Le maire de Carcassonne veut fermer un local syndical - Sebastien Pla
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, vous connaissez le gros avec ses caricatures de dirigeants out tranciers dans un pays heureusement fictif. Et bien, parfois, la réalité dépasse la fiction. À Carcasson, le nouveau maire, rendu célèbre par un projet de renvoyer les femmes faire la soupe, explique à présent que lui-même va faire le ménage, qu'on imagine pas une volonté soudaine d'équilibrer l'étage domestique, mais plutôt de s'en prendre au lycéens, aux drapeaux européens, aux mandiants, aux associations, à la presse locale et maintenant au syndicat et qu'il veut mettre à la porte de la bourse du travail ce local municipal qui les abrite depuis 90 ans pour un unique motif de divergence d'opinion, même si l'on a tendance à oublier, le syndicalisme est une liberté essentielle qui a permis par le dialogue social d'apporter aux salariés français des conditions de travail dignes.
Ce qui se joue en fait dans cette affaire n'est pas un enjeu local mais le risque d'un dangereux précédent pour notre République. Ces offensives trumpistes de démolition, de clivage, de billon des pensées divergentes se multiplient partout en France et visent à déstabiliser notre pacte social et politique. Mes chers collègues, la liberté d'administration des collectivités à laquelle chacun d'entre nous est dans l'hémicycle est viscéralement attaché ne saurait devenir une arme contre d'autres libertés.
Dans des plaisadmirateurs de Louis X, l'époque des lettres de caché est très volue et en République, posséder des murs ne donne pas le droit d'y contrôler les consciences. Fort heureusement, la loi ne permet pas aujourd'hui à un maire d'expulser pour délit d'opinion un enseignant de son école ou un curé de son église. Mais de la même façon, nous ne pouvons pas toler l'expulsion pour ce motif d'un syndicat de salarié.
On le sait, une démocratie ne tombe jamais d'un seul coup. Elle recule pas à pas chaque fois que nous manquons de courage pour la défendre. Chaque fois qu'un contrepouvoir républicain est muselé, chaque fois que l'on banalise une atteinte aux libertés.
Sans doute l'heure est venu face à ces attaques de l'intérieur contre nos libertés de renforcer leur protection, y compris si nécessaire en inscrivant en droit ce qui pouvait jusqu'à présent se contenter de l'évidence et du bon sens républicain. Je ne vous demande pas, monsieur le ministre, une belle déclaration pour me dire que vous êtes d'accord avec mes propos. Je vous demande solennellement d'intervenir afin que soit garanti le respect des libertés syndicales et des principes républicains.
Merci.
Sebastien Pla