Présidentielle 2027, sommet Choose France... Le "8h30 franceinfo" de François Ruffin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour François Ruffin, merci d'être avec nous sur France Info, bonjour Paul, vous avez eu des propos qui détonnent à gauche sur l'immigration, on va y revenir et vous allez nous dire aussi quelle est votre réponse face à la violence des jeunes. Mais d'abord le bilan du sommet Choose France, cette grande messe annuelle au château de Versailles pour attirer les investisseurs étrangers, 93 milliards d'investissements et plus de 15 000 emplois promis. Vous François Ruffin, vous voulez supprimer ce sommet si vous êtes élu président, est-ce que ça signifie que ces milliards et ces milliers d'emplois, vous estimez que la France n'en a pas besoin ?
D'abord nous présidents, nous ouvrirons la porte du château de Versailles au PME parce que c'est par les PME et non pas par les firmes multinationales qu'on reconstruira une industrie dans notre pays, c'est la première chose. La deuxième chose c'est qu'on a une épargne nationale qui est gigantesque, qui est à hauteur de 19%, qui est 2 000 milliards d'assurance-vie et sur ces 2 000 milliards d'assurance-vie, il n'y en a que 3 à 4% qui va vers les PME. Donc la priorité, ça ne doit pas être de faire la danse du ventre devant les capitaux étrangers, mais ça doit être de se demander comment on mobilise cette épargne nationale.
Et on vient avec des réponses en disant qu'il y a une première chose à faire, c'est puisque c'est un produit partiellement défiscalisé, l'assurance-vie, eh bien on le flèche, on le flèche en particulier en direction des PME.
Donc vous présidents, sous France, vous ne mettez que des PME et non plus des grands milliardaires qui donnent 93 milliards et vous êtes donc pour l'épargne, c'est ça pour mieux répartir l'épargne ?
Pour la mobilisation de l'épargne nationale, on a une épargne nationale qui est gigantesque.
Mais vous pouvez forcer les gens à investir dans l'industrie française ?
On peut les inviter déjà, il y avait une idée qui a été lancée par Michel Barnier d'un livret industrie, donc ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est puisqu'il y a de la défiscalisation sur l'assurance-vie, on peut le flécher. Aujourd'hui, l'assurance-vie sert plus aux Dungeons et au Nasdaq qu'aux PME de notre pays. Et enfin, il y a un autre outil qui s'appelle le Livret A, et on a un taux de centralisation du Livret A, j'entre dans des données techniques, qui est aujourd'hui de 60%, vous le faites passer à 80%, vous récupérez 120 milliards d'euros.
On entend ce que vous dites, c'est une chose, mais quand un investisseur étranger veut investir en France, créer une usine, créer des emplois, vous dites merci mais non merci. Moi président, enfin nous président, parce que vous dites nous président, je refuse.
Monsieur président, nous devons nous protéger de ces capitaux même, parce qu'il y a eu 1500 entreprises françaises qui ont été rachetées par des capitaux américains ces dix dernières années. Et là, dans les 93 milliards promis pour Emmanuel Macron, qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur ?
Il y a notamment 75 milliards de SoftBank, dont certains qui vont aller en 2031, vous qui êtes né dans le Pas-de-Calais, qui êtes député de la Somme, c'est dans votre région que ça va se passer.
Pourquoi faire ? Pourquoi faire ? Pour créer un data center. Pour faire une colonie numérique, non pas pour avoir un numérique souverain, où on serait maître de nos tuyaux, où on serait maître de notre IA, où on serait maître de nos réseaux sociaux, mais à l'inverse, pour prolonger ce qu'a fait Emmanuel Macron depuis dix ans, c'est-à-dire faire de la France une colonie numérique. Hier, c'était Amazon et c'est encore Amazon, ça a été Elon Musk, voilà, et maintenant, ce sont l'IA, l'IA qui vient utiliser quoi ?
Qui vient utiliser des terres, qui vient utiliser de l'eau, et qui vient utiliser notre énergie, notre énergie nucléaire pas chère, mais dont on va avoir besoin demain pour nos déplacements, la voiture électrique, pour se chauffer les pompes à chaleur. Et donc, je veux dire...
Vous refusez cet investissement de 75 milliards d'euros qui va profiter à votre région et créer peut-être 2000 emplois selon la région des Hauts-France ?
Je dis qu'à l'intérieur, quand c'est pour faire de l'IA souverain, Mistral et ainsi de suite, ça a une raison d'être dans notre pays, quand c'est pour servir de pied-à-terre aux IA américaines ou japonaises, je pense qu'on doit s'en prémunir. Et vous voyez l'espèce de jeu d'Emmanuel Macron toujours à deux temps. Il y a des moments où il fait des câlins à Elon Musk, Jeff Bezos, Salman et compagnie. Et le lendemain, il nous dit, attention, ce sont les nouveaux réactionnaires dont il faut se garder. Eh bien, il faut choisir. Eh bien, je pense qu'il faut... Par ailleurs, regardons le bilan d'Emmanuel Macron, puisque ça s'étonne-là qu'on nous dise 93 milliards d'euros.
On a, disons, un président banquier d'affaires qui arrivait, pro-business, qui nous promettait la start-up nation et de libérer les énergies. Dix ans après, dans quel état est notre pays ? On a un taux de PIB par habitant qui est sous la moyenne européenne. Le taux de pauvreté, en revanche, a bondi. On a le taux de défaillance des PME qui n'a jamais été aussi élevé. On a une part du PIB dans l'industrie qui est passée sous la barre des 10%. Il a beau se vanter tous les ans d'avoir recueilli des milliards et des milliards et des dizaines de milliards à Choose France, en vérité, il a conduit jusque au déficit public plus 1 000 milliards d'euros, le pays dans l'abîme.
Donc, il faut changer de direction.
Attention, le japonais SoftBank qui, effectivement, est actionnaire d'OpenAI qui fait Tchad GPT. Mais une autre question, Célantis annonce 1 milliard d'euros d'investissement, notamment pour produire à Mulhou d'ici 2029 trois modèles hybrides de Peugeot. Là, vous dites merci quand même, non ?
Je dis qu'il y a un mouvement nécessaire et que n'a pas fait l'industrie automobile française. Sinon, on ne serait pas là. C'est quoi ? C'est parier davantage sur la voiture électrique. Résultat, qu'est-ce qui se passe ? On a en vérité à la remorque, aujourd'hui, des Chinois. La France, l'Europe, c'est un pays, un continent sous-développé comparé à la Chine. Donc, même ça, ce n'est pas bien ? Si, mais on a un temps de retard. Regardez le retard gigantesque qu'on a. Pourquoi ?
Parce qu'on a des constructeurs automobiles français qui ont privilégié les actionnaires pendant tout ce temps-là, qui ont versé énormément en dividendes, plutôt que se demander comment on investit sur les technologies d'avenir. Et la grande technologie d'avenir, c'est la voiture électrique qu'il faut rendre accessible à tout le monde. C'est un enjeu, parce qu'au prix qu'elle est aujourd'hui, elle ne permet pas d'être accessible à tout le monde.
Donc, je suis le partisan, moi, de la location sociale qui fait que chaque Français qui a des longs trajets effectués pour son travail devrait payer 100 euros par mois, mais en vérité, ça lui ferait économiser 100 euros, parce qu'aujourd'hui, ça lui revient à 200 euros de carburant. Je vous dis, là, c'est un enjeu. On est dans un temps où il y a des intérêts qui sont alignés pour sortir des énergies fossiles. L'intérêt de la facture des Français. L'intérêt, évidemment, des gaz à effet de serre pour la planète. L'intérêt du déficit commercial qui va avoisiner les 80 milliards d'euros, rien que sur les énergies fossiles, sans doute, cette année.
Et enfin, l'intérêt de la souveraineté nationale de ne pas dépendre du gaz ou du pétrole saoudien, américain, russe, etc. Et donc, là, nous avons des intérêts qui sont alignés pour faire un grand changement et basculer des énergies fossiles, gaz et pétrole, à la fois sur nos déplacements, mais aussi sur nos logements, vers, d'un côté, la voiture électrique, et de l'autre côté, les pompes à chaleur.
– Justement, aujourd'hui, c'est une journée spéciale sur France Info, sur la crise des carburants et sur comment les Français peuvent trouver des solutions pour consommer moins de carburants. Un autre sujet, François Ruffin, le débat politique se poursuit après les violences qui ont émaillé la nuit, après la victoire du PSG samedi. Un mort et 178 blessés, 178 blessés chez les forces de l'ordre, 890 interpellations. Comment vous qualifiez ce qu'il s'est passé ?
– D'abord, dire que je désapprouve, je regrette, je déplore que toute manifestation de joie, que toute victoire soit, non pas seulement célébrée, mais prolongée par des débordements de cette nature. Dire que ce n'est pas nouveau, malheureusement, dans notre pays, puisqu'en 1998, déjà, il y avait eu ça, il y avait eu un mort à cette occasion, il y avait eu des affrontements avec la police.
– Vous n'avez pas l'impression que ça dégénère, que ça s'aggrave depuis 1998 ?
– En tout cas, c'était vrai en 1998, c'est vrai en 2018, c'était vrai l'année dernière avec la victoire du Paris Saint-Germain, et ça l'est de nouveau cette année.
– Donc c'est systématique, est-ce que vous diriez comme Bruno Retailleau qu'il y a un rituel des meutes en France ?
– En tout cas, lié aux victoires footballistiques, ça, manifestement, je viens de le dire, qu'il y a une répétition des débordements qui sont quasiment systématiques, et je vois la difficulté pour un ministre de l'Intérieur de faire face à ça, parce que ce ne sont pas des débordements de hooligans. Là, on pourrait avoir les associations de supporters qui interviennent, on pourrait avoir les clubs qui soient responsabilisés, mais là, on voit très bien que ça vient se greffer. D'ailleurs, d'autres choses, les scènes de pillage. – Donc ce n'est pas la faute de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur ?
– Je pense que ça serait trop facile de dire que nous, on aurait la baguette magique, que nous, on aurait le remède miracle pour faire face à ça.
– C'est intéressant ce que vous dites, vous n'avez pas la même analyse que la France Insoumise qui a mise en cause le gouvernement et qui a accusé la police dans un premier temps
d'avoir chargé des manifestants qui faisaient la faute. – Je dis que faire face à l'ordre public, ça peut toujours être amélioré, ça c'est une chose. Mais en revanche, il n'y a pas de baguette magique face à ça. Pour moi, je n'ai pas de difficulté à dire qu'il peut y avoir des sanctions, qu'il doit y avoir de la répression d'un côté.
– Contre les parents aussi, les sanctions ?
– J'y suis hostile. Je suis hostile à des sanctions contre les parents parce que pour qui est parent d'adolescent, on sait la difficulté qu'il y a à canaliser ces enfants et c'est encore plus compliqué quand on est dans un quartier populaire où il y a une tension entre l'école et la rue, entre l'appartement et les copains. Et donc, je vois des parents, moi, qui sont débordés par leurs propres enfants, qui viennent me voir à la permanence, possiblement pour demander de changer de quartier et ainsi de suite. Donc, je ne suis pas du tout pour aller dans cette direction. Je pense qu'il faut allier deux logiques.
Une logique de sanctions sans difficulté sur les individus qui se livrent à ce genre de pillage. Mais par ailleurs, il doit y avoir un plan dans la durée. Quand Emmanuel Macron a rejeté le plan Borloo qui est tombé à l'eau, quand on supprime les contrats aidés, en particulier dans les quartiers, quand la loi SRU sur les 20% de logements sociaux dans toutes les villes n'est pas respectée, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pour l'année prochaine, pour l'élection présidentielle, il faut un plan banlieue.
Et un plan banlieue qui ne doit pas se contenter de répression, de section, de surveiller et punir, mais qui doit aussi offrir, comme le disait Jacques Chirac, ce sont tous des enfants de la République.
Vous voulez une politique globale ? On entend ce que vous dites, François Ruffin. Vous dites qu'il faut sanctionner les casseurs. Quel type de sanctions ? Certains disent qu'il faut des sanctions exemplaires et notamment des peines de prison fermes, même très courtes, pour que cela provoque un sursaut chez ces jeunes, parfois, qui n'ont pas forcément conscience de ce qu'ils font.
Écoutez, quelqu'un qui n'a jamais été en prison, dont ça serait la première fois qu'il y aille, on sait très bien que la prison est aussi une école du vice et qu'il y a quand même un grand risque pour que des jeunes, pour qui ça a été un méfait d'un jour, se retrouvent à en sortir pire qu'avant. De toute façon, je pense qu'il nous faut trouver des alternatives à la prison. Moi, je regrette que les travaux d'intérêt généraux étaient sinon abandonnés, du moins très largement délaissés. Je pense qu'ils avaient une vertu.
Je pense qu'il y a une autre vertu, ce que Azouz Begag appelait le dérouillage, c'est-à-dire changer quelqu'un de lieu, changer quelqu'un d'endroit qui s'ouvre au monde et qui voit un autre paysage, évidemment de manière encadrée par des éducateurs et ainsi de suite. Mais je pense qu'il y a à trouver, de manière générale, des alternatives à une prison qui sont à la fois très coûteuses et qui, en même temps, sont déjà surpeuplées, dont on sort généralement pas mieux qu'on y ait entré.
À votre place, hier se tenait Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement. Elle veut rouvrir le débat sur ce qu'on appelle l'excuse de minorité, c'est-à-dire que le fait que la peine de prison prononcée contre un mineur soit inférieure ou égale à la moitié de celle que risque un majeur. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Moi, ce que je souhaite, je le dis, je pense que tout acte réclame une sanction. Ça veut dire oui ou non ? Je n'ai même pas compris ce que vous m'avez raconté. La question n'était pas claire à ce point-là. L'excuse de minorité.
Vous savez ce que c'est que l'excuse de minorité ? Un mineur encoure une peine inférieure à celle d'un majeur.
En tout cas, je trouve que pour les mineurs, il faut trouver des chemins qui vont permettre de se construire et pas de s'enfermer dans la délinquance. et je dis mon inquiétude que la prison est une école de la récidive. Aujourd'hui, le taux de récidive dans les prisons françaises est très, très, très élevé. Donc, il y a une mécanique, un cercle vicieux dont il faut sortir pour y trouver un cercle vertueux. Les moyens qui existent dans les prisons, on sait qu'ils sont délabrés. Ça, c'est une chose. On met en cause les bâtiments, bien souvent, leur surpeuplement. Mais il y a autre chose.
C'est l'absence de personnel humain qui permet de servir de passerelle vis-à-vis de l'extérieur pour avoir une formation, pour reprendre éventuellement l'école, pour trouver du boulot derrière. Et donc, voilà, il y a un enjeu. Je le dis, moi, je n'ai pas de difficultés avec la sanction, mais elle doit servir à la construction.
Ce n'est pas le cas de tout le monde à gauche. Vous pensez que la gauche peut être crédible sur ce sujet de la sécurité, sur le sujet des violences des jeunes à l'approche de la présidentielle ? Jean-Dane Bardella disait que ce serait au cœur de l'élection, selon lui.
En tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que la droite ne peut pas être crédible sur le sujet. Quand on voit son bilan depuis des années, quand on sait que Nicolas Sarkozy est l'homme, le président qui a supprimé le plus de postes de policiers dans notre pays, et quand on voit l'échec aujourd'hui. Je le dis, on doit marcher sur nos deux jambes. La sanction, la répression, la police et la justice, sans souci pour moi. Mais il y a à construire.
Il y a à construire par l'école, il y a à construire par une politique de logement, il y a à construire par les mêmes émancipations et faire que les jeunes de notre pays, dont Jacques Chirac, je le répète, disait qu'ils sont tous des enfants de la République, ne se soient pas fermés des portes, mais qu'au contraire, ils aient l'impression qu'elles leur sont ouvertes et qu'ils appartiennent pleinement à la France.
avec François Ruffin,
président de Debout et surtout candidat à la présidentielle. On parle justement de votre candidature.
Si le candidat était élu président de la République, M. Ruffin, quelle serait la première mesure que vous mettriez en œuvre ?
Je pense qu'aujourd'hui, c'est l'indexation des salaires sur l'inflation. Parce que la réalité, c'est que les Français, depuis plusieurs années, et les Français qui travaillent, qui tiennent les écoles, les hôpitaux, les usines, les bureaux debout, eh bien, ils perdent un pouvoir d'achat réel. Ok, on va prendre une aide soignante.
Vous adorez prendre des exemples. Une aide soignante à 1 700 euros net. Si le litre augmente, si les courses augmentent, si le loyer augmente, dans combien de temps, avec un François Ruffin président, avérait sa hausse de la fiche de paix ?
Elle serait immédiate. Je vous dis, de la même manière qu'on a relevé le SMIC de 2,4% parce qu'il a dû suivre l'inflation, là, au 1er juin, eh bien, il y aurait un relèvement de tous les salaires qui suivraient la même trajectoire que le SMIC au 1er juin.
Vous savez que ça avait été arrêté par la gauche en 1983 parce que ça créait une spirale inflationniste pour payer les salaires. Les entreprises augmentaient leurs prix.
Eh bien, je crois que c'est une erreur qui a été effectuée à l'époque, d'accord ? Je vais vous dire, de manière générale, quel est mon raisonnement et qu'est-ce que je viens proposer comme candidat à la présidence de la République ? Nous avons des crises successives. Crise des Gilets jaunes, crise, guerre en Ukraine, crise Covid, la détroit d'Hormuz et par-dessus tout la grande crise climatique qui est aussi une crise économique. Face à ça, il nous faut des régulations. Laissez faire le marché, laissez faire le marché du travail, laissez faire le marché du libre-échange, laissez faire le marché de l'agriculture, laissez faire le marché de l'électricité. Ne marche plus.
Donc, ce qu'il nous faut, c'est des régulations.
Notamment en matière d'immigration,
François Réphard ? Des régulations qui ont fonctionné pendant des décennies qui, dans la précaire, ont apporté prospérité et stabilité. C'est quoi ces régulations ? Je l'ai dit, la première, c'est l'indexation des salaires sur l'inflation. La deuxième, c'est l'encadrement du prix des loyers qui a existé jusqu'en 1986. La troisième, c'est le contrôle des prix et des marges qui, là aussi, a existé jusqu'en 1986. Et il y a les crises agricoles successives, il y a eu des prix planchers qui ont existé, il y a eu des coefficients multiplicateurs. Donc, je veux dire, il y a un certain nombre d'outils qui nous ont été utiles pour apporter stabilité, prospérité à notre pays.
Moi, ce que je viens proposer aux Français, c'est de dire, soit vous aurez du Macron après Macron, du Macron XXL, du libérer les énergies à nouveau, ce qu'on entend à droite et à l'extrême droite, soit vous aurez une politique de protection et de régulation.
Vous parlez de prospérité, les patrons, ils disent, on a besoin de main-d'oeuvre face au déclin démographique et face au manque de travailleurs en France. Vous, vous dites que vous êtes hostile à l'immigration de travail. Est-ce que ce n'est pas paradoxal ? Comment vous faites tourner certains secteurs sans immigration de travail en France et notamment l'hôpital ?
D'abord, dire que je suis pour une immigration humaniste, c'est-à-dire qui n'accueille pas seulement de la main-d'oeuvre mais qui accueille des êtres humains en entier, c'est-à-dire qui peuvent avoir une femme, des enfants ou un homme, un mari bien sûr et qui pour moi doivent avoir un accueil digne, un accueil digne en termes d'apprentissage de la langue, en termes de formation, en termes d'accès au marché du travail et je suis pour que toutes les personnes qui sont sur le territoire français, qu'elles soient françaises ou étrangères, qu'elles soient avec ou sans papier, puissent travailler.
Maintenant, le plan du MEDEF qui est de dire voilà, il nous manque de la main-d'oeuvre donc on va aller la chercher ailleurs, non, je ne suis pas d'accord.
Et vous quand vous dites non à une immigration excessive, c'est quoi une immigration excessive ? Je dis non
à l'immigration pour les besoins du marché, c'est ça que je dis. Et donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je considère que dans notre pays, il y a un gigantesque gâchis de productif, il y a un gigantesque gâchis de travail. Déjà, ce sont les étrangers qui sont sur notre territoire et à qui on ne permet pas de travailler. Ce sont les jeunes qui entrent stabilisés sur le marché de l'emploi trois années après nos voisins européens. Ce sont les seniors qu'on évacue du marché du travail avant l'heure. Ce sont les 100 000 personnes qui sont broyées physiquement ou psychiquement, classées comme inaptes chaque année.
Ce sont les femmes qui souffrent d'une pénalité maternelle quand elles ont eu un enfant et qui ont une cassure dans leur carrière et dans leur salaire. Ce sont les personnes en situation de handicap où la loi sur les 6% n'est pas respectée. Nous avons de la main-d'oeuvre, nous avons des talents, nous avons des compétences dans notre pays et moi je dis au patron d'abord utilisons ça. Utilisons ça et offrons à tous ceux qui sont sur le territoire français statut, revenus, salaire, horaire, carrière.
Avant cela, François Riffin, il y a une élection présidentielle. Est-ce que vous avez fait votre deuil de la primaire à gauche ?
Moi, je suis partisan de la primaire pour des raisons à la fois de départage, il y a plusieurs figures à gauche, pour des raisons de débordement, je pense que ça amènera 2 à 3 millions de personnes aux urnes. Mais vous y croyez encore ou pas ? En tout cas, je ne lâche pas l'affaire. D'accord ? Maintenant, je dis avec clarté, je l'ai déjà dit, je l'ai répété, s'il n'y a pas de primaire, j'y vais. Vous irez tout seul ? Et donc là, j'y vais. Nous avons recueilli 100 000 signatures en moins de 15 jours. Nous avons mis 2 500 à 3 000 personnes à Lyon dans un meeting. Nous sommes en route pour recueillir les 500 signatures. Mais c'est Raphaël Gluckman et Jean-Luc Mélenchon
qui surnagent dans les sondages à gauche. Comment vous faites pour exister entre ces deux incarnations pour l'instant qui dominent ?
Écoutez, c'est le début du match. D'accord ? Il n'y a même pas eu 6 minutes de jeu. Il n'y a même pas encore eu un but de marquer et vous me demandez d'aller faire des paris. Faites les paris.
Jean-Luc Mélenchon, il n'a pas plié le match pour vous déjà ?
Écoutez, d'abord, Jean-Luc Mélenchon n'est pas mon adversaire. Moi, j'ai un adversaire qui s'appelle Jordan Bardella et quand je l'entends ce matin ou hier qui raconte que faites attention les Français, ils vont venir chez vous, ils vont ouvrir les portes de vos appartements, réveillez-vous, réveillez-vous, c'est quoi ? C'est la guerre civile qu'ils proposent. C'est un parti du déchirement national. Vous ne répondez sur Jordan Bardella
mais vous n'avez pas répondu
qu'il a construit au-dessus de lui un plafond de béton et qui fait que pour aller vaincre mon adversaire principal, celui que je viens de nommer Jordan Bardella, il ne s'agit pas seulement de franchir le cap du premier tour, d'être le plus gros à gauche, il s'agit d'aller gagner au deuxième tour. Mais qui est plus à même de le faire
entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann si vous deviez choisir entre les deux ?
Est-ce que quand vous les recevrez, vous leur demanderez alors qui est le plus à même entre François Ruffin et Raphaël Glucksmann de battre Jordan Bardella ?
On pourra demander.
J'en doute que vous le fassiez. Je vous signale puisque je le mets à mon CV que dans un coin qui était acquis au Rassemblement National parce que vous ne voulez pas
répondre à la question.
Non, je ne veux pas répondre à la question parce que ce n'est pas un scénario que j'envisage. Sinon, je ne serais pas candidat.
Mais c'est le scénario des sondages, François Ruffin.
Très bien, c'est les sondages. Vous commentez les sondages. C'est peut-être votre boulot. Ce n'est pas le mien. Vous les regardez forcément comme tous les politiques. Je suis venu pour parler aux Français. Qu'est-ce que je viens de dire ? Qui va porter la question du logement dans cette campagne ? Pourquoi la question du logement ? Parce que le pouvoir d'achat, c'est d'abord du logement. C'est un tiers du budget du ménage qui est consacré au logement. Et pour les ménages modestes, c'est la moitié. Parce que quand on parle de natalité, de soucis de natalité, la première cause que donnent les jeunes couples à retarder le fait d'avoir un enfant, c'est le logement.
Et vous voulez mettre le logement au cœur de votre campagne, mais il faut qu'on avance une dernière question.
Je veux mettre le logement. Et qui vous aurez comme candidat pour venir parler du logement ? Qui vous aurez comme candidat pour parler des auxiliaires de vie sociale ? Qui vous aurez comme candidat pour parler des charistes ? Qui vous aurez comme candidat pour dire qu'il faut
de la régulation dans notre pays ? Vous m'avez moins. Vous le savez, il va être 8h57 et c'est l'heure de la question qui aujourd'hui ? La question qui a éventuellement des regrets avec un petit point d'interrogation. Une question évidemment sur votre BD Picardis Plandor aux éditions Les Arènes BD sous-titrée Les Aventures de François Ruffin, député reporter. Et ce qui a choqué, ce sont des dessins où vous, pour le dire gentiment, vous êtes arrangé avec la réalité. Une scène a été inventée et une personne a été racisée pour mettre en scène François Ruffin dans la posture du grand sauveur de l'humanité.
C'est ce qu'a tweeté votre ancien ami, le coordonnateur de la France Insoumise, Manuel Bompard. Est-ce que vous regrettez d'avoir sorti cette bande dessinée ?
D'abord, dire que ce que vous avez dit n'est pas exact. Ah bon ? Non, ce que vous avez dit n'est pas exact. Vous êtes arrangé avec la réalité, c'est pas vrai ? Non, non, je prétends avoir fait mon travail de reporter avec sincérité pour ce qui s'est passé dans le train et de ne pas avoir arrangé. D'accord ? Ça, c'est une chose.
Vous avez représenté comme arabe un homme blanc, c'est pas vous qui avez directement payé l'amende et l'homme assure de ne pas vous avoir jamais remercié.
Monsieur Larouto, regardez la tête puisque cet individu s'est signalé sur les réseaux sociaux, regardez sa tête et regardez la représentation qu'ils ont faite. Elles ne sont pas si éloignées que ça. Le monsieur Félix, en l'occurrence, voulait être musulman, portait une barbe comme un musulman, souhaitait se faire appeler Saïd, ce qui est parfaitement son droit, mais on comprend que pour les policiers qui étaient présents dans le wagon comme pour moi, il a pu y avoir une confusion sur le fait qu'ils soient racisés ou non.
Et vous vous êtes excusé, François Ruffin ? Et la question que je voulais vous poser...
Je m'excuse. Il y a une case dans cette BD qui en comporte 545. Il y a une case que oui, je le dis, je regrette. Je n'ai pas envie d'être un politique qui vient dire moi, je suis un homme dur, j'ai mis l'armure, je n'ai pas de souci avec ça. Mais oui,
les Insoumis vous ont accusé de racisme, de paternalisme, d'être un raciste complexé, un rouge-brun sur un autre sujet, mais effectivement, vous vous êtes excusé. On a l'impression que vous vous excusez sans cesse comme quand vous aviez osé ne pas émettre la même pollution que LFI sur le changement de genre. C'était il y a un moment déjà. Pourquoi sans cesse battre votre culpe ? Est-ce que les Insoumis, c'est votre surmoi, c'est l'autorité parentale ?
Ça n'a rien à voir avec...
Mais vous vous excusez sans cesse ?
Non, pas sans cesse. Quand les Insoumis vous insultent ? Peut-être une fois par an et il ne s'agit pas des Insoumis. Il s'agit d'être honnête avec soi-même, d'accord ? Qui peut dire quand il prend la parole en public quasiment tous les jours qu'il n'y a pas des erreurs qui sont commises, qu'il n'y a pas des fautes qui sont commises ? Alors il y en a qui font le choix de dire non, je suis parfait, je ne m'excuserai jamais. Moi, je vous le dis, quand nous serons à l'Elysée, ce n'est pas le comportement que nous aurons. Il faut être ouvert vis-à-vis des autres. Quand il y a des critiques qui apparaissent légitimes, il faut les recevoir et non pas s'y fermer.
Merci François Riffin d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul. A demain.
François Ruffin