Les conditions d'emprisonnement des personnalités politiques - reportage #cdanslair 29.09.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il connaîtra la date de son incarcération le 13 octobre. C'est le quartier QB4. - Balkany, Guéant, Tapie...
Parmi les hommes politiques condamnés, ils ne sont pas si nombreux à avoir réellement franchi les portes de la prison. Le plus emblématique est longtemps resté l'ancien ministre de la Ville, qui est encore député lorsqu'il est condamné en 1995 à 2 ans de prison dont 8 mois ferme, dans l'histoire du match Valenciennes-OM. - B.Tapie: Chacun de vous appréciera ce que représente le mois de prison ferme par rapport à ce qui était reproché, 250 000 francs à mon insu, pour un match de football. - L'ancien patron de l'Olympique de Marseille est déchu de son mandat à l'Assemblée, avant d'être incarcéré à la maison de la Santé. - B.Tapie est déjà seul dans l'une des cellules de ce fourgon.
Il comprend, lorsque le camion amorce sa marche arrière, qu'il vient de perdre sa liberté. - Il la retrouvera finalement après 165 jours. Il ne fut pas le 1er ex-ministre placé derrière les barreaux.
Quelques mois plus tôt, c'est A.Carignon, ministre de la Communication d'E.Balladur, qui tombe pour des malversations. - A.Carignon est condamné à 5 ans de prison.
Le président de la cour d'appel a affirmé que l'ancien maire de Grenoble avait commis l'acte le plus grave qui puisse être reproché à un élu. - La corruption d'élus locaux défraie la chronique des années 90. L'ancien maire centriste de Cannes passera 48 mois en cellule, un record.
Condamné à ses côtés, l'homme d'affaires P.Botton fut admis à la prison de la Santé, où devrait bientôt arriver N.Sarkozy. - Une incarcération, c'est violent.
Une des premières choses que vous faites, c'est une photo où on vous prend avec votre taille et on vous donne un numéro d'écrou. Vous n'êtes plus qu'un numéro d'écrou. Il va être fouillé.
Je ne pense pas qu'on va lui faire une fouille au corps, mais on va le fouiller. On va le mettre en caleçon et peut-être plus. - Parfois, l'histoire tourne au feuilleton, comme dans le cas du couple Balkany, condamné en 2019 à 4 ans de prison ferme pour fraude fiscale.
L'ancien maire de Levallois-Perret est incarcéré devant une nuée de caméras, puis libéré pour raisons de santé, mais réemprisonné pour ne pas avoir respecté le périmètre de sa détention à domicile. Il convoque alors les caméras pour dénoncer cette décision. - P.Balkany: Ca m'a tout l'air d'être un prétexte.
Dans un mois, on aurait été libres de nos mouvements. Peut-être que ça ne plaisait pas à la proc, au juge...
Je ne sais pas. - P.Balkany aura en tout passé un an en cellule, notamment dans le quartier QB4 de la prison de la Santé, réservé aux plus vulnérables.
C'est là aussi que devrait être emprisonné N.Sarkozy. Reste à savoir sous quel régime, pour garantir sa sécurité. - L'administration pénitentiaire peut décider de le placer à l'isolement.
C'est une expression de détenus qui dit: "Vous ne voyez que du bleu." Vous ne voyez que des surveillants. Vous êtes tout seul ou avec des gens en isolement en copromenade.
Franchement, l'isolement, c'est très dur. - Agé de plus de 70 ans, N.Sarkozy pourra demander une libération anticipée, mesure dont avait bénéficié son ancien ministre C.Guéant, condamné à un an de prison ferme pour complicité de détournement de fonds publics en 2019.
Il était ressorti au bout de 2 mois. - C.Roux: Question. - E.Sire-Marin: Je ne pense pas.
Ce que la cour d'appel va décider, dans un premier temps, c'est la question de la détention provisoire. Est-ce que les critères sont réunis? Il y a un risque de fuite, de pression sur les témoins, de concertation entre les condamnés?
Est-ce que, finalement, il y a un risque de récidive? La cour va juger, dans un premier temps, sur la question de la prison, immédiatement là-dessus. Ensuite, elle jugera sur le fond dans 6-8 mois.
De façon générale, la critique de la justice, même extrêmement virulente, ce n'est pas préjudiciable. Ce sont des juges financiers. On finit par s'habituer, malheureusement... - C.Roux: Là, ce sont des menaces de mort... - E.Sire-Marin: C'est la conséquence.
La critique virulente et le fait que N.Sarkozy nie les faits...
On est habitués à ce que les prévenus nient les faits dans cette matière, c'est presque toujours le cas. "L'argent n'est pas dans ma poche"... "S'il était dans ma poche, c'est que quelqu'un me l'avait mis". - C.Roux: On peut considérer qu'il est un justiciable comme les autres?
Un des arguments, c'est de dire que c'est aussi la France qu'on abîme lorsqu'on met un ancien chef d'Etat en prison. - A.Duhamel: C'est un fait.
Je ne conteste pas le jugement. Il faut regarder les conséquences. Je précise, je ne dis pas que le jugement devait intégrer ces conséquences dans le raisonnement, mais les conséquences existent.
C'est évident qu'un ancien président, en plus, qui était particulièrement...
Il a joué un rôle international à plusieurs reprises. Evidemment, il n'est pas regardé de l'extérieur de la France comme n'importe quel malfrat. Evidemment, dans les pays autour de nous, il y en aura qui se diront: "En France, au moins, la justice fonctionne bien".
Une partie de ma famille est danoise, tout le monde applaudit. "C'est la vraie démocratie!" J'ai quelqu'un de ma famille aux Etats-Unis qui me disait qu'il n'y comprenait rien.
Pourquoi il n'y a pas eu un accord financier de passé? Remplacer une peine de prison par une amende...
Ils ne comprennent pas. "C'est vous qui vous affaiblissez tout seuls, vous vous ridiculisez tout seuls". - C.Roux: Ils ont un exemple opposé, comme celui de D.Trump.
Quand un juge ne lui convient pas, il le débarque. - A.Duhamel: Je ne pense pas que la justice américaine soit en situation de nous donner des leçons. - C.Roux: Il va faire combien de temps de prison?
Comment ça peut se passer? - E.Sire-Marin: Ca dépend de la cour d'appel...
Dans toutes les affaires financières, j'ai regardé un peu comment ça se passait au niveau de la cour d'appel. Systématiquement, la peine est baissée. Ce n'est pas pour autant que dans cette affaire, la peine va être baissée.
Systématiquement, la justice financière est plus clémente en appel. Monsieur Fillon, 4 ans dont 2 ferme, ça s'est transformé en 4 ans avec sursis. En droit commun, en criminalité organisée et trafic de stupéfiants, la peine est augmentée quand on fait appel. - C.Roux: Il restera combien de temps en prison?
Quels sont les leviers? Il dit qu'il ne demande pas la grâce présidentielle. Il la refuse. - A.Goutard: Ce dont on est sûrs, c'est que la cour d'appel a 2 mois pour statuer.
De toute façon, il fera 2 mois. Ce dont on est sûrs aussi, c'est qu'il est convoqué le 13 octobre. Le 13 octobre, il devra rentrer en prison dans un délai de 4 mois.
Il fera au moins 3-4 mois de prison. C'est sûr. A ce moment-là, on attendra la décision en appel.
Cette décision d'appel, c'est fluctuant. - C.Roux: On peut dire un mot de ce quartier.
On l'avait surnommé "le quartier VIP". Il semble totalement à l'isolement. - A.Duhamel: Ils sont protégés. - A.Goutard: En même temps, ils subissent l'environnement de cette prison.
Pour l'avoir visité, ce quartier VIP, je me souviens qu'on arrive en prison, on vous met en caleçon, on vous prend en photo, vous avez un bruit infernal, une odeur particulière. Vous êtes réveillé jour et nuit. Au début, on a peur que les VIP se suicident.
On les réveille toutes les 2 heures. C'est stressant. Il y a des cellules...
Elles font la même taille que les cellules de prison lambda. La seule grande différence, c'est que vous êtes seul en cellule.
Nicolas Sarkozy