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interviewBFMTV· 31 août 2025 49 min

Démission d'Emmanuel Macron, François Bayrou, budget... L'interview en intégralité d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Sur BFM Politique H-6, avant la grande interview de François Bayrou sur BFM TV, où il sera notamment interrogé par Marc Fauvel, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste. Merci d'être notre invité. Merci à vous. À mes côtés, pour vous interroger, Amandine Attalaya, éditorialiste politique BFM TV, Ludovic Vigogne, de la Tribune, dimanche, notre partenaire. Alors dans un instant, on va vous demander à quelles conditions vous pourriez peut-être changer d'avis ce que vous attendez de l'interview du Premier ministre ce soir. Mais déjà, quel est votre trait d'esprit ? Dans un instant, on se rendra à Matignon, justement, pour voir comment le Premier ministre prépare cette interview.

H-6, qu'est-ce que vous attendez de la prise de parole de François Bayrou ? Qu'est-ce que vous souhaitez qu'il dise ?

0:52
Invité

Comme les Français que vous venez d'entendre. Rien, plus rien. Et la réalité, c'est que François Bayrou lui-même le sait. Tous les partis d'opposition ont déjà annoncé qu'il voterait contre la confiance. Et donc, il sait que le 8 septembre, il devra partir. Il fait une tournée d'adieu. Et donc, il va chercher toute la semaine à expliquer qu'il est celui qui pourrait éviter le chaos et qu'il ait lui-même la stabilité. Personne ne le croit plus. Chacun sait bien qu'en réalité, il n'y a pas une seule version. Ce n'est pas François Bayrou ou l'apocalypse.

C'est François Bayrou ou une autre solution, celle que nous proposons et qui permettrait à ce pays de ne pas vivre avec l'instabilité qu'on connaît aujourd'hui et qui permettrait aussi d'éviter la purge budgétaire qui est en train d'être préparée par les services de Matignon et les gouvernements actuels.

1:46
Présentateur

Alors justement, on prend la direction de Matignon, on retrouve Hugo Capelli. Bonjour Hugo. On le disait H-6 avant la prise de parole décisive de François Bayrou. Comment se prépare le Premier ministre, Hugo ? Est-ce qu'il pourrait faire des annonces ce soir ?

2:01
Invité

On verra bien, on sait que François Bayrou est en train de se préparer. Cette interview qui aura lieu à 18h, qui va durer environ 1h30 et qui se fera directement depuis le bureau du Premier ministre. Alors c'est vrai qu'on a beaucoup vu le Premier ministre ces derniers jours dans le cadre de déplacements à la CFDT, au MEDEF, à la foire de Chalon avec à chaque fois des discours et puis des questions-réponses avec des journalistes. Mais ce rendez-vous ce dimanche est vraiment capital. D'ailleurs, Matignon explique que c'est un exercice de pédagogie. Le Premier ministre veut convaincre les Français qu'il est l'homme de la situation pour le budget, pour réduire la dette de la France.

Et puis il va aussi envoyer ce soir un message au parti politique parce qu'il va les recevoir à partir de demain ici à Matignon. Ce sont les communistes qui vont être reçus les premiers. Et puis ensuite, on sait qu'il y aura mardi le Rassemblement national. Et puis un peu plus tard dans la semaine, les socialistes. François Bayrou qui a reçu le soutien du président Emmanuel Macron il y a 48 heures mais qui a aussi dû entendre les oppositions qui lui promettent de ne pas voter ce vote de confiance le 8 septembre prochain. C'est en tout cas ce qu'a redit hier Jordan Bardella sur notre antenne. Et c'est aussi ce qu'ont dit les socialistes lors de leur rentrée à Blois.

D'ailleurs, les socialistes qui s'imaginent bien remplacer François Bayrou dans les prochaines semaines.

3:16
Présentateur

– Merci beaucoup Hugo Capel. Hier, dans un instant, on va parler effectivement de cette candidature du Parti socialiste pour Matignon. On entendait des propositions, peut-être que François Bayrou me mettra sur la table. Mais très concrètement, qu'est-ce qui pourrait de déterminant vous faire changer d'avis quand même ? Est-ce qu'il y a des choses, des mots que pourrait prononcer François Bayrou qui pourraient vous amener à évoluer d'ici 8 jours ?

3:40
Invité

– Le seul mot que j'attends de lui maintenant, c'est de dire au revoir. Je ne vois pas très bien ce que François Bayrou pourrait apporter encore. Parce que le problème n'est pas simplement un problème de nature budgétaire. La réalité, c'est que la politique conduite l'a été de manière autoritaire. Il aurait pu être le Premier ministre qui renonce au 49-3. Ce que nous proposons, nous, puisque nous proposons effectivement de remplacer le Premier ministre, c'est de faire en sorte qu'on change aussi de rapport au Parlement, de rapport aux Françaises et aux Français, de rapport aux partenaires sociaux et de faire en sorte que ce pays puisse être effectivement gouverné.

4:24
Olivier Faure

– Mais dans les médias, Olivier Faure, si ce soir, François Bayrou faisait des ouvertures, par exemple, s'il disait « les deux jours fériés, travailler, ça n'est pas une bonne idée, il n'en est plus question », une forme d'ISF d'impôt sur la fortune, selon ce qu'il pourrait avoir concocté. Tout ça, s'il fait ce type d'ouverture, c'est non, quoi qu'il en soit, on le comprend désormais. Le 8, vous ne voterez jamais pour la confiance.

4:50
Invité

– François Bayrou a déjà, au cours de ces mois passés, fait des ouvertures. Elle nous avait déjà pris l'engagement de mettre une contribution sur les hauts patrimoines ou les hauts revenus. Elle devait venir au lendemain du vote du budget. Vous ne l'avez pas vu, et moi non plus. Et donc, la réalité, c'est que François Bayrou a montré qu'il n'était pas un interlocuteur fiable et qu'il n'était pas de ceux qui tiennent les engagements qu'ils prennent, y compris devant l'Assemblée. On l'a vu aussi sur les retraites.

5:15
Olivier Faure

– Pour vous, c'est l'histoire d'une trahison vis-à-vis des socialistes ?

5:19
Invité

– Je ne cherche pas à être un traître ou je ne sais pas quoi, ça m'est égal. Je dis simplement que maintenant, il va falloir faire en sorte que nous puissions donner une stabilité à ce pays, permettre d'avoir un gouvernement qui gouverne et qui gouverne dans l'intérêt des Français et qui gouverne avec les Français. Autrement, on l'a vu, en fait, les sondages de ce matin sont assez parlants. S'il y avait demain une dissolution, quoi conduirait-elle ? À rien, sinon à reconduire une configuration qui, de toute façon, ne donne de majorité absolue à personne. Donc ça suppose que nous fassions avec ce que les Français ont décidé.

Et les Français ont décidé, justement, de faire en sorte que ce soit le Parlement, le lieu dans lequel c'est à voir la politique. – Est-ce que vous avez eu un contact avec François Bayrou depuis lundi et l'annonce du vote de confiance par le Premier ministre ? – Non, aucun. – Vous allez le voir la semaine prochaine, il ouvre une série de consultations des partis. Est-ce que vous allez aller à Matignon pour le rencontrer ? – Nous irons jeudi matin le voir par politesse républicaine. Mais la décision que nous avons prise est irrévocable. Et donc, il n'y a aucun suspens. – Alors, pourquoi vous y allez dans ces conditions ?

– Tout simplement parce qu'on nous invite à venir et que, je vous le dis, par esprit républicain, quand le Président de la République, quand le Premier ministre invite les chefs de parti, les présidents de groupe à venir à sa rencontre, eh bien, nous sommes toujours présents pour des raisons qui sont simplement liées au fait que nous respectons les institutions.

6:42
Présentateur

– Olivier Faure, je vous arrête une seconde, vous avez dit à Ludovic Guillaume, la décision est irrévocable. – Elle est irrévocable. – Vous ne voterez pas la confiance ? – Nous ne voterons pas la confiance. – Il n'y a aucune chance que vous vous absteniez non plus ? – Pas davantage.

6:54
Olivier Faure

– Ce que les Français peuvent avoir du mal à comprendre, c'est que vous n'ayez jamais discuté directement avec François Bayrou jusque-là. C'est-à-dire que vous dites, on n'a pas eu de contact depuis lundi dernier, pas eu de contact cet été non plus, semble-t-il. – Il ne vous a jamais, il n'a jamais cherché à vous joindre, vous Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste ?

7:10
Invité

– Absolument pas.

7:11
Olivier Faure

– Comment est-ce que vous comprenez qu'il vous renvoie la faute en disant alors les responsables politiques étaient en vacances, ils n'étaient pas joignables ? Dans les faits, ça n'est pas ce qui s'est passé si l'on vous suit.

7:21
Invité

– Vous étiez à la plage ? – C'est vraiment une ineptie. En fait, je n'ai même pas envie de commenter. Moi, j'ai pris 10 jours de vacances et j'étais revenu le 30 juillet en Seine-et-Marne. Et donc, s'il voulait en fait me contacter, il avait mon téléphone, je n'ai pas quitté le territoire et donc à tout moment, j'étais joignable. Il n'a jamais cherché à le faire. – Qu'est-ce qui s'est passé entre François Bayrou et vous ? Parce qu'on s'en souvient, à l'hiver dernier, vous aviez réussi à négocier pour que le budget de cette année puisse être adopté. À l'époque, vous aviez des consultations récurrentes, vous parliez et puis tout à coup, il n'y a plus eu de dialogue possible. Pourquoi ?

– Mais n'en faites pas une affaire personnelle, ce n'est pas le sujet. En fait, il n'y a pas une question de lien rompu ou de trahison, etc. Il y a deux politiques qui aujourd'hui se font face. La politique que François Bayrou entend poursuivre, c'est celle qui a conduit justement à cette dette abyssale. Ces 1 000 milliards supplémentaires de dettes, c'est les 8 années passées avec François Bayrou, avec tous ceux qui l'ont précédé et avec Emmanuel Macron. Et donc, il y a aujourd'hui un moment où, effectivement, il faut une certaine forme de clarification. Et cette clarification, nous la portons en portant nous-mêmes un contre-plan Bayrou et qui montre qu'un autre chemin est possible.

Parce que ça n'est pas vrai qu'il existe une seule façon de procéder. Nous sommes conscients du fait qu'il existe une dette abyssale. Mais cette dette abyssale n'est pas venue toute seule, ça n'est pas un châtiment divin. C'est venu parce qu'il y a une politique qui est conduite depuis 8 ans et qui a multiplié les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et qui a conduit à creuser la dette avec, en réalité, une baisse des recettes alors que les dépenses elles-mêmes n'ont pas progressé. Et donc, ce que nous disons maintenant, c'est que le rythme auquel François Bayrou veut réduire la dette est un rythme insupportable. On va finir par mourir guéri avec ces histoires.

C'est-à-dire qu'en fait, on va vers un budget qui est un budget de récession qui repose exclusivement sur qui ? Sur les travailleurs, sur les malades, sur les donneurs d'emploi, sur les jeunes, sur les retraités. Bref, il frappe à peu près toute la population, sauf les grandes fortunes, qui elles sont épargnées au nom d'une théorie du ruissellement dont chacun sait bien qu'elle est une fable et qu'elle n'a jamais fonctionné.

9:39
Présentateur

Alors Olivier Faure, si le destin à vos yeux de François Bayrou est déjà scellé, vous avez dit effectivement ce week-end qu'à vos yeux, vous étiez volontaire, les socialistes, pour être les suivants. Répondez-nous clairement. Est-ce que donc vous, Olivier Faure, vous êtes candidat pour le poste de Premier ministre ?

9:55
Invité

Mais je vais vous dire ce que j'ai dit à la fois à nos partenaires... Là, vous n'allez pas me répondre. Si, si, je vais vous répondre. Je vais vous répondre ce que j'ai dit à nos partenaires et ce que j'ai dit à tous les socialistes. Si le 8 au soir, vous avez un appel du chef de l'État, eh bien, vous le prenez. Et si le chef de l'État vous demande si vous êtes d'accord pour aller à Matignon, vous répondez oui. La question, pour moi, n'est pas une question là non plus personnelle. La question, c'est qu'est-ce qu'on est prêt à faire ensemble ? Et moi, je suis prêt à ce que nous gouvernions effectivement ensemble. Et l'identité de celui ou celle qui ira à Matignon m'importe assez peu.

Mais est-ce que vous, vous êtes prêt pour Matignon ? Toutes celles et ceux qui pourraient être appelés doivent se tenir prêts et doivent accepter si d'aventure le chef de l'État les appelait.

10:40
Présentateur

Mais alors qui ?

10:41
Invité

Quand vous dites tous ceux à gauche... Je ne veux pas rentrer dans ce jeu-là parce que... Mais on a vu que c'est là-dessus aussi. Nous l'avons fait il y a un an. À l'époque, nous avions dit, toutes et tous, il y a un point de convergence sur les personnels de Lucie Casté. Tout à fait. Est-ce que le chef de l'État a appelé Lucie Casté ? Non. Eh bien, nous n'allons pas rejouer ce scénario, passer quelques heures entre nous à savoir qui pourrait être ou avoir des prétendants qui viennent les uns après les autres sur les plateaux. On ne joue pas à ce jeu-là.

On est simplement tous disposés à vous dire qu'effectivement, si l'un d'entre nous était appelé, eh bien, nous serions prêts à l'accompagner et à gouverner ce pays.

11:17
Olivier Faure

Eh bien, juste pour finir sur ce point, la règle s'applique à vous, donc Olivier Faure. Si le chef de l'État, pour parler directement, vous appelle...

11:23
Invité

Elle s'applique à moi comme à tous les autres. Ce que je dis là, simplement, c'est que... Donc, s'il vous appelle, vous dites oui. Ça s'applique aux autres, ça s'applique à tous les socialistes, ça s'applique aux écologistes, aux communistes, ça s'applique aux ex-insoumis, etc. Pas de problème. Moi, je suis prêt à gouverner avec celles et ceux qui sont disposés sur un programme qui est un programme clair, d'ailleurs que nous nous attaquerons, effectivement, aux grands sujets qui sont devant nous. Nous ferons en sorte de gouverner, non pas par la force, mais par la conviction. Et donc, nous renoncerons au 49-3 pour permettre, justement, un dialogue, un vrai dialogue au Parlement.

11:53
Olivier Faure

Alors, c'est la grande question, en fait, Olivier Faure. Admettons qu'Emmanuel Macron vous choisisse. Vous dites, nous gouvernons avec ceux qui sont prêts à s'engager sur un programme commun. Mais qui pourrait vouloir, aujourd'hui, travailler avec vous, les socialistes ?

12:07
Invité

Mais, je pense qu'à gauche, beaucoup seraient prêts à travailler avec nous, évidemment.

12:13
Olivier Faure

Ça inclut les insoumis ?

12:14
Invité

Il faut que vous compreniez quelque chose, parce que vous allez, évidemment, me poser la question des insoumis. Je la voyais venir, quand même.

12:20
Olivier Faure

Disons qu'on voudrait savoir comment marche un gouvernement fort.

12:22
Invité

Moi, je vais vous dire comment ça marche un gouvernement de gauche. Un gouvernement de gauche qui arrive...

12:26
Présentateur

Vous refusez d'assumer le fait que vous pourriez aller à Matignon ?

12:28
Invité

Mais non, je vous ai dit, moi, comme n'importe quel autre dans ce périmètre que j'ai défini, pourrait être appelé. Et s'il était appelé, je leur conseille à toutes et à tous de dire, oui, j'y vais. Voilà, donc ça s'applique à moi, ça s'applique à d'autres. Et donc, je dis que, comment est-ce qu'on gouvernerait ? Et la question sera posée à tous les partis politiques. C'est-à-dire que nous, nous viendrons avec notre projet. Et nous prendrons à témoin l'opinion publique, nous discuterons avec les partenaires sociaux en disant, jour après jour, voilà ce que nous faisons. Quand, par exemple, nous nous dirons que nous voulons la taxe Zuckmann pour financer, notamment... Rappelons ce que c'est.

C'est la suspension de la réforme des retraites. La taxe Zuckmann, c'est une taxe qui s'applique exclusivement à des gens qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine et qui ne payent pas complètement leurs impôts puisque, en réalité, ils optimisent. Et donc, dans ces cas-là, s'ils ont payé... Enfin, on prélève, pour faire simple, on prélève 2% de cette... Ça fait partie, effectivement, du projet que vous avez mis en avant. Voilà, exactement. Donc, s'il y a un accord, ceux-là pourront gouverner avec vous, ceux qui sont d'accord avec cette position.

C'est-à-dire, au Parlement, quand la question sera posée, je sais que nous avons une majorité parce que cette taxe Zuckmann, elle a déjà été adoptée en première lecture à l'Assemblée. C'est un exemple de ce que nous pouvons faire.

13:47
Présentateur

Mais dans ce bloc de gauche, les insoumis restent les plus nombreux, quand même, Ludovic.

13:51
Invité

Oui, ce serait quoi, le périmètre de ce gouvernement ? Qu'on comprenne bien, le périmètre de ce gouvernement, ce serait quoi ? Ce serait un gouvernement qui comprendrait des ministres insoumis ? Mais Jean-Luc Mélenchon, vous l'avez entendu, il a dit « Je ne soutiendrai absolument aucun gouvernement autre qu'insoumis ». Donc, comme je ne vous parle pas d'un gouvernement insoumis, je n'imagine pas qu'il dise qu'il est parfaitement à l'aise avec ce que nous proposons, mais simplement, je dis moi... Donc, il n'y aurait pas de ministre insoumis ? Non.

14:15
Présentateur

Vous ne souhaitez pas d'un ministre insoumis dans un gouvernement gauche auquel vous participeriez ou que vous dirigeriez ?

14:24
Invité

Je viens de vous répondre, et je vous dis que la question ne se pose pas dans ces termes-là. La question, c'est, à chaque fois que nous irons à l'Assemblée et au Sénat, à chaque fois que nous poserons sur la table une proposition, qui votera pour, qui votera contre ? – Juste, dans votre gouvernement, Olivier Faure, dans votre gouvernement. – Je finis en vous disant que je mets au défi, Jean-Luc Mélenchon, de dire que ces députés voteraient contre la taxe Zuckman. Je mets au défi, Jean-Luc Mélenchon, de dire qu'il voterait contre un gouvernement qui serait le premier à dire qu'il suspend la réforme des retraites. – Mais alors, vous n'en êtes pas certain, en fait ?

15:00
Olivier Faure

– Jean-Luc Mélenchon a été très clair, Olivier Faure, Jean-Luc Mélenchon a dit « Nous ne soutiendrons qu'un gouvernement, la France insoumise ».

15:07
Invité

Donc la question, c'est, avez-vous une garantie ? – Je ne lui demande pas de soutenir un gouvernement que nous dirigerions. – Je lui demande simplement de voter des propositions.

15:16
Olivier Faure

– Mais vous n'avez aucune garantie qu'il ne voterait pas une censure contre vous, que la France insoumise ne voterait pas une censure contre vous.

15:23
Invité

– Écoutez, j'imagine qu'il aurait du mal à expliquer aux Françaises et aux Français, qu'un gouvernement de gauche est censuré par la France insoumise. Et qu'un gouvernement de gauche qui propose notamment de remettre du pouvoir d'achat, puisque nous avons une proposition qui est une proposition qui va quand même permettre, je prends cet exemple, mais ça permettra d'illustrer. Imaginez que vous ayez en cette rentrée une maman qui élève seule ses enfants et qui est au SMIC. Eh bien cette maman-là, elle aura des revenus supplémentaires de 900 euros par an.

Une famille qui, avec deux salariés, qui gagne 1920 euros par mois, qui ne sont pas des gens très riches, qui sont vraiment dans le début de la classe moyenne, eh bien nous proposons en fait de leur rendre 1500 euros de pouvoir d'achat par an. Eh bien je crois qu'effectivement, il y a la matière à trouver un certain nombre d'alliances dans le Parlement.

16:18
Présentateur

Donc Olivier Faure, la France insoumise reste des partenaires ou ce sont des adversaires ?

16:24
Invité

Mais moi je n'ai, enfin je ne me, je ne m'imagine pas avec des adversaires, etc. Je m'imagine simplement avec une coalition qui est au gouvernement, de gauche, qui vient avec des propositions de gauche, qui s'engage ensuite à discuter loyalement puisqu'il n'y a pas de 49-3. Et ensuite je dis à la gauche, mais je dis aussi à ceux qui sont dans le bloc central, etc. Est-ce que vous êtes prêts à assumer le fait que demain, vous refusez, dans un moment où les Français ont comme première préoccupation le pouvoir d'achat, vous refusez à la moitié des Français, à la moitié des salariés, des travailleurs français, évidemment une hausse de leur pouvoir d'achat qui est conséquente. Et on verra.

Et à ce moment-là, effectivement, il n'y aura une clarification. Si vous voulez censurer ce gouvernement-là, censurez-le. Mais moi ce que je vous dis, c'est que les Françaises et les Français ne le comprendraient pas parce qu'ils ont entendu que ce que nous proposons, c'est effectivement non pas simplement une espèce de purge qui leur serait imposée, il n'y a aucune des mesures proposées par François Béroud que nous reprenons. Ce que nous faisons, c'est que nous, nous arrivons à réduire la dette et nous arrivons aussi avec un plan de relance qui permet de relancer l'activité.

17:30
Présentateur

De moitié, vous souhaitez économiser 22 milliards, on va rentrer dans le détail dans un instant. Juste, est-ce que ça veut dire que vous appelez le président de la République, Emmanuel Macron, à vous recevoir à l'Élysée, l'ensemble des forces de gauche ?

17:40
Invité

Si le chef de l'État souhaite nous entendre et que nous venions préciser devant lui ce que nous avons déjà précisé devant la presse hier, eh bien effectivement, aucun problème pour le faire.

17:50
Présentateur

Ludovic, parmi les têtes à gauche, effectivement, vous parlez d'une personnalité de gauche qui pourrait être appelée et vous dites qu'il faudrait qu'elle dise oui à Matignon.

17:57
Invité

Il y a peut-être un ancien Premier ministre. Oui, il y a un nom qui circule, c'est celui de Bernard Cazeneuve qui pourrait remplacer, pourquoi pas, François Bayrou à Matignon. Est-ce que si c'était lui que le chef de l'État choisissait, est-ce que vous le soutiendrez ? Est-ce que vous verriez l'arrivée de Bernard Cazeneuve ? Mais toutes celles et ceux qui seraient prêts à reprendre ce que nous avons dit hier sont les bienvenus. Voilà, je n'ai pas d'autre message. Bernard Cazeneuve, je ne sais pas ce qu'il serait prêt à faire. Je dis simplement qu'il faut qu'à un moment, il y ait des offres claires sur la table.

Notre offre, elle est claire, elle est documentée, elle est chiffrée, elle permet d'offrir effectivement une autre perspective que celle que fixe le Premier ministre. Vous avez échangé avec Bernard Cazeneuve ces derniers jours ?

18:36
Présentateur

Non. Ça veut dire que Bernard Cazeneuve, c'est un profil acceptable à vos yeux pour Matignon ? Je viens de vous répondre. Je vous ai dit... Acceptable ou pas ? Ce n'était pas la même chose il y a un peu plus d'un an.

18:45
Invité

Je ne sais pas. Ce que je dis, c'est que... Mais vous, vous jugez que c'est un profil acceptable ? Mais moi, je ne juge pas les profils. Mais vous le connaissez, ils sont par cours politique. Je ne tourne pas les reins et les cœurs. Je fais de la politique. Et ce que je veux savoir, c'est ce que font les gens s'ils sont à Matignon. Non, ça ne m'intéresse pas. Ce n'est pas... Est-ce que Bernard Cazeneuve est quelqu'un de sympathique ? Est-ce que c'est un homme de gauche, etc. ? Oui. Est-ce qu'il ferait la politique que je viens de vous indiquer ? Je n'en sais rien. Vous le soutiendrez que s'il reprend le programme du Parti Socialiste que vous avez énoncé hier ? Exactement.

Ce que je dis, c'est que ce que je veux, c'est que les Français, enfin, aient le sentiment de respirer. Et qu'on ne les prenne pas au collet. Qu'on n'ait pas le sentiment qu'à chaque fois qu'un Premier ministre arrive, c'est pour leur dire, voilà, je vous propose de la sueur et des larmes. Moi, je veux qu'on leur propose enfin l'armistice. Et qu'on leur dise qu'effectivement, ils vont pouvoir vivre et qu'ils vont arrêter de se demander le 15 du mois comment ils finiront le reste de la... Amandine.

19:35
Olivier Faure

Si néanmoins, Emmanuel Macron ne choisit pas un Premier ministre de gauche et qu'il penche pour quelqu'un dans le bloc central, comme on dit, quelques noms sont aujourd'hui évoqués, par exemple Gérald Darmanin, Catherine Vautrin, je vous vois sourire. Oui, oui, je souris.

19:51
Invité

Enfin, ces gens ont avalisé le 15 juillet le programme de François Bayrou. Donc, en quoi sont-ils qualifiés dès lors que François Bayrou... Enfin, ne faites pas tout porter au Premier ministre.

20:02
Olivier Faure

Donc, vous dites bis répétita, mais est-ce que pour vous, c'est un veto d'emblée ? C'est-à-dire, on a déjà vu avec Michel Barnier et François Bayrou, donc cette fois, on ne se lance pas dans l'histoire. On ne soutiendra pas, par exemple, un Gérald Darmanin, c'est ça que vous dites ?

20:13
Invité

Mais ce que je vous dis, c'est que le 15 juillet, je n'ai pas vu un seul de ces ministres démissionner. Dire, je ne mange pas de ce pain-là, je ne veux pas infliger cette peine-là aux Françaises et aux Français, et donc je me retire. Ils sont tous restés, ils sont donc solidaires. Et j'imagine que s'ils ont un peu de continuité, ils nous reproposeront la même chose que François Bayrou. Et les mêmes causes produiront les mêmes effets.

20:36
Olivier Faure

Donc, on ira à nouveau à une censure des socialistes, si Emmanuel Macron choisit quelqu'un du bloc central.

20:40
Invité

Il me paraît évident que des gens qui proposent la même chose que François Bayrou, moi, je n'ai rien contre François Bayrou personnellement. Encore une fois, je ne suis pas là pour sonder les reins et les cœurs. Je veux qu'on puisse arriver à une situation qui donne à la fois de la stabilité au pays, qui rende du poids d'achat aux Français, de la visibilité aux entreprises pour que l'activité puisse reprendre.

Ce que nous proposons, nous, c'est effectivement de mettre près de 20 milliards d'euros sur la table pour relancer l'activité, assumer la transition écologique, faire en sorte que sur le logement, sur les transports, sur l'éducation, sur la santé, on puisse remettre de l'argent et faire en sorte que, aussi, les Français puissent consommer la croissance. Elle vient d'abord de la consommation populaire. Elle a justement rencontré, on disait...

21:24
Olivier Faure

Mais on ne voit pas les compromis, juste pour finir, que vous, vous seriez prêt à faire. C'est-à-dire que c'est tout votre programme ou rien ?

21:30
Invité

Mais vous noterez que, dans ce que nous avons proposé hier, il n'y a absolument pas... On n'est pas sur un programme qui serait le programme que nous pourrions assumer si nous étions majoritaires absolus. 22 milliards d'économies, François Bayrou dit qu'il faut en faire 44 milliards. Ça vient d'où l'écart majeur ? Mais c'est que nous, nous ne prélèveons pas sur les Français. Et donc, du coup, on prélève sur les grandes fortunes, on prélève sur les exonisations de cotisations. Mais pour vous donner un exemple, il y a aujourd'hui 91 milliards d'exonérations de cotisations. 91 milliards. Donc on pourrait dire, effectivement, on reprend tout.

Si nous étions, en fait, dans une forme de programme qui serait un programme de la gauche radicale, etc., on peut dire, on reprend tout. Nous, on dit là-dessus, on reprend 2,9 milliards. Parce qu'on considère qu'il y a des exonérations de cotisations qui ont leur utilité et qui permettent de préserver l'emploi. 2,9 milliards. Bon, ben voilà, on n'est pas dans une forme de saturation de projet, de gauchistes, etc. Donc il y a la matière, évidemment, à trouver des compromis. Et comme nous gouvernons en 149.3, s'ils ont plus d'intelligence à proposer, qu'ils proposent. Mais pour l'instant, on n'a pas vu. Mais dans votre programme, on voit bien la politique fiscale que vous voulez appliquer.

On voit en revanche moins bien quelles sont les réformes, les économies que vous pourriez faire sur le train de vie de l'État, sur les dépenses sociales. Il n'y en a pas ? Bien sûr que si. On a proposé 5 milliards d'économies sur le train de vie de l'État. Très concrètement ? Ben, ça veut dire que, par exemple, on sait... Alors, je prends un exemple qui n'est pas celui qui rapporte le plus, mais qui est celui, certainement, qui fait le plus parler. Eh bien, les avantages des anciens premiers ministres... C'est peanuts, pardon. C'est... C'est ce que je viens de vous dire.

Mais parce que quand on demande aux Françaises et aux Français en permanence des efforts, il faut en demander à tout le monde et qu'il faut, évidemment, éviter d'avoir des symboles. Je ne suis pas sûr que les Français aient beaucoup apprécié que vous ayez des présidents de chambre, que vous ayez des maires, notamment celui qui aujourd'hui est à Matignon, qui rénove leur bureau pour 40 000 euros. Je sais que ça fait parler parce que tout le monde m'en a parlé pendant les congés.

23:37
Présentateur

Vous, à Matignon, demain, vous renoncez à votre indemnité de premier ministre ?

23:41
Invité

Mais c'est pas... Je n'ai jamais dit qu'il fallait que les premiers ministres ne soient plus payés. Je dis simplement que quand ils ont été premiers ministres... Non, mais par exemple, vous dites qu'il faut donner l'exemple.

23:48
Olivier Faure

Quels efforts vous feriez sur le train de vie des élus, vos premiers ministres ?

23:51
Invité

Mais moi, je suis prêt à reprendre ce que dira le rapport Dozier. S'il y a des avantages qui sont des avantages indus, eh bien, il faudra effectivement avancer. La réalité, c'est qu'autrefois, les parlementaires...

24:02
Olivier Faure

C'est-à-dire qu'on parle, par exemple, de l'enveloppe de frais des députés, des ministres, de la réduire ?

24:08
Invité

Mais non, mais là...

24:08
Olivier Faure

On a du mal à voir ce que vous voulez faire précisément.

24:10
Invité

Non, mais pour tout... Enfin, on verra ce que René Dozier dit. Mais moi, ce que je vous dis...

24:14
Olivier Faure

C'est-à-dire qu'il est chargé de faire un rapport sur François Bayrou.

24:16
Invité

Il y a beaucoup de légendes qui sont obtenues. La réalité, c'est qu'autrefois, les parlementaires, c'est vrai, avaient un régime fiscal qui était différent du régime du commun des mortels. Et donc, nous avions un abattement. C'est-à-dire qu'il y avait 20% de nos revenus qui n'étaient pas imposables. Quand nous étions au pouvoir, quand nous avions la majorité, nous y avons reloncé de nous-mêmes. Et donc, nous avons supprimé cet abattement. Ensuite, sur la réforme... Enfin, sur les retraites, autrefois, les députés avaient la possibilité de surcotiser. Et donc, avec 20 années de mandat, ils avaient l'équivalent de ce que les Français obtiennent au bout de 40 années.

24:49
Présentateur

– Mais ce n'est pas là où on fait 22 milliards d'économistes, comme vous disiez Médic.

24:52
Invité

– Non, ce que je dis, c'est que nous avons déjà renoncé. Ça n'existe plus. Aujourd'hui, nous sommes dans le droit commun. Il n'y a pas d'avantages particuliers pour les députés. Alors maintenant, je vois qu'il existe encore un certain nombre d'effraiements, notamment pour ceux qui ont été premiers ministres, qui ont été présidents de la République, qui, etc. Et donc, c'est vrai qu'au bout de une semaine, durée. Et quand ces gens-là n'ont plus d'activité publique, il n'y a pas de logique à ce qu'ils conservent des avantages, etc. Donc, par exemple, on pourrait y revenir.

Mais ça n'est pas, encore une fois, Ludovic Vigogne, à raison de le rappeler, ça n'est pas ça qui permet de faire des grandes économies.

25:25
Présentateur

– Taxer les entreprises, par exemple, vous dites. C'est une vieille méthode socialiste, on taxe les entreprises. – Mais j'ai dit ça. – On a davantage les grandes entreprises, les plus fortunées.

25:32
Invité

– Mais les gars-femmes… – Est-ce que l'impôt est la seule source ? – Mais les gars-femmes, par exemple, on récupère 800 millions sur les gars-femmes. Ça ne me paraît pas fou. À un moment, vous avez Trump qui vient nous imposer 15% de taxes douanières. Et nous, on devrait dire simplement, ok, ok, alors vous, vous pouvez importer comme vous voulez, mais par contre, nous, on ira avec nos bouteilles de vin, avec nos produits de luxe, avec tout ce qu'on vend outre-Atlantique, on va se prendre…

25:56
Présentateur

– Donc les PME françaises, les entreprises françaises n'ont rien à craindre ?

25:58
Invité

– Les entreprises françaises n'ont rien à craindre. – Vous n'allez pas leur augmenter leur impôt ? – Mais ce que je dis, c'est qu'on va supprimer un certain nombre d'exonérations de cotisations. C'est-à-dire qu'au-delà de 2,5 SMIC, on sait très bien que c'est un effet d'aubaine et que ça ne préserve pas l'emploi. Eh bien là, effectivement… – Prenez pas qu'elle délocalise ? – Délocaliser qui ? Vous pensez qu'on délocalise les ingénieurs comme ça, que les cadres supérieurs et tout ça ?

– Ce n'est pas vrai, en fait, on est là dans une forme de mythe et donc il y a des emplois qui sont délocalisables et qu'il faut préserver et ceux-là, effectivement, continueront à l'être puisque nous ne touchons pas jusqu'à 2,5 SMIC les exos de cotisation. En revanche, au-delà, on peut le faire.

26:36
Présentateur

– Est-ce que vous nous dites ce matin, on n'augmentera pas l'impôt sur le revenu des Français ?

26:40
Invité

– Oui, en fait, aujourd'hui, celui qui a prévu d'augmenter les impôts sur le revenu des Français, c'est François Bayrou. – Vous ne le faites pas ? – Non, je vous rappelle que le gel du barème de l'impôt sur le revenu fait rentrer 380 000 ménages dans l'impôt qui n'y étaient pas encore aujourd'hui. Donc oui, nous préservons les Françaises et les Français et au-delà de ces 380 000 qui rentreraient, nous préservons tous les contribuables qui auraient vu leurs impôts augmenter puisque le gel du barème, c'est l'augmentation de tous les impôts de couloir.

27:07
Olivier Faure

– D'un mot, avec qui vous faites passer ces mesures d'augmentation des impôts sur les plus riches ? Parce que les macronistes, par exemple, n'en veulent pas, la droite n'en veut pas, le RN peut-être ?

27:17
Invité

– Je vous rappelle que la taxe Zuckmann a été adoptée en première lecture à l'Assemblée.

27:20
Olivier Faure

– Oui, avant d'être rejetée au Sénat.

27:22
Invité

– Oui, mais le Sénat n'a pas le dernier mot, vous le savez aussi.

27:24
Olivier Faure

– Oui, mais ça ne résout pas la question de avec qui vous faites passer ces textes ?

27:28
Invité

– Je viens de vous répondre, la taxe Zuckmann a été adoptée et donc je pense que nous pouvons continuer le parcours parlementaire de cette taxe Zuckmann. On reviendra à l'Assemblée après son passage au Sénat puisqu'ils l'ont effectivement rejetée et nous l'adopterons.

27:44
Présentateur

– Olivier Faure, le 8 septembre, le vote sur François Bayrou, c'est finalement le slogan des Insoumis, c'est « le 8 Bayrou parle, le 10 on bloc Macron ». C'est notamment Jean-Luc Mélenchon qui appelle à une grande grève générale le 10. Est-ce que vous vous joignez ou non à cet appel à la grève générale le 10 septembre prochain ?

28:03
Invité

– Mais moi je me joins à… enfin la grève, c'est du domaine social, c'est du domaine des syndicats. – Mais est-ce que vous la souhaitez ? – Et donc les syndicats se sont retrouvés intersyndical, tous les syndicats, et ils ont appelé à un mouvement le 18.

Et donc j'appelle effectivement à l'instar des organisations syndicales à ce que le 18 soit une grande journée de mobilisation et qu'elle permette de faire entendre la voix des Françaises et des Français et qu'elle permette de créer un rapport de force avec le chef de l'État aussi pour qu'il entende et qu'il comprenne qu'il ne va pas pouvoir faire comme s'il avait gagné toutes les élections depuis 2022 parce qu'en réalité, il n'en a gagné aucune. – Donc le 10, vous ne vous y associez pas ? – Et donc il est temps que la démocratie puisse jouer. – Le 10, vous ne vous y associez pas ? – Le 10, j'entendrais, j'écouterais.

Le 10 est plus diffus et plus difficile à saisir puisqu'on ne sait pas très bien qui appelle, on ne sait pas très bien quelles sont les revendications portées. Je soutiens l'idée que les Français qui veulent exprimer leurs aspérations peuvent le faire le 10 et le 18, mais j'écouterais et notre rôle à nous, ce n'est pas de provoquer la grève générale, je viens de le dire, c'est-à-dire le domaine syndical. En revanche, ce que je crois être de notre domaine et de notre responsabilité, c'est d'offrir un débouché politique à ces revendications qui sont portées par les Français. – Donc vous ne reprenez pas le mot d'ordre, bloquons tout ?

– Non, moi je ne suis pas ni gilet jaune, ni syndicaliste, et donc ça ne m'appartient pas. Par contre, la réponse à ce qui sera dit le 10, ça c'est du domaine de la politique, et je souhaite que nous y répondions parce qu'on ne peut pas être comme Emmanuel Macron, sur son Aventin, sur son Olympe, et tel Jupiter, adresser ses foudres aux uns et aux autres, mais ne jamais entendre ce que le commun des mortels a à lui dire.

29:50
Olivier Faure

– Est-ce que vous pensez que ce seront des mouvements massifs le 10 et le 18, portés par les syndicats le 18 ?

29:55
Invité

– Je pense que ce seront des mouvements très importants parce que je vois l'exaspération, la colère, et je sens que les Françaises et les Français ont envie qu'on ne leur réserve pas toujours le même plat. Ils ont déjà dit non, ils ont dit non au moment de l'élection présidentielle elle-même, puisque en 2022, rappelez-vous, Emmanuel Macron est réélu parce qu'il est face à Marine Le Pen, mais alors même qu'il dit « j'ai bien saisi que ce n'était pas moi que vous choisissiez, mais que vous votiez contre Marine Le Pen », et puis un mois plus tard, donc, il n'a pas de majorité absolue, et il se comporte pendant deux ans comme s'il y avait une majorité absolue.

Il est battu aux élections européennes, sa candidate fait à peine 14%, et ensuite, il est celui qui provoque une dissolution au soir du scrutin des européennes, et là, il est encore battu, et il continue à croire qu'il peut diriger ce pays tout seul. Mais non, c'est parce que la crise que nous vivons aujourd'hui, ce n'est pas simplement une crise budgétaire, c'est aussi une crise démocratique, et ce qui inquiète les marchés aujourd'hui. C'est ça aussi. Je vous prends cet exemple.

30:58
Présentateur

Est-ce que votre projet ne va pas inquiéter les marchés d'ailleurs ?

31:00
Invité

Je vous réponds. Qu'est-ce qui inquiète les marchés ? Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, en fait, la France a une dette qui est inférieure à celle des États-Unis. Le pays le plus endetté au monde, ce n'est pas la France, c'est le Japon. Eh bien, le Japon emprunte pour trois fois moins que nous. Pourquoi ? Parce qu'en France, il y a cette espèce de sentiment pour les marchés que nous ne sommes pas fiables, et qu'il n'y a aucune possibilité de se dire que dans un mois, dans deux mois, dans trois mois, les choses seront encore en l'état. Et donc, ça suppose qu'il y ait effectivement une autre méthode. Et j'y insiste, une autre façon de gouverner ce pays. Et c'est ce que nous, nous disons.

Nous disons, pas de 49-3, mais aussi un autre rapport aux partenaires sociaux, un autre rapport aux Françaises et aux Français. Moi, je souhaite que nous puissions entretenir un dialogue constant et faire en sorte que nous puissions répondre au fur et à mesure à ce que les Françaises et les Français ont à nous dire.

31:53
Présentateur

Olivier Faure, face à cette situation et cette crise politique, peut-être cette crise sociale, il y a le leader d'un parti, c'est celui du Rassemblement National, Jordan Bardella. Il voit qu'une seule solution, ce sont des élections. Écoutez-le. Il était notre invité hier sur BFM TV.

32:06
Invité

Nous avons besoin d'une majorité claire, d'un cap clair, et nous avons par définition besoin que le président de la République sorte le pays de l'impasse, assume sa responsabilité, et revienne devant les Français, soit par l'intermédiaire d'une nouvelle dissolution de l'Assemblée Nationale, ou qu'il en tire les conséquences et qu'il démissionne et provoque une nouvelle élection présidentielle.

32:26
Présentateur

Alors, Olivier Faure, est-ce qu'à vos yeux, comme à ceux aussi d'Edouard Philippe, une dissolution, finalement, est inéluctable ?

32:34
Invité

J'essaye de faire en sorte de vous répondre un peu tout à l'heure sur le fait qu'on peut, avec ce que les Français ont décidé, il y a un an, avec ce Parlement, nous pouvons avancer et nous pouvons faire de grandes choses.

32:47
Présentateur

Ça veut dire que vous ne souhaitez pas une dissolution ?

32:49
Invité

Ça veut dire que je n'en suis pas responsable, je n'en ai pas le pouvoir, et donc à un moment, si le président de la République souhaite dissoudre, il dissout, et nous serons prêts, et nous irons aux urnes sans aucun problème.

32:58
Présentateur

Mais est-ce que vous la réclamez ?

32:59
Invité

Mais ce que j'essaye de... Est-ce que vous la réclamez ? Je réclame, en fait, j'aurais quand même, en fait, la possibilité de gouverner. Or... Pas à l'indice solution. Non, mais je... Attendez, je... Enfin, c'est... Vous avez vu le sondage qui est paru ce matin. On va absolument...

33:14
Présentateur

Un sondage, effectivement, on peut l'afficher tout de suite.

33:16
Invité

Et donc, que dit ce sondage ?

33:17
Présentateur

En cas de dissolution, le Rassemblement National arriverait largement en tête. Sondage Elab réalisé pour BFM TV, la tribune dimanche, on le voit, 31%, un peu plus de 31% pour le RN et son allié Eric Ciotti. Dans le cadre d'une gauche qui serait unie éventuellement, on va se poser la question dans une seconde, avec la France insoumise, un peu plus de 23% des voix, 14% pour la coalition Ensemble qui soutient Emmanuel Macron, 12% aucune intention de vote, un peu plus de 10,5% pour les Républicains.

33:44
Invité

Voilà. Et donc, ça dit quoi ? Ça dit que, en fait, le Parlement qui serait issu d'un nouveau vote ne donnerait pas de majorité absolue à quiconque, vraisemblablement. Et donc, à quoi cela servirait-il de reconvoquer les Françaises et les Français à ce stade pour obtenir un résultat qui serait peu ou prou le même que celui d'aujourd'hui et donc qui nous conduirait à nous reposer les mêmes questions alors que la façon de sortir de l'impasse, c'est un moment de comprendre ce qu'ont dit les Français. Ils n'ont pas voulu donner une majorité absolue à qui que ce soit. C'est un fait, je le regrette pour ma part.

Je préférerais qu'ils disent voilà, je suis prêt à donner une majorité large à la gauche et aux écologistes et permettre de dérouler tout mon programme. Mais puisque ce n'est pas le cas et puisque ce n'est pas ce qu'ils nous ont dit et que je suis un démocrate, je prends les choses telles qu'elles sont et je dis bon ben voilà, on a un Parlement qui est composé comme il est composé, eh bien, il faut un gouvernement de gauche parce que c'est la gauche qui est arrivée en tête l'année dernière et donc ce gouvernement proposera un certain nombre de solutions et ensuite le Parlement disposera. C'est assez simple à comprendre et ça permet aussi de faire fonctionner nos institutions.

Si le Parlement refusait le taxe Zuckmann, je dirais je l'ai proposé et c'est le Parlement qui l'a refusé. J'aimerais bien que le Parlement il y a une majorité pour ça donc je suis très content mais encore faut-il qu'on ait la possibilité d'aller gouverner. Malgré tout, si l'impasse politique se confirmait, si Emmanuel Macron était contraint de dissoudre de nouveau l'Assemblée nationale, est-ce que vous appelleriez de vos voeux en cas de législative anticipée des candidatures communes de toute la gauche donc y compris avec LFI ?

Mais moi mon baromètre si vous voulez enfin en tout cas ma boussole c'est d'éviter à la France le drame de l'extrême droite et ne croyez pas et je parle là aux Françaises et aux Français qui s'imaginent que l'extrême droite au pouvoir c'est du pouvoir d'achat supplémentaire regardez aujourd'hui ce qui se passe aux Etats-Unis ce qui se passe en Argentine regardez ce que fait la droite quand elle est au pouvoir ou l'extrême droite quand elle est au pouvoir c'est Macron en pire donc si vous voulez Macron en pire votez pour Jordan Bardella et pour Marine Le Pen moi ce que je veux c'est donc éviter ce drame au pays et donc à chaque fois qu'il y aura une menace dans une circonscription de voir l'extrême droite l'emporter effectivement je souhaite que toute la gauche puisse se réunir et je souhaite que nous puissions éviter cela

36:07
Présentateur

ça veut dire potentiellement un accord de candidature unique à gauche dès le premier tour

36:13
Invité

ça veut dire j'en sais non mais c'est ce que vous souhaitez moi ce que je souhaite c'est que l'extrême droite ne puisse jamais l'emporter parce que je sais aussi que la menace elle existe et donc on va pas se cacher les yeux et je ne veux pas être un jour responsable du fait que par mon irresponsabilité justement et bien l'extrême droite c'est arrivé au pouvoir je ne lui déroulerai jamais le tapis rouge

36:37
Olivier Faure

les idées comptent aussi et vous ne pensez pas qu'une bonne partie des électeurs de gauche peut être choquée par le fait que vous disiez d'accord à nouveau pour des candidatures communes avec la France insoumise alors que vous avez passé des mois à être en désaccord sur le fond sur plusieurs idées à vous battre sur des propos jugés antisémites parfois de la France insoumise Olivier Mélenchon parle de vous comme d'un traître qui travaille avec le bloc central et la majorité et néanmoins vous êtes prêts à travailler ensemble

37:04
Invité

c'est quand même difficile

37:06
Olivier Faure

à entendre pour une partie de la gauche

37:07
Invité

je viens de vous dire en fait d'abord si vous voulez savoir quel est l'état de mes relations avec Jean-Luc Mélenchon je n'ai aucun contact avec lui depuis plus de deux ans donc je ne peux pas vous dire mieux

37:16
Olivier Faure

et donc c'est juste par opportunisme électoral

37:18
Invité

c'est pas par opportunisme c'est qu'à un moment il faut aussi faire des choix et le choix que je fais c'est que face à une menace qui est celle de l'extrême droite jamais je ne laisserai s'installer l'extrême droite c'est tout et après ça ne veut pas dire que nous avons le même projet ça ne veut pas dire que je viens de vous dire on a passé une demi-heure ensemble où je vous ai expliqué ce que je faisais quel serait le gouvernement auquel nous participerions si nous devions être appelés à Matignon je viens de vous expliquer comment nous voulions organiser le débat à l'intérieur de l'Assemblée ça n'est pas du tout ce que dit Jean-Luc Mélenchon et donc si vous voulez prendre les désaccords que nous avons je viens de l'entendre il y a quelques jours expliquer qu'il fallait que Zelensky parte pour qu'il y ait enfin une chance pour la paix et bien ça m'a choqué et heurté parce que évidemment Zelensky n'est pas responsable aujourd'hui de la situation le seul responsable c'est Poutine et son régime

38:08
Présentateur

et donc il n'y a pas d'accord

38:10
Invité

sur ce point-là non plus et c'est lui dans ce moment-là et c'est lui en ce moment-là qui trahit en fait ce qu'a été le nouveau front populaire parce que dans le programme du nouveau front populaire il était écrit noir sur blanc qu'il y avait un agresseur et un agressé et que nous voulions rétablir l'Ukraine dans son intégrité territoriale et donc à un moment effectivement je pense que il y a des gens qui se sont affranchis de ce programme du front populaire et moi ce n'est pas mon cas vous dites vous dites Jean-Luc Mélenchon trahit le programme du nouveau front populaire mais sur ce plan-là bien sûr effectivement

38:45
Olivier Faure

mais est-ce que cette fois il y aurait à nouveau un programme commun si vous vous engagez sur des candidatures communes à des législatives anticipées mais nous n'en sommes pas là

38:51
Invité

moi je ne veux pas passer l'émission il ne peut pas y avoir des candidatures sans programme commun à parler d'une distribution dont personne ne sait si un interviendra et de toute façon je vous ai dit que moi j'étais venu pour me battre pour qu'on ait un gouvernement incohérent sur le fond pour ceux qui nous écoutent et qu'il puisse agir dès maintenant comme disait Victor Hugo aimer c'est agir

39:09
Olivier Faure

oui mais ça reste incohérent

39:11
Invité

Ludovic mais ce n'est pas du tout incohérent je viens de vous expliquer que nous avons un parlement et que si on devait dissoudre on aurait un parlement qui ressemblerait à celui-là donc je vous dis je ne veux pas je ne suis pas partisan d'une dissolution je suis partisan de solutions immédiates maintenant qui permettent aux françaises et aux français de gagner en pouvoir d'achat 19 milliards d'euros sur la relance de l'investissement qui permet d'assumer la transition écologique et qui permet de faire des gains de pouvoir d'achat immédiat pour près de la moitié des françaises et des françaises c'est quand même fou juste un point

39:43
Présentateur

pour qu'on comprenne très bien ce que vous nous avez dit c'est en cas de blocage s'il y avait des législatives anticipées vous souhaitez un accord de candidature commune notamment avec la France insoumise dès le premier tour oui ou non ?

39:57
Invité

notamment avec la France insoumise j'ai dit avec la gauche et les écologistes et à chaque fois qu'il y a une menace de victoire de l'extrême droite et bien faire en sorte qu'il y ait peut-être effectivement un candidat commun mais tout ça est de la politique fiction parce qu'il n'y a pas de dissolution parce que nous n'avons pas engagé de négociation et parce que pour l'instant la seule chose que je vous dis à ce micro ce matin c'est que moi je souhaite des solutions immédiates pour les françaises votre position néanmoins ne fait pas l'unanimité au sein de votre parti du parti socialiste certains de vos camarades considèrent que le LFI ne peut plus être un partenaire électoral oui c'est vrai vous assumez cette différence ?

j'assume le fait qu'il y ait parfois des désaccords entre nous y compris parmi des gens qui me sont très proches mais je vous dis les choses telles qu'elles sont moi je n'assumerai jamais je ne pourrai plus jamais me regarder dans un miroir si j'ai moi-même indirectement participé à l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir parce que je vois ce qui se passe non seulement en France mais dans le monde et d'abord en Europe aujourd'hui vous avez la Hongrie vous avez l'Italie mais qui est arrivé en tête aux élections présidentielles en Autriche ?

c'est l'extrême droite je vois ce qui se passe en Allemagne il y a quelques jours il y a eu un sondage qui a été réalisé vous avez en Allemagne l'AFD qui est l'extrême droite qui est le partenaire de Marine Le Pen qui est arrivé au même niveau que le parti qui est au pouvoir actuellement la CDU CSO et donc vous avez là aujourd'hui une menace qui existe elle existe en Espagne elle existe au Portugal elle existe partout et donc vous voulez que la France qui est le pays qui s'enorgueillit d'être le pays des droits humains qui a jeté à la face du monde des droits universelles vous voulez que ce pays là il bascule à l'extrême droite vous voulez vraiment ça vous voulez vraiment qu'on puisse dire que demain l'Europe est en train de basculer toute entière mais qu'est-ce qui se passe si toute l'Europe bascule à l'extrême droite est-ce que vous en savez vous-même l'issue moi je n'en sais rien ce que je vois c'est que évidemment on nous dira ils ne vont pas rétablir des camps mais enfin je vois bien qui sont les partenaires de Marine Le Pen partout en Europe je vois ce qu'ils disent je vois Mathéo Salvini je vois ce que dit la FD

41:58
Olivier Faure

mais le RN dit que c'est ce type d'arrangement électoraux qui précisément les fait progresser parce que les français perdent foi en la politique

42:04
Présentateur

d'ailleurs Amandine je vous interromps juste Olivier Faure regardez justement ce résultat aussi de ce sondage toujours Elab publié par la Tribune dimanche et pour BFM TV ce matin justement sur cette question du front républicain où on voit qu'une majorité de français désormais ne veut plus de front républicain 56% des français interrogés dans cette étude réalisée par notre partenaire Elab explique qu'il ne souhaite plus qu'on fasse barrage à un candidat du rassemblement national au second tour 46% le souhaitent toujours 53% non 46% oui quelle serait l'attitude on l'a entendu du parti saliste ça vous inquiète

42:40
Invité

quand vous voyez ça ? Bien sûr c'est pour ça que la menace elle est réelle aujourd'hui parce qu'on voit bien qu'il y a une baisse en fait de ce qu'on a appelé le front républicain mais pourquoi il y a une baisse du front républicain ? Interrogeons-nous pourquoi il y a une baisse du front républicain ? Parce que quand les électeurs électrices de gauche qui sont venus supporter en fait à plusieurs reprises qui sont venus voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen qui sont venus porter leur voix dans un second tour souvent pour aller sauver un candidat de renaissance même parfois de l'air qui n'avait même pas appelé au front républicain qu'est-ce qu'ils ont vu ?

Ils ont vu que au lendemain du vote qu'il y avait porté en tête la gauche c'est la droite qui a gouverné et que la droite elle a continué à faire comme c'était majoritaire absolu alors comment voulez-vous qu'on puisse dire aux gens mais venez à chaque fois venez porter vos voix sur la droite et vous éviterez l'extrême droite et ils voient ensuite qu'il y a Bruno Rutaillot au gouvernement que Bruno Rutaillot a un discours qui est tellement proche de celui de l'extrême droite qu'il se demande parfois s'il ne se confonde pas alors évidemment que c'est compliqué ensuite pour tous ces gens-là de voter et c'est pour ça que je vous dis aussi que la menace elle est très réelle et c'est la raison pour laquelle moi je ne ferai tout ce que je peux tout au long de mon existence politique et toute ma vie comme citoyen je ferai tout ce que je peux pour que l'extrême droite ne soit jamais au pouvoir point barre et donc la France insoumise reste un partenaire électoral ça peut être dans un certain nombre de circonscriptions un partenaire électoral évidemment

44:05
Présentateur

Ludovic

44:06
Invité

Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu'il allait de nouveau demander déposer sur le bureau de l'Assemblée nationale une procédure de destitution d'Emmanuel Macron du chef de l'État est-ce que vous allez vous y associer est-ce que vous pourriez la soutenir ? Non Pourquoi ?

Non parce que ce n'est pas la bonne formule et la destitution c'est normalement il faut des actes de haute trahison du chef de l'État pour l'utiliser et puis d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon sait très bien lui-même qu'il n'a absolument aucune capacité il n'a aucune capacité à obtenir une majorité dans les deux chambres pour obtenir la destitution donc c'est purement une communication donc c'est une opération qui a déjà échoué l'an passé qui va rééchouer cette année bon très bien en fait c'est en fait pour que vous puissiez vous-même en faire écho que vous puissiez la reprendre que dans toutes les interviews on puisse dire est-ce que vous êtes contre la destitution du chef de l'État le chef de l'État en réalité la seule façon qu'il parte c'est qu'il démissionne et ça n'appartient qu'à lui donc voilà ce serait une solution à la crise politique que nous connaissons la démission d'Emmanuel Macron je ne sais pas ce serait une solution en tout cas ce serait une possibilité ensuite d'avoir un scrutin et un président de la République ou une présidente de la République qui serait élu derrière qui peut-être obtiendrait une majorité derrière peut-être

45:22
Olivier Faure

vous pensez que c'est une possibilité connaissant Emmanuel Macron vous l'avez quand même vous lui parlez de temps en temps vous pensez que c'est une possibilité le départ du chef de l'État non parce que lui il exclut et donc vous respectez aujourd'hui ce choix qui est le sien il redit qu'il restera jusqu'au dernier jour de son moment

45:38
Invité

je respecte ce choix et un président de la République qui se limiterait à ce qu'on appelle le domaine partagé et qui accepterait de rentrer en coopération avec la gauche ça me va moi je supporterais volontiers le président de la République quand le 21 septembre il ira devant l'ONU et qu'il appellera enfin à ce que la France et d'autres États puissent reconnaître un État palestinien donc sur ce plan là je n'ai aucun problème avec le chef de l'État si il est prêt en plus à ajouter à cela le fait qu'il y ait des sanctions immédiates contre le gouvernement Netanyahou pour permettre d'éviter ce que nous connaissons aujourd'hui c'est-à-dire un génocide qui se déroule sous nos yeux et auquel nous participons par la livraison d'armes par le maintien de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël effectivement là nous pouvons avancer ensemble il y a des tas de sujets sur lesquels nous pouvons avancer ensemble et nous demanderons ensemble à ce que dans cet État palestinien on puisse désarmer complètement le Hamas que nous puissions obtenir le retour des otages parce que tout ça me paraît être de l'ordre de ce qui peut être consensuel entre nous

46:45
Présentateur

vous dites que c'est effectivement de la décision de la responsabilité du chef de l'État éventuellement de prendre la décision de démissionner mais est-ce que vous politiquement vous souhaitez la démission du président de la République

46:57
Invité

non je ne sais pas en fait je vois bien que nous sommes dans une crise politique qu'il faut résoudre et qu'il faut d'abord rétablir une confiance dans nos institutions montrer qu'elle fonctionne et même s'il faudra évidemment lors de la prochaine présidentielle s'interroger sur l'évolution que nous devons provoquer de la Ve République mais dans l'attente je souhaiterais effectivement plutôt que nous puissions avoir une cohabitation et que nous puissions avancer Quelle part de responsabilité vous reconnaissez porter dans cette crise politique on voit bien ce matin dans le sondage et là BFM la trimite dimanche une grande part des français considère que tout le monde est responsable que tous les partis sont responsables de la crise dans laquelle nous sommes bien plus qu'Emmanuel Macron bien plus que François Bayrou mais moi je veux bien assumer toute la responsabilité mais vous allez m'expliquer vous en quoi nous sommes responsables de la crise actuelle nous avons remporté l'élection il y a un an nous avons censuré Michel Barnier mais nous avons accepté de ne pas censurer François Bayrou au nom d'un accord de non pas de non censure mais d'un accord sur le budget et surtout sur la possibilité de revenir sur la réforme borne sur les retraites nous avons joué le jeu à chaque étape nous n'avons pas cherché à bloquer le pays nous avons cherché au contraire à trouver des solutions donc pardon mais enfin ce matin je ne me sens pas tellement responsable de la situation d'une crise politique dans laquelle nous sommes et vous serez un meilleur

48:24
Olivier Faure

négociateur Olivier Faure que Michel Barnier ou François Bayrou

48:27
Invité

j'espère parce que ce n'est pas difficile de faire mieux pardon mais enfin des gens qui ne parlent avec personne la configuration de l'Assemblée fait que les choses sont assez difficiles pardon mais je vous le dis mais enfin ils ont cherché à faire comme s'ils avaient une majorité absolue et à plier leur à plier leur rétracteur locuteur considérant que parce que nous aurions peur de la dissolution nous serions prêts à accepter n'importe quoi et bien je vous le dis et je vous le redis moi je n'ai peur de rien si ce n'est du jugement des Français

48:52
Présentateur

Merci beaucoup Olivier Faure d'avoir été notre invité je rappelle vous nous avez annoncé que la décision des socialistes de ne pas voter la confiance à François Bayrou était irrévocable vous savez qu'il n'a plus qu'une chose à dire je cite c'est au revoir on verra si c'est ce qu'il dit ce soir dans l'interview qu'il donnera depuis Matignon notamment à Marc Fauvel c'est à suivre ce soir à 18h sur BFM TV

Démission d'Emmanuel Macron, François Bayrou, budget... L'interview en intégralité d'Olivier Faure — Olivier Faure · Pourquijevote