Damien Carême, maire de Grande-Synthe
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 0:43OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez que votre projet puisse être retoqué ?
- 1:14OuverteRéponse directe
C'est en rapport avec quoi ? La proximité d'une autoroute et d'une voie de chemin de fer à côté, c'est ça ?
- 1:40OuverteRéponse directe
Un camp de réfugiés avec des normes internationales, c'est-à-dire des conditions d'accueil plus décentes ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Vous dites que vous n'avez pas la même approche que la mer de Calais, c'est-à-dire ?
- 3:55OuverteRéponse directe
Financièrement, vous allez avancer la trésorerie. Vous dites qu'au final, c'est l'État qui va payer la facture d'un million et demi d'euros.
- 4:38OuverteRéponse directe
Parallèlement, un parc d'attraction, Heroicland, doit avoir le jour d'ici 2019, non loin de Grande-Synthe et non loin de Calais. Quelle est votre position à ce sujet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Invité politiqueFait
« Il y a un certain nombre de problèmes de sécurité qui ont été soulevés effectivement par les services de la préfecture »
- 1:46Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, le camp qui existe depuis 2006, alors qui était bien évidemment qui accueillait en très petit nombre des réfugiés, ils étaient entre 30 et 70 depuis 2006 à venir sur ce terrain »
- 2:00Invité politiqueFait
« ne présente absolument plus aujourd'hui les conditions décentes de vie. Les conditions sont inhumaines, c'est un terrain marécageux, les réfugiés sont là dans la boue »
- 2:57Invité politiqueChiffre
« Calais, le problème dure depuis très longtemps. Nous, jusqu'au mois de juillet dernier, il n'y avait que, je vous dis, une moyenne entre 30 et 70 réfugiés qui n'étaient que de passage sur la ville. »
- 3:12Invité politiqueChiffre
« on est passé de 70 réfugiés à 2 500 à 3 000 aujourd'hui »
- 4:05Invité politiqueFait
« moi, je fais confiance aux paroles de Bernard Cazeneuve, qui nous avait déjà reçus avec une délégation le 30 septembre »
- 4:20Invité politiqueFait
« on lui avait demandé des moyens financiers, que pour lui, on pouvait lui présenter les factures, on devait globaliser l'ensemble, lui présenter les factures, et qu'il agirait comme à Calais »
Temps de parole
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France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7. Votre invité ce matin, Éric Delvaux, par téléphone, c'est Damien Carême, le maire Europe Écologie-Les Verts de Grande-Synthe, dans le département du Nord. Oui, pour une opération inédite en France, car la ville de Grande-Synthe, associée à Médecins Sans Frontières, veut créer dans les jours à venir un nouveau camp pour réfugiés, conforme aux normes internationales, c'est-à-dire avec des conditions de vie bien plus décentes que ce qu'on a l'habitude de voir dans les camps. Bonjour Damien Carême. Bonjour. Un mot d'abord sur le calendrier.
Une réunion est prévue aujourd'hui avec la préfecture pour valider ou invalider le projet, un projet dont le préfet du Nord estime qu'il ne présente pas toutes les garanties de sécurité. Est-ce que vous craignez que votre projet puisse être retoqué ?
Je ne l'imagine pas en tout cas. Il y a un certain nombre de problèmes de sécurité qui ont été soulevés effectivement par les services de la préfecture, et donc nous allons travailler ce matin à faire en sorte que les conditions de sécurité soient réunies en faisant peut-être quelques aménagements nécessaires pour assurer la sécurité sur ce site. En tout cas, c'est un site qui se prête bien à notre sens avec Médecins Sans Frontières pour l'accueil, en fait le déplacement d'un camp actuel vers ce nouveau lieu.
Oui, je reviens sur les conditions de sécurité qui seraient mises à mal. C'est en rapport avec quoi ? La proximité d'une autoroute et d'une voie de chemin de fer à côté, c'est ça ?
Oui, c'est ça, mais on a les mêmes caractéristiques pour la communauté Maüs qui vit à côté, pour un camp d'une aire de repos, de genre de voyage qui est aussi dans les mêmes conditions, donc je pense qu'il n'y a rien de... rien ne pourra être réglé, enfin tout pourra être réglé, je veux dire. Rien n'est insurmontable. Rien n'est insurmontable. Voilà, pour assurer sa sécurité.
Un camp de réfugiés avec des normes internationales, c'est-à-dire des conditions d'accueil plus décentes ?
Oui, aujourd'hui, le camp qui existe depuis 2006, alors qui était bien évidemment qui accueillait en très petit nombre des réfugiés, ils étaient entre 30 et 70 depuis 2006 à venir sur ce terrain, ne présente absolument plus aujourd'hui les conditions décentes de vie. Les conditions sont inhumaines, c'est un terrain marécageux, les réfugiés sont là dans la boue, et plus ils sont nombreux, plus il y a de boue.
Le temps refroidit beaucoup en ce moment, donc il y a urgence à faire en sorte d'accueillir ces personnes-là dans des abris chauffés, avec des sanitaires suffisamment nombreux, avec des douches suffisamment nombreuses, avec des locaux pour que Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, pour que les associations qui travaillent au quotidien auprès de ces réfugiés puissent œuvrer dans des bonnes conditions. Donc il s'agit de mettre effectivement une structure aux normes internationales pour accueillir ces personnes.
– Les médias, et nous notamment, avons plus souvent regardé du côté de Calais, de la jungle de Calais, que du côté de Grande-Synthe. Vous dites que vous n'avez pas la même approche que la mer de Calais, c'est-à-dire ?
– Non, on n'est pas confronté au même problème. Calais, le problème dure depuis très longtemps. Nous, jusqu'au mois de juillet dernier, il n'y avait que, je vous dis, une moyenne entre 30 et 70 réfugiés qui n'étaient que de passage sur la ville. Et puis ce nombre a explosé depuis fin juillet, depuis la fermeture, le blocage du port de Calais, puisqu'on est passé de 70 réfugiés à 2 500 à 3 000 aujourd'hui. Donc le problème est très récent. Et moi, je veux tout de suite mettre en œuvre des solutions pour pouvoir assurer un accueil et faire en sorte que ce futur camp aussi ne puisse pas accueillir plus de réfugiés que ceux qui sont présents actuellement sur le site.
Pour éviter, parce que sur le terrain où ils sont actuellement, il fait 20 hectares ce terrain, il pourrait y en avoir 10 000, comme c'est compliqué d'éviter leur arrivée sur ce site-là. Il faut trouver un autre lieu qui fera en sorte qu'on bloquera l'arrivée de réfugiés supplémentaires et qu'on pourra travailler en faisant la promotion du droit d'asile à la résorption de ce camp. Parce que ce camp-là n'a pas vocation non plus à être pérenne dans le temps.
Oui. Financièrement, vous allez avancer la trésorerie. Vous dites qu'au final, c'est l'État qui va payer la facture d'un million et demi d'euros. Vous n'avez aucune crainte là-dessus, le rôle de l'État ?
Écoutez, moi, je fais confiance aux paroles de Bernard Cazeneuve, qui nous avait déjà reçus avec une délégation le 30 septembre, avec une délégation d'élus de la région d'Incarcoise, parce que le problème était déjà prégnant au mois de septembre. Et il nous avait dit à l'époque, puisqu'on lui avait demandé des moyens financiers, que pour lui, on pouvait lui présenter les factures, on devait globaliser l'ensemble, lui présenter les factures, et qu'il agirait comme à Calais. Donc je ne vois pas pourquoi aujourd'hui, je mettrais en cause les paroles du ministre de l'Intérieur.
Parallèlement, un parc d'attraction, Heroicland, doit avoir le jour d'ici 2019, non loin de Grande-Synthe et non loin de Calais. C'est un projet qui doit aussi drainer de l'argent public. Quelle est votre position à ce sujet ?
Sur le parc Heroicland, il est sur Calais, il est à 40 kilomètres de chez moi.
Mais c'est aussi un choix régional, c'est aussi un choix pour l'instant porté par la maire de Calais, qui va utiliser des fonds publics. Est-ce que ça vous choque ? Est-ce que vous avalisez ce genre de projet ?
Moi, les grands projets aujourd'hui, je les re-questionne tous. Effectivement, avec la difficulté de l'argent public, il y a peut-être d'autres choix et d'autres politiques à mener, mais je ne ferai pas d'ingérence dans les affaires calaisiennes. Je n'étais pas favorable à ce projet lorsqu'il est passé à la région Nord-Pas-de-Calais, et j'étais alors édu régional avec mon groupe politique. Mais je pense que l'argent public aujourd'hui, comme il est précieux, il faut qu'on l'utilise vraiment avec beaucoup d'une approche qui doit répondre aux difficultés de notre population en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie aujourd'hui.
Merci. Merci bien. Damien Carême, maire Europe Écologie des Verts de Grande-Synthe, invité du 5-7 ce matin.
Damien Carême