LES LR COURAGEUX SONT CEUX QUI SONT PARTIS AVEC E. CIOTTI ! - L. LAVALETTE (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 45 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteÉludée
Pourquoi bloquez-vous aujourd'hui ?
- 0:14RelanceÉludée
Que répondre à ceux qui vous reprochent de bloquer ?
- 1:08OuverteRéponse partielle
Vous dites que Xavier Bertrand est un mythomane, son compte est réglé ?
- 1:22OuverteRéponse partielle
Qui est-ce que vous ne censureriez pas ?
- 2:36OuverteRéponse partielle
Si Michel Barnier était nommé, le censureriez-vous ?
- 3:50RelanceRéponse partielle
On a l'impression que c'est le RN qui décide qui peut être Premier ministre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Ça fait 50 jours que nous n'avons pas de Premier ministre, ce qui est complètement inédit. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Ils veulent moins d'immigration, plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat, qu'on s'occupe de la santé. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Cazeneuve a terminé avec François Hollande. Ils n'ont même pas été capables de se représenter. »
- 1:52Invité politiqueFait
« Est-ce qu'on parle de Xavier Bertrand, ministre du Travail, qui a fabriqué des millions de chômeurs ? »
- 2:09Invité politiqueChiffre
« Nous sommes le premier groupe d'opposition à Emmanuel Macron. Nous avons remporté 11 millions de suffrages des Français. »
- 2:57Invité politiqueFait
« Il y a 7 semaines, un rapport de l'INSEE qui est sorti. Jamais la France n'a été dans une situation migratoire telle que nous la connaissons aujourd'hui. »
- 3:29Invité politiqueFait
« Vous avez vu les chiffres très inquiétants du budget depuis sa réélection. Emmanuel Macron n'a fait voter que des budgets insincères. »
- 4:08PrésentateurFait
« On a l'impression qu'on soumet des noms au Rassemblement national. Vous dites Michel Barnier. »
- 4:14Invité politiqueFait
« Il y avait un nom, un programme, un gouvernement. C'était celui de Jordan Bardella. »
- 7:16Invité politiqueChiffre
« 37% des Français vont demander une avance sur salaire à leur patron. 30% des Français ont 100 euros le 10 du mois pour vivre. »
- 8:53Invité politiqueFait
« Les Français ne savent pas que la France risque quasiment la tutelle. »
- 18:35Invité politiqueFait
« On touche exactement aux limites des magouilles, des tripatouillages électoraux d'entre deux tours. »
- 19:30Invité politiqueFait
« C'est en ça quand même aussi que notre demande de proportionnel, qui est quand même en vigueur dans la quasi-totalité des puissances européennes, porte tout son sens. »
Temps de parole
- Laure Lavalette34 %
- Invité18 %
- Invité 216 %
- Présentateur15 %
- Invité 35 %
- Invité 44 %
- Invité 53 %
- Invité 63 %
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— Laure Lavalette, merci beaucoup. Vous êtes avec nous en direct. La parole aussi au Rassemblement national. Bonsoir. Merci beaucoup d'être au l'ordre.
— Bonsoir, Darius Rochebin.
— On l'a dit, vous êtes en position d'arbitre à bien des égards. Pourquoi, aujourd'hui, bloquez-vous ? Que répondre à ceux, on vient d'entendre, Carl Olive, qui vous en fait le reproche, en quelque sorte, de ceux qui bloquent ce soir ?
— Non mais qui bloquent quoi ? Je vous rappelle que, pour l'instant, il n'y a pas un nom qui est véritablement sorti du chapeau. Donc j'attends de voir quel est le nom du potentiel Premier ministre. Vous avez bien vu qu'Emmanuel Macron joue avec les Français, joue avec les journalistes. Ça fait 50 jours que nous n'avons pas de Premier ministre, ce qui est complètement inédit. Ce qui me nomme, c'est que depuis 50 jours, les Français rencontrent les mêmes difficultés. Vous voyez, il va falloir un jour parler de leurs préoccupations. Ces Français, ils ont les mêmes aspirations qu'au soir du premier tour des législatives ou qu'au soir des européennes.
Ils veulent moins d'immigration, plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat, qu'on s'occupe de la santé, qu'on s'occupe de leurs préoccupations. Pendant ce temps, voilà, écoutez, Emmanuel Macron prend le thé avec tout Paris, mais ça n'a pas l'air tout à fait concluant.
— L'heureux Lavalette, pardon, vous dites... Oui, vous flinguez, pardon, de la brutalité du mot, mais Xavier Bertrand, par exemple, ce matin, M. Chenu, vice-président de notre parti, dit que c'est un mythomane. Son compte est réglé. Il est vrai qu'il ne vous avait pas épargné, Sébastien Chenu. On comprend qu'il y a plein de noms déjà que vous écartez. Qui est-ce que vous ne censureriez pas ?
— Non, mais quand vous avez l'outrecuidance de faire croire que vous hésitez entre Cazeneuve et Xavier Bertrand, mais au secours, enfin, les avengers de la faillite, ceux qui ont tout loupé. Je rappelle que Cazeneuve a terminé avec François Hollande. Ils n'ont même pas été capables de se représenter. Quant à Xavier Bertrand, M. Rochevin, mais de quel Xavier Bertrand parlons-nous ? — Est-ce qu'on parle du ministre de la Santé qui a abîmé la médecine de vie, qui a fermé des lits ? Est-ce qu'on parle de Xavier Bertrand, ministre du Travail, qui a fabriqué des millions de chômeurs ? Est-ce qu'on parle de Xavier Bertrand qui a perdu, mais à plate couture, les primaires LR ? Voilà.
Et puis qui c'est, M. Bertrand ? C'est quelqu'un qui, depuis 10 ans, ne cesse de vomir sur le Rassemblement national. Je vous rappelle que nous sommes le premier groupe d'opposition à Emmanuel Macron. Nous avons remporté 11 millions de suffrages des Français. Alors je veux bien qu'ils essaient de faire sans nous dans l'équation, mais pas de provocation.
— Non, mais alors la valette, juste une information. Le Rassemblement national a annoncé qu'il censurerait Xavier Bertrand si celui-ci devait être nommé Premier ministre. On nous parle désormais de Michel Barnier. Question toute simple. Si le président de la République choisissait Michel Barnier, est-ce que vous le censureriez ?
— En fait, la vraie question, c'est que nous allons, j'allais dire, poser des conditions. Si Michel Barnier s'engage à baisser la TVA, par exemple, comme nous le demandons, depuis plus de 3 ans pour rendre du pouvoir d'achat aux Français, si M. Barnier se met à prendre des mesures drastiques sur l'immigration... Il y a 7 semaines, un rapport de l'INSEE qui est sorti. Jamais la France n'a été dans une situation migratoire telle que nous la connaissons aujourd'hui. Si M. Barnier, d'un coup, voudrait prendre un virage sécuritaire... Voilà. Attendons de voir quelle sera sa politique.
Mais je pense qu'on est face à une impasse politique, à un chaos institutionnel qui a été évidemment fomenté directement par Emmanuel Macron. Je pense qu'il a cassé son jouet et que maintenant, il a l'air bien embêté. Mais encore une fois, je suis navrée que ce soit les Français qui en pâtissent. Vous avez vu les chiffres très inquiétants du budget depuis sa réélection. Emmanuel Macron n'a fait voter que des budgets insincères. Mon collègue Jean-Philippe Tanguy l'a toujours dénoncé. On nous a dit que non. Mais maintenant, Bruno Le Maire vient sur les bateaux pour dire qu'effectivement, c'est compliqué.
L'or la valette, restez avec nous. Mais arrêtons une seconde. Arrêt sur image sur ce que nous sommes en train de vivre. C'est quand même fascinant. Je vois tout le monde qui a envie de vous poser des questions parce qu'on a l'impression qu'on soumet des noms au Rassemblement national. Vous dites Michel Barnier. On a envie de dire « et David Lysnard, est-ce que vous l'accepteriez ? » et « et une telle ». On a l'impression qu'on est dans un examen où c'est le Rassemblement national qui peut en quelque sorte dire « comme si » ou « comme ça ».
Je vais vous dire pourquoi, M. Rochevin, si vous voulez bien. Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'en fait, il y en avait un nom. Il y avait un nom, un programme, un gouvernement. C'était celui de Jordan Bardella. Il y avait une dimension très claire au soir du premier tour. S'il n'y avait pas eu ces magouilles simplement pour que les amis de M. Carl Olive ou que les amis justement de M. Bertrand puissent garder leur petit poste, je peux vous assurer qu'évidemment, ce serait le Rassemblement et ce serait Jordan Bardella qui serait Premier ministre. On aurait perdu moins de temps.
La réponse de Carl Olive là-dessus ? Non, ce que je veux dire, on se connaît avec Laure Lavalette puisqu'on est collègue à l'Assemblée nationale. Donc dans le respect, nous devons partager l'un à l'autre. Je vais vous dire, Charles-Laure, que tout ce qui est excessif est insunifiant. J'ai entendu tout à l'heure la manière dont vous flinguiez Xavier Bertrand. C'est à se demander comment Xavier Bertrand a été élu deux fois de suite président de la région des Hauts-de-France, qui est une des principales régions. Sur le sujet, on ne parle pas de sujet de fond. Vous ne répondez pas à Laure Lavalette. Elle vous a dit comme une chose très précise.
Elle vous a dit en réalité, vous avez empêché l'ERN d'avoir de bonne ou de mauvaise guerre. Est-ce que simplement, il ne vous renvoie pas le bâton de façon normale ?
Oui, mais c'est ce que je disais tout à l'heure. Encore une fois, si aujourd'hui la grande majorité de ce pays est une majorité qui pense d'abord à son parti avant de penser au pays, c'est effectivement très compliqué. On parlait d'éducation nationale tout à l'heure. Par exemple, je vous donne quelque chose qui est de fond et qui peut être une priorité pour le prochain Premier ministre. C'est le travail sur le harcèlement scolaire. Demain, il y aura une marche blanche à Poissy pour le triste anniversaire du petit Nicolas qui s'est suicidé. Ça, c'est des sujets de fond dont nous parlent les Français. Laure Lavalette, la réponse ?
La réponse déjà, mon cher Karl, je vais vous dire comment est-ce que Xavier Bertrand a été élu deux fois la dernière fois. C'est en faisant démissionner la gauche avant le premier tour. C'est parce que Xavier Bertrand magouillait déjà avec la gauche qu'il a été réélu. Les Français n'en peuvent plus, encore une fois, de ces magouilles. Ils ont bien compris que ceux qui avaient la volonté politique de faire très différemment, et il est temps de faire différemment. Vous avez vu, cette semaine, nous avons quand même été endeuillés, évidemment, par ce gendarme tué de façon absolument terrible, par cette petite fille fauchée par un rodéo sauvage. Voilà. Revenons aux préoccupations des Français.
Laissez vos égaux de partis de côté. Nous serons, nous, fidèles à ce que nous avons toujours été. Et vous pouvez en témoigner, mon cher Karl, nous avons toujours voté. Tout ce qui améliorait le quotidien des Français, d'où que ça venait. Il m'est arrivé de voter des mesures qui venaient de votre camp. Voilà. Je pense que ceux qui ont l'intérêt des Français chevillés au cœur, c'est le Rassemblement national. Et ils ne s'y étaient pas trompés, encore une fois, au soir, et du premier tour des législatives et des européennes. Vous avez bien vu qu'on avait un taux de participation record et des scores records pour le Rassemblement national.
Faire comme si nous n'existions pas, je pense qu'on le voit bien, ça ne fonctionne pas. C'est évidemment un outrage fait à 11 millions de Français. Moi, je peux vous dire que les Varrois sont très en colère, de l'excitation qu'ils pouvaient sentir un peu à savoir qu'elle allait être le Premier ministre. On est tombés dans une exaspération.
Lourdes Lavalette, disons les choses franchement, il y a un petit sentiment de revanche ?
Non, pas du tout. Pas du tout. Nous n'avons qu'un seul, qu'une seule boussole, c'est l'intérêt des Français. On n'est pas là pour nos égaux personnels, vous imaginez bien. Moi, je voudrais simplement... Il y a encore un sondage qui est sorti, 37% des Français vont demander une avance sur salaire à leur patron. 30% des Français ont 100 euros le 10 du mois pour vivre. Mais on ne peut pas se satisfaire de ça. Ça n'est pas possible.
Routel Kreef veut vous poser une question, Lourdes Lavalette, s'il vous plaît.
Bonsoir, Lourdes Lavalette. Bonsoir, Lourdes Lavalette. On peut critiquer la gauche qui a rejeté d'emblée Bernard Cazeneuve qui venait de son camp pour des raisons idéologiques et d'alliance. Vous, vous êtes un parti qui se veut un parti de gouvernement. Vous avez une candidate qui est arrivée au deuxième tour à la présidentielle. Et pourtant, ce que vous nous dites là, finalement, c'est notre programme ou rien. C'est ce que disait le NFP au début et qui, finalement, n'a pas marché.
Est-ce que par rapport à vos électeurs, lorsqu'il y a un Premier ministre de droite qui appliquerait un programme qui rejoint le vôtre sur les questions régaliennes, par exemple, est-ce que vous ne pensez pas que vos électeurs attendent de vous aussi une forme de responsabilité ? Vous n'allez pas être au pouvoir la semaine prochaine. Mais en revanche, est-ce que vous n'allez pas ne pas laisser gouverner la France ? Est-ce que ce n'est pas aussi une caractéristique maintenant de votre parti de montrer de la responsabilité ?
Mais bien sûr, et la responsabilité, je peux vous dire que Marine Le Pen a tout à fait dit que nous allons poser, entre guillemets, des conditions sur le pouvoir d'achat, sur la sécurité, sur l'immigration, sur la santé. Et effectivement, si ces conditions-là sont acceptées, ce dont je doute un peu, parce que je vois mal Xavier Bertrand avoir une politique migratoire ferme, par exemple. Vous voyez, ça me paraît assez inconcevable. Et également sur le budget, parce que nous n'en parlons pas assez, et pendant qu'on parle de qui va être éventuellement Premier ministre, les Français ne savent pas que la France risque quasiment la tutelle.
Je veux dire, on ne sait pas comment le budget va être voté à la fin de l'année. La situation est absolument catastrophique.
On reviendra tout à l'heure sur la crise financière. Pardon de vous couper, mais puisque hélas, enfin hélas, ou heureusement, il y a beaucoup de noms qui sortent parfois dans un certain désordre. Monsieur Lissnard, est-ce qu'il est, d'une certaine manière, votre candidat le plus RN compatible ? C'est l'homme qui a dit, il faut couper le robinet de l'immigration maintenant, intérêt de l'équilibre et de la société française. Il parle de diviser par huit l'immigration. Est-ce qu'il est le plus RN compatible ?
Non mais sur le papier, évidemment. Il n'empêche que je ne vois pas comment Emmanuel Macron va nommer David Lissnard, qui serait sanctionné évidemment tout de suite par le nouveau Front populaire. David Lissnard ne serait pas là pour faire une politique, j'imagine, laxiste, immigrationniste. Donc c'est en ça que l'équation, elle est complètement irréalisable. Et c'est en ça qu'il y a une impasse politique qui est effrayante. Et les Français l'ont bien compris. Vous avez sûrement vu comme moi que le secteur du tourisme avait beaucoup souffert parce que les Français sont dans un attentisme et une inquiétude que l'on peut comprendre. Je pense que c'est insoluble.
Restez avec nous, s'il vous plaît, Laure Lavalette. Mais le constat qu'on vient d'avoir ici, est-ce que c'est celui d'un blocage total ? Est-ce que la France est en train d'être bloquée ? Mais bloquée vraiment avec toutes les conséquences que ça peut avoir ?
Tant que toutes les solutions n'ont pas été soumises, on ne peut pas dire qu'on est dans un blocage institutionnel. Pour l'instant, ça en prend le chemin. On a vécu pendant 50 jours une attente. On en est qu'à la lettre B de l'alphabet. Et on en est qu'à la lettre B, C, avec Bernard Cazeneuve et Lucie Castel, c'est C. Mais si un autre nom arrive et que ce Premier ministre ou cette Première ministre est renversée à l'Assemblée nationale, là on sera dans un blocage institutionnel qui deviendra très difficile. Certains disent que dans ces cas-là, on pourrait aller vers une crise de régime. Pour l'instant, on n'en est pas là. C'est très difficile.
On entend Mme Lavalette qui pose des conditions avec ses 142 députés, 126 du RN et 16 chez les ciotistes. Il y a en face 193 députés du Nouveau Front Populaire, etc. Donc, il va falloir... Alors là, il y a une forme d'ultimatum. Soit vous baissez la TVA et on est d'accord, soit vous ne le faites pas. Est-ce que c'est cela pour lequel les électeurs ont voté massivement aux législatives ? Je ne sais pas. Karl-Olive, est-ce qu'il ne risque pas d'y avoir une confusion parmi les Français ? C'est vrai qu'on a entendu Emmanuel Macron marteler qu'il fallait faire barrage au RN. Et là, on voit que ce parti-là est au centre du jeu. Mais oui, c'est un constat et c'est factuel.
Et moi, je ne vais pas systématiquement... Et je crois être d'ailleurs que Laure Lavalette nous trouve un problème à chaque solution. Moi, je veux être raisonnablement optimiste. Parce que ce que dit Mme Lavalette avec, je dirais, les forces que souhaite mettre en place le RN, on va avoir d'autres forces qui vont se mettre en place au niveau de la gauche, d'autres forces qui vont se mettre en place au niveau, entre guillemets, du bloc central, comme vous l'appelez. Et finalement, on va assister à quoi ? A un cluedo ? Ça ne va pas être pour trouver le tueur, ça va être pour trouver le sauveur.
Et encore une fois, tant que les collègues députés, on continuera de jouer chacun dans son couloir, n'acceptant absolument pas le moindre compromis ou le moindre accord de texte, ce sera extrêmement compliqué. Et on l'a vu encore ce soir, c'est une démonstration que fait le RN et que Mme Lavalette. Et moi, typiquement, je partage ce qui est dit sur la réciprocité entre les droits et les devoirs. Vous voyez, sur la sécurité, je suis d'accord avec cela. Mais je suis aussi d'accord avec un certain nombre de propositions que nous pouvons faire, typiquement, par exemple, sur le fait...
— Pardon, pardon. Pourquoi le RN fait-il des cadeaux ? Karl-Olivier, vous avez organisé avec succès le refus du RN. Le refus du RN l'empêchait de venir au pouvoir. Pourquoi vous ferez-il maintenant des cadeaux ? Objectivement, vous avez réussi la première partie du Front Républicain, qu'on le veuille ou non. Aujourd'hui, vous n'arrivez pas à gouverner ensemble. C'est quand même ça, le reste.
— Moi, j'ai toujours fait le discernement en disant que les 577, les 566 et votre serviteur, collègue député qui était élu, l'était démocratiquement. — Non. Donc la stigmatisation, c'est pas trop mon truc. Parce que plus vous stigmatisez quel que soit le parti politique, que vous pouvez combattre politiquement, c'est ce que nous faisons dans le respect, Mme Lavalette, comme je peux le faire avec les collègues de la France insoumise. Mais plus ces partis-là vont frapper au pouvoir. Et c'est normal. On l'a pas compris parce que ce n'est pas notre logiciel. Et moi, je n'étais pas de ceux qui ont fait un forcing, notamment dans l'entre-deux-tours, pour dire « haro sur le RN ».
— C'était une erreur, d'après vous ? — Oui, je pense que c'était une erreur. Et je n'étais pas de ceux non plus, et Dieu sait si je les combats, pour battre la France insoumise coûte que coûte sur les fonctions exécutives à l'Assemblée nationale. Je peux pas dire mieux. Peut-être que d'autres collègues étaient par rapport à cela. Je ne l'étais pas. Et je suis d'autant plus à l'aise, M. Rochemin, c'est que j'ai été élu au deuxième tour sans désistement ni du RN ni de la France insoumise. Donc je suis un tout petit peu légitime, modestement, par rapport au fait d'avoir cette liberté de penser.
— Le risque de crise majeure. On a mentionné tout à l'heure le problème du budget. Il y a une espèce d'urgence, n'est-ce pas ? La France qui sort de la route avec ses 5,6% de déficit. Il y a quelque chose de vertigineux dans cette situation ?
— L'urgence, elle est d'ordre budgétaire, sur le fond. Sur le plan législatif, la Constitution est très claire. Il faut 70 jours au Parlement pour examiner le budget. Donc pour y parvenir, il faut que ça commence début octobre, quoi.
— Enfin, c'est un peu la honte, franchement, par nous. Rappelez-vous, quand on se moquait des Italiens, ils ont cette expression en Italie, « le gouvernement balnéaire », pour dire que c'est ces gouvernements qui tiennent en été. Là, pour l'instant, l'été, il n'y a même pas de gouvernement. C'est encore pire qu'en gouvernement balnéaire.
— M. Rochebin, vous ne pouvez pas dire que c'est la honte ? Parce que si la honte, c'est demain de nommer un Premier ministre et que dans 10 jours, le gouvernement est renversé, qu'est-ce qu'on dira ? — Oui, mais alors justement, Carl-Olive, c'est l'argument que vous aviez contre Alain Castel. — Une question pour vous, Carl-Olive. Parce qu'à plusieurs moments, à plusieurs reprises, vous avez dit « il faut que les partis s'élèvent ». — Comme on le fait quand on est maire, vous voyez. — Voilà. Exactement. Dans les majorités municipales, on se met d'accord, etc. OK. Mais dans ce cas-là, au président, de redonner la main aux parlementaires.
Que n'a-t-il pas nommé quelqu'un, peut-être même déjà dès le lendemain des législatives ? Et vous êtes l'un des députés d'une assemblée qui vient d'être démocratiquement élue. Alors c'est vrai qu'il n'y a pas de majorité claire. Mais elle a été élue avec une participation massive. Ce qui n'est pas la coutume aux législatives, depuis que nous avons inversé le calendrier. Donc la légitimité démocratique, aujourd'hui, elle est où ? Est-ce qu'elle est à l'Élysée ? Il a été réélu, Emmanuel Macron, en 2022. C'est vrai. Ou est-ce qu'elle est dans votre assemblée, au Palais Bourbon ? Le Palais Bourbon, l'endroit où plus personne ne siège. Personne ne siège. Vous ne pouvez pas travailler.
Je peux prolonger ce que dit David. Si on sortait du virtuel, c'est-à-dire au cas où je nommerai, on me dit qu'il voterait la censure. Et si on vérifiait, il peut y avoir une personnalité nommée qui arrive avec un programme qui peut séduire. C'est-à-dire que ceux qui disent non, je ne pense pas uniquement au Rassemblement national, mais à gauche, ceux qui disent non aujourd'hui pourraient dire, moi je ne vote pas la censure, parce que là, il y a quelque chose à jouer dans le programme. Pourquoi ne pas rentrer dans la réalité au lieu d'être virtuel des coups de téléphone du président et des réponses ? Et des censures présumées. Et des censures présumées.
Mais vous êtes d'accord, Carl-Olivier, j'ai l'impression. Oui, je vais vous dire, non seulement je suis d'accord avec vous, mais je vais vous donner un exemple précis. Et je balaye de m'en m'importe parce que je suis aussi à ma place responsable de ça. On a été incapables, les partis, les uns les autres, les Républicains ont proposé un pacte législatif. Moi, je suis à 70% d'accord avec ce pacte législatif. Je disais à l'instant qu'avec le Rassemblement national, j'étais en partie d'accord avec un certain nombre de leurs idées, tout comme la gauche et les écologistes.
On a été incapables de se mettre autour de la table pour dire, bon, les gars, mesdames, on a plusieurs idées qui sont un petit peu différentes. Est-ce qu'on est capables, comme ici, là, sur le plateau de l'LCI, à se mettre autour de la table ? On n'a pas fait ça. Pourquoi ? Parce que chacun s'est considéré, dans une espèce de majorité absolue, vouloir toujours avoir raison, alors qu'on a tort. Mais vous parlez au passé, maintenant. Vous pourriez le faire, maintenant ? Vous pourriez le faire. Mais j'aimerais bien qu'on puisse prendre la main, maintenant. Et moi, j'appelle l'ensemble des partis. Tiens, dès demain matin, on se retrouve à l'Assemblée nationale.
Vous appelez le président de la République à faire aussi ? Ah non, mais je pense que le président de la République attendait ça. Le président de la République attendait ça. Pas vraiment. On va dire qu'il ait suscité ça.
Il organise, lui, pardon, c'est pas la même chose. Il organise, lui, les consultations. C'est autre chose. C'est qu'on nomme, par exemple, un faiseur de majorité, un Premier ministre, et puis c'est lui qui forme une majorité, qui réussit ou non.
Mais moi, je pense qu'en amont, il y a un travail à faire, pour voir justement, les points sur lesquels on est capable de cocher, et d'autres points, comme une grille. Ce que disait M. Ducan. Exactement, comme nous fonctionnons dans nos assemblées locales. Et puis, dans les assemblées locales, il y a plusieurs sensibilités politiques, et on arrive à rassembler. Là, on a l'impression qu'on est les champions du monde de la division.
Est-ce que ça passe par une session extraordinaire lors de la valette ? Un mot encore là-dessus, s'il vous plaît. C'est une demande de votre parti. Est-ce que vous la précisez ce soir ? C'est-à-dire en quoi une session extraordinaire de l'Assemblée, avant le 1er octobre, serait, selon vous, de nature à tenter de débloquer la crise ?
Déjà, parce que pas tellement de sorties de crise qui pointent le bout de leur nez. Et juste avant de répondre à votre question, je pense, pour nourrir la réflexion, que l'on touche exactement aux limites des magouilles, des tripatouillages électoraux d'entre deux tours. Je vais prendre un exemple très concret. La seule circonscription du Var que nous avons perdue a été gagnée par un collègue de M. Olive, qui s'excuse presque maintenant, qui a honte, en fait, de ce report de voix de l'extrême gauche. Alors qu'il était très content, puisque c'est lui qui est allé leur parler entre les deux tours, en disant qu'il faut absolument qu'il y ait un report de vos voix sur ma candidature.
Et en fait, on sent bien la gêne, parce qu'effectivement, je pense qu'il n'est pas très à l'aise d'avoir été élu avec les voix de quelqu'un qui, tous les samedis, brandit un drapeau palestinien, parce qu'il est le chef de la manifestation. On voit bien les limites. Il est gêné. En fait, c'est le problème aussi des députés ensemble. C'est qu'ils sont gênés d'avoir été élus aussi avec le soutien du NPS. Et certains LR sont gênés d'avoir été élus avec un tripatouillage ensemble. C'est en ça quand même aussi que notre demande de proportionnel, qui est quand même en vigueur dans la quasi-totalité des puissances européennes, porte tout son sens.
S'il n'y avait eu qu'un seul tour, vous imaginez bien que la majorité, elle se dessinait d'elle-même. Mais ça fait bien longtemps que Jordan Bardella aurait été aux manettes et que nous aurions fait de notre mieux. Alors je ne dis pas que nous serions arrivés à tout faire. Vous vous souvenez, on avait un temps court et un temps long. Mais je pense qu'on aurait déjà pris des mesures drastiques sur l'immigration, drastiques sur le pouvoir d'achat. C'est en ça aussi un argument supplémentaire pour demander cette proportionnelle.
– Laure Lavalette, une dernière question s'il vous plaît. En s'investissant autant dans le choix du Premier ministre et en donnant autant d'enjeux à cette stabilité institutionnelle, est-ce qu'Emmanuel Macron aura d'autre choix que de démissionner si jamais il fait face à une censure ?
– Vous avez raison, c'est une bonne question, parce qu'il avait déjà mis toutes ses forces dans la bataille au moment des européennes. On pensait que c'était lui le candidat et pas leur très mauvaise candidate Valérie Ayet. Oui, oui, une possibilité serait évidemment qu'il démissionne, qu'il y ait un retour aux urnes et qu'enfin une majorité claire se dessine. Il faut trouver une sortie de crise et je pense malheureusement qu'il faut la trouver rapidement parce que sinon les impôts vont encore augmenter. Il y a vraiment ce problème budgétaire et c'est encore les classes moyennes qui vont payer pour les autres.
Il y a un chaos institutionnel et politique, mais encore une fois, le responsable c'est Emmanuel Macron.
– Lourdes Lavalette, vous avez la patience, restez encore deux minutes ? – Deux minutes. – Allez, deux minutes, dialoguez avec Geoffroy Didier. Vous allez nous rejoindre s'il vous plaît, Geoffroy Didier, député européen, les Républicains. Vous êtes, bonsoir monsieur le député, au centre du jeu. – Bonsoir, bonsoir.
– Ce soir, parmi tous les noms qui sont évoqués, et c'est en train de se faire, je rappelle la situation assez inouïe que nous sommes en train de vivre, 50 jours sans Premier ministre, un gouvernement toujours démissionnaire, des noms qui sont lancés, qui sont testés ce soir encore et la plupart de ces noms qui soient écartés, présumés ou gardés présumés, sont les LR, n'est-ce pas ?
– Oui, alors on avait plusieurs noms qui circulaient, évidemment, tout cela change d'heure en heure. David Lysnard, notamment, maire LR de Cannes, qui était toujours en course. Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France. Bertrand Cazeneuve, l'ancien Premier ministre de François Hollande. Et puis Michel Barnier. Alors a priori, c'est le seul profil qui semble être toujours en course. Ça sort d'où ? Est-ce que vous en seriez satisfait ? – Ça ne sort pas de nous. Et vous dites que nous sommes au centre du jeu. Vous n'avez pas relu la Constitution. La Constitution veut que c'est le président de la République qui nomme un Premier ministre.
Et je dis de manière amicale à Carle Livre qu'il va falloir que le président prenne son risque. Parce que ça fait 50 jours. Parce que nous attendons toujours que quelqu'un dirige la France. Parce que les problèmes demeurent. Parce qu'il y a 1000 agressions par jour en France. Parce qu'il y a des chauffards qui tuent des petites filles ou des gendarmes. Parce que le projet de budget doit être présenté au Haut Conseil des Finances Publiques d'ici le 13 septembre. Et que les urgences demeurent. Et que la parenthèse des JO et des Paralympiques n'est pas éternelle. Est-ce que vous souhaitez...
Ce que je voudrais, c'est que le président de la République prenne ses responsabilités et s'arroge le seul pouvoir qu'il y reste. C'est-à-dire de décider souverainement d'un Premier ministre. Charge ensuite à l'Assemblée nationale de le censurer ou de ne pas le censurer. Vous savez, dans la société, c'est comme dans la vie politique, c'est comme dans la vraie vie. Chacun doit jouer son rôle et avancer avec des principes. Nous nous avons avancé avec un principe simple. C'est que nous avons dit nous censurerons d'emblée ceux qui, pour nous, ne sont pas dans l'arc républicain, c'est-à-dire la France insoumise. Ceux qui combattent les valeurs républicaines. Une fois que cela a été fait.
Et cela a été fait grâce aux Républicains et grâce à la pression que nous avons mise sur Emmanuel Macron et sur Jean-Luc Mélenchon. Eh bien, maintenant, nous n'allons censurer personne, a priori. Et puis, comme je suis un homme de droite, si ça peut être un Premier ministre de droite, Michel Barnier, Xavier Bertrand, il y a d'autres noms qui sont possibles. Valérie Pécresse, on ne parle pas d'elle, mais c'est une excellente présidente de la région Île-de-France. Tant mieux, parce qu'en tant qu'homme de droite, je préfère un Premier ministre de droite, un Premier ministre de gauche. Oui, c'est assez simple, en fait. Votre vœu, n'est-ce pas ?
Votre vœu, c'est cela. Votre vœu, évidemment, c'est le président de la République qui choisit l'article 8 de la Constitution. Mais votre vœu,
c'est que ce soit un Premier ministre de droite ? Déjà, j'observe que vous avez retrouvé votre Constitution en quelques secondes. Et ce que je voudrais vous dire, plus sérieusement, c'est que je sais bien que ce soir, on a l'impression depuis quelques jours de jouer au tiercé et que pour les plus aînés d'entre nous, c'est un tour des manèges. C'est surtout une crise. On passe d'un casting à l'autre. C'est surtout une crise. Oui, mais c'est surtout des choix politiques.
Et nous, nous avons dit, clairement, depuis le départ, et nous sommes peut-être les seuls à l'avoir fait, nous mettons sur la table ce qu'on a appelé un pacte législatif, c'est-à-dire concrètement des options politiques qui sont simples, c'est-à-dire pas d'augmentation des impôts, baisse de la dépense publique, on réduit l'immigration, on défend le nucléaire et on rémunère mieux le travail. Mais Geoffroy Didier, pardon, pardon de vous interrompre. Et tous ceux qui nous aideront à mettre en œuvre ces propositions, c'est-à-dire ces choix politiques, ces urgences nationales, nous les soutiendrons. Avouez quand même que nous avons fait preuve de responsabilité.
Le nouveau Front populaire a déjà dit qu'il vous censurerait sur la question des retraites, de toute façon, et donc les choses sont claires de ce point de vue-là. La seule chance que vous ayez dans cette hypothèse-là, c'est la personne qui est là en duplex avec vous. Je sais. C'est Laure Lavalette. Qu'est-ce que vous dites au Rassemblement national qu'elle incarne ici pour ne pas être censurée ? Sinon, tout ce que vous dites, ça n'a aucune chance
d'arriver. D'abord, je dis à Laure Lavalette et je dis à tous ceux qui nous regardent que même si je combats le Rassemblement national, je n'ai jamais méprisé les millions de Français qui, par exaspération et par désespoir, se sont tournés vers le Rassemblement national. Et je n'ai pas aimé, et ça c'est un point d'accord avec Carl Olive, le fait que des députés, aussi bien pour moi un député RN est égal à un député LR est égal à un député d'une autre formation politique, aient été écartés des responsabilités à l'Assemblée nationale. Mais ce que je dis aussi à Laure Lavalette, ce n'est pas si à fait
l'ELR, Renaissance et leurs alliés, en l'occurrence.
Moi, je vous dis ce que je pense. Mais ce que je vous dis aussi, c'est que nous n'allons pas perdre un an, même si, effectivement, il faudra sans doute une dissolution dans un an parce qu'il faudra tenter de clarifier la situation politique. Mais là où j'ai une différence avec Laure Lavalette, c'est que le but, c'est qu'on ne perde pas un an, c'est que les Français nous regardent en ce moment, ils se disent mais qui va faire preuve de responsabilité, qui va savoir faire preuve de compromis. Et dans la vie, dans les familles, dans les associations d'hommes et de femmes, dans les entreprises, je suis sûr que dans la rédaction d'ALICI, on fait tous les jours des compromis.
La seule chose, c'est qu'il ne faut pas trahir ses valeurs, mais savoir faire un petit bout de chemin vers les autres. Eh bien, nous, nous, républicains, nous sommes prêts à faire un petit bout de chemin vers les autres. Non mais je la regarde
parce que vous êtes physiquement devant moi. Très bien, mais Laure Lavalette, si vous la regardez, quel compromis est-ce que vous êtes prêts à faire avec eux pour éviter d'être censurés ?
Je crois que ça va peut-être choquer certains, mais qu'on a des points d'accord avec l'ERN. Que nous, nous voulons effectivement réduire l'immigration, comme eux. Que nous, nous voulons plus de sécurité et notamment en rétablissant les peines planchers, comme eux. Que, en revanche, nous avons des différences. Moi, j'estime que le Rassemblement national pose des options qui sont quasiment socialistes en matière économique que je ne partage pas. Je pense aussi que le Rassemblement national a présenté des gugus et quelques guignols aux élections législatives qu'eux-mêmes le regrettent et que ça leur a coûté cher et ce que nous n'avons pas fait.
Donc, j'ai des différences avec eux et j'ai aussi des points d'accord. Et je n'ai aucun problème. Je l'ai fait pendant sept années, depuis sept ans au Parlement européen. Quand je suis d'accord avec le Rassemblement national, je vote comme l'ERN et je ne fais pas de blocage système. La réponse de Laurent Lavalette ?
Mon cher collègue Geoffroy Didier, déjà, merci de garder votre condescendance pour vous. Les Français qui votent pour le Rassemblement national, ce n'est pas par désespoir. Ce n'est pas ce qu'ils voient dans la personne de Marine Le Pen et Jordan Bardella et les valeurs qu'ils incarnent, le programme qu'ils incarnent, une solution pour sortir de l'enfer fiscal, migratoire, sécuritaire dans lequel ils sont. Vous ne dites pas trahir ces valeurs, mais j'aimerais tellement ne pas rire. Les derniers qui ont trahi un référendum, c'est votre famille politique, M. Didier. Alors, je veux bien, mais on vous a vu à l'œuvre. Vous dites que vous voulez réduire drastiquement l'immigration.
Nicolas Sarkozy a fait rentrer plus d'immigrés légaux que Lionel Jospin. Je siégeais juste à côté de vos collègues et du groupe d'Olivier Barlex. C'était 50 nuances de lâcheté. Donc, moi, je veux bien, mais moi, je pense que les LR courageux sont ceux qui sont partis avec Éric Ciotti, sont ceux qui ont senti le vent de l'histoire, qui ont vu qu'il y avait évidemment une fenêtre, un moment, parce que l'histoire, la politique, c'est aussi des moments. Et ce que je constate, M. Geoffroy Didier, c'est que vous n'en faites pas partie.
Bon, je ne convaincrai pas, alors, la valette, parce qu'elle est dans ses éléments de langage et dans son absolutisme, parce qu'au fond...
On a l'impression, surtout qu'elle n'a pas pardonné, que l'ORN ne vous a pas pardonné et ne vous a pas pardonné. En réalité...
Pour une raison simple, c'est que l'appareil du Rassemblement National n'a pas intérêt à ce qu'on règle les problèmes. Elle n'a pas intérêt à ce que ça marche. Ils veulent une crise de régime. Ils fonctionnent comme ça. Ils se nourrissent des problèmes. Donc, si je ne condamne pas les électeurs du Rassemblement National et que je ne les ai jamais jugés moralement, en revanche, je condamne ces options absolutistes qui ne visent qu'à une chose, c'est que tout pète. Mais d'ailleurs, j'ai une preuve de cela. C'est que Marine Le Pen, qu'est-ce qu'elle dit maintenant ? Elle dit, il faut un gouvernement technique.
À mon oeil, un gouvernement technique, alors même qu'il y a quelques semaines, elle disait non au techno. Donc, vous voyez, il y a même cette incohérence qui aujourd'hui trahit la volonté politique du Rassemblement National de tout censurer, de tout bloquer et au fond, de faire preuve d'irresponsabilité. Et attention, parce que comme je le disais tout à l'heure, les Français nous regardent et se disent quels sont ceux qui sont prêts à quelques compromis sans trahir leur valeur et quels sont ceux qui se braquent par tactique politicienne.
On va progresser, mais quand même, juste la réponse, bref, si vous voulez, de Laure Lavalette là-dessus et puis ensuite, on progressera.
Je ne sais plus quoi vous dire de ce que je vous ai dit déjà. Moi, je voudrais qu'on avance parce qu'encore une fois, les Français souffrent et je n'ai qu'une seule boussole, c'est l'intérêt des Français. Monsieur Didier, si vous étiez dans l'hémicycle, vous auriez constaté que j'ai voté des amendements de l'entièreté de l'hémicycle. J'ai voté des amendements qui venaient de la France insoumise quand je pensais qu'ils amélioraient le quotidien des Français. J'ai voté des amendements de Carl Olive, j'ai voté des événements de vos collègues LR. Donc, s'il y a bien quelqu'un qui n'est pas sectaire, qui propose ses propositions de loi à l'entièreté de l'hémicycle, c'est bien nous.
Je pense que le sectarisme, malheureusement, est aussi de temps en temps du côté de certains de vos collègues. Encore une fois, dépêchons-nous de sortir de ce cirque-là. Ce sont encore une fois les Français qui souffrent.
Merci beaucoup. Merci, Giorg. Merci beaucoup d'avoir été avec nous en direct. Un mot, si j'ose dire, de débriefing de la scène qu'on vient d'entendre, où on entend l'ERN qui dit en quelque sorte
Laure Lavalette