Relocalisations, séparatisme, année blanche pour les précaires... Le "8h30 franceinfo" de François Ruffin
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Bonjour François Ruffin. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Le gouvernement va donc annoncer aujourd'hui qu'il double la durée du congé paternité pour les futurs papas. Quatre semaines d'arrêt au lieu de deux. Est-ce que c'est une bonne nouvelle et est-ce que c'est un progrès ? Il n'y a pas de doute.
Oui. Il n'y a pas de doute. Quand il y a un progrès, je prends. Quand il y a un progrès pour les salariés et qu'on passe de deux à quatre semaines, je prends. Maintenant, je voudrais juste qu'on se rappelle à quoi ça fait suite. Il y a un congé parental de quatre mois qui avait été proposé par le Parlement européen. La Commission européenne s'était déclarée favorable à ce congé parental qui permet d'avoir une égalité entre les deux parents sur quatre mois, rémunérés à hauteur des indemnités maladie. Et qui s'y était opposé pour une fois que l'Europe nous propose un progrès ? Qui s'y était opposé ?
Emmanuel Macron qui était allé dire non, il n'est pas question que je signe ça parce que ça va nous coûter trop d'argent. Je rappelle juste que là, je prends. Ce qui est à prendre, je le prends. Mais la proposition initiale, c'est de passer à quatre mois correctement rémunérés et qu'à ce moment-là, c'est la France qui est une V européenne s'est opposée à ce progrès.
Vous auriez souhaité qu'il soit entièrement obligatoire, ce qui ne sera pas le cas. Une partie qu'on ne connaît pas encore sera obligatoire, mais on pourra ne pas le prendre si on ne veut pas.
Oui, moi je pense que c'est toujours mieux que les droits soient obligatoires pour que les salariés n'aient quelque part pas le choix, que leur employeur n'ait pas le choix et que dans ce cadre-là, ça se fasse normalement, comme les cinq semaines de congés payés et ainsi de suite. Vous l'aviez pris, votre congé paternité, quand vous avez eu des enfants ? J'avais pris mon congé paternité, maintenant j'étais avec un statut extrêmement précaire puisque j'étais intermittent, que je travaillais d'ailleurs dans cette maison-ci.
Et qu'on sait que les intermittents, les CDD, sont ceux qui les prennent les moins, justement, alors que les CDI et les fonctionnaires les prennent quasiment tous, ces congés paternités.
Oui, mais alors là, vous rentrez sur un même... Si on regarde ce qui se passe pour la crise, là, la crise, qui paye la crise en premier ? Ce sont les gens qui sont les moins intégrés. C'est les CDD, c'est les interrimaires, ce sont les extras de l'hôtellerie, ce sont des gens qui sont licenciés et même pas licenciés, c'est fin de contrat de manière invisible. Et je regarde le patronat de l'intérim, il estime à 500 000 équivalents temps plein. Donc ça veut dire, en vérité, c'est sans doute plus d'un million, un million cinq de personnes qui aujourd'hui sont partis dans la nature, qu'on ne verra pas dans les manifestations vraisemblablement. Regardez, Roissy, on en est à zéro.
Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut faire pour les intérimaires et il faut faire pour les extras de l'hôtellerie ce qu'on a fait pour les intermittents du spectacle. Je veux dire, c'est la mesure de base. C'est quoi ? C'est une année blanche. C'est permettre que les droits du chômage ne dépérissent pas. Moi, j'ai des gens...
L'année blanche, pour qu'on comprenne bien, c'est prolonger les droits au chômage.
Voilà, prolonger les droits au chômage. Les gens qui habitent Roissy et qui ne vont pas trouver de boulot en intérim, ce n'est pas parce qu'ils ne le veulent pas. Les gens qui travaillent dans l'événementiel et qui viennent servir des plateaux repas, des buffets et tout ça, s'ils ne trouvent pas de boulot, ce n'est pas parce qu'ils ne le veulent pas. Tout comme les intermittents du spectacle. Dans ce cadre-là, on met une égalité entre tout ça et on dit année blanche pour tout le monde. Moi, j'ai des gens qui devaient passer un entretien d'embauche au mois de mars. Ça faisait des années et des années qu'ils galéraient, comme à Terrimer dans différentes boîtes.
Là, ils se disaient, je vais avoir la grosse boîte, le comité d'entreprise, le 13e mois, peut-être même le 14e mois. L'échec culture est là à la place. Pas d'entretien d'embauche. Ils sont sortis de la boîte et là, possiblement, c'est le RSA dans un mois et demi. Voilà la situation dans laquelle se trouvent aujourd'hui, sans doute, des centaines de milliers de personnes. C'est sous les radars. Ça ne se voit pas, mais c'est là.
Monsieur Ruffin, François Ruffin, vous avez tweeté hier, face au virus, recruter des soignants et construire des hôpitaux, taxes aux frontières et quotas d'importation. En quoi une taxe, ça va nous aider à lutter contre le virus ?
Il y a un virus social aujourd'hui. Vous regardez, par exemple, le masque, ce produit très basique. Si demain, on veut être protégé et ne pas dépendre de ce qui se passe à l'autre bout du monde, sur les masques, par exemple, sur les gènes hydroalcooliques, sur les médicaments, si vous voulez avoir tout ça qui soit disponible pour le pays, eh bien, à un moment, ce qu'il faut, c'est une relocalisation réelle. Et ça passe par des taxes sur les importations de ces produits-là ? Tout à fait. À un moment...
D'ailleurs, Emmanuel Macron le disait lui-même... Dans un premier temps, des taxes sur les masques ou sur le gel hydroalcoolique, ça veut dire qu'on les paiera plus cher ?
Il n'y a pas de doute que... Aujourd'hui, pendant la crise. Il n'y a pas d'autre que ça fera une petite marche supplémentaire pour les consommateurs. Mais il faut voir ce que les salariés gagneront et aussi ce que notre souveraineté y gagnera et aussi ce que l'écologie y gagnera.
La relocalisation, c'est ce que veut aussi Emmanuel Macron. Donc ça va dans le bon sens ?
Vous savez, Emmanuel Macron, ce printemps, il disait que c'est une folie, ce libre-échange. C'est une folie que de déléguer à l'autre bout du monde de nous rendre dépendants sur les médicaments, les aliments, les vêtements et tout ça. Mais on ne sort pas de cette folie juste en donnant, comme dans le plan de relance, davantage d'argent aux grandes entreprises pour avoir un avantage de compétitivité et qu'elles reviennent dans le pays. Ce n'est pas vrai. Alors on fait comment ? Je vous dis, sur les pneumatiques, comme sur les médicaments, comme sur les masques, on ne peut pas être compétitif avec la Chine.
On taxe, pardon, soyons précis, tous les produits qui viennent de l'étranger, on les taxe ? Absolument pas. Absolument pas. Il ne s'agit pas de vivre dans un régime d'autarcie. Il s'agit de se demander ce qu'on veut reproduire à nouveau dans notre pays. On s'est retrouvé à poil ce printemps. On l'a vu. Si on ne veut pas que ça nous arrive à nouveau et on continue de se déshabiller à la place, si on ne veut pas que ça nous arrive à nouveau, oui, il y a un certain nombre de produits sur lesquels il faut décider qu'on veut reprendre notre souveraineté et qu'il n'y a pas de sortir de ce moment-là. Alors, lesquels ? Moi, je vous dis, les aliments, les vêtements, les médicaments.
Je vous mets ces trois mots de manière prioritaire. Ce n'est pas les seuls auxquels je peux songer, mais je songe à ceux-là de manière prioritaire. Et sur ça, il faut des plans de stratégie. Il faut se demander. Et donc, on peut voir. Sinon, on taxe.
Les autres pays vont taxer aussi. Peut-être.
Vous savez, ce n'est pas comme si je vous sors mon bouquin. Ce n'est pas pour faire de la pub. Il est sorti il y a plus de dix ans. Mais c'est pour vous dire que c'est une question à laquelle j'ai profondément réfléchi. Ce qu'il faut voir aujourd'hui, c'est que le libre-échange opère un dumping généralisé. Il opère un dumping généralisé sur les droits des salariés. Il opère un dumping généralisé sur la fiscalité et un dumping environnemental aussi. D'ailleurs, l'un des fondateurs de l'école néolibérale, Gary Becker, au début des années 90, quand se signent tous les accords de libre-échange avec l'ALENA aux Etats-Unis, le GATT, et ainsi de suite, qu'est-ce qu'il dit ?
Il dit aujourd'hui, on a un problème. Le droit du travail et la protection de l'environnement sont devenus trop élevés dans les pays développés. Je reprends, pardon, François Réphine. La question,
si on taxe, si on suit votre idée, qu'on taxe les médicaments, les vêtements, notamment qui viennent de l'étranger. Les Airbus, par exemple, que nous-mêmes vendons à l'étranger seront taxés en retour et les emplois en France seront à leur tour menacés dans ces secteurs-là.
Non ? Je simplifie ? Je me trompe ? Je pense que ça ne sera pas automatique comme ça parce qu'il y aura des pays qui auront la capacité de produire des avions et peut-être que ça se produit de la même manière-là.
Nous, on va taxer les Chinois, mais les Chinois ne vont pas nous taxer en retour.
Le truc, c'est que les Chinois nous taxent. Les Chinois nous taxent. Nous, nos barrières douanières, elles sont à hauteur de 2%. Elles sont nettement plus élevées à hauteur de la Chine, en moyenne. Et je ne suis pas pour un relèvement qui dirait qu'on met toutes nos barrières douanières à 20%. Ça n'aurait pas de sens. Mais en revanche, il y a 10 000 lignes tarifaires à l'OMC. 10 000 ! Sur différents produits.
Donc ça veut dire que, par exemple, pour un dossier d'actualité, on pourrait très bien décider que sur le pneumatique, si on ne veut pas être mis en concurrence avec le pneu asiatique, comme en parle Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État d'Industrie, et on a l'impression que le pneu asiatique, elle en parle comme du frelon asiatique, comme si c'était un phénomène naturel. Si on ne veut pas avoir une concurrence qui est déloyale avec les pneus qui proviennent de Chine, eh bien oui, il faut des taxes. Et vous savez
qu'on est dans l'Union Européenne. Ça nous entrave d'être dans l'Union Européenne ?
Je pense qu'en effet, il faut désobéir à l'Union Européenne. Il faut mettre l'Union Européenne au pied du mur. Est-ce que vous voulez être ouvert comme ça à tout vent et opérer une désindustrialisation massive et voilà ce qui s'est passé au printemps ? Ce qui s'est passé au printemps...
On dit aux autres pays nous on veut instaurer des taxes pour les importations. Vous nous suivez ou pas ?
Et accessoirement on sort du marché commun ou alors on remet des policiers à toutes nos frontières
pour vérifier que les produits qui rentrent sont bien taxés. On désobéit. Alors sur le plan technique c'est très facile à faire. Vous savez, moi j'ai eu des heures et des heures de discussion avec des douaniers et techniquement c'est extrêmement facile à faire. C'est une arme qui est à notre disposition. Maintenant la question qui est posée c'est est-ce qu'on accepte de manière continuelle alors quand on est du Nord on le voit depuis 40 ans ça a commencé par le textile les accords multifibre ça fait qu'en 10 ans tout le textile du Nord a disparu.
Donc il y a quand même une relation de cause à effet et je vous le dis ça a des conséquences là on parle des salariés mais ça a des conséquences sur la fiscalité ça a des conséquences sur l'environnement. Souvenez-vous ce que disait Nicolas Hulot. Nicolas Hulot disait les accords de libre-échange c'est la cause de tous nos problèmes écologiques c'est pas en 3 éoliennes qu'on va s'en sortir. Donc maintenant je crois que là on a un choix qui est un choix capital et il faut mettre les français devant ce choix-là. En effet est-ce qu'on veut continuer à perdre toute notre souveraineté ou alors est-ce qu'on se donne les moyens de la retrouver ?
Vous restez avec nous François Réfant on va parler dans quelques instants de la loi contre les séparatismes que prépare le gouvernement. D'abord le fil info à 8h42 avec Mélanie Delaunay.
28 jours au lieu de 14 à plein temps avec leur enfant les futurs papas pourront bénéficier d'un congé paternité allongé à partir de juillet 2021. Notre ambition c'est que les deux parents puissent s'engager pour construire les premiers liens avec leur enfant explique sur France Info le pédopsychiatre Romain Dugravier membre de la commission sur les 1000 premiers jours de vie. Une dizaine d'associations de défense de l'environnement vont manifester à Paris ce matin contre la dérogation que le gouvernement veut octroyer aux producteurs de betteraves pour utiliser des néonicotinoïdes ces insecticides nocifs pour les abeilles. Le projet de loi arrive aujourd'hui en commission à l'Assemblée.
Cela pourrait relancer des affaires non élucidées une dizaine d'ADN retrouvés sur un matelas dans une maison fréquentée par le tueur en série Michel Fourniret. C'est sur ce même matelas que de l'ADN d'Estelle Mouzin avait été détecté. 82 buts au compteur pour Eugénie Le Sommeur la footballeuse fait tomber le record de Marinette Pichon. Elle devient la meilleure buteuse de l'histoire de l'équipe de France. France Info
Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel Toujours avec le député de la France Insoumise de la Somme François Ruffin François Ruffin dans quelques jours la semaine prochaine Emmanuel Macron va présenter sa stratégie son plan contre ce que le gouvernement appelle les séparatismes pour mémoire. Voici la définition qu'on a donné il y a quelques jours sur ce plateau celle qui porte ce projet au gouvernement Marlène Schiappa.
Le séparatisme c'est la manière de s'organiser de façon hostile et violente vis-à-vis de la République.
à vous du séparatisme
ou des séparatismes ? Moi je suis je veux dire je vois l'opération politique excusez-moi mais qui est en cours quoi on est au coeur d'une crise sociale majeure et à ce moment là on sort une loi sur le séparatisme je ne peux pas ne pas y voir aussi une opération de diversion voilà
après moi si on monte le calendrier pardon de me faire l'avocat du gouvernement ce n'est pas mon boulot mais elle avait été annoncée à de nombreuses reprises et retardée tout autant.
Il y a un certain nombre de lois qui ont été annoncées à de nombreuses reprises et qu'on attend encore les lois qui doivent permettre aux travailleurs invisibles aux femmes de ménage les lois sur le burn-out les lois sur le grand âge et tout ça on les attend donc ce n'est pas le bon moment si je vous suis bien
mais est-ce qu'il y a
au fond nécessité d'une loi ? Moi je ne crois pas moi je ne le pense pas maintenant je veux bien qu'on...
Il n'y a pas de séparatistes en France ?
D'abord vous savez je suis désolé moi je reviens vous savez ma lecture de la société ma lecture de la société est une lecture de classe est une lecture où je vois que les 500 plus grandes fortunes françaises il y a 20 ans elles disposaient de 5% du PIB
Mais quand Emmanuel Macron arrive c'est 25% vous l'entendez ?
Aujourd'hui c'est 30% et on a là à faire un séparatisme qui est le séparatisme des ultra-riches qui se mettent à vivre dans leurs ghettos sociaux qui cadenissent leurs immeubles
Mais c'est un séparatisme religieux ?
Je veux dire il y a sans doute des problèmes à régler maintenant le choix d'en faire une loi et de passer par des grands discours du président de la République qui fait que 10 jours à l'avance on parle de ça et 10 jours après on parlera de ça et qu'on va non seulement on a le masque mais en plus on va avoir le voile tout ça va servir d'écran à la crise sociale très profonde que traverse le pays et moi je trouve que c'est un jeu dangereux je trouve que c'est un jeu dangereux quand il y a une colère qui naît dans le pays qui va naître dans le pays une inquiétude que de mettre une loi sur le séparatisme à ce moment-là qui risque de servir de paratonnerre et de canaliser la colère dans une direction que moi je redoute
François Ruffin est-ce que sur la laïcité votre famille politique Jean-Luc Mélenchon est assez clair sur ces principes on vous pose la question car certains s'interrogent même à gauche comme Olivier Faure le patron des socialistes il y a des gens aujourd'hui qui maintiennent une forme d'ambiguïté par rapport à cette question-là et moi je suis un républicain Jean-Luc Mélenchon devrait être plus clair je l'ai connu entièrement républicain je l'ai connu laïc convaincu et je veux croire qu'au fond lui-même il l'est resté mais on ne peut pas maintenir cette ambiguïté Jean-Luc Mélenchon trop ambigu sur les questions de laïcité vous comprenez ce qu'il dit
écoutez moi je ne suis pas venu pour discuter des propos de Jean-Luc Mélenchon voilà maintenant moi je pense que sur la laïcité la France insoumise est très claire enfin moi je suis laïc laïc laïc loi de 1905 toute la loi de 1905 rien que la loi de 1905 voilà donc c'est votre position ou c'est celle de tous les insoumis je pense que c'est celle générale des insoumis maintenant voilà voilà voilà ce que je pense la loi de 1905 rien que la loi de 1905 toute la loi de 1905 et si on se repose là-dessus déjà on a de quoi je ne vois pas la nécessité d'une loi supplémentaire tant qu'on s'inscrit dans ça
alors quand Charlie republie les caricatures de Mahomet vous vous validez et vous encouragez vous ne trouvez pas ça raciste
en tout cas moi je suis Charlie Hebdo tendance canaliste clorique François Cavana donc la liberté d'expression jusqu'au bout sans limite la liberté d'expression pour tout le monde d'ailleurs c'est quelque chose c'est la première chose ensuite la deuxième chose que je veux dire c'est que dans les menaces que subissent aujourd'hui les salariés et les personnes de Charlie Hebdo j'ai une solidarité évidente et que c'est pas parce qu'on publie des caricatures ou qu'on tient des propos et ainsi de suite qu'on doit ensuite se retrouver menacé je vous interromps
quelques instants François Ruffin vous parlez des menaces il y a une femme qui en a reçu récemment c'est la responsable des ressources humaines de Charlie Hebdo Marie Cabrette qui a dû quitter son domicile il y a quelques jours à la demande de ses officiers de sécurité en plein procès des attentats de janvier 2015 elle était invitée hier de CNews et pardon de revenir là-dessus mais elle a mis en cause Jean-Luc Mélenchon
je transmets aussi la mémoire de charme dessinateur journaliste Charlie assassiné nommément visé le 7 janvier qui a été aux côtés de la France Insoumise et du Front de Gauche pendant des années aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon ne s'adresse plus et c'est pas le seul à des citoyens mais à des gens en raison de leur identité religieuse supposée ou réelle
elle se trompe quand elle dit ça écoutez moi ce que je souhaite c'est que je ne souhaite pas m'inscrire dans cette guéguerre et je pense que elle le disait charme qui est venu à Amiens par exemple pour des procès de fakir et tout ça je pense qu'il serait malheureux aujourd'hui de voir cette bataille entre une partie de la gauche et Charlie Hebdo bataille qui est justifiée non mais non il faut arrêter avec ça maintenant il faut il faut se mettre autour d'une table il faut discuter quand Jean-Luc Mélenchon
dit par exemple Marianne et Charlie Hebdo sont devenus les bagagistes de valeurs actuelles
écoutez moi je ne suis pas venu je vous le redis je vous le redis écoutez la situation dans laquelle on se trouve je suis conscient moi il y avait un homme de ménage qui passait là juste à l'instant je sais la voix de qui je viens porter ici je suis venu pour parler des intérimaires et vous faites partie
d'un mouvement aussi des idées sur la laïcité sur la liberté d'expression
je vous ai répondu vous m'avez posé la question pendant 10 minutes là je vous réponds d'accord maintenant la situation je ne sais pas si on va en parler mais l'Arctique n'a jamais été plus petite qu'aujourd'hui voilà la situation dans laquelle on se trouve et à ce moment là quand on a ça en face de soi quand on vit ce moment tragique dans l'histoire de l'humanité je suis désolé mais moi je n'ai pas envie d'être dans les petites phrases ce n'est pas les petites phrases de la laïcité en France non mais non
ce n'est pas les petites phrases il y a des gens qui se sont fait assassiner François Ruffin pour ça je vous ai dit ma solidarité avec ça on n'est pas dans la petite phrase politique on n'est pas dans la broutille non mais ne nous renvoyez pas à ça la petite phrase ce n'est pas ça c'est bon on a répondu pendant 10 minutes alors on passe à la suite si vous voulez bien
je veux bien bien sûr je ne comptais pas quitter le plateau vous savez mais simplement je vous le redis moi on vit un moment tragique dans l'histoire de l'humanité l'Arctique n'était plus petit
mais ce sont des sujets aussi importants
oui mais oui mais c'est toujours les sujets qui passent à la trappe parce que les petites phrases et puis tout ça ça fait de l'actu je vais vous dire je me suis construit comme journaliste il y a maintenant plus de 20 ans ma phrase fétiche c'était pour moi l'actualité c'est le bruit des vagues en surface ce qui m'intéresse c'est la réalité c'est à dire le mouvement des plaques tectoniques en profondeur et ce que je redoute c'est que comme homme politique j'ai réussi à y échapper à faire des dossiers sur les prisons à faire des dossiers sur l'intérim à faire des dossiers c'est aussi important que la laïcité en France oui mais sur la laïcité je veux bien mais là on est ramené encore aux petites phrases non pardon non et non c'est pas des petites phrases
on est en plein dans le procès des attentats aujourd'hui moi je vous propose qu'on passe à autre chose vous avez dit que vous ne vouliez plus en parler c'est votre droit le plus élémentaire vous considérez que vous avez tout dit tant mieux et on passe à la suite dans une minute si vous le permettez ça marche ça marche il est 8h51 le fil info Mélanie Delaunay
garde à vue levée pour le médecin et le kiné entendu dans une enquête pour des soupçons leaders de l'équipe Arkea Samsink ont été remis en liberté ce matin le plan blanc activé dans les hôpitaux de Lyon à cause de l'afflux de patients contaminés par le coronavirus comme c'est déjà le cas en Ile-de-France ou à Montpellier Lyon où les cas se multiplient 250 étudiants de l'école centrale ont été testés positifs les cours se font à distance pour les 1500 élèves jusqu'à la fin du mois les pères pourront passer 28 jours auprès de leur bébé la durée du congé paternité allongée à partir de juillet prochain une partie sera obligatoire cet allongement sera financé par la sécurité sociale pour la première fois la Chine se fixe un objectif de neutralité carbone à l'horizon 2060 le plus gros pollueur de la planète compte commencer à faire baisser ses émissions de CO2 d'ici 2030 France Info
le 830 France Info Salia Braclia Marc Fauvel toujours avec François Ruffin député insoumis de la Somme et Salia Braclia
François Ruffin vous avez demandé l'organisation d'un référendum sur la 5G dans une semaine les enchères pour l'attribution des fréquences commencent est-ce qu'il y a quelqu'un au gouvernement qui vous a appelé pour dire non au référendum ?
de toute façon ils disent non d'avance il n'y a pas de doute mais moi j'ai différentes solutions possibles le référendum je suis pour un moratoire d'abord qu'on attende mais il y a le référendum qui est une possibilité je suis par exemple pour qu'on fasse ce qu'on a fait sinon avec la bioéthique dans la bioéthique finalement il y a un certain nombre de progrès technologiques qu'on a choisi de ne pas adopter parce qu'on considérait que ce n'était pas un progrès humain voire que ça allait à l'encontre du progrès humain par exemple la gestation pour autrui ou le clonage humain et on a dit stop on ne fait pas et qu'est-ce qu'il y a qui s'est mis en place c'est un comité consultatif de la bioéthique moi je serais favorable par exemple à un conseil à une convention du numérique et qui s'interroge maintenant sur quand il y a des nouvelles technologies qui entrent en oeuvre quand il y a des nouvelles applications qui doivent être mises sur le marché et ainsi de suite qu'il y ait une convention citoyenne qui se réunisse faite à la fois d'experts du domaine de philosophes pourquoi pas et aussi de citoyens au tir au sort et qui viendraient dire son mot là-dessus en revanche ce qui n'est pas acceptable c'est qu'on ait des technologies aussi puissantes que la 5G qui vont c'est pas juste un changement de 4G à 5G ça sera un petit peu plus puissant ça va révolutionner l'emploi ça va révolutionner les transports ça va révolutionner l'espace domestique et ça on dit non ?
avant en tout cas de plonger de faire ce saut là on a le droit de réfléchir et on a le droit de poser la question aux citoyens qu'est-ce qu'ils veulent est-ce qu'ils en veulent dans combien de temps pourquoi faire quels usages or ça ça va être complètement passé par-dessus bord parce qu'il y a la volonté que la technologie passe sans la démocratie
quand on voit que la 5G est accueillie dans 22 pays maintenant nous on reste frileux
mais vous savez c'est là au fond la question que vous posez est la même que celle que posent les salariés de Bridgestone ou que je posais tout à l'heure avec le libre-échange la seule réponse du gouvernement c'est de dire c'était fait en Corée du Sud c'était fait aux Etats-Unis c'était fait en Allemagne donc il faut qu'on y aille dans la 5G il faut être dans la course il ne faut pas être en retard moi je est-ce qu'on peut faire une pause et se demander la course à quoi est-ce que c'est une course au poré est-ce que c'est une course au néant quels vont être les avantages les inconvénients de ça il y a des centaines d'études là qui sont parues qui ont eu une analyse qui disent que les téléphones portables c'est ce petit objet qui prend de plus en place de plus de temps dans nos vies c'est quand même 5 heures par jour à peu près qu'on passe dessus c'est des pour des gens
ah oui
mais enfin en moyenne c'est des centaines de consultations du téléphone par jour ça produit des choses sur le cerveau ça produit des choses sur le cerveau de nos enfants dans ce cas là le moratoire c'est pas sur la 5G c'est sur l'usage du téléphone mais oui mais c'est je pense que à un moment c'est le moment d'un temps de réflexion aussi sur l'usage des technologies dans la société et sur ce bond en avant qu'est-ce que ça va être une société de la 5G par exemple une société comme Gartner qui est un grand groupe spécialisé des nouvelles technologies dit il va y avoir dans un premier temps 75% des objets connectés seront des caméras de vidéosurveillance est-ce qu'on veut ça est-ce que les français veulent ça ou bien est-ce que c'est un usage qu'ils veulent éliminer je pense que ces questions là sont permises juste moi je pense qu'il faut maintenant préalable de la démocratie dans l'introduction des nouvelles technologies il y a eu de la démocratie de force sur l'OGM on a choisi de ne pas avoir de culture OGM en France et bien là il faut qu'il y ait une prise en main de la démocratie alors tout est fait pour qu'elle n'existe pas il y a la Confédération citoyenne sur le climat qui a 98% à voter pour un moratoire et à déclarer que c'était une technologie pour elle sans réelle utilité le président de la république a souhaité de ne pas en tenir compte mais même je dirais au sein du gouvernement les ministres qui peuvent être un peu réfractaires à ça la ministre de la transition écologique le ministre de la santé qui avait dit qu'ils étaient favorables à un moratoire dans un premier temps ils ont été écartés pour que ce soit les plus technophiles de la start-up nation qui se saisissent le dossier
et le passent en force François Ruffin la commission européenne va dévoiler tout à l'heure sa nouvelle feuille de route sur la politique migratoire sur le droit d'asile notamment est-ce que vous souhaitez que la France accueille dans les semaines et les mois qui viennent davantage de migrants
en tout cas puisque la question qui est posée c'est est-ce qu'il faut en finir avec les accords de Dublin
ça c'est la question qui est posée à Bruxelles c'est pas celle que je vous pose
ouais mais c'est quand même la question
qui prévoit que c'est le pays où sont entrés les migrants qui doivent les gérer ensuite
c'est du n'importe quoi cette histoire d'accord de Dublin quand même depuis des années c'est du n'importe quoi donc il faut les revoir effectivement ce qui permettrait plus de solidarité mais comment on peut imaginer que c'est les pays sur lesquels on fait le premier pas d'abord c'est pas bien pour les pays mais même pour les gens possiblement possiblement c'est à regarder mais possiblement faut pas avoir peur de ça maintenant d'autres accords que je souhaite mettre en cause ce sont les accords du Touquet signés par Nicolas Sarkozy en 2002 qui disent que la frontière entre la France et la Grande-Bretagne se situe côté français et ce sont des douaniers et des policiers anglais qui sont installés sur le sol français pour empêcher les migrants d'aller en Angleterre alors qu'est-ce qu'on fait ?
il faut refuser les accords du Touquet en plus maintenant ils sont tous dans l'Union Européenne c'est plus notre problème
on laisse passer les gens au risque qu'ils meurent
non mais non ça on peut même mettre à disposition mais c'est pas notre en tout cas c'est pas à la France et aux douaniers français et aux policiers français de faire des choses qui sont pas dignes et à chasser en permanence mais si on se retire
et que les anglais veulent pas s'en occuper on fait comment ?
je veux dire c'est pas à la France de faire la police de l'Angleterre sur notre sol c'est tout c'est une question de principe et c'est pas on doit pas avoir à brûler un coup à caler et avoir des zones qui s'installent comme ça sur tout le littoral nord c'est pas normal que ça se passe comme ça depuis des années et je comprends pas qu'il n'y ait pas une renégociation profonde de ces accords du Touquet merci beaucoup François Ruffin
c'était un peu tendu parfois un peu rock'n'roll non mais c'était intéressant merci bonne journée à vous
François Ruffin