Face à Face : Jordan Bardella - 18/02
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Jordan Bardella
Bonjour, merci pour votre invitation
Merci de répondre à mes questions dans ce studio ce matin Vous êtes le président du Rassemblement National Vous êtes député européen Président du groupe Patriote pour l'Europe au Parlement Européen Je voudrais d'ailleurs qu'on commence par parler d'Europe et par parler d'Ukraine Américains et Russes vont se réunir tout à l'heure à Riyad En Arabie Saoudite pour commencer à décider du sort de l'Ukraine Et peut-être même du sort de l'Europe Dans ce moment qui, d'après la présidente de la Commission Européenne, est un tournant Est-ce que vous êtes plutôt du côté d'Emmanuel Macron ou du côté de Donald Trump ?
L'infinie tristesse de la période que nous vivons C'est que la France n'existe plus aujourd'hui sur la scène internationale Et que ce conflit qui est pourtant aux portes de l'Europe Sur notre continent et qui engage directement depuis maintenant trois ans notre sécurité Et celle des nations européennes Va très certainement se régler entre Donald Trump, le président américain Et Vladimir Poutine Et le véritable risque qui pèse aujourd'hui sur notre diplomatie C'est le grand effacement de la France Qui n'est plus entendu dans le concert des nations D'abord je me réjouis qu'il puisse y avoir des négociations et des discussions
C'est quand même la France qui a réussi à réunir hier Ses voisins européens qui, en urgence, ont immédiatement répondu à l'invitation d'Emmanuel Macron à l'Elysée
Oui, ils vont se retrouver autour de la table Ils se sont retrouvés d'ailleurs ces dernières heures Mais ce que nous attendons et ce qu'attend le monde Et ce qu'attend à la fois le président ukrainien et j'imagine les diplomates C'était la diplomatie russe avec Vladimir Poutine à sa tête C'est évidemment la décision de Donald Trump Et le grand drame aujourd'hui c'est que nous sommes effacés des affaires du monde A commencer par les affaires qui se déroulent sur notre propre sol Et nous payons là non seulement l'affaissement de notre armée Des moyens qui ont été donnés pendant très longtemps à l'armée française L'affaissement de notre diplomatie qui n'est plus écoutée, qui n'est plus entendue Parce qu'elle n'est plus perçue comme une diplomatie indépendante, libre et non alignée Et que nous sommes aujourd'hui devenus le terrain de jeu des grandes puissances
Est-ce qu'on ne paye pas aussi l'affaissement de l'Union Européenne Qui ne parle plus d'une seule voix et qui donc ne pèse plus Entre effectivement un Donald Trump et un Vladimir Poutine ?
Il est illusoire de penser que l'Union Européenne peut parler d'une même voix A partir du moment où vous avez des stratégies diplomatiques Des intérêts qui sont parfois extrêmement divergents Il y a aujourd'hui sur le sol européen et dans l'Union Européenne Beaucoup d'États qui achètent du matériel américain Plutôt que d'acheter du matériel français Et l'ambition que nous avons portée nous pendant la campagne européenne Avec les patriotes justement pour l'Europe Dans tous les débats que nous avons eus C'est précisément la préférence européenne dans les marchés publics Pour faire en sorte que le premier acte du recouvrement de notre autonomie stratégique En France mais aussi dans toutes les nations d'Europe Soit d'être indépendant des puissances étrangères Regardez 80%
C'est quoi de différence ? C'est-à-dire que Jordan Bardella, vous dites la France a disparu du paysage Elle ne compte plus Vous au pouvoir, comment vous changeriez ça ?
D'abord depuis plusieurs mois nous avions réclamé que la France prenne l'initiative d'une conférence internationale pour la paix Voilà, parce que depuis très longtemps nous disons que l'issue de ce conflit Qui dure depuis maintenant trois ans Ne se situera pas, je dirais, sur un champ de bataille avec des armes Mais précisément autour d'une table Au travers de négociations et de discussions Le président ukrainien lui-même a indiqué que 2025 pourrait être une année Où cette guerre connaîtrait une issue diplomatique Donc premièrement la France aurait dû prendre l'initiative d'une conférence internationale pour la paix Deuxièmement, on doit se poser maintenant la question de notre souveraineté Et de notre autonomie stratégique, très clairement La France doit retrouver les moyens de sa grandeur sur le plan militaire Sur le plan de son armée, mais aussi sur le plan de la diplomatie Quand on voit que, pardon, quand on voit que le ministre des affaires étrangères, M.
Barrault Refuse de discuter avec M. Lavrov Le ministre des affaires étrangères russe Alors qu'il est à plat ventre devant le nouveau régime syrien Qui sont des héritiers d'Al-Qaïda et de Daesh Qu'il est d'une complaisance inouïe à l'égard de l'Algérie Et qu'on refuse de s'adresser à un pays qui est une puissance nucléaire Et qui est aujourd'hui en guerre aux portes de l'Europe On se dit que nous sommes extrêmement faibles, extrêmement naïfs Et dans le monde très dur et très troublé que nous allons vivre dans les prochaines années Les naïfs et les faibles seront systématiquement dévorés par les francs
Jordan Bardella, je vous posais la question Êtes-vous plutôt Trump ou Macron ? Au fond, dans votre réponse, vous êtes plutôt Trump C'est-à-dire que vous auriez voulu dialoguer avec les Russes et bien plus tôt C'est ce qui est en train de se jouer Je vous arrête d'ailleurs un instant Parce que je voudrais qu'on puisse regarder ces images Je vais les commenter bien sûr pour ceux qui nous écoutent sur RMC Ce que vous voyez là, ce sont les premières images de la rencontre Entre M. Roubio et M. Lavrov Les deux ministres des affaires étrangères Russes et américains Qui se retrouvent à Riyad En effet, on est bien loin de tout ça nous
Mais on n'est pas très loin Personne ne nous écoute Et en réalité, lorsque Emmanuel Macron, dans une démarche parfaitement louable Au début de ce conflit Enfin quelques jours d'ailleurs, pour être très précis Du déclenchement de la guerre Va à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine Vladimir Poutine ne perçoit pas Le président de la République française L'héritier du général de Gaulle Et des principes gaulliens C'est-à-dire l'héritier d'une diplomatie française Non alignée, libre et indépendante Il reçoit l'émissaire De la présidente de la Commission européenne D'Ursula von der Leyen
Mais il le reçoit
Oui mais pour quel impact Puisque la guerre a été déclenchée Quelques jours après Laurent parle à même La diplomatie française Et Emmanuel Macron Moi je me rappelle qu'il y a quelques années Lorsque le président Poutine A envoyé des troupes en Géorgie La France, c'était Nicolas Sarkozy à l'époque A obtenu un retrait partiel des troupes Monsieur Hollande Avec qui on a eu beaucoup de désaccords A obtenu les accords 2000 Qui n'ont jamais été appliqués Mais qui ont permis en tout cas De gagner du temps
Emmanuel Macron Il était aux côtés d'un galamère Quel ensemble il y avait été
Eh bien aujourd'hui La diplomatie française N'a rien obtenu Donc si on veut être de nouveau entendus Et de nouveau respectés Il faut non seulement Qu'on retrouve les moyens De notre défense Sur le plan militaire Il y a des efforts budgétaires Incontessables Qui ont été faits Ces dernières années Pour rehausser notre Moyen de défense Il faut continuer à faire plus Jusqu'à 3% du PIB
Est-ce que vous êtes d'ailleurs Pour que ce budget de la défense Ne soit pas compté Dans la question du déficit Les Allemands Pour la première fois Hier A la sortie de la rencontre A l'Elysée Olaf Scholz A dit qu'au fond Pour la première fois Il envisageait que La question des dépenses De défense Ne soit plus comptabilisée Dans les règles Budgétaires européennes Pour permettre Qu'il y ait un renforcement De ce budget
Mais ces règles budgétaires européennes Elles n'ont plus de sens Elles imposent aux Etats membres Un déficit de 3% du PIB On est à près de 6% De déficit du PIB Donc on voit bien Que ces règles européennes Qui ont été fixées Par les Européistes N'ont plus aucun sens Aujourd'hui
Elles n'ont plus aucun sens Et elles ne doivent pas Être respectées ?
Ou est-ce qu'elles n'ont plus ?
Non, je souhaite que Je veux bien une mesure très simple Depuis le déclenchement De la guerre en Ukraine 80% des hausses de budget Qui ont été mis en oeuvre Dans les différents Etats membres Pour financer le soutien à l'Ukraine L'ont été au profit De prestataires extra-européens Et essentiellement De prestataires américains Le premier geste De souveraineté Et de patriotisme économique Que devraient faire aujourd'hui Tous les chefs d'Etat De l'Union européenne C'est d'acheter du matériel européen Et moi je souhaite précisément Qu'on change les règles De fonctionnement De la concurrence Des marchés publics Pour faire en sorte que Ceux qui produisent Sur le sol européen Ceux qui produisent Notamment du matériel de défense Soit évidemment prioritaire Dans la commande juive C'est en partie le cas en France Ça doit l'être maintenant Au niveau européen
Est-ce que ces commandes Doivent également être menées En commun ? Est-ce qu'il faut éventuellement Envoyer des troupes européennes En Ukraine Pour maintenir la paix ? Les Anglais disent pourquoi pas Les Suédois disent pourquoi pas Les Allemands Les Espagnols Les Polonais Se disent beaucoup plus réservés On n'a pas entendu Pour l'instant La décision d'Emmanuel Macron Là-dessus Qu'en pensez-vous ? Donc les Britanniques
Veulent aller faire une guerre Qui va peut-être se terminer Dans quelques semaines
Pas faire une guerre L'idée c'est de pouvoir Être une force De maintien de la paix Si une paix est obtenue
Alors la France A des engagements Aujourd'hui A l'est de l'Europe Notamment auprès des Balkans Et assure la sécurité Notamment de l'espace aérien D'un certain nombre de pays Ce sont des missions Qui sont dans le cadre Autant Ces missions doivent évidemment Se poursuivre On a des troupes françaises Qui sont également présentes En Roumanie Et là c'est l'honneur De la France aussi Que de se faire respecter Par une présence Qui est une présence En termes de base militaire A l'étranger Mais je suis totalement opposé A ce qu'on envoie évidemment Des troupes sur le front ukrainien C'était une proposition Du président de la République D'Emmanuel Macron Il y a quelques mois Il avait je crois Isolé la France Sur la scène européenne Par cette proposition Et si vous vous interrogez Les français Je crois que les français Ne sont pas favorables A ce qu'on envoie nos soldats Sur le front ukrainien Face encore une fois A une puissance La Russie Qui est une puissance nucléaire Et j'ai dit depuis le début De ce conflit Que la plus grande menace Qui pesait aujourd'hui Sur la sécurité de l'Europe Serait de se retrouver Dans une situation De face à face Avec une puissance nucléaire Considérant que nous sommes Nous-mêmes
Une puissance nucléaire Alors que ces discussions Sont donc en cours En ce moment même Il y a aussi ceux Qui n'étaient pas invités hier Victor Orban N'était pas invité à l'Elysée Il parle de dirigeant européen Frustré, pro-guerre, anti-Trump Au fond il a un peu Le même discours que Sergei Lavrov Qui accuse l'Europe De vouloir je cite Continuer la guerre Est-ce que vous partagez Les propos de Victor Orban ?
Victor Orban est un dirigeant Qui est aujourd'hui Aux portes du conflit Et donc évidemment Il a un regard peut-être Beaucoup plus alerte Que le regard que nous portons Nous à trois heures de vol De Kiev Mais ce qui est certain C'est qu'il ne peut y avoir Aujourd'hui d'issue A ce conflit par les armes Et qu'il est nécessaire A un moment donné Et c'est la priorité Des priorités De faire taire les armes De se mettre autour de la table Pour négocier la paix Et encore une fois Le drame infini De notre diplomatie Aujourd'hui C'est que nous n'avons plus La main là-dessus Mais on voit bien Que depuis l'élection de Trump En réalité c'est un véritable Défi civilisationnel Qui se pose à la France Et à l'Europe Exister ou disparaître On a là un continent Qui sur le plan diplomatique Sur le plan économique Va repartir de l'avant Reprendre un leadership Dans le monde Et pendant ce temps-là On a un peu le sentiment Que nous mourrons
Vous vous rendrez aux Etats-Unis A la fin de la semaine Me semble-t-il
Je serai à Washington En fin de semaine
Vous serez à Washington Invité par la convention Des conservateurs américains Est-ce que vous estimez Que Donald Trump Est un modèle ?
Non en tout cas Je respecte son patriotisme Et je respecte sa volonté De défendre les intérêts De l'Amérique d'abord Maintenant les intérêts De l'Amérique Ne sont pas les intérêts De la France Ce ne sont pas les intérêts Des nations européennes Et moi je souhaite Que demain à la tête de l'Etat On puisse être capable De défendre nos intérêts Comme font toutes les grandes puissances Du monde Et je vais vous dire Il y a un véritable risque Aujourd'hui De décrochage de la France Et des économies De l'Union européenne Quand on voit que L'Amérique soutient Une politique en faveur Des entreprises A une électricité Deux fois moins chère Que nous n'en avons une Sur le sol européen C'est pas tout à fait
Votre politique européenne Votre politique économique
Déploie massivement Des efforts Dans l'intelligence artificielle Dans les nouvelles technologies Attire les entreprises Et on voit que A côté de cela Nous continuons de faire preuve D'une naïveté commerciale Notamment en refusant De mettre des droits de douane Lorsque nous subissons Une concurrence internationale déloyale Et on mène une politique Sous l'influence Du nouveau ministre De l'économie Depuis quelques semaines Qui est une politique Résolument hostile A la croissance Et aux entreprises Pour vous C'est une politique Aujourd'hui Qui est hostile
Aux entreprises Qui est menée Par Éric Lombard Et par François Bayrou
Je pense qu'ils ont cédé Aux lubies décroissants Aux lubies décroissantistes De la gauche Et en tout cas La France est en train De devenir aujourd'hui Le pays de l'impôt Le pays de la réglementation Et aujourd'hui Moi j'ai entendu Le cri d'alarme Il y a quelques jours De Bernard Arnault Et comme j'entends Depuis des années Le cri d'alarme Des petits patrons français Il a raison Il a raison Bernard Arnault Écoutez Quand du plus petit boulanger De la Marne Jusqu'à Bernard Arnault Un dirigeant d'entreprise C'est-à-dire quelqu'un Qui prend des risques Qui entreprend Qui investit Qui se lève parfois Très très tôt Bien avant ses salariés Et qui vient dire Aujourd'hui C'est un enfer A la fois fiscal Et normatif De travailler Et d'investir En France On ne peut pas être Sourd à ce cri d'alarme Lorsque madame Le ministre de l'économie Monsieur Lombard Vient demander Aux entreprises françaises D'accepter d'être Moins rentables Bah écoutez Je pense qu'effectivement En fait il leur demande C'est quand même marrant
Parce qu'il leur demande D'être patriote C'est d'ailleurs l'argument Qu'il a eu Éric Lombard Il dit Au fond Tout le monde doit serrer la ceinture Parce que la France Traverse un moment difficile De son économie De ses déficits Et donc les patrons Doivent eux aussi être patriotes
Mais les patrons Doivent évidemment être patriotes Mais voyez bien là Qu'à partir du moment On a une croissance quasi nulle Quand les américains Ont à près de 3% de croissance A la fin de l'année 2023 Quand on a 66 000 défaillances D'entreprises L'an dernier
Emmanuel Macron Son ministre de l'économie Mais Emmanuel Macron aussi Lui-même Qui dimanche dernier Au micro de nos confrères De France 2 A parlé aussi De patriotisme De la part des entrepreneurs Lorsqu'il leur demandait Lorsqu'il leur demandait d'être patriotes
Il est patriote Il est patriote M.Lombard
Ça ne vous fait pas vibrer
Mais pas du tout M.Lombard il est patriote Quand il demande A des chefs d'entreprises français A des dirigeants d'entreprises De TPE, PME Y compris d'ailleurs A des plus grandes entreprises Qui font aussi la fierté de la France En Europe et partout dans le monde De moins produire Quand on a aujourd'hui Toutes les grandes puissances Qui font massivement Du patriotisme économique Si vous voyez Le patriotisme économique C'est un acte d'amour A l'égard des siens A l'égard de ceux Qui produisent sur notre sol Donc quand on dit patriotisme Ça ne doit pas correspondre à des mots Ça doit correspondre à des actes Et moi je crois Qu'il faut non seulement Protéger nos marchés Et nos filières Par des droits de douane Lorsqu'on subit Une concurrence déloyale Il faut faire en sorte Que ceux qui produisent Sur notre sol Puissent avoir une priorité d'accès Dans les marchés publics Et il faut surtout Je dirais Organiser ce vent de liberté Aujourd'hui sur la croissance Nos entreprises puissent retrouver De l'oxygène Je veux dire Quand vous êtes aujourd'hui Un dirigeant d'entreprise en France Que vous subissez Des heures et des heures De paperasse Que vous êtes contraint D'appliquer des nouvelles normes Qui viennent en grande partie Du Parlement européen Qui sont inspirés De l'écologie punitive Alors que la France Est responsable de 0,6% Des émissions de CO2 Dans le monde Et bien là On a le sentiment Qu'entre la croissance Et la décroissance Ce gouvernement De Bayrou à Retailleau En passant par l'en bas Ils font le choix De la décroissance Et ils font le choix Non seulement de moins produire Mais ils font surtout le choix Et ça c'est impardonnable De remettre notre souveraineté Dans les mains D'autres états Parce que si on produit moins En France On sera demain Dépendant de puissances étrangères Et moi je ne veux pas Que la France devienne Le vassal des Etats-Unis D'Amérique De la Russie Ou de toute autre puissance
Jordan Bardella Vous avez entendu les propos De J.D.
Vance Le vice-président américain Vous avez vous-même Signé ce matin Une tribune Dans le journal Valeurs Actuelles Où vous dites La France vit Une période inquiétante Pour la liberté d'expression Et moi je me dis Qu'il faudrait savoir Parce que le PS Estime que c'est exactement L'inverse Et qu'au fond Vous avez Vous le Rassemblement National Gagné Une sorte d'emprise morale Que c'est d'ailleurs L'objet de sa motion De censure demain A l'Assemblée Le Premier ministre N'a fait que reprendre Les mots funestes De Jean-Marie Le Pen Que désormais L'extrême droite Qui est un ennemi mortel De la République Dit Olivier Faure A gagné Parce que le gouvernement Cède à ses passions tristes En offrant Je cite Des victoires culturelles Inédites Au Rassemblement National Qu'il est censé combattre Alors on comprend bien du coup Pourquoi vous n'allez pas voter Cette motion de censure Mais sur le fond Ils disent que vous avez gagné La bataille morale Vous qui dites au contraire Que vous auriez perdu Celle de la liberté d'expression
Je ne sais pas où vit M.
Faure Mais il y a des millions de français Qui ne reconnaissent plus leur pays Il y a des millions de français Qui sont extrêmement inquiets De voir les gouvernements successifs Battre année après année Tous les records d'immigration Au point qu'ils ont parfois Le sentiment Dans d'innombrables quartiers de France De se sentir étrangers Dans leur propre pays Et c'est vrai Y compris d'ailleurs Pour des français issus de l'immigration Qui sont arrivés en France Et qui ont fait un effort exigeant De devenir français De vivre à la française De respecter la police De respecter nos institutions De respecter notre langue Et qui aujourd'hui Ont le sentiment Que les générations qui arrivent Sont un petit peu dispensées De cet effort On a encore battu cette année Un record de délivrance De titres de séjour légaux Et on continue avec Des pompes aspirantes De l'immigration
Mais quand vous avez Un ministre de l'Intérieur Qui dit qu'il faut remettre en cause Le droit du sol Quand vous avez un ministre de la justice Qui partage également ses propos Au fond On peut non seulement dire Que ses propos peuvent s'exprimer Mais qu'ils s'expriment même Au plus haut sommet de l'Etat
Non mais On va rembobiner un petit peu Vous m'avez interrogé sur le discours
On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de liberté De dire ces choses-là
Je viens vous dire Que la liberté d'expression Recule chaque année davantage Dans notre pays Et lorsque le vice-président américain Pointe du doigt Le recul des libertés d'expression Dans toutes les sociétés européennes Où la question de l'immigration Est systématiquement ostracisée Pointée du doigt
Vous avez l'impression Qu'on n'en parle pas de l'immigration ?
Mais madame Il n'y a pas Non mais J'ai l'impression qu'on ne parle que de ça Mais madame Non mais je veux dire
Après
Ce que je veux dire C'est qu'en tout cas
On ne peut pas dire qu'on n'en parle pas
Mais il y a une dérive Vous voyez Il y a une dérive Lorsque par exemple On ferme une chaîne de télévision Qui est la première chaîne Vous parlez de C8 j'imagine On peut partager les opinions Qui sont exprimées sur C8 On peut ne pas les partager Ce n'est pas mon sujet Mais quand vous avez La première chaîne de la TNT Qui est fermée Après un harcèlement ciblé Des militants Et des associations de gauche Qui subit Des décisions Administratives très strictes De la part d'une autorité Qui se dit indépendante L'ARCOM Et qui fait en réalité De la politique Oui on a le sentiment Que la liberté d'expression recule
Pour vous l'ARCOM a fait de la politique ?
Oui bien sûr L'ARCOM fait de la politique Lorsqu'il y a dans notre pays Et allons sur le terrain Un enseignant sur deux Qui s'auto-censure dans les classes A cause des pressions Qui sont exercées Par les fondamentalistes islamistes Il y a quand même un petit lien Avec la politique d'immigration Menée en France Depuis 30 ans Il y a un recul De la liberté d'expression Lorsqu'on se pose tous la question Dix ans après Les ignobles attaques Qui ont visé la rédaction De vos confrères de Charlie Hebdo Si aujourd'hui Encore un journal Ou un média Aurait le courage Je mets des guillemets De publier à nouveau Ces caricatures Il y a évidemment Un recul de la liberté d'expression Charlie Hebdo le fait Oui la liberté Et ils sont très courageux Mais la liberté d'expression Ils le font Dans un Dans des bureaux Qui sont extrêmement sécurisés Dont on ne connait pas l'adresse Donc oui Il y a un recul De la liberté d'expression Aujourd'hui en France Et on a un peu Le sentiment Que la gauche Qui exerce une pression Totalitaire aujourd'hui Sur le débat public Est un peu gênée Voir dérangée Lorsqu'il y a le moindre Rééquilibrage Dans l'espace public Regardez Cet appel à quitter X De quelques dirigeants De gauche Au motif Qu'il y a un rééquilibrage Ils sont libres de le faire Mais ils sont libres De tout faire Et la grandeur de la France Est permettre précisément A madame Rousseau De se désinscrire De X Mais il faut aussi accepter Qu'il y ait des opinions Différentes Et moi je considère Que la critique Que formulent aujourd'hui Beaucoup de nos compatriotes A l'égard de la politique D'immigration massive Et anarchique Qui est menée aujourd'hui En France Dans les villes Mais aussi dans nos campagnes Relève effectivement D'une liberté Qui est une liberté d'opinion Et il faut arrêter De pointer du doigt A chaque fois Tel ou tel Parce qu'il se sent Menacé Par ce changement De culture Qui impose la politique D'immigration
Vous dites Avec les électeurs de droite Je partage l'essentiel Laurent Wauquiez lui dit Je ne considère pas Qu'il faille un cordon sanitaire Avec le RN Et ce qui le retient Dit-il de nouer Une alliance avec vous C'est je cite Parce que je n'ai pas Les mêmes idées Sur l'économie S'il ne reste que l'économie Qui vous différencie Vous et Laurent Wauquiez Au fond Est-ce que vous envisagez De pouvoir faire des alliances A l'avenir ?
Mais je crois que Monsieur Wauquiez Ne le souhaite pas Lorsque Éric Ciotti Le président des Républicains Il y a quelques mois A pris la décision courageuse De me rejoindre Dans le cadre D'une coalition électorale Aux élections législatives De s'associer Au Rassemblement National Et à Marine Le Pen Laurent Wauquiez Il est resté extrêmement Mieux La réalité c'est que Laurent Wauquiez Il est très gêné De l'exposition De Bruno Retailleau Et qu'il essaie De faire du bruit Et qu'il essaie De faire de la mousse Pour exister un peu Et vous vous êtes gêné
Par la montée de Bruno Retailleau ?
Non moi je ne suis pas gêné Parce que En fait ce qui me gêne Et ce que je trouve Assez malsain C'est de faire croire Aux Français Qu'on peut agir Parce qu'on dit Voilà Or M. Retailleau Il est assis Chaque mercredi En Conseil des Ministres Entre des socialistes Et des macronistes Qui continuent à mener Une politique Toujours plus laxiste A l'égard de l'insécurité Et toujours plus ouverte A l'égard de l'immigration Il faut commencer A faire le compte Des annonces Qui ont été faites Par M.
Retailleau Le référendum sur l'immigration Il n'y aura pas de référendum Sur l'immigration L'interdiction du voile Pour les accompagnatrices Scolaires Il n'y aura pas D'interdiction du voile Pour les accompagnatrices scolaires La suppression du droit du sol J'ai entendu Manuel Valls Ministre du gouvernement Indiquer qu'il n'y aurait pas De suppression totale Du droit du sol Donc vous voyez Il y a la parole Et puis il y a les actes Et je trouve que sur ces sujets Qui sont extrêmement prégnants Pour des millions de français De faire croire qu'on agit Quand on n'agit pas Je trouve ça Assez malsain Et assez dérangeant
Merci Jordan Bardella D'avoir répondu à mes questions Président du Rassemblement national Député européen Il est 8h53 Sur RMC et BFL TV
Jordan Bardella