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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 9 novembre 2015 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsLogementTransportsEurope & international

Pierre Laurent

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous distingue ?

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Donc c'est le rapport aux politiques du gouvernement qui vous sépare ?

  • 1:16RelanceRéponse partielle

    Oui, vous l'avez obtenu, mais c'est l'exécutif dirigé par Jean-Paul Huchon, socialiste, avec les Verts qui l'ont mise en œuvre.

  • 2:03RelanceRéponse directe

    Donc c'était quoi, une opposition constructive ?

  • 2:12RelanceRéponse directe

    Oui, mais la question c'est de savoir si vous êtes dans l'opposition ou dans la majorité quand la gauche est aux manettes.

  • 2:54OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui s'oppose à ce que vous gouverniez à l'avenir, la région, ensemble ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueFait
    « les politiques sociales et les politiques de solidarité que nous voulons conduire dans la région, nous pensons qu'elles passent par la remise en cause des politiques d'austérité gouvernementale. »
  • 0:31Invité politiqueFait
    « Nous avons besoin d'une politique d'investissement public massif dans les transports, dans le logement et dans beaucoup d'autres, dans les politiques culturelles, les politiques éducatives. »
  • 1:08Invité politiqueFait
    « il a fallu faire voter au Parlement une loi qui a augmenté le versement de transports des entreprises, alors que tout le monde au gouvernement nous disait au départ que c'était parfaitement impossible. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « Nous avons mis cinq ans à obtenir sa mise en œuvre, et c'est gagné aujourd'hui, parce qu'il y avait dans la majorité des élus qui étaient déterminés à ne rien lâcher. »
  • 3:12Invité politiqueChiffre
    « 100 000 logements en Île-de-France par an, dont 50 000 logements sociaux. »
  • 4:47Invité politiqueFait
    « le Premier ministre enterré courageusement, d'ailleurs à Sciences Po, où il n'a pas été l'annoncé à la Courneuve ou ailleurs, qu'on renoncerait définitivement au droit de vote des étrangers »
  • 6:20Invité politiqueFait
    « Je ne pense pas que nous puissions aller aux élections, aux échéances politiques de 2017 derrière François Hollande. »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « Il faut donc construire, et encore pire, derrière Manuel Valls. »
  • 8:19Invité politiqueFait
    « Le Portugal, c'est une excellente nouvelle parce que c'est un nouveau pays en Europe qui tente une rupture avec l'austérité. »

Temps de parole

  • Pierre Laurent73 %
  • Présentateur27 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour Pierre Laurent. Bonjour. Vous dirigez le Parti Communiste et vous conduisez en Ile-de-France la liste du Front de Gauche, concurrentes à gauche, celle de Claude Bartholone pour le PS, d'Emmanuel Kos pour Europe Écologie Les Verts et de Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière. Qu'est-ce qui vous distingue ?

0:20
Pierre Laurent

Surtout le fait que les politiques sociales et les politiques de solidarité que nous voulons conduire dans la région, nous pensons qu'elles passent par la remise en cause des politiques d'austérité gouvernementale. Nous avons besoin d'une politique d'investissement public massif dans les transports, dans le logement et dans beaucoup d'autres, dans les politiques culturelles, les politiques éducatives.

0:42
Présentateur

Donc c'est le rapport aux politiques du gouvernement qui vous sépare ?

0:46
Pierre Laurent

Oui, c'est la détermination à mener des politiques sociales dans la région, mais en mettant ça en cohérence avec l'exigence que ce soit la même chose au plan national. Et d'ailleurs, on voit que, par exemple, pour réaliser la zone unique pour les transports en Ile-de-France, que nous avons finalement obtenu, il a fallu faire voter au Parlement une loi qui a augmenté le versement de transports des entreprises, alors que tout le monde au gouvernement nous disait au départ que c'était parfaitement impossible. Et nous l'avons obtenu.

1:16
Présentateur

Oui, vous l'avez obtenu, mais c'est l'exécutif dirigé par Jean-Paul Huchon, socialiste, avec les Verts qui détiennent plusieurs vice-présidences, les écolos, qui l'ont mise en œuvre. Effectivement, c'est une idée, on dit souvent que c'est une idée d'Europe Écologie-Les Verts. Apparemment, la paternité, c'est de votre côté, elle est communiste, c'est une idée des élus communistes.

1:37
Pierre Laurent

Mais nous l'avons mis en œuvre ensemble, mais heureusement que des élus du Front de Gauche et les élus communistes ont pendant cinq ans décidé de ne jamais lâcher sur cette question. Au début, je conduisais la liste il y a cinq ans, c'était ma proposition numéro un. Nous avons mis cinq ans à obtenir sa mise en œuvre, et c'est gagné aujourd'hui, parce qu'il y avait dans la majorité des élus qui étaient déterminés à ne rien lâcher. Donc c'était quoi, une opposition constructive ? Mais nous sommes toujours constructifs, même quand nous sommes opposés à une politique, c'est toujours pour en proposer une autre.

2:12
Présentateur

Oui, mais la question c'est de savoir si vous êtes dans l'opposition ou dans la majorité quand la gauche, enfin, quand le Parti Socialiste et ses alliés sont aux manettes.

2:19
Pierre Laurent

Mais cette fois-ci, là, on va vers des élections régionales. On parle du mandat précédent, on va vers des élections régionales. Moi, je souhaite une majorité qui soit une majorité qui va empêcher Pécresse de prendre en main la région, parce que je sais les politiques destructrices qu'elle mettrait en œuvre en Ile-de-France. Nous l'avons eu en face de nous au Conseil régional pendant cinq ans. Et par ailleurs, je pense que si on veut avoir la garantie que cette majorité mène dans la durée des politiques audacieuses à gauche, il vaut mieux que ma liste soit très haute au premier tour. Et c'est pour ça que je me bats.

2:54
Présentateur

Qu'est-ce qui s'oppose à ce que vous gouverniez à l'avenir, la région, ensemble ?

2:58
Pierre Laurent

Avec Claude Bartholone. Il faut des engagements sur des politiques en matière de logements. Nous, nous proposons de construire, et c'est d'ailleurs tous les spécialistes disent que c'est ce qui est nécessaire, 100 000 logements en Ile-de-France par an, dont 50 000 logements sociaux. Il faut donc des financements pour ça. Il en faut de la région, mais ça ne suffira pas. Il faut donc obtenir de l'État des engagements extrêmement importants. De la même manière, il faut, en matière de transport, continuer l'effort.

On a arraché des choses dans le mandat précédent, mais il en faut beaucoup plus, parce qu'on sait qu'en matière de transport, comme en matière de logement, si on ne change pas d'échelle dans les politiques publiques, on va vers des très gros problèmes en Ile-de-France. Je pense que nous pouvons obtenir tout ça, mais ça se joue dans les rapports de force du premier tour. C'est-à-dire, est-ce que les forces, la liste que je porte, avec les propositions qui sont les siennes, sera suffisamment haute pour garantir ces politiques, pour battre la droite et garantir ces politiques ?

3:57
Présentateur

Vous pouvez obtenir tout ça, dites-vous, et donc imaginer un gouvernement en commun de cette région Ile-de-France, mais ce n'est pas du tout l'idée du parti de gauche qui est avec vous sur cette même liste, sur ces listes en Ile-de-France, qui pensent qu'il y a une incohérence absolue à s'opposer à la politique gouvernementale et à participer à des exécutifs régionaux locaux.

4:23
Pierre Laurent

Je comprends parfaitement que dans les gens qui exigent, comme moi, ces politiques-là, il y ait un débat sur ça, compte tenu de l'état de la politique gouvernementale actuelle.

Quand j'entends encore, il y a quelques jours, et en Ile-de-France, c'est un sujet très sensible, le Premier ministre enterré courageusement, d'ailleurs à Sciences Po, où il n'a pas été l'annoncé à la Courneuve ou ailleurs, qu'on renoncerait définitivement au droit de vote des étrangers, alors que dans cette région, il y a des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers de familles qui concourent au développement de la richesse de cette région et qui devraient avoir le droit à la parole singulièrement dans les élections locales, je pense qu'effectivement, ça crée un sentiment de malaise très important.

Mais je pense que si nous sommes suffisamment haut, c'est pour ça que c'est ça pour moi la condition, eh bien, nous serons capables d'obtenir ces politiques de changement dans la région.

5:20
Présentateur

Vous avez participé hier, Pierre Laurent, au lancement d'un mouvement commun aux côtés de Cécile Duflo, de députés frondeurs, comme on dit, du Parti Socialiste, comme Pourria Amir Chahi, Laurent Bommel ou Pascal Cherki. Pourquoi faire ?

5:37
Pierre Laurent

Parce que, moi, j'ai voulu signer, c'est une initiative du député socialiste Pourria Amir Chahi qui a été à l'origine de cette idée et qui veut renouveler l'engagement politique avec ce mouvement. Moi, j'ai envie d'encourager toutes les initiatives qui seront capables de construire un nouveau projet à gauche et de reconstruire l'engagement populaire dans ce nouveau projet. Et il va y avoir probablement pas une seule initiative, celle-là, mais plusieurs. Moi, j'ai envie de les encourager et de les aider à converger.

Parce que je pense que la question qui va se poser, qui se posera de manière extrêmement forte dans les mois qui viennent, c'est de créer les conditions de faire émerger un nouveau progrès à gauche. Je ne pense pas que nous puissions aller aux élections, aux échéances politiques de 2017 derrière François Hollande. Il faut donc construire, et encore pire, derrière Manuel Valls. Donc je pense qu'il faut construire une autre réponse à gauche. Et tout ce qui peut participer de ce mouvement-là, j'ai envie de l'encourager. C'est pour ça que j'ai signé l'appel du mouvement commun de Pourria.

6:42
Présentateur

Une alternative à François Hollande ou à Manuel Valls qui s'appuierait sur une partie du Parti Socialiste ?

6:47
Pierre Laurent

Bien sûr. Je pense qu'aujourd'hui, il y a des forces très nombreuses à gauche, et je crois majoritaires au fond, qui n'ont pas envie d'aller à la défaite derrière une politique dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. Et il faut travailler à faire converger ces forces pour créer une possibilité à gauche qui soit une possibilité de vraie victoire face à la droite et à l'extrême droite. Donc ce mouvement commun, il va vivre sous quelle forme ? Il peut y contribuer. Écoutez, moi je ne suis pas un des responsables du mouvement commun. J'ai signé l'appel pour encourager cette initiative parmi d'autres.

Mais je suis certain que s'il permet à des gens qui aujourd'hui ont tendance un peu à se dégoûter de l'état de la politique nationale et de la politique gouvernementale, à se réengager pour un nouveau projet, eh bien ce sera une initiative utile.

7:41
Présentateur

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste et tête des listes. Front de Gauche en Ile-de-France. On vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs. Et puis on va aborder dans la revue de presse un sujet qui fait la une de l'UMA ce matin. C'est la gauche plurielle dont vous paraissez nostalgique qui se reconstitue au Portugal. Vous êtes nostalgique de la gauche plurielle en France ? On va parler du Portugal un peu plus tard.

8:06
Pierre Laurent

Je ne suis pas nostalgique de la gauche plurielle. On ne reproduira pas cette expérience-là. J'ai envie de créer les conditions d'une nouvelle expérience de gauche qui ne ressemble pas à celle qu'on vient de vivre depuis 2012. Mais le Portugal, c'est une excellente nouvelle parce que c'est un nouveau pays en Europe qui tente une rupture avec l'austérité.

8:26
Présentateur

On y vient tout de suite. Il est 8h30.