Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 18 mars 2019 8 minComplaisantFond programmatiqueSantéNumérique

Stéphanie Rist : "Il manque près de 4000 médecins en France"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33FerméeRéponse directe

    Combien de médecins en plus faut-il ?

  • 1:29OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui garantit que ces nouveaux médecins iront s'installer dans des déserts médicaux ?

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Et qu'est-ce qui garantit aussi qu'on aura des généralistes ?

  • 3:02RelanceRéponse directe

    Si les étudiants n'ont pas envie d'être généralistes, on ne peut pas les forcer.

  • 3:39OuverteRéponse directe

    Et est-ce que ce ne serait pas plus simple d'employer la manière forte à une mesure coercitive ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    J'aimerais qu'on y revienne plus en détail sur la création de ce nouveau métier : les assistants médicaux.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueChiffre
    « Quand on regarde par rapport à l'Europe, on est environ 20% en dessous du nombre global de médecins par rapport aux pays auxquels on peut se comparer, comme l'Allemagne par exemple. »
  • 0:47Invité politiqueChiffre
    « environ 4000 à peu près »
  • 0:50Invité politiqueChiffre
    « Entre 4000 et 8000 »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas eu ce courage politique de le faire. Nous le faisons. Il était temps. »
  • 3:22Invité politiquePromesse
    « je porte un amendement sur la diminution du taux d'inadéquation, c'est-à-dire que le nombre de postes dans les régions, en troisième cycle, seront réduits »
  • 4:37Invité politiqueChiffre
    « le nombre global, cependant, on forme autant de médecins qu'en 1973 par an »
  • 4:42Invité politiqueChiffre
    « il y a eu 20% de population en plus avec des malades plus âgés »
  • 5:00PrésentateurPromesse
    « Le plan santé prévoit le déploiement de 4000 assistants médicaux d'ici à 2022. »
  • 7:10Invité politiqueChiffre
    « Dans ma région, ça marche. 30% de patients en plus. »

Temps de parole

  • Stéphanie Rist73 %
  • Présentateur27 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h20, notre système de santé est inefficace, injuste et périmé, selon les mots d'Emmanuel Macron. Le président veut le réformer, et pas qu'un peu. Le projet de loi arrive aujourd'hui en séance publique à l'Assemblée Nationale. Bonjour Stéphanie Riste. Bonjour. Vous êtes députée La République En Marche du Loiret, co-rapporteur de ce projet de loi, également médecin rhumatologue. L'objectif de cette réforme, c'est notamment de lutter contre les déserts médicaux. Combien de médecins en plus faut-il ?

0:35
Stéphanie Rist

Quand on regarde par rapport à l'Europe, on est environ 20% en dessous du nombre global de médecins par rapport aux pays auxquels on peut se comparer, comme l'Allemagne par exemple.

0:44
Présentateur

Donc ça fait quelques milliers de personnes ? Oui, environ 4000 à peu près. Il manque 4000 médecins en France. Entre 4000 et 8000. Et donc pour les obtenir, ces 4000 médecins, il faut mettre fin au numerus clausus, c'est l'une des mesures principales du texte.

0:56
Stéphanie Rist

Ah oui, il fallait le faire. Alors ça fait déjà plusieurs années qu'il fallait le faire. Il aurait fallu le faire il y a 15 ans, puisqu'on sait qu'il faut 10 ans pour former des médecins. Il n'y a pas eu ce courage politique de le faire. Nous le faisons. Il était temps. Et ça veut dire qu'il n'y aura plus aucune limite ? Alors bien sûr que s'il y aura des limites, parce que nous continuons à former des professionnels de santé et des médecins de haute qualité. Donc quand vous rentrez en faculté de droit, vous ne passez pas forcément en deuxième année. De la même sorte, vous rentrerez en première année d'études de santé, vous ne serez pas forcément admis en deuxième année.

1:29
Présentateur

Qu'est-ce qui garantit que ces nouveaux médecins iront s'installer dans des déserts médicaux et pas en Aquitaine ou en Provence-Alpes-Côte d'Azur ? Là, ils sont très nombreux.

1:37
Stéphanie Rist

La première chose, c'était d'augmenter le nombre global. Mais ce texte de loi et tout l'ensemble du plan Ma Santé 2022 portent des mesures qui permettent d'améliorer sur les territoires l'installation des médecins. Quelles mesures par exemple ? Par exemple, la libération du temps médical. On va libérer le temps médical avec les assistants médicaux, avec les infirmières de pratique avancée. Et on va coordonner mieux les professionnels entre eux, ce qui permet à ce que le médecin se recentre sur sa tâche et donner plus de médecins très rapidement aux Français. Mais ça, ça ne veut pas dire qu'ils iront dans les déserts médicaux. On en reste toujours au même problème.

Vous savez, les déserts médicaux, maintenant, on reconnaît que c'est une situation globale. En France, il y a très peu d'endroits où les médecins sont en surnombre. Donc, en augmentant le nombre global, en organisant mieux, il y aura une répartition territoriale satisfaisante.

2:26
Présentateur

Et qu'est-ce qui garantit aussi qu'on aura des généralistes ? Parce que ça aussi, c'est une nouveauté. Dans l'ancienne génération, il y a beaucoup de généralistes. Aujourd'hui, les jeunes qui font médecine veulent plutôt devenir spécialistes.

2:36
Stéphanie Rist

Alors ça, c'est à l'entrée dans le troisième cycle qu'il existe une répartition entre les différentes spécialités. Et maintenant, dans l'entrée dans le troisième cycle, les répartitions seront faites d'une part avec les universités, mais aussi avec les agences de santé, qui permettront en fonction des besoins d'un territoire, certains territoires auront besoin de plus de spécialistes que de généralistes, et en fonction de certaines spécialités. Donc, cette répartition, elle va être faite au plus proche des territoires.

3:02
Présentateur

Oui, mais la répartition, elle est faite aussi en fonction des envies des étudiants. Si les étudiants n'ont pas envie d'être généralistes, on ne peut pas les forcer.

3:09
Stéphanie Rist

Non, mais les places, elles seront faites. Il y aura un matching, si vous voulez, à la fin du deuxième cycle, qui permettra de considérer d'une part le projet de l'étudiant, d'autre part ses compétences et ses connaissances, mais aussi la nécessité sur le territoire. Et on va diminuer, je porte un amendement sur la diminution du taux d'inadéquation, c'est-à-dire que le nombre de postes dans les régions, en troisième cycle, seront réduits, c'est-à-dire qu'il n'y aura plus de postes libres. Donc, on sera beaucoup plus en adéquation avec les besoins du territoire.

3:39
Présentateur

Et est-ce que ce ne serait pas plus simple, finalement, d'employer la manière forte à une mesure coercitive et de dire, je ne sais pas, quand on a terminé les études, chaque jeune médecin fait trois ans dans tel ou tel endroit ? Ça, ce n'est pas possible ?

3:51
Stéphanie Rist

Je comprends cette demande. C'est une demande qu'on entend tous les jours et qui est logique de réclamer. Cependant, si on le fait à l'heure actuelle, déjà, vous n'avez pas assez de médecins globalement, donc cette mesure serait complètement inefficace. D'autre part, les expérimentations étrangères qui ont été faites dans ce sens montrent une inefficacité parce que les médecins vont s'installer en zone vraiment à la limite des zones sous-denses. Et d'autre part, nous avons fait un choix politique de donner confiance aux professionnels de santé pour qu'ils s'organisent, afin que chaque Français puisse avoir accès à un médecin. Et nous ne faisons pas le choix de la coercition.

Vous dites qu'il n'y a pas assez de médecins, mais il n'y en a jamais eu autant en France des médecins. Alors, le nombre global, cependant, on forme autant de médecins qu'en 1973 par an. Et d'autre part, il y a eu 20% de population en plus avec des malades plus âgés. Donc, en fait, quand vous rapportez le nombre de médecins au nombre d'habitants et à l'âge et aux maladies chroniques, on est vraiment en dessous de ce qu'il y avait avant.

4:52
Présentateur

Vous l'avez évoqué d'un mot tout à l'heure. J'aimerais qu'on y revienne plus en détail sur la création de ce nouveau métier. Les assistants médicaux. Le plan santé prévoit le déploiement de 4000 assistants médicaux d'ici à 2022. Le but de cette nouvelle fonction, c'est d'aider les médecins dans leurs tâches quotidiennes, de les délester de certaines tâches pour qu'ils puissent s'occuper davantage des patients. Quelles seront leurs fonctions précises ? Qu'est-ce qu'ils vont faire, ces assistants médicaux ?

5:19
Stéphanie Rist

Alors, vous avez raison, c'est un nouveau métier qu'on crée, qui permet aux médecins de se recentrer sur sa tâche d'expert de médecin. On les entend, les médecins, il y a trop de tâches administratives, on perd un temps fou. Donc, c'est une secrétaire ? Alors, ce n'est pas que ça. C'est des tâches administratives, certes, préparer les dossiers, vérifier les vaccinations, par exemple. Donc, toute la préparation de ce dossier. Mais c'est aussi prendre une tension, déshabiller et peser un bébé.

Toutes ces discussions sont en cours actuellement entre les professionnels libéraux et l'assurance maladie, dans le cadre des négociations conventionnelles, pour justement définir quels seront les métiers. Mais je crois que c'est très important que les professionnels puissent avoir cette souplesse sur le territoire en fonction de leurs patients. Si vous avez plus de patients âgés, forcément, l'assistant médical sera plus orienté sur les personnes âgées. Mais on va les recruter comment et quelle sera leur formation ? Tout ça, c'est en cours dans les discussions qui durent depuis janvier avec l'assurance maladie et qui devraient se terminer prochainement. Et qui va les payer aussi ?

On peut très bien imaginer les aides-soignantes, par exemple, avec une formation en plus administrative et qui puissent avoir... Elles ont l'habitude du soin et du contact avec les patients et en plus apprendre les tâches administratives. Et qui va les payer, ces assistants médicaux ? C'est pour ça que les négociations sont en cours avec l'assurance maladie. Ça pourrait être la Sécu ? Oui, c'est avec l'assurance maladie.

Dans le cadre des négociations conventionnelles avec les professionnels libéraux, ce qui est en train d'être vu, c'est pour savoir si ça sera combien de médecins autour d'un assistant médical, combien de patients en plus, parce que l'assurance maladie ne va pas rémunérer des médecins juste pour avoir un assistant médical, s'ils ne s'engagent pas à travailler en soins coordonnés, s'ils ne s'engagent pas à ce qu'ils puissent voir plus de patients. Dans ma région, ça marche. 30% de patients en plus. Si vous allez dans la communauté à Avoine, vous verrez 30 patients par médecin en plus quand l'exercice est coordonné avec de l'aide comme un assistant médical.

7:23
Présentateur

Merci beaucoup Stéphanie Riste d'être venue ce matin sur France Inter. Vous êtes députée du Loiret, co-rapporteur du projet de loi Ma Santé qui arrive aujourd'hui en séance publique à l'Assemblée. Il est 6h28.