Cinéma : quand la politique s'invite à Cannes | Les débats de Débatdoc
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Mais 1968, le festival de Cann n'échappe donc pas à la fièvre contestataire qui gagne la France et finit après mou des par s'interrompre brusquement. Voilà ce que vient de nous rappeler ce documentaire réalisé par Jérôme Wibon. Mais au-delà de cet épisode et au regard de son histoire, de ses programmations et de ses palmarès, quels ont été les moments où la politique s'est invitée à ce rendez-vous incontournable du monde du cinéma ?
Nous allons nous poser la question maintenant avec nos invités présents aujourd'hui sur ce plateau de Devado Laurent Delmas est avec nous pour commencer. [grognement] Bienvenue à vous Laurent Delmas, vous êtes journaliste à France Inter. Vous coprésentez chaque samedi à 10h l'émission On aura tout vu et Dieu sait si vous les voyez tous ou presque hein les films qui sortent sur nos écrans français.
Vous essayez et vous êtes aussi l'auteur de cinéma la grande histoire du 7e ar c'est un ouvrage publié chez la rousse et une nouvelle édition de cet ouvrage nous attend et ça sera l'automne prochain. Olivier Rachman télég avec nous. Bienvenue à vous.
Vous êtes journaliste et historien du cinéma et l'auteur de l'aventure des films. Histoire de 20 tournages mythiques. Un ouvrage publié chez Périn.
Puis enfin Mélanie Toubau est également avec nous. Bienvenue à vous. Vous êtes journaliste et fondatrice de la chaîne YouTube La manie du cinéma.
C'est plus de 100000 abonnés hein maintenant. Et vous avez publié chez Webedia Book une histoire de cinéma, le livre illustré des 130 ans du 7e Nous venons de sortir de ce documentaire, nous l'avons vu ensemble lors delmas, il y a eu 68, il y a eu ce palmarès qui n'a pas eu lieu en 68. On a bien compris pourquoi avec ce film.
Euh il faut [grognement] peut-être rappeler pour commencer que le festival de de Cann c'est en déjà en soi un acte politique. Il voit le jour en 1939. Alors pas vraiment parce queil n'aura pas lieu.
Mais c'est le seul Oui, c'est le premier festival. Sa création est un acte politique. Faut peut-être le rappeler pour commencer.
Absolument. On voit bien dans quelle époque on est. 1939, l'Europe est en train de d'exploser et effectivement notamment le ministre radical donc de gauche Jeanzet décide de créer un un festival de cinéma contre la Mostrade de Venise très très orientée par le gouvernement mussolinien et donc c'est une réponse des démocraties à ce cinéma ou à ce festival qualifié de totalitaire.
Le mot est peut-être pas à l'époque présent, mais en tous les cas, c'est bien ça l'idée. C'est-à-dire que il faut dire fasciste hein, puisque c'était effectivement l'initiative de de Mussolini. Absolument.
Il faut une alternative au festival fasciste de de Rome et c'est la création du festival de Cann mais qui ne verra réellement le jour qu'après le conflit mondial. C'est dire si effectivement le la la guerre et la politique euh ont été euh à l'origine euh de la de la naissance du festival de Cann. Et le festival, le premier festival de Cann, ça sera 1946 comme vous l'avez dit euh juste après guerre.
Il y a il y a eu plusieurs périodes, on l'entre compprend dans ce film hein. Il y a une période où jusqu'en 72, c'était les nations qui désignaaient les films en compétition. C'est ça en fait.
Et puis un après 72 qui comme aujourd'hui effectivement il y a une sélection bonne et du forme des films sélectionnés pour Carne. Bon là il y a il y a un aspect plus politique lorsque ce sont les nations qui désignent les compétiteurs. J'imagine jusqu'en 72 là il doit y avoir des histoires en relation avec la politique avec la politique diplomatique pour le coup.
Non c'est c'est un festival diplomatique. Mais d'ailleurs Laurent le disait dès 1939 il y a en germe ce qu'il y aura après guerre. C'est il y a déjà un gros contingent d'américain.
Après guerre, le festival est plus ou moins sous tutelle américaine. Et une histoire qui est très savoureuse en fait, c'est que pendant les [grognement] années la fin des années 40, début des années 50, vous aviez la 6e flotte américaine qui mouillait en rade de canne les jours précédents l'ouverture du festival pour bien montrer à quel point les Américains étaient là, qu'ils avançaient aussi l'argent, qu'ils avaient une délégation importante et qu'il pouvaient présenter d'ailleurs beaucoup plus de films que les autres pays. Pendant toute la 4e République, au fond, on va avoir un festival où il y a un droit de véto des des différentes nations, des différents pays.
On arrive à des situations absolument abracadobranesque, si je puis dire. En 1951, le film qui est présenté en ouverture, c'est un film suisse qui s'appelle 4 dans une Jeep. Mais les c'est l'histoire en fait des alliés qui libèrent Viennent en 1944.
Mais les protagonistes qui représentent les différents alliés soviétiques, américains, allemands, enfin français pardon sont tellement ridicules et ridiculisés que on éjecte ce film. Il reste plus qu'un film à présenter, c'est le film américain et là ce sont les soviétiques qui s'y opposent. Donc on a constamment dans les années 50 des j'allais dire des tensions qui font que c'est purement de la diplomatie en coulisse.
En 56. Autre anecdote très intéressante et significative, la France veut présenter comme film documentaire Nué et Brouillard dans la Réné. Or tout de suite l'Allemagne, la RFA en l'occurrence oppose son véau.
On est en pleine période, on essaie de recoudre les relations franco-allemandes avant le couple Aden de Gaulle. Et la France se plie en tout cas à la volonté allemande qu'on mette de côté donc le film documentaire d'Alain René. Et après, elle voit, elle visionne le film allemand que les Allemands eux-mêmes proposent qui s'appelle Ciel sans étoiles et qui est un film au fond qui préconise la réunification des deux Allemagnes.
Alors là, pour le coup, c'est le bloc de l'Est qui s'y oppose et la France qui court un petit peu après le bloc de l'Est et l'Union soviétique euh se dit "Bah oui, alors du coup, on va on va interdire ce film." La délégation allemande furieuse se retire, les Français se disent "Alors maintenant, on va pouvoir repasser le film d'ara puisque les Allemands qui s'y opposaient ne sont plus là." Et c'est là que les Français se rendent compte qu'il y a on montre un camp de concentration français pitivier.
Et donc le film va être censuré pour cette simple et bonne raison qu'à l'époque on ne montre pas encore la collaboration des Français pendant l'occupation. Et on pourra voir ce film, il ne sera pas en compétition à la demande des Allemands de l' hein. Exactement.
Laurent je donne la parole. René est décidément assez censuré parce que le documentaire l'excellent documentaire qu'on vient de voir, il fait allusion. L'Espagne franquiste ne voulait pas de la guerre infinie du couple protocommuniste Samprun René avec Yv Montan précédemment parce que c'était une une trop grande incrimination de de l'Espagne politique d'ure.
Il y a quand même une chose sur le le recul des nations auquels vous faisiez allusion. Très très très longtemps quand même, moi je me rappelle il y a une dizaine d'années encore euh le les dossiers de presse du festival de Cann mettaient la nationalité des films en compétition. ça n'est plus le cas, mais il y a pas si longtemps que ça que ça a disparu.
Et ça prouve bien quand même que la préignance nationale euh reste quand même d'actualité, même si effectivement la coproduction internationale des films par exemple brouille un peu les choses. Là, on a cette année, on a un hongrois qui fait un film sur Jean Moulin avec Gill Lelouche. Bref, les nationalités se se s'estompent.
Mais quand même, mais quand même, il y a euh souvent, on a vu l'an dernier ça avec le cinéma iranien, une donnée nationale qui reste assez forte. Alors, il y a eu un après 72, hein, et c'est une sélection de film telle qu'on la connaît à peu près aujourd'hui. Quand est-ce que la politique s'est invitée à vos yeux au regard de ce qu' été les sélections, les palmes d'or décerné ?
Qu'est-ce qui vous a frappé vous dans dans l'histoire du festival de Cann depuis 72 ? On va dire les choses comme ça déjà ça remontait bien avant on va pas se mentir le simple fait on parlait même avant 72 de la Dolchevita en 60 qui pareil a été un film au final assez politique assez irrévérencieux vraiment le Vatican voulait absolument le faire interdire voilà et à partir effectivement des années 70 en fait le festival de Cann s'est montré comme un lieu de politisation du cinéma le cinéma a toujours été politique. le simple fait en fait de de faire du cinéma, c'est de donner une voix, de donner un avis.
Donc c'est de la politique mais c'est vrai qu'à partir de là en fait c'est surtout on a vu à travers les les prix qui ont été remis ne serait-ce que avec bah tout ce qui a été soulevé autour de Apocalypse Now à côté de de taxi driver la guerre du Vietnam bien sûr hein avec taxi driver aussi qui parlait de l'extrême violence des dans les rues. On a eu plein d'exemples comme ça. Je pense que un des exemples les plus forts de palme d'or politique c'est Fahrenheit 911. euh qui justement est donc un film qui est un documentaire qui est profondément antibouche.
Euh il a été fait dans cette instance-là et justement euh Tarentino qui était donc président du jury euh en 2004 a décidé de remettre cette palme d'or à ce film justement pour euh amener son soutien justement à cette politique antibouche. Donc je pense que oui, remettre des prix, c'est politique aussi parce que bah le jury est politisé également. Donc ça fait partie en fait du festival de Cann délire une palme d'or politique.
Et vous avez vu qui est Tarantino qui était l'un des présidents de ce festival, j'imagine que la la la personnalité de de celui ou celle qui préside ce festival peut peut influer aussi de manière plus politique sur le palmarès. C'est c'est le cas. Oui, avec parfois des surprises.
On s'attendrait à quelqu'un de très politique et puis il fait il prime un un grand film romantique. J'ai pas d'exemple mais oui oui, on a connu. Euh ce qu'il faut dire quand même c'est que tout cela est inversement proportionnel à la foire, aux bijoux, aux illusions, aux belles robes, au monter les marches prestigieuses, au dîner qui coûtent des des centaines de milliers d'euros et cetera.
La politique là-dedans, on on a l'impression qu'il a pas sa place. Donc c'est inversement proportionnel. Ça c'est cette fameuse bulle de canne qui est évoquée dans ce film que vous avez tous vécu en allant à Cann.
Oui. Oui. Oui.
Oui. Bien sûr avec alors de temps en temps, il y a quand même des incursions. Moi je me souviens très bien de l'incursion du Loft de Love Story dans le [rires] festival de Cann.
Ah mais tout d'un coup oui. Parce que on entendait des gens criaient des noms comme des noms de star et on s'apercevait que c'était les noms de Lter qui sortaient du palais ou qui rentraient dans le palais là. Donc de temps en temps la bulle craque mais vous voyez elle craque sur le love story.
C'était quand même pas bon. Non, on voit bien quand même que de temps en temps le le la carme du monde finit par quand même euh atterrir dans les oreilles des festivalier. Mais il y a un côté effectivement enfermé dans dans cette bulle canoise sur la Croisette pendant 12 jours qui parfois laissent pantois quand même.
Alors, il y a le faste de Cann, c'est stars, les paillettes, les fêtes puis a le contenu des films tout de même. Oui. Laurent le dit, c'est ça peut-être l'essentiel tout de même.
Oui, c'est vrai. Lorsqu'on parle de politique lorsqu'il s'invite à non. Oui, Laurent le disait en fait, il y a la vitrine mais en fait je pense que c'est le festival où il y a le plus grand fossé entre ce qui est représenté et donné, j'allais dire au grand public, c'est-à-dire Paillette, Starlett, Star et puis depuis le début hein et bijoux comme vous dites.
Et puis en fait pour moi depuis le début Cann c'est le festival qui met en lumière les eau opprimées vraiment c'est vous regardez la première le premier palmarès en 46, vous avez un film, il y a eu beaucoup de primés en 46 qui s'appelle La ville base qui est un film indien qui montre vraiment enfin qui est un film de lutte des classes. dernier le film un simple accident c'est aussi un film qui met en lumière des opprimés et tout du long du festival après 68 dernier film avoir la la palme bien entendu mais avec le réalisateur iranien jafar pan exactement et mais après 1968 dans les années 70 vous n'avez que ça c'està-dire il y a les les deux palmes qui suivent 68 ce sont des palmes de la contestation de l'autorité il y a qui est un film qui remet en cause non seulement l'autorité scolaire mais militaire et vous avez mche ce fameux film de de Robert Altman qui vraiment rue dans les brancards et tout au long des années 70 vous avez des films comme la classe ouvrière va au paradis la fermati padre padroné l'arbre ce sont des films qui mettent exclusivement en lumière les les pauvres les danés de la société donc c'est un film c'est un cinéma et c'est un festival éminemment politique depuis le début et même aussi dans sa manière on va on parle beaucoup de la sélection officielle mais même dans ces sélections alternatives que ce soit bah la quinzaine des cinéastes enfin ré d'ailleurs après en Exactement. Et même la la semaine de la critique.
Donc quand même le le but est de mettre en avant les premiers et les seconds films. Il y a quoi de plus politique qu'un premier d'un second film ? Vu que ce sont des films qui parlent vraiment de leur cinéas et en fait justement je pense que c'est aussi là-dedans qu'on a un acte politique, qu'on a un acte militant en fait de pouvoir mettre sur la plus grande place mondiale du cinéma.
Faut rappeler que c'est un festival international avec un écho par définition internationale. C'est une tribune politique en ce sens. Tout à fait et vraiment il y en a qui l'ont utilisé pour ça justement pour passer des messages et aussi parce que c'est une manière bah de prendre le micro, de prendre la parole devant des gens, devant toute la profession hein pendant des cérémonies d'ouverture et de clôture des personnes qui remettaient des prix ou des des membres de jury qui prenaient la parole d'un point de vue politique sur leur pays, sur ce qui se passait.
Euh on a eu euh dans les personnes qui présentaient euh justement euh euh les cérémonies des voilà des actes assumés de euh soutenir euh bah l'Ukraine, de parler de ce qui se passait. En fait, c'est la place forte, c'est le bon endroit où il faut parler du monde, le festival de Cann. Alors, vous évoquez euh l'Ukraine, on a évoqué cette palme d'or l'an dernier de Jafar Panaï évidemment pour pour évoquer la situation en Iran.
On était d'ailleurs à après hein le le mouvement femme vue liberté et évidemment par définition avant la guerre que connaît aujourd'hui l'Iran. On a aussi eu Volodimaire Zelenski qui qui ouvre tout simplement le festival de Cann. C'était en en 2022 je crois.
Oui mais oui oui parce que il y a une je dirais une conscience politique. Voilà de là on n plus du tout dans le cinéma tout. Ah ben plus du tout.
Non mais néanmoins le festival s'ouvre. Mais une fois de plus, c'est le le l'incroyable paradoxe de ce qui est le premier festival de cinéma au monde. Il faut le dire.
Ça ça reste son statut, ça reste sa place avec effectivement cette capacité à être à la fois une bulle et une bulle qui agrège. Euh voilà, c'est je pense que les les physiciens ou les chimistes ne s'y retrouveront pas mais euh les les cinéphiles, oui, et ceux qui aiment le cinéma, oui, avec effectivement, comme on le disait, euh un maniment des paradoxes incroyables. Toute la richesse du monde côtoie toute la misère du monde à Cann.
Je crois que ça ça peut être résumé comme ça hein parce qu'il y a il y a vraiment des des des fêtes hyper opulentes et des films comme on vient de le dire qui sont des films sur la misère du monde. Donc ça c'est ça ça reste de de millésime en milésime d'année en année de sélectionneur en sélectionneur la constante principale du festival de Can Kate Blanquet qui revit une robe aux couleurs de la Palestine [grognement] en 2024 par exemple. Il y a un commentaire particulier à faire là-dessus sur ces stars justement qui qui profitent de cette tribune politique hein dont on parlait tout à l'heure.
Et en fait euh le festival de Cann c'est un festival de cinéma mais c'est aussi un festival de mode. C'est c'est il faut le dire c'est que beaucoup de créateurs de mode justement prennent ce moment pour pouvoir montrer leur nouvelle pièce. Enfin, ça fait partie aussi du festival de Cann et le fait que Kate Blanchette ait et porté cette robe, c'était justement un double s qu'elle l'a compris ce que c'était que le festival de Canne.
Autant la tribune de revendication de soutien à la Palestine par monter les marches du plus grand festival de cinéma du monde et de la plus grande plateforme pour montrer ce que c'est que la mode. Par anecdote, l'une des revendications des signas qu'on vient de voir, Chabrol, Lelouche, Godard Truffau, c'était pour le prochain festival l'arrêt du dress code, plus de smoking, plus de robe de soirée, ils ont totalement échoué. Oui, [rires] mais c'était mais c'est symptomatique de c'est aussi politique de demander ça.
C'està-dire c'est un côté le can c'est tout sauf démocratique hein. C'est tout sauf un festival démocratique. Eux voulaient un festival d'égalitaire là-dessus ils ont perdu mais sur toute la ligne.
Mais pour revenir à la dimension politique, on oublie un petit peu et fort heureusement des actes de violence. C'est-à-dire que là, les affichages politiques se font sur la scène du palais des festivals. Mais souvenons-nous qu'en après 68, en 75, lorsquez présenté chronique des années de braise de Mohamed Lakar Amina qui est d'ailleurs le premier ciné, je crois, avoir été primé, avoir pu présenter un film sur la guerre d'Algérie avec le vent des en c'était le premier coup de boutoir, j'allais dire un peu à la censure gauliste 1 an avant le festival 68 et 5 ans après les accords des viandes.
Exactement. Et en 75, il présente chronique des années de Brais. Déjà, il y a une sorte de tension très forte au festival et quand il va décrocher la palme d'or, vous avez droit à des plasties, je crois, une dizaine de de de d'attentats, enfin en tout cas de menaces de bombes et des plastiquages qui ont lieu à côté du palais des festivals et l'Acdaramina qui est obligé d'être protégé par la police, Jean Morau, président le jury qui est également obligé d'être protégé.
On assiste à des choses dans les années 70 qui sont un peu des années de plomb extrêmement violentes. Après 68, dans les années 2000 aussi, cette guerre d'Algérie la manière dont elle a été traitée par le cinéma à a fait des remous. On pense évidemment à à indigène de Rachid Bouchar par exemple avec un quiture d'acteur qui avait qui était très présent et qui avait beaucoup pris la parole à propos de la de cette de cette guerre de décolonisation notamment hein avec du recul.
C'est-à-dire quee effectivement en 75, on était 15 ans après les événements quasiment à chaud et il y avait encore des des volontés de d'être un peu en rétention par rapport à ça et de pas vouloir voir ces films s'afficher à l'écran et qui ont conduit les politiques à changer la loi. Ce point de vue, indigène indigène présenté à Cann a eu un a eu un effet quasiment immédiat. C'est assez rare hein, mais enfin il faut quand même le noter.
Une fois de plus, Cann fait de la politique et de la politique en l'occurrence là qui produit des fruits. Mitou à Cann [grognement] la caisse de résonance de Cann après Mitou, qu'est-ce qu'on peut en dire justement ? chez les actrices essentiellement.
Chez bah de toute façon, c'était elles qui ont été les meilleurs portees-paroles, c'est que donc en 2017, on a laaffermouvstein et en 2018, on a donc ce rassemblement des 82 femmes du monde du cinéma qui sont montées sur les marches pour représenter les 80 femmes réalisatrices qui ont été sélectionnées en compétition sur 1600 contre 1688 hommes réalisateurs sur toute la durée de tous les festivals de Cann. En fait, c'est un message fort, c'est un message qui est beau et qui permet aussi bah de laisser la place aux personnes qui à qui on ne laisse pas la place, dont effectivement les femmes réalisatrices euh qui n'ont pas encore justement assez leur place dans les sélections de manière générale euh pour plein de raisons. Euh mais c'est vrai que c'était un un message qui était très très fort et il y en a eu d'autres des moments comme ça très fort ne serait-ce qu'il y a quelques années.
On a eu le le cast aussi de Un petit truc en plus qui est venu qui a remis un peu sur le devant de la scène la question de l'accessibilité aussi au cinéma avec le fait queil y ait un des acteurs qui étaient porté qui n'avait pas de rampe d'accès aux marches. En fait c'est des utiliser les marches comme justement on va dire un une scène. Donc admirer de tous parce que elle est filmée par toutes les télés du monde.
C'est peut-être la meilleure chose et c'est peut-être ça qui fait que aussi ça a une telle résonance dans le monde. Et d'ailleurs euh l'une des têtes de pont hein euh pas seulement d'ailleurs au festival de Cann Judith God qui représente un film cette année juste un film cette année. Alors il est hors compétition hein.
Je crois qu'il est euh dans la sélection à certains regards. Il s'intitule mémoire de fille. C'est ça.
Avec sa fille qui joue le premier rôle. Oui. D'après Annie Arnaud.
Donc ça récit au féminin à tout point de vue et donc à nouveau le faire se rapporter sur cette question des violences sexistes et sexuelles dans le monde du cinéma. Tout à fait. Et en fait, c'est des sujets que le cinéma depuis Mitou s'empare vraiment, c'est qu'on savait que ça existait, on savait que c'était là mais on leur laissait pas assez la place.
Et maintenant, c'est vrai que on laisse un petit peu plus la place à ces réalisatrices et à ces sujets-là. sur ce sujet, il faut dire aussi qu'il y aura un film hors compétition mais qui est très attendu, Daniel Jaoui, s'appelle l'objet du délit et qui raconte sur le les le plateau des répétitions d'un opéra de Mozart, comment une communauté humaine artistique se situe par rapport à un soupçon d'agression sexuelle. Le le film va faire beaucoup parler de lui parce que euh Ali Jaoui, il fait preuve de sa de sa capacité à dire ce qu'elle pense euh tout en montrant la la diversité des choses.
Mais ce sera l'un des films politiques de cette édition avec la force de persuasion qu'on qu'on lui connaît hein d'ailleurs Jaoui. Bon festival 2026, c'est la toute fin. Je suis désolé Olivier Hachman, il y a cette sélection pour pour cette année, pour 2026.
Vous la connaissez, vous avez, j'imagine s'il y a un certain nombre de de films d'ailleurs qui sont présentés à l'occasion de ce festival, je ne sais pas. Bon, à quoi faut-il s'attendre de politique à travers ce qu'on connaît déjà du festival 2026 sans en connaître d'ailleurs le le bien évidemment encore le palmarès ? On s'attend toujours à quelque chose de politique.
Moi, je m'attends au retour des anciens, je vais vous dire. Donc je vais peut-être être en décalage avec mes mes petits camarades. Euh bah il y a des il y a des réalisateurs qui ont été primés par le passé comme Volker Schlandorf, il y a la Slonemess don voilà le fils de Saul c'était il y a 15 ans donc il revient.
Il y a des acteurs qui mettent en scène de Daniel Huteuil à Travolta qui vont être présents également. Donc moi c'est c'est plutôt sur cette dimension là sans attendre forcément forcément un message politique même s'il y en aura un. Je n'en doute pas.
J'ai vu beaucoup de films dans la sélection. Euh, il était question de l'antifascisme, de la résistance, hein, à travers plusieurs films. Je vais pas les citer là, ça serait un petit peu long.
Ça c'est un thème qui visiblement a l'air à l'ordre du jour cette année à travers la sélection officielle. Absolument passionnant comme si le film de Xavier Janely Les rayons et et les Ombres sur la collaboration qui est sortie il y a quelques semaines avait annoncé ce qui va se passer au festival de Cann et il y a au moins au moins je dis bien au moins trois films absolument notables sur le sur le sujet de la Seconde Guerre mondiale. Il y a le premier velet du de Gaulle d'Anthony d'Antonin Baudri pardon Antonin Godri qui s'intéresse à au au degau londonien.
Il y a ce portrait de Jean Moulin par le hongrois l'ONè qui est joué par Gill Lelouche et il y a en plus un film d'un jeune réalisateur français qui s'appelle Emmanuel Mar. Le film s'appelle Notre salut et c'est le portrait d'un collabo qui se trouvait de son arrière-gr-père. Donc c'est fondé sur un échange de lettrre et c'est un film tout à fait saisissant sur ces années noires et cette époque-là.
Et c'est symptomatique effectivement que le cinéma français en l'occurrence on aller à Grégon euh la SLM puisqu'il fait jouer le louche que le cinéma français s'intéresse autant à cette période-là de la collaboration et de la seconde guerre mondiale. Hm. Euh vous voulez rajouter quelque chose ?
Oui, aussi on parle beaucoup de films français mais en fait ce qui est génial aussi c'est que bah le festival de Cann s'ouvre au monde entier et par exemple cette année j'ai vu passer qu'à la semaine de la critique il y aurait un film Kosovar qui parle justement de la guerre d'un d'un point de vue d'une adolescente qui qui vit son adolescence pendant la guerre du Kosovo et et en fait on a besoin de ce genre de récit. Il y a que le cinéma qui peut nous permettre de découvrir ce genre de récit et ça en fait sa force et c'est pour ça que vraiment on parle beaucoup de la sélection officielle. Je trouve que c'est très important aussi de remettre en lumière la semaine de la critique et la quinzaine des cinéastes et l'acide qui mettent ces films très rares, très riche sur le devant de la scène.
Bon et ça sera vraiment ma toute dernière question et je demande une réponse très très courte. Il y a un seul film je crois qui sera issu d'une production américaine aujourd'hui dans dans cette sélection officielle de de finalement compétition. C'est pas beaucoup c'est beaucoup moins que d'habitude semble-t-il.
Il y a il y a il y a une interprétation politique à faire de ça. Je politique, je ne sais pas ce qui ce qui est paradoxal, c'est que aucun en tous les cas aucun de ces deux films par exemple ne parle de la mairie de Trump, ce qu'on attend nous évidemment, mais aucun de ces deux films, c'est des films plutôt à caractère intimiste. Donc ça, je pense que c'est effectivement c'est une donnée, on on s'interroge beaucoup en ce moment sur le cinéma des de l'Amérique actuelle, de l'Amérique de Trump.
Oui, il y a très peu de création originale. On s de le dire mais en terme de scénarios originaux par les studios américains, c'est réduit à la portion congrue. C'est très c'est lamentable.
Bon ben malheureusement, on va finir sur ce lamentable. [rires] Sinon, on peut si on veut rester mettre en lumière le cinéma américain pour finir, c'est cette magnifique affiche qui met justement en avant un film américain incroyable et justement très politisé. Ouais.
Telmais de absolument. Merci vraiment à tous les trois hein d'être venu nous parler de de la politique quand elle s'invite à ce fameux festival de Cann après ce film consacré à Cann 68 qui n'a pas été jusqu'au bout. On a bien compris pourquoi après avoir regardé ce film.
Merci à féliciter Gavalda, Emerry Colier qui m'ont comme à l'accoutumé aidé à préparer cette émission. Vos réactions, ça sera sur hashtag desbadoc. Nos invités pourront réagir à ce que seront vos réactions et moi je vous retrouverai pour un prochain débadoc.
ça sera la même place, la même heure et toujours avec son documentaire et son débat. À très bientôt. [musique]