Renseigner pour agir dans la profondeur | Le journal de la Défense
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Générique ... -On va commencer l'opération Red Storm.
Axel, tu passes les slides, s'il te plaît. Le plan : articulation, situation, exécution, administration logistique. Musique intrigante ... -Ces hommes du 2e régiment de hussards sont des spécialistes du renseignement d'origine humaine.
Sur les théâtres d'opération, ils s'infiltrent pour observer et guider des frappes. Ils peuvent aussi mener des entretiens avec de potentielles sources d'informations comme lors de cet entraînement. -Votre téléphone... -J'ai fait le rapprochement.
On en avait parlé. Je connaissais pas ce nom avant de vous voir. Et je me suis dit qu'il fallait absolument que je vous le dise. -T'as bien fait.
Tout à l'heure, on parlait de ta promotion. C'est aussi intéressé pour nous, hein. Car plus tu peux rayonner dans une zone élargie, plus t'entendras, ou t'auras à faire à ce genre d'histoires.
Ca nous permettra de mettre un profil sur ces individus qui font des recrutements et des activités illicites. -Les indications qu'ils vont recueillir sur le terrain peuvent être déterminantes, et compléter celles obtenues par d'autres capteurs de renseignement. -On met un vernis humain sur cette information.
Une photo, il y a 1000 façons de l'interpréter. Le fait de parler avec la personne qui est à la source de cette information ou qui a été en lien avec cette information, ça permet de lui poser des questions, chose qu'on fait pas avec une photo...
Musique mystérieuse -Vous l'aurez compris, nous vous ouvrons les portes d'un univers peu habitué aux caméras : le monde du renseignement. Au sein de l'armée de terre, son commandement se transforme et se densifie. La réorganisation va permettre de regrouper sous une même autorité les unités capables de neutraliser un adversaire dans la profondeur, donc, derrière la ligne de front.
L'objectif : être plus réactif sur le champ de bataille de demain. ...
Nous avons voulu comprendre les motivations et les enjeux de cette évolution. Nous nous sommes rendus à Lille, au commandement de la force et des opérations terrestres, pour échanger avec le général Le Roux, un des hauts gradés de l'armée de terre qui veille à la cohérence de ces changements. -Ce qui est frappant, dans l'évolution de la conflictualité, parmi un certain nombre de bouleversements, c'est, finalement, à la fois l'augmentation de la transparence du champ de bataille, et l'élargissement des distances.
Face à cette transparence du champ de bataille, le cyberespace, l'espace, les drones, par exemple, les champs électromagnétiques, il nous a paru véritablement crucial de rapprocher les capacités de renseignement, de détection, mais aussi les capacités de frappe et d'action dans la profondeur, jusqu'à des portées, dans le combat aéroterrestre, qui vont jusqu'à 150-500 kilomètres. -Les unités concernées sont désormais regroupées au sein du commandement des actions dans la profondeur et du renseignement, le CAPR. -Combattre dans la profondeur, c'est chercher à désorganiser, justement, l'adversaire, sur ses capacités clés, en s'attaquant à ses postes de commandement, ses zones logistiques, ses moyens de défense sol-air.
Si je prends un peu l'image d'un château de cartes, je peux le démonter par le haut, le combat de contact, dans la zone des opérations, mais je peux chercher aussi à retirer une carte du bas, pour provoquer l'effondrement du château de cartes, et c'est ce qu'on cherche à faire dans les opérations en profondeur. Musique de tension ... -Pour mieux appréhender ce concept, nous avons été autorisés à filmer sa mise en application à plusieurs centaines de kilomètres de là dans l'est de la France.
C'est ainsi que nous retrouvons, au coeur d'une nuit opaque, une autre équipe du 2e hussards en pleine infiltration. -Le sergent-chef Louis et ses hommes ont très peu de temps pour devenir invisibles. Les communications sont condensées dans quelques gestes, une habitude pour ces soldats, maîtres du camouflage. -Ils font partie des 750 militaires déployés dans le cadre de Grand Duc, un entraînement au combat de l'armée de terre réalisé en terrain libre, et dans les camps de Champagne, qui réunit les spécialistes de l'aérocombat, de l'artillerie, et du renseignement cyber-électronique.
Tous ceux qui constituent le CAPR. Au centre de l'exercice, à Mourmelon, un groupement de recherche multicapteurs, essentiel pour une opération d'envergure. -La phase suivante.
La problématique est le contournement de la division par l'ouest. La question qui va se poser pour nous, c'est d'être capable d'infiltrer au plus tôt des équipes sur deux axes. -A la tête de cette structure, le colonel Nicolas Louis, chef de corps du 2e RH. -L'axe...
C'est quand même, encore une fois, l'équivalent d'un peu plus de 70 000 ennemis qui sont en train de déferler par la région de Vesoul, et qui remontent progressivement vers le nord. La force internationale, déployée dans le cadre duquel on agit, a positionné deux grosses divisions, donc, là aussi, deux fois 30 000 hommes, une division US et une division française, pour essayer de prendre...
Essayer de créer une nasse dans laquelle l'ennemi va venir s'engouffrer, avant de mener une contre-attaque pour les défaire. Tout l'enjeu pour nous, c'est, justement, de réussir à être les yeux et les oreilles le plus loin possible du corps qui est là-bas pour le préalerter de tout changement dans son plan initial et de toute manoeuvre ennemie non-anticipée pour qu'il puisse essayer de reprendre l'ascendant, et finalement, ne jamais se faire dépasser, ne jamais se faire surprendre. -Pour que l'entraînement soit crédible, il faut que l'ennemi le soit aussi.
Depuis plusieurs mois, un groupe de scénaristes imagine la force adverse jusqu'à lui donner vie sur les réseaux et sur le terrain. -Face à vous, vous avez les séquentiels de l'exercice Grand Duc. En détails, bien sûr.
Nous voulons jouer pour que nos capteurs sur le terrain puissent récupérer et donc capter des éléments concrets et vrais. On fait pas que donner un ennemi, on joue. Pour se faire, et que l'exercice vive, nous avons plusieurs personnages sur l'exercice, qui ont des rôles de partisans.
Il faut leur créer une vie, la détailler au jour le jour, pour qu'ils puissent discuter avec certaines équipes. -Des équipes dispersées dans la Champagne. L'exercice s'étend sur 300 kilomètres de front et 400 de profondeur, un territoire plus grand que la Bulgarie.
Cette patrouille légère d'appui électronique, elle, a été positionnée non loin de Vesoul. -Vous avez quelque chose ? -J'ai intercepté quelques signaux, mais pour l'instant, rien de caractérisant. -On surveille tout le spectre. -La mission de ces experts : traquer les ondes de la force adverse, les intercepter, et les localiser. -Exactement pareil que nous, nous communiquons avec nos chefs, pour faire remonter du renseignement, l'ennemi fait pareil.
Nous, on va essayer, justement, de récupérer ces informations, dans leurs communications. -Ces informations peuvent être vérifiées par d'autres capteurs. -On va intercepter une transmission ennemie.
Avec mon 2e véhicule, je vais pouvoir faire une biangulation. Donc avoir un point probable de leur position. On va pouvoir donner cette position au 61 qui, lui, grâce à ses drones, va aller voir sur place s'il y a de l'ennemi. -Tu vois la grande ligne droite ?
C'est celle que tu dois regarder. Le zoom, il sera correct, je pense. -L'imagerie va compléter le renseignement électromagnétique.
Ce sont les yeux de l'armée de terre, le 61e régiment d'artillerie, qui va s'en charger. Pour l'exercice, les opérateurs disposent de nano, mini, micro-drones, comme ici. -Une fois que le drone est posé, je récupère l'image qui m'intéresse.
Je mets sur mon ordinateur. On appelle ça l'image renseignée. Euh...
Je mets un commentaire pour compléter le renseignement, que ce soit pas juste une image. Une fois que cette image est faite, je mets sous format d'image, donc JPEG. Je donne ça au transmetteur et le transmetteur l'envoie à l'autorité demandeuse ou qui est intéressée par ce renseignement. -Ces unités extrêmement mobiles et discrètes peuvent être positionnées rapidement.
Un atout lorsque le terrain de jeu est immense. Manoeuvrer, c'est choisir. Quel sera le meilleur capteur ?
Va-t-il pouvoir s'infiltrer sur le front ? Savoir se fondre dans le décor devient une arme redoutable, et certains maîtrisent cet art à la perfection. Nous retrouvons le sergent-chef Louis dans une forêt très dense où son équipe a réussi à dissimuler ses 4 quads. -On fait une grosse étude de terrain.
Avant de partir. Sur les cartes. On fait un gros travail sur carte.
Avec les vues aériennes, pour trouver les zones favorables. Des zones où on sera le moins embêté par des promeneurs ou de l'ennemi. -Sans son aide, difficile de distinguer leurs abris. -C'est la cache.
C'est là qu'on a notre station émettrice, qui est notre lien avec l'extérieur. Musique douce ... -A quelques mètres de là, nous découvrons la deuxième cache, elle aussi, bien camouflée. -C'est la position depuis laquelle on observe notre objectif.
Tout en étant très discret. On est en mesure de remplacer l'appareil photo actuel par différents types d'optiques. L'appareil photo nous permet d'observer jusqu'à 1,4 kilomètre.
Avec son objectif. C'est pour ça qu'on l'utilise. Sur votre gauche, vous avez...
L'équipier qui s'occupe des transmissions, en lien avec l'autre cellule. -L'art de disparaître est particulièrement exigeant. C'est un savoir-faire que nous avons entretenu pendant des années et qui revêt une importance capitale de nos jours, face à un ennemi qui a les mêmes capacités que nous, à la fois dans le domaine du champ visible, mais aussi dans le domaine électromagnétique, etc.
J'ai envie de dire que, plus que du savoir-faire, c'est avant tout une philosophie, qu'il faut entretenir en permanence. -S'adapter à l'évolution du contexte sécuritaire est un enjeu majeur pour l'armée de terre. Les environnements opérationnels changent et nécessitent de réapprendre des savoir-faire mis de côté pendant des années.
Après avoir passé 8 jours à surveiller l'avancée de l'ennemi, ces hussards ont reçu l'ordre de s'infiltrer encore plus loin dans le dispositif adverse. Ils doivent franchir un cours d'eau avec leur véhicule blindé léger. -A leur tour, ils vont devoir parcourir plusieurs dizaines de kilomètres dans la nuit pour aller chercher des cibles d'importance. -La Gazelle se limite juste à la cible 2, et à la cible 7.
Elle peut enchaîner ses tirs sur tous les caissons alignés, d'accord ? -Dans le cadre de l'exercice Grand Duc, ce sont les équipages du 5e régiment d'hélicoptère de combat qui vont neutraliser les objectifs. -Ces renseignements remontent par la voie commandement, avec un système informatique par lequel remontent les données récupérées par les vecteurs qui sont au sol, ou en l'air, comme les drones.
Elles sont retransmises par des systèmes intégrés aux machines par une remontée d'informations instantanée. C'est quelque chose qui est un facteur important pour nous car partir en mission avec des informations incertaines, c'est très compliqué. Il y a beaucoup plus de recherches à faire.
Avec un renseignement plus précis, on va plus vite sur l'objectif. Musique intense ... -Quand les Gazelle rentrent en piste, c'est avec leur mitrailleuse Gatling de calibre 7.62 en sabord. ...
Armées par un tireur embarqué, leur cadence de tir est impressionnante. Avec 3000 coups par minute, l'arme est un redoutable atout pour détruire des véhicules légers. Ces missions nécessitent que les actions menées dans la troisième dimension soient minutieusement coordonnées.
C'est justement le rôle de ces artilleurs. -Le système dans lequel nous sommes permet de découper l'espace aérien et de gérer tout ce qui va arriver dans cette zone : la surveillance aérienne, le contrôle des feux...
Il y a de la manoeuvre logistique et des ordres de commandement en messagerie. Je permets aux amis d'être...
D'être protégés. Et je permets aussi in fine de délivrer des feux si des pistes hostiles arrivent dans la troisième dimension. -Comme l'ensemble des armées, les unités du CAPR ont pris le virage de la haute intensité.
Cet exercice aura permis aux différents acteurs de se côtoyer et de créer de nouvelles synergies dans l'hypothèse d'un engagement majeur. -Au cours des opérations extérieures, récentes, face à notre adversaire, un groupe terroriste, un chef islamiste, par exemple, on choisissait vraiment le moment où on allait le frapper, le neutraliser. Dans une guerre, face à un ennemi qui a le même niveau que nous, un ennemi symétrique, on n'a pas tout le temps l'initiative, et il faut être en mesure de prendre et de saisir les opportunités, pour frapper, neutraliser cet adversaire aux rares moments où on sait où il est, où on sait que la cible qu'il représente est une cible importante, qui va l'affaiblir.
Il faut qu'on s'entraîne à mettre en oeuvre les processus qui permettent de trouver cet adversaire, et de décider à quel moment le frapper. -Il est essentiel qu'un commandant de grande unité, que ce soit une brigade, une division, un corps d'armée, et peut-être au-delà, à l'échelon interarmées, ait toujours le choix entre plusieurs solutions, qu'il va combiner, ou utiliser de manière distincte, en fonction de la menace, en fonction du temps de sa manoeuvre. Pour un objectif à très haute valeur ajoutée, on peut imaginer la destruction d'un convoi logistique majeur, en mouvement, ou d'une unité qui se regroupe, il va peut-être privilégier l'engagement de la brigade d'aérocombat.
Ce sera une opération extrêmement complexe, mais qui vaut la peine d'être menée, compte tenu de la valeur ajoutée. Dans d'autres circonstances, il va privilégier l'artillerie. Par exemple, de la frappe à longue portée sur des objectifs statiques, fortement défendus par les moyens de défense sol-air, par exemple. -4... 3... 2... 1...
Feu. -Si la vocation principale de ce nouveau commandement est de permettre l'entraînement des acteurs de la profondeur, un autre objectif est visé : aider l'armée de terre dans sa réflexion sur l'adversaire probable, l'ennemi qu'elle pourrait rencontrer. Il organise la recherche du renseignement, sa collecte et sa diffusion, en lien étroit avec la direction du renseignement militaire.
Une nouvelle unité a été mise sur pied. -Pour contribuer à la cohésion, et à la résistance de la nation menacée, il était aussi nécessaire de favoriser l'engagement de la jeunesse. Dans la réserve... -La création du bataillon de renseignement de réservistes spécialistes, le B2RS, a été officialisée en juin 2024.
Il vient renforcer les militaires d'active dans le domaine de la recherche de renseignements en source ouverte. -Nous recrutons des veilleurs, dans le domaine de la source et de la recherche en source opérationnelle. Nous recrutons également des linguistes, c'est important pour pouvoir travailler dans le spectre des langues variées.
Nous recrutons également beaucoup d'analystes dans le domaine de la géostratégie. De même, mais à moyen terme, cette fois, des spécialistes de l'intelligence artificielle, et des spécialistes du Big Data. Et également, pour finalement coordonner tout l'ensemble, des développeurs.
Les forces armées ont besoin d'être renforcées dans ce domaine pour une raison simple : les réseaux sociaux et Internet sont des sources immenses de renseignements. Encore faut-il savoir où chercher, et comment, après, synthétiser, et sortir les éléments-clés de ces renseignements obtenus sur l'Internet. -Thylane et Félix, tous les deux étudiants, ont vu la possibilité de découvrir un monde discret. -C'est vrai que c'était un monde qui m'impressionnait beaucoup, et qui m'impressionne toujours.
Je suis très contente de pouvoir l'intégrer en partie aujourd'hui. On a un contrat de 2 ans dans lequel on doit faire au minimum 60 jours de réserve, mais ça peut éventuellement augmenter si on souhaite s'engager davantage. -OK.
Vous avez pas eu de problèmes entre le VPN... -Pas de soucis. -C'est bon ? -On a été bien formés. -OK.
Super. Parfait. -Chacun d'eux a pour mission d'aller fouiller des sites Web, des réseaux sociaux, des journaux locaux, des sites diplomatiques, ou encore, des forums de discussion, en fonction des demandes. -On a fait une formation de 3 jours, sur la recherche à sources ouvertes.
On nous a indiqué comment utiliser un VPN, comment faire des recherches plus spécialisées, comment le faire en étant plus anonyme, sur Internet, comme utiliser les extensions des navigateurs pour filtrer au maximum les recherches. Pour être plus précis. -A terme, à Strasbourg, 200 personnels armeront le bataillon.
La création d'unités délocalisées est également prévue courant 2025, de manière à quadriller l'ensemble du territoire national et nourrir le centre du renseignement, le CRT. -Comme on le dit, dans le renseignement, les besoins sont infinis, mais nos capacités d'exploitation sont finies. Le B2RS représente une force de frappe supplémentaire dans laquelle le CRT peut puiser pour répondre aux questions posées. -Le bataillon va, de ce fait, devenir un centre expert sur lequel le centre du renseignement terre va s'appuyer au quotidien. -Y a des capteurs différents.
Du capteur d'origine images, électromagnétique, d'origine humaine. Quand ils sont fusionnés, on parle de renseignements multicapteurs. La manoeuvre des centres, c'est la même chose, le centre du renseignement terre va fusionner du renseignement et des informations des différents centres.
Chaque régiment a un centre spécialiste dans son domaine. Il va fusionner toutes ces informations pour le renseignement multicapteurs. -Le capitaine Quentin fait partie des officiers spécialisés dans l'exploitation de ces données. -Notre travail est de concaténer les informations des différents capteurs, que nous analysons pour déduire la réalité du terrain.
Parfois, nous aussi, nous répondons à des questions directes, soit de la part d'unités sur le terrain, soit de la part de grandes unités, qui nous demandent ce qui se passe, là, à tel moment, à quoi elles peuvent s'attendre. Il faut à la fois être autonome, curieux, et synthétique. Il ne faut pas perdre de vue que les productions que l'on fait servent à orienter la décision du chef. -Et à préserver sa liberté d'action.
Avec la création du CAPR, l'armée de terre a fait le choix de renforcer sa puissance de combat dans la troisième dimension et derrière la ligne de front. -Je crois que nous avons le devoir absolu d'avoir l'esprit toujours en éveil, et de rechercher les organisations...
Les plus...
Les plus pertinentes. Au prix de transformations, s'il le faut. Dans...
Dans l'aptitude de nos forces à répondre aux enjeux de conflictualité vraiment importants dans un choc des volontés et des intelligences qui est en activité permanente. Musique intrigante -Des changements pour mieux investir les nouveaux champs de bataille et de gagner en réactivité pour toujours donner aux armées une supériorité opérationnelle sur l'adversaire potentiel. ...
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA Générique ...
Jean-Pierre Bataille