L'invité de Bourdin Direct : Bruno Le Maire - 19/01
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe.
Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Pauline de Valherbe. Merci de répondre à mes questions ce matin sur RMC BFM TV. Vous êtes ministre de l'économie, des finances et de la relance. D'abord une question sur les prix de l'essence. Le 21 octobre dernier, quand Jean Castex a annoncé le fameux chèque de 100 euros, l'indemnité inflation, le litre de gazole coûtait 1,57 euros, le litre de sans plomb était à 1,67. Au moment où on se parle, en moyenne sur la France, le gazole est passé à 1,62 euros le litre et le sans plomb 95 à 1,68 euros. Ça veut dire que ça a continué à augmenter par rapport au moment où déjà on disait que c'était le feu. On fait quoi ?
On agit comme on le fait depuis trois mois. On parlait des prix des carburants. Si on reprend l'ensemble des prix de l'énergie, ils ont tous augmenté. Le gaz, l'électricité et effectivement les prix du carburant. On est à 1,62 euros à peu près le prix du diesel, du litre de diesel comme vous l'avez indiqué. Ça fait trois, quatre mois qu'avec le Premier ministre et le Président de la République, nous avons anticipé cette hausse massive de tous les prix de l'énergie sans exception. Pour une raison qui est simple, c'est que nous avons une reprise économique qui est très forte.
donc il y a des besoins d'énergie partout dans le monde et il y a un manque d'énergie, il y a un manque de gaz, il y a un manque de pétrole, il y a un manque d'électricité partout dans le monde, donc les prix augmentent. Aucun autre gouvernement européen n'a fait autant que nous pour protéger les Français contre cette augmentation des prix. On a gelé les prix du gaz.
Vous allez me parler de l'électricité et du gaz et je le comprends parfaitement.
Une seconde sur les prix d'électricité. Les prix du gaz, ils sont gelés, c'est déjà une première décision. Enfin, nous sommes aujourd'hui le 18 ou le 19 janvier, le 1er ou le 2 février prochain. Les Français vont recevoir leur facture d'électricité, ils vont faire comme tout le monde. Ils vont soit l'avoir sur le net, soit ils vont ouvrir la petite enveloppe assez désagréable. Et au lieu de voir 900 ou 1000 euros, c'est la facture en moyenne, ils auraient dû voir au 1er ou au 2 février 1350 ou 1400 euros. Vous imaginez le choc quand vous ouvrez en début d'année cette enveloppe et vous voyez que votre facture d'électricité est passée de 1000 euros à 1350 ou 1400.
C'est le montant que ça aurait été si vous n'aviez pas beaucoup de prix ? Exactement.
C'est le montant exact qu'un Français en moyenne aurait eu à payer si jamais nous n'avions pas dépensé 8 milliards d'euros pour l'État en supprimant la taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité, 8 milliards de pertes de recettes fiscales pour l'État et si nous n'avions pas demandé un effort à EDF, que je salue d'ailleurs parce que c'est un effort important pour EDF.
On y reviendra d'ailleurs parce qu'un certain nombre de salariés d'EDF craignent.
C'est juste pour montrer l'ampleur de la protection que nous avons apportée.
Mais si vous le faites pour EDF, pourquoi est-ce que vous ne le faites pas pour les prix de l'essence ? Pourquoi est-ce que vous ne jouez pas sur les taxes ?
Il y a une vraie différence, c'est que nous produisons l'électricité et nous ne produisons pas de pétrole. Oui, mais par contre on produit les taxes. Quand vous baissez les taxes sur les prix du carburant, dans le fond vous financez les importations de pétrole venues des pays du Golfe. Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure réponse. La réponse que nous avons apportée, parce que nous avons apporté une réponse avec Jean Castex, c'est l'indemnité inflation.
Cette indemnité inflation a été là précisément pour protéger les Français contre ce que nous avions anticipé, cette augmentation des prix du carburant, 100 euros pour 38 millions de Français, pour près de 4 milliards d'euros de dépenses. Je rappelle d'ailleurs au passage que tous ceux qui aujourd'hui nous disaient « Vous devriez faire ceci, vous devriez faire cela », j'entends les Républicains nous dire cela, mais ils avaient refusé l'indemnité inflation au Sénat. La majorité des Républicains au Sénat avaient refusé cette indemnité inflation. Nous nous avons anticipé, nous protégeons et nous restons évidemment très vigilants sur ces augmentations.
Vous n'envisagez pas de passer la TVA sur l'essence à 5,5 ? L'Europe commence à ouvrir la porte à cette possibilité, c'est-à-dire considérer l'essence comme un bien de première nécessité. Et je peux vous dire que ce matin sur RMC, ils étaient nombreux à montrer que c'était leur premier nécessité, ils n'ont pas le choix, ils n'ont pas d'alternative.
Bien sûr, mais vous savez, je suis élu dans le département de l'Eure. Donc je peux vous dire que depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, je suis alerté par tous ceux qui font 90 km aller, 90 km retour, parce qu'ils viennent de Danville, ils viennent de Nonancourt, ils viennent d'Evreux, ils viennent sur Paris, ils font l'aller-retour dans la journée, ils sont ruraux, ils n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture, ils n'ont pas d'autre choix que de faire le plein, et ça leur coûte très cher. C'est bien pour ça, une fois encore, que nous avions mis en place cet indemnité à inflation. Sur la baisse des taxes, je veux juste rappeler les chiffres.
Je mets les chiffres sur la table, on ne pourrait pas le faire uniquement pour l'essence, mais ça c'est un débat technique, c'est à nous de résoudre les problèmes techniques. Je donne juste les chiffres. 10 centimes d'euros de moins le litre, c'est-à-dire sur un plein de 50 litres, 5 euros en moins. C'est 5 milliards. C'est 5 milliards. Donc il faut bien mesurer les coûts que ça représente, ce que les Français vont percevoir, et le manque à gagner pour l'État, le manque à gagner pour les services publics, le manque à gagner pour tous les autres Français.
Précisément, vous dites le manque à gagner. En réalité, ce serait un moins gagné. C'est-à-dire que ces taxes sur les prix de l'essence, on l'a bien compris, c'est mécanique, c'est-à-dire que plus le prix de l'essence augmente, plus mécaniquement, ce que vous mettez, vous, dans la poche avec les taxes, forcément augmente. Donc il y aurait un peu moins d'augmentation de recettes.
Ceux qui nous disent que l'État se met de l'argent dans les poches quand il y a une crise énergétique, sont soit des ignorants, soit des menteurs. L'État perd beaucoup d'argent quand il y a une crise énergétique. D'abord, pour une première raison simple, c'est qu'il dépense beaucoup d'argent, plus que n'importe quel autre pays européen, pour protéger les Français. L'ensemble des mesures que j'ai indiquées, l'indemnité inflation, le chèque énergie que nous avons augmenté, je le rappelle, 100 euros de plus, ce que nous avons fait sur EDF, ce que nous faisons pour plafonner les prix du gaz, l'ensemble de ces mesures. La facture, 15 milliards d'euros pour l'État.
15 milliards d'euros pour l'État, qui ont déjà été dépensés, engagés, pour protéger les Français sur le gaz, sur l'électricité et sur l'essence. Est-ce qu'il faut faire plus ? Je vais être très clair avec vous, je ne ferme aucune porte. Bien entendu, depuis des mois, j'ai alerté sur l'augmentation des prix de l'énergie. Depuis des mois, avec le Président de la République, avec le Premier ministre, nous prenons des mesures qu'aucun autre pays européen n'a prises pour protéger les Français. Je vais continuer, comme je le fais tous les jours, à suivre les prix des carburants, les prix de l'essence, les prix du diesel, voir s'il y a des mesures complémentaires qui sont nécessaires.
Nous ajustons les dispositifs en permanence, mais aucun autre État, je le redis, depuis trois mois, n'a eu le courage de prendre des mesures aussi.
On vous a bien entendu, faut-il faire plus ? Je ne ferme aucune porte.
Bien entendu, parce que, je le redis, je vois à quel point ça pénalise les millions de Français obligés de prendre leur voiture, en particulier dans les territoires ruraux. Moi, je pense à une infirmière libérale qui fait des centaines de kilomètres dans la semaine, qui voit qu'elle ne gagne pas beaucoup plus et que ça lui coûte beaucoup plus de prendre sa voiture. Je peux vous dire que c'est des gens auxquels je pense tous les jours.
Et pour eux, les 100 euros, ils ont été vite dépensés. Vous parliez à l'instant de ce que vous aviez fait pour bloquer les prix de l'électricité. J'imagine bien que vous êtes pris en tenaille, parce que, d'un côté, je vous dis comment on fait pour baisser la facture des particuliers et de ceux qui doivent payer EDF. Et puis, de l'autre, vous avez les employés d'EDF qui sont très inquiets, finalement, parce qu'eux, ils le disent et ils menacent de faire un grève. Ils s'apprêtent à faire grève. Ils vous reprochent de faire perdre 8 milliards d'euros à EDF et donc d'organiser, je les cite, la destruction d'EDF.
Les salariés d'EDF n'ont aucune raison d'être inquiets. D'abord, parce que nous avons toujours soutenu EDF. Et je rappelle que là, les prix sont hauts. Mais enfin, quand les prix étaient bas, il y a un soutien financier qui a été apporté, 10 milliards d'euros de recapitalisation d'EDF qui a été apporté par l'État. Donc, lorsque les prix sont bas et que, du coup, c'est moins rentable pour EDF, l'État est aux côtés d'EDF.
Lorsque les prix sont élevés, bien sûr que c'est un choix politique qui est difficile à faire, celui que nous avons fait avec Emmanuel Macron et avec Jean Castex, mais ma responsabilité de ministre de l'Économie et des Finances, c'est de protéger des millions de Français contre cette augmentation de factures dont je vous ai parlé. Et je considère qu'à partir du moment où l'État a 85% du capital d'EDF, c'est une entreprise publique qui doit servir le public et répondre à un motif d'intérêt général. Et quand il faut prendre la décision, nous n'avons pas le bras qui tremble. Oui, il fallait protéger les Français. Mais je ne laisserai jamais tomber EDF.
Je ne laisserai jamais tomber des salariés. Et avec le président de la République comme avec le Premier ministre, nous avons déjà sur la table toutes les options qui doivent permettre de continuer. C'est quoi les options ? On ne va pas aujourd'hui détailler techniquement, mais je veux que les salariés entendent très clairement que d'une part, nous allons continuer à investir dans l'EDF puisque nous avons le projet de construction de nouveaux réacteurs nucléaires qui d'un point de vue stratégique est absolument décisif pour l'EDF.
c'est la décision prise par le président de la République et en deuxième lieu nous sommes aux côtés de cette grande entreprise publique qui fait la fierté des Français dont le dévouement des salariés fait la fierté des Français. Je veux que chacun des salariés d'EDF entende, nous ne vous laisserons jamais tomber. Et s'il y a des besoins, nous répondrons aux besoins d'EDF.
Un mot sur le pain parce qu'il y a quand même presque un dilemme quasi philosophique ou en tout cas économique et qui est sonnant et trébuchant. C'est cette question autour de la baguette à 29 centimes d'euros qui a été lancée par les centres Leclerc. Est-ce que vous dites oui, super, ça permet au plus modeste de pouvoir acheter des baguettes et d'en acheter plus ou est-ce que vous dites non parce que ça casse la concurrence et notamment vis-à-vis des artisans boulangers ?
Je dis que nous sommes un pays où il faut qu'il y en ait pour tout le monde et que chacun puisse avoir le choix. D'ailleurs, c'est la grande chance que nous avons de vivre dans un pays libre comme la France où les prix sont fixés librement et donc vous pouvez aller chez Leclerc acheter une baguette. Michel-Édouard Leclerc a dit que c'était 29 centimes le prix de la baguette chez Leclerc elle a toujours été entre 25 et 35 centimes donc dans le fond on n'a fait qu'une moyenne.
Le mois précédent elle était déjà à 30 centimes.
Donc tout ça n'est pas très éloigné de la réalité. Après, si vous avez envie de vous faire plaisir et d'aller acheter une baguette chez un artisan boulanger qui là aussi est un des éléments de notre culture et payer votre baguette de 90 ou 95 centimes vous avez la liberté de le faire. Donc je pense que ça ne pose pas de difficultés que le consommateur ait cette liberté d'aller soit chez un artisan boulanger il paiera un peu plus cher et il aura une baguette de très grande qualité soit aller chez Leclerc parce qu'il y a un petit problème de pouvoir d'achat qu'il doit acheter sa baguette 25 centimes.
Si on reste dans les supermarchés les autotests ils sont en vente aujourd'hui dans les supermarchés et officiellement ça devait s'arrêter le 31 janvier. Est-ce que vous poursuivrez cette possibilité ?
Ça c'est des décisions que nous prendrons en conseil de défense avec le Président de la République avec le ministre de la Santé je pense que c'était une bonne chose déjà qu'il soit dans les grandes surfaces.
Vous avez annoncé hier un peu de rab pour le quoi qu'il en coûte notamment pour le domaine de l'hôtellerie de la restauration de l'événementiel si je comprends bien s'ils ont perdu 30% de leur pouvoir d'achat alors l'État prendra en charge 20% des charges salariales qui, comment, sur quelle période comment ça va marcher ?
Ça va marcher sur les mois de décembre et de janvier quand vous regardez la situation économique globale de la France hier j'étais avec mes collègues ministres des finances de la zone euro et de l'Union Européenne la France est un des pays qui s'en sort le mieux vous avez un prix Nobel d'économie Paul Krugman qui vient de faire un grand article en une du New York Times un grand quotidien américain pour dire de tous les pays développés le pays qui s'en sort le mieux de cette crise économique c'est la France alors on le dit pour autant le New York Times d'habitude ne nous vante pas tellement donc en effet c'était à la une on le dit à la table du conseil des ministres des finances européens on dit chapeau bravo quelle croissance de l'emploi le taux d'emploi le plus élevé depuis 50 ans un million d'emplois créés en l'espace de 5 ans une réindustrialisation qui commence et puis quand vous êtes en France on a un peu plus de mal à être fier de ce que nous avons réalisé je ne le dis pas pour le gouvernement ou pour moi-même je le dis pour les salariés pour les entrepreneurs pour les investisseurs à qui on doit ce résultat chapeau et tant mieux pour la France mais il y a un certain nombre d'entreprises des restaurateurs des bars de l'événementiel des traiteurs qui ont encore des difficultés qui continuent de souffrir donc ma responsabilité c'est de les accompagner je suis là depuis le premier jour nous serons toujours là jusqu'au dernier jour pourquoi vous n'avez pas gardé
l'idée des 30% c'est-à-dire s'il y a 30% de moins de chiffre d'affaires vous prendriez en charge 30% de la masse salariale
parce qu'on veut un dispositif qui soit le plus précis possible et où chaque euro aille à ceux qui en ont réellement besoin donc ils ont maintenant l'activité partielle à 100% dès qu'ils perdent 65% de chiffre d'affaires ils ont la prise en charge des coûts fixes dès qu'ils perdent 50% de leur chiffre d'affaires et ça va être très rapide si l'indemnisation est de moins de 50 000 euros elle est quasiment automatique pour qu'il n'y ait pas de problème de trésorerie pour un hôtelier ou pour un restaurateur le Premier ministre a ajouté hier cette mesure très importante si vous ne perdez qu'une petite partie ceux qui vraiment ont un coup dur ils n'ont perdu que 30% de leur chiffre d'affaires ils auront droit à la prise en charge de leur masse salariale à hauteur de 20% et aujourd'hui c'est une décision importante c'est qu'elle est très attendue par des centaines de milliers de petits entrepreneurs de TPE de PME de restaurateurs aussi nous allons signer avec le gouverneur de la Banque de France avec la Fédération bancaire française un accord sur la possibilité de décaler le remboursement de son prêt garanti par l'Etat et d'étaler le remboursement il était fixé à 6 ans vous pourrez l'étaler jusqu'à 10 ans pour ceux qui sont le plus en difficulté donc ils vont pouvoir
étaler le remboursement
c'est très important ça c'est extrêmement important parce que je sais
vous commencez à avoir quand même le couteau sous la gorge
j'étais hier au téléphone avec un restaurateur de ma circonscription dans l'heure qui me disait voilà moi je vois arriver cette échéance de mois d'avril avec beaucoup d'inquiétude je sais que dans quelques mois ça ira beaucoup mieux mais là je suis le couteau sous la gorge je ne vais pas m'en sortir je dis tu vas t'adresser à la médiation du crédit tu vas montrer que tu as des perspectives de développement que tu ne peux pas rembourser tout de suite que tu demandes un décalage de 6 mois c'est pas automatique
il va falloir qu'il démonte
il faut qu'il le démonte il faut qu'il aille voir la médiation du crédit
ça veut dire que ceux qui vont bien vont avoir un étalage et ceux qui vont mal précisément ça va aller encore plus mal
mais ça n'ira pas plus mal pour ceux qui vont mal l'idée c'est de tendre la main à ceux qui ont fait les efforts de redressement qui ont des perspectives de redressement mais qui là sont effectivement le couteau sous la gorge et qui disent donnez-nous un peu d'air et bien nous allons leur donner l'air dont ils ont besoin
Un mot sur les taxis sur les boulangeries qui souffrent du télétravail là pour le coup et notamment alors les taxis ils vous appellent le matin sur AMC et ils vous disent que parfois ils sont en train d'attendre depuis plus de 2h30 aux gares et aux aéroports et qu'il ne se passe à rien est-ce que vous allez faire quelque chose pour eux ?
Moi je suis prêt à recevoir comme je le fais depuis maintenant 2 ans toutes les professions qui sont en difficulté je pense surtout que la meilleure protection ça a été rappelé d'ailleurs ça a été le pass sanitaire c'est-à-dire nous permettre de maintenir quand même un certain niveau d'activité 6 milliards d'euros qui ont été épargnés grâce à cela grâce au pass sanitaire qui a protégé l'activité
mais là leur difficulté c'est le télétravail c'est les conséquences du télétravail justement
du coup sortir le plus vite possible de l'épidémie c'est ce que nous arrivons à faire aujourd'hui nous aurons un conseil de défense très prochainement sortir le plus vite possible
du télétravail ? est-ce que je peux entendre ça un peu entre les lignes dans ce que vous dites
permettre à l'activité de revenir à la normale le plus vite possible voilà en gros je le vois dans votre regard
pour ceux qui nous écoutent
on en a tous marre de la pandémie on en a tous marre des contraintes que ça nous impose j'ai des enfants qui sont scolarisés je vois à quel point c'est compliqué c'est difficile pour tout le monde dans sa vie quotidienne on fait des projets puis on est obligé de les annuler c'est dur pour tout le monde et les français font preuve de beaucoup de force d'âme dans cette épreuve
est-ce que quand on voit quand même que finalement Omicron n'a pas des conséquences aussi dramatiques que l'on ne pouvait le craindre est-ce que vous ne vous dites pas bon on va quand même relever le plus vite possible cette obligation de télétravail pour les entreprises
nous verrons en conseil de défense ma position est constante il faut trouver le bon équilibre entre la protection sanitaire et la possibilité d'avoir une vie normale et je souhaite évidemment qu'on puisse revenir à la normale le plus vite possible
il aura lieu quand ce prochain conseil de défense vous avez déjà une date
je ne peux pas vous donner de date précise mais il aura lieu prochainement
il aura lieu prochainement un peu de politique parce que sur ces questions de pouvoir d'achat les autres partis les candidats font leur proposition proposition de Valérie Pécresse hier soir sur BFM TV pour le pouvoir d'achat elle propose de transformer les RTT en salaire pourquoi pas ?
j'ai écouté un certain nombre de propositions on a fait des propositions sur les carburants notamment sur le forfait réel qui ne sont pas inintéressantes et je pense que dans cette période là plutôt que de jouer la querelle politicienne il faut prendre toutes les bonnes idées d'où qu'elles viennent pour servir les français RTT, monnayées en salaire je ne l'ai pas étudiées ça peut d'abord exister pour certaines professions j'ai regardé en revanche la proposition qu'elle a faite parce que c'est le sujet qui me préoccupe le plus aujourd'hui sur l'indemnité le forfait kilométrique avec un barème où sur l'impôt sur le revenu vous pouvez déduire les frais que cela représente les frais réels pourquoi pas ?
vous voyez toutes les idées que j'entends qui me paraissent intéressantes ça c'est également
la proposition d'Éric Zemmour qui dit qu'il faut faire payer aux entreprises la moitié des frais kilométriques du trajet domicile-travail
en l'espèce ce serait l'état puisque ce serait une baisse de l'impôt sur le revenu alors ça ne concerne que ceux qui payent l'impôt sur le revenu c'est une proposition qui a été faite par Valérie Pécresse hier soir je ne la trouve pas inintéressante on va étudier on va la regarder moi je suis au service des français
et le fait que les entreprises puissent prendre une partie justement du kilométrage
il faut simplement faire attention à ne pas pénaliser une très petite entreprise du bâtiment ou des transports publics qui déjà elles doivent payer l'essence pour ces camions et qui est déjà pénalisée elles aussi par l'augmentation des carburants faisons très attention à ça et puis il y a des idées qui ne tiennent pas la route quand je vois que Marine Le Pen nous dit sur l'électricité qu'il aurait suffi de baisser la TVA et que notre solution n'est pas la bonne nous notre solution elle protège non seulement les français les ménages mais elle protège aussi les entreprises les petites entreprises les TPE les PME alors que la TVA je le rappelle à Madame Le Pen la TVA les entreprises ne payent pas de TVA sur l'électricité donc ça n'aurait pas protégé les entreprises
mais si je vous écoute les propositions de Valérie Pécresse il y en a un certain nombre où vous vous dites pourquoi pas vous pourriez à un moment vous savez on se dit est-ce qu'il y a tant de différences que ça entre une Valérie Pécresse aujourd'hui et vous qui étiez finalement son amie dans son parti il n'y a pas si longtemps
mais il y a très peu de différends je le dis depuis des mois ce que je considère depuis très longtemps je connais Valérie Pécresse c'est une candidate qui est tout à fait respectable je considère que quand vous regardez l'espace politique aujourd'hui il y a ceux qui prônent la décroissance très bien c'est pas c'est pas ma crèmerie mais ça existe et il y a des arguments pour le défendre je pense que c'est mauvais pour les français que ça conduira à l'appauvrissement des français mais c'est un espace politique il y a ceux qui expliquent que la seule solution se trouve dans le repli le nationalisme ça n'est pas non plus ma solution même si je crois à la nation française et puis il y a ceux qui défendent la politique que nous menons avec le président de la république bâtir une nouvelle croissance avec plus de prospérité et plus de respect de l'environnement et je vois pas très bien en quoi Valérie Pécresse se distingue de ce que nous défendons et surtout de ce que nous faisons avec le président de la république
Bruno Le Maire vous étiez où pour les vacances ou pour le réveillon ?
J'étais comme d'habitude au Pays Basque
Vous auriez pu aller à Ibiza ?
Pardon je trouve cette querelle injuste pour Jean-Michel Blanquer c'est quelqu'un qui depuis près de 5 ans maintenant s'est battu pour que l'école reste ouverte pendant la pandémie qui s'est battu pour la restauration des savoirs fondamentaux qui s'est battu pour le dédoublement des classes puis là il reconnaît lui-même une maladresse et tout le monde crie Haro sur le Baudet moi dans la fable de la fontaine Haro sur le Baudet ça m'a toujours profondément dégoûté cette fable est violente j'invite chacun à la relire pour voir comment peut fonctionner la cour la politique la vie publique française c'est pas très digne donc moi je défends Jean-Michel Blanquer je considère que c'est un grand ministre de l'éducation nationale qui fait très bien son travail et passons à autre chose parce que ce qui compte c'est l'avenir de notre système éducatif c'est l'avenir de nos enfants c'est pas de savoir où chaque ministre a passé ses vacances
et on reliera Haro sur le Baudet donc la fable de la fontaine Bruno Le Maire ministre de l'économie merci d'avoir répondu à mes questions sur RMC BFM TV il est 8h52 merci d'avoir regardé
Bruno Le Maire