'est pas fermé sur lui-même, mais qui reconstruit une Europe solide, et qui ne se couche pas devant le TAFTA, le CETA, qui ne fait pas semblant d'abolir la directive travailleurs détachés, qui aboutit à un moindisant social monstrueux, qui combat les ordonnances travail. Parce que les ordonnances travail, je veux mettre en garde mes auditeurs, c'est le retour du contrat de chantier du 19ème siècle, des missions temporaires. Cela veut dire que ça va déstabiliser toute notre PME.

Ce n'est pas que ça, on en reparlera dans un instant. Ce n'est pas que ça, mais ça c'est la vérité que personne ne dit, parce que les oligarchies, et heureusement nous sommes sur une chaîne publique, mais ceux qui tiennent la plupart des médias en France, cachent la réalité de cette loi travail.

7:02
Présentateur

Nicolas Dupont-Aignan, on va reprendre cette interview, après la revue de presse dans quelques minutes, les questions des auditeurs. Vous appelez le 0145 24 7000, vos questions au président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan. A tout de suite.

Nicolas Dupont-Aignan : "Sur le CETA, Emmanuel Macron s'est couché" — Nicolas Dupont-Aignan · Pourquijevote