Brandt : un naufrage d'Etat !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Emmanuel, on vient d'apprendre que le tribunal de commerce de Nanterre refusait la reprise sous forme de société coopérative de Brant et toi, tu as une usine Brand qui se trouve sur ta circonscription. En effet, aujourd'hui, moi c'est un peu moins de 400 emplois qui sont menacés, même qui vont être supprimés dans les jours qui viennent. Une situation est assez terrible et qui illustre vraiment le manque d'anticipation et de stratégie industrielle de l'État.
Il faut savoir qu'il y avait eu une première audience il y a quelques semaines maintenant et c'est le jour même de l'audience que l'État a découvert qu'il n'y avait aucune offre de reprise industrielle alors qu'on parle d'une activité qui sur le papier est largement rentable. Du coup, les salariés et les collectivités territoriales ont dû réagir dans l'urgence pour monter un projet de scope en quelques jours, trouver les financement. Près de 20 millions d'euros ont été trouvés par les collectivités territoriales et un petit peu le soutien de l'État.
Mais monter un projet de reprise d'entreprise en une semaine évidemment c'est pas facile. Et on se retrouve aujourd'hui avec la décision du tribunal de ne pas retenir cette ce projet de COP de SCOP qui aurait permis de protéger 400 emplois sur les peu plus de 700 et un état aujourd'hui qui fait des larmes de crocodile alors qu'il n'a rien anticipé, tout subi et absolument pas donné les moyens aux salariés et aux repreneurs de protéger notre industrie, de protéger brand. Derrière des emplois, c'est d'abord des vies.
C'est des familles qui vont s'interroger sur comment elles payent leur crédit, comment euh on va pouvoir continuer à éduquer les enfants, quel avenir il y a pour eux dans ce coin-ci. Toujours moi je rappelle, c'est pas seulement des emplois, c'est de la chair, c'est des gens qui vont qui vont souffrir. Il y a le défaut d'anticipation de l'État qui est pas un état stratage, qui est un état qui attend.
Enfin, c'est Brand mais ça a été whirlpol, ça a été Goodie, ça a été, ça a été Moulinex. Enfin, on a des des ça fait 40 ans que ça dure. Pour matière constcription, ça a failli être dur à Alex, mais là, les salariés ont réussi à reprendre ce modèle de scope et encore une fois, c'était grâce au soutien des collectivités territoriales et des élus locaux et pas de l'État.
Ça m'amène à deux réflexions. La première, c'est s'il y a pas de taxe aux frontières, de barrière doenè, de quota d'importation, c'est pas vrai qu'on peut avoir une industrie solide dans notre pays quand elle est mise en concurrence avec les salaires chinois ou les salaires turcs. Ça peut pas tenir.
Donc il nous faut des protections. Et ça, ça fait 15 ans au moins, même plus que ça que je le réclame. Et je dis toujours si jamais ça va être un plan social sur les 577 députés parce que finalement le député chinois, il est quand même nettement moins cher, et ben le lendemain, on aurait une action et on aurait mis en place des protections.
Là, ça fait 40 ans que c'est sur les ouvriers. Donc ça fait 40 ans que ça peut durer. La deuxième chose, si tu l'as dit, c'est sur les scopes, les tribunaux de commerce et l'État bien souvent prend pas au sérieux les reprise par les salariés.
Voilà, si c'est un capitaliste qui arrive, un patron, tout de suite on lui déroule le tapis rouge, les millions et le tribunal, il est d'accord pour ça. Et quand c'est les salariés, on se méfie. Mais est-ce qu'ils vont être capables de faire de la gestion ?
Alors que il y a des tas de cas où on voit que les les fonds d'investissement, les fonds de pension, ils savent pas gérer. Moi, j'ai une boîte dans ma circo qui ferme là insecte et ben c'est 600 millions d'euros de fonds privés. L'État a donné des dizaines de millions d'euros sans souci.
à l'arrivée 4 ans après, c'est plus rien. Il y a plus rien. C'est montré dans les statistiques que les sociétés coopératives, elles survivent bien plus longtemps que les sociétés ordinaires que il y a il y a beaucoup plus de de volonté des salariés de tout faire pour maintenir leur appareil productif, pour trouver des marchés, pour se mobiliser que il y en aura du côté d'un fond qui est à son siège euh à l'autre bout de la planète, quoi.
M.
François Ruffin