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interviewyoutube.com· 11 mai 2026 43 min

Entretien #2 : crise généralisée et ensauvagement, avec Jordan Bardella (RN)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Ça c'est une lecture très techno parce que les français n'ont pas besoin de ces statistiques ethniques pour se rendre compte de la réalité. Ils n'ont pas besoin de ces statistiques ethniques pour se rendre compte que dans un certain nombre de quartiers, aujourd'hui le fondamentalisme islamiste il est en train de s'imposer et que les gens qui étaient là avant sont contraints de partir de ces quartiers. Ce qui m'importe aujourd'hui c'est qu'on aille reconquérir tous ces territoires perdus et qu'on aille aujourd'hui réappliquer les lois de la République dans des quartiers que la République a totalement abandonnés.

Je ne dirais même pas des zones de non-droit parce que des zones de non-droit voudraient dire que ce sont des zones anarchiques. Si ce sont des zones de droit mais des zones d'un autre droit qui s'applique, celui des caïds, celui des mafias et celui des islamistes. Lorsque Marine Le Pen s'était exprimée massivement en janvier dans les médias pour demander le contrôle aux frontières, la fermeture des frontières et des liaisons aériennes avec des pays qui étaient des pays foyers de l'épidémie, tout le monde s'est moqué d'elle. Le gouvernement a traité cette proposition avec mépris.

Le chef de l'État lui-même a expliqué que c'était du repli nationaliste pour quelques semaines plus tard en réalité dire que il fallait contrôler. Mais nos frontières, donc beaucoup de nos compatriotes ont eu un peu le sentiment qu'on s'est moqué d'eux, qu'on les a un peu pris pour des cons, pardonnez-moi l'expression. C'est vrai aussi sur les masques, c'est vrai sur les frontières. Début février à l'Assemblée nationale, lorsque Marine a alerté le Parlement et le gouvernement à l'Assemblée nationale sur les quantités, sur l'état de nos stocks de masques, de tests, de médicaments que nous avions, que nous n'avions pas.

Pour le coup, la ministre de la Santé, Buzyn, à l'époque avait expliqué qu'il n'y avait aucun problème. Pour ensuite expliquer quelques semaines plus tard. Dans un entretien au Monde, qu'elle savait pertinemment que le tsunami viendrait et qu'au plus haut sommet de l'État, on savait que cette épidémie allait évidemment arriver de manière massive. Donc ne refaisons pas de grâce les mêmes erreurs que nous avons faits dans le passé. Et ce livre noir, c'était aussi un moyen évidemment de réfléchir sur les pistes, sur des propositions nouvelles. Propositions que nous avions beaucoup faites durant cette crise.

On a beaucoup proposé de mesures durant cette épidémie pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise. Et le mot d'ordre de ce bouquin, c'est vraiment plus jamais ça.

1:58
Jordan Bardella

Justement, une des mesures que vous évitez des masques. Est-ce que les finances de l'État peuvent-elles le permettre tout simplement ?

2:06
Présentateur

Pendant pas mal d'années, notamment pendant le mouvement des Gilets jaunes, on nous expliquait qu'il n'y avait pas d'argent magique, que le budget de l'État était très serré. Et on a vu là qu'en quelques semaines, qu'en quelques mois, on a pu débloquer des dizaines et des dizaines de milliards d'euros. Que ce soit sur le plan national ou également sur le plan européen, on y reviendra peut-être. Mais on se rend compte que les masques, alors on avait soutenu le plafonnement des prix des masques. C'est évidemment une bonne mesure qui a été prise pour le coup par le gouvernement, que nous avons soutenue, que nous avons préconisé dès le départ.

Il y a des associations de consommateurs qui ont fait des études, des tests. Et se sont aperçus que pour une famille de 4 personnes, le coût des masques peut aller jusqu'à 200 euros à la fin du mois. Donc c'est évidemment un budget qui est considérable. Donc nous, on prône évidemment sa prise en charge, sa gratuité d'abord. Et sa prise en charge par la sécurité sociale, de manière à permettre à tous les Français de pouvoir se protéger. Je dirais à bas coût.

3:00
Jordan Bardella

Concernant le confinement.

3:02
Présentateur

Oui.

3:02
Jordan Bardella

Votre parti a été assez critique là-dessus. Est-ce que pour vous, c'était vraiment une nécessité de confiner ? Ou alors est-ce que c'était un moindre mal ?

3:11
Présentateur

C'est-à-dire qu'on a été... En fait, je ne dirais pas qu'on a été... En fait, ce n'est pas qu'on a été critique. On a dit que le confinement, de manière généralisée, c'est-à-dire appliqué à l'ensemble de la population, contrairement à ce qu'a fait l'Allemagne, par exemple, qui a décidé de cibler le confinement, c'était un peu la stratégie de ceux qui n'en avaient pas. En fait, on en est venu à confiner justement parce qu'on a manqué tout et qu'on n'avait rien anticipé. Et si le gouvernement...

Le gouvernement décide, à un moment donné, le confinement, qu'on a évidemment appuyé, parce que, je veux dire, quand on arrive à un tel niveau d'impréparation, d'absence d'anticipation, où on n'a pas de masque, où on n'a pas de test, où la quantité de tests, du moins en circulation, était dérisoire, où on manque de tout, où on va jusqu'à manquer de médicaments, parce qu'on a fait le choix politique, et ça aussi, c'est imputable à Emmanuel Macron d'avoir délocalisé une grande partie des productions de médicaments, à un moment donné, pour, je dirais, faire souffler un peu l'hôpital français, faire souffler le personnel soignant et enrayer la progression de l'épidémie, on a pu...

d'autres choix que de confiner. Il y a beaucoup de Français qui ont pu vivre aussi ce qui s'est passé pendant le confinement comme une injustice. C'est-à-dire que les Français ont eu un confinement extrêmement strict, extrêmement dur. On se souvient qu'il y a un certain nombre de nos compatriotes qui ont été verbalisés. On a vu des Français aller rendre visite, par exemple, à leur maman, à leur papa, qui était malade dans un EHPAD, se prendre 135 euros d'amende. Et en même temps, on a vu, lors du déconfinement, des matchs de foot sauvage géants organisés. On a vu...

une tolérance qui a été plus ou moins accordée dans un certain nombre de quartiers et de banlieues, justement parce qu'on avait peur des débordements et que, là encore, on a cherché à acheter la paix sociale. Donc, c'est vrai que ce deux poids, deux mesures dans l'application du confinement et de ces sanctions a été un peu vécu comme une injustice par beaucoup de Français. Et puis, encore une fois, la conséquence d'un confinement strict, ça a été évidemment un cataclysme en matière économique. Alors, le chômage partiel, ça a évidemment été une bonne mesure.

Maintenant, on avait préconisé d'accorder, par exemple, 1 500 euros tout de suite à toutes les entreprises, à toutes les TPE, PME, plus 1 000 euros par salarié, ce qui aurait permis de limiter un petit peu les dégâts, l'absence de trésorerie. Mais c'est vrai que, d'une manière générale, ce choix politique, ce confinement, a été la conséquence de l'impréparation du gouvernement. Il y a beaucoup de pays, en Europe notamment, en Autriche, où on a pu délivrer très vite des masques à toute la population. L'imposer dans les grandes surfaces, dans les espaces publics clos, a permis évidemment de limiter le confinement et de faire ressortir la population, un petit peu plus tôt.

5:32
Jordan Bardella

– Aujourd'hui, Olivier a fait la possibilité de prendre un décret pour rendre obligatoire le port du masque à l'extérieur. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne chose ?

5:44
Présentateur

– On a été les premiers à prôner, dès d'ailleurs le début de l'épidémie, dès l'arrivée massive sur le territoire français, de prôner le port du masque. Quand on nous expliquait que ça ne servait à rien, on a dit qu'il fallait très très vite imposer le port du masque, à condition de pouvoir évidemment en approvisionner nos compatriotes, mais de prévoir le port du masque, et dans l'espace public. Donc évidemment que le port du masque dans les centres commerciaux, dans les magasins, à la boulangerie, au supermarché, c'est évidemment une bonne mesure, une très bonne mesure, qui permet évidemment de se protéger soi-même, de protéger les autres.

Maintenant évidemment, ces mesures arrivent très très tard. Et le drame de ce gouvernement, c'est un peu la citation de MacArthur, c'est avoir compris trop tard, avoir agi trop tard. Et c'est vrai que si on avait mis en place ces mesures, que nous avions prôné en réalité très très tôt depuis le début, tous les analystes de bonne foi le reconnaissent aujourd'hui, on n'en serait peut-être pas arrivés là, on aurait pu limiter la circulation du virus. Il y a un autre sujet dont on parle moins, c'est celui des EHPAD.

Et si ce virus a fait beaucoup de dégâts dans les EHPAD, que ce soit sur le personnel soignant ou évidemment sur nos compatriotes, c'est parce que, en tout cas, on était dans l'incapacité de fournir des masques. Et c'est dramatique. Et beaucoup de Français…

6:50
Jordan Bardella

– Oui, le journal Le Monde, ils sont comme quoi des personnes âgées venant des EHPAD sont même vus refuser…

6:58
Présentateur

– Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr, bien sûr. Et le drame pour beaucoup de Français, c'est de se dire, qu'on est dans le pays au monde où on paie le plus d'impôts, dans lequel le matraquage fiscal, l'assommoir fiscal, est le plus lourd au monde, le plus lourd de l'OCDE. Et en même temps, on est dans l'incapacité de fournir du tissu avec des élastiques à l'ensemble de la population. Alors même qu'évidemment, il y a beaucoup de patrons, beaucoup de chefs d'entreprise qui s'étaient manifestés pour fournir l'État en masque, pour approvisionner le pays en masque. Et c'est vrai que c'est des chefs d'entreprise qui n'ont pas forcément eu de réponse de l'État.

Donc, il faut évidemment pointer dans cette crise. Et c'est un peu le cadre du bouquin, du livre noir, à la fois l'incompétence des gens qui nous dirigent, les différents mensonges, mais aussi évidemment le poids, la lourdeur de la bureaucratie qui a beaucoup pesé dans cette crise.

7:43
Jordan Bardella

Vous avez évoqué tout à l'heure le traitement à l'hydroxychloroquine du professeur Raoult. C'est évoqué dans l'ouvrage, le livre noir du coronavirus. Cependant, la position du RN concernant ce traitement, elle est un peu ambiguë. Pour être clair, est-ce qu'il faut, oui ou non, selon vous, généraliser ce traitement du professeur Raoult dans le cadre du Covid-19 ?

8:06
Présentateur

Alors, moi, j'ai toujours été très prudent avec le traitement en soi, mais j'ai toujours été très étonné de la manière dont le professeur Raoult a été traité, a été traité par les médias, par la bien-pensance, par tous ceux qui interviennent régulièrement dans les médias.

Je ne vois pas ce qu'on peut lui reprocher d'autre que d'avoir essayé, en tout cas, d'avoir rempli son rôle de médecin, selon le serment d'Hippocrate, c'est-à-dire d'avoir tout mis en œuvre pour, dans une période de guerre, pour reprendre les mots du président de la République, de trouver des solutions pour soigner la population, pour apporter des solutions à une épidémie un petit peu nouvelle dont on ne connaissait pas grand-chose. Est-ce que l'hydroxychloroquine fonctionne ? Je ne sais pas, je ne suis pas médecin. Personne ne peut le savoir en réalité, hormis les médecins, hormis les scientifiques. Il y a des avis pour, il y a des avis contre.

Maintenant, ce que nous avons dit très, très tôt, c'est qu'il fallait laisser la liberté, la liberté aux médecins de pouvoir expérimenter ce traitement, de pouvoir l'utiliser parce que les médecins connaissent leur patient, parce qu'il n'est pas dans leur intérêt. Évidemment, de privilégier tel ou tel labo. Maintenant, c'est vrai qu'on a vu que derrière ce sujet, derrière l'hydroxychloroquine étant un peu l'arbre qui cache la forêt, il y avait énormément, évidemment, d'intérêt, notamment d'intérêt privé, d'intérêt de labo, où on a cherché à privilégier tel ou tel, tel ou tel médicament au détriment d'un autre. Est-ce que le traitement fonctionne ?

Je l'ignore, mais en tout cas, le professeur Raoult est quelqu'un d'extrêmement courageux, qui a évidemment eu le mérite, l'honneur d'avoir fait son travail et d'avoir tout fait pour essayer de trouver des solutions à une épidémie nouvelle qui est arrivée sur le sol français il y a maintenant six mois.

9:40
Jordan Bardella

Quelles parties proposent pour éviter la deuxième vague qui s'annonce ?

9:47
Présentateur

D'abord, de généraliser le port du masque. Ça a été décidé très tard. Nous l'avions proposé très tôt, mais ça va évidemment dans le bon sens. Il faut généraliser le port du masque, le rendre gratuit. Il faut maintenant qu'on applique ce triptyque qui a été celui de l'Organisation mondiale de la santé, qui nous a été délivré en réalité aux États très, très tôt, qui était celui d'isoler, de tester et de traiter. On n'a ni isolé, on n'a ni testé, on n'a ni traité. Le ministre de la Santé a sauté sur sa chaise en sortie de confinement pour expliquer qu'il reste 700 000 tests par semaine. On est aujourd'hui aux environs de 500 000.

Il faut évidemment permettre à l'ensemble de la population de pouvoir se faire tester lorsqu'elle le souhaite et de pouvoir évidemment se confiner, se mettre en quatorzaine si évidemment elle est infectée par le virus. Et puis, on a imposé durant ce confinement des portes aux Français à la porte même de leur domicile. Donc, les Français ne comprendraient pas qu'on les ait confinés pendant plusieurs semaines et qu'en même temps, on laisse aujourd'hui nos frontières grandes ouvertes, sans aucun contrôle. Le drame de ce gouvernement et l'idéologie qu'il y a derrière, c'est que ces gens-là ont honte des frontières. Nous, les frontières ne sont pas une idéologie, ce sont des limites.

Ce sont des portes qu'on met à la Maison France, qui nous permettent d'ouvrir, de fermer, de contrôler. Donc, il faut aujourd'hui que, on a développé cette idée du passeport sanitaire, que lorsque vous arriviez sur le sol français, que durant en tout cas la période estivale, vous démontriez que vous ayez été testé négatif dans votre pays de départ au coronavirus. C'est une condition évidemment sine qua non, c'est une condition qui est peut-être difficile, qui est temporaire, mais ce contrôle aux frontières, il est inévitable de généraliser évidemment les prises de température.

Et ce n'est qu'à cette condition de contrôle aux frontières qu'on arrivera évidemment à protéger la population française. Il y a eu beaucoup de choses qui ont été dites sur les frontières. On nous a dit oui, le virus ne s'arrête pas à la frontière. C'est vrai. Mais les gens qui portent le virus, eux, peuvent être arrêtés à la frontière. Il ne faut pas mentir aux gens. Le fait de contrôler les frontières, le fait de fermer les frontières lorsque c'est nécessaire, avec des pays qui sont des pays, des zones foyers de l'épidémie, n'arrête pas le virus, mais ça en ralentit évidemment grandement la progression.

Et dans une épidémie aussi importante, aussi mondialisée que celle-ci, notre pire ennemi, c'est peut-être le temps. Évidemment, le temps dans une épidémie, il est précieux parce que c'est ce temps qui nous permet de nous approvisionner en masse, de construire peut-être des hôpitaux, de nous approvisionner en tests, en médicaments, et surtout, évidemment, de protéger la population française.

12:17
Jordan Bardella

Justement, le terme est bien choisi pour la question qui va suivre. On va revenir sur le contexte sécuritaire en France. L'actualité récente a été marquée par de nombreux faits divers dramatiques, que ce soit Philippe Monguillot ou encore très récemment, à Lyon, Axel Dorier. Pour décrire ce climat, certains observateurs parlent de sentiments d'insécurité. Qu'est-ce que vous pensez de cet usage sémantique ?

12:40
Présentateur

Que c'est l'arbre qui cache la forêt. Moi, j'étais très choqué d'entendre le président de la République, un certain nombre de ministres, parler d'incivilité.

L'incivilité, c'est le défaut de courtoisie ou c'est le défaut de politesse, lorsque une jeune Axel est traînée sur 800 mètres par des gens qui n'ont aucune autre volonté que celle de pratiquer la barbarie, que celle de pratiquer la violence, une gendarme est percutée dans le Lot-et-Garonne par un chauffard, lorsque un chauffeur de bus est tabassé, lynché, laissé pour mort parce qu'il a le malheur de faire une remarque à des gens qui montent dans son bus, lorsqu'il y a quelques jours, un maire dans l'Isère est frappé, tabassé par des jeunes de 16 à 18 ans parce qu'il leur a demandé de cesser de jeter des feux d'artifice dans sa commune.

Eh bien, ce ne sont pas des incivilités, ce sont des violences, ce sont des violences extrêmement graves auxquelles, malheureusement, la société est aujourd'hui en train de s'habituer. Malheureusement, tous ces noms, Philippe, Axel, Mélanie, sont des noms qui seront malheureusement trop vite oubliés, comme le sont d'ailleurs les victimes des attentats, parce que notre société est aujourd'hui par fatalisme et banalisation en train de s'habituer à cette violence, en train de s'habituer à cet ensauvagement. Moi, je n'y résous pas.

J'avais dit pendant la campagne des élections européennes que j'appartenais à une génération qui pouvait mourir pour une cigarette refusée ou pour un regard de travers. Et il y a aujourd'hui en France une violence gratuite qui est commise toutes les 44 secondes, et c'est vrai qu'on a un peu l'impression que toutes ces victimes font partie de cette France des oubliés.

Elles font partie de cette France des oubliés parce que la justice est beaucoup trop laxiste et que tant que la justice, en réalité, la justice française, la justice de notre pays continuera de se placer du côté des agresseurs plutôt que de celui des agressés, eh bien effectivement, le signal qui sera envoyé à la délinquance sera d'autant plus dramatique qu'il y aura ce type de drame. Donc nous avons été les premiers à parler d'ensauvagement dès 2013 lorsque le livre de Laurent Oberton est sorti, comme le livre La France Orange Mécanique qui faisait un peu le panel de toutes ces violences gratuites qui étaient commises au quotidien dans notre pays. On a été les premiers à en parler.

Oui, qui avait beaucoup choqué la bien-pensance parce qu'il mettait en réalité des mots MOTS sur des mots MAUX et il faisait aussi ce parallèle entre la situation migratoire anarchique que nous avions dans notre pays et évidemment cette situation d'insécurité. Je sais que c'est un peu tabou d'en parler, peut-être pas chez vous, peut-être pas avec les... les auditeurs et les lecteurs de Valeurs Actuelles, mais c'est vrai que dans ce climat médiatique, c'est toujours un peu tabou. Or aujourd'hui, personne ne peut nier ce lien entre cette situation migratoire totalement anarchique et la poussée de la criminalité.

Je suis de voir que dans les prisons françaises, il y a par exemple 23% de détenus étrangers. On cherche souvent comment construire des places de prison. Ben nous, on a une solution, c'est évidemment déjà d'expulser les 23% de détenus étrangers que nous avons dans nos prisons parce que... parce qu'il ne faut pas que les Français aient la double peine, c'est-à-dire à la fois l'insécurité et à la fois la charge de prendre à leurs frais

15:42
Jordan Bardella

des gens qui n'ont rien à faire chez nous. — Je voulais poursuivre un petit peu le débat sémantique, notamment autour du terme d'ensauvagement que vous avez mentionné. Il y a le nouveau ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui a pris le contre-pied d'Emmanuel Macron, qui lui parlait d'incivilité, et lui a fait polémique en parlant justement d'ensauvagement. Donc c'est un terme évoqué qui était plutôt réservé à l'État. Donc c'est un terme évoqué qui était plutôt réservé à l'État. Donc c'est un terme évoqué qui était plutôt réservé à l'État. à la droite de l'échiquier politique, pour ne pas dire plus.

Est-ce qu'on est là dans une logique du « en même temps » ou est-ce que ça dénote une réelle prise de conscience du gouvernement sur les...

16:18
Présentateur

— Non, c'est la réaction classique des LR. Je dis souvent que les LR parlaient comme le Rassemblement national lorsqu'ils étaient en campagne, mais dirigeaient comme des socialistes lorsqu'ils étaient au pouvoir. Et donc nous, on ne nous paye pas de mots, voilà. Donc j'attends de voir ce que ça va donner dans les actes. Malheureusement, je pense qu'on risque d'être déçus. Malheureusement, je pense qu'on risque d'être déçus. Je partage l'analyse qui a été faite par Gérald Darmanin. Je pense plutôt que c'est lui qui partage l'analyse que nous faisons depuis maintenant un certain nombre d'années. Maintenant, on attend de voir quels vont être les actes.

On sort quand même d'une période, là aussi, on a un peu tendance à l'oublier, où la police a été un petit peu malmenée par les gens qui sont au pouvoir. Il y a eu en sortie, là encore, je me permets de lier ça au sujet d'avant, mais il y a eu en sortie de confinement des manifestations anti-flics qui ont été organisées sous l'égide des Traorés, dont on sait aujourd'hui qu'ils sont une famille de voyous. Ils ont à peu près tous été mis en examen, mis en cause dans des affaires de violence, de corruption, de viol, entre autres, concernant notamment Adama Traoré.

Et la police a été un peu livrée à la vindique de tous ces gens-là, de minorités d'extrême-gauche, qui ne perdent pas une occasion pour s'en prendre aux forces de l'ordre et pour évidemment dénigrer le travail qui est fait par la police. Moi, je ne mets pas sur le même plan, parce que c'est aussi le sujet du moment, des actes qui peuvent être commis, des individualités qui peuvent être commises. Des policiers qui, parfois, peuvent avoir des écarts de comportement lorsqu'il y en a qui doivent être sanctionnés, comme celles de tous les membres de l'administration. Et elles sont sanctionnées.

Et évidemment, la violence qui est commise aujourd'hui à l'égard des Français, la violence qui est liée à l'insécurité et qui est notamment commise contre les forces de l'ordre dans ces quartiers, quartiers où moi, j'ai grandi et où j'ai vu effectivement les trafiquants de drogue prendre le pouvoir sur des pans entiers du territoire. Moi, l'immeuble dans lequel j'ai grandi, à Saint-Denis, dans la cité dans laquelle j'ai grandi, vous avez des trafiquants de drogue. Vous avez des dealers qui sont à l'entrée, qui regardent qui sont les gens qui entrent dans la cité pour vérifier s'ils ne sont pas de la police.

Et cette réalité-là, en fait, on a été les premiers à mettre des mots dessus, à exprimer aussi la souffrance de toute cette France des oubliés, qui est livrée évidemment à la vindicte des dealers et évidemment à la vindicte des voyous.

18:22
Jordan Bardella

Vous avez mentionné les noms des victimes, Philippe, Axel. Mais à chacun de ces faits divers maintenant, notamment sur Twitter, les internautes, on demande les noms des agresseurs. Avec le hashtag « On veut des noms ». Alors généralement, on a Youssef, on a eu Mohamed. Force est de constater que presque à chaque fois, il s'agit d'individus d'origine extra-européenne, parce qu'ils ne sont tout simplement pas étrangers en situation irrégulière. En réponse à cela, votre parti prône l'assimilation. Est-ce que ce n'est pas une stratégie qui est éculée et voit l'échec ?

18:58
Présentateur

L'assimilation, c'est une... En fait, l'assimilation, c'est la tradition. C'est la tradition française. C'est la tradition républicaine. C'est-à-dire que lorsque vous arrivez en fait dans un pays, et là on va évidemment parler de la politique migratoire, vous devez évidemment vous insérer dans une masse. Vous devez évidemment venir abandonner d'abord au départ une partie de votre culture d'origine, une partie de vos mœurs, de vos coutumes, de votre mode de vie pour vous fondre évidemment dans la société française. Et sans cette condition sine qua non qu'est l'assimilation, on ne fait plus société et on ne peut plus évidemment aujourd'hui mener ces politiques d'assimilation.

Avec une politique migratoire qui est aussi évidemment massive. Vous connaissez cette fameuse phrase du Général de Gaulle qui disait on n'assimile pas des populations, on n'assimile pas des peuples, on assimile des individus. Or aujourd'hui, cette situation, ce processus qui est purement républicain, qui est purement lié à la tradition française, il n'est plus possible lorsqu'on accueille 500 000 personnes chaque année.

Lorsqu'on sait que dans mon département, la Seine-Saint-Denis, d'ailleurs, ça avait été expliqué, très bien expliqué par un rapport parlementaire, jusqu'à 25% de la population, est présente de manière clandestine, c'est-à-dire de gens qui n'ont strictement rien à faire ici et que si on applique la loi devrait être reconduit chez eux. Moi je dis que la France doit toujours rester ouverte, accueillante à l'égard de gens qui viennent dans notre pays pour travailler, pour participer de cette culture nationale, pour participer de ce roman national et pour venir évidemment à nos côtés se fondre dans la société française.

Cet effort d'assimilation, il a été fait par le passé par beaucoup de générations d'immigrés. Moi, ma mère lorsqu'elle est arrivée d'Italie dans les années 90, dans les années 60, eh bien, est arrivée avec ma grand-mère, avec ses frères et soeurs, a tout fait pour apprendre la langue, pour travailler, pour respecter nos lois, pour respecter nos valeurs. Il y a beaucoup de générations issues de l'immigration, même issues du Maghreb d'ailleurs, qui à cette époque, ont fait cet effort d'assimilation et il n'y a aucune raison pour que les nouvelles générations qui arrivent aujourd'hui soient dispensées du même effort.

Alors effectivement, si vous venez dans notre pays pour commettre des actes délictuels, la mesure de bon sens consisterait évidemment à vous renvoyer chez vous parce que dans n'importe quel autre pays du monde, si moi j'arrivais là-bas pour imposer ma langue, mes coutumes, mes mœurs, mon mode de vie à la française, pour évidemment commettre des actes délictuels, eh bien, ce pays me renverrait chez moi et à juste titre. Donc, il faut un peu remettre aujourd'hui l'église au centre du village, on ne peut plus accueillir une immigration aussi massive. L'immigration, contrairement à ce qu'on dit, n'est pas un sujet qui divise les Français.

Je pense que l'immigration, c'est un sujet qui les rassemble, parce que 80% des Français, précisément, pensent la même chose, sur ce sujet et sur ces sujets en particulier. Et c'est vrai que nous avons eu pendant des années le courage de dire tout cela, parfois effectivement contre la bien-pensance là aussi, et j'ai la conviction qu'on aura, nous, le courage d'agir lorsqu'on sera évidemment aux responsabilités.

21:46
Jordan Bardella

Alors, je comprends bien votre discours sur l'immigration, mais je voudrais plutôt parler des gens qui sont déjà ici. Le RN, depuis plusieurs années, a plutôt une logique de course à la respectabilité, et maintenant, le parti est dépassé sur sa droite, par ceux qui affirment qu'il existe un grand emplacement de la population française, et qu'il est nécessaire de procéder à une remigration des populations halogènes. Il fut un temps où votre parti partageait ses opinions, même si elles n'étaient pas forcément dans ces termes. Qu'est-ce qui a changé, au moins, sur le moment actuel ?

22:19
Présentateur

Enfin, on a toujours été, nous, très très clairs, d'abord, sur le constat qu'on partage ou non, d'abord, l'expression, le concept de Renaud Camus, précisément. Enfin, je veux dire, on ne l'a peut-être pas attendu pour, évidemment, évoquer tous ces sujets, et qu'il y ait une substitution de popul... Expliquer, aujourd'hui, qu'il y a une substitution de population dans un certain nombre de quartiers, enfin, je veux dire, c'est déjà avoir quelques années de retard, parce que cette substitution, elle a déjà eu lieu.

Il y a déjà des gens qui arrivent en permanence dans ces territoires, et qui font partir, aussi, des gens qui étaient là avant, hein, c'est ce qu'explique très bien Christophe Guilluy, en évoquant des banlieues plutôt comme des sas que comme des ghettos, c'est-à-dire les populations qui arrivent remplacent systématiquement les populations qui étaient là avant, qui, elles-mêmes, sont obligées, ensuite, de reculer dans la France périphérique, dans les villes moyennes, et, évidemment, très, très loin des grandes métropoles. Donc, ce processus, enfin, je veux dire, découvrir ce processus, aujourd'hui, est d'avoir déjà quelques années de retard, puisqu'il a déjà, en l'occurrence, eu lieu.

Maintenant, on a toujours été extrêmement ferme sur le sujet. Les clandestins, les gens qui sont présents de manière irrégulière sur notre sol, d'autant plus s'ils commettent des actes délictuels, doivent, évidemment, être renvoyés, renvoyés chez eux, renvoyés dans leur pays d'origine. Alors, on nous dit, oui, mais les pays ne veulent pas les reprendre, mais la plupart de ces pays, bénéficient, il faut quand même le savoir, d'aides au développement, d'aides au co-développement de la part de l'État.

23:36
Jordan Bardella

Je comprends bien le discours sur, pour ce que certains appellent les français de papier, qui sont des français d'origine extra-européenne, peut-être, parfois, deuxième, troisième génération, et qui refusent d'être dans la logique que vous prenez, celle de l'assimilation, et qui sont, qui peuvent verser dans la délinquance, dans la criminalité. Qu'est-ce qu'on fait avec ça ?

23:54
Présentateur

Ben, ces gens-là tomberont sous le coup de la loi. À un moment donné, si vous voulez, si on réaffirme pas, aujourd'hui, dans beaucoup de quartiers, la laïcité, l'identité française, eh bien, si des gens qui, par exemple, dans un certain nombre de quartiers, veulent pratiquer un islam radical, s'ils veulent, par exemple, sortir avec un voile intégral, bénéficier d'accords dérogatoires dans les piscines, dans les salles de sport, eh bien, tous ces accords qui existent aujourd'hui, par la complaisance d'un certain nombre d'élus locaux, n'existeront plus lorsque le Rassemblement National sera au pouvoir.

En tout cas, c'est notre volonté, c'est notre projet, c'est nos propositions, c'est les propositions que nous formulons, et sur lesquelles, effectivement, beaucoup de français, beaucoup de français se retrouvent. Alors, si ces gens-là, effectivement, se sentent, je dirais, oppressés, s'ils n'apprécient pas l'application des lois que nous allons mettre en œuvre, qui ne sont que les lois de la République, eh bien, ces gens-là partiront d'elles-mêmes. Maintenant, moi, dans les discours que j'entends de remigration, c'est vrai qu'on peut entendre, notamment sur les réseaux sociaux, on nous explique jamais comment faire.

Il existe un état de droit en France, il existe des lois, il existe un ordre public, et on ne peut pas déroger à ces lois.

Ces lois sont faites pour être appliquées, mais moi, j'ai la conviction que, si demain, nous allons déraciner le fondamentalisme islamiste qui a pris le pouvoir dans ces quartiers, en arrêtant de subjuger, de subventionner des associations communautaristes, en organisant la dissolution des frères musulmans qui sont aujourd'hui présents sous l'appellation « musulmans de France », anciennement UOIF dans notre pays, si on arrête de se complaire avec des associations salafistes à qui on donne des gymnases, à qui on accorde des repas de substitution dans les cantines, eh bien, ces gens-là seront contraints, je dirais, par la force de la loi, de respecter le cadre civilisationnel que nous souhaitons imposer à la société française, et que nous souhaitons, tout simplement, rétablir.

Mais s'ils ne le souhaitent pas, eh bien, ils seront évidemment libres de partir.

25:39
Jordan Bardella

Dernière question sur cette thématique de l'immigration et des minorités ethniques en France. Lorsque le gouvernement a proposé de mettre en place un débat autour des statistiques ethniques, Marine Le Pen a déclaré y être catégoriquement opposée au nom de l'Unité de la République. Est-ce que vous partagez cet avis ?

25:56
Présentateur

Je pense que les statistiques ethniques n'apportent rien de plus que ce que l'on sait déjà. Je pense que les statistiques ethniques n'apportent rien de plus que ce que l'on sait déjà. Je veux dire, s'il s'agit de diviser la population française en race, en origine ou en communauté, je pense que c'est le pire piège qui nous est tendu aujourd'hui par les communautaristes qui souhaitent justement nous entraîner sur ce débat.

Lorsque le débat Black Lives Matter est arrivé en France, il est arrivé en France par le fait de minorités qui sont profondément des minorités raciales, l'entourage des Traorés, Camélia Jordana, tous ces gens du showbiz qui aussi se sentent persécutés, alors qu'ils ont bénéficié des meilleures écoles. qu'ils ont bénéficié des meilleurs parcours, qu'ils sont, comme c'est le cas d'Omar Sy d'ailleurs, qui donnait des leçons sur le racisme en France, expatriés aux États-Unis et paient leurs impôts aux États-Unis. Donc, je veux dire, moi, toutes ces leçons, je veux dire, d'abord, je m'en fous, elles me font sourire. Et ce n'est pas une problématique que nous avons en France.

Il n'y a pas de racisme systémique en France. Je veux dire, les statistiques ethniques peuvent avoir un sens dans le cadre de la société américaine, qui est une société qui est fondée sur la race. Là-bas, vous n'êtes pas de telle ou telle profession. Vous êtes d'abord et avant tout un blanc, un membre de la communauté toire, un membre de la communauté afro-américaine. Je veux dire, ça, c'est le débat qui est interne à la société américaine, mais ce n'est pas du tout le débat qui est lié à la société française. Il n'y a pas de racisme systémique en France. Moi, ça me choque lorsque j'entends des responsables politiques évoquer un racisme systémique en France.

Alors qu'il n'y a pas de pays plus généreux aujourd'hui à l'égard de gens qui viennent de l'étranger que la France. C'est la France qui offre les soins gratuits avec l'impôt des Français. C'est la France qui offre l'école gratuite, qui offre le logement. Qui offre un certain nombre d'accords dérogateurs, de discriminations positives dans l'accès aux grandes écoles à des gens qui viennent de l'étranger. Donc, je veux dire, il n'y a pas de débat, il n'y a pas de racisme systémique en France.

En revanche, il y a un racisme de la part de minorités que nous avons vu agir ces dernières semaines, derniers mois, dans les manifestations antiflits qui se sont déroulées dans les rues du pays, avec une haine et un racisme inouï, un racisme anti-blanc inouï à l'égard de la France et à l'égard de gens qui ont pourtant été d'une extrême générosité à leur égard. Et ça, pour le coup, ça me gêne.

27:58
Jordan Bardella

Mais est-ce que ce ne serait pas aussi important de traduire avec des statistiques des réalités que les Français constatent au quotidien ? Je pense notamment, du coup, à la délinquance, la criminalité. Est-ce qu'il ne faut pas nommer le problème ?

28:09
Présentateur

Oui, mais ça, c'est une lecture très techno, parce que les Français n'ont pas besoin de ces statistiques ethniques pour se rendre compte de la réalité. Ils n'ont pas besoin de ces statistiques ethniques pour se rendre compte que, dans un certain nombre de quartiers, aujourd'hui, le fondamentalisme islamiste, il est en train de s'imposer, et que les gens qui étaient là avant sont contraints de partir. Ils n'ont pas besoin de statistiques ethniques pour se rendre compte que la France est extrêmement accueillante à l'égard de gens qui, parfois, ne leur rendent pas forcément cette bienveillance et cette générosité. Donc je pense que c'est un faux débat.

Ce qui m'importe aujourd'hui, c'est qu'on aille reconquérir tous ces territoires perdus de la République, toute cette France décahite, pour reprendre le nom d'un ouvrage qui vient de paraître, et qu'on aille aujourd'hui réappliquer les lois de la République dans des quartiers que la République, qui a totalement abandonné, que la France a totalement abandonné, et où le... Je ne dirais même pas des zones de non-droit, parce que des zones de non-droit, vous voudrez dire que ce sont des zones anarchiques. Si ce sont des zones de droit, mais des zones d'un autre droit qui s'applique, celui des caïds, celui des mafias et celui des islamistes.

29:13
Jordan Bardella

Un mot sur Alain Bonnet, dit Alain Soral. Le polémiste, pardon, habitué des tribunaux pour des propos négationnistes ou antisémites, a fait la une de l'activité, après avoir été interpellé, placé en garde à vue pour des propos tenus dans une vidéo. Il est aujourd'hui mis en examen pour provocation publique non suivie d'effet, injure publique à raison de l'origine, etc. Ou provocation publique à la haine ou à la violence. Selon vous, Alain Soral, qui était autrefois proche du Front National, il a même écrit un discours pour Jean-Marie Le Pen, est-ce qu'Alain Soral va trop loin ? Est-ce que sa place est en prison ?

29:50
Présentateur

Moi, je ne sonde pas les cœurs et les reins. Je dis que s'il y a des propos qui tombent sous le coup de la loi, ils doivent être, dans notre démocratie, sanctionnés. Les incitations à la haine, les appels à la haine, au racisme, doivent évidemment être sanctionnés par la justice. Maintenant, pour élargir un peu le débat, parce que c'est vrai que c'est un débat qu'on a beaucoup eu sur la liberté d'expression, d'une manière générale, ces derniers mois. C'est vrai qu'on se rend compte que la France d'Emmanuel Macron est une France du recul des libertés.

Lorsqu'on sait que la loi Avia, qui a été discutée, on en a beaucoup parlé dans le débat public, ces dernières semaines, proposait de remettre en cause la liberté d'expression, de confier sa régulation, son contrôle, à des boîtes privées, aux GAFA, à Facebook notamment, aux boîtes de réseaux sociaux. Eh bien, on se dit effectivement que la France, ce n'est pas cette tradition. Que la tradition de la censure, ce n'est pas une tradition française.

Que la France, c'est le pays de Voltaire, c'est le pays de la satire, c'est le pays où, il y a quelques années encore, tout le monde était Charlie, tout le monde était Charlie Hebdo, pas parce qu'il soutenait la ligne éditoriale de Charlie Hebdo, mais parce que c'était un appel et un cri du cœur à la liberté d'expression. Donc moi, je défends évidemment une liberté d'expression la plus totale dans notre pays. Maintenant, lorsqu'il y a comme ces escalades des propos qui évidemment tombent sous le coup de la loi, alors ils doivent être évidemment sanctionnés et ils le sont bien souvent.

31:21
Jordan Bardella

La loi, elle a évolué en France. Il y a eu notamment l'adoption des lois Pleven en 1979, qui ont justement instauré ce crime d'incitation à la haine qui n'existe pas par exemple aux États-Unis. La loi Guesso aussi. Du coup, si vous êtes pour la liberté d'expression la plus totale, est-ce que vous seriez favorable, si le Rassemblement national venait à prendre le pouvoir, à revenir sur ces lois qui limitent la liberté d'expression ?

31:47
Présentateur

Revenir, je ne le sais pas. Moi, je suis plutôt un partisan de cette liberté d'expression, c'est vrai, à l'anglo-saxonne, qui nous permet évidemment de tout dire. On avait défendu pendant la dernière campagne présidentielle en 2017 l'inscription dans la Constitution des libertés numériques. Parce qu'en réalité, on se rend compte que le recul des libertés aujourd'hui, notamment de la liberté d'expression, on l'a vu au travers de l'appellation des fameuses fake news, pour répondre à votre question, était essentiellement présent sur les réseaux sociaux. Donc si nous arrivons au pouvoir, en tout cas, nous garantirons une liberté d'expression totale évidemment sur Internet.

En inscrivant comme principe fondamental dans la Constitution les libertés numériques.

32:29
Locuteur

Très bien.

32:30
Jordan Bardella

On a eu quelques questions sur le live Facebook. On a notamment quelqu'un qui nous demandait votre opinion sur la loi bioéthique actuellement à l'Assemblée nationale.

32:40
Présentateur

Alors la loi bioéthique, on en a beaucoup parlé ces derniers mois. D'abord, je m'étonne quand même de l'avoir revenir en... Ce n'est pas la première lecture, mais de l'avoir revenir comme ça au Parlement. Je trouve que c'est extrêmement révélateur. Je pense que c'est très important. Je pense que c'est très important de l'avoir revenir sur la table alors qu'on sort d'une crise sanitaire majeure. Il y a beaucoup de nos compatriotes qui sont inquiets pour leurs entreprises, leurs commerces, leurs restaurants. Je m'inquiète de voir effectivement poser sur l'agenda un sujet comme celui-ci.

Moi, j'ai eu l'occasion de dire que tout ce qui était techniquement possible, tout ce qui était technologiquement possible dans la société n'était pas toujours humainement souhaitable. Mais je pense que le législateur est là pour poser des limites et que la loi ne peut pas s'adapter à l'ensemble des désirs individuels parce que sinon, encore une fois, on ne fait plus société si à un moment donné, le législateur n'est pas là pour poser des limites et en l'occurrence, pour répondre sur la question et sur la PMA.

Moi, j'y suis opposé parce que d'abord, je suis attaché plus qu'au droit à l'enfant, au droit de l'enfant de connaître sa filiation biologique, de connaître à la fois sa mère et à la fois son père. Et parce que je crois que la PMA instaure une discrimination en droit.

Elle instaure une discrimination en droit entre les couples mondiaux et les couples homosexuels femmes et les couples homosexuels hommes qui ne peut être résolue et les juristes nous le diront, on sait que les juges aujourd'hui ne font plus du droit mais de la politique, que la PMA devra ouvrir mécaniquement la porte à la GPA et à la gestation pour autrui et donc à la marchandisation du corps et donc au business des mères porteuses. Et ça, j'y suis résolument opposé.

34:16
Jordan Bardella

– On a Frédéric Gérardin qui nous demande « Le RN pourrait-il porter un regard critique sur la 5ème constitution qui n'est pas adaptée à notre époque, puisque les Gilets jaunes l'ont mis en lumière ? La victoire de votre parti aux présidentielles législatives ne pourrait-elle pas passer par un projet constitutionnel large, une refonte qui redonnerait la souveraineté aux Français ? »

34:36
Présentateur

– Si, c'est exactement le cadre de notre projet. Si on a gagné les élections européennes après quasiment 10 mois de mobilisation populaire avec les Gilets jaunes, je crois que ce n'est pas pour rien. Je partage assez l'analyse de Michel Onfray qui explique que le nouveau clivage aujourd'hui, oppose un front populaire à un front populicide. C'est-à-dire que vous avez des gens aujourd'hui aux responsabilités, Emmanuel Macron n'étant que la continuité de tout ça, ni l'existence même d'une souveraineté populaire.

Alors il considère qu'il y a une souveraineté européenne comme s'il y avait un État européen, et considère que le pouvoir doit aller toujours plus haut, plus haut vers des grands groupes privés, plus haut vers des intérêts particuliers, plus haut vers l'Union européenne, et donc toujours plus éloigné du peuple français. Les Gilets jaunes, ça a été la mobilisation d'une France qui ne voulait pas mourir, d'une France qui était décidée à continuer à rester elle-même chez elle et à décider pour elle-même. Le projet du Rassemblement national, ce n'est rien d'autre que de réaffirmer la souveraineté française, la souveraineté plus que nationale d'ailleurs, la souveraineté populaire.

Je vous rappelle qu'on est les seuls à avoir défendu, bien avant que je naisse d'ailleurs, dans le programme du Front national à l'époque, le référendum d'initiative citoyenne, que nous nous appelions le référendum d'initiative populaire, qui vise à permettre à la société française, au peuple français de se saisir d'un sujet d'opinion, lorsqu'il le souhaite, de manière à pouvoir trancher sur ce sujet. La dernière fois que les Français ont été consultés par référendum, c'était en 2005, ils avaient voté non à la Constitution européenne, on leur a quand même imposé.

Et puis on défend aussi évidemment la proportionnelle à toutes les élections et surtout à l'Assemblée nationale, pour faire en sorte que lorsqu'un parti qui, comme le nôtre, pardon de me regarder le nombril, mais qui fait 34% lors de l'élection présidentielle, 11 millions de voix lors de la présidentielle de 2017, soit 6 députés à l'Assemblée nationale, il y a évidemment un problème de fond et un problème démocratique.

Je pense que si les Français se désintéressent de plus en plus de la politique, alors ça a été vrai aux municipales dans un contexte un peu particulier, ce n'est pas totalement vrai aux européennes, on a connu une participation qui n'avait jamais été aussi haute depuis plus de 25 ans dans un scrutin européen, c'est parce qu'ils ont ce sentiment que lorsqu'ils votent, les gens font systématiquement le contraire et surtout ils n'ont pas le sentiment d'être représentés à leur juste niveau et à leur juste cause.

Donc on défend évidemment une bombe d'oxygène démocratique avec le référendum d'initiative citoyenne, la proportionnelle, et puis il faut surtout réhabiliter les communes, le local, le localisme, ça c'est notre projet comme échelon de démocratie et de proximité par excellence.

Le clivage qu'on peut appeler populiste contre publicide, contre ceux qui nient l'existence d'un peuple français est aussi un clivage des localistes contre les globalistes, et ça sera le grand sujet de ce XXIème siècle, ça sera évidemment l'opposition du local au global, ça sera celui des échecs de la mondialisation heureuse, de l'ouverture totale de nos frontières, à celui du local, de la frontière comme une limite, du moyen donné aux communes, aux maires de pouvoir travailler, de pouvoir agir concrètement pour la vie de leurs concitoyens, et ça évidemment c'est des débats d'avenir.

Moi je suis assez heureux de participer de ce siècle, assez enthousiaste de participer de ce siècle, qui va vraiment être le siècle de tous les défis pour ma génération en tout cas.

Le siècle de la démographie, à l'heure où, pour reprendre le bouquin de Smith, se constitue aujourd'hui une véritable ruée vers l'Europe en Afrique, dont on sait que la démographie va exploser, le siècle de la transition énergétique, avec cette question qu'est celle de pouvoir alimenter une population toujours plus nombreuse dans un monde où les ressources ne sont pas illimitées, et évidemment, et c'est moi ce qui m'intéresse, celui de l'intelligence artificielle qui va bouleverser notre économie, notre société, notre rapport aussi au corps, au transhumanisme, et évidemment notre rapport au droit.

38:20
Jordan Bardella

Avant de conclure, un mot sur la supranationalité que vous avez évoquée lors de la dernière élection présidentielle du Front National à l'époque. Vous souhaitiez un référendum sur une possible sortie de la France de l'Union Européenne. Le projet a été abandonné. Pour quelles raisons ? Est-ce que les Français ne sont pas prêts pour ce Frexit ?

38:42
Présentateur

En fait, il faut dire la vérité aux Français. Aujourd'hui, on est pieds et poings liés par l'Union Européenne. Et une grande partie de ce que nous vivons sur le sol français, c'est vrai sur la politique migratoire d'ailleurs, sur les quotas de migrants qui nous sont, par exemple, imposés, pour prendre un exemple très concret, sont votés et sont décidés par Bruxelles. C'est-à-dire que ça se décide à Bruxelles, et ça se traduit concrètement dans votre vie quotidienne, dans vos villes, dans vos métropoles et dans vos villages. Sur cette question, on en a beaucoup parlé pendant les élections européennes.

Les Français n'étaient évidemment pas prêts, notamment à changer de monnaie, à sortir de l'euro. Et voyant l'arrivée sur tout le territoire européen de partis politiques populistes, moi, si être populiste, c'est défendre le peuple, alors j'assume cette expression, on a dit qu'avec nos alliés, nous allions tout faire pour remettre ces traités européens sur la table. C'est vrai avec Matteo Salvini en Italie, qui est aujourd'hui crédité en tête dans un certain nombre de sondages. C'est vrai avec un certain nombre d'autres alliés avec qui nous travaillons aujourd'hui au sein du Parlement européen. Nous souhaitons remettre ces traités sur la table pour les changer.

Mais il faut évidemment réaffirmer la supériorité du droit français et du droit européen. Je suis européen de fait, mais je suis surtout et avant tout français et je crois dans l'existence, dans la possibilité d'une alliance européenne des nations, dans la capacité pour l'Europe à se mettre autour de la table sur des sujets concrets, le numérique, l'intelligence artificielle, l'écologie. Ce qui a marché en Europe, Airbus, Ariane, ça a été fait dans le cadre d'une Europe des nations et pas dans le cadre de l'Union européenne. En réalité, plus l'Union européenne s'est approfondie, plus les nations se sont affaiblies.

Donc nous, évidemment, on souhaite aujourd'hui changer radicalement cette construction, cette construction européenne. Et il y a ceux qui disent oui, si vous arrivez au pouvoir, ça va être exactement comme les autres. Je pense que si cette affirmation était vraie, je pense que nos adversaires ne feraient pas tout ce qui est en leur possible pour nous empêcher d'arriver au pouvoir systématiquement.

40:38
Jordan Bardella

Un mot plus personnel. Pour conclure, une question un peu plus personnelle. Vous êtes engagé très jeune en politique. Oui. Qu'est-ce qui vous a donné cette envie ? Le Front national ?

40:51
Présentateur

Parce que... Alors moi, j'ai grandi en une cité HLM de Seine-Saint-Denis, élevée par une mère qui n'avait pas beaucoup de moyens. Et l'environnement dans lequel j'ai grandi a vraiment participé de ma conscience, de mon éveil politique, de mon éveil civique. Je me suis engagé très, très tôt. J'ai pris ma carte au Front national à l'époque, en 2012, après la campagne présidentielle, d'ailleurs, où j'ai été séduit par la campagne présidentielle de Marine Le Pen, par son discours, par ses convictions, aussi par son courage. Et c'est vrai que ce qu'elle disait me parlait déjà à l'époque.

Mais c'est vrai, quand vous grandissez en banlieue, quand vous grandissez à Saint-Denis, je pense que ça parlera à tout le monde, qu'on connaisse ou non cette ville. Vous vous posez forcément des questions sur le sens, sur votre entourage, sur le sens de la vie. Et vous vous dites que tout ce qui se passe n'est pas normal. Vous vous dites que sortir dans la rue en développant des stratégies d'évitement, en vérifiant que vous n'avez pas forcément votre portable lorsque vous sortez, en ayant toujours ce besoin de regarder derrière vous lorsque vous marchez dans la rue, en ayant autour de vous quelqu'un qui a forcément été... Ça a été mon cas.

Il n'y a pas quelqu'un qui, dans ma famille à Saint-Denis, ne connaît pas quelqu'un ou n'a pas été lui-même victime d'une agression, d'une prise à partie, d'un vol, d'une violence. Lorsque vous grandissez, évidemment, dans ce contexte, vous venez forcément très, très vite à la politique. Je suis très fier de là où j'ai grandi. Ça m'arrive évidemment d'y retourner parce que j'ai encore de la famille qui vit là-bas. Je suis très, très fier d'avoir connu tout ça parce que... Vous voyez, peut-être le reproche qu'on peut faire à Emmanuel Macron, c'est que l'économie, la science économique, la science politique, ça s'apprend dans les livres.

Mais ce rapport charnel qu'on peut avoir à l'identité, cette prise de contact avec des faits, des phénomènes sociétaux comme peuvent être évidemment l'ensauvagement, on en a parlé, ça, ça ne s'apprend pas dans les livres, ça s'apprend sur le terrain. Et le 93, évidemment, je suis très fier de venir, est peut-être l'une des meilleures écoles de la vie.

42:58
Invité

– Et à ce propos, vous pouvez retrouver sur la page Facebook de Valeurs d'actuelles ou la chaîne YouTube le reportage avec Jordan Bardella dans le quartier de sa jeunesse.

43:06
Présentateur

– Tout à fait.

43:07
Jordan Bardella

– Jordan Bardella, merci d'avoir répondu aux questions de Valeurs d'actuelles et merci aux internautes aussi d'avoir...

43:12
Présentateur

– Merci à vous, merci à tous les internautes. Bel été, bon courage dans cette période. C'était un petit peu difficile. Et écoutez, quant à moi, je vous dis à très bientôt.