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interview28 minutes - ARTE· 5 novembre 2025 22 min

Massacres au Soudan : le monde peut-il encore fermer les yeux ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ces combattants paradent à dos de chameau dans les rues d'Elfer. Après 18 mois de siège, les paramilitaires ont mis en échec l'armée soudanaise en prenant le contrôle de son dernier bastion au Darfour. Depuis le 26 octobre, la chute d'haurer s'accompagne d'exaction des paramilitaires contre les civils.

Pillage, viol, massacre. Sur ces images, un convoi vient de tomber dans une embuscade. Un charnier à ciel ouvert.

Sur une autre vidéo, dans des bâtiments de l'université, des civils sont tués jusqu'au dernier. La prise d'elfèire résulte d'une guerre fratricide entre deux hommes qui se disputent le Soudan. L'ancien chamelier Mohamed Amdam Daglot dit Emmetti et le général Abdel Fatal Bouran à la tête de l'armée soudanaise.

Allié après la destitution du dictateur Omar Elbéchir en 2019, il s'affrontent depuis avril 2023 et leur dernière déclaration laisse peu de place à un projet de trêve avancé par les États-Unis. Nous sommes capables et déterminés à combattre jusqu'à purifier cette terre et à éliminer ses tueurs mercenaire. Ces derniers jours, les combats se sont déplacés vers le centre du Soudan au risque d'amplifier la crise humanitaire.

L'ONU presse les chancelleries d'agir. Arrêtons les atrocités commises contre les civils. Arrêtons d'armer le conflit.

La fin de cette guerre est plus importante que tout intérêt commercial ou politique. Alors, des enjeux géopolitiques et économique, explique-t-il le silence de la communauté internationale. Il y a 20 ans déjà, le monde avait détourné le regard des tuis au Darfour.

L'histoire est-elle en train de se répéter ? On va voir ce qu'on pensent nos trois experts pour ce débat. Justine Musique Picmal, bonsoir.

Directrice régionale en charge du Soudan pour l'ONG, Solidarité Internationale. Selon vous, nous sommes face à une des guerres les plus effroyables que nous ayons vu et que vous avez vu en 20 ans de carrière dans l'humanitaire. Le Soudan fait face à des épidémies mortelles comme le choléra, mais aussi à la famine, la violence, les exactions et l'inhumanité généralisée.

À côté de vous, Niagalé Bagayoko, bonsoir. Politologue, présidente de l'African Security Sector Network. Selon vous, on assiste à une crise humanitaire au Soudan.

Il faut également mesurer qu'elle a énormément d'implications. D'un point de vue géopolitique, il y a un silence complice et gêné de la part des Européens qui renvoi à leur difficulté de s'affirmer sur la scène internationale. Et à côté de vous, Thierry Vircoulon, bonsoir.

Chercheur associé au centre Afrique de l'Ifri. Euh selon vous, il y a une faible couverture médiatique du conflit en France car le Soudan n'est pas d'une certaine façon dans notre géographie mentale. Pour autant, ajoutez-vous, les médias arabes et anglo-saxons en parlent.

Le pays est par ailleurs un champ de ruine. Et on démarre le débat Benjamin avec sigle du jour. Oui, le cycle du jour c'est FSR comme force de soutien rapide commandé par cet homme donc Mohamed Hamdan Daglod dit emmetti chef militaire sanguinaire opposé au pouvoir en place après une brouille avec le chef de l'état actuel Fatal Buren alors qu'ils avaient mené ensemble un PCH le les FSR qui dirigent donc se sont emparés d'elfcher après 18 mois de siège.

Niagalé Bagayoko. C'est un tournant dans ce conflit la prise de cette ville. Oui, c'est intonnant parce qu'en effet hein les combats ont duré pendant plusieurs mois et surtout ils mettent euh cette prise euh met évidence le caractère multidimensionnel de cette crise qu'à mon avis on doit saisir non seulement bien sûr à travers ces aspects humanitaires mais également ces aspects communautaires, ces aspects religieux, ces aspects économiques et ces aspects géopolitiques.

Oui. Tier Vircoulon, le le le procureur de la CPI, la Cour pénale internationale a parlé de probable possible crime contre l'humanité. Il a raison.

Oui. Oui, tout à fait. Comme il avait raison au début du conflit lorsque là aussi la CPI s'était intéressée à ce qui s'était passé au massacre de Elgenina d'Arefour Ouest où là c'était les massalides qui avaient été surtout ciblé par les les FSR.

Et donc c'est la même chose qui se se répète maintenant. Donc il a en effet tout à fait raison mais ça fait depuis 2 ans maintenant que la CPI enquête sur ce qui se passe au Darfour. 2 ans et 300000 morts et 13 millions de déplacés hein.

Elle l'a fait aussi lors de la précédente crise. Anna on va évoquer précisément avec vous et avec nos trois invités euh les viols et les massacres qui sont commis en ce moment au Darfour. Oui.

Au mois de mars 2025 la directrice générale de l'UNICEF Catherine Russell lancé un cri d'appel au monde entier en révélant un rapport inédit sur les viols d'enfants au Soudan. Voilà ce qu'elle disait. Des hommes armés ont violé des bébés de moins d'un an.

Des crimes qui devraient choquer tout un chacun au trèsfond de son âme et obligé à agir immédiatement. Alors dans ce rapport, on voit que 221 enfants ont été violés en 2024. Ces chiffres sont loin de représenter la réalité, alerte l'UNICEF.

La grande majorité des victimes ne déclarant pas les violences subies. Mais un autre rapport d'Amnestie Internationale 8 d'avril 2025 dénonce aussi le recours généralisé au viol de femmes, adultes comme enfant, des viols en réunion pendant des heures de l'esclavage sexuel. Tout cela fait partie de l'arsenal des forces de soutien rapide pour terroriser et humilier les populations.

D'autant qu'au Soudan, le viol et jette le déshonneur sur les familles. Quant à celles et ceux qui tentent de s'opposer à ces violences sexuelles, et bien il risque le même traitement, la torture voire la mort. Détaille encore le rapport.

Aujourd'hui, les l'ONU estime que des millions de femmes et d'enfants sont exposés aux violences sexuelles, d'autant plus qu'ils n'ont aucun endroit où se réfugier. Justine Musique Picman. Est-ce que c'est le même constat qu'on fait vos équipes sur le terrain au Soudan ?

Alors déjà c'est le constat que fait les équipe et les ONG national sur le terrain parce que les Nations Unies ne sont pas au Darfour hein. P qu'on va mettre remettre le cadre. Donc les rapports de UNICEF et des Nations Unies que vous citez sont des rapports qui sont relèent les informations des ONG internationales et les ONG nationales qui sont sur le terrain.

On a la chance aujourd'hui d'avoir Oia qui vient de traverser la frontière pour la première fois depuis très longtemps. Donc on est très content de les accueillir dans les four. C'est quoi au Tcha, pardon, excusez-moi.

Le le la coordination humanitaire des Nations- Unies. Voilà. Euh donc, on est ravi qu'il soit enfin passé.

On attend les camions avec impatience aussi maintenant pour parce que du coup on est toujours tout seul hein sur la zone. Le les combats sont atroces. Je Il y a pas d'autres mots, il y a pas d'autres définitions.

Euh vous parliez de Jenina euh il y a 2 ans. Euh j'étais à la frontière, j'ai vu les 80000 réfugiés, j'ai vu 80000 personnes blessées, violées, des bébés avec des chapinelles dans le dans le visage, des il y a aucune empathie, aucune humanité dans cette dans ce conflit. Comme je disais euh plutôt la la le c'est la plus effroyable guerre que j'ai vu de mes yeux depuis 20 ans.

Depuis 20 ans. Depuis 20 ans. Le viol est un est un est une arme de guerre massive dans plusieurs conflits.

On le sait aujourd'hui. Le Soudan malheureusement n'est pas n'est pas épargné. Les porteurs d'âes n'ont aucune empathie sur absolument personne.

Galayoko, il y a un projet de trêve humanitaire qui a été proposé par les Américains mais aussitôt rejeté par les parties qui sont en guerre l'une contre l'autre, les deux camps. Alors euh c'est le paradoxe hein de ce conflit euh c'est le fait que les acteurs internationaux n'ont quasiment aucune prise, aucun impact sur les dynamiques de paix, mais qu'en revanche, ils activent de par leur engagement auprès euh des euh deux camps euh des dynamiques conflictuelles qui ne font en réalité que s'aggraver. Donc on voit s'effacer au Darfour et au Soudan en général. euh comme ailleurs le droit international, les acteurs qui plaident en faveur d'une solution négociée de ce conflit au profit de ceux qui euh font valoir leurs propres intérêts euh à travers le soutien qu'ils apportent aux différents protagonistes.

Thierry Vircoulon, on vient d'évoquer ces populations suppliciées. Est-ce qu'il y a un risque d'extension de ce conflit à d'autres régions comme certains l'évoquent déjà ? dans le voisinage du Soudan, il y a un petit risque, mais c'est surtout actuellement la zone du cordofant qui est le grand champ de bataille.

La zone du cordofon, c'est dans le centre, c'est ça ? Il est au au sud, Oui, le centre sud du Soudan, donc à côté du Darrefour à l' Pourquoi précisément dans cette zone ? Bah, tout simplement parce que maintenant que les FSR ont pris cher, euh leurs forces ont plus besoin d'être concentré là-bas et elle se dirige vers Elobed qu'on voit sur votre carte là euh qui est cette capitale du cordofan en or euh qui pour le moment est encore tenue par l'armée soudanaise, mais c'est maintenant leur nouvel objectif stratégique et donc ils veulent reprendre cette ville à l'armée soudanaise et c'est là que apparemment les forces mass et qu'il va y avoir une une grande bataille.

Justine musique PM ce qui caractérise cette crise c'est le nombre de déplacés aussi on parle de 13 millions de déplacés soit un habitant sur 4 ce qui rend aussi la situation humanitaire encore plus critique. Alors ça est déplacé et les états de siègre ce que c'est qu'un état de siège. Comme je viens de le dire notre collègue un état de siège c'est un endroit où en fait où physiquement aucun commerce ne peut rentrer.

Donc il y a aucun véhicule commercial aucun aucune activité humanitaire. Donc un état de siège, j'ai pas forcément que des combats tous les jours, m'excuser. C'est aussi un problématique d'accès de sortie de la population et d'entrée de la population.

Donc là, vous montriez sur votre carte Cadougli. Cadougli est le nouvel état de siège donc dans le sud d'ofan où une famille vient de se déclarer. J'ai vu que justement UNICEF déclaré hier la nouvelle famille Acadouli.

Ça veut dire que aucun commerçant ne peut rentrer. Aucun aucun aucun argent, aucun humanitaire ne peut rentrer. Donc les déplacements de population est massif.

Euh on a eu des réfugiés, on a des réfugiés au Tchad, on a des réfugiés en Égypte, on a des réfugiés euh au au Soudan du Sud et en Centrafrique. Donc des pays dans lesquels nous travaillons aussi. Euh et en interne, là ce qui nous inquiète beaucoup par rapport à le Facher, le sujet d'aujourd'hui c'est qu'en fait on a reçu que 7000 personnes. 7000 sur les 2500 habitants de la ville 7000 personnes à Tawila.

Donc on ne sait Nagal Bagaillo, on sait pas ce que ce qui se passe exactement dans cette ville en fait. Mais c'est ce qui est mis en avant hein de par ce témoignage, c'est la difficulté d'avoir accès aux informations minimales et et et quantifié particulièrement en réalité dans ce type d'environnement. Hm hm.

Mais la question qu'on se pose, c'est pourquoi euh ces combattants qui sont sanguinaires, qui sont sans empathie, vous l'avez répété à plusieurs reprises, laisse-t-il des humanitaires dans les parages ? Avez-vous eu ont-ils eu à faire avec eux ? Et y a-t-il eu des conflits entre vos humanitaires et ses combattants ?

Alors, toute la négociation, c'est de l'accès humanitaire. C'est ça. Euh quand on est rentré à Jenina, on n'est pas rentré en mai 2023, on est rentré en juin 2023.

On nous a laissé rentrer après. Donc, je faisais partie des premières à traverser la frontière, à négocier avec les généraux sur la route et avec les milices. Vous négociez avec eux, il faut qu'on rentre, il faut qu'on travaille.

Nous, on travaille avec tout le monde. C'est le droit humanitaire. C'est le droit humanitaire.

Moi, je suis protégé par le droit humanitaire. Enfin, c'est l'impartialité, la neutralité. Exactement.

Elfacher, on peut pas rentrer aujourd'hui. Donc aujourd'hui, on a eu des déclarations de la FSR disant que des ONG nationales pourraient rentrer sur Facher, ce qui est déjà un grand pas. Cependant, on sait qu'elle facher est miné de toute façon.

Donc les actes sont minés. Il y a des a encore des combats actuels he dans Facher. La ville est tombée et soit.

D'accord. Donc les hommes et les femmes des ONG qui rentreraient risqueraient de sauter sur les poser à dessin. Aujourd'hui donc aujourd'hui on on est plus en on est moins en état de siège mais on est toujours en état de siège.

La grosse préoccupation c'est où sont ces gens ? Euh entre alors physiquement pour un peu de pédagogie entre Elfacher et la frontière du Tchad, c'est 3 jours de pickup. H donc physiquement pour qu'un humain marche jusqu'à là-bas, c'est au moins 8 jours.

Donc on sait que de toute façon la population qui arrive à sortir pour aller vers le Tchad mettra au moins 8 à 10 jours. Les gens qui sont arrivés à Facher, les 7000 personnes, c'est vraiment rien, c'est enfin c'est rien, c'est la taille de mon village, mais 7000 personnes, c'est quand même pas beaucoup. Euh qui sont arrivés sont tous déshydratés.

Donc c'est-à-dire que les enfants, un enfant 85 % de sa masse c'est de l'eau. Donc quand on est déshydraté, on sait qu'en fait un nouveau nez meurt entre une semaine et 10 jours. Survivre.

Euh donc ils sont tous déshydratés et tous malutritis. Donc on sait aujourd'hui que les gens qui arrivent à passer qui n'ont plus rien quand on été pillés sur les routes ils sont sans sorci. Donc où sont les autres ?

On va évoquer euh le Darfour, mais c'était il y a 20 ans avec notre archive qui était déjà cible d'une guerre civile, un génocide selon le NU d'ailleurs, qui a fait 300000 morts et des milliers voire des millions de déplacés. Archive de juin 2004. Il s'entassent par dizaines de milliers dans ces camps du Tchad, tout près de la frontière avec le Soudan.

C'est aujourd'hui l'unique refuge pour ces villageois du Darfour, chassés de leur terre par les pillages et les persécutions ethniques. Depuis des mois, les associations d'aide au réfugiés et l'ONU tirent la sonnette d'alarme. Si le conflit ne s'arrête pas au plus vite, l'exode va continuer et près d'un million d'habitants du Darfour risquent de mourir de faim.

Car pour l'instant le Darfour est quasiment zone interdite. Une région dévastée par des radias d'un autre âge, une politique de la terre brûlée. Les gens du gouvernement viennent tuer les noirs comme moi.

Siôt qu'il voit des gens noirs, ils frappent aussitôt. C'est ça la situation. Coulon.

Est-ce que ces tueries qui à l'époque était mené donc par des milices d'arabes arabes musulmanes contre des populations noires chrétiennes et animistes ? Est-ce que c'est toujours ce qui se passe aujourd'hui ou pas ? Non, c'est une situation un peu différente.

Alors, c'est en effet ce qui s'est euh repassé en 2023 avec les massalites euh qui ont de nouveau été victime au début du conflit des FSR. Euh maintenant, on voit que les représailles, elles se font euh évidemment sur une base ethnique, mais elles se font aussi euh donc contre les agawa. Elles se font également contre les clans arabes qui ont fait défection des FSR qui étaient avec les FSR et dont certains ont fait défection au fil du conflit pour rejoindre l'armée soudanaise.

Donc c'est des représailles contre tout ce qui symbolise l'ennemi et cet ennemi a plusieurs visages. Ouais. Mais alors qu'est-ce qui se joue en fond au fond Niagal Bagayoko ?

Ce sont des minerais, de l'or, des ressources naturelles, des territoires. Qu'est-ce qui se joue là derrière ces ces batailles ? Ce qui est important de de préciser, c'est que les milices John Jawid dont on parle là de l'époque des années 2000, ce sont qui se sont reconstitués au sein des forces de soutien rapide.

Donc ça c'est important de le comprendre. Il y a, comme je l'indiquéis tout à l'heure, différentes dimensions. La dimension religieuse, par exemple, est extrêmement importante.

Il y a une tradition dans l'armée soudanaise qui est frériste, c'est-à-dire adepte des frères musulmans, donc de l'islam politique. Et les FSR se présentent comme s'opposant à cette à ce courant-là de l'islam. Il y a effectivement les dynamiques communautaires dont parlait euh Thierry qui renvoie aussi aux communautés du Tchad, hein, les agawa, ça renvoie euh au Tchad et euh à l'opposition avec les goranes notamment là-bas.

Et il y a bien sûr cette dimension économique avec la présence de grandes ressources horifaères notamment dans les zones sous le contrôle des forces du général et qui serait exploité selon la plupart des million. On a entendu un chiffre, il y aurait un milliard, l'équivalent d'un milliard en mine d'or euh absolument qui serait exploité avec la complicité des Émirats arabes unis qui sont les destinataires de très nombreuses euh cargaisons de provenance de cette région. Alors, qu'est-ce qui se joue ?

Il y a beaucoup de pays hein qui sont derrière ces forces armées et les États les Émirats arabis soutiendraient le FSR ce qu'il ni même s'ils reconnaissent une erreur d'appréciation initiale. Écoutez ce conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis. through the civilian government that was in my opinion looking back was a critical mistake we should have put our down all of us collectively but did not put vous entendez des regrets sincères justine musique picmal quand vous entendez ces ces propos moi je fais pas de commentaires sur la politique internationale.

Je disais tout à l'heure, nous on est neutre, on travaille du côté de Kartou et de Gadaref, on travaille du côté d'El Facher et de Jenina depuis le début. On est au côté des soudanais de toute façon et juste un mot très important pour moi, c'est que nous on y croit. On y croit.

Oui. Mais Thierry Vircoulon, quand on voit ce qui se passe, les enjeux géostratégiques sont paraissent très difficiles à démêler. D'un côté, l'Éthiopie et les arrabes unis qui soutiennent les FSR et de l'autre l'armée régulière soutenue par l'Égypte, la Turquie et l'Iran.

Est-ce que ces forces ces pays-là peuvent s'entendre pour un moment donné arriver à cesser le feu ? Le Qatar aussi. Ah, le Qatar aussi.

C'est une guerre du moel Qar de quel côté ? Du côté de l'armée ? C'est en fait une guerre du du Moyen-Orient qui est projetée au Soudan euh très largement.

Ce sont des rivalités Moyen-Orientales qui se règlent là-bas. Hm. Euh et donc euh c'est euh c'est vraiment le Moyen-Orient que retrouve euh dans cette guerre avec en effet la problématique de lutte contre les frères musulmans.

Au passage, il faut quand même dire que le FACR, même s'ils disent qu'ils luttent contre les islamistes, ils en ont dans leur rang. Donc euh voilà. Euh et après une logique habituelle de l'ennemi de mon ennemi et mon ami et c'est pour ça que ça peut changer et c'est pour ça que enfin c'est quand même assez assez stable qui les intéresse là aussi ces acteurs région c'est les mines d'or, le pétrole, la gomme arabique.

C'est ça aussi les gens les enjeux très concrètement. Il y a les enjeux maritimes également. Il faut pas oublier tout ce qui concerne la géostratégie de la mer rouge, hein, notamment l'accès aux bases navales, par exemple pour un état comme la Russie qui transige entre les deux projet Soudan.

Exactement. la Turquie qui avait négocié avec l'ancien régime d'Omar Albchir l'accès l'île swakine également qui est concerné par cette question l'Arabie Saoudite euh même l'Iran s'intéresse à cette côte euh avec des rivalités régionales qui s'y greffent. barage de la renaissance qui l'oppose à l'Égypte et ce sont aussi tous ces enjeux géostratégiques que l'on retrouve condensé dans la situation soudanaise.

Quand on vous voit entendre tout ça, Justine Musique Picm, il y a quelque chose mélancolie insondable dans votre regard parce que on voit que vous vous dites et les civils sont les victimes collatérales de toutes ces convoitises et de tous ces règlements de compte entre factions. Et ça n'arrêtera pas. Non, ça n'arrêtera pas.

Nous, ce qu'on demande c'est une prise de position claire des Nations- Unies de d'intervenir des deux côtés avec nous, auprès de nous, d'arriver d'aller d'aller au plus près des civils, d'ouvrir une prise de position ou même une intervention des casques bleus. Alors moi je suis pas pour les casques bleus, on en est un peu là aussi parce que ils étaient là avant donc euh pas pour forcément les casques bleus mais en tout cas une intervention humanitaire que les camions des Nations- Unies arrivent là aujourd'hui on a 17 camions bloqués au sud d'Arefour. On ne sait pas le la la la la la directrice humanitaire basée à Portouan s'est encore mise en colère cette semaine en demandant aux humanitaires des Nations Unies de se positionner et d'envoyer d'aider les ONG à répondre à ces 700000 personnes à Tawila.

Mais Vircoulon, ça veut dire queil y a tellement d'intérêts contradictoires que l'envoi de casque bleu ou d'une autre force internationale, ça paraît complètement illusoire aujourd'hui. Oui, c'est complètement illusoire puisque de toute façon, il faudrait qu'il y ait d'abord un un accord de paix, une trêve. Pour le moment, toutes les tentatives de médiation ont échoué et après il faudrait en effet qu'il y ait un cons un consensus au conseil de sécurité, ce qu'on n'est pas prêt de voir.

Donc voilà, la France la France ne s'exprime pas. Il y a quelque chose dans achat d'armes, vente d'armes qui expliquerait un silence embarrassé de la France. Alors il y a plusieurs éléments.

On ne peut pas dire que la France ne s'exprime pas du tout. Elle a organisé des conférences internationales sur le Soudan. Alors ça peut paraître une goutte d'eau dans la mer, mais en tout cas on ne peut pas considérer qu'elle ne s'intéresse pas à ce conflit-là.

Il y a pour la France, mais comme pour la plupart des pays européens, l'espèce de complicité ou en tout cas de silence coupable vis-à-vis de effectivement ces partenaires moyen-orientaux parce que les armes françaises ont pu être retrouvées effectivement sur certains théâtres. C'estàd dans les forces actuellement du côté des FSR comme du côté du pouvoir actuel, il peut y avoir des des armes françaises et européennes. Oui, parce qu'il faut comprendre aussi qu'on est dans une zone de trafic aussi.

Tout ne se fait pas par des canaux institutionnalisés, loin de là. C'est au contraire le propre de ce type de conflit. C'est leur informalisation en réalité.

Ben écoutez, merci à tous les trois d'être venus mettre en lumière ce drame absolu qui se déroule au Soudan. Vous disiez qu'on en parle plus dans la presse et les médias anglo-saxons que français. J'espère qu'on aura éclairé un peu nos téléspectateurs.

Merci infiniment à tous les trois.