Budget 2025, effort demandé aux collectivités, loyers impayés des gendarmeries ... le "8h30 franceinfo" de David Lisnard
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Bonjour David Lissnard.
Bonjour.
Dans le cadre du budget de l'année prochaine, le gouvernement réclame 5 milliards d'économies aux collectivités territoriales, donc à vous aussi, notamment les mairies. Vous êtes prêts à faire l'effort ?
D'abord, il va falloir faire des efforts parce que la situation, elle est infernale. Je suis ravi, moi, de voir que ça devient un thème. Ça fait des années, des mois, je crois même juste sur ce plateau, j'avais alerté sur la spirale infernale de la dette publique. Souvenez-vous, je vais vous répondre très précisément, il n'y a pas si longtemps, certains nous répétaient sur vos ondes que la dette, ce n'était pas grave, c'était virtuel, ils n'étaient pas obligés de la rembourser. Et puis on se rend compte que rien que cette année, en tant que contribuable, vous et moi, nous payons cinq fois plus pour les intérêts de la dette de l'État que pour tout le budget de la justice.
Donc, évidemment, c'est un sujet majeur parce que ce n'est pas une abstraction comptable. En revanche, ce qui m'énerve, ce qui m'agace, ce qui nous contrarie, c'est toute la présentation qui est faite où on demande des efforts. D'abord, il y a un côté infantilisant, comme toujours, qui est assez pénible. Mais sur le fond, il ne s'agit pas d'économie. Il s'agit de prélèvements supplémentaires de l'État. C'est-à-dire qu'une fois de plus, l'État demande aux autres d'assumer ses propres turpitudes. Et ça, ce n'est pas acceptable.
On tourne un peu en rond parce que, ce matin, sur France Info, le gouverneur de la Banque de France dit que chacun doit arrêter le jour au chamboule tout avec les pistes d'économie. Manière de dire qu'en fait, tout le monde veut des économies, mais personne ne les veut pour soi.
C'est faux. Moi, je veux dire, dans ma commune, je suis maire depuis dix ans, on a baissé la dette de 71 millions d'euros 500 000. On n'a pas créé une fiscalité additionnelle. On n'a pas augmenté un taux. On a multiplié par cinq la capacité d'autofinancement. C'est une commune qui a d'énormes charges de centralité, qui a un taux de pauvreté de 21% parce qu'il y a des présupposés qui est nettement supérieur à la moyenne nationale, qui est de 13,8. Et en faisant du management participatif, en travaillant avec les agents de la fonction publique. Non mais d'accord, David Gistard,
mais sur la question des collectivités territoriales, l'argument de l'État, l'argument du gouvernement, c'est de dire, l'effort global d'économie des administrations publiques s'élève à 40 milliards d'euros. À vous, on ne vous demande que 5 milliards d'euros, c'est-à-dire 12,5% de l'ensemble. Vous n'êtes pas capable de faire ça ?
Alors, je vais vous répondre très précisément, si on a le temps. Les dépenses l'année prochaine, le gouvernement, l'État, compte les augmenter de 2,5%. Moi, je n'appelle pas ça les économies. Premier élément.
C'est-à-dire qu'il va baisser 40 milliards ?
Deuxième élément. C'est comme lorsqu'on dit, il faut faire des prélèvements supplémentaires sur les entreprises ou sur les ménages. C'est-à-dire qu'en fait, c'est du rafistolage d'un système qui est à bout de souffle. Alors, il faut redresser les comptes publics, mais ce qu'il faut, c'est changer le périmètre de l'intervention publique. Parce que parallèlement, contrairement à ce que j'entends, il y a des transferts de charges tous les jours. On doit assumer la lutte contre les inondations. Avant, c'était l'État. C'est l'aménagement du territoire. C'est colossal. Le retrait du trait de cote. On nous demande d'augmenter le taux d'encadrement dans la petite enfance.
La petite enfance, ce n'était pas une compétence obligatoire des collectivités. Donc, chaque jour, on nous transfère des charges. Le code de l'environnement qui s'applique à nous est passé de 100 000 mots à 1 million de mots. Le code général des collectivités territoriales a été multiplié par 3 en 20 ans. Il y a un harcèlement textuel qui crée de la bureaucratie. Donc, il faut s'attaquer à la matrice qui fait qu'il y a plus de dépenses qu'ailleurs en France pour moins de services publics. Parce qu'il faut qu'il y ait moins de bureaucrates et il faut qu'il y ait plus d'infirmiers, de policiers, etc. Donc, moi, hier soir, j'ai vu Catherine Vautrin. Je lui ai fait des propositions.
Je lui ai dit supprimer. On lui a listé un certain nombre de décrets. Par exemple, on nous impose dès le 1er janvier l'amortissement des voiries. Avant, les voiries, c'était l'État. Ça va nous coûter 500 millions par an. Quand on supprime cette obligation purement comptable, abstraite, on nous impose, il y a des décrets d'avril, un système d'autorégulation automatisée des bâtiments, 1,5 milliard à la charge des collectivités. Donc, il faut arrêter cette schizophrénie, cette hypocrisie. Il faut d'abord réduire le périmètre de l'intervention publique. Là, on fera des vraies économies et on relancera une action publique performante.
Nous allons faire des propositions, nous, pour assainir les comptes publics et pour que l'État s'astreigne aux efforts qu'il demande aux autres.
Juste une précision sur ce que vous nous disiez parce que le gouvernement dit qu'on baisse les dépenses de 40 milliards et vous nous dites qu'elles vont augmenter
de 2,5%. Retrouvons-nous dans quelques semaines sur ce plateau et puis vous verrez le projet de loi de finances.
En fait, l'État et le gouvernement essaient de ralentir l'augmentation. Voilà, formidable. Moi, je les ai blessés dans ma commune. Des dépenses.
Sans contrainte.
Vous dites que c'est des baisses en tombe-l'œil, en fait ?
Oui, parce qu'on ne s'attaque pas au cœur. C'est-à-dire que, je pense qu'en fait, le gouvernement actuel, le pauvre, hérite d'une situation. D'ailleurs, vous regardez tous ceux qui donnent des leçons qui étaient au pouvoir il y a quelques semaines, c'est ceux qui nous ont mis dans une situation inouïe. C'est assez surréaliste. Donc, ils sont en apnée parce qu'ils doivent, après-demain soir, ou demain soir, faire passer le budget à Bruxelles. Donc, il faut vite faire des lignes comptables. Mais on ne s'attaque pas à la matrice. Donc, ça va être des prélevants supplémentaires. Parce que, dans les 5 milliards... Non, mais juste... Pardonnez-moi. Pardonnez-moi.
Dedans, on nous dit qu'on va faire un fonds de précaution. Et on va donc nous prélever une fois de plus sur nos recettes, après nous avoir prélevé 71 milliards d'euros sur le bloc communal depuis 2010, 2%. 2% dans ma commune, c'est 10 millions d'euros de moins. Et parallèlement, on me dit de faire plus de crèches, plus d'écoles. Attendez, les gars, ce n'est pas possible, ça.
Donc, l'État se décharge sur les collectivités territoriales, c'est ce que vous dites. Vous dénoncez aussi la bureaucratie, le millefeuille.
Mais c'est ce que disent tous les maires. La ruralité de gauche, de droite, du centre, les jeunes, les vieux. Voilà, c'est une réalité concrète. Mais quand même,
le ministre de l'économie précédent, lui, il a dénoncé un dérapage de 7 milliards d'euros. 16 milliards d'euros.
Moi, ça a été démenti, vous l'avez vu tout de suite par le gouvernement actuel, y compris Catherine Vautrin, je vous invite dans Ouest de France.
Donc, il y a une bonne gestion
des collectivités territoriales ? Vous comprenez bien, il y a des collectivités territoriales mal gérées. Il y a toujours des gaspillages, il y a des collectivités bien gérées. Quand on regarde d'un point de vue macro, le total, même avec le millefeuille, des dépenses des régions, des départements, des intercommunalités et des villes, malgré les chevauchements et les mauvaises gestions de certains, c'est 11% de la richesse produite. La moyenne européenne des dépenses des collectivités territoriales, c'est 20%, c'est 19%. Donc, on peut toujours dire qu'il y a un rond-point de trop, qu'il y a une feuille de remboursement, etc. Le problème des comptes publics, c'est les grandes masses.
Et c'est d'abord les dépenses de l'État qui ont augmenté de façon exponentielle et ce sont les dépenses sociales qui représentent 34% du PIB.
Mais il y a aussi la bureaucratie, David Lysnard. Il n'y a pas trop de postes dans les collectivités territoriales. Par exemple, la Cour des comptes dit qu'il faudrait supprimer 100 000 postes.
Ah mais moi, je rêverais qu'on puisse les supprimer mais pour supprimer ces postes-là parce qu'en revanche, on n'a pas trop de balayeurs, on n'a pas trop d'agents dans les crèches, on n'a pas trop de policiers. Là aussi, d'ailleurs, transfert de charges. La police municipale, c'est le secteur qui a le plus augmenté ses effectifs depuis 10 ans, c'est plus 35% parce qu'on n'a plus de police nationale à cause de la bureaucratie. Et il n'y a pas un sujet sur le temps de travail dans les collectivités locales ? Ça dépend desquelles. Moi, j'ai zéro sujet chez moi.
Mais si on supprime les contraintes débiles qu'on nous impose tous les jours ou pour faire le moindre équipement, j'essaie de faire une unité de valorisation thermique des déchets, ça fait 8 ans de procédure. On me demande des études 4 saisons sans arrêt. La Direction générale de l'environnement va contredire la maison de l'environnement qui va contredire la Direction départementale du territoire de la mer. Tout ça, il faut supprimer tous ces services éclatés de l'État, donner de l'autorité au préfet et réorganiser. Moi, c'est ce que je prends. Là, ce n'est pas la NMF qui parle. Donc, plus que des économies,
vous demandez une réorganisation.
Mais c'est ce que je propose très concrètement avec mon parti de Nouvelle Énergie. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on ne sortira pas de cette spirale infernale d'être le pays qui dépense le plus d'argent public qu'ailleurs avec des fonctionnaires moins bien payés qu'ailleurs et avec des contribuables qui paient plus qu'ailleurs si on ne revoit pas complètement l'organisation du pays comme la France a su le faire en 1926 avec Poincaré, comme la France a su le faire en 1958 avec De Gaulle, comme la Suède a su le faire il y a 20 ans, comme l'Irlande a su le faire, comme les Pays-Bas ont su le faire, comme, voilà, s'il n'y a pas de fatalité à l'échec français. Il y a quand même une question
d'argent derrière tout ça. Vous l'avez dit à le déficit. La Cour des comptes dit aussi qu'il faut tout revoir, remettre à plat les dotations globales de fonctionnement que vous verse l'État chaque année. Inégalement réparti, la Cour propose qu'elle ne soit plus versée aux communes, comme c'est le cas aujourd'hui, mais plutôt aux intercommunalités. Alors, deux choses.
La dotation globale de fonctionnement, ce n'est pas de l'argent que verse l'État aux communes, c'est de l'argent que l'État prend aux communes et qu'il reverse aux collectivités. Ça a été créé pour ça en 1979. L'État a supprimé des fiscalités. Lorsqu'il supprime la taxe d'habitation, alors que les prélèvements obligatoires augmentent, eh bien, ensuite, il s'engage à redistribuer aux francs prépues et à l'europrès, ce qu'il ne respecte plus. La Cour des comptes, elle dit d'ailleurs que l'État ponctionne, ne rembourse que 64%. Depuis 10 ans, on a perdu 35% de DGF. La Cour des comptes le dit. Ensuite, la Cour des comptes... Mais le système est opaque, vous le savez.
La Cour des comptes, elle est aussi constituée de personnes qui sont parfois un peu des technocrates. C'est un peu les petits en Hongrie comme à Bercy. Et je vais vous dire pourquoi. Parce qu'ils ont ce culte du grand ensemble. Ils s'imaginent que plus l'ensemble est grand, plus il est performant. C'est les mêmes qui nous ont imposé les intercommunalités qui disent qu'il y a des chevauchements de compétences. Nous, on n'a rien demandé. Ce sont les mêmes qui nous ont imposé de réaliser des schémas régionaux d'aménagement, les SRADET, puis des plans locaux intercommunaux, puis les schémas de cohérence d'organisation territoriale.
On passe notre vie avec des cabinets de conseil, des augmentations de dépenses, des bureaucrates. C'est les mêmes. C'est les mêmes technocrates qui aujourd'hui nous font la leçon. Alors, venez gérer un magasin. Moi, j'ai fait ça toute ma vie. Venez gérer une mairie et puis vous nous expliquerez comment ça marche. Pour l'instant, laissez de la liberté, de la responsabilité. C'est aux citoyens de sanctionner les élus. C'est pour ça qu'il faut qu'il y ait un impôt qui ne soit pas payé que par les propriétaires.
C'est la responsabilité des citoyens. Dans ce contexte, cette info qui a été révélée hier par nos confrères de France Bleu, 200 millions d'euros, c'est le montant total des impayés de la gendarmerie aux communes françaises, des loyers pour les locaux municipaux qu'ils occupent. Le ministère de l'Intérieur a confirmé ces infos hier. Il les impute à des annulations de crédits qui sont liées aux surcoûts des jeux et des émeutes en Nouvelle-Calédonie. Ça vous inspire quoi ?
Ça a été révélé par deux sédateurs et ça a été révélé par l'association des maires des Pyrénées-Orientales, l'excellent Edmond Jordan. Ça m'inspire que c'est tout ce qu'on vit tous les jours, nous. C'est qu'en fait, dans des crédits de paiement, on a sollicité les collectivités récemment, l'État en disant portez les investissements parce qu'on n'y arrive pas. Alors que c'est une compétence purement régalienne et on vous paiera des loyers. Et puis après, on ne peut pas le loyer. On n'a pas découvert les JO. Alors c'est vrai qu'il y a eu la Nouvelle-Calédonie. Ça, c'est vrai. Ceci étant, on voit bien qu'à chaque fois, la variable d'ajustement, ce sont les communes.
Et beaucoup de Français ne le savent pas parce qu'ils entendent toute la journée qu'il y a trop de fonctionnaires, trop de ci, trop de ça. Je pense qu'il y a trop d'agents publics en France à cause de la bureaucratie et à cause des injonctions contradictoires. Mais ça m'inspire qu'il va falloir vite rétablir des relations de confiance avec l'État. La réaction du ministre de l'Intérieur a été très bonne, très saine. Bruno Rotaillot a été très clair hier. Michel Barnier est un homme... Il dit qu'il va régler le problème il y a un an. Enfin, il dit que
ce ne sera pas réglé pour la plupart des cas
avant janvier. Oui, mais il le dit avant la fin de l'année pour des raisons juridico-administratives. Et puis, il y a un Premier ministre, Michel Barnier, qui est un homme de parole et respectable. Je ne partage pas la vision de Bercy, vous l'avez compris. Mais j'espère
parce qu'à Bercy ce sont des macronistes et le Premier ministre il est de droite comme vous ?
Non, parce que je pense que Bercy est devenu un État dans l'État depuis une quarantaine d'années et que c'est vraiment un régime de technocrates et ils ont profité de la vacance politique cet été pour un projet de budget totalement techno et qui ne va faire qu'amplifier les problèmes publics. Ce que je veux vous dire c'est que c'est la fausse rigueur. Vous savez que le budget
là il est relié à Matignon. C'est la fausse rigueur.
C'est la fausse rigueur. C'est-à-dire qu'en fait en augmentant les prélèvements sur les entreprises sur certains ménages et sur les collectivités en vogue on va dissuader l'initiative ça va avoir un effet récessif dernier chiffre parce que dans la dette publique 92% de la dette en France publique c'est l'État et les comptes sociaux c'est l'État. Les collectivités territoriales ne représentent plus que 8% de la dette et ce n'est qu'une dette d'investissement. Ce qui est proposé là va se faire au détriment de l'investissement et au détriment de l'activité puisque les collectivités territoriales c'est seulement 8% de la dette mais c'est 70% de l'investissement public.
Vous venez de prononcer le mot vacances politiques au sens juridique de vide voilà de vide qu'il y a eu notamment à la suite de la de l'étrange dissolution de la dissolution mais également en janvier dernier il y a eu plusieurs semaines où le ministre des comptes publics était lui-même en attente de sa renomination après la nomination de Gabriel Attal selon nos confrères des Echos ce matin ça contribue à cette dérive des finances publiques tout au long de ces 9 derniers mois est-ce qu'Emmanuel Macron a une responsabilité dans cette dérive qui est de l'ordre de 100 milliards d'euros de 1000 milliards d'euros
de 100 milliards pour ces 9 derniers mois parce que la dette publique depuis qu'il est président l'a augmenté de 1000 milliards donc oui bien sûr je le disais je l'ai toujours dit je l'ai dit sur ce plateau il a évidemment une responsabilité là je parle
à propos de ses décisions
mais oui parce que alors d'abord parce que dans la matrice intellectuelle c'est du technoconformisme donc c'est toujours c'est a été le quoi qu'il en coûte au début était bien fait il fallait soutenir l'activité soutenir les français au moment de la crise Covid et puis ça a été prolongé de façon artificielle c'est devenu une espèce de jeu politicien de clientélisme d'état et on l'a prolongé bien plus que les autres pays et c'est pourquoi la dette depuis 2019 en France elle a augmenté de 14 points du PIB alors que la moyenne européenne c'est 4 points vous imaginez l'écart de 10 points c'est 300 milliards c'est simple et ça a été ce que j'ai appelé le n'importe quoi qu'il en coûte donc il y a eu de la facilité politicienne et ensuite il y a eu toute cette procrastination comme on dit cette incapacité de décision même quand il avait nommé Elisabeth Borne souvenez-vous ça devait être Catherine Vautrin puis ça a changé dans la nuit donc manifestement il y a un problème de capacité décisionnelle
juste quand même sur la question des finances publiques parce que l'effort il est inédit 60 milliards d'euros les économies les augmentations d'impôts pour vous c'est du racket
disons que quand on arrive à des taux de prélèvement de plus de 60 65% en additionnant ça devient de la spoliation et surtout au-delà de la considération morale parce que c'est un terme mais surtout c'est pas bon pour les comptes publics c'est qu'à la fin on fait plus de déficit qu'ailleurs puisque ce qu'il faut c'est redevenir un pays de producteur il faut créer de la richesse il faut créer de la valeur il faut qu'on ait un état fort sur le régalien et sur la justice et sur la justice sociale aussi donc ça veut dire qu'il faut qu'on redevienne productif moi il y a 50 ans la France était plus riche par habitant que la Suisse aujourd'hui on est moitié moins riche j'étais en Corée du Sud il y a quelques jours on est passé en richesse par habitant derrière la Corée du Sud ils ont un système social contrairement à ce qu'on pense qui devient avancé donc il faut comprendre que ce système de collectivisation de la société nous amène dans le mur et que la facilité technocratique c'est toujours de faire croix passer des économies des dépenses ou des recettes supplémentaires pour des économies et les prélèvements supplémentaires détruisent l'activité il faut relancer l'activité c'est pour ça d'ailleurs qu'il ne faut pas revenir sur les réformes qui avaient été décidées sur la réforme des retraites et sur la réforme du chômage mais il faut surtout changer de système de retraite David Lissnard la dégradation des comptes publics c'est avant tout les retraites il faut le savoir le 830 France Info Jérôme Chapuis Salia Brachia
toujours avec le président de l'association des maires de France David Lissnard vous parliez des retraites juste avant le fil info vous dites de toute façon on est à bout de souffle dans ce système là vous vous prônez un système par capitalisation
bien sûr je pense que c'est le seul système qui pourra rétablir la justice sociale d'assainir les comptes publics de recapitaliser l'économie c'est-à-dire de pouvoir investir et de créer de la souveraineté industrielle
et la capitalisation c'est pas justement la prime aux plus riches à ceux qui arrivent à épargner et les plus modestes dans tout ça
c'est tout le contraire d'ailleurs ceux qui disent ça ont tous des retraites par capitalisation quasiment tous la réalité c'est tout le contraire je vais vous expliquer c'est-à-dire qu'il faut garder un système de répartition qui soit un filet de sécurité intergénérationnel et ensuite entre la répartition filet de sécurité minimum vieillesse et la retraite libre par capitalisation il faut qu'il y ait un régime de retraite par capitalisation obligatoire donc une substitution de la répartition vers la capitalisation ce qui fait que notamment les travailleurs port vont pouvoir se doter d'un capital vont pouvoir être propriétaires de leur retraite le rendement c'est démontré même avec les soubresauts boursiers vous regardez ce qui se passe aux Pays-Bas vous regardez ce qui se passe dans le monde entier vous regardez ce qui se passe dans la caisse de retraite par capitalisation obligatoire des pharmaciens de la Banque de France de la fonction publique dans la fonction publique
pardon mais ce que vous proposez ça existe déjà en Suède et ça appauvrit les retraités
c'est faux c'est archi fausse ce que vous dites le rendement non c'est totalement faux et regardez ça se passe dans la fonction publique où la retraite par capitalisation est obligatoire depuis 2003 et c'est exécutif depuis 2006 c'est co-géré par les syndicats les mêmes qui sont contre dans les manifestations sont les mêmes qui la gèrent et qui se l'appliquent à eux-mêmes donc on ne peut pas dire d'un côté ces salauds d'actionnaires qui gagnent de l'argent sans rien faire et vouloir priver le peuple les gens modestes et les travailleurs de l'accès à ces rendements là donc moi c'est ce qu'on propose et aujourd'hui et ça je peux vous le démontrer ça vous l'avez dit
Michel Barnier ?
bien sûr bien sûr mais moi je le dis partout je le clame pour l'instant j'en sais rien en tout cas c'est pas l'ordre du jour mais ça fait des années que je le propose et c'est la seule façon et en plus c'est une vision de la société ça permet aux individus d'être propriétaires de leur vie et vous comprenez bien de toute façon qu'on n'a pas le choix que le retraite de répartition qui a été conçu à la libération quand il y avait 6 enfants par couple qui a été mis en oeuvre dans son apogée dans les années 50-60 où il y avait 4,8 enfants par couple aujourd'hui on est à 1,6 donc c'est une pyramide de bonzie ça ne peut pas durer et on est en train de faire surcotiser nos enfants pour assurer les retraites actuelles c'est absolument indigne et c'est un sacrifice de nos enfants et de nos futurs petits-enfants
David Lissner il y a un autre sujet dont on parle beaucoup encore aujourd'hui en raison de cette tempête qui va traverser la France je crois que votre ville d'ailleurs a hier été touchée elle aussi par des intempéries vous évoquiez tout à l'heure ces intempéries qui coûtent de plus en plus cher il va falloir investir parce que les rues inondées la voie qui se dégrade est-ce que vous avez les moyens aujourd'hui d'adapter vos infrastructures ?
on a les moyens si on nous laisse de la liberté financière et de la responsabilité dans l'agglomération Can-les-Reims avec Cannes avec Mandelieu on a été très très sinistrés régulièrement parce qu'on est dans une cuvette j'entends dire n'importe quoi il y a une cuvette géographique il y a des intensités fortes n'importe quoi l'aménagement de votre ville le bitume nous avons travaillé avec le ministère de l'environnement et nous avons un programme pionnier qui est une coproduction ministère de l'environnement et agglomération Can-les-Reims de 148 millions d'investissements sur 18 ans pour désartificialiser les sols recalibrer les cours d'eau gérer etc permettre que les écoulements se fassent et ça se fait de mieux en mieux et ce matin en venant j'écoutais France Info bien sûr avant de venir parce que je me mettais dans la couleur et j'entendais dire grande alerte à Paris alerte orange etc on annonce sur 24 heures 50 mm d'eau à Cannes le 23 septembre on n'a pas eu d'alerte orange on a eu une alerte jaune tous les 3 jours où on a eu 52 mm en 26 minutes croyez-moi ça ressemble beaucoup au chute du Niagara
et donc face à tout cela on a vu certaines mairies qui expliquent avoir des difficultés à trouver une assurance il y a des contrats qui sont en plus
ça aussi ça vous inquiète ? oui alors on a lancé l'AMF a tiré la sonnette d'alarme c'était après les émeutes urbaines à l'été 2023 Alain Chrétien qui est important au sein de l'AMF a mené un travail et on a fait des propositions pour trouver un accord qui tienne compte de la réalité financière de tout cela mais pour qu'on puisse assurer les collectivités
David Lysnard les obsèques hier de Nessim Ramdam hier chauffeur VTC à Marseille tués froidement par un gamin de 14 ans un tueur à gages mineurs dans votre département plus 43% c'est la hausse du nombre de mineurs déférés à Nice devant un juge depuis le début de l'année seulement par rapport à la même période en 2023 les délinquants et criminels sont de plus en plus jeunes liés notamment au narcotrafic qu'est-ce qu'on fait face à ça ?
c'est un phénomène terrible qui touche tout le pays il y a une espèce de mexicanisation de la délinquance liée à la drogue et aux armes et avec Alexandre Martin député nous avions proposé il y a deux ans après vous savez ce fait divers d'une dame à Cannes que je connais une bocassienne qui s'appelle Angèle parce qu'elle a été connue son prénom de trois gamins 14 ans 15 ans qui avait failli la tuer en la frappant pour voler un sac et on avait proposé donc des dispositions qui rendaient effectives les sanctions il faut écouter ce que disent les pédopsychiatres et je pense notamment au docteur Berger c'est-à-dire que moi-même qui ai des gosses on sait qu'il faut que la sanction soit immédiate et réelle il faut qu'elle soit proportionnée je veux dire on est un état de droit donc il faut créer aussi des centres disciplinaires fermés pour les gamins qui commencent à être récidivistes il faut absolument les isoler des autres donc il y a un travail de sanction de discipline d'autorité qui est nécessaire pour protéger la société mais aussi pour sauver certains de ses enfants et puis parallèlement il faut vraiment qu'on retrouve une ambition éducative une lutte contre l'incivisme c'est les deux les deux piliers qu'il faut développer
je parlais du narcotrafic c'est une question d'autorité un manque d'autorité ou alors une question de misère sociale aussi si on prend l'exemple de Marseille c'est gagner de l'argent
des dizaines de milliers d'euros très facilement je pense à ma grand-mère qui avait 9 gosses qui étaient bien pauvres que toutes ces personnes-là et il n'y en a pas un qui tuait des gens à coups de couteau donc je trouve que c'est faire insulte aux pauvres que d'estimer qu'une sorte de déterminisme à la criminalité par la difficulté sociale ceci étant il y a un contexte social bien sûr de désagrégation civique et donc c'est pour ça qu'il faut maîtriser les flux migratoires parce qu'on a beaucoup de pauvreté dans ces migrations et donc il faut mieux accueillir mieux intégrer et d'ailleurs beaucoup d'immigrés sont en parfaite ligne avec ça contrairement à ce qu'on croit parfois dans le microcosme il faut évidemment retrouver de l'autorité parce qu'un enfant un adolescent a besoin de savoir des repères d'avoir des repères et il faut que ce soit simple il faut que la sanction soit effective donc le code pénalé mineur ne convient plus il faut que la
il y a eu des réformes quand même
sous l'éric du pont-moretti elles sont pires puisqu'elles ont différé l'application des sanctions de plusieurs mois elles sont pires il faut que la sanction soit immédiate il faut que l'excuse de minorité soit justifiée par le juge il faut qu'elle porte sur 20% de la peine et non plus 50% c'est ce que propose Alexandra Martin et surtout au-delà du contexte juridique il faut que dans la réalité des choses quand on nous dit un centre d'éducation fermé vous vous rendez compte qu'il n'est ni éducatif ni fermé que c'est ouvert donc il faut que les choses soient exécutées et puis parallèlement il faut trouver une ambition il faut rétablir la raison critique dès l'école primaire il est absolument essentiel de retrouver une ambition une espérance éducative et culturelle c'est aussi important
David Lissnard votre nom a circulé pour Matignon vous avez été reçu par le président de la république à ce moment-là finalement vous n'y êtes pas il y a de la déception
non non non non parce que il y aurait eu de la déception si je ne sais pas s'il y avait vraiment l'intention de m'aider ou pas ou si c'était bon voilà mais s'il y avait une nomination je n'avais pas pu bosser voilà donc moi je ne suis pas désœuvré j'ai envie de faire des choses surtout moi je ne serais pas en train de vous parler j'ai de l'ambition mais pas d'arrivisme
vous auriez fait les choses
différemment de Michel Barnier ? on est différents je respecte moi j'ai envie que Michel Barnier réussisse il a des gens dans son équipe qui sont des gens formidables je vous dis ça parce que tout à l'heure vous nous disiez l'état nous demande plein de choses et moi je pense on n'a pas l'impression que les élus locaux
quand ils prennent des responsabilités nationales ils sont un peu voilà ils sont dans des contradictions
je pense qu'aujourd'hui on a besoin pour éviter l'extrémisme et pour éviter la violence et la désagrégation de notre société on a besoin d'une radicalité c'est à dire la racine des choses c'est pas du tout l'extrémisme et pour cela j'avais proposé quand j'avais parlé au président de la République il fallait des packages de référendums sur l'économique et le social sur le sécuritaire et le migratoire il faut s'appuyer sur l'opinion publique et on a besoin de retrouver surtout le sens de l'exécution des choses je pense que Michel Barnier il a ça en lui j'en suis sûr le sens du concret de moins légiférer de renverser la façon dont on produit le droit de revenir à des règles générales de droit compréhensibles par tous mais de les faire appliquer et c'est pour ça que j'ai créé un parti politique qui s'appelle Nouvelle Énergie qui met au coeur de notre vision la liberté la responsabilité individuelle qui est la source de la dignité individuelle et de l'unité collective
juste vous dites quand même ce matin pas de déception pour Matignon mais vous avez dit aussi le système a torpillé mon hypothèse
oui bien sûr mais c'est très intéressant parce que mais tant mieux mais moi ça m'encourage c'est à dire que je vois bien que
c'est qui le système et pourquoi ?
alors le système c'est Bercy le système c'est les petits hommes gris le système c'est le conformisme technocratique c'est ceux qui toute la journée vous font la leçon mais plantent tout ce qui touche c'est à dire que ça fait 40 ans qu'on augmente la dépense publique qu'on augmente les prélèvements obligatoires qu'on est devenu le pays où il y a le plus de dépenses publiques le plus de prélèvements obligatoires et où il y a de moins en moins de services de proximité parce que ces gens là pensent que tout ce qui est planifié par l'état tout ce qui fait l'objet de schémas directeurs tout ce qui est codifié marche mieux mais ça fonctionne pas ça fonctionne pas autrement la Corée du Nord serait plus riche que la Corée du Sud c'est le contraire c'est la Corée du Sud qui est plus riche autrement les Etats-Unis seraient plus pauvres que l'Union soviétique et l'Union soviétique aurait gagné face aux Etats-Unis mais l'Union soviétique elle n'existe plus voilà donc il faut sortir de ces schémas intellectuels
le maire de Cannes et président de l'association des maires de France David Lissner a été notre invité ce matin sur France merci à vous c'était la course du temps vous l'avez dit tout à l'heure je vous laisse en compagnie de Xavier Braque les informer dans un instant
David Lisnard