Elisabeth Borne : "Les Français attendent des résultats, et pour les avoir il faut que tout le monde soit aligné"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteÉludée
Est-ce, selon vous, la conséquence d'une crise d'autoritarisme d'Emmanuel Macron ?
- 1:06RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est la bonne méthode de remettre en place publiquement un haut responsable ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a annoncé début juillet qu'il voulait mettre la priorité sur les transports du quotidien plutôt que sur de nouveaux grands projets. Concrètement, qu'est-ce qui va changer ? Comment allez-vous faire ?
- 3:34FerméeRéponse partielle
Quels sont les grands projets à grande vitesse qui vont être abandonnés ?
- 5:22FerméeRéponse directe
Mais alors vous prenez l'engagement ce matin que les trains du quotidien vont mieux fonctionner, seront plus confortables, seront plus nombreux. Et cela, quand ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Si je prends l'exemple de la région parisienne, avec des incidents techniques régulièrement, des retards, tout ça, ça va changer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:42PrésentateurFait
« Il y a une stratégie qui est donnée par le président de la République. »
- 2:56PrésentateurChiffre
« 5300 km de lignes du réseau ferré font l'objet de ralentissements, faute d'avoir été suffisamment entretenus. »
- 3:12PrésentateurChiffre
« 40% des Français n'ont pas d'autres solutions, ceux qui vivent dans les zones rurales, ceux qui vivent dans le périurbain, n'ont pas d'autres solutions que d'utiliser leurs voitures. »
- 4:25PrésentateurChiffre
« Il manque 10 milliards ou plus exactement. Il faudrait dépenser 10 milliards de plus sur ce quinquennat que ce qu'on a fait sur les précédents quinquennats. »
- 5:14PrésentateurPromesse
« Je présenterai au début de l'année 2018 une loi d'orientation sur les mobilités qui à la fois dira ce qu'on va faire comme grand projet dans le quinquennat, mais pas des promesses non financées, des engagements financés. »
- 7:00PrésentateurFait
« Les pilotes d'Air France ont accepté le projet low cost de la future compagnie qui pourrait s'appeler boost. »
Temps de parole
- Présentateur77 %
- Élisabeth Borne23 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter.fr. France Inter. Cerveille. Le 6-9 de l'été.
Notre invitée ce matin, Elisabeth Borne, la ministre chargée des Transports. Bonjour. Bonjour. Avant de parler des dossiers que vous traitez directement, question à l'autorité politique, la ministre, la démission du général Pierre Devilliers. Est-ce, selon vous, la conséquence d'une crise d'autoritarisme d'Emmanuel Macron ?
Écoutez, je pense qu'il était important que la situation se normalise à la tête de l'armée. Et donc, avec la nomination du nouveau chef d'état-major des armées, le général François Lecointre, je pense qu'on va pouvoir reprendre le cours normal des choses. Il y a eu un désaccord qui a été exprimé par le chef d'état-major. Évidemment, il ne peut pas y avoir un désaccord stratégique entre le chef des armées et le chef d'état-major des armées. Donc, le général Pierre Devilliers a présenté sa démission et je pense qu'il a tiré les conséquences logiques de ces désaccords.
Madame Borne, vous êtes issue de la haute fonction publique. Est-ce que c'est la bonne méthode de remettre en place publiquement un haut responsable ?
Écoutez, je pense que pour que le gouvernement puisse travailler pour que l'administration soit efficace, il ne peut pas y avoir des désaccords stratégiques entre les ministres et leur directeur, entre le chef des armées et son chef d'état-major. Donc, je pense que chacun doit tirer les conséquences.
Est-ce que c'est normal de remettre en place, de sermonner publiquement un haut responsable ?
Je pense que les Français attendent qu'on conduise une politique. Ils attendent des résultats et pour qu'on ait des résultats, il faut que tout le monde soit aligné. Il y a une stratégie qui est donnée par le président de la République. Il y a une stratégie qui doit être mise en œuvre par le gouvernement et l'administration. Et le chef d'état-major des armées, chacun, doit s'inscrire dans la stratégie qui est définie.
Alors, question à la ministre chargée des Transports. Emmanuel Macron a annoncé début juillet qu'il voulait mettre la priorité sur les transports du quotidien plutôt que sur de nouveaux grands projets. Concrètement, qu'est-ce qui va changer ? Comment allez-vous faire ?
Alors, effectivement, le président de la République a annoncé le 1er juillet, à l'occasion de l'inauguration de la ligne à grande vitesse entre Paris et Rennes, qu'on allait marquer une pause. Et on va marquer une pause parce qu'il est indispensable de réfléchir à ce que doivent être nos politiques en termes de mobilité dans les prochaines années. Aujourd'hui, on est confronté à des paradoxes, à des situations inacceptables et à des impasses. Je parle de paradoxes parce qu'au moment où on inaugure deux lignes à grande vitesse, et on peut être très fiers, ça montre nos compétences dans ce domaine-là. Paris-Rennes, Paris-Bordeaux.
Voilà, Paris-Rennes et Paris-Bordeaux, ce qui ne s'était jamais fait. Deux lignes nouvelles en même temps. On a le paradoxe que 5300 km de lignes du réseau ferré font l'objet de ralentissements, faute d'avoir été suffisamment entretenus. Et donc, c'est vraiment des transports à deux vitesses, c'est le cas de le dire. La situation est tout aussi préoccupante sur notre réseau routier national. Je parle aussi de situations inacceptables parce que quand on sait que 40% des Français n'ont pas d'autres solutions, ceux qui vivent dans les zones rurales, ceux qui vivent dans le périurbain, n'ont pas d'autres solutions que d'utiliser leurs voitures.
Quand on sait que des millions de Français vivent la congestion des réseaux tous les matins dans leurs transports, que ce soit sur les routes ou dans les transports publics, cette situation est inacceptable.
Donc, on va répartir différemment l'argent. Quels sont les grands projets à grande vitesse qui vont être abandonnés ?
Alors, on n'est pas en train de parler d'abandonner les projets, on est en train de faire une pause pour réfléchir. Je parlais aussi d'impasse. Ça concerne quelle ligne, cette pause ? La pause concerne l'ensemble des projets des grandes infrastructures, pas les contrats de plan, ceux qui parlent des contrats de plan entre l'État et la région, qui sont sur des projets de la vie quotidienne. Mais tous les grands projets ont marqué une pause. C'est-à-dire la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, Lyon-Turin, le canal Seine-Nord ? La pause concerne effectivement tous les grands projets parce qu'on a besoin de réfléchir.
Non seulement il y a ces paradoxes et ces situations inacceptables, mais on est aussi face à une impasse financière. Si on prend tout ce qui a été promis comme grand projet et l'argent qu'on va devoir dépenser pour entretenir nos réseaux pour les transports de la vie quotidienne, il manque 10 milliards ou plus exactement. Il faudrait dépenser 10 milliards de plus sur ce quinquennat que ce qu'on a fait sur les précédents quinquennats. Donc on est face à une impasse. Il faut prendre le temps de réfléchir. Il y a des très bonnes nouvelles. C'est qu'il y a des nouvelles mobilités dont vous avez un excellent reportage sur votre antenne tout à l'heure.
Donc on a aussi plein de nouvelles solutions qui peuvent être proposées aux Français. On va faire une pause, on va réfléchir. Je lancerai à la rentrée des assises de la mobilité pour écouter ce que sont les besoins des Français, pour permettre aussi à tous ceux qui ont des idées de les exprimer, de nous faire des propositions. J'entendais une chercheuse sur votre antenne qui disait « Le cadre n'est pas adapté ». Dites-le nous et on adaptera le cadre pour qu'on puisse mieux répondre aux besoins des Français.
Et je présenterai au début de l'année 2018 une loi d'orientation sur les mobilités qui à la fois dira ce qu'on va faire comme grand projet dans le quinquennat, mais pas des promesses non financées, des engagements financés.
Mais alors vous prenez l'engagement ce matin que les trains du quotidien vont mieux fonctionner, seront plus confortables, seront plus nombreux. Et cela, quand ?
Alors je vous dis que c'est notre priorité. Et ça, ça suppose qu'on s'occupe de l'entretien et de la modernisation de nos réseaux. Et puis ça suppose aussi qu'on travaille sur les méthodes d'exploitation. Vous savez que la SNCF a rendu public un rapport qui a été confié à des experts et je voudrais saluer leur démarche, où on voit qu'on doit aussi travailler sur nos organisations, sur l'efficacité de nos méthodes. Tout ça doit permettre d'améliorer rapidement le transport de la vie quotidienne.
Vous connaissez la situation dans le RER, si je prends l'exemple de la région parisienne, avec des incidents techniques régulièrement, des retards, tout ça, ça va changer ?
C'est l'objectif de se consacrer prioritairement non seulement aux millions de franciliens qui prennent le RER, mais aussi d'apporter des solutions là où il n'y a pas aujourd'hui d'autres réponses que la voiture. C'est de tout ça qu'on va parler dans les assises de la mobilité à la rentrée. Et moi j'invite tous ceux qui ont des choses à nous dire sur la mobilité à s'exprimer à ce moment-là.
Mais quand vous parlez de pause pour les grands projets, ça veut dire qu'ils sont abandonnés. Il faut quand même être clair.
Ça ne veut pas du tout dire qu'ils sont abandonnés. On va faire une loi de programmation, ça ne s'est jamais fait, sur les cinq prochaines années où on dira quels projets on va faire et comment ils sont financés.
En tout cas, pour l'instant, Bordeaux-Toulouse, Lyon-Turin, Poitiers-Limoges, le canal Seine-Nord, on n'en parle pas. On s'occupe d'autre chose, c'est-à-dire les trains du quotidien. L'avenir du transport aérien, est-ce que c'est le low cost ? Les pilotes d'Air France ont accepté le projet low cost de la future compagnie qui pourrait s'appeler boost.
C'est une bonne chose ? Écoutez, moi, je me réjouis qu'après des années de conflits dans la compagnie qui, évidemment, affectent son développement et donc son avenir, une solution ait été trouvée et qu'effectivement, à la fois les hôtesses, les stewards, puis les pilotes, aient accepté les propositions de la direction. Ça va permettre à la compagnie de repartir sur des bonnes bases et de se développer. Allez-vous lancer la privatisation d'aéroports de Paris ? Écoutez, le sujet n'est pas sur la table. C'est une entreprise cotée donc je ne vais pas faire des annonces de ce type-là à votre antenne. Et vous y pensez ? On a une réflexion forcément sur les participations de l'État.
Ensuite, chaque situation doit être regardée précisément.
Et l'État a besoin d'argent ?
L'État a besoin d'argent. Donc il y aura une réflexion sur les participations de l'État et ça sera examiné avec mon collègue du ministère de l'Économie.
La situation chaotique dans les aéroports notamment Roissy et Orly dû au renforcement des contrôles et au manque de personnel, vous ne pouviez pas anticiper cela avant les grands départs ? Ça donne une image déplorable
de la France. Alors je suis bien d'accord. Il fallait faire quelque chose et le gouvernement est mobilisé. Vous savez qu'on a évidemment un pic de trafic avec les vacances. Et puis les contrôles sont renforcés et je pense que les Français attendent de nous qu'on assure d'abord leur sécurité dans les transports.
Et là on a envoyé des renforts pour pratiquer ces contrôles. Sans policiers ont été mobilisés dès ce week-end. Il a fallu attendre de voir des scènes chaotiques à l'aéroport d'Orly, presque des scènes d'émeute parce que les gens
ne pouvaient plus d'attendre. J'ai alerté mon collègue du ministère de l'Intérieur. Il a mis en place des renforts. Et puis on va travailler aussi sur les dispositifs techniques pour les rendre plus efficaces de contrôle des papiers. Et effectivement, il faut que la situation s'améliore. C'est déjà le cas depuis le week-end dernier où des renforts ont été mis en place. On va continuer à travailler pour améliorer les contrôles des cartes d'identité et des passeports pour revenir à une situation plus acceptable pour les passagers.
Elisabeth Borne, allez-vous taxer le transport de marchandises poids lourds ? Quand et comment ? On parle de certaines routes nationales,
certaines régions ? Alors je vous ai dit qu'on était face à une impasse financière pour tous ces grands projets. Il faut aussi qu'on travaille sur les ressources. et je pense que chacun peut comprendre qu'il est aussi paradoxal que des très nombreux poids lourds traversent notre pays des trafics de transit sans participer au financement de nos infrastructures. Donc je vous le dis clairement, on ne va pas remettre en place l'éco-tax, on ne va pas refaire un nouvel épisode dans ce dossier, mais je pense qu'il est important de réfléchir à la façon dont ces poids lourds en transit sur notre territoire peuvent contribuer au financement des infrastructures.
Il faut le faire en tenant compte des différences entre les régions, il faut le faire avec des dispositifs techniques adaptés aux situations, mais on ne peut pas s'interdire de réfléchir à ce sujet.
Donc il y aura une taxe sur le transport de marchandises poids lourds, mais quand ?
On va réfléchir non seulement au projet, aux nouvelles mobilités, mais aussi aux ressources dans le cadre des assises de la mobilité à la rentrée. Restez prudentes, vous savez que c'est un sujet explosif. Mais c'est un sujet sur lequel il faut faire preuve de prudence, il faut écouter tous ceux qui sont concernés, ceux qui voient passer des fils de camions dans leur village et qui aimeraient bien qu'on améliore les infrastructures, et puis ceux qui effectivement aujourd'hui ont des entreprises de transport routier qui sont préoccupés par la situation de leur entreprise. Donc on va écouter tout le monde et ensuite c'est comme ça qu'on prendra des bonnes décisions.
Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, reste avec nous, elle répondra à vos questions au standard d'Interactive 0145 24-7000 après la revue de presse. La revue de presse, c'est maintenant, il est 8h33.
Élisabeth Borne