L'assassin de Nahel bientôt millionnaire ? Cagnotte indécente, gouvernement complice
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:24OuverteRéponse directe
Que disent les responsables de GoFundMe ?
- 1:44OuverteRéponse directe
Que lit-on dans les conditions générales d'utilisation de GoFundMe ?
- 2:49RelanceRéponse partielle
Pourquoi le gouvernement ne réagit-il pas face à cette cagnotte ?
- 3:21OuverteRéponse directe
Quelle était la position de Muriel Pénicaud sur la cagnotte Détinger ?
- 3:57RelanceRéponse partielle
Pourquoi Marlène Schiappa ne réagit-elle pas à la cagnotte actuelle ?
- 4:49OuverteRéponse directe
Mais dans quelle France vivons-nous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09PrésentateurFait
« le policier qui a abattu à Nanterre le jeune Naël, 17 ans, au prétexte d'un refus d'obtempérer »
- 1:15PrésentateurFait
« Une famille qui, grâce à ce crime, est devenue millionnaire »
- 1:32InvitéFait
« Actuellement, cette cagnotte est conforme à nos conditions d'utilisation »
- 3:02PrésentateurFait
« le deux poids deux mesures est frappant quand on compare l'attitude de l'exécutif à celle qu'il avait eue quand une cagnotte litchi avait été ouverte pour soutenir Christophe Détinger »
- 3:26InvitéFait
« Qui est-ce qui soutient le gendarme qui s'est fait tabasser là, qui a été attaqué ? »
- 5:28InvitéFait
« L'IGPN a beaucoup progressé sur l'analyse de la vidéo du tir qu'on a beaucoup vue la semaine dernière »
- 5:41InvitéFait
« Certains avaient cru entendre les policiers dire à Naël « Je vais te mettre une balle derrière la tête » ou « Shoot-le » »
- 5:48InvitéFait
« Elle entend les policiers demander à Naël à plusieurs reprises « Coupe, sous-entendu coupe le moteur et mets tes mains derrière la tête » »
- 7:21PrésentateurChiffre
« environ 78 à 1h30 du matin, dans la nuit du dimanche à lundi, à un rythme plus faible que la nuit précédente, durant laquelle 719 personnes avaient été interpellées »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Invité10 %
- Invité 28 %
- Invité 32 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Nous sommes le lundi 3 juillet 2023. Il y a six jours, un policier tué à Beauportant, Naël, un adolescent de 17 ans qui ne le mettait absolument pas en danger, au nom d'un refus d'obtempérer. Et depuis, nous apprenons à vivre dans un pays où une cagnotte ouverte pour un policier assassin a dépassé le million d'euros collecté, où la plateforme qui héberge ces transactions douteuses n'y voit absolument aucun problème et en temps continué, où le président du principal parti de la droite traditionnelle n'exclut pas d'y participer. De cette actualité, d'autres en parlera dans ce bulletin d'info. Quel problème ? Mais il n'y a pas de problème.
C'est en gros le message que la plateforme de collecte de fonds Beaufondemy a envoyé à l'opinion publique aujourd'hui. Depuis plusieurs jours, ses administrateurs étaient interpellés par les internautes qui ne comprenaient pas qu'elle héberge une cagnotte créée par Jean Messia, activiste d'extrême droite, proche de Marine Le Pen, puis d'Éric Zemmour, dans le but de soutenir la famille de Florent Ménéplier, le policier qui a abattu à Nanterre le jeune Naël, 17 ans, au prétexte d'un refus d'obtempérer. Une famille qui, grâce à ce crime, est devenue millionnaire, puisqu'au moment où nous enregistrons, cette cagnotte a déjà dépassé le million d'euros. Et que disent les responsables de GoFundMe ?
Interrogé par l'équipe de l'émission Tech & Co de BFM TV, voici ce qu'ils ont répondu.
Actuellement, cette cagnotte est conforme à nos conditions d'utilisation, car les fonds seront versés directement à la famille en question. La famille a été ajoutée comme bénéficiaire, et donc les fonds leur seront directement versés. Et pourtant, que lit-on dans les conditions générales d'utilisation de GoFundMe ?
Vous acceptez et déclarez, garantissez et vous engagez à ne pas utiliser les services pour lever des fonds, créer ou contribuer à une collecte de fonds, avec comme objectif implicite ou explicite de promouvoir ou d'impliquer tout contenu utilisateur qui reflète, incite ou promeut un comportement jugé, à notre entière discrétion, comme étant un abus de pouvoir ou une incitation au terrorisme, à la haine, à la violence, au harcèlement, à l'intimidation, à la discrimination, au financement du terrorisme ou à l'intolérance de quelque nature que ce soit, ou qui reflète un abus de pouvoir lié à la race, à l'origine ethnique, à l'origine nationale, à la filiation religieuse, à l'orientation sexuelle, au sexe, au genre, à l'identité de genre, à l'expression de genre, au handicap, aux maladies.
À son entière discrétion, selon son expression, GoFundMe juge que le fait de promouvoir un crime policier et d'enrichir celui qu'il a commis ne pose pas de problème. C'est un choix politique qui en dit long. Mais le choix politique le plus préoccupant est celui du gouvernement français qui regarde ailleurs et laisse prospérer une provocation peu susceptible d'apporter de l'apaisement là où le pays en a pourtant grandement besoin.
En effet, le deux poids deux mesures est frappant quand on compare l'attitude de l'exécutif à celle qu'il avait eue quand une cagnotte litchi avait été ouverte pour soutenir Christophe Détinger, un gilet jaune qui avait frappé des gendarmes lors d'une manifestation particulièrement réprimée. Souvenons-nous de ce que disait par exemple Muriel Pénicaud, alors ministre du Travail.
Qui est-ce qui soutient le gendarme qui s'est fait tabasser là, qui a été attaqué ? Moi, encore une fois, ces gens-là, ils ne peuvent pas être parents. Comment ils peuvent dire à leurs enfants, comment ils peuvent dire aux jeunes ? Voilà, le modèle c'est la violence, il faut donner de l'argent pour la violence.
Marlène Schiappa, de son côté, affirmait que soutenir cette cagnotte, c'est être complice de cet acte et encourager les violences. Elle réclamait aussi la levée de l'anonymat des donateurs à la cagnotte Détinger, allant jusqu'à soupçonner des puissances étrangères de s'en servir pour déstabiliser la France. Mais où est-elle donc passée ? Et pourquoi ne dit-elle rien à propos de la cagnotte en soutien au policier qui a tué Naël ? Moi, je pense que la question, elle est vite répondue.
On en est tout de même arrivé au point où Éric Ciotti, le président des Républicains, le parti qui est censé être à la droite traditionnelle, modéré, explique sur LCI que ce qui le dérange, c'est la récupération politique éventuelle de Jean Messia, mais qu'une autre cagnotte lancée par des motards de Haute-Seine, dont le même but ne lui pose pas de problème. Il n'a pas participé à une de ces cagnottes en soutien au policier pour l'instant, mais il pourrait le faire, car voyez-vous...
... des motards, c'est pour le soutien à la famille. Celle-là, je crois qu'on peut comprendre que des Français veuillent soutenir aussi. Une famille qui était aussi dans l'épreuve.
Mais dans quelle France vivons-nous ? Le slogan fleurit dans les rues et un peu partout. Justice pour Naël. Et les yeux sont tournés vers l'institution judiciaire et vers l'IGPN, l'Inspection Générale de la Police Nationale, cette fameuse unité de la police qui contrôle la police. Sera-t-elle à la hauteur des enjeux ? Elle a en tout cas déjà commencé à communiquer sur la vidéo amateur où l'on voit le crime policier qui a coûté la vie à Naël et où on entend de loin les propos des deux agents qui l'avaient interpellés. C'est ce qu'expliquait ce matin un journaliste de France 2.
L'IGPN a beaucoup progressé sur l'analyse de la vidéo du tir qu'on a beaucoup vue la semaine dernière. Vous savez, dans cette vidéo, on devine une discussion lors du contrôle. Certains avaient cru entendre les policiers dire à Naël « Je vais te mettre une balle derrière la tête » ou « Shoot-le », ce qui laisse penser à un tir prémédité. Eh bien, aujourd'hui, l'IGPN, cette police des polices, n'a pas du tout la même analyse. Elle entend les policiers demander à Naël à plusieurs reprises « Coupe, sous-entendu coupe le moteur et mets tes mains derrière la tête ». Ce n'est pas une menace, mais plutôt une sommation. Le jeune Naël aurait lui répondu « Pousse-toi avant de redémarrer ».
Alors, pour en avoir le cœur net, cette vidéo a été transmise aux gendarmes de l'IRCGN, qui est un service spécialisé. Ces analyses audio n'ont pas donné grand-chose pour l'instant, ni dans un sens, ni dans l'autre. Ça ne veut pas dire que le policier tireur n'ait plus mis en examen. Elle avait tout soupçon qu'il est toujours mis en examen et placé en détention provisoire.
Sauf que ce sera version contre version. En effet, un des témoins, un ami de Naël, qui était dans la voiture au moment des faits, a raconté ce qu'il a vu aux Parisiens.
Toujours selon le témoignage du passager dans Le Parisien, le policier au niveau de la porte aurait dit « Éteins le moteur ou je te shoot ». Et le deuxième motard aurait ajouté « Je vais te mettre une balle dans la tête ».
Les policiers commencent à braquer Naël. Le policier placé près de la vitre conducteur aurait dit, et je cite, « Éteins le moteur ou je te shoot » et l'autre à peu près « Je vais te mettre une balle dans la tête ». Les récits divergent, mais une expertise indépendante pourrait nous édifier. C'est celle de l'ONG du journalisme Index, spécialisée dans les reconstitutions et ses partenaires qui planchent sur le sujet avec des techniques d'investigation audio extrêmement poussées. Les résultats tomberont assez vite.
L'actualité autour de la tragédie de Naël, ce sont aussi les révoltes qui se poursuivent avec les dégâts matériels qu'elles peuvent causer, mais aussi avec leur lot d'interpellations, environ 78 à 1h30 du matin, dans la nuit du dimanche à lundi, à un rythme plus faible que la nuit précédente, durant laquelle 719 personnes avaient été interpellées. Interpellations, mais aussi comparutions immédiates. Des comparutions immédiates qui suscitent déjà de nombreuses critiques, comme durant la révolte des Gilets jaunes. A la suite d'un reportage au tribunal de Bobigny, le quotidien L'Humanité dénonce ainsi une justice expéditive pour envoyer un signal fort.
Mediapart de son côté, notre cas Nanterre, des peines de prison avec mandat de dépôt ont presque systématiquement été requises contre les jeunes arrêtés lors des émeutes. Mediapart note que les juges doivent s'y retrouver dans l'urgence. Aux médias, nous reviendrons sur ce sujet important. A l'international, la presse du monde entier a toujours les yeux rivés sur la situation et pour cause, trois jours après la mort de Naël, l'ONU n'avait pas manqué de rappeler à la France de se pencher sérieusement sur les problèmes de racisme et de discrimination au sein de ses forces de l'ordre.
Les autorités françaises devraient veiller, et je cite, « à ce que même s'il y a clairement des éléments violents dans les manifestations, il est crucial que la police respecte à tout moment les principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité, de non-discrimination, de précaution et de responsabilité. » En Europe, l'ampleur de ces violences ont soulevé une très grande indignation et c'est le cas plus particulièrement en Allemagne. Après l'annulation précipitée de la visite d'État d'Emmanuel Macron, programmée du 2 au 4 juillet, les réactions les plus alarmées ont été enregistrées. Le journal Sud-Citong appelle à un changement de cap sur la question des violences policières.
Même son de cloche pour le média britannique The Guardian, qui dénonce les techniques policières et le racisme institutionnel en France. Rappelons dans son édito que les gens se sont exprimés de plus en plus forts, sans pour autant être entendus. En gros, c'est majoritairement sous l'angle de la dénonciation du racisme et des problématiques liées à l'immigration que plusieurs médias internationaux ont commenté la situation sociale de la France.
Un traitement médiatique qui n'a pas bien sûr échappé à la presse maghrébine, qui s'est tout de suite indignée de la façon dont les médias français se sont empressés d'inventer un casier judiciaire à Naël sur la base des préjugés collés aux jeunes de banlieue d'origine étrangère, en l'occurrence la algérienne. La France refuse de reconnaître ses fautes une fois de plus, titre le journal algérien El Kabar, qui suit de près les événements depuis la réaction inédite du pouvoir d'Alger, qui a demandé à la France d'assumer, et je cite, « pleinement son devoir de protection de ses ressortissants sur leur terre d'accueil ».
Et voilà, c'est la fin de ce bulletin d'info quotidien qui entre dans notre programmation d'été. Nous réduisons quelque peu la voilure, en effet, avec la fin de l'émission « Toujours debout en direct », mais l'actualité ne s'arrête pas et nous continuons à vous fournir, dans ces moments importants, nos reportages, enquêtes, entretiens, plateaux d'analyse et de décryptage au quotidien. C'est l'été et notre survie, l'intégrité de notre projet éditorial dépend toujours de votre soutien et de vos dons. Si nous voulons survivre à l'été et être prêts pour le grand virage de la saison 7 du Média, il nous faut mobiliser au moins 100 000 euros de dons. Déjà, 51 000 euros ont été récoltés. Merci.
Rendez-vous sur lemédiatv.fr. On compte sur vous. Restez connectés au Média. Merci.
Merci. Merci. Merci.