Sylvie GUILLAUME : Députée Européenne PS, ancienne Adjointe au maire de Lyon et ancienne Conseillère Régionale
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Questions et réponses
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- 1:13OuverteRéponse directe
Est-ce que célébrer le 80e anniversaire de la rafle des enfants de la maison 10 yeux a du sens pour vous ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Comment rendre la mémoire plus active et adaptée aux jeunes générations ?
- 4:20OuverteRéponse partielle
Face à la pollution dans la vallée de la chimie, que peut faire un élu local ?
- 6:06OuverteRéponse directe
Vous évoquez les lobbies, comment équilibrer emploi et risques pour la population ?
- 7:38OuverteRéponse directe
Pourquoi ne vous représentez-vous pas aux élections européennes ?
- 9:31OuverteRéponse directe
La politique est-elle un engagement ou un métier pour vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:51Invité politiqueFait
« On est dans un monde où la haine, l'antisémitisme continue d'exister de façon extrêmement féroce, par le biais surtout aussi des réseaux sociaux qui entraînent l'anonymat, et donc une forme d'invisibilité des propos. »
- 8:15Invité politiqueFait
« Je ne me représente pas parce que, voilà, vous l'avez dit, j'ai fait trois mandats, c'est 15 ans de ma vie à travailler énormément. »
- 8:38Invité politiqueFait
« Il faut aussi qu'on transmette le flambeau, qu'on fasse monter des plus jeunes générations. »
- 12:00Invité politiqueFait
« Je me suis beaucoup investie dès mon plus jeune âge sur la question de la lutte contre le racisme et contre les discriminations. »
- 12:24Invité politiqueFait
« Je suis rentré au Parti socialiste en 88, je crois, et puis voilà, j'ai suivi mon chemin dans ces valeurs-là. »
- 15:53Invité politiqueFait
« C'était une loi de la 29e ou 30e, je crois, depuis ces dernières années, qui partait d'un postulat et qui ne répondait pas du tout à ce postulat ou à ces difficultés. »
- 16:28Invité politiqueFait
« On est en train de travailler à ce qu'on appelle le pacte asile-migration qui est un travail de 4 ans. »
- 18:19Invité politiqueFait
« Comparativement à d'autres, moi je ne suis pas une no border. »
- 20:33Invité politiqueChiffre
« Madame Mélanie, qui voulait faire un blocus et éviter que quiconque arrive sur le territoire italien quand elle est devenue présidente du conseil, maintenant fait recours à 452 000 personnes étrangères pour pouvoir venir travailler en Italie. »
- 29:33Invité politiqueFait
« on vote entre le 6 et le 9 dans l'Union le 9 en France »
- 29:40Invité politiqueChiffre
« nous serons 720 81 en France »
- 29:43Invité politiqueChiffre
« on était 79 et on vient d'obtenir deux élus de plus »
- 30:09Invité politiqueFait
« nous voulons représenter l'intérêt communautaire l'intérêt européen des citoyens »
- 34:52Invité politiqueFait
« nous avons franchi des étapes assez significatives s'agissant de la prise en compte de l'écologie »
- 35:12Invité politiqueFait
« vous avez peut-être entendu parler du pacte vert »
- 38:02Invité politiqueFait
« c'est un mandat extrêmement exigeant »
Temps de parole
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- Présentateur34 %
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A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission L'invité politique, le samedi de 11h à midi, avec vous Sylvie Guillaume, bonjour. Bonjour.
Vous êtes députée européenne sortante, socialiste, vous avez une vraie connaissance de notre territoire, vous avez eu de nombreux mandats, vous avez été adjointe au maire de Lyon, conseillère régionale, et vous ne vous représentez pas, vous nous direz peut-être pourquoi, et avec vous, c'est l'occasion de parler évidemment de l'Europe, qui est un scrutin qui ne passionne pas encore les foules, mais peut-être qu'on va pouvoir donner envie à ceux qui nous écoutent d'aller voter.
D'abord, et vous le savez, on commence toujours par une question d'actualité, alors on en a une qui est assez lyonnaise, élargie au sens large, je sais que vous connaissez bien le lieu, le 6 avril 1944 avait eu lieu la terrible rafle des enfants de la maison, 10 yeux, 44 enfants, 7 adultes qui avaient été déportés, une seule survivante, Léa Felblum, qui est décédée depuis. Je sais que vous connaissez ce lieu, certainement peut-être dans le cadre de votre mandat régional, est-ce que pour vous, célébrer ce 80e anniversaire, c'est quelque chose qui est important, qui a du sens ? Est-ce que la mémoire aujourd'hui, savoir d'où l'on vient, c'est nécessaire pour comprendre où on va ?
Merci de votre invitation. Oui, je connaîtrai très bien la maison 10 yeux, j'y suis allée plusieurs fois, que ce soit en campagne ou hors campagne d'ailleurs, et toujours accompagnée avec énormément de gens convaincus qu'il était important de maintenir ce lieu de mémoire, de le développer. Il y a eu quelques inquiétudes à un moment donné aussi sur son avenir, donc je suis très très contente que les choses aient évolué. Et c'est particulièrement important avec ce 80e anniversaire de dire que les risques existent toujours.
On est dans un monde où la haine, l'antisémitisme continue d'exister de façon extrêmement féroce, par le biais surtout aussi des réseaux sociaux qui entraînent l'anonymat, et donc une forme d'invisibilité des propos. Et cela, il faut continuer de se bagarrer. C'est valable en France, où cette idéologie continue de perdurer, mais c'est aussi valable dans l'Union européenne et dans le monde. Et donc je crois qu'il faut qu'on soit tous rassemblés pour à la fois faire ce lieu de mémoire quelque chose d'important, et en même temps qu'on dénonce toutes ces idéologies et l'antisémitisme ambiant.
C'est vrai qu'il y a des actualités rissantes, y compris à Lyon, qui ont vu à la fois des moments de grande tension entre les communautés. Le contexte international n'est pas forcément. On a aussi perdu un certain nombre de personnes, et forcément, de fait, ceux qui étaient des témoins vivants de ces périodes disparaissent au fur et à mesure. Vous parlez de transmission et de mémoire. Comment est-ce qu'on peut faire pour le rendre encore plus actif ? Vous avez évoqué rapidement le fait que la pérennité de cette maison n'était pas évidente. Qu'est-ce qu'on doit faire ? Peut-être de la maison de Montluc, par exemple, ou de la prison de Montluc.
Qu'est-ce qu'on peut faire pour faire en sorte que ces lieux soient toujours plus vivants et adaptés peut-être aux jeunes générations, y compris pour qu'elles comprennent comment ça marche ?
Je crois que sur leur adaptation comme lieu, il y a un vrai travail d'actualisation au nouveau mode de communication. Donc, je ne fais pas trop de soucis sur le lieu lui-même. Ce qui me fait plus de soucis, c'est est-ce qu'on continue, dans le parcours scolaire des élèves, d'avoir cette référence à ces idéologies, comment elles sont nées, comment elles ont perduré, comment elles ont été déflagratrices dans le monde. Et si, justement, on a ce travail de transmission dans tout le parcours scolaire. Je crois que c'est très, très important. Et ça forme des adultes qui sont conscients des risques et qui les évitent et se battent contre ces risques.
La pédagogie, c'est aussi au cœur de tout ça. C'est ce qu'on va essayer de faire, y compris quand on parlera d'Europe. Alors, une autre actualité un peu nationale, mais qui nous concernait tous dans notre quotidien, et parce que ça a un impact, parce que ça vient aussi, notamment de notre histoire ici sur le territoire, avec ce qu'on appelle la vallée de la chimie. Et on sait qu'en ce moment, il y a de grandes discussions autour de tout ce qui se passe avec la pollution en Pifas, avec Dakin, avec Arkema, etc.
Il y a une loi qui a été votée il y a quelques jours qui vise justement à interdire ces substances, alors sans forcément tomber dans le côté un peu technique de cette loi nationale que vous n'avez pas. Est-ce que, face à ce type de pollution, l'élu que vous êtes, que vous avez été l'élu local, on se dit qu'est-ce qu'on peut faire ? Les élus aujourd'hui de la métropole de Lyon essayent de réagir, de s'en emparer. Il y a eu plein d'élus de collectivité. Est-ce que sur ce sujet, il y a un vrai débat, il y a un vrai enjeu, il y a un vrai risque, peut-être pour les populations y compris ?
Oui, je ne suis effectivement pas en mesure, moi, d'être l'experte qui va vous dire s'il y a un risque. Il y en a un, mais quel est le niveau de risque ? Ce n'est pas exactement comment je vois les choses. Alors, vous avez indiqué cette loi, c'est une loi nationale. Première remarque, c'est important qu'elle existe. J'ai vu aussi les dérogations qui ont été liées à certains lobbies. On y reviendra peut-être au plan européen. Donc bon, elle est un peu entamée, mais elle reste une loi nationale. Et je pense qu'il faut, de mon point de vue, réagir plus loin et plus fort. Et ça, ça passe par le biais de réglementations européennes.
Et on travaille depuis très très longtemps au Parlement européen, dans les institutions européennes, sur les questions de pollution et sur les questions, par exemple, de produits chimiques. On a depuis longtemps une directive qui s'appelle la directive REACH, qui parlera certainement à certains d'entre vous, qui réglemente l'utilisation et le développement des produits chimiques, qui est en cours de réévaluation, de réforme. Et donc, je pense qu'il faut atteindre ce niveau-là aussi pour que tous les États membres soient concernés par le même type de réglementation. Sinon, si on réagit seulement au plan national, il y a un signe qui est très fort. Je n'en dis ce qu'on vient pas.
Mais il faut que ce soit un signe qui soit au-delà du national. J'espère que, par exemple, ma collègue Muriel Laurent, qui va être probablement élue, enfin, qui sera élue, mère de Fézin, qui est évidemment particulièrement concernée à cet égard, sera particulièrement sensible à ce genre d'enjeux.
Alors, vous évoquiez effectivement la notion de lobby, c'est-à-dire qu'il y a eu sur ce sujet, au moment de la loi, pour ne pas citer une très très très grande entreprise dont le siège est sur la métropole de Lyon, qui fabrique des poils, qui a essayé de montrer que peut-être il y avait derrière un enjeu sur l'emploi. Et c'est ça aussi qui m'intéresse. J'évoquais le cas de la métropole de Lyon et cette vallée de la chimie. On sait que la vallée de la chimie, aujourd'hui, c'est presque 20% à un moment de l'activité économique, un certain nombre d'emplois, etc.
Comment est-ce qu'on fait quand on est un élu local et qu'on doit gérer cette difficulté entre l'emploi qu'on doit préserver, l'attractivité d'un territoire et en même temps, des risques pour une population ? Vous voyez, c'est un peu ça l'enjeu derrière.
Absolument, oui. Moi, je ne suis plus élue locale, donc je ne réagis pas tout à fait de la même manière parce que, justement, je n'ai pas cette proximité directe et je n'ai pas l'élu, par exemple, de Faisin ou de Saint-Fond. Mais de mon côté, comme législatrice européenne, j'essaye effectivement d'être sensible à cette lutte contre les polluants, quels qu'ils soient, donc avoir ce travail de précision au plan européen, tout en tenant compte et en rencontrant effectivement des groupes d'intérêt, des lobbies, appelez-les comme vous voulez, qui viennent m'exprimer leurs difficultés ou la manière dont ils voient les choses.
Après, c'est le libre-arbitre de nous comme députés européens qui ne sommes pas justement directement confrontés à un enjeu vraiment direct de population, savoir comment on équilibre les choses correctement.
Alors, on va en reparler beaucoup de la mécanique européenne, du rôle du Parlement, de pourquoi c'est un enjeu, ces élections. Je disais que vous êtes députée européenne sortante et vous ne vous représentez pas. pourtant, je sais, on en a parlé ensemble que c'est un mandat passionnant, incroyable, extraordinaire, le troisième mandat européen. Qu'est-ce qui vous a amené à un moment à ne pas vouloir vous représenter ?
Je vous confirme que c'est sans doute le meilleur mandat du monde au sens où on est au cœur d'enjeux absolument majeurs. On vient d'en citer quelques-uns et puis parce qu'on a une très grande liberté d'action et donc on peut acquérir si on s'intéresse vraiment à ce mandat, si on y travaille. Ça fait beaucoup de si, mais je pense que c'est absolument indispensable quand on veut être un élu correct. Vraiment, c'est un mandat extraordinaire. Je ne me représente pas parce que, voilà, vous l'avez dit, j'ai fait trois mandats, c'est 15 ans de ma vie à travailler énormément.
Vous avez été vice-présidente du Parlement.
J'ai été vice-présidente du Parlement au deuxième mandat, vice-présidente de mon groupe au premier et chef de ma délégation pendant la moitié de ce mandat. Donc, j'ai exercé pas mal de responsabilités. et justement, je me dis qu'à mon âge, il faut aussi qu'on transmette le flambeau, qu'on fasse monter des plus jeunes générations et c'est ce qui va se passer avec la liste que je soutiens. Donc, je suis très, très contente de faire cette transmission. Je ne suis pas poussée dehors. Vraiment, je crois que c'est vraiment un choix tout à fait personnel et volontaire que j'assume en totalité.
Alors, c'est d'autant plus intéressant parce que vous êtes, on reviendra un peu sur votre parcours, mais engagé depuis un certain nombre d'années, on va dire.
Merci de le dire. Voilà,
et quand on est, c'est pas un secret pour les gens, mais ça veut dire de persévérance, de fidélité, de conviction. Quand on est aussi engagé comme ça politiquement, et ce que je veux dire, c'est que souvent, pour côtoyer les élus, il y a une difficulté parfois à savoir s'arrêter, entre guillemets. Alors, vous savez que vous avez peut-être bien connu, par exemple, quelqu'un comme Gérard Collomb, on pense régulièrement, mais qui n'avait peut-être pas su, à la fin, peut-être bien transmettre comme il aurait souhaité ou s'arrêter. C'est souvent difficile de renoncer à un mandat.
Est-ce que ça veut dire que pour vous, la politique, c'est d'abord un engagement, des convictions, et que ce n'était pas forcément un métier, entre guillemets ?
Ce n'est jamais un métier, en fait. La politique, c'est un engagement, c'est un travail, au sens où on doit produire de la réflexion, on doit produire des textes, on doit répondre aux besoins de nos concitoyens. Donc, ce n'est pas quelque chose qu'on fait à la légère. Je ne l'ai jamais fait de cette manière-là. Mais oui, ça reste une fonction, donc on est soumis au suffrage universel et donc ça peut s'arrêter à tout moment. C'est pour ça qu'il faut, je crois, avoir un équilibre de vie, un équilibre personnel où on est, et c'est mon cas, extrêmement engagé.
Le mandat européen, c'est quand même quatre jours de ma vie à Bruxelles, trois ou quatre jours de ma vie à Bruxelles, quatre jours à Strasbourg et c'est le reste du temps beaucoup de travail. Donc, c'est un équilibre de vie entre le travail et le reste, ce qu'il faut préserver. Mais c'est aussi quelque chose qui est assez, et je crois qu'on y arrive un peu mieux quand on est une femme que quand on est un homme politique.
On va reparler de tout ça dans une deuxième partie de notre émission. On va découvrir un petit peu notamment le rôle du Parlement européen et l'enjeu de ces élections. A tout de suite. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi, toujours sur Lyon 1ère, toujours avec vous, Sylvie Guillaume. Je rappelle que vous êtes députée européenne PS. Vous ne vous présentez pas et vous venez il y a quelques instants de nous expliquer pourquoi ça ne change rien à vos convictions, à votre engagement et à votre envie de vous investir.
Souvent, vous vous présentez d'ailleurs comme ça, je crois, sur votre site internet comme une citoyenne engagée, une européenne convaincue et une militante des valeurs progressistes et humanistes. Ça fait pas mal et ça fait beaucoup ça, non ? Comme conviction et comme charge.
J'avais l'impression déjà de les avoir beaucoup résumés donc c'est un travail qui est déjà assez compliqué pour résumer tout ça. Non mais je pense, j'espère, je pense que ça me correspond bien et en tout cas, j'essaie d'être fidèle à ces valeurs-là dans mon engagement politique.
Et vous avez aussi une fidélité au parti socialiste parce que je crois que vous êtes toujours au PS, élu depuis un certain nombre d'années, on le disait. Vous avez été élu dans un tas d'endroits, notamment dans le 9e arrondissement à Lyon, on l'évoquait, etc. Comment on s'engage un jour ? Est-ce que vous vous souvenez du pourquoi vous vous êtes engagée la première fois en politique et pourquoi au PS, d'ailleurs ?
Il n'y a pas eu un déclic comme ça d'un seul coup. Je me suis dit le matin, tiens, je vais aller m'inscrire au parti socialiste. Non, je viens d'un milieu extrêmement modeste, pas du tout politisé mais par contre, moi je me suis beaucoup investie dès mon plus jeune âge sur la question de la lutte contre le racisme et contre les discriminations. Je viens d'un milieu populaire, comme je vous l'ai dit, de région parisienne donc avec des tensions assez fortes qui existaient déjà et donc je me suis engagée sur cette thématique-là et puis le milieu associatif, l'engagement.
À un moment donné, on se pose la question de savoir si on est en situation d'agir autrement et d'agir de façon peut-être un peu plus puissante et c'est là où on se tourne vers la politique. Donc moi, je suis rentré au Parti socialiste en 88, je crois et puis voilà, j'ai suivi mon chemin dans ces valeurs-là où à la fois, j'ai beaucoup reçu, j'ai beaucoup appris de cette formation politique-là. J'espère lui avoir aussi apporté des choses dans mon parcours et d'avoir pu aussi mettre en perspective certaines générations pour prendre le flambeau.
Le Parti socialiste qui a beaucoup changé, connu des hauts et des bas, etc., je suppose que ce n'est pas forcément toujours évident quand on est fidèle à sa famille politique de voir ce qui reste ou ce qui ne reste pas du socialisme. Est-ce que c'est encore un sujet d'avenir ou une famille politique qui a un avenir globalement ?
Ah, vous verrez que oui. Effectivement, vous avez raison de dire qu'on a traversé des phases un peu compliquées. Moi, je suis devenue responsable fédéral du Parti socialiste en 1993, au siècle dernier. Mais c'était une époque très, très compliquée en termes électorales et donc on a pu remonter la pente et faire en sorte de reformuler un certain nombre de choses en interne. On a traversé des crises, souvent d'ailleurs des crises qui sont trop liées aux égaux, aux personnels, donc il faut aussi faire un peu l'abstraction sur tout ça.
Et moi, je suis plutôt confiante sur les valeurs qui sont portées par cette formation politique-là, sur les solutions qu'elle propose, sur son intérêt à la fois sur la question, les questions sociales et sur les questions environnementales maintenant qu'elle est parvenue à joindre de façon assez, enfin avec un bel amalgame et je trouve qu'il y a vraiment de l'avenir là-dessus parce qu'on a une vision qui est une vision globale et générale, pas trop parcellaire et ça, ça me plaît beaucoup dans cette formation-là.
Je dis ça parce qu'il y avait eu pas mal de discussions, je vous souviens notamment la dernière fois lors de la dernière échéance dans le choix notamment de la tête de liste de Raphaël Guzman, y compris dans les discussions avec le PS. Je crois qu'Olivier Fort, à l'époque, le secrétaire national avait été un peu précurseur. Finalement, c'était sans doute un bon choix pour votre famille élargie de la gauche.
Oui, oui. En plus, pour avoir fréquenté Raphaël pendant ses cinq ans, avoir fait campagne avec lui en 2019, il le dit lui-même d'ailleurs, il n'était pas un homme politique à ce moment-là et il a, ce qu'il a acquis pendant ses cinq ans, fait de lui quelqu'un qui est un responsable politique et un leader d'opinion extrêmement fort. Et il a par ailleurs été un excellent député européen pour ceux qui doutaient à ce moment-là à la fois de son engagement, de sa capacité à faire sortir des idées et à mener à bout un certain nombre de combats. Je crois que ceux-ci, maintenant, doivent être convaincus de l'intérêt qu'il a porté à ce mandat.
Et je pense qu'il a un très très bel avenir comme député européen. C'est manifeste et peut-être, soyons fous pour autre chose.
On en reparlera, il ne faut pas brûler les étapes. On va voir ce qui va se passer. Mais visiblement, pour l'instant, la tendance est assez favorable puisqu'il est bien placé, y compris sur la partie gauche élargie. Mais on reviendra un petit peu sur ces gens-jeux. Vous parliez de votre engagement sur un certain nombre de causes. Je voudrais y revenir avant qu'on rentre concrètement dans ce qui se passe au niveau européen. Notamment sur, évidemment, le droit des femmes et les questions migratoires qui ont été des sujets d'actualité nationale et locale. Je ne sais pas par lequel on peut commencer. Peut-être revenir parce qu'il y a là aussi un lien avec l'Europe sur la question migratoire.
La loi immigration telle qu'elle a été évoquée a provoqué des débats houleux, des scissions dans les familles politiques. C'est un tout petit peu retombé. Mais avec le recul aujourd'hui, est-ce que vous pensez que cette question a été bien appréhendée ? Est-ce que c'est ça qu'il fallait faire comme type de loi pour régler peut-être de vrais problèmes ?
Très sincèrement, mes collègues députés français et sénateurs français seraient plus aptes à parler de cela. Mais ce que moi, j'en ai perçu, c'est que c'était une loi de la 29e ou 30e, je crois, depuis ces dernières années, qui partait d'un postulat et qui ne répondait pas du tout à ce postulat ou à ces difficultés. Et donc, c'est peut-être aussi pour ça que par exemple, le pouvoir a cherché à ce qu'un certain nombre d'articles soient censurés derrière. Donc franchement, je pense que c'était une mauvaise manière de régler une situation ou de travailler à une situation qui peut poser des questions et qui peut être instrumentalisée d'ailleurs beaucoup dans l'opinion publique.
C'est un peu pareil au plan européen, malheureusement. C'est-à-dire qu'on est en train de travailler à ce qu'on appelle le pacte asile-migration qui est un travail de 4 ans. Moi, je me suis engagée particulièrement sur un des textes qui compose ce pacte asile-migration. Et le constat que j'en fais, pour le résumer, mais à grand trait, pardon, c'est de considérer qu'on part d'un diagnostic des difficultés que rencontrent les États membres dans l'Union face à des pressions plus ou moins importantes d'entrée, de ressortissants étrangers et on trouve de mauvaises solutions.
Donc au final, il y a, je crois, un vrai risque sur les droits fondamentaux, il y a un vrai risque sur la manière dont les États vont se comporter à l'avenir, il y a un vrai risque sur la solidarité dans l'Union pour aborder la question de l'arrivée des personnes étrangères. Et donc ces textes, là aussi au plan européen, ne seront pas adaptés à la problématique. Alors je suis un peu embêté de dire ça parce que mon groupe va voter pour et moi je vais voter contre probablement la plupart de ces textes.
Donc je suis un peu en décalage avec mon groupe mais c'est pas grave, j'assume parce que j'ai travaillé là-dessus depuis très très longtemps et malheureusement les guillemets solutions qui sont proposées ne vont pas résoudre les questions qu'on se pose.
Alors justement parce qu'on voit bien que c'est un des enjeux notamment sur ces élections qui arrivent quand on entend notamment Jordan Bardella ou le Rassemblement National on a l'impression que c'est le sujet de l'Europe il y en a beaucoup d'autres mais on sent bien qu'il y a une question sur les déplacements de population qu'ils soient volontaires ou pas volontaires que tout ce qui va se passer en termes de changement climatique va amener de toute façon des mouvements qui sont inéluctables. C'est déjà le cas d'ailleurs.
Ce qui est déjà le cas donc la question elle n'est pas de se dire il faut pas voilà mais c'est comment on le traite or on a l'impression que pour l'instant effectivement et vous l'évoquiez en termes de solidarité en termes de mesures prises on n'a pas encore soit pris totalement la mesure soit su faire face à ces questions dans la dignité et le respect des droits humains. Comment vous imagineriez les bonnes solutions pour ce problème ?
Alors je vais prendre une précaution oratoire c'est que comparativement à d'autres moi je ne suis pas une no border je ne pense pas qu'on puisse ne pas réglementer les choses ou pas réguler ce qui est en train de se passer dans le monde je pense que voilà il y a des choses qui existent la mobilité humaine ça existe ça existait il y a des millénaires et ça existera dans les millénaires aussi parce qu'il y a malheureusement dans le monde vous l'avez évoqué des catastrophes climatiques ou des changements climatiques qui obligent les gens à bouger et puis il y a aussi les guerres des discriminations des violences qui existent qui poussent les gens à partir et je ne crois pas qu'on quitte chez soi simplement un matin en se disant ben voilà je vais partir donc ces phénomènes là existent ça ne sert à rien de les instrumentaliser je pense que là où on se place nous en termes de réflexion c'est de considérer que comme ce phénomène existe il faut essayer de le réguler et faire en sorte justement que les responsabilités soient partagées je prends un exemple si on se dit la meilleure moyen de freiner l'arrivée sur le territoire européen c'est à la frontière extérieure de mettre tout le monde en détention je ne suis pas sûr que ce soit franchement très intelligent parce qu'on risque d'avoir une multiplication de centres de détention comme on en connaît parfois en Italie comme on en connaît surtout beaucoup en Grèce et comme on en connaît aussi après que les gens aient essayé de traverser la Méditerranée Méditerranée qui est quand même le plus grand cimetière du monde avec les gens qui se sont noyés donc soit on réagit comme ça en disant ben voilà la seule solution si on freine à la frontière et on ne s'occupe pas des droits humains soit on essaie de trouver d'autres solutions qui sont des solutions réglementées comme par exemple les questions de voie légale comment on accueille les personnes comment on traite leur situation comment on vérifie s'ils ont le droit ou pas d'entrer sur le territoire et si les pays d'accueil ont quelque chose à leur proposer nous sommes un continent qui vieillit on a de moins en moins d'actifs c'est un peu moins valable en France mais prenez l'Italie par exemple particulièrement touchée par les questions de pression migratoire c'est un pays qui vieillit énormément et qui a besoin de main d'oeuvre qui a besoin de gens qui le rejouent à tel point d'ailleurs que madame Mélanie qui voulait faire un blocus et éviter que quiconque arrive sur le territoire italien quand elle est devenue présidente du conseil maintenant fait recours à 452 000 personnes étrangères pour pouvoir venir travailler en Italie il y a un principe de réalité qui s'impose il y a un principe de réalité et il y a un principe à un moment donné de comment on s'exprime et on crée des voies légales contrôlées régulées qui font que justement on n'est pas dans l'invective on n'est pas dans la discrimination on n'est pas dans la violence et on n'est pas surtout dans l'instrumentalisation des peurs je ne veux pas citer la personne que vous avez citée tout à l'heure dans votre propos mais il ne propose aucune solution sauf de l'invective sauf de la peur donc il faut surmonter cette peur il faut proposer des solutions
mais elle est entre guillemets entendable et compréhensible quand on est aujourd'hui dans une société un peu fragilisée dans un contexte économique délicat lorsque les personnes comme ça elles-mêmes se sentent un peu soit rejetées soit fragilisées on peut comprendre que l'autre ou l'extérieur soit vécu parfois comme quelque chose qui vient perturber son quotidien ou prendre la place d'eux vous voyez ces fameux arguments
ce fameux bouc émissaire bien sûr
on dit que quelque part il y a la place pour accueillir tout le monde Michel Orancard il y a un temps que vous citez 1988 avait dit et sa phrase avait été tronquée d'ailleurs on ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais la France prendra toute sa part c'est ça la vérité comment est-ce qu'on peut prendre notre part et comment l'Europe peut prendre sa part
alors vous avez tout à fait raison de dire que personne ne dit je crois maintenant il faut accueillir tout le monde si certains sans doute le disent mais en tout cas ce n'est pas raisonnable mais je pense que Roca avait raison en disant il faut que nous y contribuions de façon solidaire vous savez pour revenir sur les peurs que vous évoquiez et l'opinion publique vis-à-vis des questions de migration si vous regardez à la plupart des sondages les tests d'opinion la question de la migration revient quand même assez bas dans les sujets de préoccupation des gens les vrais sujets c'est le niveau de vie c'est le pouvoir d'achat c'est comment on souffre comment on mange comment on soigne comment on fait que nos gamins vont à l'école et ont un parcours éducatif qui leur convient et qui les met en perspective c'est ça ce sont ces sujets-là qui sont importants pour les gens et trouver des beaux commissaires au travers de la migration je trouve que de la part du Haut Rassemblement National c'est vraiment de la faiblesse d'esprit et de la paresse
derrière il y a aussi la question du coup de la solution de la mutualisation c'est-à-dire que l'Europe et vous allez certainement parler bien mieux que moi c'est quand même toujours à la fois et pour vous je suppose une espérance un espoir et un vrai moyen de faire parce qu'on est peut-être plus fort plus intelligent et plus capable à plusieurs c'est ça l'idée de l'Europe au départ quand même
oui je crois que c'est assez bien résumé sur l'ambition de l'Union Européenne vous ajoutez à ça l'harmonisation par le haut des droits et des conditions de vie je pense que vous aurez fait une belle boucle sur l'ambition de l'Europe
alors comment est-ce qu'on explique si la réalité est celle-là qu'aujourd'hui alors on est quand même à 5-6 semaines des échéances on n'a pas l'impression que ça passionne les foules on n'a pas l'impression que les gens comprennent ou veulent s'y intéresser comment est-ce qu'on fait pour rendre ça intéressant et pour montrer l'enjeu fondamental pour les générations à venir que sont ces élections européennes
pour les générations à venir et pour celles qui existent encore maintenant puisque vous savez ça ne se voit pas effectivement mais l'imprégnation de la politique européenne des décisions européennes c'est dans notre vie quotidienne prenez la question de l'emploi et de la formation en France pour parler de notre pays il est totalement dépendant et financé par les fonds européens qui viennent en aide aux gens qui sont en recherche d'emploi donc vraiment c'est du quotidien pour ne citer que cet exemple pour répondre à l'exemple de la PAC aussi la politique agricole commune bien connue ces dernières semaines c'est vrai qu'on a quelquefois du mal à faire valoir les enjeux européens dans le quotidien de nos concitoyens mais il y a des choses extrêmement concrètes qui sont directement dans notre vie quotidienne qui viennent de l'Union européenne prenez la question du soutien à la formation et à l'emploi ou bien encore la politique agricole commune qui a fait vraiment l'objet de beaucoup de discussions ces derniers temps donc l'Europe c'est le quotidien malheureusement c'est assez invisible d'abord parce que les élus sont assez invisibles dans la politique nationale on les voit assez peu sur les plateaux et puis parce qu'il n'y a pas non plus ce relais très très fort des médias tout au long du mandat européen là on va on va commencer à parler on va commencer à parler très sérieusement des enjeux européens maintenant mais on est à quelques semaines du scrutin alors qu'il faudrait quelque chose qui soit dans le continuum donc moi je plaide depuis des années pour une pédagogie d'abord qui commence avec l'éducation j'y reviens parce que nos enfants doivent apprendre les éléments cruciaux de l'impact de l'Union européenne et tout au long de notre vie nous devons bénéficier d'informations et de cette façon concrète qu'a l'Union d'être dans nos vies quotidiennes et ça c'est je crois très très important
Est-ce que c'est pas aussi un peu le symbole ces élections de quelque chose d'un peu plus délicat sur la vie politique à savoir que tout devient plus compliqué y compris à l'éflon local et on est dans une permanente simplification des choses c'est-à-dire que ce combat de la décision politique difficile et de la simplification vous voyez peut-être que c'est ça qu'on abordera dans une troisième partie de notre émission à tout de suite on se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon première toujours avec vous Sylvie Guillaume je rappelle que vous êtes députée européenne PS sortante que vous nous en êtes en train de parler de l'enjeu de la complexité aussi parfois de la vie publique et de la vie politique et peut-être que les élections européennes en sont un peu le symbole c'est-à-dire qu'on a quand même des choses qui sont compliquées et en même temps une nécessité dans un monde de réseaux sociaux ou de médias d'une simplification comment est-ce qu'on on résout cette quadrature du cercle en quelque sorte
c'est une question assez fondamentale et d'ailleurs j'utilise ce type d'argument quand je parle en réunion publique ou quand je parle avec des gens c'est-à-dire que surtout quand on parle de la question européenne souvent les gens nous disent c'est très très compliqué ce qui est vrai il y a une forme de complexité dans la prise de décision il y a beaucoup de choses il y a beaucoup de thèmes qui sont traités au plan européen mais sans sortir en disant c'est compliqué je trouve que ça n'est pas suffisant il faut vraiment indiquer que oui il y a une forme de complexité mais si on simplifie à outrance les enjeux on ne répond pas non plus à ce qui est important pour nos concitoyens donc il faut trouver le bon équilibre effectivement en disant c'est compliqué mais on va vous expliquer mais il ne faut pas non plus trouver des solutions de simplification à outrance parce que là on est là aussi dans une forme de paresse intellectuelle et l'union oui ça a un côté compliqué quand vous parlez à des structures du moyen de monter des dossiers européens chacun vous dira mais c'est affreux je préfère renoncer plutôt que faire un dossier européen certes mais en même temps c'est plus contrôlé il y a moins de coulages financiers donc il faut trouver sur tous les sujets européens à la fois cette dimension d'explication sans complètement mettre derrière nous le fait que oui ce sont des processus un peu compliqués complexes et qu'il faut appréhender
et qu'il faut aussi peut-être prendre l'habitude de respecter le citoyen y compris l'intelligence du citoyen qui est capable de comprendre mais c'est une responsabilité alors qui a été peut-être partagée à un moment par les médias mais qui a aussi peut-être été celle des politiques c'est-à-dire de garder le cap de l'explication de la complexité de ne pas faire des choix forcément faciles tout ça vous avez été confronté aussi à ça dans différents choix à un moment de garder un cap de vos convictions tout en ne cédant pas à la facilité d'un truc qui serait plus facile à être compris
oui oui probablement il y aurait sans doute plein d'exemples dans notre vie de parlementaire moi j'ai surtout souvenir quelquefois de cette façon un peu de simplifier les enjeux tout à l'heure on parlait de la question des lobbies moi j'ai reçu souvent après je garde mon libre arbitre et je rends public toutes les rencontres que je fais mais j'ai quand même souvenir d'avoir eu en face de moi des lobbies qui faisaient des chantages à l'emploi par exemple qui venaient me voir en me disant quand on avait encore des circonscriptions à tel endroit Anne-Guillaume si vous faites tel type de législation au plan européen ça va se traduire par tant de milliers ou tant de centaines d'emplois en moins dans votre circonscription et là alors pour le coup ça avait le mérite entre guillemets de la simplicité mais ça ne pouvait pas se régler par cette simplicité donc il fallait à chaque fois remettre de la complexité dans la décision et c'est ça qui est intéressant je trouve dans la fonction que nous exerçons
Alors on parle beaucoup d'un enjeu crucial on l'a dit pour nous etc. y compris pour les jeunes générations comment est-ce qu'on peut faire comprendre et qu'est-ce qu'il y a derrière d'abord peut-être d'un point de vue très pratique comme élection concrète ce 9 juin c'est l'élection du Parlement européen on est bien d'accord à quoi sert en fait le Parlement européen puisque vous êtes parlementaire vous allez pouvoir nous le synthétiser de manière évidente Alors oui
on vote entre le 6 et le 9 dans l'Union le 9 en France et on élit les parlementaires européens nous serons 720 81 en France on était 79 et on vient d'obtenir deux élus de plus en rapport avec notre poids de population et donc vous allez élire des parlementaires qui à l'instar de ce que font les parlementaires français font la loi au plan européen et entrent en confrontation en négociation perpétuelle avec les représentants des états membres représentés donc par les états les représentants des états pardon qui eux représentent un peu l'intérêt général tandis que nous nous voulons représenter l'intérêt communautaire l'intérêt européen des citoyens
parce qu'il y a souvent des confusions sur les institutions européennes on ne sait pas d'ailleurs si on devait résumer de manière simple entre le pouvoir de la commission européenne dont on voit beaucoup parce qu'elle est peut-être plus personnalisée parfois et le parlement européen comment ça se situe c'est un peu différent de notre mode de gouvernance français
absolument on est là dans une sorte de trilogue le terme est utilisé pour d'autres choses mais utilisons-le ici et là la commission européenne c'est une représentation des états membres mais pour la conception de la loi donc la commission européenne est la seule à pouvoir rédiger des projets mais elle ne s'en tire pas comme ça puisque derrière les deux autres institutions parlement et conseil travaillent sur les projets qui sont élaborés par la commission les projets de loi qui sont élaborés par la commission les amendes et ensuite une fois que leur position respective est acquise par le vote rentrent en discussion pour arriver à trouver des accords il y a quelque chose qui est assez unique dans le fonctionnement européen c'est que comme aucun parti aucune déformation aucun groupe n'est majoritaire au sein du parlement européen il faut trouver toujours des accords et donc il faut faire ce qu'on appelle des concessions on a un consensus qui est quelquefois un peu vilipendé dans la vie politique française parce qu'on se dit s'ils font un petit pas ça veut dire qu'ils ont trouvé des trucs pas clairs non pas du tout on n'empêche pas de faire valoir nos convictions quand on trouve un accord simplement on fait un pas un peu plus petit pour cette réglementation que celui qu'on aimerait faire si on était majoritaire soit seul donc ce consensus il est quelquefois mal perçu mais je crois qu'il fait avancer considérablement les choses pour les citoyens européens
une des questions sans doute aussi en termes de visibilité parce qu'on était tout à l'heure en train de se demander pourquoi c'était plus difficile à comprendre c'est qu'aussi les parties enfin les groupes n'ont pas les mêmes noms les parties se mélangent un petit peu donc c'est peut-être un peu plus compliqué à lire ce qui est certain c'est que quand on regarde ce qui se passe en France au niveau des différentes têtes de listes il y a une question qui a beaucoup agité à un moment la gauche puisque vous êtes au PS je vous en parle à vous le fait que notamment par exemple les écologistes soient partis tout seuls que la gauche rassemblant le PS place publique etc est-ce que ça n'aurait pas été mieux peut-être puisqu'on entend souvent aussi qu'au niveau du Parlement ce qui compte c'est de créer un groupe puissant et que du coup il faut rassembler beaucoup est-ce que ce n'était pas mieux de se rassembler dès le départ par exemple
alors il y a plusieurs choses dans ce que vous avez dit au Parlement européen on n'a pas d'intergroupe c'est-à-dire qu'on est dans nos groupes et les formations politiques nationales les délégations élues se reconnaissent dans un groupe ce que vous évoquez c'est d'une certaine manière est-ce qu'on aurait pu faire autrement ressembler à quelque chose qui en 2022 a existé en France moi à titre personnel je regrette beaucoup le choix des écologistes au plan français de ne pas avoir réussi à donner une suite à la proposition qu'on avait fait au PS d'avoir une liste qui nous rassemble parce que je trouve qu'on partage énormément d'éléments alors il y a des choses qui sont très identitaires sociales pour nous plus écologistes c'est assez normal mais chacune des formations a fait un trajet un parcours politique qui nous rend assez similaires avec nos identités bien sûr ça aurait été plus difficile pour anticiper une question que vous ne me poserez peut-être pas d'être d'accord avec LFI qui au plan européen ne partage au plan français d'ailleurs ne partage pas du tout les mêmes enjeux sur la politique internationale notamment mais je ne peux pas détailler mais franchement ça aurait eu comme on dit de la gueule d'avancer de cette manière-là et surtout ça aurait permis je crois d'avoir quelque chose de plus puissant face à un risque que je considère comme très comme majeur qui est le risque d'avoir énormément d'élus du Rassemblement national dans le futur parlement européen je crois que
ça aurait été utile alors sur ces enjeux puisque vous les évoquiez au sein de la NUPES enfin de la gauche élargie je me souviens avoir assisté à différents meetings des uns et des autres et l'argument qui semble leur revenir assez souvent c'est que peut-être aujourd'hui la liste que mène Raphaël Glucksmann ne se met pas peut-être assez sur les priorités de la transition écologique du climat c'est un peu cette espèce d'opposition peut-être un peu factice au sein de la gauche entre une gauche un peu plus sociale une gauche un peu plus écologique est-ce que vous avez l'impression que le débat l'enjeu de l'urgence climatique est vraiment pris en compte et que c'est bien à cette échelle qu'il doit être traité ?
Ah je n'en ai pas que l'impression j'en ai la certitude que nous avons franchi des étapes assez significatives s'agissant de la prise en compte de l'écologie et de la lutte contre le changement climatique dans notre formation politique et vous allez voir dans les jours ou semaines qui viennent que ce sujet sera absolument prégnant dans les discours de notre liste et d'une certaine manière il faut aussi savoir que si je reviens au plan européen vous avez peut-être entendu parler du pacte vert qui est un ensemble de textes qui travaillent sur la question environnementale et sur la lutte contre le changement climatique des textes très très concrets qui ont été présentés par la commission européenne comme j'ai expliqué tout à l'heure mais qui sont l'émanation de notre combat politique au parlement européen pour faire valoir cette dimension et comme la nécessité d'agir de façon législative au plan communautaire au plan européen sur ces sujets-là donc ça ça vient de nous ça vient de nous comme groupe politique avec les écologistes au parlement européen
alors justement pour essayer peut-être de convaincre on parlait des jeunes générations il se trouve que dans le studio aujourd'hui on a une jeune femme qui s'appelle Gladys qui est en terminale qui s'intéresse à la vie publique et politique qui va voter pour la première fois le 9 juin ce qui n'est pas rien de voter pour la première fois donc ça deviendra la question Gladys de manière exceptionnelle qu'est-ce qu'on dit à ces jeunes qui vont voter pour la première fois pour qu'ils mesurent bien l'importance et de l'enjeu et qu'est-ce qui pourrait eux leur parler peut-être encore plus qu'à nous par exemple
alors on est toujours tenté de dire qu'on va avoir un discours général en disant la construction européenne depuis tant d'années c'est votre avenir c'est là où se situent les enjeux européens ça me paraît pas super concret c'est un truc de vieux non pas seulement parce que justement ça parle aux générations futures on vient de parler d'écologie et de changement climatique donc on est vraiment dans ce tempo là non je vais prendre quelque chose de beaucoup plus concret qui est la question de la mobilité européenne la mobilité internationale l'union européenne depuis 30 ans maintenant permet au travers de Erasmus maintenant devenu Erasmus Plus de soutenir le déplacement des jeunes pour qu'ils sortent de leur zone de confort qu'ils se réalisent qu'ils concrétisent leurs ambitions qu'ils voient ailleurs s'ils y sont pour arriver à trouver à rencontrer d'autres cultures rencontrer d'autres personnes et donc ça c'est extrêmement précieux ce développement personnel que permet l'union européenne à des jeunes gens qui se déplacent dans l'union européenne qui vont se former et qui vont rencontrer d'autres personnes et ça c'est extrêmement précieux l'union c'est aussi ça et c'est pas que de la politique c'est pas que de la philosophie c'est un mode de vie qui au travers de ce projet de ce programme fait que les jeunes gens se réalisent et bien il faut qu'on puisse multiplier ce genre d'exemple avec la jeune génération
se confronter s'ouvrir à l'autre c'est aussi comme ça qu'on fait des citoyens peut-être plus conscients et plus engagés alors une question peut-être un peu plus personnelle puisqu'on arrive doucement à la fin de cette émission on a vu l'engagement qui était le vôtre la passion qui vous anime sur ce mandat vous nous avez expliqué que donc vous alliez ne pas vous représenter est-ce que ça veut dire que vous allez faire totalement autre chose ou comment on maintient un engagement qui est le vôtre si on n'a plus de mandat par exemple parce que vous avez des idées déjà de ce que vous allez faire après
vous savez je vous l'ai indiqué c'est un mandat extrêmement exigeant je ne m'en plains pas puisque je vous l'ai dit tout à l'heure c'est le meilleur mandat du monde je crois qu'il n'y a rien de mieux en termes de liberté et de capacité d'action mais voilà c'est très prenant sur la vie personnelle et je pense que j'ai besoin de me retrouver aussi un petit peu avec ceux que j'ai probablement un peu négligé ma famille et mes amis donc j'ai envie de reconstituer de recultiver aussi ce monde-là je pense que j'aurai de toute façon toujours une activité militante qui ne sera pas une activité élective et puis j'ai très envie de revenir à mes amours qui sont le milieu associatif et donc j'espère que je pourrai mettre à profit ce que j'ai acquis et faire partager un certain nombre de compétences
l'engagement ça ne s'arrête pas comme ça
non jamais je crois que je ne pourrais pas
alors j'ai toujours deux questions pour terminer parce que ça m'intéresse parce que je suis quelqu'un de curieux mais n'y voyez pas malice sur le livre de chevet de mes invités c'est-à-dire que souvent en fait ce qui m'intéresse c'est de savoir si on a le temps de faire parfois autre chose que ça justement que de la politique comment est-ce qu'on s'en dégage est-ce qu'on lit toujours des rapports compliqués ou est-ce qu'on a le temps de lire des choses plus divertissantes ou plus agréables qui vous emmènent un peu ailleurs
je dois avouer que c'est très très compliqué effectivement de faire de la lecture plaisir moi je compense en faisant dans la lecture j'écoute des livres quand je cours par exemple ou quand je fais du sport mais c'est vrai que ça fait très très longtemps que je suis malheureusement obligée de me consacrer majoritairement à des lectures utiles mais voilà j'ai quelques livres de chevet auxquels je repense régulièrement et auxquels auxquels j'attache beaucoup d'importance et quand je pensais à cette question je me suis dit que j'avais une affection particulière par exemple pour Rien ne s'opposait à la nuit de Delphine de Vigan que j'ai adoré
et bien voilà on en sait un tout petit peu plus et puis on a aussi puisqu'on est à la radio évidemment une question musicale et je vous ai demandé de choisir un titre pour se quitter en musique et qu'est-ce que vous avez choisi ?
Ah là aussi je suis retournée à mes amours de jeunes femmes et j'ai choisi The Clash London Calling Voilà
je ne sais pas si ça va
aux jeunes générations mais à nous en tout cas ça nous parle Merci infiniment Sylvie Guillaume d'avoir été présente à notre micro pour comprendre un peu mieux les enjeux des prochaines échanges je crois que c'est important et ça fait partie aussi de notre rôle et quant à vous je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission C'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire Retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr Écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.
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Sylvie Guillaume