Impôts : les patrons bientôt en grève ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Les patrons ont dit que si les impôts augmentaient, il y aurait une grande mobilisation patronale. Qu'en est-il ?
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Sur la méthode, une mobilisation des patrons, c'est quoi ? Ce n'est pas une grève.
- 4:00OuverteRéponse directe
Il y a une mobilisation jeudi, une grève classique. Mais vous, à quoi ça pourrait ressembler ?
- 6:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous entendez aussi ce besoin dans la société de justice fiscale ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous dites que vous êtes prête à avoir un débat pour lutter contre l'optimisation fiscale ?
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Là, vous dites oui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00D.Carlac'hFait
« On ne veut pas qu'il y ait une variable d'ajustement des errements politiques, des chicanes politiciennes. »
- 4:00D.Carlac'hChiffre
« Rien que le Medef, vous avez plus de 11 millions de salariés derrière. »
- 8:00D.Carlac'hFait
« On dit non aux excès, à la tricherie. En revanche, on dit de ne pas casser l'outil productif de la France. »
- 10:00D.Carlac'hChiffre
« Seulement 8 % des Français ont confiance. »
- 12:00D.Carlac'hChiffre
« 70 % des Français qui disent que les entreprises doivent s'exprimer. »
- 14:00D.Carlac'hFait
« Quand c'est un ménage à trois avec les politiques, c'est plus compliqué. »
- 16:00C.RouxFait
« Est-ce que c'est un moyen de faire pression aussi sur la négociation des compromis avec les socialistes ? »
- 18:00D.Carlac'hFait
« Une autonomisation de la sphère économique, c'est sûr. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
For every you. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". Alors que le Premier ministre tente de trouver des compromis, notamment avec la gauche, et que le débat se focalise autour de la fiscalité des plus riches, le patronat a décidé de se faire entendre. Il menace même de se mobiliser.
Nous en parlons avec D.Carlac'h. Bonsoir.
Vous êtes dirigeante d'entreprise, membre du bureau exécutif du Medef et vice-présidente d'ABGi France. Les patrons ont dit que si les impôts augmentaient, il y aurait une grande mobilisation patronale. - D.Carlac'h: A force, quand on ne nous entend pas, il faut qu'on nous entende.
On ne veut pas qu'il y ait une variable d'ajustement des errements politiques, des chicanes politiciennes. On dit qu'il y a un bouc émissaire, un déficit colossal et qu'on va taper à la porte des entreprises. Mais en fait, les entreprises font le job.
Sur un territoire, une entreprise apporte le job sur le territoire. Pourquoi vouloir taxer ce qui est la solution? - C.Roux: Sur la méthode, on se dit quoi?
Une mobilisation des patrons, c'est quoi? Ce n'est pas une grève. Vous voulez qu'on vous entende. - D.Carlac'h: Cela envoie plusieurs signaux.
Le premier, c'est qu'il n'y aura pas que le Medef, mais toutes les entreprises. Le Medef rassemble 240 entreprises mais il y aura d'autres organisations patronales qui vont essayer de faire porter la voix des entreprises et dire que l'on représente beaucoup de monde. Rien que le Medef, vous avez plus de 11 millions de salariés derrière.
Le signal, c'est qu'on est beaucoup et que l'on est utiles. On se mobilise... - C.Roux: Il y a une mobilisation jeudi, une grève classique.
Mais vous, à quoi ça pourrait ressembler? - D.Carlac'h: Cela va être républicain et pacifique, mais c'est se rassembler.
On ne va pas tout casser, tout bloquer. On n'est pas des révolutionnaires, en général, dans le patronat. On veut sensibiliser en disant: "Ne tirez pas sur ce qui est la solution." C'est sortir de l'individualisation.
On se ne rend plus compte, aujourd'hui, que dans la société française, on est en train d'idéologiser le débat pour des enjeux de querelles politiciennes et de querelles électorales. Si cela marchait, la surtaxation des grandes entreprises et les familles entrepreneuriales...
Ca n'a pas marché ailleurs en Europe. Ce n'est pas la pierre philosophale. - C.Roux: Il y a cette colère que vous entendez, mais est-ce que vous entendez aussi ce besoin dans la société de justice fiscale?
Il y a eu cette prise de parole du pape, qui est passée un peu sous les radars. Il ne pensait peut-être pas au débat politique français, mais il a dit qu'il y avait de l'écart croissant entre les écarts de revenus des classes populaires et l'argent que gagnent les plus riches. Il y avait un écart de 4 à 6 fois il y a 20 ans.
Aujourd'hui, c'est 600 fois pour les plus riches, dit-il. Vous l'entendez? - D.Carlac'h: Le pape a charge d'âme sur la planète entière.
S'il zoome sur la France, c'est comme si on pensait que la société française était inégalitaire. On est quand même dans un système profondément redistributif en France. Cette perception de l'injustice sociale, c'est plutôt une perception qu'il faudrait avoir.
C'est pour cela qu'on va se rassembler dans notre mouvement des entreprises de France. C'est une perception que c'est un gâchis. Que fait-on pour avoir de la croissance dans notre pays? - C.Roux: Est-ce que vous dites que vous êtes prête à avoir un débat pour lutter contre l'optimisation fiscale? - D.Carlac'h: On l'a dit d'emblée en disant que les tricheries, les abus, cela se sanctionne.
Vous n'êtes pas là pour tricher mais pour assurer la pérennité de votre entreprise en tant que patron. C'est ce qu'on demande au gouvernement, la visibilité. - Nos concitoyens sont sensibles à l'injustice.
Il faut des mesures d'optimisation fiscale sur certains hauts patrimoines. Il n'y a pas de solution facile mais il y a des solutions faciles et justes. - C.Roux: Là, vous dites oui? - D.Carlac'h: On dit non aux excès, à la tricherie.
En revanche, on dit de ne pas casser l'outil productif de la France. Quand on part sur la taxation de l'outil productif et du patrimoine professionnel, on se met 2 balles dans le pied. - C.Roux: Vous craignez la journée de mobilisation de jeudi?
Vous pensez que cela peut durer? Est-ce que vous dites qu'on rentre dans une période de turbulence sociale? - D.Carlac'h: Je suis frappée d'une chose.
Est-ce qu'on le redoute? C'est un droit, donc on ne le redoute pas. Ce qui me marque profondément, c'est la cassure qu'il y a des Français dans la confiance qu'ils ont pour leur pays.
Actuellement, seulement 8 % des Français ont confiance. - C.Roux: C'est à cela que je pensais, le climat social. - D.Carlac'h: On observe que dans nos entreprises, on a vraiment une baisse de la conflictualité.
Il n'y a plus de guerre dans les entreprises. On n'est pas sur des mouvements de grève longs. Au contraire, en regardant les sondages, à côté des 8 % qui ont confiance et des 92 qui ne l'ont pas, il y a 70 % des Français qui disent que les entreprises doivent s'exprimer.
C'est aussi une clé de lecture de notre rassemblement. - C.Roux: P.Martin envoyait jeudi dernier une invitation à tous les partenaires sociaux.
D'un coup, le patron du Medef dit aux autres syndicats que l'on va faire ça en marge des politiques. Comment? Pourquoi? - D.Carlac'h: Quand on veut faire des choses qui impactent la vie des gens...
Dans l'entreprise, on est habitués à négocier avec les syndicats, les partenaires sociaux. Quand c'est un ménage à trois avec les politiques, c'est plus compliqué. On va recevoir des lettres de cadrage des politiques.
Qu'est-ce qui va se passer? Tout de suite, les syndicats et le patronat vont lever le drapeau en disant qu'ils ont des lignes rouges. Mettons-nous d'accord sur une plateforme, un certain nombre de sujets.
Un des sujets pour P.Martin dans l'agenda "autonome", c'est notre outil et notre système productif. Que veut-on pour la France? - C.Roux: Est-ce que c'est un moyen de faire pression aussi sur la négociation des compromis avec les socialistes? "N'oubliez pas que nous, les patrons, on a notre mot à dire, notamment sur la fiscalité et la pérennisation des aides aux entreprises?" - D.Carlac'h: Dans le débat, on confond aides aux entreprises et le fait que l'on voudrait induire que l'aide publique va dans la poche des patrons.
L'argent va aux entreprises pour faire des projets dans lesquels les entreprises investissent plus que l'aide qu'elles reçoivent. Les contreparties existent déjà. Tout n'est pas éligible pour vous donner une aide.
D'autre part, vous n'avez pas d'aide si vous n'avez pas de contrepartie déjà aujourd'hui. - C.Roux: Est-on à la veille d'une rupture entre la politique et le monde de l'entreprise?
Est-on à ce moment-là? On sent qu'il y a une forme d'exaspération de la part des uns et des autres. - D.Carlac'h: Une autonomisation de la sphère économique, c'est sûr.
Mais surtout, un constat partagé avec les autres Français, nous sommes des gens de terrain, de l'équipe du politique dans la société. Rappelez-vous la chanson de B.Tyler, "Total Eclipse of the Heart"...
On s'est détournés et distanciés des préoccupations des citoyens. Je ne sais pas si le politique sait ce que l'on dit au PMU le dimanche matin dans une ville de 5000 habitants