Ritchy Thibault appelle à «envahir les préfectures» le 10 septembre : «C'est de la sédition», dénonce Louis Aliot, maire RN de Perpignan
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
8h15 et votre invité ce matin sur Europe 1, Charles Lullier, c'est Louis Alliot, maire rassemblement national de la ville de Perpignan. Bonjour Louis Alliot. Bonjour. Et merci d'être avec nous de si bon matin sur Europe 1. Alors j'aimerais vous entendre Louis Alliot sur cet ancien collaborateur de la France insoumise qui appelle, je cite, à envahir les préfectures lors du 10 septembre prochain et du mouvement Bloquons-Tout. Il a aussi conseillé à Laurent Nunez, préfet de police de Paris, de se barricader dans sa préfecture.
Ce ne sont que des mots pour l'instant Louis Alliot, mais craignez-vous une sorte de bordélisation du pays avec peut-être un risque séditieux, ce qui serait encore plus grave ?
Écoutez, ça prend la direction d'une menace sur la République elle-même. Quand vous commencez à attaquer les symboles de la présence gouvernementale dans les départements et donc de la République, c'est donc que vous vous attaquez à la République et que vous comptez renverser par la violence et par l'occupation illicite le régime politique en place, ce qui est effectivement de la sédition. Reste que la France insoumise avance sur plusieurs sujets, à visage démasqué, mais sans aucune sanction, ni sans aucune menace, ni sans aucune conséquence. Et ça, ça me paraît quand même aujourd'hui assez dangereux de les laisser faire sans qu'il y ait de réaction.
Et on voit malheureusement que les partis traditionnels, pendant les élections législatives l'année dernière, ont finalement appelé à voter pour ces gens-là pour empêcher qu'il y ait un gouvernement du RN, ce qui est une faute politique particulièrement grave.
Lorsqu'on invective, j'ose le mot, un préfet de police de Paris sur Twitter en lui disant de se barricader dans sa préfecture, est-ce qu'il y a de la part de la France insoumise une sorte de cultivation de la haine des forces de l'ordre ?
Mais oui, de toute façon, on voit bien qu'il n'y a que dans ce camp-là qu'on critique systématiquement les forces de l'ordre, que l'on dit que les policiers tuent, que l'on dit que les policiers sont racistes, que l'on monte des communautés les unes contre les autres, et on instrumentalise le conflit israélo-palestinien contre les adversaires politiques. On voit bien que ces gens-là ont une stratégie globale qui vise à fracturer la société, à bordéliser le débat public pour, le jour du chaos, tenter de prendre le pouvoir, et on connaît cette idéologie trotskiste depuis longtemps.
Mais ce qui est inquiétant aujourd'hui, c'est la passivité des réactions, hormis celles et ceux qui, comme moi, pratiquement tous les jours sur les réseaux sociaux, pointent du doigt ses atteintes au symbole de non-liberté, eh bien je trouve que le débat public aujourd'hui est particulièrement passif, et c'est inquiétant pour la suite.
Voilà, surtout qu'il y a évidemment, quand on parle de risques sédicieux, on craint la présence de black blocs, comme c'est le cas depuis plusieurs années dans pareilles situations. Louis Alliot, votre consoeur Edwige Diaz, député Rassemblement National de Gironde, a indiqué que le Rassemblement National n'a pas, je cite, « vocation à organiser cette manifestation ». Ça veut dire tout simplement que vous ne donnez pas de consigne à vos sympathisants, Louis Alliot, il faut le traduire comme ça.
Écoutez, nous sommes un parti politique, et nous sommes un parti qui joue les élections démocratiques et le pluralisme politique. Ce sont dans les débats publics que les choses se font, et dans les élections que les pouvoirs se mettent en place. Le reste, le droit de manifester, est évidemment une liberté et constitutionnelle, et chacun peut aller à la manifestation qu'il souhaite. Il n'en demeure pas moins qu'il y a des manifestations légitimes, qui sont elles aussi pourries par la présence des syndicats de gauche et des partis de gauche, et qui ne mènent à rien, et on l'a vu avec les Gilets jaunes.
Le départ des Gilets jaunes était une contestation saine, j'allais dire, de la France d'en bas, des agriculteurs, des artisans, des commerçants, des classes populaires. Et puis, dès que la gauche s'est mise, si je puis dire, dans le bain de cette manifestation-là, eh bien, ça s'est transformé en violence dans la rue, et on l'a vu à Paris, on l'a vu un peu partout, et finalement, le mouvement des Gilets jaunes s'est mal terminé. Et c'est là qu'on voit l'aspect pernicieux de l'idéologie et des méthodes de la gauche dans notre pays, qui tentent de tout pourrir pour arriver au pouvoir. Moi, nous pensons que c'est par les urnes que le changement arrivera.
Le tout, c'est que les électeurs prennent leur courage à deux mains, et mettent les gens qui nous gouvernent aujourd'hui dehors. Et ça, c'est pour les élections qui arrivent.
Louis Léau, j'aimerais qu'on évoque, si vous êtes d'accord, la rentrée politique, puisque la France Insoumise, vous allez dire que je ne parle que d'eux, mais bon, on est obligé quand même d'en parler, la France Insoumise compte, dès le 22 septembre, déposer une motion de censure. Quelle est la position du Rassemblement National par rapport au gouvernement Bayrou, justement, dès la rentrée, là ?
Écoutez, nous, nous regarderons ça avec attention, et les motions de censure par rapport au budget, et notamment aux atteintes, j'allais dire, au pouvoir d'achat des classes populaires et des classes moyennes. C'est ça qui nous, aujourd'hui, qui nous préoccupe, et qui préoccupe l'action de nos parlementaires. De la même manière que nous regarderons les ponctions qui seront faites sur les collectivités territoriales, qui sont aujourd'hui le dernier rempart à la précarité qui s'installe, et malheureusement, je crois que le gouvernement veut encore plus ponctionner, notamment les mairies. Donc, nous regarderons ça de près, mais on connaît très bien les effets d'annonce de la France Insoumise.
Dans tous les cas de figure, on ne peut pas faire une motion de censure pour une motion de censure. On sait très bien que M. Bayrou, aujourd'hui, est totalement minoritaire dans le pays, d'ailleurs, tout comme M. Macron, et que le budget qu'il va présenter n'est pas un budget admissible à ce jour, et qu'il y aura donc le vote d'une motion de censure. On verra bien qui ira sauver le soldat Bayrou au gouvernement. En ce qui nous concerne, les choses sont très claires depuis déjà longtemps.
Louis Alliot, il nous reste une minute. J'aimerais qu'on évoque quand même cette sortie d'Aurore Berger, pour rappel ministre de l'Égalité Hommes-Femmes. Elle souhaite une candidature du bloc, une candidature commune du bloc central pour les présidentielles. Est-ce que c'est une perspective qui vous fait peur, Louis Alliot, ou bon, pas du tout ? C'est un non-événement.
C'est un non-événement. Vous savez, la présidentielle, c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme avec le peuple. Et donc, les magouilles des partis politiques pour savoir s'il faut s'unir ou pas, en général, se brisent sur la réalité du vote. On a vu avec la lupesse, effectivement. Exactement. Et je pense qu'aujourd'hui, les Français ont fait l'expérience des politiques de droite, ont fait l'expérience des politiques de gauche, ont fait l'expérience des politiques du centre, on va dire, avec M. Macron, et que désormais, ils s'apprêtent à élire, à la présidence de la République, la candidate du Rassemblement National Marine.
Merci infiniment, Louis Alliot, d'avoir été parmi nous ce matin sur Europe 1.
Louis Aliot