Canicule : "Il faut mieux ventiler et refroidir les bâtiments", estime cet éleveur de porcs et céréalier à Vieux-Manoir
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Avez-vous été surpris par l'intensité de cet épisode de canicule ?
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Avez-vous le souvenir d'en avoir vécu un comme ça ?
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Quel bilan déjà à court terme de cet épisode pour les agriculteurs ?
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Vous parliez des animaux, Sébastien Windsor, il y a des éleveurs de volailles qui ont perdu plus de la moitié de leur volaille dans leur élevage, en Normandie.
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Et ça veut dire aussi, désormais maintenant, tirer un bilan, agir, investir beaucoup plus rapidement pour adapter les bâtiments, par exemple ?
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Mais ce réchauffement climatique, ce n'est pas nouveau ? Finalement, comme les écoles, le monde agricole n'est pas prêt, vous diriez ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« on en avait peut-être vécu des similaires, mais pas aussi tôt dans la saison, et pas sur des durées aussi longues. »
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« de la mortalité malheureusement chez les animaux, surtout en volaille, en porc, mais même un peu en bovin »
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« avec d'ailleurs des systèmes d'écaressage qui n'arrivaient pas à suivre. »
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« les vaches dans ces périodes-là, elles mangent moins, elles ne bougent pas beaucoup et elles baissent son production laitière. »
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« il y a des éleveurs de volailles qui ont perdu plus de la moitié de leur volaille dans leur élevage, en Normandie. »
- 2:39InvitéFait
« Au-delà de 40 degrés, une poule a beaucoup de mal à survivre. »
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« Maintenant, on continue à avoir un peu le sujet du chauffage en hiver, mais on a aussi le sujet du comment on les refroidit, comment on les ventile mieux. »
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« Le monde agricole n'est pas prêt, ce n'est pas nouveau. »
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« il y a dix ans, que ce soit dans la population ou dans le monde agricole, on ne parlait pas beaucoup du réchauffement climatique. »
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Ici Normandie, premier sur l'actu locale en Normandie, ici Matin.
8h moins le quart, l'heure du bilan pour les agriculteurs normands, après la vigilance rouge canicule. Quelles conséquences ? Le président des chambres d'agriculture France, agriculteur en Seine-Maritime, éleveur de porcs et céréaliers à Vieux-Manoir, répond à vos questions, Marianne Naquet.
Bonjour Sébastien Windsor.
Bonjour.
Avez-vous été surpris par l'intensité de cet épisode de canicule ? Avez-vous le souvenir d'en avoir vécu un comme ça ?
Alors on en avait peut-être vécu des similaires, mais pas aussi tôt dans la saison, et pas sur des durées aussi longues. Donc non, effectivement, en tout cas moi depuis que je suis installé comme agriculteur, je n'avais pas connu ce type de phénomène au mois de juin.
Quel bilan déjà à court terme de cet épisode pour les agriculteurs ?
Alors vous savez, l'agriculture c'est un sujet à long terme, et donc c'est toujours difficile de faire le bilan. Ce qu'on a vécu, c'est des choses immédiates pendant la canicule, de la mortalité malheureusement chez les animaux, surtout en volaille, en porc, mais même un peu en bovin, avec d'ailleurs des systèmes d'écaressage qui n'arrivaient pas à suivre. On a aussi des pertes de production, puisque par exemple en lait, les vaches dans ces périodes-là, elles mangent moins, elles ne bougent pas beaucoup et elles baissent son production laitière.
Et puis on va avoir des dégâts sur les cultures, là c'est encore un peu tôt pour faire le bilan, mais dans les céréales, on a des grains qui ne sont pas allés jusqu'au bout de leur formation, du remplissage, donc on peut avoir à la fois des problèmes de qualité, de taille des grains, et puis on peut avoir des problèmes de quantité, de perte de récolte, et puis on a ça aussi beaucoup sur les fruits, les légumes, où la maturité est arrivée plus tôt.
D'ailleurs, pendant cette période-là, on a pu avoir un peu d'excès de production, mais surtout la production s'est arrêtée très vite, puisque face à la chaleur, on a parfois des fruits ou des légumes qui se sont abîmés, qui ne sont pas allés jusqu'au bout de la maturité, qui ont pourri, et donc on a des pertes de production. Mais ça, c'est encore quand même un peu tôt pour faire le bilan complet. Surtout qu'on n'est pas à l'abri de retrouver quelques phénomènes de chaleur, puisqu'on n'est pas encore début juillet.
Vous parliez des animaux, Sébastien Windsor, il y a des éleveurs de volailles qui ont perdu plus de la moitié de leur volaille dans leur élevage, en Normandie.
Oui, alors ça reste des cas plutôt isolés, mais quand même, les poules sont les premiers animaux qui ne supportent pas la chaleur. Au-delà de 40 degrés, une poule a beaucoup de mal à survivre. Et donc, oui, on a eu de la mortalité importante. Et pourtant, les éleveurs se sont mobilisés, ont tout fait pour essayer de rafraîchir les animaux, en arrosant les toitures, en essayant de mettre un maximum de ventilation, en essayant un peu tout ce qu'ils pouvaient faire pour améliorer le bien-être de leurs animaux.
Et ça veut dire aussi, désormais maintenant, tirer un bilan, agir, investir beaucoup plus rapidement pour adapter les bâtiments, par exemple ?
Oui, alors c'est ce que j'allais dire. Il faudra, encore une fois, il faut passer la crise, il faudra adapter les bâtiments. Vous savez, il y a 20 ans, quand on faisait des bâtiments en porc ou en volaille, le sujet, c'était comment on chauffe les bâtiments en hiver pour que ça ne coûte pas trop cher. Maintenant, on continue à avoir un peu le sujet du chauffage en hiver, mais on a aussi le sujet du comment on les refroidit, comment on les ventile mieux. Il faudra probablement un peu changer nos bâtiments, mais on va avoir les mêmes questions ou des questions similaires à se poser en culture, en arboriculture. Est-ce que les variétés que l'on fait pousser sont les bonnes ?
Est-ce qu'il y a d'autres cultures à développer chez nous ? Est-ce qu'il y a à l'inverse des cultures qu'on aura du mal à faire chez nous ? Est-ce que le lin, on va passer du lin qu'on sème au printemps à du lin qu'on sème avant l'hiver ? Il y a tout un tas d'adaptations, mais qui sont toujours compliquées, puisque en agriculture, on n'appuie pas sur un bouton pour changer les choses. Quand on a planté des arbres, ils sont là pour un certain temps, et on ne fait qu'une récolte par an. Donc, ces temps d'adaptation des bâtiments, on en fait un, voire deux dans notre carrière.
Donc, ce temps d'adaptation, il va nécessiter à la fois de l'argent pour transformer les choses, et du temps pour les agriculteurs. Et pendant ce temps-là, il faut que le consommateur ne lâche pas le producteur français.
Mais ce réchauffement climatique, ce n'est pas nouveau ? Finalement, comme les écoles, le monde agricole n'est pas prêt, vous diriez ça ?
Le monde agricole n'est pas prêt, ce n'est pas nouveau. Mais vous savez, il y a dix ans, que ce soit dans la population ou dans le monde agricole, on ne parlait pas beaucoup du réchauffement climatique. Et encore une fois, la préparation, on essaye de faire des choses, mais il faut du temps. On est dans un métier au temps long, et donc, quand on a un bâtiment, on investit pour 30 ans, voire plus. Et donc, on ne peut pas, au bout de dix ans, dire on va refaire et on va changer le bâtiment. Parce qu'il faut finir de le payer, et si on en construit un deuxième, on n'a juste économiquement pas la marge de manœuvre pour le faire.
Une réflexion, donc...
Donc oui, il faut changer les choses, mais il faut aussi, pour ça, qu'on développe des contrats assez longs pour permettre à l'agriculteur d'avoir un peu de visibilité sur l'avenir et d'investir sur l'avenir.
Une réflexion à court terme et à long terme. Donc merci beaucoup Sébastien Windsor, président des champs d'agriculture France, agriculteur en seine maritime, éleveur de porcs et céréalier à Vieux Manoir, d'avoir accepté notre invitation. Bonne journée à vous.
Merci, au revoir. Au revoir. Vous parliez de visibilité sur l'avenir, on y reviendra dans la météo de 8 heures. Certains, sur les réseaux sociaux, évoquent déjà une canicule la semaine prochaine. On ne va pas s'emballer non plus. Ça va se réchauffer, à n'en pas douter, à partir de ce week-end, début de semaine prochaine. Pour l'instant, on parle de 30 à 33 degrés. Mais on est loin des 40 degrés, évidemment. On y revient juste après les infos de 8 heures. D'abord, il y a Richard Gauthier qui est dans les couloirs, après Charlotte Cardin.