"Après l'amiante, le cadmium est un nouveau scandale d’État" selon Clémentine Autain - 1/04/2026
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Après l'amiante, le cadmium est un nouveau scandale d'Etat. Parce que vous savez et vous ne nous protégez pas. Le rapport de l'ANSES met une nouvelle fois en lumière le danger de ce métal lourd pour notre santé. Après les alertes formulées dès 2001, puis en 2005. Après l'étude de santé publique France. Après le rapport de l'agence sanitaire en 2019. Après l'enquête de 2025 de 60 millions de consommateurs, structure que vous avez d'ailleurs liquidée. Oui, le cadmium est un poison. C'est un poison cancérogène avéré et reconnu depuis 1993. Perturbateur endocrinien, facteur de maladies diverses, par exemple rénal.
Or le cadmium, présent dans les engrais phosphatés, dans les sols, se retrouve partout dans nos assiettes. Il est présent dans les pâtes, dans les céréales, les gâteaux, les pommes de terre, le chocolat. C'est un fait. La population française est surexposée au cadmium, à commencer par les enfants et les classes populaires. Près d'un Français sur deux présente un taux de contamination qui est supérieur aux recommandations sanitaires. La teneur maximale de cadmium par kilo d'engrais devait être de 20 mg, selon l'ANSES. Mais en France, elle peut atteindre jusqu'à 90 mg. Et vous annoncez un décret, mais il est question de 40 mg.
Et en 2030, les 20 mg, ce serait pour 2038, dans plus de 10 ans, et encore sous condition d'étude d'impact. Pourtant, les méthodes pour décamenier sont connues et peu coûteuses. C'est environ 2 euros par hectare et par an. Pourtant, nous savons qu'il faut transformer profondément notre système agricole pour qu'une alimentation sûre, saine, de qualité, soit accessible à toutes et tous. Mais vous ne faites rien. Vous êtes même opposé à notre proposition de loi portée avec mon collègue Benoît Biteau, qui permettrait de se conformer aux recommandations sanitaires. Et j'appelle d'ailleurs mes collègues à la signer pour qu'elle puisse être soumise au Parlement au plus vite.
Monsieur le Premier ministre, je m'adresse à vous. Pourquoi refuser de sécuriser nos vies ? Merci beaucoup, madame la députée. La parole est à madame Annie Genevin, ministre en charge de l'Agriculture.
Merci, madame la présidente. Mesdames et messieurs les députés, madame la députée Clémentine Autain. Je voudrais vous dire que la question de l'exposition au cadmium est identifiée, parfaitement identifiée et en interministériel, et le gouvernement agit. Nous avons pris des textes réglementaires pour acter une diminution progressive du cadmium dans les engrais. Ce texte est actuellement au Conseil d'Etat. Nous attendons ses conclusions en avril. Dès lors qu'il sera adopté, validé, nous le mettrons en œuvre. Donc il est faux, il est absolument faux, madame la députée, de dire que nous ne faisons rien. C'est tout le contraire avec ma collègue ministre de la Santé.
Je voudrais vous dire aussi, madame la députée, que vous avez présenté un texte, une proposition de loi. J'avais prévu d'être au banc. Le texte n'a pas été discuté dans votre niche. Dès lors qu'il le sera, je suis tout à fait disposée à échanger, parce que je pense que cette question mérite débat. Ce que je voudrais vous dire, madame la députée Clémentine Autain, c'est que nous procédons très régulièrement et massivement à des contrôles et des analyses. 99,5% des produits contrôlés sont conformes à la réglementation et ne présentent pas... Ben oui, c'est la réalité des contrôles. Et je voudrais ajouter une chose.
A vous entendre, madame la députée, il ne faut plus d'élevage, parce que la consommation de viande, c'est mauvais pour la planète. Il ne faut plus manger de pâtes, il ne faut plus manger de riz, il ne faut plus manger de gâteaux, il ne faut plus manger de céréales. Vous devriez... Quatre ans des aliments sont conformes. Ne conflictualisez pas tout. Vous seriez mieux inspirée d'être en soutien à nos agriculteurs et à l'agriculture française qui est la plus vertueuse au monde. Merci beaucoup, madame la ministre.
Clémentine Autain