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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 30 septembre 2025 23 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & international

Sarkozy : victime de la justice ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Certains réclament la grâce présidentielle, Christine Boutin parle même de peine de mort.

  • 0:30OuverteÉludée

    Nicolas Sarkozy est-il victime de la justice ?

  • 2:59RelanceRéponse partielle

    Pourquoi parler de coup d'État judiciaire ?

  • 7:42OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous ce climat de conversation publique autour du jugement.

  • 9:08RelanceÉludée

    Nicolas Sarkozy est-il une victime de la justice ?

  • 11:44OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que l'exécution provisoire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57InvitéFait
    « La haine n'a donc décidément aucune limite. »
  • 1:05InvitéFait
    « J'assumerai mes responsabilités, je défèrerai aux convocations de la justice et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison. »
  • 1:13InvitéFait
    « Mais la tête haute, je suis innocent. »
  • 1:24InvitéFait
    « Cette injustice est un scandale. »
  • 3:02InvitéFait
    « C'est une sorte de coup d'État judiciaire contre la séparation des pouvoirs. »
  • 5:31InvitéFait
    « Selon elle, ce qui arrive à Nicolas Sarkozy, c'est l'équivalent de la peine de mort. »
  • 7:42InvitéFait
    « Mais je suis sidéré par le climat de conversation publique et médiatique autour du jugement. »
  • 7:56InvitéChiffre
    « un homme, un ancien président, si on parle de Nicolas Sarkozy, qui a été condamné désormais trois fois, dont une fois définitivement pour corruption »
  • 9:14InvitéFait
    « J'ai du mal à m'exprimer tellement je trouve ça fou, vraiment fou. »
  • 10:46InvitéFait
    « Parce que si vous arrivez à me trouver des exemples de la jurisprudence habituelle des tribunaux français vis-à-vis des présidents de la République, qui ont commis de très très graves infractions, je vous suis. »
  • 12:34PrésentateurFait
    « La présidence du tribunal, Nathalie Gavarino, a martelé que les faits reprochés étaient d'une gravité exceptionnelle et de nature à altérer la confiance des citoyens, justifiant ainsi cette incarcération à venir. »
  • 13:00PrésentateurFait
    « Les élus peuvent toujours réviser la loi, mais certainement pas créer un régime d'exception pour la délinquance en col blanc. »
  • 15:38PrésentateurFait
    « « Les attaques et menaces de mort contre plusieurs magistrats sont inadmissibles. » »
  • 18:57PrésentateurFait
    « « Si rien ne change, le résultat est déjà connu. Il y aura une censure et donc ce gouvernement tombera. » »
  • 19:45PrésentateurChiffre
    « L'Europe se réchaufferait deux fois plus vite que le reste du monde. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Invité8 %
  • Invité 25 %
  • Invité 34 %
  • Invité 43 %
  • Invité 53 %
  • Invité 63 %
  • Invité 73 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Certains réclament la grâce présidentielle, Christine Boutin parle même de peine de mort. Et au centre de tout ça, Nicolas Sarkozy qui découvre qu'en France, la justice s'applique aussi aux délinquants en col blanc. Alors ravalez vos larmes, sortez les mouchoirs, on fait le point. Bonjour et bienvenue dans le récap, nous sommes le lundi 29 septembre et ce week-end, une seule question à monopoliser l'attention des chaînes d'info. Nicolas Sarkozy est-il victime de la justice ? Il faut dire que l'ex-président de la République a tout fait pour que ça arrive.

A la sortie du tribunal jeudi dernier, il a immédiatement lancé la contre-offensive médiatique en fustigeant la haine supposée de la justice et en clamant son innocence à grand renfort de trémolo dans la voie.

0:51
Invité

La haine n'a donc décidément aucune limite. J'assumerai mes responsabilités, je défèrerai aux convocations de la justice et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison. Mais la tête haute, je suis innocent. Cette injustice est un scandale. Je ne m'écuserai pas de quelque chose que je n'ai pas fait. Naturellement je ferai appel. Sans doute devrais-je comparaitre les monottes aux mains devant la cour d'appel. Ceux qui me haïssent à ce point pensent m'humilier. Ce qu'ils ont humilié aujourd'hui, c'est la France. C'est l'image de la France.

1:53
Présentateur

Nicolas Sarkozy s'est aussi répandu dans la presse. Pas n'importe laquelle d'ailleurs, le JDD à qui il a accordé sa première interview de condamné. Enfin sa première interview de condamné dans l'affaire des financements libyens. Tout un symbole. Il dénonce une décision soi-disant inédite et injustifiée. Pour lui, toutes les limites de l'état de droit ont été violées, rien que ça. Il y aurait même, toujours selon Sarko dans le JDD, une volonté d'humiliation des juges à son encontre. Certains de son camp politique, comme le sénateur Stéphane Le Rudulier ou encore son ancien conseiller spécial Henri Guénaud, ont même demandé la grâce présidentielle à Emmanuel Macron. Mais Sarkozy n'en veut pas.

Je le cite, pour être gracié, il faut accepter sa peine et donc reconnaître sa culpabilité. « Jamais je ne reconnaîtrai ma culpabilité pour quelque chose que je n'ai pas fait. » Quoi qu'il en soit, l'ancien président de la République multicondamné peut compter sur ses soutiens. Henri Guénaud, dont on vient de parler, a aussi fait sa part de ce côté-là. Il était l'invité de Léa Salamé au 20h de France 2, jeudi soir. Pour lui, c'est simple, on assiste à un coup d'État judiciaire. Rien de plus, rien de moins, on écoute.

3:02
Invité

C'est une sorte de coup d'État judiciaire contre la séparation des pouvoirs. Pourquoi ? Parce que pour qu'il y ait un pacte de corruption, il faut des contreparties. Vous allez loin, un coup d'État judiciaire, vous allez loin. Oui, c'est un coup d'État judiciaire contre la séparation des pouvoirs. Ce n'est pas un coup d'État militaire, mais c'est un coup d'État judiciaire. Parce que la séparation des pouvoirs, c'est le fondement même de l'État de droit. Et c'est le fondement même d'une constitution démocratique.

3:26
Présentateur

Sur le plateau de BFM, on a aussi eu le droit à Brice Hortefeux, ex-ministre de l'Intérieur de Sarkozy, et condamné en première instance dans le procès des financements libyens. Ami fidèle de l'ancien président de la République, il était jugé pour avoir agi comme intermédiaire à travers le réseau de Ziad Takedin et pour avoir organisé des transferts de fonds publics via des comptes offshore. Âgé de 67 ans, il a écopé d'une peine aménageable de deux ans de prison et de 50 000 euros d'amende. Et malgré ce pédigré judiciaire plutôt garni, les plateaux télé lui déroulent le tapis rouge façon tribune médiatique via hippie.

4:03
Invité

Nicolas Sarkozy, j'en suis totalement convaincu, est totalement, totalement, totalement, totalement, totalement, totalement innocent. Je peux le répéter cent fois ce mot-là. Et donc qu'il soit très touché, c'est tout à fait normal. Alors chacun s'exprime avec ses mots, avec son histoire, avec son tempérament. Mais moi je vous dis une chose, c'est que quand il y a une injustice, que doit-on faire ? On doit combattre l'injustice. Et moi c'est ce que je fais, c'est ce que je vais faire en faisant appel, appel que j'ai d'ailleurs fait aujourd'hui. Mais pas avec les mêmes mots, on l'aura noté, que Nicolas Sarkozy contre la justice, qui a dénoncé la haine contre lui aujourd'hui.

Ce ne sont pas vos mots ce soir. Chacun s'exprime avec ses mots et encore une fois, je comprends que Nicolas Sarkozy soit personnellement très touché par cette décision qui est objectivement totalement surprenante.

4:52
Présentateur

Alors je ne sais pas si vous avez bien compris le message, mais Nicolas Sarkozy est totalement, totalement, totalement, totalement innocent. À ce niveau-là, ce n'est plus un argument, c'est une tentative d'hypnose collective. Mais chez les fidèles de Sarkozy, l'Oscar du second rôle revient sans hésitation à Christine Boutin. Oui, oui, Christine Boutin. La dernière fois qu'on l'a vu sortir du Formol, c'était pour bénir Éric Zemmour lors de la présidentielle dernière. Mais elle n'a pas la mémoire courte. Elle n'oublie pas que c'est Sarkozy qui l'avait fait entrer au gouvernement en 2007, comme ministre du Logement et de la Ville.

Alors pour le défendre, elle dégaine son sens habituel de la mesure. Selon elle, ce qui arrive à Nicolas Sarkozy, c'est l'équivalent de la peine de mort. Rien de moins.

5:37
Invité

En 1793, on a guillotiné le roi. Aujourd'hui, il n'y a plus de peine de mort. Ce qui a été dit pour M. Sarkozy, c'est l'équivalent de la peine de mort de l'époque. Et pourquoi y avait-il la peine de mort ? Et pourquoi a-t-on guillotiné le roi ? Et pourquoi on guillotine de façon symbolique ? Le président de la République, ancien de la France, c'est parce que la France n'accepte plus l'autorité. Plus aucune autorité. L'autorité n'est même plus préservée, même pour l'intérêt supérieur. Voilà pourquoi je suis ici.

6:08
Présentateur

C'est quand même cocasse de justifier son argumentaire en expliquant que la France n'accepte plus l'autorité, tout en refusant soi-même d'accepter une décision de justice. On appelle ça prêcher la discipline à coup de désobéissance. Chez les sarkozistes, et à droite en général, l'autorité, c'est comme la morale. Une variable d'ajustement uniquement quand elle sert leur camp. C'est d'ailleurs ce deux poids, deux mesures que dénonce en retour la gauche sur les plateaux. Je vous propose d'écouter la députée LFI Danielle Obono sur BFM qui dénonce cette hypocrisie, et surtout de savourer les mines médusées autour d'elle.

6:43
Invité

Ce qui m'interpelle en fait, c'est que malheureusement, cette attitude, cette bienveillance, cette compréhension de ce que fait la prison, de tout ça, n'est possible dans ce moment-là que parce qu'il s'agit de Nicolas Sarkozy. Moi c'est ça qui me sert le cœur. C'est parce que vous disiez, pour le gamin décité, il n'aura jamais le droit à ce qu'on comprenne que non, c'est pas VIP, non, c'est pas le Club Med. Le gamin décité, il n'aura jamais droit aux plaidoiries de grands avocats qui expliquent comment l'affaire est bien plus compliquée. Il aura droit par contre à un déluge de discours, notamment, effectivement, des mêmes gens qui aujourd'hui sont d'une bienveillance avec M.

Nicolas Sarkozy en expliquant à quel point c'est une injustice ces mêmes gens.

7:27
Présentateur

Les politiques ne sont pas les seuls à monter au créneau dans cette affaire. Fabrice Arfi de Mediapart qui avait révélé l'affaire en 2012 s'y est aussi employée. Le journaliste dénonce un moment trumpien dans la vie politique française. On l'écoute.

7:42
Invité

Mais je suis sidéré par le climat de conversation publique et médiatique autour du jugement. Expliquez-nous ça. C'est-à-dire qu'on a quand même un homme, un ancien président, si on parle de Nicolas Sarkozy, qui a été condamné désormais trois fois, dont une fois définitivement pour corruption, une autre fois dans l'affaire Big Malion, ça c'est le financement de sa campagne de 2012 en première instance et en appel pour financement illégal de campagne. D'ailleurs, il y a une audience le 8 octobre prochain à la cour de cassation et qui vient d'être condamnée pour association de malfaiteurs dans l'affaire gigantesque des financements libyens.

Et la question qu'on se pose, c'est s'il y a un problème des juges avec la politique. On pourrait peut-être se demander si Nicolas Sarkozy n'a pas un problème, lui, avec le code pénal. Les juges, ils ne jugent pas des politiques, ils jugent des personnes qui sont soupçonnées d'avoir commis un délit. Il se trouve que ces personnes sont parfois des politiques et c'est souvent le cas. Ils se trouvent dans la délinquance en col blanc et les atteintes à la probité qui concernent la rencontre du pouvoir et de l'argent. Donc c'est vrai que ça concerne assez peu les nécessiteux, ce genre de délit.

Et bien quand les mises en cause sont condamnées, eux, ils ont contrairement à toutes celles et tous ceux qui nous écoutent, ils peuvent aller aux 20 heures d'une grande chaîne, ils peuvent imprimer des éléments de langage, prendre la main sur le récit pour faire à croire que le problème dans ce dossier, ce sont les juges et pas les faits.

8:53
Présentateur

Pour contrer les attaques qui fusent de toutes parts, les magistrats aussi se sont mobilisés médiatiquement et ils sont pour le moins décontenancés par le niveau du débat et la mensuétude dont bénéficie l'ex-président de la République compte tenu des faits qui lui sont reprochés. L'un d'eux, Serge Portelli, avocat et ancien magistrat, en perd les mots sur le plateau de BFM. Il se dit choqué et rappelle que Nicolas Sarkozy n'est pas une victime dans ce dossier et encore moins une victime de la justice.

9:21
Invité

J'ai du mal à m'exprimer tellement je trouve ça fou, vraiment fou. Qu'est-ce qui est fou ? Que ces gens, peut-être même ici sur ce plateau, réagissent comme si Nicolas Sarkozy était une victime finalement. Une victime d'un peu tout le monde, mais surtout de la justice. Et personne ne s'offuse que des termes que cet ancien président de la République utilise. La haine. Il a parlé de la haine. La haine de qui ? La haine des juges. Alors je sais bien qu'il n'a pas une énorme estime pour la magistrature, ce sera le plus absolu. Je sais bien qu'on a le droit d'ailleurs ces juges pendant un certain temps, mais quand même, parler de ces juges comme des facteurs de haine, c'est incroyable.

Mais ce qui choque... Mais vous, vous considérez que c'est la jurisprudence habituelle qui lui a été appliquée ? Votre question n'est pas bonne, je suis désolé de vous le dire. Et pourquoi ? Parce que si vous arrivez à me trouver des exemples de la jurisprudence habituelle des tribunaux français vis-à-vis des présidents de la République, qui ont commis de très très graves infractions, je vous suis. Mais non, là on est face à quelque chose d'assez extraordinaire. Et ce qui est extraordinaire, c'est pas la peine, c'est pas le procès. Ce qui est extraordinaire, c'est ce qu'on reproche à Nicolas Sarkozy.

11:18
Présentateur

Le président du tribunal judiciaire de Paris a quant à lui tenu à faire oeuvre de pédagogie, notamment sur la notion d'exécution provisoire. Ce principe qui permet de faire appliquer immédiatement une décision de justice, même si le condamné fait appel. Face à ces personnalités politiques qui dénoncent une mesure attentoire à la présomption d'innocence de Nicolas Sarkozy, il rappelle la réalité des tribunaux français. On l'écoute, c'était ce matin sur France Inter.

11:44
Invité

J'ai l'impression que les uns et les autres découvrent la réalité de la justice de notre pays. Mais tous les jours, on va aller en comparution immédiate. Les personnes sont incarcérées alors qu'elles peuvent faire appel, alors qu'elles sont dans le délit d'appel. Souvent parce qu'ils présentent un risque de trouble à l'ordre public, un risque de récidive, un risque pour la sécurité des Français. Oui, alors ça va être un peu technique, mais ces critères sont les critères avant le jugement. C'est le critère de l'article 144. Après le jugement, on n'est pas dans la question de la réitération ou la question des risques de pression. C'est la question de la gravité exceptionnelle des faits.

Ce n'est pas la même motivation. Quand on vient dire, non, non, mais c'est important, la motivation d'un mandat de dépôt avant le jugement et après le jugement n'est pas le même en procédure pénale.

12:26
Présentateur

En ce qui concerne Nicolas Sarkozy, la décision est justifiée par la préparation d'une corruption au plus haut niveau possible, a dit le tribunal. La présidence du tribunal, Nathalie Gavarino, a martelé que les faits reprochés étaient d'une gravité exceptionnelle et de nature à altérer la confiance des citoyens, justifiant ainsi cette incarcération à venir. D'ailleurs, l'union syndicale des magistrats rappelle au passage que près de 9 condamnations sur 10 à une peine de 5 ans d'emprisonnement ou plus, en première instance, sont exécutées immédiatement. Ceux qui dénoncent le laxisme depuis leur salon doré découvrent avec stupeur que la justice s'applique aussi à leur monde.

Comme pour Marine Le Pen, le bataille médiatique retombe quasiment instantanément sur la juge qui a condamné Nicolas Sarkozy. A peine le verdict tombé, le parcours de Nathalie Gavarino, vice-présidente du tribunal de Paris, a été passé au crible, analysé et disséqué sous toutes les coutures. Pourtant, sur le papier, tout partait bien. La juge a justement été sélectionnée pour son impartialité. Pas d'affiliation syndicale à gauche, jamais de prise de position sur le dossier libyen et aucune affaire antérieure liée à l'ancien président de la République. Les avocats qui la connaissent la décrivent comme dure mais juste.

D'ailleurs, ceux qui en ont fait l'expérience le savent, elle ne plaisante pas. C'est elle qui avait condamné les époux Fillon en première instance en 2020. Dans ce parcours, une seule interaction avec Nicolas Sarkozy, c'était en 2011, quand Nathalie Gavarino était représentante de l'USM, l'Union syndicale des magistrats. C'est le syndicat majoritaire qui se revendique justement apolitique et pluraliste. Nicolas Sarkozy, alors chef de l'État, avait mis en cause la responsabilité des magistrats dans un meurtre sordide, celui de la jeune Laetitia Perret en Loire-Atlantique, assassinée par Tony Meillon, déjà condamnée pour d'autres faits.

Sarkozy avait alors estimé que, quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable, sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute. Ses propos avaient engendré une forte mobilisation de la magistrature, avec des suspensions et des reports d'audience partout en France, pour dénoncer l'amalgame du chef de l'État, ainsi que le manque de moyens des tribunaux. En phase avec ses fonctions d'alors, Nathalie Gavarino avait dénoncé les propos du président et pris part à une manifestation, comme des centaines d'autres de ses collègues.

Une réaction corporatiste habituelle dans le cadre du dialogue entre les magistrats et le pouvoir, mais qui suffit à être utilisé pour remettre en cause son impartialité. Les avocats de Nicolas Sarkozy ne se sont pas gênés, largement relayés par les médias Bolloré. Vous savez, ce même Bolloré qui avait prêté son yacht au président nouvellement élu en 2007. Un hasard, probablement. En attendant, la vice-présidente du tribunal correctionnel de Paris est prise pour cible. Elle aurait notamment reçu des messages menaçants et des menaces de mort. Le parquet de Paris a annoncé à l'AFP l'ouverture de deux enquêtes confiées au pôle national de lutte contre la haine en ligne.

Très silencieux jusque-là, Emmanuel Macron a été contraint de prendre la parole. Il a assuré la justice de son soutien. Je le cite. « Les attaques et menaces de mort contre plusieurs magistrats sont inadmissibles. C'est pourquoi j'ai demandé aux ministres de la Justice et aux ministres de l'Intérieur que leurs auteurs soient identifiés pour être rapidement poursuivis. » Alors, il y en a un qui se garde bien de trop commenter. Une fois n'est pas coutume, c'est Gérald Darmanin. Justement, ministre démissionnaire de la Justice, il s'est contenté du minimum syndical, dénoncé les menaces visant la présidente du tribunal ce samedi sur X. Ni plus ni moins.

Il faut dire qu'il ne s'est jamais caché de sa proximité extrême avec l'ex-président condamné. Il a été son porte-parole et même son lieutenant, mais désormais il marche sur des oeufs. Difficile de concilier toutes les casquettes. Un emparat qui ne dérange en revanche pas un autre de ses collègues, Bruno Retailleau, le futur ex-ministre de l'Intérieur, aussi président des Républicains, n'a pas éprouvé de difficultés à témoigner de tout son soutien et de son amitié à Nicolas Sarkozy dans un communiqué. Il écrit « Nicolas Sarkozy, relaxé de trois des quatre chefs d'accusation et présumé innocent, a fait appel de la décision.

Je ne doute pas qu'il saura mettre toute son énergie à se défendre devant la cour d'appel et faire prévaloir son innocence. Encore un apôtre de l'ordre et de l'autorité qui perd toute sa contenance quand il s'agit de ses petits camarades. » Et pourtant, battage médiatique et fan club ou pas, Nicolas Sarkozy ira bien en prison, comme des milliers de condamnés chaque année. Il ne connaîtra pas l'expérience complète de l'incarcération, on le sait déjà. Pas de cellules surpeuplées ni d'hygiène déplorable, mais un enfermement VIP avec peu d'interactions avec ses connaîtes nues.

Et pourtant, il découvre enfin ce que signifie réellement l'application de la politique pénale qu'il a lui-même défendue pendant plus de 40 ans. Multicondamné et embourbé dans une avalanche d'affaires judiciaires, il transforme chaque verdict en mélodrame médiatique clamant son innocence et criant au complot. Comme Marine Le Pen avant lui, il s'en prend à la justice dès qu'elle ose appliquer la loi, une loi dont il a toujours vanté la sévérité. Mais rappelons-le, la justice ne fait pas la loi, elle se contente de l'appliquer et elle doit le faire de façon impartiale. Son coup prêt n'est pas réservé aux précaires, aux racisés et aux petits gens qui galèrent.

Il s'applique à tous, même aux plus puissants, ex-présidents compris. Si cette réalité judiciaire les choque tant, les élus peuvent toujours réviser la loi, mais certainement pas créer un régime d'exception pour la délinquance en col blanc. On poursuit avec l'actualité politique. Le brouillard persiste autour du budget 2026, sous menace d'une motion de censure comme ses prédécesseurs. Le Premier ministre Sébastien Lecornu continue d'essayer de plaire à tout le monde. Ses proches préviennent, ce ne sera pas le budget de Lecornu, pas le budget PS, pas le budget RN. Alors on ne sait pas bien ce que ce sera, mais probablement rien qui ne convienne à tout le monde.

Le parti socialiste, de son côté, tente de mettre la pression. Dans la matinée du lundi 29 septembre, Olivier Faure a exigé de Lecornu que ce dernier lui présente, je cite, une copie complète de son projet de budget. Le premier secrétaire socialiste a déclaré « Si rien ne change, le résultat est déjà connu. Il y aura une censure et donc ce gouvernement tombera. Il y aura vraisemblablement une dissolution à laquelle nous sommes prêts. » Pour passer la pommade au parti de l'opposition, Sébastien Lecornu veut insister sur l'exemplarité en annonçant notamment que Matignon n'augmentera pas ses moyens de fonctionnement après avoir déjà par décret supprimé les avantages aux ex-premiers ministres.

Un scénario qui frôle l'indécence à l'heure où les services publics sont dans un état tel que l'hôpital d'Evreux fait appel à l'emprunt citoyen pour pouvoir ouvrir de nouveaux lits. On poursuit avec l'environnement. L'Europe se réchaufferait deux fois plus vite que le reste du monde. C'est l'alerte lancée par l'Agence européenne de l'environnement via son rapport 2025. Cet état des lieux réalisé tous les cinq ans déplore notamment le recul de la nature et de la biodiversité sur terre, en mer et dans les cours d'eau, en cause la surexploitation agricole et industrielle. Les ressources en eau sont particulièrement menacées.

Un tiers du continent manque déjà d'eau, un problème largement soulevé par les organisations militantes et associatives, au sujet notamment des projets de méga-bassines dans les Deux-Sèvres qui dénoncent régulièrement l'accaparement de la ressource au profit de l'agriculture intensive. L'Agence appelle les États membres de l'UE à poursuivre les efforts sur les énergies renouvelables et à mettre en œuvre sans délai les engagements pris dans le cadre du Pacte Vert européen. Et on termine avec l'international comme d'habitude et la situation à Gaza. Plus de 50 Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne ces 24 dernières heures. Presque 20 blessés sont également à déplorer.

Du côté du gouvernement israélien, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a réclamé une liberté d'action totale, je le cite, pour l'armée dans l'enclave palestinienne. Ce dernier dit aussi espérer l'annexion de la Cisjordanie occupée. Mais Donald Trump y a posé son veto. Une rencontre doit par ailleurs avoir lieu lundi à la Maison Blanche entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou sur la question Gazaoui. Le président américain promet sur son réseau social une première historique au Moyen-Orient et plaide pour un cessez-le-feu immédiat suivi d'un retrait progressif des forces d'armée israélienne et de la libération des otages palestiniens.

Le président américain a déclaré en amont de cette rencontre « Nous avons une réelle chance d'atteindre quelque chose de grand au Moyen-Orient ». Dans l'attente de ce moment, des familles d'otages israéliens, toujours détenues par le Hamas, ont écrit à la Maison Blanche demandant de mettre la priorité sur la libération des otages et le cessez-le-feu. La question de la Cisjordanie occupée depuis 1967 sera également au centre des discussions, Netanyahou étant confronté à la pression de ses alliés d'extrême droite. Rappelons que le bilan officiel, largement sous-estimé à Gaza, est de 66 000 morts et 168 000 blessés. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap.

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