Salon de l'Agriculture, sécheresse et militante écologiste aux César... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Sandra Regol
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France Info Bonjour Sandra Regol. Bonjour. On va beaucoup parler d'agriculture, bien sûr, l'ouverture du Salon de l'agriculture aujourd'hui. Un mot d'abord de ce qui s'est passé hier soir lors de la cérémonie des Césars. Une militante qui surgit sur scène avec un t-shirt sur lequel il est écrit en anglais « Il ne nous reste plus que 761 jours ». Une allusion à un rapport du GIEC qui nous dit qu'il faut agir avant 2025 pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Vous, vous avez beaucoup milité dans votre jeunesse. Et c'est ce que vous trouvez que... Encore aujourd'hui. Et encore aujourd'hui, bien sûr, mais avec ce type au-delà de la politique, c'est ce que je voulais dire.
En quoi ce genre d'action est utile ?
Elle montre surtout qu'on a une jeunesse qui est aujourd'hui désespérée par rapport à l'inaction de ses représentants politiques et j'ai envie de dire aussi économiques et qui utilise tous les moyens possibles pour alerter l'attention du grand public sur ce qui est en train de se passer. On pense que c'est une bonne façon de militer ou que c'est une mauvaise façon de militer, peu importe. Vous pensez que c'est efficace ? Alors, je ne sais pas. En tout cas, ce qui compte, c'est qu'aujourd'hui, il y a toute une partie de la jeunesse qui n'a pas d'autre façon de faire parler de ce défi du siècle que de faire ça.
Et ça devrait nous interroger sur notre capacité, nous, société, à les accompagner dans leur combat. Sandra Regol, vous êtes fille de vigneron. Pendant dix jours, les politiques vont défiler au salon de l'agriculture. A quoi ça sert ? C'est une bonne question. C'est vrai qu'on aimerait qu'il soit plus souvent au chevet des paysans parce qu'aujourd'hui, la paysannerie, l'agriculture, c'est le plus grand plan social de France. On était à 20-30% de la population active à la fin des années 50. Aujourd'hui, on est en dessous de 2% de la population active et avec des inégalités sociales terribles.
C'est-à-dire qu'on a, je crois, quasiment un quart des paysans qui vivent en dessous du seuil de pauvreté pendant que d'autres vivent très bien. Le salon de l'agriculture, c'est la belle vitrine. C'est celles et ceux qui arrivent à bien s'en sortir. C'est l'excellence, c'est ce qui est très très beau. Mais à côté de ça, il y a une réalité qui est que les pouvoirs publics ne font pas grand-chose pour l'ensemble des paysans. Et ça, c'est un problème. Emmanuel Macron avait passé 14 heures. Vous en pensez quoi ? Il y a un petit concours entre hommes politiques de celui qui passera le plus longtemps. Je ne sais pas si c'est ce qui qualifie la meilleure façon de travailler pour les paysans.
En tout cas, ça a l'air d'être un grand concours entre président et représentant politique au fil des années. Moi, je préférerais que leur concours ce soit d'assister les paysans dans les transitions nécessaires aujourd'hui. On est en pleine sécheresse historique, une sécheresse en plein hiver. Et donc, on doit repenser l'agriculture parce que l'agriculture aujourd'hui n'est pas celle d'hier et ne sera pas celle de demain. Et si on n'agit pas, ça va devenir dramatique pour les personnes concernées.
Mais quand même, la patronne de votre parti, Marie-Thondelier, va aller au salon de l'agriculture ?
Oui, moi aussi probablement. D'ailleurs, j'encourage beaucoup de gens à y aller. Mais c'est très très agréable, le salon de l'agriculture. C'est l'occasion d'explorer nos terroirs d'un point de vue gustatif et puis de soutenir aussi celles et ceux qui les font vivre. La relation entre les écolos et les agriculteurs, elle est souvent compliquée. Voilà ce que disait Christiane Lambert, la présidente de la FDSEA, le principal syndicat agricole. C'était hier chez nos confrères de BFM.
Pour manger les produits français, pour maintenir cette souveraineté alimentaire, il faut accepter d'avoir des élevages qui se construisent et qui se modernisent, des réserves d'eau qui permettent d'irriguer, des produits phytosanitaires pour traiter les plantes et qu'on n'ait pas nous des interdictions là où les autres pays peuvent les utiliser. L'agriculture française dévisse. Elle n'est pas en expansion, elle est en régression.
Alors, phytosanitaire, réserve d'eau, tout ça, vous vous battez contre. Les écologistes et le monde agricole sont deux mondes irréconciliables ? Alors, si les écologistes sont en problème avec un monde agricole, ce n'est certainement pas celui des paysans, certainement pas celui des agricultrices et des agriculteurs, mais très certainement celui de l'industrie agricole qui n'est pas du tout la même chose. Et donc peut-être, la FNSEA est une des grandes représentantes, fort heureusement. Toutes les personnes qui sont à la FNSEA ne sont pas dans ce domaine-là. Mais si vous me laissez juste terminer...
Énormément d'agriculteurs sont dans ce modèle aujourd'hui. Ont investi, sont dans ce modèle, sont tenus par beaucoup d'investissements. Donc ils sont dans cette réalité.
Ceux qui vivent le mieux des aides publiques sont effectivement dans ce modèle industriel, oui.
Mais c'est beaucoup d'agriculteurs en France.
Alors, c'est beaucoup d'argent, mais ce n'est pas beaucoup de personnes. En revanche, les personnes qui essayent de travailler en plaisir, c'est-à-dire d'avoir du plaisir dans leur activité, comme on avait montré sur la chaîne France Info TV, il y a quelques instants, des gens qui respectent la nature, qui essayent de respecter leurs élevages, qui essayent de faire mieux que ce qui est ailleurs, eh bien ces personnes-là ne sont pas aidées. C'est-à-dire, le grand problème aujourd'hui, c'est que la France, le gouvernement d'Emmanuel Macron, a choisi de financer très largement, c'est-à-dire de mettre sous perfusion, l'industrie agricole, au détriment des agriculteurs et des paysans.
Et ça, ce n'est pas normal, parce que c'est nous qui le payons, c'est notre alimentation qui en souffre. Et juste, je finis là-dessus, ça veut dire qu'on jette 20% de ce qu'on produit et qu'on exporte une grande partie de ce qu'on produit, parce que ce n'est pas fait pour nous nourrir, c'est fait pour exporter, pour nourrir des animaux, pour nourrir autre chose. Et pendant le temps, on fait venir, en gros, 50% de nos fruits et légumes. Est-ce que tout ça est bien normal ? Je pense que non. Et d'ailleurs, le bilan que fait la FNSEA est très juste. Ces politiques publiques conduisent l'agriculture à sa perte et c'est pour ça qu'on est contre.
Mais à partir de quel moment vous jugez, par exemple, qu'un éleveur ne respecte pas son élevage ? Vous avez employé cette expression. À partir de quelle taille d'exploitation ? À partir de quelles pratiques cela vous gêne ? Je ne sais pas, un agriculteur qui n'est pas en bio, par exemple, qui produit lui-même son fourrage, les céréales pour nourrir son élevage, une centaine de vaches, par exemple,
c'est une taille assez standard.
Lui, c'est un agriculteur qui ne respecte pas ses bêtes, par exemple ?
Pas du tout. Alors moi, je ne délivre pas des bons et des mauvais points. Ce n'est pas mon rôle. Il y a des gens qui travaillent et qui font les choses bien. En revanche, le problème, c'est le système dans lequel ils s'inscrivent. Vous aviez tout à l'heure un agriculteur qui n'est pas du tout en bio, qui témoignait, qui est une star des réseaux sociaux, qui n'est pas vraiment fan des écolos ni de ce que je raconte. Et pourtant, je vais vous en dire du bien parce que ce qu'il dit est très réel. Il dit les produits chimiques qu'on est contraints d'utiliser,
parfois aussi. Ce n'est pas que de la contrainte.
Parce qu'il n'a pas le choix. Ça fait 50 ans qu'on a appauvri nos terres. 50 ans qu'on a laissé nos capacités, nos savoir-faire locaux tomber en désuétude. Alors oui, aujourd'hui, sa seule possibilité, c'est d'utiliser ces produits phytosanitaires. Il le dit très bien. C'est extrêmement cher. On a développé une dépendance aux industries pétrochimiques qui aujourd'hui contraint les agriculteurs à des dépenses permanentes. Ça, on est en capacité de le casser aujourd'hui si on accompagne ces agriculteurs et il le dit très bien. Le bio, c'est bien. Autre chose, c'est bien aussi. Mais ce qui compte, c'est comment est-ce qu'on accompagne tout ça pour nourrir bien la population française.
On va voir dans un instant comment est-ce que vous comptez, vous écologistes, pouvoir donner ce choix aux agriculteurs. Ce n'est pas toujours simple. On va voir quelles sont les solutions que vous mettez sur la table. Ce sera juste après le fil info. 8h40, Diane Ferschit.
La fronde des joueuses de l'équipe de France de football. Trois joueuses majeures qui annoncent se mettre en retrait face au management de la sélection. Les filles ont la boule au ventre. Elles n'ont pas envie d'aller en équipe de France. Réagit sur France Info, l'ancienne joueuse des Bleus. Candice Prévost, la Fédération française de football estime quant à elle qu'aucune individualité n'est au-dessus de l'institution. Le salon de l'agriculture ouvre ses portes ce matin à Paris. Après une brève apparition l'an dernier à cause de la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron va cette fois rester toute la journée auprès du monde rural parmi les sujets qu'il doit aborder.
La pêche, mais aussi la sécheresse ou encore les pesticides. Une semaine après son éviction du poste de numéro 2 des Républicains, Aurélien Pradier, prend la parole. Il dénonce une décision injuste. Mais je ne répondrai pas à la division par la division, assure le député du Lot. Près de trois semaines après le séissement en Turquie et en Syrie, le bilan s'alourdit encore davantage. Plus de 50 000 morts des dizaines de villes et de villages sont en ruine. France Info
Le 8.30 France Info Julie Marie Lecomte Jules Dekis
Sandra Regol, un grand problème pour les agriculteurs, pas seulement d'ailleurs, mais un problème pour les agriculteurs, c'est la sécheresse. 32 jours sans pluie entre le 21 janvier et le 21 février. C'est inédit. Si vous étiez au pouvoir, vous les écologistes, quelles mesures prendriez-vous ? C'est plus qu'inédit, c'est historique. En fait, une sécheresse en plein univers, c'est historique. Ça fait 10 ans qu'on l'a prédit, cette sécheresse. C'est un peu le problème, c'est que les écologistes, on joue les cassandres à notre corps défendant. On prévient de ce qui va se passer parce qu'on s'appuie sur la science.
Ça fait 10 ans que les hydrologues expliquent qu'on ne va plus avoir d'eau en France. Cet été, c'était 700 communes qui n'avaient plus accès à de l'eau potable de façon normale. C'était plus de 150 communes qui n'avaient plus du tout accès à de l'eau potable. C'est l'ensemble des départements de France qui n'étaient pas correctement irrigués. On est en plein dedans. Alors là, vous me dites, ça fait 20 ans qu'on fait n'importe quoi. Qu'est-ce que vous faites pour tout réparer ? J'ai envie de vous dire qu'une fois qu'on a tout brisé, c'est beaucoup plus compliqué de réparer. Cependant, il y a des mesures à prendre. Je ne sais pas, là, le président Macron nous propose de relancer le nucléaire.
Vous savez comment est-ce qu'on refroidit les centrales nucléaires ? Avec de l'eau. Avec de l'eau. Vous savez pourquoi est-ce qu'en été, quand il y a une canicule, on a du mal à faire fonctionner ces centrales nucléaires ?
Parce que l'eau est trop chaude pour refroidir.
Parce que l'eau est trop chaude. Là, on n'a pas assez d'eau et on nous propose en prime de relancer encore plus de centrales pour utiliser encore plus d'eau. Les mesures du gouvernement qui doit annoncer dans les prochains jours un plan anti-sécheresse. Soft, pour reprendre les mots employés sur ce même plateau. Soft, bêcheux de la transition écologique. Restreindre, notamment l'accès à l'eau toute l'année, pas seulement sur des périodes réduites, précises, comme on en a l'habitude, notamment l'été. Est-ce qu'on peut juste parler de pragmatisme ? L'eau, on la gaspille. On la gaspille dans des golfs. Est-ce qu'on a vraiment besoin d'arroser en permanence ?
Vous êtes pour des restrictions ciblées sur un certain nombre d'acteurs ? Moi, je suis, comme les écologistes, pour qu'on applique le pragmatisme dans la gestion de nos ressources. On sait que l'eau est une ressource qui n'est pas infinie. Gérons-la avec parcimonie. Essayons de réutiliser beaucoup plus les eaux usées qui aujourd'hui sont retraitées mais pas utilisées, par exemple, pour nettoyer nos villes.
Christophe Béchut le propose, le ministre.
Oui, mais il serait temps. Il serait temps. Encore une fois, les chiffres sont sur la table depuis des années. Oui, il faut attendre à chaque fois qu'il y ait une crise majeure pour que nos gouvernements disent « Ah ben, peut-être on pourrait agir avec des solutions qui sont sur la table depuis 10 ans. » Vous comprenez que je sois un peu énervée parce qu'on aurait pu éviter cette crise. On aurait pu éviter d'avoir aujourd'hui des guerres de l'eau dans le sud de la France. Je pense notamment aux Deux-Sèvres où les bassines opposent des agriculteurs qui ont des cultures qui nécessitent de l'eau parce qu'elles ne sont pas des cultures adaptées au sol.
Se battre pour privatiser de l'eau au détriment du reste de la population. Il dit moins 10% du volume d'eau prélevée dans les sous-sols d'ici la fin du quinquennat. C'est un bon objectif ? C'est un objectif minimum. Il faut aller beaucoup plus loin. Oui, il faut repenser nos usages de l'eau. Il y a des villes, par exemple Grenoble, où il y a des habitations où l'eau usée des douches est réutilisée pour les toilettes. Ça paraît très logique, non ? D'avoir de l'eau un petit peu usée par la douche pour utiliser, par exemple, pour l'évacuation des toilettes ? Pourquoi est-ce que ces solutions ne sont qu'à titre expérimental et ne vont pas plus loin aujourd'hui ?
Pourquoi est-ce qu'on continue à gaspiller l'eau qui est la ressource nécessaire, vitale pour l'ensemble de l'espèce humaine et pour l'ensemble du vivant ? Tout ça paraît vraiment basique. Je pense qu'on apprend ça à l'école primaire aux enfants.
Et notamment pour l'agriculture, évidemment, ressources essentielles. Vous avez parlé du cas des bassines. C'est un sujet de clivage aujourd'hui à Sainte-Soline, en l'occurrence, une bassine qui a fait beaucoup parler d'elle. Les travaux ont repris, manifestations, beaucoup de responsables de votre partie étaient présents. Là, qu'est-ce que vous dites à tous les agriculteurs, les agents locaux qui ont fait émerger une forme de consensus ? Pas général, mais ils se sont mis d'accord en tout cas pour faire aboutir ce projet. Et là, vous venez leur dire non, ce n'est pas ce qu'il faut faire. Alors qu'eux vous disent c'est bien utile.
L'argument de Massu, c'était de dire...
On puise dans les nappes et on récupère l'eau de pluie.
On puise pendant l'hiver parce qu'il y a beaucoup d'eau et puis en gros, il y en a trop. Là, cet hiver, il n'y a même pas assez d'eau.
À partir d'un certain niveau de nappes.
Cet hiver, il n'y a pas assez d'eau. Ce n'est pas moi qui dis que ça ne fonctionne pas. C'est la nature qui dit ce que vous êtes en train de faire. Ça casse le cycle de l'eau et donc ça appauvrit à chaque fois un peu plus. Et vous savez quoi ?
Une solution dépassée en fait.
Mais oui, il y a d'autres pays où on l'a fait, l'Espagne par exemple, et ça n'aide pas. Tous les spécialistes en eau vous le disent, c'est un cycle l'eau. Ce n'est pas juste que vous en prenez.
Qu'est-ce qu'on fait pour s'adapter puisqu'il faut bien produire des céréales notamment ?
Alors il faudrait produire pour nourrir la France. On produit pour nourrir des bestioles à l'autre bout de la planète. Peut-être que ça, pourquoi est-ce qu'on ne produit pas pour nourrir les personnes ? Pourquoi est-ce qu'on a une agriculture qui est vouée à l'exportation ? Pourquoi est-ce que les aides agricoles de l'Europe sont basées sur ces aides à l'exportation ? Pourquoi est-ce que ce ne sont pas les gens qui produisent soit de façon respectueuse, soit en bio, soit pour le local, qui sont aidés aujourd'hui l'agriculture bio ? Et je finis là-dessus, étant souffrance.
Parce qu'il y a des centaines de millions d'euros qui ont été donnés à des secteurs qui aujourd'hui polluent, coûtent à la sécurité sociale parce qu'elles altèrent notre santé et produisent non pas pour nous nourrir mais pour exporter.
C'est des ventes aussi, ce n'est pas qu'au niveau de la production, le bio. Juste un dragole.
Ok, mais quand vous subventionnez des prix du conventionnel, d'une partie du conventionnel, parce que c'est ça qui se passe, quand on donne des centaines de millions d'euros à un secteur, on le subventionne au détriment du reste. Pourquoi est-ce qu'on ne subventionne pas ce qui aide le global ?
Mais là, tout ce que vous dites aux agriculteurs qui sont dans le modèle que vous décrivez avec vos mots, c'est que votre modèle est dépassé, vous n'êtes pas à la bonne place mais ils ne vont pas changer du jour au lendemain comme ça de situation. Vous comprenez qu'ils ont du mal à entendre ces discours ? Bien sûr,
je comprends qu'ils aient du mal à entendre et qu'il y a 50 ans on les est forcés à rentrer dans un modèle industriel et qu'aujourd'hui on leur dise que ce modèle industriel ne marche pas. Mais il n'y a pas eu de changement de discours chez les écologistes sur les 40 dernières années. Au contraire, il y a eu une constance. On est les seuls à leur dire la vérité. On est les seuls à leur dire vous avez besoin d'être accompagnés et on est là pour ça. Et pendant ce temps, il y a des gens qui spéculent sur la scène financière, sur le blé qui font que l'augmentation des prix, l'inflation aujourd'hui est démultipliée par eux.
Ce sont les mêmes acteurs qui en 2008 étaient les parties prenantes de la crise financière qu'on paye encore aujourd'hui. Et donc on dit ce marché-là, il ne fonctionne pas. Ce système, il tue par trois fois. Il tue l'agriculture, il tue les consommateurs par leur santé et il tue tout notre système. Peut-être qu'il serait temps d'en sortir. Soir au Gaulle, j'ai envie de vous demander comment va la NUP ? Alors la NUPES va plutôt bien.
En tout cas, la coalition de la NUPES qui est celle de l'Assemblée nationale va plutôt bien et elle expérimente quelque chose que nous, à la frontière allemande, on connaît bien qui s'appelle des coalitions mais que la France de la Ve République ne connaît pas du tout puisqu'elle ne connaît que des majorités. C'est absolument passionnant et d'ailleurs, le fait que vous en parliez beaucoup sur vos antennes qui commandent au sein de la NUPES. Les Insoumis qui décident ? Ça, c'est un avatar de la Ve République. Vous savez pourquoi je vous pose cette question-là ?
C'est parce que vous, les écologistes, par exemple, vous souhaitiez aller jusqu'à l'examen du fameux article 7 de la réforme des retraites, celui qui prévoit le départ, le décalage de l'âge de départ à la retraite. Vous n'avez pas pu parce que vos alliés, dans cette coalition, ont préféré faire de l'obstruction. Alors, j'ai envie de vous dire que ça ne changeait pas grand-chose parce qu'en fait, pour que les avancés votés dans ce texte puissent être pris en compte, il aurait fallu que l'on étudie l'intégralité du texte. Pour ça, on avait 7, 8 jours ouverts pour pouvoir y travailler et pas une minute de plus.
Il était donc impossible dès le départ que l'Assemblée nationale puisse donner un avis qui reste sur le texte. Vous avez engagé néanmoins une réflexion sur le fonctionnement au sein de votre alliance. Ça va se passer comment désormais ? Comme ça a toujours fonctionné, c'est-à-dire qu'on discute des sujets et on essaye d'avancer à la fois dans le respect de nos différences et à la fois dans le respect de l'objectif commun que nous nous sommes donnés. Là, en l'occurrence, malheureusement, il n'y avait aucun objectif à attendre puisque le gouvernement avait décidé qu'il n'y aurait pas de débat sur l'âge de la retraite.
Je vous rappelle que c'est un projet de loi de financement de la sécurité sociale rectificatif qui ne dure même pas un an normalement dans lequel ça a été inséré.
Merci à vous, Sandra Regol, députée Europe Écologie-Les Verts, invitée du 830 France Info.
Sandra Regol